Espéranto
| Espéranto Esperanto |
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|---|---|
| Auteur | Ludwik Lejzer Zamenhof |
| Date de création | 1887 |
| Région | Monde entier |
| Nombre de locuteurs | Les estimations varient beaucoup, de 100 000 à 10 000 000 de locuteurs répartis dans le monde entier. |
| Typologie | agglutinante |
| Catégorie | langue auxiliaire internationale |
| Classification par famille | |
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| Statut officiel | |
| Régi par | Akademio de Esperanto |
| Codes de langue | |
| ISO 639-1 | eo |
| ISO 639-2 | epo |
| ISO 639-3 | (en) epo |
| type : construite | |
| étendue : individuelle | |
| Ăchantillon | |
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Article premier de la DĂ©claration des Droits de lâHomme (voir le texte en français) |
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LâespĂ©ranto est une langue construite conçue Ă la fin du XIXe siĂšcle par Ludwik Lejzer Zamenhof dans le but de faciliter la communication entre personnes de langues diffĂ©rentes, Ă travers le monde entier. Zamenhof publia son projet en 1887 sous le nom de Lingvo Internacia (« Langue internationale »), sous le pseudonyme de Doktoro Esperanto (« Docteur EspĂ©rant », « Docteur qui espĂšre »), dâoĂč le nom sous lequel la langue sâest popularisĂ©e par la suite.
La grammaire de lâespĂ©ranto se base sur seize rĂšgles fondamentales sans exception. Par sa structure qui procĂšde par enchaĂźnement dâĂ©lĂ©ments de base invariables, c'est une langue globalement agglutinante. Par son vocabulaire, câest une langue construite a posteriori, câest-Ă -dire que ses bases sont tirĂ©es de langues prĂ©existantes (essentiellement indo-europĂ©ennes) ; les mots en dĂ©rivent ensuite par lâemploi dâaffixes et par composition.
De tous les nombreux projets de langue auxiliaire internationale ayant vu le jour, lâespĂ©ranto est celui qui a remportĂ© le plus de succĂšs, et le seul qui soit quelque peu connu du grand public. Il est le moyen de communication dâune communautĂ© estimĂ©e de 0,1 Ă 10 millions de locuteurs1, prĂ©sents dans la majoritĂ© des pays du monde (115 selon Ethnologue.com2).
L'UNESCO a adopté plusieurs recommandations en faveur de l'espéranto.
Histoire
L'espĂ©ranto fut composĂ© entre la fin des annĂ©es 1870 et le dĂ©but des annĂ©es 1880 par Ludwik Lejzer Zamenhof, un ophtalmologue polonais issu d'une famille juive de BiaĆystok (alors en Russie, maintenant en Pologne), ville alors peuplĂ©e de quatre communautĂ©s : juive, polonaise, allemande et biĂ©lorusse. Sensible aux tensions qui en rĂ©sultaient, Zamenhof voulut crĂ©er un moyen de communication neutre, susceptible d'amĂ©liorer la communication et la comprĂ©hension entre les nations.
AprĂšs approximativement dix annĂ©es de maturation, incluant diverses traductions et l'Ă©criture d'Ćuvres originales, Zamenhof publia Unua Libro, la premiĂšre grammaire en langue russe de la Langue internationale en juillet 1887 sous la forme d'une brochure imprimĂ©e Ă ses frais. Suivirent peu aprĂšs des versions dans de nombreuses autres langues entre 1887 et 1889.
Le nombre de personnes qui apprirent la langue ne cessa d'augmenter dans les décennies qui suivirent, au départ principalement dans la Russie impériale et en Europe de l'Est, et ensuite en Europe occidentale et aux Amériques. L'espéranto pénétra au Japon suite à la guerre russo-japonaise de 1904-1905. En Chine, les premiers cours furent donnés à Shanghai dÚs 1906 et à Canton dÚs 1908. Dans les premiÚres décennies, les usagers de l'espéranto restÚrent en contact principalement par des magazines spécialisés et par correspondance.
Zamenhof n'Ă©tait pas le premier Ă essayer de rĂ©unir les gens grĂące Ă la crĂ©ation d'une langue commune mais cela reste l'essai le plus rĂ©ussi3. En effet, la naissance de l'espĂ©ranto est quasi concomitante de l'invention du volapĂŒk en Allemagne. Mais l'espĂ©ranto s'est dĂšs le dĂ©but imposĂ© face aux autres projets.
En 1905, le premier congrĂšs mondial d'espĂ©ranto eut lieu en France Ă Boulogne-sur-Mer ; les caractĂ©ristiques de l'espĂ©ranto furent fixĂ©es et ses objectifs dĂ©finis : cette langue devait ĂȘtre universellement comprise et parlĂ©e par l'humanitĂ© entiĂšre, sans aucune prioritĂ©. Depuis, des congrĂšs mondiaux se sont tenus chaque annĂ©e, sauf durant les deux guerres mondiales. En 2005, le centenaire de l'espĂ©ranto fut cĂ©lĂ©brĂ©, de nouveau Ă Boulogne-sur-Mer.
Le dĂ©veloppement de l'espĂ©ranto fut diversement affectĂ© par les tourments politiques de la premiĂšre moitiĂ© du XXe siĂšcle. Les dictatures hitlĂ©rienne et stalinienne soumirent ses militants Ă une forte rĂ©pression4. Lors de la guerre d'Espagne (1936-1939), la mouvance anarchiste reprĂ©sentait l'essentiel des dĂ©fenseurs de l'espĂ©ranto ; il Ă©tait aussi utilisĂ© par des socialistes, des communistes allergiques au stalinisme, dont George Orwell, Ă qui l'espĂ©ranto inspira la novlangue5, qu'il utilise pourtant de maniĂšre pĂ©jorative dans ses romans, et mĂȘme une partie de la droite catholique.
Statut
L'espéranto n'est la langue officielle d'aucun pays, mais il est la langue de travail de plusieurs associations à but non lucratif, principalement des associations d'espéranto. La plus grande organisation d'espéranto est l'association mondiale d'espéranto (UEA), qui est en relation officielle avec les Nations unies et l'UNESCO dans un rÎle consultatif 6.
C'est l'une des langues officielles de l'Académie internationale des sciences de Saint-Marin7 et la langue officielle de l'académie Comenius8 en SuÚde dont le but principal est de favoriser l'utilisation de l'espéranto dans toutes les sciences.
Il existe des universités espérantophones en Roumanie (Sibiu), en Bulgarie (Karlov), en Slovaquie à (Komårno) 9.
Dans la plupart des pays, l'espĂ©ranto ne bĂ©nĂ©ficie que de peu ou pas de soutien officiel. En France, il n'est pas reconnu dans l'enseignement. En Hongrie, oĂč cette reconnaissance a eu lieu, l'espĂ©ranto fait partie des cinq premiĂšres langues Ă©trangĂšres10.
Ă l'instar des autres langues, lâespĂ©ranto dispose de diplĂŽmes validant les acquis. En France, câest lâInstitut français d'espĂ©ranto qui se charge de dĂ©livrer ces diplĂŽmes, dont les niveaux varient du certificat dâĂ©tudes primaires au diplĂŽme de hautes Ă©tudes espĂ©rantistes.
Combien de personnes parlent l'espéranto ?
Le nombre d'espérantophones est difficile à évaluer ; les estimations varient entre cent mille et dix millions1. Deux millions est le chiffre le plus couramment repris, comme, par exemple, dans Ethnologue.com2.
Ătant une langue construite, l'espĂ©ranto est gĂ©nĂ©ralement appris comme langue seconde. Il existe cependant un petit nombre de locuteurs dont il est la langue maternelle, le plus connu Ă©tant l'homme d'affaire George Soros. Ethnologue.com en estime le nombre entre 200 et 2 000 ; le linguiste finlandais Jouko Lindstedt l'estime Ă 1 00011,12.
Jouko Lindstedt évalue par l'échelle suivante la capacité à parler l'espéranto dans la communauté espérantophone :
- 1 000 personnes ont l'espéranto comme langue maternelle,
- 10 000 personnes parlent l'espéranto avec un niveau proche d'une langue maternelle,
- 100 000 personnes parlent couramment l'espéranto,
- 1 000 000 de personnes comprennent l'espéranto et le parlent de façon occasionnelle,
- 10 000 000 de personnes ont étudié l'espéranto de façon plus ou moins approfondie à un moment donné.
