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Ernst Lubitsch

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.

Ernst Lubitsch
Image associéé à la personnalité
Nom Ernst Lubitsch
Naissance 29 janvier 1892
Allemagne Berlin (Allemagne)
Nationalité Allemagne Allemande
États-Unis Américaine
Mort 30 novembre 1947
Profession(s) Réalisateur
Films notables Haute Pègre
Sérénade à trois
Ninotchka
The Shop Around the Corner
To be or not to be
Conjoint(e) Helene Kraus (1922-1930)
Vivian Gaye (1935-1944)
Enfant(s) Nicola Lubitsch
Fiche IMDb

Ernst Lubitsch est un réalisateur américain d'origine allemande, né le 29 janvier 1892 à Berlin. Il émigra aux États-Unis en 1922 à l'âge de trente ans.

Réalisateur prolixe, il a tourné plus d'une cinquantaine de films en trente ans. Il a marqué l'histoire du cinéma comme l'un des maîtres de la comédie, avec des films tels que The Shop Around the Corner ou encore To be or not to be.

Il est mort le 30 novembre 1947 et a été enterré dans le Forest Lawn Memorial Park Cemetery à Glendale en Californie.

Sommaire

[] Biographie

[] Jeunesse

Ernst Lubitsch est le fils d'un tailleur berlinois, Simon Lubitsch, lui-même issu d'une longue lignée de Hofjuden (juifs de cour). Ce dernier tenant à Berlin un magasin de vêtements pour hommes, alors fort réputé. Ernst, fils unique, naquit le 28 janvier 1892, et reçut une éducation soignée, qui comprenait également les arts dramatiques. Las des études et fasciné par le théâtre, il quitte l'école à 16 ans. Simon n'admet guère la véritable vocation de son fils et le prend au magasin. Six mois plus tard, celui-ci doit déchanter, tant le fils se montre incapable : « Mon fils est un Schlemihl. Il est incapable d'accrocher un costume sans en faire tomber cinq autres[1]. »

Il décide donc de le placer comme comptable, ce qui lui donnera l'occasion de mener une double vie : il travaille le jour et se consacre à sa passion théâtrale la nuit. En effet, par l'intermédiaire de Victor Arnold, acteur fort connu de l'époque, Lubitsch obtient divers petits engagements dans des cabarets. Comme il s'en sort fort bien, Arnold décide de le présenter à Max Reinhardt, directeur du Deutsches Theater, qui l'intègre dans sa troupe, au sein de laquelle se trouve déjà Emil Jannings. Lubitsch obtient ainsi des seconds rôles dans des pièces classiques : il joue ainsi le Famulus Wagner dans Faust.

En 1912, l'une des représentations du Mirakel (Miracle) de Karl Gustav Vollmoeller (1887-1948) fut filmée. La même année, Lubitsch devient l'homme à tout faire du studio Bioscop de Berlin, pour arrondir ses fins de mois. Le cinéma est en effet en pleine expansion en Allemagne, même s'il n'est encore qu'une industrie de divertissement populaire. En 1913, on l'engage comme acteur, ce que Lubitsch accepte non par intérêt pour le septième art naissant, mais en raison d'un salaire élevé : 20 marks par jour, ce qui est à comparer aux 100 marks par mois qu'il gagnait avec Reinhardt. Il crée alors le personnage, de Meyer, archétype du comique juif allemand, dans une série de films, réalisés la plupart du temps par de quasi-inconnus, mais produit par Paul Davidson, dirigeant de l'Union-Film. « Avec ces films, il devint le comique le plus en vue du cinéma allemand, aussi populaire que Max Linder en France et Harold Lloyd sinon Chaplin en Amérique à la même époque[2]. »

En 1914, les scénaristes sont à court d'idée, mais Lubitsch n'en manque pas. Aussi prendra-t-il désormais la triple casquette d'acteur-réalisateur-auteur. Cet arrangement qui diminuait les effectifs n'allant pas sans satisfaire Davidson, qui offrit ainsi à Lubitsch une augmentation de salaire. Au cours des quatre années de guerre, Lubitsch va monter de nombreux films, prompts à relever le moral de la population allemande, et délaisser de plus en plus les premiers rôles : il se contente des seconds.

[] Période allemande

Ce succès lui permet de réaliser ses propres films à partir de 1916. Il abandonne alors sa carrière d'acteur.

