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Désert 
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Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Désert (homonymie).
Vallée de la mort (en Californie, États-Unis)

Le mot dĂ©sert dĂ©signe aujourd’hui une zone stĂ©rile ou peu propice Ă  la vie, en raison du sol impropre, ou de la faiblesse des prĂ©cipitations (moins de 250 mm par an).

Un paysage désertique se reconnaît à son aspect dénudé sur de vastes surfaces.
Un désert est situé hors écoumène.

Sommaire

Exemples de déserts de sable et de cailloux

Un dĂ©sert peut ĂŞtre une zone dĂ©pourvue de vĂ©gĂ©tation, d’animaux et d’êtres humains (exemple : dĂ©sert de glace et de neige : Antarctique). Un dĂ©sert peut ĂŞtre une zone Ă  la vĂ©gĂ©tation rase, Ă©parse : dĂ©sert du Karakoum et dĂ©sert du Thar.

Sens

Au-delà de son sens principal, le mot désert désigne également quelques réalités proches.

Le mot dĂ©sert dĂ©signait en ancien français non pas des Ă©tendues stĂ©riles et vides de vĂ©gĂ©tation, mais toute vaste zone inhabitĂ©e et non cultivĂ©e par l’Homme, en particulier les forĂŞts profondes qui abritaient par exemple des moines ermites qui « allaient au dĂ©sert Â» pour y vivre en mĂ©ditation. Ă€ titre d’exemple l’ancien Hainaut franco-belge (pagus Fanomartensis) Ă©tait probablement encore au XIe siècle presque couvert de la vaste forĂŞts (forĂŞt charbonnière), elle-mĂŞme relique de l’immense forĂŞt d’Ardenne citĂ© par CĂ©sar ; Ce ne fut qu’au VIIe siècle, après les premiers grands dĂ©frichements, que Soignies, le RĹ“ulx, Saint-Ghislain, et d’autres villes, s’y formèrent, « au milieu de forĂŞts Ă©paisses et dans de vĂ©ritables dĂ©serts Â»1. On parle aussi du DĂ©sert de la Chartreuse Ă  propos de la zone de silence, en montagne, situĂ©e autour du monastère de la Grande-Chartreuse en DauphinĂ© (France).

En dĂ©mographie, un dĂ©sert est une rĂ©gion peu densĂ©ment peuplĂ©e. Sa dĂ©finition varie : au niveau mondial, on estime qu’en dessous de 5 habitants au km2, une rĂ©gion est dĂ©sertique. En France, les cantons peuplĂ©s de moins de 20 habitants au km2 sont considĂ©rĂ©s comme dĂ©serts. L'expression a Ă©tĂ© popularisĂ©e par la cĂ©lèbre Ă©tude du gĂ©ographe Jean-François Gravier publiĂ© en 1947, "Paris et le dĂ©sert français".

Par analogie, on parle aussi de dĂ©serts ocĂ©aniques. Les ocĂ©ans comptent en effet des dĂ©serts biologiques bien plus vastes que les dĂ©serts terrestres. RepĂ©rables par des satellites comme Seastar, ils se situent dans les rĂ©gions subtropicales de l’ocĂ©an Pacifique et Atlantique et au sud de l’ocĂ©an Indien au niveau des gyres. Des ocĂ©anographes ont constatĂ© qu’entre 1997 et 2006 leur surface globale a augmentĂ© de 6,6 millions de km2, soit 15 % environ, probablement en raison du rĂ©chauffement climatique2.

Caractéristiques

Article dĂ©taillĂ© : Climat dĂ©sertique.

L’ariditĂ© est le manque d’eau permanent qui affecte une rĂ©gion. Elle ne dĂ©pend pas de la tempĂ©rature : il existe alors des espaces arides et froids (aux pĂ´les par exemple). On mesure le degrĂ© d’ariditĂ© d’une rĂ©gion en fonction de l’indice d’ariditĂ© qui mesure la diffĂ©rence entre l’évapotranspiration potentielle (EVP) et la pluviositĂ©.