Sidney Culbert, ancien professeur de psychologie de l'université de Washington, espérantiste, est arrivé, en comptabilisant pendant vingt ans dans de nombreux pays les espérantophones à l'aide d'une méthode par échantillonnage13, à une estimation de 1,6 million de personnes parlant l'espéranto avec un niveau professionnel. Ses travaux ne concernaient pas que l'espéranto et faisaient partie de sa liste d'estimation des langues parlées par plus d'un million de personnes, liste publiée annuellement dans le World Almanac and Book of Facts. Comme dans l'Almanach, toutes ses estimations étaient arrondies au million le plus proche, c'est le nombre de deux millions d'espérantophones qui a été retenu et fréquemment repris depuis. Culbert n'a jamais publié de résultats intermédiaires détaillés pour une région ou un pays particulier, ce qui rend difficile l'analyse de la pertinence de ses résultats.
Marcus Sikosek considĂšre que ce nombre de 1,6 million parlant couramment l'espĂ©ranto est exagĂ©rĂ©14. Sur la base d'une rĂ©partition uniforme des espĂ©rantophones dans le monde, un million de personnes dans le monde devrait se traduire par environ 180 personnes parlant couramment l'espĂ©ranto dans la ville de Cologne, or, Sikosek n'y a trouvĂ© que 30 personnes parlant couramment l'espĂ©ranto ; de mĂȘme, il a trouvĂ© un nombre infĂ©rieur Ă celui attendu dans plusieurs autres villes censĂ©es avoir une plus forte concentration d'espĂ©rantophones que la moyenne. Il fait Ă©galement remarquer que les diffĂ©rentes organisations espĂ©rantistes reprĂ©sentent un total d'environ vingt mille membres (d'autres estimations sont supĂ©rieures). Bien que de nombreux espĂ©rantophones ne soient membres d'aucune organisation espĂ©rantiste, il lui semble peu probable qu'il y ait cinquante fois plus de personnes parlant l'espĂ©ranto que de membres de ces organisations.
Caractéristiques linguistiques
Classification
En tant que langue construite, l'espéranto n'est généalogiquement rattaché à aucune famille de langues vivantes. Cependant, une part de sa grammaire et l'essentiel de son vocabulaire portent à le rattacher aux langues indo-européennes. Ce groupe linguistique a constitué le répertoire de base à partir duquel Ludwik Lejzer Zamenhof a « composé » sa langue internationale.
Cependant, la typologie morphologique de l'espéranto l'écarte significativement des langues indo-européennes, qui sont largement à dominante flexionnelle. En effet, il consiste en monÚmes invariables qui se combinent sans restriction, ce qui l'apparente aux langues isolantes. En espéranto, comme en chinois, on dérive « mon » (mia), de « je » (mi) et « premier » (unua) de « un » (unu). Sa tendance à accumuler, sans en brouiller les limites, des morphÚmes porteurs d'un trait grammatical distinct le rapproche aussi des langues agglutinantes.
Phonétique et écriture
L'espĂ©ranto possĂšde vingt-huit phonĂšmes : cinq voyelles et vingt-trois consonnes. Ils sont transcrits au moyen de vingt-deux lettres de l'alphabet latin (q, w, x et y ne sont pas utilisĂ©s, sauf dans les expressions mathĂ©matiques), complĂ©tĂ© par deux diacritiques (accent circonflexe et brĂšve) qui servent Ă former six caractĂšres propres Ă l'espĂ©ranto, comptĂ©s comme lettres Ă part entiĂšre : Ä, Ä, Ä„, Ä”, Ć, Ć. L'orthographe est parfaitement phonologique : chaque lettre reprĂ©sente invariablement un seul phonĂšme.
En plus de leur rĂŽle premier de transcription, les lettres diacritĂ©es visent Ă rappeler en espĂ©ranto lâorthographe ou la prononciation de plusieurs langues europĂ©ennes. Par exemple, poĆto « poste », rappelle graphiquement et phonĂ©tiquement le mot poĆĄta du tchĂšque, du slovaque, du slovĂšne, du serbo-croate, mais aussi par la graphie les mots français, anglais, nĂ©erlandais, allemand poste, post, post, Post, et par le son le bulgare ĐżĐŸŃа (prononcĂ© ['pÉÊtÉ]). L'espĂ©ranto aboutit souvent ainsi Ă un compromis rappelant plusieurs langues sources : ainsi Äardeno [dÍĄÊarËdeno] rappelle le français jardin, l'allemand Garten, le nĂ©erlandais gaarden et l'anglais garden.
Les lettres diacritĂ©es peuvent poser quelques problĂšmes typographiques Ă l'imprimerie ou l'informatique (plus particuliĂšrement avec les systĂšmes informatiques anciens). Le Fundamento de Esperanto (adoptĂ© lors du Premier congrĂšs mondial d'espĂ©ranto en 1905 Ă Boulogne-sur-Mer) prĂ©conise dans ce cas de remplacer les lettres diacritĂ©es par des digrammes composĂ©s de la lettre de base suivie d'un h, les Ă©ventuelles ambiguĂŻtĂ©s Ă©tant levĂ©es par l'ajout d'un tiret entre les monĂšmes. Pour la commoditĂ© de certains traitements informatiques, le h est parfois remplacĂ© par un x. Les trois systĂšmes (Ć, sh, sx) coexistent sur Internet.
La langue comporte un accent tonique toujours situé sur l'avant-derniÚre syllabe des mots. Le systÚme vocalique comporte cinq timbres : a e i o u, correspondant aux valeurs du français a é i o ou, comme dans de nombreuses langues, sans distinction de quantité.
Voyelles
| Antérieure | Centrale | Postérieure | |
|---|---|---|---|
| Fermée | i i | u u | |
| Moyenne | e e | o o | |
| Ouverte | a a |
Consonnes
| Bilabiale | Labio-dentale | Labio-vélaire | Dentale | Alvéolaire | Post-alvéolaire | Palatale | Vélaire | Glottale | |
|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|
| Occlusive | p p b b | t t d d | k k ÉĄ g | ||||||
| AffriquĂ©e | tÍĄs c | tÍĄÊ Ä dÍĄÊ Ä | |||||||
| Fricative | f f v v | s s z z | Ê Ć Ê Ä” | x Ä„ | h h | ||||
| Nasale | m m | n n | |||||||
| Latérale | l l | ||||||||
| Roulée | r r | ||||||||
| Approximante | w Ć | j j |
Remarques
- Lorsqu'une case contient deux signes, le premier désigne une consonne sourde et le second la consonne sonore correspondante.
- L'affriquĂ©e dz n'est pas rĂ©pertoriĂ©e dans la liste habituelle des consonnes, mais se rencontre nĂ©anmoins dans quelques mots tels que edzo « Ă©poux ». Elle peut ĂȘtre considĂ©rĂ©e comme un groupe de consonnes.
- j et Ć comme semi-voyelles peuvent former le second Ă©lĂ©ment de diphtongues phonĂ©tiques : aj, ej, oj, uj, aĆ, eĆ. D'un point de vue phonologique cependant, ces diphtongues s'analysent comme des combinaisons de phonĂšmes. Une Ă©volution relativement rĂ©cente utilise Ć pour transcrire le son w dans les noms propres (ĆŹato, Watt ; mais VaĆingtono, Washington).
- LâespĂ©ranto Ă©tant parlĂ© par des personnes de langues maternelles diffĂ©rentes, il existe des allophones. Notamment, la prononciation de e varie entre e et É, celle de o entre o et É, et r peut-ĂȘtre prononcĂ© r, ÉŸ ou Ê (câest-Ă -dire comme en russe, en espagnol ou en français).
Braille
L'espéranto dispose d'une transcription en braille. 15
Grammaire
La grammaire de l'espéranto se base sur seize principes énoncés dans le Fundamento de Esperanto, adopté comme référence intangible au premier CongrÚs Universel d'Espéranto de Boulogne-sur-Mer en 1905. Ils ne constituent cependant qu'un cadre dans lequel ont été progressivement dégagées des rÚgles plus détaillées.
Substantifs, adjectifs et adverbes dérivés
Un mot se forme en ajoutant à un radical des morphÚmes invariables signalant chacun un trait grammatical précis :
- -o pour les substantifs
Le pluriel (-j) puis l'accusatif (-n) suivent la terminaison du substantif ou de l'adjectif, ce qui donne les terminaisons -oj, -on, -ojn, -aj, -an, -ajn. L'adjectif s'accorde en nombre et en cas avec le substantif auquel il se rapporte.
