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L'environnement est en effet apparu à partir des années 1970 comme un patrimoine à transmettre aux générations futures. Le philosophe Hans Jonas a exprimé cette préoccupation dans son livre Le Principe responsabilité (1979). Au sommet de la Terre de Rio de Janeiro, cette définition sera complétée par la définition des trois piliers qui doivent être conciliés dans une perspective de développement durable : le progrès économique, la justice sociale et la préservation de l'environnement. La traduction anglaise de développement durable est sustainable development. On dit quelquefois aussi en français développement soutenable. La soutenabilité est le caractère de ce qui respecte le mieux les principes de développement durable. Le terme de développement complète la notion de progrès, qui au XIXe siècle, s'est construite autour du progrès industriel, et qui pouvait avoir des connotations idéologiques (idéologie du progrès).
[] Historique1968 : création du Club de Rome qui regroupe une poignée d'hommes, occupant des postes relativement importants dans leurs pays respectifs et qui souhaitent que la recherche s'empare du problème de l'évolution du monde pris dans sa globalité pour tenter de cerner les limites de la croissance. 1972 : le Club de Rome publie un rapport rédigé à sa demande par une équipe de chercheurs du Massachusetts Institute of Technology. Ce rapport donne les résultats de simulations informatiques sur l'évolution de la population humaine en fonction de l'exploitation des ressources naturelles, avec des projections jusqu'en 2100. Il en ressort que la poursuite de la croissance économique entraînera au cours du XXIe siècle une chute brutale des populations à cause de la pollution, de l'appauvrissement des sols cultivables et de la raréfaction des ressources énergétiques. 1972 : une conférence des Nations Unies sur l'environnement humain à Stockholm expose notamment l'écodéveloppement, les interactions entre écologie et économie, le développement du Sud et du Nord. 1987 : Une définition du Développement Durable est donnée dans le Rapport Brundtland. 1992 : le Sommet de Rio consacre le terme et le concept passe dans le grand public. Adoption de la convention de Rio et naissance de l'Agenda 21. Les catastrophes industrielles de ces trente dernières années (Tchernobyl, Seveso, Bhopal, Exxon Valdez, etc.) ont interpellé l'opinion publique et les associations telles que Greenpeace. 2002 : Sommet de Johannesburg: En septembre, plus de cent chefs d'États, plusieurs dizaines de milliers de représentants gouvernementaux et d'ONG ratifient un traité prenant position sur la conservation des ressources naturelles et de la biodiversité. Quelques grandes entreprises françaises sont présentes. [] Les enjeux[] Trois piliersHistoriquement, le mode de pensée qui est à l'origine de la Révolution industrielle du XIXe siècle a introduit des critères de croissance essentiellement économiques. On retrouve ces critères dans le calcul du Produit national brut, dont l'origine remonte aux années 1930. Des corrections ont été apportées à la fin du XIXe siècle sur le plan social, avec l'apparition d'associations à vocation sociale et du syndicalisme. L'expression "économique et social" fait partie du vocabulaire courant. Les pays développés (souvent appelés pays du Nord) ont pris conscience depuis les années 1970 que leur prospérité est basée sur l'utilisation intensive des ressources naturelles, et que par conséquent, outre l'économique et le social, un troisième aspect a été négligé : celui de l'environnement. Il est maintenant évident que le modèle de développement occidental n'est pas viable sur le plan environnemental : changement climatique, pollution, destruction de nombreux écosystèmes, plus grande fréquence de disparition d'espèces animales, végétales (perte de la biodiversité), plus grande fréquence des inondations et des sécheresses, raréfaction des énergies fossiles (imminence du pic pétrolier) et des matières premières, etc : L'empreinte écologique dépasse la capacité biologique de la Terre depuis le milieu des années 1970. Au problème de viabilité s'ajoute un problème d'équité : il est à craindre que le souhait d'évolution des pays sous-développés (souvent appelés pays du Sud) vers un état de prospérité similaire, édifié sur des principes équivalents, n'implique une dégradation encore plus importante de la biosphère. Comme il n'est évidemment pas question d'empêcher la population des pays pauvres d'atteindre le niveau de confort des pays développés, l'idée du développement durable est de définir des schémas qui concilient les trois aspects économique, social, et environnemental. [] Questions posées par la mise en oeuvreSi le principe ainsi défini est assez clair, le développement durable semble plus difficile à mettre en oeuvre. Parmi les questions qui se posent :
possibilité de mettre le schema de Jean Louis Laville ? avec Economie, social, ecologie(ou environnement) à l'intersection de l'economie et de l'écologie se trouve le solidaire à l'intersection de l'economie et du social se trouve l'équitable à l'intersection de l'écologie et du social se trouve le vivable enfin a l'intersection de l'equitable, du vivable et du solidaire se trouve le developpement durable [] Les objectifs du développement durable[] RappelsLa définition classique du développement durable provient du Rapport Brundtland : « Le développement durable est un développement qui répond aux besoins du présent sans compromettre la capacité des générations futures de répondre aux leurs. Deux concepts sont inhérents à cette notion : le concept de « besoins », et plus particulièrement des besoins essentiels des plus démunis, à qui il convient d?accorder la plus grande priorité, et l?idée des limitations que l?état de nos techniques et de notre organisation sociale impose sur la capacité de l?environnement à répondre aux besoins actuels et à venir ». Il rappelle le propos prêté à Antoine de Saint-Exupéry : « Nous n?héritons pas de la Terre de nos ancêtres, nous l?empruntons à nos enfants ». Le rapport de la Commission mondiale sur l?environnement et le développement insiste sur la nécessité de protéger la diversité des gènes, des espèces et de l'ensemble des écosystèmes naturels terrestres et aquatiques, et ce, notamment, par des mesures de protection de la qualité de l'environnement, par la restauration, l'aménagement et le maintien des habitats essentiels aux espèces ainsi que par une gestion durable de l'utilisation des populations animales et végétales exploitées.