Tourbillon dans le Désert des Mojaves, Californie

De façon gĂ©nĂ©rale, les milieux dĂ©sertiques sont caractĂ©risĂ©s par :

Classement communément admis

La typologie de Monique Mainguet3 propose :

  • DĂ©serts polaires froids : ces zones (arctique et antarctique) reçoivent en effet peu de prĂ©cipitations, Ă  cause de la prĂ©sence de cellules anticycloniques. La glace empĂŞche le dĂ©veloppement de la vĂ©gĂ©tation dans le domaine subpolaire dĂ©sertique. La toundra apparaĂ®t dans le domaine subpolaire semi-aride4
Un dĂ©sert hyperaride : Atacama, Chili
  • DĂ©serts chauds de la zone intertropicale : Sahara, dĂ©sert d’Arabie, centre de l’Australie… Ils subissent une forte insolation (3 250 heures de soleil dans le Sahel, des tempĂ©ratures très Ă©levĂ©es (78 Â°C en plein soleil Ă  Tamanrasset5) et une forte Ă©vaporation.
  • DĂ©serts chauds cĂ´tiers : dĂ©sert chilo-pĂ©ruvien, dĂ©sert d’Atacama, dĂ©sert de Namib, Basse-Californie, sud-ouest marocain. Souvent brumeux, ces dĂ©serts sont créés par des anticyclones, des courants froids (courant froid de Benguela pour le Namib) et des remontĂ©es d'eau des profondeurs (« upwellings Â»). Ils peuvent ĂŞtre hyperarides (dĂ©serts du PĂ©rou et du Chili).
  • DĂ©serts d’abri de la zone tempĂ©rĂ©e : ces dĂ©serts se trouvent Ă  l’abri d’une barrière montagneuse qui bloque les dĂ©pressions venues de l’ocĂ©an (Grand Bassin, DĂ©sert des Mojaves aux États-Unis). L’effet de foehn assèche l’air lorsqu’il redescend derrière la chaĂ®ne de montagnes.
  • DĂ©serts continentaux : essentiellement situĂ©s en Asie centrale (DĂ©sert de Gobi, Tibet, DĂ©sert du Karakoum…) Ă  plusieurs milliers de kilomètres Ă  l’intĂ©rieur des terres. Ils sont caractĂ©risĂ©s par une très forte amplitude thermique. Il distingue Ă©galement plusieurs milieux6 arides ou semi-arides :
  • milieu saharien
  • milieu aralien
  • milieu pĂ©ruvien
  • milieu sahĂ©lien
  • milieu mĂ©diterranĂ©en semi-aride.

Jean Demangeot7 fait remarquer que ce classement doit tenir compte de la complexité des facteurs. Il distingue les déserts polygéniques (Asie centrale, Borkou, Sonora…) pour lesquels les causes d’aridité sont multiples, et les désert d’altitude (bassin du Tarim très aride, mais montagnes qui l’entourent relativement arrosées).

Classement en fonction de l’aridité

D’une manière plus simple, on considère les dĂ©serts selon leur ariditĂ©8 :

  • Les dĂ©serts hyperarides qui reçoivent moins de 50 mm de prĂ©cipitations en moyenne par an : on les trouve Ă  certains endroits du Sahara, du dĂ©sert chilo-pĂ©ruvien, de Libye, d’Arabie, de Namibie.
  • Les rĂ©gions arides (dĂ©serts) reçoivent moins de 100-150 mm de pluie en moyenne annuelle et connaissent au moins deux mois avec plus de 30 Â°C (dĂ©serts continentaux, d’abri, dĂ©serts asiatiques froids et quelques secteurs du dĂ©sert australien).
  • Les rĂ©gions semi-arides (centre et ouest de l’Australie, etc.)
  • L’agriculture pluviale (qui ne nĂ©cessite pas d’irrigation) se dĂ©veloppe Ă  partir de 300 mm par an.