Affiche orginale du film Carmen
Affiche orginale du film Carmen

En 1918, il réalise son premier film marquant : Les Yeux de la momie (Die Augen der Mumie Ma), un drame avec Pola Negri et Emil Jannings.
La même année, il réalise Carmen. En 1919, il triomphe avec La Princesse aux huîtres (Die Austernprinzessin), encore une comédie. Suivent des drames historiques (Madame Du Barry, Ann Boleyn) et des comédies, qui font de lui un réalisateur de stature internationale. On le surnomme même « le David Wark Griffith allemand », et en 1921, il est invité aux États-Unis pour la première fois.

[] Période hollywoodienne

Il quitte l'Allemagne en 1922, pour rejoindre Hollywood sur l'invitation de Mary Pickford. Elle veut qu'il la dirige dans Dorothy Vernon of Haddon Hall. Il refuse le projet, mais la dirige dans Rosita en 1923, son premier film américain, à nouveau un succès. Il est sous contrat avec la Mary Pickford Company ; c'est un travailleur acharné et chaque film semble surpasser le précédent, en qualité et en succès (critique et commercial). On commence à parler du "Lubitsch touch" : élégance et sophistication dans la satire, sens du rythme et de l'ellipse.
En 1926, il rejoint la Paramount et réalise son premier film parlant en 1929 : Parade d'amour (The Love Parade) avec Maurice Chevalier et Jeanette Mac Donald qui obtient 6 nominations aux Oscars dont celle de meilleur film. Avec l'apparition du son, de brillants dialogues viennent s'ajouter à la Lubitsch touch (même s'il n'est jamais crédité comme scénariste ou dialoguiste, il travaille avec les meilleurs, notamment Billy Wilder).
En 1933, il devient citoyen américain. En 1935, le régime nazi le déchoit de sa nationalité allemande. La même année, il devient également producteur pour la Paramount. C'est la période où il va réaliser ses films les plus connus, tous des comédies. Il va faire travailler toutes les grandes stars de l'époque : Claudette Colbert, Gary Cooper, Marlene Dietrich, James Stewart, Carole Lombard, ou encore Gene Tierney. C'est lui qui fera pour la première fois entendre le rire de Greta Garbo, dans Ninotchka. Les films, malgré leur caractère léger et brillant, abordent souvent des préoccupations très sérieuses et contemporaines : en 1939, Ninotchka est l'un des premiers films à critiquer le régime de Staline, en 1940, The Shop Around the Corner aborde le thème du chômage, et en 1942 l'inoubliable To be or not to be évoque la résistance au nazisme.

En 1947, Ernst Lubitsch reçoit un Oscar d'honneur (il a été nommé seulement 3 fois et n'a jamais remporté la statuette) et meurt peu après d'une crise cardiaque pendant le tournage de La Dame au manteau d'hermine qui sera achevé par Otto Preminger.
A son enterrement, Billy Wilder se serait affligé : "Plus de Lubitsch", se voyant répondre par William Wyler : "Pire que ça : plus de films de Lubitsch."

[] Postérité

Ernst Lubitsch est considéré comme l'inventeur de tous les codes de la comédie moderne, et sa postérité est donc impossible à mesurer.

  • Un prix Ernst Lubitsch a été créé en Allemagne en 1957, le Ernst-Lubitsch-Preis, prix attribué à un film par la critique.
  • Le bâtiment des réalisateurs aux studios Paramount a été nommé Ernst Lubitsch en 1987.

[] Lubitsch et la France

Il existe de nombreuses affinités et liens d'amitié réciproque entre Ernst Lubitsch et la France. Déjà en 1936, lors du tournage de La Huitième Femme de Barbe-Bleue, Lubitsch avait été gratifié de la Légion d'honneur. Un peu moins de 60 ans plus tard, en 1992, lorsque la revue de cinéma Positif, tenta de statuer sur les vingt films les plus importants de l'histoire du cinéma, elle mit To be or not to be à la 17ème place (ce qui en fait la seconde comédie, derrière Le Mécano de la « General » de Buster Keaton). Ces données étant à comparer avec celle du site anglophone de classement des films, IMDB, qui ne le met même pas dans le top 250. Plus récemment encore, Le Monde consacra une page entière lors de la sortie d'un film muet à peu près oublié du réalisateur allemand.

