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La décolonisation est un processus d'émancipation des colonies par rapport aux métropoles. Elle implique le plus souvent l'accès à l'indépendance des pays colonisés. Elle est supposée avoir commencé dès 1775 en Amérique, mais c'est au lendemain de la Seconde Guerre mondiale que le terme naît, au moment où le phénomène prend une véritable ampleur mondiale avec le développement des nationalismes. Origines de la décolonisation
Cette carte, décrivant la chronologie de l'accès à l'indépendance des territoires colonisés par code de couleur, permet de percevoir les découpes par phase du processus historique de décolonisation.
Au XVIIIe siècleArticle connexe : Décolonisation des Amériques.
La guerre d'indépendance des États-Unis d'Amérique
Signature du traité de Paris, mettant fin à la guerre d'indépendance américaine (1783)
Article détaillé : Guerre d'indépendance des États-Unis d'Amérique La guerre d'indépendance d'Haïti anciennement nommée Saint-DomingueLes causesLa guerre d'indépendance est survenue, au moment de la Révolution française, à la suite :
Articles détaillés : Révolution haïtienne et Histoire de la République dominicaine.
Les conséquences
Une décolonisation d'apparence
Au XIXe siècleArticle connexe : Décolonisation des Amériques.
Indépendance des colonies ibériquesIndépendance des colonies espagnoles
Indépendance du Brésil
Aide des États-Unis
Échec des idéaux bolivariens
« Principe des nationalités »Ce principe émergea, en Europe, au XIXe siècle et se prolongea au siècle suivant avec le président américain Woodrow Wilson dans sa fameuse liste des 14 points. Application en Europe du principe des nationalitésCe principe se traduisit, en Europe, selon deux tendances :
Mais, sous ces premières formes, le principe ne concernait que les nations européennes (les nations colonisées étant présumées inaptes à se diriger elles-mêmes). Première extension du « principe des nationalités » en dehors de l'Europe, par le sionismeCette première[réf. nécessaire] extension du principe des nationalités au tiers-monde fut réalisée par le sionisme et théorisée par Theodor Herzl, qui revendiquait la renaissance d'un État juif, sur le sol d'une Palestine, où les juifs seraient majoritaires, et ne seraient donc plus à la merci des actes d'intolérance résultant des changements de gouvernants ou des caprices de la foule.
* Dans cette mesure, le mouvement sioniste se considérait comme un mouvement de décolonisation.[réf. nécessaire] Au XXe siècleÀ la différence de la plupart des décolonisations précédentes, les décolonisations du XXe siècle vont profiter aux indigènes et non aux colons. Le premier ébranlement de la suprématie militaire européenne
La décolonisation soviétique
Aussi cette autonomie reconnue aux anciennes colonies du Tsar, allait-elle devenir un modèle pour certains patriotes des nations colonisées à travers le monde, tels que le futur « Ho Chi Minh ». La politique panarabe du Royaume-Uni
Modalités de la décolonisationLa décolonisation s'est traduite par 3 possibilités d'option : L'assimilation
C'est pourquoi les milieux colonialistes n'ont jamais cessé de demander la suppression du décret Crémieux, et d'attaquer les patriotes musulmans qui demandaient un texte semblable, c’est-à-dire l'accès à l'égalité et au droit de vote pour leurs coreligionnaires.
L'autonomie interneLa reconnaissance de compétences propres
L'autonomie interne des Dominions
La fédéralisation de l'ancien empire russe
Certaines minorités européennes ont arraché par la force leur indépendance (Finlandais, Baltes, Polonais) ou leur rattachement à un autre état (la Moldavie, roumaine jusqu'en 1940). D'autres ont connu une tentative d'indépendance brève et tumultueuse. L'Ukraine, disputée entre indépendantistes, Russes blancs, anarchistes makhnistes, Polonais et Bolcheviks, a fini par revenir à ces derniers. Dans le Caucase, c'est la menace turque qui a incité les Arméniens et les Géorgiens à revenir dans le giron russe. Dans toutes les régions périphériques, l'Armée rouge a pu s'appuyer sur des communistes locaux qui n'étaient souvent que des modernistes anti-féodaux, les forces traditionnelles (grands propriétaires et religieux) étant plutôt contre-révolutionnaires. L'Union des républiques socialistes soviétiques est une confédération de républiques, théoriquement égales en droit et où les langues et autonomies nationales sont reconnues. En fait, les organes essentiels (Parti unique, police politique, économie planifiée) sont étroitement centralisés depuis Moscou. Le régime soviétique impose des bouleversements en partie modernisateurs (alphabétisation, droits des femmes) mais impose aussi des choix économiques contestables (monoculture du coton en Asie centrale) et mène souvent une politique de terreur (collectivisation des terres dans les années 1930, déportation de peuples entiers, Tatars de Crimée, Tchétchènes, etc., en 1945). Dans les années 1980, le système apparaît fragilisé par l'effondrement économique, par la guerre d'Afghanistan et par l'écart démographique croissant entre les républiques européennes (à faible natalité) et les républiques asiatiques (à natalité forte). Cependant, ce n'est pas la révolte des colonisés, mais la chute du pouvoir central soviétique en 1991 qui entraîne l'éclatement du dernier empire colonial européen. L'indépendance
Indépendance obtenue par étapesL'indépendance par étapes a le plus souvent été obtenue en faisant passer le pays décolonisé, par un (ou plusieurs) stade(s) d'autonomie interne.
Répartition des territoires coloniaux en 1920; l'Empire britannique a su préserver son influence en responsabilisant ses vice-royaumes.
Indépendance sans transitionCe fut le cas du Congo (également connu sous le nom de Zaïre), dont le roi des Belges annonça à l'improviste, en 1959, sa décision de le décoloniser dans un délai d'un an.