L'accusatif a pour fonction essentielle de marquer le complĂ©ment d'objet direct (Ili konstruas grandan domon « Ils construisent une grande maison »), et indique aussi le changement de lieu, de position ou d'Ă©tat (Mi iras Parizon « Je vais Ă Paris », ĆanÄi akvon en glacion « changer l'eau en glace »). Une particularitĂ© de l'espĂ©ranto est que dans cet emploi l'accusatif peut Ă©galement s'ajouter Ă l'adverbe dĂ©rivĂ©. Enfin, l'accusatif a Ă©galement une fonction « joker »: de mĂȘme que la prĂ©position je, il s'emploie en cas de doute, ou pour remplacer une prĂ©position, et marque alors simplement la dĂ©pendance syntaxique (tiu tablo estas longa je du metroj - tiu tablo estas du metrojn longa « Cette table fait deux mĂštres de long »; oni pendigis lin kun la kapo malsupren - oni pendigis lin kapon malsupren « On l'a pendu la tĂȘte en bas »).16
L'ordre des mots n'intervient pas dans la distinction entre sujet et objet, entiÚrement assurée par l'accusatif. On a ainsi :
La patrino kisas la infanon. - La infanon kisas la patrino. - La patrino la infanon kisas. - La infanon la patrino kisas. - Kisas la patrino la infanon. - Kisas la infanon la patrino.
Dans ce premier exemple, la phrase signifie à chaque fois « La mÚre embrasse l'enfant. »
La patrinon kisas la infano. - La infano kisas la patrinon. - La patrinon la infano kisas. - La infano la patrinon kisas. - Kisas la patrinon la infano. - Kisas la infano la patrinon.
Dans ce second exemple, la phrase signifie à chaque fois « L'enfant embrasse la mÚre. »
Les autres fonctions syntaxiques sont indiquées par des prépositions.
Comme l'anglais, l'espĂ©ranto ne connaĂźt pas le genre grammatical, mais fait des distinctions de sexe dans son lexique. Dans ce cas, le sexe fĂ©minin est marquĂ© par le suffixe -in-, tirĂ© de l'allemand et du nĂ©erlandais -in (ex. frato « frĂšre » - fratino « sĆur », vulpo « renard » - vulpino « renarde »)17.
Verbes
Les verbes se caractĂ©risent par une sĂ©rie de marques qui forment une conjugaison mĂȘlant des valeurs temporelles et modales:
- -i pour l'infinitif,
- -as pour le présent,
- -is pour le passé,
- -os pour le futur,
- -us pour le conditionnel,
- -u pour le volitif.
Ces terminaisons permettent d'exprimer n'importe quel concept sous forme de verbe : muziko « musique » â li muzikas « il joue de la musique », Äoja « gai » â Äoji « se rĂ©jouir ». Cette possibilitĂ© est notamment exploitĂ©e pour former des verbes d'Ă©tat Ă partir d'adjectifs: « elle est belle » peut se dire aussi bien Ći belas que Ći estas bela.
Le conditionnel est le mode du fictif, de l'irrĂ©el ; il s'emploie aussi bien en proposition principale qu'en proposition subordonnĂ©e : Mi povus, se mi volus. « Je pourrais si je voulais ». L'Ă©ventualitĂ© est plutĂŽt rendue par le futur : MorgaĆ eble pluvos. « Il se peut qu'il pleuve demain. Il pleuvra peut-ĂȘtre demain ».
Le volitif est le mode de l'expression de la volontĂ©; il correspond en français Ă l'impĂ©ratif (Atendu ! « Attends! Attendez! ») et Ă certains usages du subjonctif quand il exprime un dĂ©sir, un souhait, une volontĂ©, ou une exigence (Li venu. « Qu'il vienne. » Kien ni iru ? « OĂč faut-il que nous allions ? », Mi proponas ke ni laboru kune. « Je propose que nous travaillions ensemble »).
Le systÚme verbal comporte également les participes présents, passés et futurs, marqués respectivement par -ant-, -int- et -ont- pour la voix active et -at-, -it- et -ot- pour la voix passive. Ils peuvent se combiner à l'auxiliaire esti pour former des temps composés qui expriment l'aspect progressif avec les participes présents, le passé récent avec les participes passés, le futur proche avec les participes futurs. En pratique, l'usage de ces temps composés est assez restreint, surtout à l'actif, la préférence allant à l'usage d'adverbes temporels.18
à l'inverse du français, mais à l'instar des langues slaves, l'espéranto ne pratique pas la concordance des temps : Mi ne sciis ke li venos. « Je ne savais pas qu'il viendrait ».
La transitivité des verbes en espéranto est généralement fixée, et il n'est pas possible de déduire réguliÚrement si un verbe formé par simple ajout des marques de conjugaison à un radical est ou non transitif. En revanche, deux suffixes permettent d'en modifier la valence:
- -ig- indique que l'on provoque une action et transforme un verbe intransitif en transitif (causatif)
- -iÄ- indique un changement interne, et transforme un verbe transitif en intransitif (dĂ©causatif). Exemples19 :
- turni « tourner (quelque chose) » - turnigi « faire tourner » - turniÄi « tourner (faire un ou plusieurs tours) »;
- sidi « ĂȘtre assis » - sidigi « asseoir » - sidiÄi « s'asseoir »;
- blanki « ĂȘtre blanc » - blankigi « blanchir (rendre blanc) » - blankiÄi « blanchir (devenir blanc) ».
Par ailleurs, la préfixation d'une préposition aboutit généralement à transitiver un verbe intransitif :
- naÄi « nager » â tranaÄi « traverser Ă la nage »;
- plori « pleurer (ĂȘtre en pleurs) » â priplori « pleurer (quelque chose) ».
D'autres affixes permettent d'exprimer diverses nuances d'aspect :
- le prĂ©fixe ek- pour l'aspect inchoatif (action commençante, entrĂ©e dans un Ă©tat): dormi « dormir » â ekdormi « s'endormir »;
- le suffixe -ad- pour l'aspect duratif (action prolongĂ©e): labori « travailler » â laboradi « travailler sans arrĂȘt »;
- le prĂ©fixe re- pour l'aspect itĂ©ratif (action rĂ©pĂ©tĂ©e): legi « lire » â relegi « relire ».
Mots-outils
Pronoms personnels et possessifs
La personne grammaticale s'exprime par la sĂ©rie suivante de pronoms personnels: mi « je », vi « tu/vous »20, li « il » (pour un ĂȘtre vivant de sexe masculin), Ći « elle » (pour un ĂȘtre vivant de sexe fĂ©minin), Äi « il/elle » (pour les ĂȘtres vivants de sexe indĂ©terminĂ© ou les choses), si « soi » ou « se » (rĂ©flĂ©chi), ni « nous », ili « ils/elles/eux » (pour tous les cas), oni « on ». Tous prennent la marque de l'accusatif, le cas Ă©chĂ©ant. Les possessifs en dĂ©rivent par l'ajout de la marque d'adjectif -a : mia « mon, ma », nia « notre », etc. Les possessifs prennent les marques du pluriel et de l'accusatif, le cas Ă©chĂ©ant. Seul si n'est pas utilisĂ© en position de sujet.
Article
L'espéranto utilise l'article défini invariable la. Il n'y a ni article indéfini, ni article partitif.
Corrélatifs
L'espéranto utilise également comme déterminants un ensemble de pronoms-adjectifs assemblés systématiquement à partir d'une initiale et d'une finale caractéristiques :
- initiales : i- (indĂ©finis), ki- (interrogatifs-relatifs), ti- (dĂ©monstratifs), Äi- (collectifs-distributifs), neni- (nĂ©gatifs) ;
- finales : -a (qualité), -u (individu), -o (chose), -es (possession). Les deux premiÚres de ces séries varient en nombre et en cas, la troisiÚme en cas uniquement.
D'autres finales produisent des adverbes circonstanciels: -e (lieu), -am (temps), -el (maniĂšre), -al (cause), -om (quantitĂ©). Les mots formĂ©s sur ces bases sont dĂ©signĂ©s collectivement comme corrĂ©latifs ou (en espĂ©ranto mĂȘme) tabel-vortoj21.
