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On appelle crash démographique, déclin démographique ou "hiver démographique" l'hypothèse, vérifiée en Europe et en plusieurs autres pays comme l'Iran, selon laquelle le taux de natalité, loin de se stabiliser au niveau du taux de mortalité à la fin de la transition démographique , poursuivrait momentanément sa décroissance pour se maintenir à bas niveau, accentuant le vieillissement des populations et, étant inférieur au taux de mortalité, provoquant leur diminution importante, à rythme plus ou moins rapide.
[] Origine du concept et discussionLe crash démographique est le titre d'un ouvrage de Michel Schooyans, professeur émérite de l'Université de Louvain-la-Neuve (Belgique) où il a enseigné vingt-cinq ans la philosophie politique, membre de l?Institut royal des relations internationales (Bruxelles), de l?Institut de démographie politique (Paris), et du Population Research Institute (Washington). L'inventeur de l'expression "hiver démographique" est quant à lui le recteur Gérard-François Dumont, directeur de la revue Population et Avenir, président de l?Alliance Nationale Population et Avenir, administrateur de Familles de France, Membre du Conseil national de l'information statistique et professeur à la Sorbonne. Tous deux sont aussi, au titre de leurs compétences, membres du Conseil pontifical pour la Famille et de ce fait considérés comme proches du Vatican.
A l'échelle mondiale, selon l'hypothèse la plus basse retenue par l'ONU en 2004, après une période de croissance jusque vers 2050 où elle atteindrait 9,1 milliards d'habitants, la population mondiale quant à elle se mettrait à décroître, retrouverait son niveau actuel en 2100, puis régresserait à 3 milliards (population de 1960) en 2200. Les prévisions de l'ONU sont cependant régulièrement revues à la baisse. L'ONU prévoyait ainsi pour 2050 : 11,1 Mds d'habitants (en 1973) ; 9,4 Mds (en 1996) ; 9,3 Mds (en 2000) ; 9,07 Mds (en 2004) [2]). [] Causes du crash démographiqueLa croissance démographique au XXe siècle fut inédite par son ampleur, confortant momentanément les théories du malthusianisme ou la peur du péril jaune (Jacques Decornoy, 1970), en particulier au cours des années 1970 qui connurent l'apogée de la croissance de la population mondiale.
-l' urbanisation de la population mondiale (50% d'urbains en l'an 2000), -la hausse du niveau de vie, -des changements de mentalités divers selon les cultures, -ou parfois des politiques étatiques malthusiennes.
[] La mesure actuelle du "crash démographique"Certains démographes français, se basant sur l'évolution extrèmement rapide de nombreux pays, notamment en Europe, sonnèrent l'alarme dès les années 1980, dans la lignée anti-malthusienne d' Alfred Sauvy. On compte parmi eux Jacques Dupâquier, Pierre Chaunu (spécialistes en démographie historique), Jean-François Lecaillon, Gérard-François Dumont ("L'Hiver démographique"), ou encore Michel Schooyans ("le crash démographique"). Ils furent rejoint par Raymond Aron ("« Les Européens sont en train de se suicider par dénatalité », 1983) ou par des politiques comme François Mitterrand ("« une France pauvre d?enfants dans une Europe plus pauvre encore », Lettre aux Français, 1988) ou encore Jacques Chirac ("« le recul de la natalité porte en germe la baisse de notre compétitivité», 1994).