En général, il est admis qu’un milieu est non aride lorsque l’indice xérothermique9 est inférieur à 100, semi-aride entre 100 et 290, aride entre 290 et 350, et hyperaride entre 350 et 365.

Le critère de l’évapotranspiration

La FAO retient un autre critère de typologie : l’évapotranspiration potentielle, associĂ©e Ă  une formation vĂ©gĂ©tale :

  • zones hyperarides : quelques Ă©phĂ©mères, buissons xĂ©rophytes dans les oueds
  • zones arides : plantes vivaces et annuelles ; pas d’agriculture pluviale
  • zones semi-arides : couvert vĂ©gĂ©tal ouvert (steppe, buissons), plantes vivaces, agriculture pluviale possible et Ă©levage extensif.

Liste des déserts

Article dĂ©taillĂ© : Liste des principaux dĂ©serts.
Image satellitale montrant l'albédo très élevée du Sahara
Les 10 plus grands déserts
Désert Superficie (km2)
Antarctique (Antarctique) 14 000 000
Sahara (Afrique) 8 600 000
Groenland (Arctique) 2 000 000
Désert de Libye (Afrique) 1 683 000
Grand désert de sable (Australie) 1 500 000
Désert de Gobi (Asie) 1 036 000
Désert du Kalahari (Afrique) 580 000
Désert du Karakoum (Asie) 350 000
Désert du Taklamakan (Asie) 344 000
Désert de Namib (Afrique) 310 000

Géologie et processus morphogéniques

Erosion

Une des plus hautes dunes du monde à Sossusvlei, dans le désert de Namib, Afrique

Étant donnĂ© la raretĂ© de l’eau et de la vĂ©gĂ©tation en milieu dĂ©sertique, l’érosion dĂ©pend essentiellement de deux processus : l’érosion Ă©olienne et la thermoclastie. L’érosion par la thermoclastie rĂ©sulte des variations de tempĂ©rature sur la roche. Celles-ci peuvent provoquer, sur le long terme, des fissures qui s’agrandissent progressivement et qui finissent par faire Ă©clater la roche. La thermoclastie est d’autant plus efficace que la roche est fragile et que l’amplitude thermique est importante. La gĂ©lifraction (action du gel) intervient dans les dĂ©serts d’altitude.

L’érosion Ă©olienne attaque les roches du reg en enlevant des particules (dĂ©flation, abrasion) ou en polissant leur surface (corrasion par vent chargĂ© de sable). Elle est plus efficace lorsque les obstacles sont inexistants et que le vent est puissant, rĂ©gulier et chargĂ© de poussières ou d’embruns. Le vent fait avancer les dunes (barkhanes, ghourd) qui forment parfois de vastes ensembles appelĂ©s « erg Â».

Sur Canal IRD (les vidĂ©os en ligne de l’Institut de Recherche pour le DĂ©veloppement) : La dynamique Ă©olienne. (DĂ©cembre 2006,3'01")

Dans les zones arides et semi-arides, le ruissellement peut être un agent efficace d’érosion. Le caractère violent et épisodique du phénomène érode les montagnes et transporte les matériaux vers les piémonts, les glacis (sheet flood en anglais) et plaine d’épandage. L’eau ruisselle et atteint les talwegs pour former des cours d’eau temporaires, les oueds. Leur lit charrie des débris de tailles diverses (galets, graviers, sables, particules en suspension). Les milieux hyperarides sont marqués par l’absence de tout cours d’eau (aréité ou aréisme).

