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Dalaï-lama
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Dalaï-lama
| Dalaï-lama | |
| Titulaire actuel : | Tenzin Gyatso |
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Le dalaï-lama est reconnu par les Tibétains de confession bouddhiste comme le plus haut chef spirituel (religieux) du Tibet et une émanation du bodhisattva de la compassion. Il est également le chef temporel (politique) du gouvernement du Tibet depuis le XVIIe siècle jusqu'à la première moitié du XXe siècle et du gouvernement tibétain en exil depuis 1959.
Sommaire |
Histoire des dalaï-lamas
Les dalaï-lamas sont d'abord considérés comme les réincarnations successives du premier .
- 1391-1474 : 1er dalaï-lama, Gedun Drub (དགེ་འདུན་འགྲུབ་)
Le 1er dalaï-lama fonde dans la région de Tsang autour du Tashilhunpo la base d'un pouvoir soutenu par la population.
- 1475-1542 : 2e dalaï-lama, Gedun Gyatso (དགེ་འདུན་རྒྱ་མཚོ་)
Sa réincarnation Gedun Gyatso est amenée au Tashilhunpo où il reste jusqu'à l'âge de 16-17 ans avant de partir pour études à Lhassa où il devient l'abbé du monastère de Drépung. Sa renommée s'étend à Lhassa et au Tibet central. Il se rend au Tibet du sud où il construit le monastère de Chorgyal. C'est là qu'il définit le système d'identification des dalaï-lamas à venir sur la base de visions à percevoir dans le lac de Palden Lhamo, un système qui se perpétue jusqu'au 14e dalaï-lama. À la fin de son règne, sa popularité s'étend du Tibet central au Kongpo et au Dagpo, deux régions du Tibet du sud. Cette augmentation de popularité ouvre la voie au 3e dalaï-lama qui se rendit en Mongolie où il convertit les Mongols au bouddhisme1.
- 1543-1588 : 3e dalaï-lama, Sonam Gyatso (བསོད་ནམས་རྒྱ་མཚོ་)
Sonam Gyatso, le deuxième successeur reçoit des Mongols le titre de dalaï-lama, sans avoir encore de pouvoir autre que spirituel.
- 1589-1616 : 4e dalaï-lama, Yonten Gyatso (ཡོན་ཏན་རྒྱ་མཚོ་)
- 1617-1682 : 5e dalaï-lama, Lozang Gyatso (ངག་དབང་བློ་བཟང་རྒྱ་མཚོ་), « le Grand Cinquième »
En 1642, sous le 5e d'entre eux, Lozang Gyatso (1617-1682), les dalaï-lamas reçoivent le pouvoir temporel sur le Tibet. Ils deviennent, avec les régents, les principaux dirigeants politiques du gouvernement tibétain, à la suite du règne des Phagmodrupa, une lignée Kagyupa, succédant au règne des Sakyapa, à la suite des Rois du Tibet. Lhassa devient la Capitale du Tibet et le Potala est construit pour devenir la résidence du Dalaï-lama et le siège de son gouvernement2.
En 1650, le Dalaï-lama crée l'institution du «Panchen-Lama» (le grand érudit), deuxième haut-dignitaire du bouddhisme tibétain. Les dalaï-lama et les panchen-lama appartiennent à l'école des « bonnets jaunes » ( correspondant à la lignée des gelugpa) tandis que les ministres sont choisis parmi les « bonnets rouges » ( divisés entre les lignées nyingmapa, sakyapa et karmapa)
Le règne du 5e dalaï-lama a pour résultat l'unification du Tibet en une nation. Son pouvoir politique indépendant s'étend à toutes les anciennes provinces tibétaines, y compris le Kham et l'Amdo3.
- 1683-1706 : 6e dalaï-lama, Tsangyang Gyatso (ཚངས་དབྱངས་རྒྱ་མཚོ་), est le seul à avoir refusé une vie de moine
- 1708-1757 : 7e dalaï-lama, Kelzang Gyatso (བསྐལ་བཟང་རྒྱ་མཚོ་)
- 1758-1804 : 8e dalaï-lama, Jamphel Gyatso (འཇམ་དཔལ་རྒྱ་མཚོ་)
- 1806-1815 : 9e dalaï-lama, Lungtok Gyatso (ལུང་རྟོགས་རྒྱ་མཚོ་)
- 1816-1837 : 10e dalaï-lama, Tsultrim Gyatso (ཚུལ་ཁྲིམས་རྒྱ་མཚོ་)
- 1838-1856 : 11e dalaï-lama, Khendrup Gyatso (མཁས་གྲུབ་རྒྱ་མཚོ་)
- 1856-1875 : 12e dalaï-lama, Trinley Gyatso (འཕྲིན་ལས་རྒྱ་མཚོ་)
- 1876-1933 : 13e dalaï-lama, Thubten Gyatso (ཐུབ་བསྟན་རྒྱ་མཚོ་), « Le Grand Treizième »
Sous le 13e dalaï-lama, Thubten Gyatso (1876-1933), l'armée britannique envahit le Tibet en 1904 puis se retire la même année4, provoquant son exil en Mongolie.
L'invasion chinoise de 1909 menée par Zhao Erfeng, un général qing, entraîne sa fuite en Inde. Il échappe à ses assaillants grâce au général tibétain Tsarong Dzasa4. Après son retour au Tibet en 1912, le dalaï-lama lance une proclamation, réaffirmant l'indépendance du Tibet. Le Tibet et la Mongolie reconnaissent mutuellement leur indépendance4. Qualifié d'« avant-gardiste » par l'abbé Jean-Maurice Champagne5 — il avait aboli la peine de mort en 1898 —, il entreprend des réformes pour moderniser le Tibet, et éliminer certaines caractéristiques oppressives du système monastique 6,7,4.