On peut considérer que les objectifs se partagent entre trois grandes catégories :
[] Equité entre les nations, les individus et les générationsLe développement durable est-il un concept clair pour être opérationnel ? Il est plutôt perçu par certains comme une panacée et un catalogue de bonnes intentions qui devraient permettre tout à la fois, sans trop préciser comment, combiner un ensemble d'exigences :
etc. [] Réseaux territoriaux : agenda 21Pour le respect d'objectifs de développement durable sur les territoires des grandes zones économiques, les réseaux de villes et les communautés d'agglomération sont à même d'exprimer les besoins et de mettre en oeuvre des solutions dans le cadre de l'outil défini au sommet de la Terre de Rio de Janeiro : l'agenda 21. L'agenda type définit 40 chapitres répartis en quatre sections. Par ailleurs, les collectivités territoriales sont en relation avec les entreprises, les universités et les laboratoires de recherche, pour imaginer les solutions innovantes de demain.
[] Entreprises : Responsabilité sociétale (RSE)Pour le respect d'objectifs de développement durable par les entreprises, spécifiquement, on parle de Responsabilité sociétale des entreprises (RSE). Ce terme correspond à l'anglais Corporate Social Responsibility. La responsabilité sociétale des entreprises est un instrument qui peut permettre de mettre en oeuvre, entre autres, une meilleure régulation et un meilleur fonctionnement des grandes entreprises dans les pays dits développés, comme dans les pays en développement. Son avantage résidera en l'instauration d'une meilleure contextualisation des activités économiques des entreprises, une meilleure structuration des relations avec les parties prenantes (y compris les ONG), et théoriquement une meilleure gouvernance. Une loi relative aux nouvelles régulations économiques (NRE) a été votée en France en 2001. Elle oblige en principe les entreprises cotées en bourse à inclure dans leur rapport annuel une série d'informations relatives aux conséquences sociales et environnementales de leurs activités. Des sociétés d'audit et de notation sociale se sont créées pour vérifier la véracité de ces données. Il est même de plus en plus recommandé aux entreprises de faire contrôler par des organismes indépendants ces informations, qui seront de plus en plus réclamées par les actionnaires, les investisseurs et les assureurs. [] Efficacité économiqueElle vise à favoriser une gestion optimale des ressources humaines, naturelles et financières, afin de permettre la satisfaction des besoins des communautés humaines, et ce, notamment, par la responsabilisation des entreprises et des consommateurs au regard des biens et des services qu'ils produisent et utilisent ainsi que par l'adoption de politiques gouvernementales appropriées (principe du pollueur/payeur, internalisation des coûts environnementaux et sociaux, éco-fiscalité, etc.).
[] Sémantique[] Définitions de baseLe terme durable est utilisé pour la première fois dans le rapport Brundtland (ONU, 1987). Il y est défini comme un développement qui répond aux besoins du présent sans compromettre les capacités des générations futures à répondre aux leurs. Un développement durable doit être à la fois viable, vivable, et équitable. [] Durabilité / soutenabilitéCertains préfèrent parler de développement soutenable, c'est-à -dire ce que notre environnement peut supporter sur le long terme. Ce serait aussi une traduction plus littérale du terme anglophone sustainable development. Cependant, le concept de durabilité n'a pas à être dépendant d'un simple aspect de traduction d'une langue à l'autre. Les tenants du terme « durable » préfèrent insister sur la notion de durabilité (cohérence entre les besoins et les ressources globales de la Terre sur le long terme) plutôt que sur l'idée d'une recherche de la limite jusqu'à laquelle la Terre sera capable de nous supporter sans dommage. D'autres récusent le concept même de développement économique et préfèrent parler d'utilisation durable, voire, en s'inspirant des travaux de Nicholas Georgescu-Roegen, de décroissance durable. [] Soutenabilité forte/faibleIl existe deux conceptions sur la soutenabilité :
Les tenants de la soutenabilité forte sont plutôt les ONG, surtout environnementales, les associations,... Les tenants de la soutenabilité faible se situeraient plutôt dans les milieux dirigeants des entreprises et dans les milieux économiques et financiers, bien qu'il soit difficile de généraliser. Voir dans le paragraphe limites et dérives du concept les dangers de la soutenabilité faible. [] Limites et dérives du conceptComme tous les concepts, le développement durable trouve aussi ses limites. En effet, la société capitaliste, dans laquelle nous sommes, a su redistribuer les dividendes de la production à l'économie (sous la forme de ré-investissements) et au social (hausse du revenu des salariés) pendant toute son existence. La balance entre ses deux pôles s'est réalisée au gré des diverses luttes sociales et des convictions politiques des dirigeants. Mais comment prendre en compte l'environnement dans cette balance alors que l'équilibre entre le social et l'économique est déjà actuellement dans une impasse ?
[] Annexes[] Articles connexes
[] A voir aussi
[] Liens externes
[] Forums
[] Bibliographie
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