Les effets de l’évaporation


  • chott : en Afrique du Nord, un chott est une Ă©tendue d’eau salĂ©e permanente, aux rivages changeants, situĂ©e dans les rĂ©gions semi-arides. Les gĂ©omorphologues le limitent Ă  la partie tantĂ´t ennoyĂ©e tantĂ´t dĂ©couverte autour du lac, portant quelque vĂ©gĂ©tation et faisant partie d’une ensemble plus Ă©tendu qu’ils prĂ©fèrent nommer sebkha. Les chotts sont alimentĂ©s de façon discontinue lors des rares pluies, et subissent une forte Ă©vaporation, qui accumule les sels Ă  la surface des limons, parfois exploitĂ©es.
  • sebkha (en Afrique), playa (aux États-Unis), salinas (en AmĂ©rique latine)10 ;

La vie

Article dĂ©taillĂ© : DĂ©serts et broussailles xĂ©rophytes.

Végétation

Hoggar, Sahara. Un milieu abiotique
Saguaro, Arizona. Le Sagaro est un cactus qui peut mesurer jusqu’à 15 mètres de haut. On le rencontre dans le sud-ouest des États-Unis et dans le nord du Mexique

La densitĂ© de la vĂ©gĂ©tation dĂ©pend de la quantitĂ© d’eau disponible, de la force du vent et de la nature du sol (salinitĂ©, reg, erg…) : seuls les milieux hyperarides rocailleux sont totalement dĂ©pourvus de vĂ©gĂ©tation (Atacama, Hoggar, reg du Tanezrouft…). Contrairement Ă  une idĂ©e reçue, les vĂ©gĂ©taux poussent sur les dunes de sables : on trouve des buissons de crĂ©osote et de prosopis (Prosopis juliflora) dans les dunes de la vallĂ©e de la mort. Les plantes, les arbustes et les buissons se concentrent dans les lits des oueds et autour des points d’eau. Les adaptations de la flore dĂ©sertique visent principalement Ă  limiter la perte d’eau, mais Ă©galement Ă  obtenir autant d’eau que l’environnement puisse lui fournir.

Les plantes succulentes, Ă©galement appelĂ©es "plantes grasses" sont adaptĂ©es pour survivre dans des milieux arides. Parmi elles se trouvent les agaves, les yuccas, les tubĂ©reuses de la famille des agavaceae et tous originaires du continent amĂ©ricain. La famille des cactacĂ©es provient Ă©galement d’AmĂ©rique : leur aspect s’explique principalement par l’adaptation aux conditions de sĂ©cheresse, Ă  l’origine du dĂ©veloppement de la fonction de stockage et de la rĂ©duction des surfaces d’évaporation. La fonction de stockage s’est traduite par un Ă©paississement de la tige, et, pour quelques espèces, par le dĂ©veloppement de racines tubĂ©reuses (pterocactus tuberosus par exemple). Elle explique aussi l’apparition des cĂ´tes ou une disposition des mamelons en spirale, qui permettent, un peu comme sur un accordĂ©on, la dilatation et la rĂ©traction du corps de la plante au grĂ© des pĂ©riodes de pluies et de sĂ©cheresse, sans dĂ©chirure de l’épiderme. La rĂ©duction des surfaces d’évaporation s’est traduite par un Ă©paississement de l’épiderme, parfois mĂŞme recouvert d’une sorte de cire, une diminution du nombre de stomates (pores permettant la respiration), et surtout, chez beaucoup d’espèces, la disparition des feuilles. Quant aux Ă©pines, leur fonction est multiple : protection contre les animaux, mais aussi captation de la rosĂ©e, protection de l’épiderme contre les ardeurs du soleil, le vent dessĂ©chant ou le froid d’altitude…

Les plantes halophytes supportent des sols imprégnés de sel. Leur adaptation, différente de celles des plantes xérophytes proprement dites, est liée à leur capacité de stocker de l’eau dans les feuilles, les tige ou les racines.

Les plantes xérophytes se rencontrent dans des environnements très variés, tels que les déserts rocailleux mais aussi dans quelques cas sous des formes épiphytes sur la canopée des forêts tropicales.