- 1935-jusqu'à aujourd'hui : 14e dalaï-lama, Tenzin Gyatso (བསྟན་འཛིན་རྒྱ་མཚོ་)
Origine du nom
Le « dalaï-lama » est un moine de l'école Guélougpa (dite des « bonnets jaunes »), une des quatre écoles du bouddhisme tibétain, fondée par Tsongkhapa (1357-1419). Le mot qui signifie « Océan de Sagesse » est issu de deux termes accolés :
- Dalaï qui est un mot mongol signifiant « océan » qui est la traduction de Gyatso (rgya mtsho) en tibétain.
- Lama (bla ma), qui est un mot tibétain signifiant « maître spirituel ».
Statut et autorité Dalaï-Lama
Autorité spirituelle
Sur un plan spirituel, les dalaï-lamas sont considérés comme des émanations du bodhisattva de la compassion. («Chenrezig» en tibétain, «Avalokiteshvara» en sanskrit).
Les bodhisattvas choisissent, suivant la voie du Mahayana, de renaître pour le bien de tous les êtres.
Du fait qu'ils incarnent le bodhisattva de la compassion, les Tibétains vénèrent les Dalaï-Lama comme des dieux chargés de la représentation et de la protection du Tibet et du peuple tibétain.
Le 14e dalaï-lama évoque souvent ce plan de « Chenrézig » qui aurait permis de matérialiser la prédiction de Bouddha Sakyamuni de l'avènement du Bouddhisme au Tibet8. Du 1er au 5e dalaï-lama, ceux-ci contribuent à protéger et guider le peuple tibétain dans cette voie.
Comme les dalaï-lamas constituent une lignée de tulkus, maîtres réincarnés, ses moines et maîtres spirituels, dont souvent le panchen-lama, doivent après le décès d'un dalaï-lama, engager une enquête pour rechercher sa réincarnation. Des oracles, dont l'oracle de Nechung, oracle d'État du Tibet, sont souvent consultés. Les enfants candidats sont interrogés pour rechercher des signes tels que la reconnaissance d'objets possédés par le précédent dalaï-lama. Le jeune tulku est alors amené dans un monastère pour y recevoir les enseignements bouddhiques.
Le titre de cette lignée de tulkus fut donné par l'empereur mongol Altan Khan en traduction du nom du 3e dalaï-lama, Sonam Gyatso. On dit que dès la seconde incarnation, l'enfant se souvenait de ses vies passées et des noms des dignitaires de l'entourage du premier dalaï-lama, Gendun Drup9.
En tant que chef spirituel de la communauté bouddhiste tibétaine (les bouddhistes tibétains), le dalaï-lama représente toutes les écoles, et pas seulement celle des « gélugpa », à laquelle il appartient traditionnellement 10. L'autorité spirituelle du dalaï-lama est respectée par les anciennes écoles du bouddhisme tibétain, Kagyupa, Nyingmapa et Sakyapa, lesquelles reconnaissent en lui le de facto « roi du Tibet » 11 : « the 'old schools' of Kagyu, Nyingma and Sakya respected the spiritual authority of the Dalai Lama, and recognised his position as the de facto King of Tibet ».
Le quatorzième dalaï-lama a reconnu Jetsun Dhampa Khutukhtu comme Bogdo Gegen, c'est-à-dire chef du bouddhisme en Mongolie, ainsi que chef des Jonangpa12. Il a aussi reconnu Orgyen Trinley Dorje comme 17e Karmapa, chef de l'école Karma-Kagyu13.
Autorité politique
Il est également le chef temporel (politique) du gouvernement du Tibet depuis le XVIIe siècle jusqu'à la première moitié du XXe siècle et du gouvernement tibétain en exil depuis 1959.
Le Gaden Phodrang ou gouvernement tibétain est le système de gouvernement dual, bouddhiste et laïc qui a été mis en place en 1642 par le 5e dalaï-lama au Tibet et s'est perpétué jusqu'en 1959 sous le 14e dalaï-lama. Il est qualifié de « théocratique » par Samten G. Karmay14 et par Stéphane Guillaume15, tandis que les tibétologues Ishihama Yumiko et Alex McKay parlent de « gouvernement bouddhiste, union des fonctions spirituelle et temporelle »16,17.
Jusqu'en 1959, le dalaï-lama est le chef d'une théocratie toute puissante sur ses sujets. Une théocratie qui, selon certains, aurait pratiqué le servage et l'esclavage.
L'explorateur et anthropologue russe Gombojab Tsybikov, dans un article publié en 1904, affirme qu'à cette époque les princes sont, avec les monastères, de grands propriétaires terriens et que les paysans sont leurs serfs. Le gouvernement central ou le dalaï-lama possédant davantage de terres et de serfs que les autres classes18.
Le journaliste militaire britannique Edmund Candler, qui séjourna dans la capitale tibétaine en 1904 et en tira un livre, The Unveiling of Lhasa, décrit ainsi la société tibétaine de l'époque : « Le pays est régi par le système féodal. Les moines sont les seigneurs, les paysans leurs serfs »19.
Séjournant au monastère de Badhur au sud de Shigatsé à l'été 1916, l'exploratrice Alexandra David-Néel consigne dans une de ses lettres son impression du supérieur de l'établissement monastique : « Je pense à l'existence de ce haut Lama perché dans son belvédère règnant de là sur d'assez vastes propriétés, des trapas, des serfs villageois : une image du Moyen Âge. »20. Dans À l'ouest barbare de la vaste Chine (1947), elle écrit que « certains Tibétains, commerçants, fonctionnaires ou membres de la noblesse ou du clergé sont aussi propriétaires de nombreux troupeaux » et que « leur bétail est confié aux soins de pasteurs dont la condition est approximativement celle de serfs à l'époque féodale »21.