Ainsi par exemple :
- kiu signifie « qui » ou « quel »,
- Äiu signifie « chacun » ou « chaque »,
- neniu signifie « personne » ou « aucun »,
- iam signifie « à un moment »,
- Äiam signifie « toujours »,
- neniam signifie « jamais ».
Particules invariables
L'espĂ©ranto recourt Ă©galement Ă diverses particules invariables dans l'organisation de la phrase: il s'agit de conjonctions de coordination (kaj « et », aĆ Â« ou », do « donc », sed « mais »...) ou de subordination (ke « que », Äar « parce que », dum « pendant que », se « si »...) qui prĂ©cisent les rapports entre propositions, et des adverbes simples Ă valeur spatiale, temporelle, logique ou modale. Par exemple, ne marque la nĂ©gation, et Äu marque l'interrogation globale.
Syntaxe de phrase
Comme en russe ou en latin, l'ordre des mots est trÚs libre en espéranto. Le sujet, le verbe et le complément d'objet direct (marqué par l'accusatif) peuvent apparaßtre dans n'importe quel ordre ; le plus fréquent est l'ordre sujet-verbe-objet suivi du complément circonstanciel, mais l'usage d'autres dispositions est courant notamment en cas de mise en relief. Il existe cependant certaines rÚgles et tendances bien établies : 22
- L'article défini se place au début du groupe nominal.
- L'adjectif précÚde généralement le substantif.
- Les prépositions se placent au début du groupe prépositionnel.
- Les adverbes précÚdent généralement l'expression qu'ils modifient.
- Les conjonctions précÚdent la proposition qu'elles introduisent.
Certaines tendances expressives peuvent sembler peu communes par rapport à l'usage du français :
- Les prépositions sont volontiers préfixées au verbe, produisant des doublets entre formulation intransitive avec groupe prépositionnel et formulation transitive à verbe préfixé: Ni diskutos pri la afero ~ Ni pridiskutos la aferon. « Nous discuterons de l'affaire. » (Tous les verbes à préposition préfixée ne forment cependant pas doublet : par exemple, altiri « attirer » diffÚre de tiri al « tirer à ».)
- Un syntagme peut facilement se condenser en mot composé: Knabo kun bluaj okuloj. ~ Bluokula knabo. « Un garçon aux yeux bleus. »
- L'emploi de l'adverbe dérivé est trÚs étendu.
Du fait de l'absence de restriction sur la combinaison des monĂšmes, une mĂȘme phrase peut se formuler de multiples façons:
- Mi enigis Äion en la komputilon. ~ Mi enkomputiligis Äion. ~ Mi Äion enkomputiligis. « J'ai tout introduit dans l'ordinateur. »
- Mi iros al la hotelo per biciklo. ~ Mi alhotelos bicikle. ~ Mi biciklos hotelen. « J'irai à l'hÎtel à vélo. »
- Mi iros al la kongreso per aĆto. ~ Mi alkongresos aĆte. ~ Mi aĆtos kongresen. « J'irai au congrĂšs en voiture. »
- Ni estas de la sama opinio. ~ Ni havas la saman opinion ~ Ni samopinias. « Nous sommes du mĂȘme avis. »
L'espéranto peut ainsi alternativement se montrer synthétique ou analytique.
Vocabulaire
Sources lexicales
Bien qu'étant une langue construite, l'espéranto, tire ses bases lexicales de langues existantes (essentiellement indo-européennes): c'est ce que l'on appelle une langue construite a posteriori. Les principales sources sont, par importance décroissante23:
- le latin et les langues romanes, essentiellement le français et l'italien.
- les langues germaniques, essentiellement l'allemand, le néerlandais et l'anglais.
- le grec ancien, surtout pour la terminologie scientifique.
- les langues slaves, essentiellement le russe et le polonais.
Les mots provenant d'autres langues dĂ©signent surtout des rĂ©alitĂ©s culturelles spĂ©cifiques: boaco « renne » (du same), jogo « yoga » (du sanskrit), haĆioj « baguettes (pour manger) » (du japonais), etc.
Les morphĂšmes grammaticaux doivent beaucoup au latin (participes en -nt- et -t-, nombreux adverbes et prĂ©positions, sĂ©rie des numĂ©raux) et dans une moindre mesure au grec ancien (j du pluriel, n de l'accusatif, conjonction kaj « et »). Une partie est construite a priori sans rĂ©fĂ©rence Ă©vidente Ă des langues existantes (le pronom personnel Äi, le suffixe -uj- dĂ©notant un contenant total...), ou profondĂ©ment remaniĂ© Ă partir d'Ă©lĂ©ments rappelant ceux de langues prĂ©existantes, comme la sĂ©rie des corrĂ©latifs.
Zamenhof a suivi diverses mĂ©thodes pour adapter ses sources lexicales Ă l'espĂ©ranto. Le plus grand nombre a Ă©tĂ© simplement adaptĂ© Ă la phonĂ©tique et l'orthographe de la langue, tantĂŽt davantage Ă partir de la prononciation (ex. trotuaro du français trottoir; beleco « beautĂ© » de l'italien bellezza ; Ćuo « chaussure » de l'anglais shoe, le nĂ©erlandais schoen, et de l'allemand Schuhe), tantĂŽt Ă partir de la forme Ă©crite (ex. semajno « semaine », soifi « avoir soif » empruntĂ©s au français ; birdo « oiseau », teamo « Ă©quipe » empruntĂ©s Ă l'anglais). Lorsque plusieurs de ses sources comportaient des mots proches par la forme et le sens, Zamenhof a souvent créé un moyen terme (ex. Äefo « chef », cf. français chef / anglais chief ; forgesi « oublier », cf. allemand vergessen / nĂ©erlandais vergeten / anglais to forget ; gliti « glisser », cf. français glisser / allemand gleiten / nĂ©erlandais glijden / anglais to glide ; lavango « avalanche », cf. français avalanche / italien valanga / allemand Lawine ; najbaro « voisin », cf. allemand Nachbar / nĂ©erlandais nabuur / anglais neighbour).
Les radicaux sont parfois davantage altérés que ne le nécessiterait la simple adaptation phonétique ou orthographique, 24 :
- pour éviter d'avoir des radicaux homophones : lafo « lave (volcanique) » car lavi signifie « laver », pordo « porte » car la racine port appartient déjà au verbe porti qui signifie « porter »
- pour diffĂ©rencier plusieurs sens : pezi « peser (ĂȘtre pesant) » / pesi « peser (mesurer le poids) » du français peser, helico « hĂ©lice » / heliko « escargot » du latin helix
- pour éviter des confusions avec des affixes ayant déjà un autre sens en espéranto: mateno « matin » (-in- marquant le sexe féminin), rigardi « regarder » (re- marquant la répétition)
- pour abréger des mots longs: asocio « association », terni « éternuer ».
Le vocabulaire de l'espéranto comprenait quelques centaines de radicaux dans le Fundamento de Esperanto de 1905. En 2002, aprÚs un siÚcle d'usage, le plus grand dictionnaire monolingue espérantiste (Plena Ilustrita Vortaro de Esperanto), en comprend 16.780 correspondant à 46.890 éléments lexicaux.
Formation des mots
La formation des mots espĂ©ranto est traditionnellement dĂ©crite en termes de dĂ©rivation lexicale par affixes et de composition. Cette distinction est cependant relative, dans la mesure oĂč les « affixes » sont susceptibles de sâemployer aussi comme radicaux indĂ©pendants: ainsi le diminutif -et- forme lâadjectif eta « petit (avec idĂ©e de faiblesse) », le collectif -ar- forme le nom aro « groupe », le causatif -ig- forme le verbe igi « faire, rendre », etc.
Les deux principes essentiels de formation des mots sont :
- lâinvariabilitĂ© des radicaux : contrairement Ă ce qui peut se passer par exemple en français, en anglais, en allemand... la dĂ©rivation ne provoque aucune altĂ©ration interne des monĂšmes : vidi « voir », vido « vue », nevidebla « invisible »
- lâordre de composition oĂč lâĂ©lĂ©ment dĂ©terminant prĂ©cĂšde le dĂ©terminĂ©: kantobirdo « oiseau chanteur » et birdokanto « chant dâoiseau », velĆipo « bateau Ă voile, voilier » et Ćipvelo « voile de bateau », centjaro « centenaire (= centiĂšme annĂ©e) » et jarcento siĂšcle « (= centaine dâannĂ©es) ».