Mécanismes Adaptation Exemple
Limitation de la perte d’eau cuticule céreuse Opuntia
nombre réduit de stomates
sunken stomata Pinus
stomate ouvert la nuit Carpobrotus edulis
duvet Ă  la surface Sempervivum arachnoideum
feuilles incurvées Ammophila
Stockage de l’eau feuille succulente Bryophyllum
tige succulente Caulanthus inflatus
tubercule charnu Raphionacme
Prise d’eau système racinaire profond Acacia
directement à la nappe phréatique Nerium oleander
système racinaire étendu peu profond
absorption de l’humidité de l’air Tillandsia

Faune

Le nombre d’espèces animales est relativement peu Ă©levĂ© dans les zones dĂ©sertiques. Cependant, rares sont les rĂ©gions sans aucune vie (milieux abiotiques). La faune s’est adaptĂ©e aux contraintes climatiques :

  • Pigmentation claire ;
  • RĂ©serve : la bosse du chameau contient des graisses ;
  • RĂ©gulation de la tempĂ©rature du corps : en cas de grande chaleur, les gangas semblent possĂ©der une plus grande capacitĂ© Ă  perdre de la chaleur que les autres oiseaux du dĂ©sert. Mais cette excellente adaptation Ă  la chaleur a son revers : dès que la tempĂ©rature tombe, la thermogenèse doit s’amorcer, sollicitant une dĂ©pense Ă©nergĂ©tique correspondante. Les oryx algazelles peuvent survivre sans eau pendant de longues semaines, leurs reins prĂ©venant la perte d’eau en urine, ils peuvent aussi Ă©lever la tempĂ©rature de leur corps pour Ă©viter de transpirer ;
  • Vie nocturne : de nombreux animaux ne sortent que la nuit pour chasser et se nourrir (gerboise, Addax, OryctĂ©rope) ;
  • Abris : grottes, terriers (la terre est un excellent isolant thermique). Les Addax dorment le jour dans des cuvettes qu’ils creusent eux-mĂŞmes dans le sable, Ă  l’ombre ;
  • LĂ©thargie : estivation (Souslik jaune).

Liste d’animaux vivant dans le dĂ©sert :

Occupation et exploitation par les hommes

Depuis la prĂ©histoire, les hommes ont toujours occupĂ© et parcouru tous les dĂ©serts arides, malgrĂ© les fortes contraintes naturelles. Traditionnellement, deux modes de vie, souvent concurrents, sont prĂ©sents dans les sociĂ©tĂ©s humaines des dĂ©serts : les nomades et les cultivateurs. Depuis le dĂ©but du XIXe siècle, la modernisation et l’exploitation des gisements miniers Ă  des fins industrielles ont transformĂ© certaines rĂ©gions dĂ©sertiques et fait Ă©merger de nouveaux dĂ©fis. NĂ©anmoins, le dĂ©sert reste l’un des derniers milieux vraiment naturels.

Modes de vie traditionnel

  • Nomadisme : les groupes humains se dĂ©placent pour chercher les points d’eau nĂ©cessaires Ă  la survie des troupeaux. L’élevage faisait vivre plusieurs clans de bĂ©douins en Asie ou de Touaregs en Afrique. Aujourd’hui, ce mode de vie est menacĂ© de disparaĂ®tre Ă  cause de la motorisation et de l’affirmation des frontières.
  • Cultures : depuis l’AntiquitĂ©, l’irrigation permet de mettre en valeur des rĂ©gions dĂ©sertiques ou semi-dĂ©sertiques dans les oasis :
    • Le puits permet de ramener l’eau des nappes phrĂ©atiques Ă  la surface. Le problème est que cette eau d’origine fossile n’est souvent pas renouvelable Ă  court terme dans les dĂ©serts.
    • Le Qanat en Asie, la foggara en Afrique, est un système d’irrigation souterrain permettant de rĂ©colter les eaux d’infiltration.
    • Noria : pour capter l’eau des fleuves en milieu dĂ©sertique (Nil, Tigre, Euphrate).