Depuis 1959, Le 14e dalaï-lama, c'est-à-dire l'actuel Dalaï-Lama, Tenzin Gyatso - suite à la situation conflictuelle existant au Tibet - crée le gouvernement tibétain en exil dont il se fait nommer chef. Après sa fuite en exil en Inde, ce dernier proclama le 29 avril 1959 la création du gouvernement tibétain en exil. Le 17 mai 2002, il célébra le 360e anniversaire de son système gouvernemental connu sous le nom de Gaden Phodrang Chokley Namgyal. Ce gouvernement n'a été reconnu par aucun État ni gouvernement22,23.
Le 14e dalaï-lama mit en place progressivement un régime démocratique jusqu'à sa retraite politique en mars 2011, où un premier ministre élu devint le chef du gouvernement dénommé administration centrale tibétaine.
Le dalaï-lama dans le contexte du Tibet actuel
Croissance de l'emprise chinoise sur le Tibet
À l'époque du 14e dalai-lama, Tenzin Gyatso (1935), après une guerre sino-tibétaine, l'armée populaire de libération envahit le Tibet en 1951. Mao Zedong, à la tête du parti communiste chinois, prend le pouvoir en Chine et rejette les revendications d’indépendance du Tibet, notamment affirmées en 1913.
C’est en 1950, à l’âge de quinze ans, que le dalaï-lama actuel devient chef d'État et du gouvernement tibétain. En 1951, à la suite de la signature de l'Accord en 17 points, qui reconnaît la souveraineté de la Chine sur le Tibet, il promet de coopérer avec la Chine24. En 1954, il est nommé vice-président du Comité permanent de l'Assemblée nationale populaire de la République populaire de Chine (RPC)25, devenant le premier dalaï-lama dans l'histoire à occuper un poste de dirigeant de l'État chinois26. En 1956, il devient président du comité préparatoire à l'établissement de la Région autonome du Tibet nouvellement créé27. Le dalaï-lama demeura au Tibet jusqu'en mars 1959, date à laquelle il fut contraint de s'exiler en Inde, suite à la répression du soulèvement tibétain de 195928. Il établit en Inde, à Dharamsala, un gouvernement tibétain en exil.
Selon Étudiants pour un Tibet libre, pendant la Révolution culturelle, au Tibet, les monastères sont détruits, les moines et nonnes emprisonnés et torturés29. Aujourd'hui encore, non seulement les Tibétains sont sévèrement réprimés et empêchés de s'exprimer, mais en plus, ils subissent la très forte pression d'une politique de colonisation. « Si rien ne change, la culture tibétaine risque de disparaître d'ici quinze ans », affirme le dalaï-lama 30.
Depuis son exil en 1959, le dalaï-lama est dénoncé systématiquement par le gouvernement chinois qui le qualifie d'« indépendantiste »31. Malgré cela, le dalaï-Lama persévère dans la voie de la non-violence et demande à la Chine de négocier pour aboutir à un compromis politique. Le 9 mars 1961, il lance un appel à l'Organisation des Nations unies en faveur d'une restauration de l'indépendance du Tibet. Puis, après l'ouverture de Deng Xiaoping qui déclara en 1979 qu'en dehors de l'indépendance tout sujet pouvait être discuté, le dalaï-lama ne demande plus qu'une autonomie réelle du Tibet au sein de la République populaire de Chine se basant sur la constitution chinoise32. Si des discussions entre des émissaires du dalaï-lama, Lodi Gyari et Kelsang Gyaltsen, avec des représentants du gouvernement chinois ont débuté en 2002, aucune négociation directe entre le Dalaï-Lama, son gouvernement en exil et le gouvernement chinois n'a encore débuté33.
Aujourd'hui en Chine, le culte bouddhiste tibétain de l'école Gelugpa est officiellement autorisé par le gouvernement central, même à Pékin dans le très ancien temple de Yonghe34. Cependant, selon le Dr John Powers, un spécialiste de la religion et de la culture tibétaines à l'université nationale australienne, les moines tibétains sont contraints de dénoncer le dalaï-lama35. De nombreuses associations internationales dénoncent une répression de la religion au Tibet, comme l'illustre, par exemple, la détention en résidence surveillée du jeune panchen-lama, Gedhun Choekyi Nyima36, en 1995, la destruction en 2001 de l’institut bouddhiste de Serthar fondé par Khenpo Jigme Phuntsok mis en résidence surveillée et disparu dans des circonstances douteuses37 ou encore la condamnation à une peine de prison à vie de Tenzin Delek Rinpoché en 200538.
La plupart des grands maîtres du Bouddhisme tibétain ont été contraints de s'exiler, comme l'ont illustré la fuite de Rigdzin Namkha Gyatso Rinpoché en 1998 et celle à la veille de l'an 2000 du 17e Karmapa, Orgyen Trinley Dorje39.
Le 14e Dalaï-Lama, Tenzin Gyatso, reçoit le soutien de nombreuses personnalités, dont celui du président George W. Bush, et, plus modérément, de Barack Obama40, et d'institutions de par le monde pour sa lutte non-violente pour la liberté du Tibet41. Il reçoit le Prix Nobel de la paix en 1989 et la Médaille d'or du Congrès des États-Unis le 17 octobre 200742.
Selon le 14e dalaï-lama, si « le mouvement pour le Tibet a attiré un large soutien mondial, c'est en raison des principes universels que le peuple tibétain a incorporés dans sa lutte. Ces principes sont la non-violence, la démocratie, le dialogue, le compromis, le respect des préoccupations sincères des autres, et de notre environnement commun43. Le dalaï-lama annonce, jeudi 10 mars 2011, qu'il prévoit de renoncer à sa fonction de chef du gouvernement tibétain en exil, estimant que le temps était venu de laisser sa place à un nouveau dirigeant "librement élu". " Mon désir de transmettre l'autorité n'a rien à voir avec une volonté de renoncer aux responsabilités", a déclaré le dalaï-lama durant un discours à Dharamsala, dans le nord de l'Inde où vivent les Tibétains en exil. "C'est pour le bien à long terme des Tibétains. Ce n'est pas parce que je me sens découragé", a-t-il ajouté 44.