En thĂ©orie, il nâexiste pas dâautre limite que sĂ©mantique Ă la combinatoire des radicaux. Il en rĂ©sulte un certain schĂ©matisme qui aboutit Ă la formation systĂ©matique de longues sĂ©ries sur le mĂȘme modĂšle, parfois sans Ă©quivalent direct dans dâautres langues. Par exemple :
- Ă cĂŽtĂ© de samlandano « compatriote » et samklasano « camarade de classe », il existe samideano « partisan du mĂȘme idĂ©al » et samaÄulo « personne du mĂȘme Ăąge »
- pour exprimer le fait de prendre une couleur, le français possĂšde « rougir, jaunir, verdir, bleuir, blanchir, brunir, noircir ». LâespĂ©ranto possĂšde comme Ă©quivalents respectifs ruÄiÄi, flaviÄi, verdiÄi, bluiÄi, blankiÄi, bruniÄi, nigriÄi mais le procĂ©dĂ© y est illimitĂ© : griziÄi « devenir gris », oranÄiÄi « devenir orange », etc.
- il est possible de former le contraire de nâimporte quelle notion par le prĂ©fixe trĂšs frĂ©quent mal- : Äoja « gai » ~ malÄoja « triste », helpi « aider » ~ malhelpi « gĂȘner », multe « beaucoup » ~ malmulte « peu », etc.25
Ce schĂ©matisme a pour effet de diminuer le nombre de radicaux nĂ©cessaires Ă lâexpression au profit de dĂ©rivĂ©s, rĂ©duisant ainsi la composante immotivĂ©e du lexique. Le procĂ©dĂ© pouvant parfois paraĂźtre lourd, la langue littĂ©raire a cependant introduit quelques radicaux alternatifs Ă titre de variantes stylistiques: par exemple olda « vieux » peut doubler maljuna (formĂ© sur juna « jeune ») ou malnova (formĂ© sur nova « neuf, nouveau »). Lâusage courant tend cependant Ă prĂ©fĂ©rer les dĂ©rivĂ©s26,27,28.
Le systĂšme de dĂ©rivation sâadapte aisĂ©ment aux besoins en mots nouveaux. Ainsi, du mot reto (« rĂ©seau, filet »), on a extrait le radical ret- pour former tout un ensemble de mots liĂ©s Ă Internet : retadreso (« adresse de courriel »), retpirato (« pirate informatique »), etc.
Exemples
Quelques mots de base
| Mot | Traduction | Prononciation | |
|---|---|---|---|
| Transcription phonétique selon l'usage de l'API. | Transcription phonétique selon l'usage du français. | ||
| terre | tero | ËteÉŸo | tĂ©ro |
| ciel | Äielo | ʧiËelo | tchiĂ©lo |
| eau | akvo | Ëakvo | akvo |
| feu | fajro | ËfajÉŸo | fayro |
| homme (ĂȘtre humain masculin) | viro | ËviÉŸo | viro |
| femme (ĂȘtre humain fĂ©minin) | virino | viËÉŸino | virino |
| manger | manÄi | ËmanÊ€i | manedji |
| boire | trinki | ËtÉŸinki | trineki |
| grand | granda | ËgÉŸanda | graneda |
| petit (dans le sens inverse de grand) | malgranda | malËgÉŸanda | malgraneda |
| nuit | nokto | Ënokto | nokto |
| jour | tago | Ëtago | tago |
| papa | paÄjo | Ëpaʧjo | patchyo |
| maman | panjo | Ëpanjo | panyo |
| frĂšre | frato | ËfÉŸato | frato |
| sĆur | fratino | fÉŸaËtino | fratino |
| langue (organique) | lango | ËlanÉĄo | lanego |
| langue (orale) | lingvo | ËlinÉĄvo | linegvo |
Texte analysé en constituants
La akcento estas sur la antaĆlasta silabo. La kernon de la silabo formas vokalo. Vokaloj ludas grandan rolon en la ritmo de la parolo. Substantivoj finas per -o, adjektivoj per -a. La signo de la pluralo estas -j. La pluralo de « lasta vorto » estas « lastaj vortoj ».
« -o » = substantifs/« -a » = adjectifs/« -j » = pluriel/« -n » = accusatif'
Traduction : L'accent est sur l'avant-derniĂšre syllabe. Le cĆur de la syllabe est formĂ© par une voyelle. Les voyelles jouent un grand rĂŽle dans le rythme de la parole. Les substantifs finissent par -o, les adjectifs par -a. La marque du pluriel est -j. Le pluriel de « lasta vorto » (« dernier mot ») est « lastaj vortoj ».
Critiques de l'espéranto
Depuis ses débuts, l'espéranto a essuyé de nombreuses critiques :
- Du temps de Zamenhof, les consonnes Ä, Ä, Ä„, Ä”, Ć et la voyelle Ć posaient des problĂšmes avec les machines Ă Ă©crire qui ne possĂ©daient pas les signes diacritiques requis. Bien que presque toujours absentes des claviers (peu de dispositions de clavier, comme le clavier canadien multilingue ou le bĂ©po29 permettent de les taper sans rien ajouter Ă son systĂšme), ces lettres spĂ©cifiques Ă l'espĂ©ranto sont aujourd'hui prises en compte par l'Unicode et des programmes permettent de les taper sans gĂȘne ;
- l'existence du n en tant que complément, à savoir l'accusatif, étranger aux langues modernes d'origine latine et redondant par rapport à l'usage le plus fréquent (en espéranto) SVO ;
- les genres, oĂč le masculin est toujours radical. La plupart du temps, ce masculin est une forme neutre : bovo = « bĆuf », bovino = « vache », virbovo = « taureau ». Consulter aussi Riisme ;
- le reproche par certains que l'espĂ©ranto serait une langue trop europĂ©enne, ou pas assez proche du latin. Pourtant, l'espĂ©ranto comporte 75% de radicaux latins, ce qui fait dire Ă certains que l'espĂ©ranto ne saurait ĂȘtre la langue internationale. Cependant un grand nombre de mots d'origine latine existent dans de nombreuses langues non europĂ©ennes (voir Ă©tymologie de l'espĂ©ranto).
La diffusion relativement restreinte de l'espéranto (dix millions de personnes ne représentent que 0,15 % de la population mondiale) est également invoquée pour en contester la qualité et l'utilité30. Les partisans de l'espéranto y opposent le fait que la langue ait été employée sur une longue durée et dans de nombreux pays (115 selon Ethnologue.com2), et argumentent que le nombre de locuteurs ne présume pas de ses qualités intrinsÚques, mais relÚve plutÎt de l'absence de soutien politique; son adoption officielle comme langue de travail (par exemple comme langue pivot pour les traductions au sein de l'Union européenne) aurait pour effet d'augmenter rapidement le nombre de locuteurs (voir Rapport Grin).
L'espéranto a également été comparé à la novlangue du roman 1984 de George Orwell, une langue fictive créée et imposée pour réduire considérablement la richesse et la subtilité du langage.
IntĂ©rĂȘt pĂ©dagogique de l'espĂ©ranto
LâInstitut de pĂ©dagogie cybernĂ©tique de Paderborn (Allemagne) a comparĂ© les durĂ©es dâapprentissage de plusieurs groupes dâĂ©lĂšves francophones, de niveau baccalaurĂ©at, pour atteindre un niveau comparable dans quatre langues diffĂ©rentes : lâespĂ©ranto, lâanglais, lâallemand et lâitalien. Les rĂ©sultats sont les suivants : pour atteindre ce niveau, 2000 heures dâĂ©tudes de lâallemand produisaient un niveau linguistique Ă©quivalent Ă 1500 heures dâĂ©tude de lâanglais, 1000 heures dâĂ©tude de lâitalien et 150 heures dâĂ©tude de lâespĂ©ranto. 31 32
Ces études furent reprises et confirmées par d'autres études dans 33 le rapport remis au ministÚre italien de l'enseignement public (ministÚre de l'instruction), ainsi que dans le Rapport Grin
Cette facilitĂ© de l'espĂ©ranto fut constatĂ©e par InazĆ Nitobe, membre de lâAcadĂ©mie ImpĂ©riale du Japon, homme de science, SecrĂ©taire gĂ©nĂ©ral adjoint de la SociĂ©tĂ© des Nations, qui avait participĂ© au congrĂšs universel dâespĂ©ranto de Prague en 1921 pour se rendre compte par lui-mĂȘme de lâefficacitĂ© de cette langue. Dans un rapport intitulĂ© Esperanto as an International Auxiliary Language (LâespĂ©ranto comme langue auxiliaire internationale), publiĂ© en 1922, il avait Ă©crit : « On peut affirmer avec une certitude absolue que lâespĂ©ranto est de huit Ă dix fois plus facile que nâimporte quelle langue Ă©trangĂšre et quâil est possible dâacquĂ©rir une parfaite Ă©locution sans quitter son propre pays. Ceci est en soi un rĂ©sultat trĂšs apprĂ©ciable. »34
Lorsque l'on a dĂ©jĂ appris une langue Ă©trangĂšre, l'apprentissage d'une nouvelle langue Ă©trangĂšre est plus facile, d'oĂč l'intĂ©rĂȘt de commencer par une langue Ă©trangĂšre facile. Des Ă©tudes menĂ©es sur des Ă©chantillons comparatifs d'Ă©lĂšves ont montrĂ© que les Ă©lĂšves qui avaient d'abord Ă©tudiĂ© l'espĂ©ranto avant de passer Ă l'Ă©tude d'une langue Ă©trangĂšre, atteignaient un meilleur niveau, dans cette langue, que le groupe tĂ©moin qui pendant la mĂȘme durĂ©e n'avait Ă©tudiĂ© que cette langue Ă©trangĂšre.