Grandes civilisations du désert

Les grandes routes historiques

  • Route de la soie : rĂ©seau de routes commerciales entre l’Asie et l’Europe allant de Chang’an (actuelle Xi’an) en Chine jusqu’à Antioche, en Syrie. Elle doit son nom Ă  la plus prĂ©cieuse marchandise qui y transitait : la soie, dont seuls les Chinois connaissaient le secret de fabrication. Dès l’AntiquitĂ©, de nombreux autres produits voyageaient sur les mĂŞmes routes : pierres et mĂ©taux prĂ©cieux, Ă©toffes de laine ou de lin, ambre, ivoire, laque, Ă©pices, verre, corail, etc. Ces routes, parcourues par des caravanes, contournaient par le nord ou le sud le dĂ©sert du Taklamakan. Ces deux branches possĂ©daient diffĂ©rentes variantes, mais toutes ces pistes reliaient entre elles des oasis situĂ©s Ă  la pĂ©riphĂ©rie du dĂ©sert et au pied des hautes montagnes des Tian Shan ou des Kunlun. La longueur du parcours, les multiples dangers encourus par les voyageurs sur ces pistes soumises aux attaques des brigands et Ă  l’extrĂŞme rigueur du climat (torride en Ă©tĂ© et glacial en hiver), rendaient très chers les produits qui transitaient ainsi entre le bassin mĂ©diterranĂ©en et l’ExtrĂŞme-Orient. Ce fut une des raisons qui incita les EuropĂ©ens Ă  rechercher une route maritime vers les pays d’Orient. La Route de la soie fut progressivement abandonnĂ©e au XVe siècle.
  • Pistes transsahariennes (Afrique) : les pistes caravanières, amĂ©nagĂ©es Ă  partir du IXe siècle, passaient par les oasis du Sahara : les dĂ©placements Ă©taient dangereux et pĂ©nibles Ă  cause des contraintes climatiques et des distances. Les grands convois transportaient des esclaves depuis l’époque romaine mais aussi toutes sortes de produits qui servaient au troc.

Mise en valeur moderne du désert

L’extension des cultures dans le dĂ©sert dĂ©pend des possibilitĂ©s d’irrigation, et donc du pompage de l’eau qui nĂ©cessite aujourd'hui des appareils Ă©lectriques. Il pose donc le problème de l’approvisionnement en Ă©nergie des rĂ©gions dĂ©sertiques. Le dĂ©tournement du Colorado a permis la naissance de l’Imperial Valley en Californie. Le barrage d’Assouan en Égypte, achevĂ© en 1970, permet d’irriguer 700 000 hectares de terres.

Le sous-sol des dĂ©serts offre souvent des richesses :

Les conditions gĂ©ographiques et climatiques du dĂ©sert permettent ou ont permis :

  • l’exploitation de l’énergie solaire et Ă©olienne, avec possibilitĂ© d'hydrolyser de l'eau de mer en hydrogène et oxygène sur les littoraux (Mauritanie, SĂ©nĂ©gal par exemple). Ces Ă©nergies sont encore peu valorisĂ©es.
Very Large Array en configuration D

Tourisme : Le dĂ©sir de dĂ©paysement et d’aventure des sociĂ©tĂ©s dĂ©veloppĂ©es entraĂ®ne le dĂ©veloppement de l’offre touristique en milieu dĂ©sertique. La ville de Las Vegas s’est dĂ©veloppĂ©e rapidement dans un milieu dĂ©sertique, grâce aux eaux du Colorado.

Le dĂ©sert, future sources d'Ă©nergie solaire et Ă©olienne, voire d'hydrogène ?