La popularité des dalaï-lamas parmi les Tibétains
Selon Dawa Norbu, au cours du conflit sino-tibétain postérieur à 1950, le 14e dalaï-lama devint une représentation pan-tibétaine symbolisant les valeurs de la culture tibétaine et les aspirations du peuple tibétain. Bien que les Tibétains à l'intérieur et à l'extérieur du Tibet perçoivent le dalaï-lama comme leur dirigeant légitime, cela ne signifie pas la restauration de l'« ancien régime » comme le soulignent à la fois les déclarations constitutionnelles du dalaï-lama et les aspirations politiques du peuple tibétain. Les projets de constitution du dalaï-lama en exil reflètent la direction prise par la section politisée du peuple tibétain au Tibet. Comme le remarque Ronald Schwartz, les Tibétains associent à présent leur lutte pour l’indépendance avec des exigences de démocratie et de respect des droits de l’homme. Cela s'explique par le contexte moderne des Tibétains après 1959 au Tibet comme en exil. Au Tibet, les communistes ont propagé une idéologie égalitaire où l'équité et la liberté sont les nouveaux canons, bien que peu mis en pratique dans les régions des minorités. Cette contradiction est la base idéologique et politique de l'intelligentsia tibétaine contre la domination chinoise au Tibet. En exil, c'est principalement l'influence positive du fonctionnement de la démocratie indienne qui a suscité la diffusion de sentiments démocratiques chez les réfugiés tibétains en dépit d'un culte de la personnalité autour du dalaï-lama et de sa famille. Depuis 1951, il y a un fossé entre les aspirations réalistes des élites et les aspirations populaires pour l'indépendance. Ces idées sont réprimées par le régime communiste chinois au Tibet, mais à long terme, ce dernier ne peut résoudre la question tibétaine. Avec la globalisation de l'économie chinoise et l'émergence de la démocratie, la République populaire de Chine ne peut demeurer un bloc monolithique maoïste isolé. Dans cette situation, il est possible que seul le dalaï-lama puisse convaincre les masses tibétaines nationalistes d'accepter des solutions réalistes au conflit au Tibet45.
Le dalaï-lama à venir ou le dernier dalaï-lama ?
Dans Le Dernier Dalaï-Lama ? publié en 1986, Michael Harris Goodman évoque une prophétie selon laquelle le peuple tibétain perdrait à la fois son pays et le dalaï-lama. Par la suite, il les retrouverait tous les deux mais le 14e dalaï-lama serait le dernier de la lignée.
Le Dalaï-lama déclare qu'il est possible qu'il soit le dernier, mais qu'il n'y a pas de prophétie claire à ce sujet. Il précise que le choix d'un dalaï-lama par le peuple tibétain est une question d'utilité du dalaï-lama en tant qu'institution. Mais concernant sa propre renaissance, en tant que bouddhiste du Mahayana, il ajoute « tant qu'il y aura de la souffrance dans le monde, je reviendrai »46.
De son côté, le gouvernement chinois a déclaré que le prochain dalaï-lama naîtra en Chine et sera choisi par la Chine47. Le Dalaï-lama a cependant déclaré48 :
« Si la situation présente du Tibet reste la même, je renaîtrai hors du Tibet, loin du contrôle des autorités chinoises. C'est logique. Le but même d'une réincarnation est de continuer le travail inachevé de l'incarnation précédente. Si donc la situation tibétaine n'est toujours pas résolue, il est logique que je renaisse en exil, pour continuer mon travail inachevé. »
Pour lui, le prochain dalaï-lama pourrait être une femme, voire un non-tibétain. Convaincu depuis longtemps des vertus de la démocratie, il envisage que le prochain dalaï-lama puisse être désigné par lui-même, ou une assemblée de lamas. Son successeur pourrait être le Karmapa actuel, pourtant chef d’une école bouddhiste tibétaine différente de la sienne, ou le Premier ministre tibétain, voire personne : si l’institution pose plus de problèmes qu’elle ne peut en résoudre, il a le pouvoir de l'abolir49.
En 2007, deux moines du monastère de Tashilhunpo au Tibet se seraient suicidés, à la suite d'une campagne d'exclusion menée par des officiels chinois50. Ces deux moines avaient participé à la reconnaissance du 11e panchen-lama, Gendhun Choekyi Nyima, et pouvaient donc être appelés à reconnaître le prochain dalaï-lama 51,52.
Des Tibétains ont suggéré que le 17e Karmapa, Orgyen Trinley Dorje, qui s'est évadé du Tibet à la veille de l'an 2000, pourrait à l'avenir remplacer le 14e dalaï-lama s'il prenait sa retraite en tant que chef du gouvernement tibétain en exil[citation nécessaire] 53.
Interrogé en mars 2009 sur la possibilité qu'il puisse succéder au Dalaï-lama, Orgyen Trinley Dorje a déclaré : « Si l'occasion m'en est donnée, je ferai de mon mieux », ajoutant : « le Dalaï-lama a été très efficace pour établir les fondations de la lutte des Tibétains en exil. C'est à la génération suivante de construire sur ces bases et d'aller de l'avant. » 54.
En février 2010, le Dalaï-lama a déclaré : « Si une majorité de Tibétains a le sentiment que l'institution du dalaï-lama n'a plus de sens, alors cette institution doit cesser d'exister, il n'y a aucun problème. », ajoutant en riant « Il semblerait que les Chinois soient plus inquiets pour cette institution que moi. »55.