Du point de vue de la graphie, lâespĂ©ranto fait partie des langues dites « transparentes » : comme pour le croate, le serbe, l'espagnol, l'italien, le russe, le slovĂšne ou le tchĂšque, la correspondance entre graphĂšmes et phonĂšmes est simple, stable et rĂ©guliĂšre. Une langue complĂštement transparente suit deux principes: Ă un phonĂšme correspond une seule graphie; Ă une seule graphie correspond un seul phonĂšme. Ă lâopposĂ©, les langues dites « opaques » comme le français ou l'anglais ont des rĂšgles de correspondance grapho-phonĂ©mique complexes et irrĂ©guliĂšres.35
Un dyslexique utilisant une langue « opaque » devient souvent dysorthographique. Il est prĂ©fĂ©rable de choisir l'apprentissage dâune langue transparente pour faciliter l'apprentissage des langues chez les enfants dyslexiques.36
D'autre part, l'espéranto peut aider grùce à sa construction signalant pour chaque mot un trait grammatical précis, à faire comprendre les liens entre la « fonction dans la phrase » et l'« orthographe grammaticale » de chaque mot
IntĂ©rĂȘt financier
Selon le Dr. Gennadij Shilo, recteur de l'EĆropa universitato JUSTO de Moscou, la pratique de l'esperanto permet aux Ă©tudiants une meilleure maĂźtrise des langues Ă©trangĂšres justifiant des salaires jusqu'Ă 15% supĂ©rieurs (comme n'importe quelle maĂźtrise d'une autre langue Ă©trangĂšre) 37.
Espéranto et militantisme
L'espéranto donne lieu à un mouvement militant qui s'est notamment traduit par l'apparition en France de la liste Europe Démocratie Espéranto aux élections européennes de juin 2004. La liste a reçu 25 067 voix, soit environ 0,15% des suffrages exprimés. Elle se structure désormais au niveau européen38.
Ce mouvement propose d'utiliser l'espéranto, de préférence à l'anglais, à la fois pour garantir une égalité de tous par rapport à la langue de communication internationale utilisée, pour préserver la pluralité linguistique et pour une plus grande efficacité.
Il s'appuie sur diffĂ©rentes Ă©tudes affirmant l'intĂ©rĂȘt Ă©conomique et politique que pourrait reprĂ©senter l'utilisation de l'espĂ©ranto39, tels que le rapport Grin, qui estime que son enseignement (en remplacement de l'enseignement des LV1 actuel) « se traduirait par une Ă©conomie nette, pour la France, de prĂšs de 5,4 milliards dâEuros par annĂ©e et, Ă titre net pour lâEurope entiĂšre (Royaume-Uni et Irlande compris), dâenviron 25 milliards dâEuros annuellement »40.
L'UNESCO a fait plusieurs recommandations en faveur de l'espéranto.
L'espéranto a également été plusieurs fois proposé comme candidat au Prix Nobel de la Paix, notamment en 2008.
Variantes de l'espéranto
Ido et Riisme
Zamenhof lui-mĂȘme proposa des modifications et des rĂ©formes, mais celles-ci furent refusĂ©es par le comitĂ© EspĂ©ranto.
La volonté de corriger certains défauts de l'espéranto a poussé certaines personnes à créer des variantes telles que l'Ido ou à proposer des réformes importantes telles que le riisme.
La majorité des espérantistes est généralement hostile à ces évolutions trop fortes, de peur de diviser la collectivité entre réformistes et conservateurs et de diminuer la clarté de la langue. C'est pourquoi l'espéranto reste la plus utilisée des langues dites construites et a gardé sa stabilité interne.
Espéranto signé
Signuno est une forme gestuelle de l'espéranto. Il a pour but de permettre aux sourds de nationalités différentes de communiquer, afin que l'espéranto ne soit pas seulement utilisable sous une forme verbale ou écrite. Outre les chiffres et les lettres, un signe spécifique est associé aux morphÚmes les plus courants. Les signes de Signuno sont essentiellement basés sur le Gestuno.
La culture espérantophone
Ăvolution de la pratique de l'espĂ©ranto
LâespĂ©ranto a longtemps Ă©tĂ© une langue plus Ă©crite que parlĂ©e. DĂšs le dĂ©but, toutefois, son usage oral a Ă©tĂ© assurĂ© par les clubs d'espĂ©ranto, dissĂ©minĂ©s un peu partout en Europe, en Asie orientale et dans quelques pays d'AmĂ©rique. Les personnes intĂ©ressĂ©es s'y retrouvaient une fois par semaine ou par mois pour pratiquer la langue et accueillir des voyageurs Ă©trangers qui l'avaient apprise. Au dĂ©but du XXe siĂšcle sont apparus de nombreux Ă©crivains, hommes et femmes, poĂštesâŠ, qui, ayant adoptĂ© l'espĂ©ranto comme langue de leurs Ă©crits, lui ont donnĂ© sa littĂ©rature. Dans la rĂ©sistance Ă l'occupation japonaise, des artistes corĂ©ens, notamment des rĂ©alisateurs qui seront Ă l'origine du cinĂ©ma nord-corĂ©en, choisissent ainsi de se regrouper en 1925 dans une association ayant choisi un nom espĂ©rantiste: la Korea Artista Proletaria Federacio (KAPF), ou Association corĂ©enne des artistes prolĂ©tariens.
En fait, l'usage oral de la langue, de la simple conversation Ă la musique, s'est surtout dĂ©veloppĂ© lorsque les voyages sont devenus plus accessibles et que les rencontres internationales espĂ©rantistes se sont multipliĂ©es. La mise en place de services d'hĂ©bergement chez l'habitant, comme le Pasporta Servo, et l'apparition de l'enregistrement sonore sur cassette, de mĂȘme que les programmes de conversation tĂ©lĂ©phonique par ordinateur (VOIP), ont contribuĂ© Ă faire progresser l'utilisation orale de la langue.
Il faut également noter qu'avec l'accroissement du nombre de locuteurs, l'espéranto est devenu la langue maternelle d'enfants issus de couples espérantophones.
En dĂ©fendant son idĂ©e Ă travers lâEurope, le Docteur Zamenhof s'est attirĂ© la sympathie de nombreuses personnalitĂ©s politiques, telles que Gandhi ainsi que la communautĂ© internationale du BahaĂŻsme.
L'espéranto est trÚs présent sur internet, et au 11 décembre 2009, le nombre de pages de la Wikipédia espéranto était de 122 424 pages.
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| Extraits du discours de Zamenhof en 1905 (info) |
Les curieux pourront écouter, grùce au lien à droite, des extraits du discours de Zamenhof au Premier CongrÚs Universel d'Espéranto (wikisource), dits par Claude Piron et enregistrés lors du congrÚs de Boulogne de 2005 organisé pour célébrer le centenaire de ce Premier CongrÚs. Ces extraits sont reproduits et traduits dans la page de description du fichier.
Ce discours est typique du style de Zamenhof, empreint de naïveté pour ses détracteurs, d'un profond humanisme pour ses sympathisants.