[] Les prospectives envisagéesSelon le rapport sur la famille (2005) dirigé par Michel Godet, la masse de la population italienne sera réduite d'un tiers dans 50 ans. Dans le cas global de l'Europe , où les femmes n'ont en moyenne que 1,4 enfant par femme en 2004 (le seuil de renouvellement des générations étant de 2,1 enfants par femme), on peut modéliser selon un calcul conçu par Jacques Dupâquier : Si on prend une génération 1 de 100 personnes adultes (soit 48 femmes en âge de procréer), il faut que ces 48 femmes mettent au monde 2,1 enfants chacune afin que la génération 2 soit renouvelée et comprenne à son tour 48 x 2,1 = 100 personnes. En Europe, la fécondité d'une telle génération 1 n'assure que 1,4 enfant par femme, la génération 2 sera donc de (100/2,1) x 1,4 = 48 x 1,4 = 67 (environ) personnes. Par un rapide calcul en chaine, à fécondité constante, on peut envisager l'avenir de l'Europe pour les générations suivantes : Génération 3 = (67/2,1) x 1,4 = 45 Génération 4 = (45/2,1) x 1,4 = 30 personnes, alors que la génération 1 comprenait 100 individus.
Ce mouvement global, dont on peut donc mesurer déjà les effets en Europe, est accentué par l'espacement des générations entre elles (l'âge de la première maternité est en effet de plus en plus élevé, ce qui influe davantage à la baisse sur les taux de natalité). Ces effets démographiques, mis également en perspective par des simulations informatiques sur des pyramides des âges qui tiennent compte de l'évolution à la hausse de l' espérance de vie [4], confirment le vieillissement inéluctable précédant puis accompagnant la diminution des populations, avec ce que cela suppose de rétractation de la consommation donc de l'économie[5]. [] Les politiques envisagées pour faire face au non-renouvellement des générationsAu-delà des querelles des démographes, des politiques sont concrètement envisagées à différentes échelles pour faire face à ces évolutions qui marquent déjà les structures socio-économiques des pays européens. A l'échelle nationale, Michel Godet et Evelyn Sullerot ont fait en novembre 2005 un rapport pour le Conseil d'Analyse Economique (conseil gouvernemental) mettant en évidence les besoins d'une politique familiale tout en dénonçant une "omerta démographique" qui a aveuglé pendant longtemps les décideurs. Selon Michel Godet, ces politiques familiales, soutenues par la chambre de Front Populaire qui vota le Code de la Famille en 1939 ou par le socialiste Alfred Sauvy, ont cependant été longtemps reportées, discréditées médiatiquement à cause des politiques des dictatures européennes, depuis Vichy jusqu'à Salazar, qui avaient été natalistes. Cependant, si en effet on ne peut empêcher le vieillissement "par le haut" dû au papy-boom à venir, on peut l'éviter "par le bas" en encourageant les naissances, les femmes ayant un enfant de moins que ce qu'elles désirent, par manque d'une politique permettant de concilier travail et vie familiale. [6]. Le vieillisement suivi du crash démographique(ou déclin) européen, annonce le raport Godet/Sullerot, pourra sans doute provoquer à terme d'autres crashs de type économique (croissance économique à rebours), dont l'annonce avant-coureur médiatique est le problème des retraites.
[] Sites externesLa famille, une affaire publique, Rapport au Conseil Economique et social français, Michel Godet et Evelyn Sullerot, [7] Le livre Vert de la Commission européenne :[8] Le point de Vue du Population Council, avec simulations sur pyramides des âges : [[9]] Les indices démographiques pays par pays :[10] L'évolution à l'échelle mondiale : [11] La démographie iranienne : [12] Vieillissement européen et comblement par des migrations de populations alloctones préconisées par l'ONU : [13]
[] BibliographieLe festin de Kronos, Gérard François Dumont, Fleurus, 2002 Le crash démographique, Michel Schooyans, Le Sarment-Fayard, 1999 Les populations du monde, Gérard-Francois Dumont, Colin, 2004 Essai de prospectives démographiques, Pierre Chaunu, Fayard, 2003 Le choc de 2006, démographie, croissance, emploi, Michel Godet, Odile Jacob, 2003 L'Europe aurait besoin de 159 millions d'immigrés d'ici à 2025, in Le Monde, 6 janvier 2000. La source est wikipedia http://fr.wikipedia.org/wiki/Déclin démographique |