En mars 2011, le 14e dalaï-lama, chef du gouvernement tibétain en exil depuis 1959 qui dès 1990 amorça progressivement une démocratisation du régime56, demanda au Parlement tibétain en exil un amendement constitutionnel permettant de réaliser sa retraite politique57, pour lui, l'institution des dalaï-lamas est dépassée et doit laisser place à la démocratie58.
En mai 2012, il affirme qu'il pourrait être le dernier dalaï-lama, et que nombre de jeunes moines bouddhistes, dont le karmapa, pourraient devenir les chefs spirituels du bouddhisme tibétain59.
Remèdes sacrés liés au dalaï-lama
Témoignages
Ce qui frappait surtout les voyageurs était le respect dont on entourait la personne du dalaï-lama60.
D'après les propos de prêtres tibétains, mongols et kalmoukes repris à la fin du XVIIIe siècle par J.F. Laharpe, les excréments et l'urine du dalaï-lama auraient été considérés comme des choses sacrées, voire employés comme remèdes61.
La pratique avait aussi été rapportée au XIXe siècle par l'ethnologue John Gregory Bourke qui parle de « l’attention particulière dont faisaient autrefois l’objet les produits des défécations du grand Lama du Tibet (…) (qui) servaient à la confection d’amulettes après avoir été séchées ». Il rapporte également « que son urine était ingérée comme une médecine efficace »62,63,64.
Heinrich Harrer, qui séjourna au Tibet dans la 2e moitié des années 1940, constate que les gens font davantage confiance à l'imposition des mains et à la guérison par la foi qu'aux remèdes administrés par les moines de l'école de médecine. Il cite ainsi le recours à l'« urine de saint homme » : non seulement des lamas appliquent souvent leur « sainte salive » sur leurs malades mais un gruau mélangeant tsampa, beurre et urine de saint homme est administré aux malades. L'auteur ajoute que le remède le plus coté est un objet ayant appartenu au dalaï-lama et que les nobles qu'ils fréquentaient lui exhibaient avec fierté des reliques du 13e dalaï-lama qu'ils conservaient précieusement dans de petits sachets de soie65.
Le Britannique Robert W. Ford, envoyé à Chamdo dans le Kham pour assurer une liaison radio avec Lhassa en 1949-1950, écrit dans ses mémoires que « les seuls médecins professionnels au Tibet étaient des moines médecins » et que « le traitement le plus prisé était l'urine du Dalaï Lama » 66.
Le journaliste et écrivain naturalisé chinois Israel Epstein, dans Tibet Transformed (1983), rapporte que des remèdes contre les maladies étaient vendus sous forme, entre autres, de pilules fabriquées à partir des selles de bouddhas vivants, précisant que le coût d'une pilule du dalaï-lama pouvait équivaloir au revenu annuel d'une personne ordinaire67.
Dans son ouvrage The Making of Modern Tibet, A. Tom Grunfeld évoque la croyance répandue que ce qui avait été en contact avec un saint homme avait le pouvoir de guérir68. On faisait grand cas, écrit-il, des urines et des excréments (transformés en pilules à avaler) des hauts lamas réincarnés et en particulier du dalaï-lama. Il rapporte qu'un ancien cadre du parti communiste chinois affirme avoir lu dans une circulaire que lors du séjour du 14e dalaï-lama à Beijing en 1954, ses selles étaient recueillies dans un réceptacle doré et envoyées au Tibet pour être transformées en médicaments69.
Dans Lord of the Dance (2001), le spécialiste du bouddhisme tibétain[réf. nécessaire] Richard J. Kohn confirme cet usage médical des urines et excréments des grands lamas, ajoutant que les habitants du village au pied du Potala – le village de Shöl – étaient connus pour faire autrefois des affaires florissantes avec les excréments du dalaï-lama70 sous la forme de granules brun-foncé, du nom d'ambroisie71. Si en effet, les lamas peuvent donner des pilules sous la forme de granules brun-foncé, du nom d'ambroisie, (bdud rtsi ril bu en tibétain), elles sont réalisées à base de plantes médicinales et d'autres ingrédients de la médecine tibétaine72.
Remises en question
Le père Évariste Huc, missionnaire catholique au Tibet de 1844 à 1846, déclare après enquête qu'il s'agit là d'une légende ridicule, d'une fable, qui ne fait pas honneur à la géographie européenne73.
Huc réfute aussi comme étant une légende répandue par ses prédécesseurs l'affirmation que le dalaï-lama aurait porté des serpents autour de ses bras pour impressionner les fidèles74.
Il faut remarquer que les premiers missionnaires à l'origine de ces légendes n’ont jamais rencontré le 5e Dalai-lama qui régnait à cette époque, car ils ne souhaitaient pas demander audience à une personne qui selon eux se considérait comme le « Très Haut »75.
Patrick French rapporte qu'à l'occasion d'une visite du dalaï-lama dans son école catholique anglaise vers 1979, un vieux moine répétait une histoire, qualifiée de légende par French, issue d'un ouvrage du début du XXe siècle, ou du XVIIIe siècle, selon laquelle les cabinets d'un dalaï-lama étaient voués à devenir un sanctuaire bouddhique et qu'il serait impossible d'interdire aux Orientaux de venir nombreux y adorer les excréments sacrés76.
Selon Jean Dif, cette fable remonte au récit de deux missionnaires européens, Johann Grueber et Albert Dorville, qui avaient résidé à Lhassa pendant un mois en 166177.
Pour autant, les fondements de la médecine tibétaine traditionnelle remontent au VIIIe siècle, époque à laquelle aucune des lignées de grands lamas n’était connue. Les recettes concernant l’élaboration des médicaments incluant principalement des ingrédients végétaux et minéraux sont décrites dans les « Quatre Tantras Médicaux », un ouvrage de Yutok Yonten Gonpo l'ancien (VIIIe siècle, 708-833) 78.