Littérature
De nombreuses Ćuvres littĂ©raires ont Ă©tĂ© Ă©crites ou traduites en espĂ©ranto. Des livres (comme la Bible41, Le Petit Prince42 ou le Manifeste du parti communiste43) ont Ă©tĂ© traduits en espĂ©ranto; les Ćuvres originales en espĂ©ranto sont Ă©galement bien reprĂ©sentĂ©es.
Dans la sĂ©rie de romans de science-fiction Le Fleuve de l'Ă©ternitĂ© de l'Ă©crivain Philip JosĂ© Farmer, tous les humains ayant vĂ©cu sur la Terre sont ressuscitĂ©s sur les rives d'un interminable fleuve. L'espĂ©ranto y devient rapidement de facto la langue de communication entre les riverains, et Farmer l'utilise, entre autres, pour nommer certains Ătats qui sont fondĂ©s sur les bords du fleuve.
Presse
- Le Monde diplomatique a créé en 2002 une édition (électronique) en espéranto. Site
Cinéma
Le cinĂ©aste suisse François Randin produit des films qui sont parlĂ©s en espĂ©ranto ou, sont sous-titrĂ©s en espĂ©ranto afin de pouvoir ĂȘtre compris par tout le monde.
Incubus, de Leslie Stevens (1965) avec William Shatner dans le rÎle principal, fut entiÚrement tourné en espéranto. Tous les acteurs ont appris les dialogues dans cette langue et le film n'existe qu'en version originale en espéranto avec sous-titres.
Dans le film de Charlie Chaplin, Le Dictateur, les plaques des magasins du ghetto juif sont en espéranto, décrite comme « langue juive internationale » par Hitler dans Mein Kampf.
Le film Idiot's Delight avec Clark Gable nomme quant à lui « Esperanto » une dictature européenne non identifiée, utilisant une langue neutre afin de n'offenser aucun pays. Une stratégie diplomate reprise dans Street Fighter (1994) et Blade Trinity (2005).
Il est aussi possible d'entendre de l'espéranto dans la version originale du film Bienvenue à Gattaca. En effet, les haut-parleurs de l'entreprise dans laquelle travaille le protagoniste de l'histoire, font les annonces d'abord en espéranto puis en anglais.
Musique
Dans son album HIStory, Michael Jackson exploite la sonorité à la fois internationale et exotique de l'espéranto, en prononçant quelques phrases dans cette langue.
Dans le jeu vidĂ©o Final Fantasy XI, le thĂšme principal Memoro de la Ćtono accompagnant la cinĂ©matique d'introduction, est chantĂ© en espĂ©ranto.
La pochette de l'album OK Computer de Radiohead présente de nombreuses phrases, dont certaines en espéranto.
Utilisation du mot espéranto en tant que métaphore
Le nom espĂ©ranto fonctionne comme un nom propre quand il dĂ©signe la langue mĂȘme, mais est parfois utilisĂ© comme nom commun (dans une sorte d'antonomase) pour reprĂ©senter une langue commune ou un moyen commun dans un domaine donnĂ© oĂč cette mise en commun ne va pas de soi. Cette utilisation du mot espĂ©ranto peut aussi bien ĂȘtre prise dans un sens positif que dans un sens nĂ©gatif.
Dans le domaine de l'informatique, Java fut qualifié d'espéranto des langages de programmation44, en particulier à cause de sa simplicité et de son universalité (indépendance par rapport au systÚme d'exploitation), métaphore reprise pour XML, qualifié à son tour d'espéranto du systÚme d'information45.
En Allemagne et en Autriche, les opposants à l'euro le décrivirent comme Esperantogeld ou EsperantowÀhrung (Geld = « argent » ; WÀhrung = « Monnaie46 ») voulant dire par là qu'un tel projet international était intrinsÚquement voué à l'échec.
Annexes et sources
Bibliographie
: source utilisée pour la rédaction de cet article
Ouvrages généraux
- André Cherpillod, Les Langues agglutinantes et l'espéranto, La BlanchetiÚre, Courgenard, 1989.
- Pierre Janton, LâEspĂ©ranto, 4e Ă©d. Presses universitaires de France, coll. « Que sais-je ? », Paris, 1994. (ISBN 2-13-042569-0)

- Jacques Joguin, Parlons espéranto. La langue internationale, L'Harmattan, coll. « Parlons... », Paris, 2004, 2e éd. (ISBN 2-7475-0355-0).

- Georges Kersaudy, Langues sans frontiĂšres : Ă la dĂ©couverte des langues de l'Europe, Ăd. Autrement, Paris, 2001. (ISBN 2-7467-0125-1)
- Michel Malherbe, Les Langages de l'humanité : une encyclopédie des 3 000 langues parlées dans le monde, R. Laffont, coll. « Bouquins », Paris, 1995. (ISBN 2-221-05947-6)
L'article sur l'espéranto (p. 809-817) décrit la langue.
- EspĂ©ranto : une langue sans frontiĂšres, publications de l'Ăcole moderne française, 1993. Cahier BT nr 257. RĂ©fĂ©rences Beck499.99.
- La barriĂšre des langues : comment communiquer ?, publications de l'Ăcole moderne française, 1991. Cahier BT nr 355.
- Lionel Dupuy, Jules Verne espérantiste ! Une langue universelle pour une oeuvre atemporelle, SAT Amikaro, 98 p. 2009 : http://pagesperso-orange.fr/jules-verne/Esperanto/Jules_Verne_Esperantiste.pdf
- Rapport du ministĂšre italien de lâEnseignement Public, sur l'esperanto (en français) http://www.internacialingvo.org/public/etude.pdf
Historique
- RenĂ© Centassi et Henri Masson, LâHomme qui a dĂ©fiĂ© Babel, Ramsay, coll. « Le livre des mots », Paris, 1995. (ISBN 2-84114-114-4)
Biographie de l'initiateur de l'espéranto. On y trouve également quelques notions de grammaire.
- Louis Couturat et Léopold Leau. Histoire de la langue universelle, Hachette, Paris, 1903. lire en ligne
Traité présentant plusieurs dizaines de langues construites ou d'idées à leur sujet, de Descartes à Peano. Introduit la distinction entre systÚmes a priori, systÚmes mixtes et systÚmes a posteriori. La reprod. en fac-sim. publiée par G. Olms, coll. « Documenta Semiotica », Hildesheim, New York, 2001 (ISBN 3-487-06885-0) contient aussi celle de la suite de cet ouvrage, Les nouvelles langues internationales (dont l'éd. originale non datée fut publiée à compte d'auteur), avec un appendice bibliographique par Reinhard Haupenthal.
- Umberto Eco, La recherche de la langue parfaite dans la culture européenne, Seuil, coll. « Faire l'Europe », 1994. (ISBN 2-02-012596-X)
Eco explore les tentatives faites par l'homme pour retrouver la langue originelle. Un chapitre (p. 366-380) est Ă©galement consacrĂ© aux langues internationales auxiliaires (volapĂŒk et espĂ©ranto).
- Jean-Claude Lescure, Un imaginaire transnational ? VolapĂŒk et espĂ©ranto vers 1880-1939. Dossier de candidature Ă l'habilitation Ă diriger des recherches. Sous la direction de Pierre Milza. Institut d'Ă©tudes politiques de Paris, Cycle supĂ©rieur d'histoire du XXe siĂšcle. Paris 1999. 886 p. (en 4 volumes)
- François Lo Jacomo (dir. André Martinet), Liberté ou autorité dans l'évolution de l'espéranto, Université de Paris V (ThÚse de 3e cycle en Linguistique), Paris, 1981, 384 p. ThÚse publiée par l'auteur.

Dictionnaires et lexiques
- PIV: Plena Ilustrita Vortaro de Esperanto, S.A.T., Paris, 2005. Dictionnaire unilingue équivalent au Petit Larousse
- André Cherpillod, Konciza Etimologia Vortaro de Esperanto, U.E.A., Rotterdam, 2003.
- André Cherpillod, Etimologia Vortaro de la propraj nomoj, U.E.A., Rotterdam, 2005.