Si la France aime Lubitsch, force est de constater qu'en retour, Lubitsch aime la France. De 1930 (Love Parade) à 1939 (Ninotchka) la quasi-totalité de ses films se déroulent en France (les deux seules exceptions étant Le lieutenant souriant et Si j'avais un million). À remarquer également que l'on parle beaucoup français chez Lubitsch (dans Le ciel peut attendre, et dans Sérénade à trois, une scène entière se passe dans la langue de Molière). Il est enfin à noter que Lubitsch a beaucoup usé d'interprètes français (Maurice Chevalier, Claudette Colbert, Charles Boyer pour les premiers rôles, mais aussi Felix Bressart pour les seconds) et d'auteurs français (l'argument d' Illusions perdues est tiré d'une pièce de Victorien Sardou, Divorçons).

[] L'esthétique lubitschienne

[] Les scénarios

Lubitsch n?a tourné qu?un film à partir d?un scénario original. Tous les autres étant essentiellement des adaptations, le plus souvent très libre, d??uvres théatrale. Lubitsch ayant une assez nette préférence pour les auteurs dramatiques hongrois : Laszlo Aladar (Trouble in paradise), Melchior Lengyel (Ange, Ninotchka), Nikolaus László (The shop around the corner) et László But-Feketé (Le ciel peut attendre). Un tel répertoire ayant l?avantage d?être, du fait de l?éloignement, modifiable à merci par le réalisateur, et Lubitsch ne s?en privera pas. Viennent ensuite les dramaturges allemands (Hans Müller pour Monte Carlo, Leopold Jacobson et Felix Dortmann d?après un roman du même Müller dans Le Lieutenant souriant, Lothar Schmidt dans Une heure près de toi et Victor Léon et Leo Stein dans la Veuve joyeuse), et français (Léon Xanrof et Jules Chancel dans Parade d?amour, Maurice Rostand dans L?homme que j?ai tué et Victorien Sardou dans Illusions perdues). Cluny Brown constitue une double exception, puisque son argument est tiré d?un roman anglais.

[] La Musique

La musique joue un rôle fort important chez Lubitsch, en tant que suppléante de la parole, par essence surface conventionnelle. Le plus grand usage de cette fonction se trouve dans ??Ange??. C?est en effet le thème mélodique improvisé par un violoniste tzigane, le soir où Lady Barker et Anthony Halton se rencontrent, qui va précipiter l?action : Lady Barker le joue sur son piano et le fait passer pour une composition personnelle auprès de son époux, mais celui-ci entend via le téléphone Anthony Halton l?interpréter également.

Il existe en fait plusieurs compositeurs attitrés de Lubitsch : le premier est Oscar Straus, un auteur d?opérettes contemporain de Franz Lehár. Lubitsch commence par faire une version cinématographique d?une de ses opérettes créée en 1907 (??Le Lieutenant souriant??), puis fera à nouveau appel à lui pour composer la musique originale d? ??Une Heure près de toi??. Le second c?est Friedrich Hollaender (Frederick Hollander), compositeur allemand puis britannique privilégié de Marlene Dietrich, qui rédigera la partition de ??Desire?? et, surtout, celle d? ??Ange??. Enfin, Werner Richard Heymann, musicien plus obscur mais qui se prêtait fort bien au langage cinématographique, fut le compositeur le plus utilisé par Lubitsch avec quatre film à son actif: ??Ninotchka??, ??The shop around the corner??, ??That certain feelings?? et ??To be or not to be??.

[] Filmographie complète

[] Période allemande

Ernst Lubitsch est d'abord acteur puis réalisateur.
(À partir de ce moment, E.L. est réalisateur de tous les films, sauf mention particulière)

[] Période américaine

[] Films parlants

Également producteur pour la Twentieth Century Fox en 1946 du Le Château du Dragon (Dragonwyck) de Joseph L. Mankiewicz. il a tourné quelques scènes de Désir (Desire), en 1936 réalisateur : Frank Borzage, avec Marlene Dietrich, Gary Cooper

[] Notes et références de l'article

  1. ? Hermann C. Weinberg, The Lubitsch Touch, collection « Ramsay Cinéma »
  2. ? Theodore Huff, An index to the films of Ernst Lubitsch, Britsh film institute, 1947, cité par Hermann C. Weinberg (ibid)

[] Voir aussi

commons:Accueil

Wikimedia Commons propose des documents multimédia libres sur Ernst Lubitsch.

[] Bibliographie

[] Lien externe

 

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