Notes et références
- Thomas Laird, op. cit., voir (en) p. 138 et 139
- Raphaël Liogier, op. cit., p. 77-78
- Roland Barraux, Histoire des Dalaï-lamas, Albin Michel, 1993, (ISBN 2-226-13317-8)p. 142-143
- (en) The Thirteenth Dalai Lama, Thupten Gyatso
- Le monachisme au premier millénaire : « le 13e D.L. Thubten Gyatso (1876-1933), avant-gardiste qui avait aboli la peine de mort, créé le drapeau tibétain en 1912, la monnaie propre au Tibet, les timbres. »
- (en) The third World day against Death Penalty, Jean-François Leclere
- Florence Perret, La répression est féroce, sur le site helvétique 24 heures (entretien avec Katia Buffetrille), 26 mars 2008.
- Thomas Laird, op. cit. p. 174
- (en) Glenn H. Mullin, The Dalai Lamas on Tantra, Snow Lions Publications, Ithaca (USA), 2006, 352 p., p. 89-90 et 164 (ISBN 978-1-55939-269-3).
- Donald S. Lopez, Fascination tibétaine, p. 214
- (en) Mick Brown, The Dance of 17 Lives: The Incredible True Story of Tibet's 17th Karmapa, Éditeur Bloomsbury Publishing USA, 2005 (ISBN 978-1-58234-598-7), p. 47
- (en) His Eminence Jetsun Dhampa Khutukhtu, Khalkha Rinpoche (Bogdo Gegen).
- (en) The Buktham Rinpoche granted by His Holiness the Dalai Lama to His Holiness the Gyalwang Karmapa.
- (en) Samten G. Karmay, Religion and Politics: commentary, septembre 2008 : « from 1642 the Ganden Potrang, the official seat of the government in Drepung Monastery, came to symbolize the supreme power in both the theory and practice of a theocratic government. This was indeed a political triumph that Buddhism had never known in its history in Tibet. »
- Stéphane Guillaume, La question du Tibet en droit international, L'Harmattan, coll. « Recherches asiatiques », 2009, 308 p., p. 10 : « le chef théocratique du gouvernement tibétain »
- (en) Ishihama Yumiko, "The Conceptual Framework of the dGa'-ldan's War Based on the beye dailame wargi amargi babe necihiyeme toktobuha bodogon i bithe, 'Buddhist Government' in the Tibet-Mongol and Manchu Relationship", in Tibet and Her Neighbours: A History. Edited by Alex McKay, 157–165. London: Edition Hansjorg Mayer. p. 157 : « the therm Buddhist Governement, that refers to the symbiotic relationship between religion and state, was a common idea between the Tibetans, Mongolians and Manchus from the latter half of the 16th to the middle of the 17th century. ... Its interpretation later changed into the "Government following the Dalai Lama's teaching" ... owing to the successful propagation of the fifth Dalai Lama. »
- Alex McKay, Introduction, Tibet and Her Neighbours: A History, p. 15. « the system of Buddhist government underpined the fondamental central Asian understandings of statehood up until 1911. »
- (en) G. Ts. Tsybikoff, Lhasa and Central Tibet, Smithsonian (Washington D.C. National Museum) Report for 1903, Government Printing Office, Washington, 1904, pp. 727-746, p. 730 : « The princes, together with the monasteries and their parishes, are large landowners, and the peasants are serfs to them. The central government, or the Dalai Lama, owns, of course, more land and serfs than the classes named. »
- (en) Edmund Candler, The Unveiling of Lhasa, Pentagon, London, 2007 : « The country is governed on the feudal system. The monks are the overlords, the peasantry their serfs ».
- Joëlle Désiré-Marchand, Alexandra David-Néel, vie et voyages : Itinéraires géographiques et spirituels, Arthaud, 704 p., Carte 13 : L'excursion clandestine à Shigatsé, Été 1916, lettre du 7 juillet 1916 (livre numérique).
- Alexandra David-Néel, À l'ouest barbare de la vaste Chine, Plon, 1947, 301 p., p. 86.
- Erreur de référence : Balise
<ref>incorrecte ; aucun texte n’a été fourni pour les références nomméeshinduonnet_fl1718.2F17180040. - Erreur de référence : Balise
<ref>incorrecte ; aucun texte n’a été fourni pour les références nomméesumaryland_1126. - (en) Hong Xiaoyong, China Did Well by Tibet [archive], The Straits Times (Singapour), 23 avril 2008, reproduit sur le site AsiaoneNews : « The Dalai Lama sent a telegram to Chairman Mao Zedong to express his support for the agreement and his determination to implement it ».
- (en) Melvyn C. Goldstein, A History of Modern Tibet: The Calm before the Storm: 1951-1955, University of California Press (ISBN 978-0520249417), p. 493 et 496. « The following week, on 27 September, as the National People's Congress was winding down, the Dalai Lama was singled out for special honor; he was selected as a deputy chairman of the Standing Committee of the National. »
- Rebirth of the lama kingdom, English.news.cn, 22 mai 2011 : « He was the first Dalai Lama in history to take the post of a state leader of China. »
- Jean Dif, « Chronologie de l'histoire du Tibet et de ses relations avec le reste du monde (Suite 3) - Le quatorzième Dalaï lama ».
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- (en) Dalai Lama: Tibet Culture Could Soon End.
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- Message du Dalaï Lama à l’occasion du 48e anniversaire du soulèvement de Lhassa
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- La fulgurante épopée des Karmapas : entretien avec Francesca Yvonne Caroutch.
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- Le Dalaï Lama citoyen d'honneur de la Ville de Paris.
- La visite du Dalaï-Lama à Washington provoque la colère de Pékin, Le Monde du 17.10.07 : « Le geste le plus significatif est intervenu mercredi au Capitole. George W. Bush a remis la médaille d'or du Congrès, la récompense civile la plus prestigieuse, au chef de l'Église tibétaine, lors d'une cérémonie solennelle. »
- (en) Dalai Lama's Message to Brussels TSG Conference.