En zone chaude (tropico-Ă©quatoriale), les dĂ©serts sont souvent très ensoleillĂ©s le jour et exposĂ©s Ă  un lĂ©ger vent rĂ©gulier la nuit ; Ce sont des conditions qui prĂ©senteront des avantages intĂ©ressants pour une production combinĂ©e d'Ă©nergie douce, sĂ»re, propre et renouvelable, d'autant que plusieurs dĂ©serts sont proches de la mer, ce qui permet d'utiliser une partie de l'Ă©lectricitĂ© produite pour hydrolyser de l'eau de mer et produire de l'Hydrogène. Il reste pour cela Ă  produire des panneaux solaires plus performant lorsqu'ils sont exposĂ©s Ă  de grandes chaleurs (jusqu'Ă  50°C pour la tempĂ©rature ambiante dans la Sahara ou au moyen-Orient et bien plus pour un panneau de couleur foncĂ©). Il faut aussi produire des modules photovoltaĂŻques et du matĂ©riel Ă©olien très rĂ©sistant Ă  l'abrasion par le sable et les poussières transportĂ©s par les tempĂŞtes de sable.

  • Le Maroc est leader en Ă©olien en Afrique du Nord. Il disposait dès le dĂ©but des annĂ©es 2000 de 7 grandes Ă©oliennes près de de Tanger (Parc financĂ© par la banque publique allemande KfW, puis la France y a financĂ© - toujours près de Tanger - une ferme de 84 Ă©oliennes (50,4 MW) 12 ;
  • En Arabie saoudite un projet de 11,3 millions d'euros est dĂ©jĂ  financĂ© par Saudi Aramco (l'un des premiers groupes pĂ©troliers au monde).
  • En Égypte, Ă  Kuraymat, au sud du Caire, une centrale solaire moderne combine 53.000 miroirs renvoyant la lumière solaire vers 130.000 m² de panneaux solaires de 6 m de large et 150 m de long, des anneaux paraboliques et l'exploitation de gaz naturel pour produire 150 MW d'Ă©lectricitĂ© pour Le Caire.
  • Divers appels d'offre sont en cours en 2009 en AlgĂ©rie, Maroc, IsraĂ«l et aux Emirats.

Désertification et menaces sur les déserts existants

  • Dans le passĂ©, le Sahara n’était pas un dĂ©sert avant le IVe millĂ©naire av. J.-C.
  • Des exemples historiques : le dĂ©sert du Thar en Inde est peut-ĂŞtre devenu dĂ©sertique entre 2000 av. J.-C. et le 1500 av. J.-C. Ă€ cette Ă©poque le fleuve Ghaggar cesse d’être un cours d’eau.

L'ONU a alertĂ© sur l'aggravation de la situation des nappes phrĂ©atiques, de la faune et de la flore des dĂ©serts, ainsi que des populations humaines en dĂ©pendant dans la plupart des zones arides. Les pompages et/ou une mauvaise agriculture favorisant la salinisation (Plus de 12,000 km carrĂ©s de sols arides ont Ă©tĂ© ainsi salinisĂ©s et rendus improductifs de la fin des annĂ©es 1970 aux annĂ©es 2000). Les pesticides sont aussi une source nouvelle de pollution autour des zones cultivĂ©es. La surexploitation des ressources (herbes, bois mort, ligneux vivants, gibier continue aussi Ă  faire rĂ©gresser des espèces telles que gazelles, l'oryx, l'addax, la chèvre himalayenne (tahr), les moutons de Barbarie, le Houbara, l'Autruche sauvage, etc.)

Les activitĂ©s humaines y aggravent souvent les effets du changement climatique. L'ONU a relevĂ© un accroissement de 0.5 Ă  2 degrĂ©s Celsius de la tempĂ©rature moyenne des dĂ©serts de 1976 Ă  2000 (soit beaucoup plus que l'augmentation moyenne globale de 0.45 degrĂ©s Celsius sur la planète). L'IPCC estime que ces tempĂ©ratures pourraient encore augmenter en moyenne de cinq Ă  sept degrĂ©s d'ici 2071- 2100, en comparaison avec la moyenne de la pĂ©riode 1961-1990, avec des pluies qui devraient diminuer de 5 Ă  10 % et jusqu'Ă  15 % pour les dĂ©serts de l'hĂ©misphère sud (ex : dĂ©sert Great Victoria en Australie) et de ceux de l'hĂ©misphère nord (DĂ©sert du Colorado ou du Grand Bassin des États-Unis). Le dĂ©sert de Gobi pourrait (c'est le seul) lui recevoir de 10 Ă  15 % de pluies en plus, mais le surpâturage et des pullulations de campagnols probablement favorisĂ©es par la rĂ©gression de leurs prĂ©dateurs y ont dĂ©jĂ  aggravĂ© les phĂ©nomènes d'Ă©rosion et dĂ©gradation des sols.