- Michel Duc Goninaz, Vocabulaire EspĂ©ranto : laĆtema esperanta-franca vortareto, Ophrys, Gap, Paris, 1990. (ISBN 2-7080-0626-6)
Apprentissage
- Zohra Mraihy et Thierry Saladin. L'Espéranto t.1 : L'essentiel et t.2 : La conversation, t.3 :L'imagier", Aedis, coll. « Petit guide », Vichy, 2005. (ISBN 2842592638, ISBN 2842592646 et ISBN 284259326X)
- SAT-Amikaro, Cours rationnel et complet d'espĂ©ranto, Ăditions SAT-Amikaro, 2006.
- Jean Thierry, L'espéranto sans peine, Assimil, 1973.
- Renée Triolle, Espéranto Express, Dauphin, Paris, 2006. (ISBN 2-7163-1310-5)
- Gaston Waringhien, ABC d'espéranto à l'usage de ceux qui aiment les lettres, 1re éd. Union espérantiste de France, Paris, 1946, 3e éd. l'Harmattan, Paris, 2001 (ISBN 2-7475-1564-8).
Ouvrage pour comprendre les origines grammaticales et le vocabulaire de l'espéranto.
- Méthodes d'apprentissage interactives : http://ikurso.esperanto-jeunes.org http://fr.lernu.net
Apologétique
- André Cherpillod, L'Espéranto, une valeur culturelle, une valeur pédagogique, La BlanchetiÚre, Courgenard, 2005.
- André Cherpillod, Une langue pour l'Europe ? Mais oui, La BlanchetiÚre, Courgenard, 2003.
- André Cherpillod, Espéranto ou Babel ? Faut choisir, La BlanchetiÚre, Courgenard, 1995.
- Mark Fettes, « Quelle langue pour l'Europe ? L'Europe subira-t-elle toujours la malédiction de Babel ? », traduction française parue dans Documents sur l'espéranto, n° 26 (1991), Universal Esperanto Association, Rotterdam et reproduite sur le site de Dominique Vasconi-Couturier de « Europe's Babylon : towards a single European language? » dans History of European Ideas, 13 (1991), p. 201-213. lire en ligne
Analyse linguistique, culturelle et politique de différents candidats au rang de langue internationale, de l'anglais à l'espéranto en passant par l'anglais basic et l'interlingua. Prix Maxwell 1990.
- Yvonne Lassagne-Sicard, Que vive la langue française et que vive l'espĂ©ranto !, Ăd. Arcam, Paris, 1993. (ISBN 2-86476-386-9)
- Claude Piron, Le DĂ©fi des langues : du gĂąchis au bon sens, Ăd. l'Harmattan, Paris, 1994. (ISBN 2-7384-2432-5) lire en ligne
L'auteur se penche sur les problÚmes de communication internationale et analyse les différentes possibilités, notamment l'espéranto.
- Claude Piron, Communication linguistique : Ă la recherche d'une dimension mondiale, SAT-Amikaro, Paris, 1992. lire en ligne
Témoignages
- Maryvonne et Bruno Robineau, Livre Huit ans autour du monde, Ed. Opéra. (ISBN 2-35370-002-0).
Ce couple raconte son voyage Ă la dĂ©couverte du monde. Ils ont appris l'espĂ©ranto, ce qui leur a permis de nombreuses rencontres. Ăgalement disponible en espĂ©ranto..
Notes et références
- Interview de Georges Kersaudy fin 2001, http://www.freelang.com/mag/interview_kersaudy.html
- (en) Fiche langue dans Ethnologue.com, Gordon, Raymond G., Jr. (ed.), 2005. Ethnologue: Languages of the World, Fifteenth edition. Dallas, Tex.: SIL International
- C'est actuellement la langue artificielle la plus parlée dans le monde
- Joguin 2001, p. 24
- George Orwell découvrit l'espéranto chez sa tante Ellen Kate Limouzin, femme de l'activiste et espérantiste français EugÚne Lanti.
- Journée mondiale du livre sur le portail de l'UNESCO
- FAQ en français de l'Académie internationale des sciences de Saint-Marin
- Henri Masson, « LâespĂ©ranto au prĂ©sent ». ConsultĂ© le 29 mai 2009
- (it)LâEsperanto nella scienza allâepoca di internet, Amri Wandel, Eccademia di Esperanto (Membro del consiglio dellâUEA per le questioni scientifiche e tecniche). URL consultato il 02-04-2009.
- Henri Masson, « Quand la Hongrie donne lâexemple » sur esperanto-sat.info, SAT Amikaro, esperanto : vers une culture sociale sans frontiĂšres. ConsultĂ© le 19 juin 2008
- (en) Jouko Lindstedt, [Native Esperanto as a Test Case for Natural Language http://www.ling.helsinki.fi/sky/julkaisut/SKY2006_1/1FK60.1.5.LINDSTEDT.pdf [pdf], University of Helsinki - Department of Slavonic and Baltic Languages and Literatures, Janvier 2006
- Lindstedt, Jouko. "Re: Kiom?" (posting). DENASK-L@helsinki.fi, 22 avril 1996.
- Three letters about his method for estimating the number of Esperanto speakers La présentation la plus détaillée de la méthodologie utilisée se trouve dans une lettre qu'il a écrite en 1989 à David Wolff: Culbert, Sidney S..
- Sikosek, Ziko M. Esperanto Sen Mitoj ("Esperanto without Myths") Second edition. Antwerp: Flandra Esperanto-Ligo, 2003.
- http://pt.wikipedia.org/w/index.php?title=Esperanto&action=edit§ion=10
- Joguin 2001, p. 61-67
- Cette distinction ne se fait que pour les ĂȘtres vivants de sexe dĂ©terminĂ© ; il s'agit bien d'une distinction de sexe et non de genre grammatical.
- Joguin 2001, p. 112-115
- Joguin 2001, p. 127-135
- La distinction T(u)-V(ous) n'existe pas en espéranto ; bien qu'il existe cependant une deuxiÚme personne du singulier, (ci), elle ne s'emploie réellement qu'en poésie. (Joguin 2001, p. 144)
- Littéralement « mots de tableau », d'aprÚs la forme sous laquelle sont souvent présentés ces outils grammaticaux.
- Joguin 2001
- Janton 1994, p. 56
- Janton 1994, p. 57
- Voir aussi négation (linguistique)#En espéranto.
- Janton 1994, p. 85 et Joguin 2001, p. 260
- Création de termes (vortfarado)
- Quelques problĂšmes de la traduction
- La disposition de clavier francophone bĂ©po supporte les caractĂšres Ä Ä Ä„ Ä” Ć Ć Ä Ä Ä€ ÄŽ Ć ĆŹ nĂ©cessaires pour l'espĂ©ranto]
- André Ourednik, "Demain, la langue mondiale vernaculaire.", EspacesTemps.net, Mensuelles, 23.06.2008 [1]
- Comment apprendre l'espéranto
- Rapport Grin, p. 81.
- http://www.internacialingvo.org/public/etude.pdf
- http://www.esperanto-sat.info/IMG/pdf/Imite2.pdf
- G. Dehaene-Lambertz [2].sciences cognitives, Apprendre à lire avec les doigts, Médecine &enfance, septembre 2004.
- [3] ecoles.ac-rouen / Etablissement d'éducation motrice "Denis Cordonnier"
- Est-ce un miracle de posséder une langue en 7 jours ?, Dr. Gennadij Shilo, Verdamilio, 16 Février 2008
- Europe Démocratie Espéranto
- Voir par exemple [4]
- Rapport Grin, p. 7.
- (eo) L'article de la Wikipédia en espéranto sur la Bible contient des liens vers des version traduites.
- La Eta Princo : Le Petit Prince en espéranto.
- Manifesto de la Komunista partio, traduction de Detlev Blanke, Moscou, édition Progreso, 1990
- Java : l'espéranto des produits numériques ; Loukil R. et Mahé T. ; Industries et techniques ISSN 0150-6617 - 1998, no789, pp. 58-60
- XML, l'esperanto du systĂšme d'information
- L'euro, une monnaie 'esperanto' ?
Articles connexes
- Grammaire de l'espéranto
- Interlinguistique
- Langue construite
- Langue auxiliaire internationale
- Politique linguistique de l'Union européenne
- Multilinguisme
- linguistique
Liens externes
- (mul) Portail multilingue sur l'espéranto
- (fr) Méthodes gratuites d'apprentissage de l'espéranto
- (mul) Répertoire universel des sites relatifs à l'espéranto
- (fr) CatĂ©gorie Langues: EspĂ©ranto de lâannuaire dmoz
- (eo) CatĂ©gorie World: Esperanto de lâannuaire dmoz
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