- Le dalaï-lama se retire du gouvernement tibétain en exil, Le Monde 10 mars 2011
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- M. G. Chitkara, Buddhism, reincarnation, and Dalai Lamas of Tibet, APH Publishing, 1998, (ISBN 8170249309 et 9788170249306) p. 18
- La Chine impose de nouvelles règles pour les réincarnations de bouddha, nouvelobs.com, 23 juin 2008.
- interview sur le site du dalaï-lama.
- Raphaël Liogier, A la rencontre du Dalaï-Lama, Flammarion, Paris, 2008, p. 18-19
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- "Suicides" de deux Moines tibétains chargés de reconnaître le prochain dalai Lama.
- (en) Tibetan monks commit “suicide, ” victims of pre-Olympic repression.
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- Le dalaï lama prêt à quitter ses fonctions.
- Audrey Garric, Le Dalaï-lama renonce à son rôle politique mais pas à son influence, 10 mars 2011, « Mais en 1990, par souci d'amorcer une démocratisation du régime, il cesse de nommer les membres du cabinet, désignés depuis par le Parlement. Puis, en 2001, il décide de modifier la Constitution : le gouvernement sera dirigé par un premier ministre, élu par les Tibétains en exil, soit près de 150 000 personnes – vote auquel ne participent pas les 6 millions de Tibétains de Chine. Le rôle politique du Dalaï-lama se voit alors restreint à des fonctions honorifiques, telles qu'un rôle de représentation sur la scène internationale ou la nomination de trois des quarante-trois députés du Parlement. »
- Tibet : opposition au retrait du dalaï-lama, AFP, 15 mars 2011
- Phurbu Thinley, Dalai Lama asks Tibetans to embrace democratic change, rejects parliament's resolution, Phayul, 19 mars 2011.
- (en) Dean Nelson, Dalai Lama reveals warning of Chinese plot to kill him, The Telegraph, 12 mai 2012
- Revue contemporaine, p. 304
- J.F. Laharpe, Abrégé de l'Histoire générale des voyages, édition de 1820, tome VIII, p.332 (mise en ligne par Google). « Tous les prêtres tibétains, mongols et kalmouks s'accordent à dire que les excréments et l'urine du dalaï-lama sont considérés comme des choses sacrées ; les excréments, réduits en poudre, se portent au cou dans des reliquaires, servent à faire des fumigations dans les maladies, et sont même employés comme remèdes internes par les dévots. (...) Les lamas tirent un profit considérable de ces déjections sacrées. »
- La saveur du monde: une anthropologie des sens David Le Breton Éditions Métailié, 2006 p. 394
- John Gregory Bourke, Les Rites scatologiques, 1891. Édition française établie par Dominique G. Laporte, PUF, 1981.
- (en) Ladies and gents: public toilets and gender par Olga Gershenson, Barbara Penne, Temple University Press, 2009 p. 111.
- (en) Heinrich Harrer, Seven Years in Tibet, with a new epilogue by the author. Translated from the German by Richard Graves. With an introduction by Peter Fleming, First Tarcher/Putnam Hardcover Edition, 1997 (ISBN 978-0-87477-888-5) : « Superstition is the enemy. We found that the people had more confidence in the laying on of hands and faith healing than in the ministration of the monks of the schools of medicine. The lamas often smear their patients with their holy spittle. Tsampa, butter, and the urine of some saintly man are made into a sort of gruel and administered to the sick. (…) Nothing ranks higher as a remedy for illness than objects that have belonged to the Dalai Lama. All the nobles used to show me with pride relics of the thirteenth Dalai Lama carefully sewn up in little silk bags ».
- (en) Robert W. Ford, Tibet Rouge. Capturé par l’armée chinoise au Kham, Olizane, 1999, pp. 39-40 (ISBN 978-2-88086-241-1) (il s'agit de la traduction de la réédition de 1990, préfacée par le dalaï-lama, d'un ouvrage paru pour la première fois en 1957 sous le titre Wind Between the Worlds, publié par la société David McKay).
- (en) Israel Epstein, Tibet transformed, New World Press (Beijing, 1983, 566 p., p. 389 : « "Cures" for illness were sold in the form of special chants, inscriptions, and pills compounded from the feces of Living Buddhas (a pill made of the Dalai Lama's could cost the equivalent of a year's income for an ordinary man). »
- (en) A. Tom Grunfeld, The making of modern Tibet, M. E. Sharpe, 1996, 352 pages, chap. Tibet as it used to be, p. 22.
- A. Tom Grunfeld, The making of modern Tibet, op. cit., p. 22 : « This last belief resulted in premium being placed on the urine and excrement (rolled up in pill form and swallowed) of highly incarnated monks and especially of the Dalai Lama. A Chinese refugee who was formerly a cadre involved with religious work recalled a Communist Party circular about the Dalai Lama's visit to Beijing in 1954. According to this report, the lama defecated into a gold-plated receptacle from which the feces were returned to Tibet to be made into medicine.49 »
- (en) Richard J. Kohn, Lord of the Dance. The Manu Rimdu Festival in Tibet and Nepal, State University of New York, SUNY series in Buddhist studies, 2001, 366 p., (ISBN 0791448916), p. 114 : « In Tibet, the urine and excrement of great lamas is prized for its medical qualities. Reputedly, the denizens of the village at the foot of the Potala once did a brisk trade in the Dalai Lama's excrement. ».