Désert et humanité

En 2009, les Nations-Unies estimaient Ă  2 milliards le nombre d'hommes vivant en zone aride ou en passe de le devenir

Écrivains et voyageurs du désert

Depuis longtemps, les déserts, en premier lieu le Sahara, a attiré les hommes, en particulier les occidentaux. Certains pour l’explorer, le cartographier, le découvrir. D’autres aussi pour s’y retrouver face à eux-mêmes, dans une quête philosophique.

Notes et références

  1. ↑ Miraeus, tome I, p. 403, cité par Ch. Duviviers, dans La forêt charbonnière (carbonaria silva) publié à Bruxelles, par EMM Devroye, imprimeur du roi, en 1860 (= extrait du tome II de la Revue d’histoire et d’archéologie)
  2. ↑ Source: Geophysical Research Letters
  3. ↑ Monique Mainguet, L’Homme et la sécheresse, pages 3 et 11-25.
  4. ↑ Monique Mainguet, L’Homme et la sécheresse, pages 11.
  5. ↑ Monique Mainguet, L’Homme et la sécheresse, page 12.
  6. ↑ Jean Demangeot, Les milieux "naturels" du globe, Paris, Colin, 7e édition, 1998, page 127
  7. ↑ Jean Demangeot, Les milieux "naturels" du globe, Paris, Colin, 7e édition, 1998, pages 126-127
  8. ↑ Jean-Paul Amat, Lucien Dorize, Charles Le Cœur, Emmanuelle Gautier, Éléments de géographie physique, Paris, Bréal, coll. Grand Amphi, 2002, ISBN 2749500214, pages 119-120
  9. ↑ Jean Demangeot, Les milieux "naturels" du globe, Paris, Colin, 7e édition, 1998, page 114
  10. ↑ Jean-Paul Amat, Lucien Dorize, Charles Le Cœur, Emmanuelle Gautier, Éléments de géographie physique, Paris, Bréal, coll. Grand Amphi, 2002, ISBN 2749500214, page 206
  11. ↑ Faune-du-Sahara http://sahara-vivant.org
  12. ↑ Parc éolien de la Compagnie éolienne du détroit (CED), filiale marocaine de la société française Theolia

Voir aussi

Articles connexes

Bibliographie

  • Bruno Doucey, Alain Morel, Catherine Boudier, Gilbert Conan, Charlotte de Montigny, Le livre des dĂ©serts : ItinĂ©raires scientifiques, littĂ©raires et spirituels, Robert Laffont, 2006, Collection : Bouquins, (ISBN 2221099664)
  • MichaĂ«l Martin, Michael Asher (PrĂ©face), Les plus beaux dĂ©serts de la terre, Éditions du ChĂŞne, 2004, (ISBN 2842775767)
  • Collectif, Les DĂ©serts du monde par GEO, Solar, 2002, (ISBN 2263033246)
  • ThĂ©odore Monod, DĂ©serts, Agep, 2005, (ASIN 2902634412)
  • Jacques Verdiel, Les DĂ©serts, Amalthee, 2005, (ASIN 2350270238)
  • Jean-LoĂŻc Le Quellec, Guy Barthèlemy, L’ABCdaire des dĂ©serts, Flammarion, 1999, (ISBN 2080124706)
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