- (Wylie : bdud rtsi, tibétain : བདུད་རྩི་ ). Le terme bdub rtsi traduit le terme sanscrit amrta, l'élexir d'immortalité. Dans un contexte tantrique, on parle beaucoup de cinq ambroisies : urine, excréments, semence, chair et sang ; (en) Richard J. Kohn, Lord of the Dance. op. cit., p. 114 : « Trulshik Rinpoche compounds the pill substances from a variety of blessings (byin brlab). "Blessing" here refers to the hard dark-brown granular substance that lamas regularly give to those who seek audience with them. Each lama compounds his own blessings. They are also called "ambrosia" (bdud rtsi), or "ambrosial religious medicine" (bdud rtsi chos sman). The word bdud rtsi itself translates the Sanskrit term amrta, the divine "elixir of immortality" of Indian legend. It is an ambiguous term. In a Tantric context, there is much talk of five ambrosias: urine, excrement, semen, flesh, and blood. »
- (en) Robert Beér, The Handbook of Tibetan Buddhist Symbols
- Évariste Huc, Souvenir d'un voyage dans la Tartarie, le Thibet et la Chine pendant les années 1844, 1845 et 1846, Paris, Le Clere, 1853, tome II, p. 344-345 : « Ces assertions, qu'on lit dans certaines géographies, sont entièrement dénuées de fondement. Pendant notre séjour à Lha-Ssa, nous avons beaucoup interrogé à ce sujet, et tout le monde nous a ri au nez. À moins de dire que, p. 435 depuis le Régent jusqu'à notre marchand d'argols, tout le monde s'est entendu pour nous cacher la vérité, il faut convenir que les relations, qui ont donné cours à ces fables, ont été écrites avec bien peu de circonspection ».
- Évariste Huc, Souvenir d'un voyage dans la Tartarie, le Thibet et la Chine pendant les années 1844, 1845 et 1846, op. cit.
- Voir le chapitre « Lobsang Gyatso » dans Roland Barraux, Histoire des Dalaï-Lama, Quatorze reflets sur le Lac des Visions, édition Albin Michel, 1993. Réédité en 2002 chez Albin Michel (ISBN 978-2-226-13317-5).
- Patrick French, Tibet, Tibet Une histoire personnelle d'un pays perdu, traduit de l'anglais par William Oliver Desmond, Albin Michel, 2005, (ISBN 978-2-226-15964-9), p. 26-27 « Un des vieux moines allait répétant une histoire sans doute tirée des livres de voyages fantaisistes, ou peut-être du Dictionnaire philosophique de Voltaire. Selon cette légende, tous les lieux où déféquait un Dalaï Lama devenaient immédiatement un sanctuaire bouddhique, si bien que toutes sortes d'étrangers allaient être obligés de traiter l'endroit comme un lieux durable de pèlerinage. Il n'y aurait aucun moyen d'en interdire l'accès aux Orientaux qui allaient certainement venir nombreux adorer les excréments sacrés »
- Jean Dif, dans sa Chronologie en ligne fait référence à la publication en 1667, en latin, de la China Illustrata d'Athanasius Kircher. « Il y est fait état du voyage au Tibet, en 1661, d'un jésuite autrichien, Johannes Grueber, accompagné d'un missionnaire belge Albert d'Orville. Il y aurait deux rois à Lhassa: un temporel et un spirituel. Le second resterait enfermé dans son palais où il serait adoré par les fidèles. La vénération que ces derniers lui vouent serait telle qu'ils porteraient son urine et ses excréments en sautoir autour du cou et qu'ils les mélangeraient à leur nourriture! Le rituel du culte rendu au Dalaï lama ferait parfois penser aux pratiques chrétiennes. Les Tibétains boiraient du thé au beurre et feraient dévorer leurs morts par les bêtes sauvages. Les deux derniers points sont rigoureusement exacts, pour le reste, il est inutile d'insister sur le caractère fantaisiste du témoignage. »
- (en) Men-Tsee-Khang’s (Tibetan Medical & Astro. Institute).
Bibliographie
- Au-delà des dogmes, Albin Michel, 1994
- Tant que durera l'espace, Albin Michel, 1996
- Pacifier l'esprit, Albin Michel, 1999, réed. 2007
- Avec Jeremy Hayward et Francisco Varela, Passerelles, Entretiens avec des scientifiques sur la nature de l'esprit, Albin Michel, 2000
- Caravane tibétaine, Abdul Wahid Radhu, Fayard Paris 1981, ISBN 2-213-01018-8. L'auteur a beaucoup fréquenté la famille de l'actuel Dalaï-lama.
Voir aussi
- Roland Barraux, Histoire des Dalaï-lamas, Albin Michel 2002, (ISBN 978-2-226-13317-5)
- Claude B. Levenson, Le Seigneur du Lotus blanc - Le Dalaï-Lama, Lieu Commun 1987, (ISBN 978-2-86705-087-9)
- Léon Feer, Le Pontificat tibétain, in Revue contemporaine, 1986, p. 285-307
- A Great Deception: The Ruling Lamas' Policies, Western Shugden Society (en), 2010, 288 p.
Articles connexes
- Liste des dalaï-lamas
- Panchen-lama
- Karmapa
- Bouddhisme tibétain
- Gouvernement tibétain en exil
- Histoire du Tibet
- Histoire de l'exploration européenne du Tibet
- Méditation bouddhique
- Kundun
Liens externes
- Prix Nobel de la Paix, 1989
- J’ai rencontré l’Honorable Dalaï-lama, sans avoir de passeport Traduction française de la chronique de l'intellectuelle tibétaine Woeser sur sa rencontre avec le Dalai-lama, 2011
- The 13 Previous Dalai Lamas
- Histoire des religions au Tibet
- Dalaï lama annuaire du bouddhisme
- Gouvernement tibétain en exil
- Documentaires sur le Tibet, le bouddhisme et le Dalaï Lama
- Plusieurs enseignements de Sa Sainteté le Dalaï Lama
- le site officiel du Dalaï Lama
- Dalai lama videos enseignements traductions de Matthieu Ricard
- Vidéo : Dalaï-lama en 1979, lors d'un voyage en Suisse, il parle de son retour au Tibet, une archive de la Télévision suisse romande
- Dalaï-lama citations