C'est dans ces circonstances que le Congo fut livré à une sanglante anarchie, puis à la longue dictature corrompue de Mobutu.
Indépendance arrachée par la force
Guerre d'indépendance du Viêt-Nam
La guerre s'internationalisa en 1949, lorsque les communistes chinois, ayant atteint la frontière de l'Indochine, apportèrent une aide directe au Viêt-Minh. Les Américains initialement favorables au Viet-Minh, soutinrent financièrement la France.
Voir aussi : Guerre d'Indochine et Guerre du Viêt Nam Guerre d'indépendance de l'Algérie
Article détaillé : Guerre d'Algérie Guerre d'indépendance de l'AngolaLes colonies portugaises, l'Angola et le Mozambique, accèdent à l'indépendance au terme de guérillas interminables en 1974, après la révolution des œillets qui renverse le régime salazariste. Dans le cas de l'Angola c'est l'insurrection du mouvement « Unita » de Joseph Savimbi, le seul véritablement indigène (et le seul qui ait véritablement combattu les forces portugaises). Ainsi a-t-il obligé la population portugaise de métropole, qui refusait la guerre, à soutenir le putsch de ses officiers rebelles contre le gouvernement salazariste. Ainsi le succès de ces derniers a-t-il permis de mettre fin au conflit. À noter que l'indépendance de l'Angola a été confisquée par les métis de Luanda, dont l'un, apparenté à l'amiral salazariste Coutinho, s'est fait transmettre le pouvoir par celui-ci lors de l'indépendance. Alors, les métis, incapables de vaincre seuls l'Unita, ont dû faire appel, grâce aux revenus du pétrole, aux anciens gendarmes katangais de Tchoumbé, puis à l'armée régulière cubaine, pour briser, au prix de longues années de guerre, les véritables résistants angolais. Causes de la décolonisation
La situation des colonies dans le monde en 1936, trois ans avant la grande déflagration mondiale.
L'ébranlement des empires coloniaux sous la Seconde Guerre mondialeLa Seconde Guerre mondiale entraîna une énorme perte de prestige pour les puissances coloniales : L'image de leur invincibilité y fut très atteinte, en raison des victoires allemandes puis japonaises. En outre, pendant la guerre, Britanniques et Français ont eu besoin des colonies et ont multiplié les promesses d'émancipation, à commencer par celle de l'Inde britannique.[réf. nécessaire] Certes, en 1944 lors de la conférence de Brazzaville, la France préconisa plutôt l'assimilation, sous la forme de l'accession par degrés des indigènes à la citoyenneté, plutôt que l'autonomie des colonies ou leur indépendance. Mais si l'on considère que cette conférence réunissait essentiellement des gouverneurs des colonies, il faut admettre qu'elle a tout de même été émancipatrice. En outre, il faut savoir que le CFLN et l'Assemblée consultative d'Alger, prêts à aller très loin pour défendre la souveraineté française, contre les Allemands et vis-à-vis des Américano-britanniques, ne se reconnaissaient pas le droit de renoncer à la moindre parcelle du territoire français, remettant les décisions de cet ordre aux futures instances démocratiquement élues de la France après la libération. Après 1945, l'opinion politique mit d'ailleurs très longtemps à évoluer en France, malgré la guerre d'Indochine, la révolte de Madagascar et la guerre d'Algérie. L'influence des diverses chartes internationales
Situation des colonies en 1945, au sortir de la Dernière guerre : la décolonisation va s'opérer avec l'effacement des anciennes métropoles au profit des deux superpuissances de la guerre froide en devenir, qui transfèreront leur opposition via leur influence sur ces nouveaux pays indépendants, nonobstant l'affirmation ultérieure d'un « troisième bloc » des non-alignés.
L'opinion internationale, elle, fut de plus en plus favorable à la décolonisation, sous l'influence de la Charte de l'Atlantique du 14 août 1941, par laquelle Roosevelt et Churchill reconnaissent le droit de tous les peuples à l'autodétermination, de l'ONU, de la Déclaration universelle des droits de l'homme. Le renversement de position des mouvements de penséeLes Églises qui avaient joué un rôle important dans l'œuvre de colonisation, tant par l'envoi de ses missionnaires, que par le déclenchement d'expéditions militaires pour les protéger lorsqu'ils étaient persécutés, ont commencé à renoncer à leurs positions colonialistes, pour prendre la défense des indigènes.[réf. nécessaire] Cela était déjà arrivé sporadiquement aux siècles précédents, notamment par les interventions de Las Casas ou des jésuites du Paraguay. Mais après la Seconde Guerre mondiale, cette orientation a tendu à se généraliser, en même temps que des prélats indigènes ont progressivement accédé aux fonctions de haut rang auparavant monopolisées par les Européens. Les intellectuels, étaient encore en majorité favorables à la colonisation, avant la guerre de 1939-45. L'œuvre coloniale de la France apportant la civilisation aux peuples déshérités était l'un des thèmes incontournables des discours sur la colonisation. Mais à la suite du choc produit par l'effondrement de la France et du Royaume-Uni en 1940, le point de vue des indigènes a été moins méconnu par les intellectuels. Ceux-ci se sont dès lors montrés de plus en plus réservés ou carrément hostiles, parallèlement au développement des idéologies socialistes dans les métropoles, surtout après la Seconde guerre mondiale. La force exemplaire de chaque nouvelle indépendance sur les colonisésL'accession à l'indépendance de toute une série de nouveaux pays encouragea les mouvements politiques anti-colonialistes dans tous les pays d'outremer non encore indépendants: En 1946, Philippines, en 1947, Union indienne et Pakistan, en 1948, Birmanie et Ceylan, etc. C'est particulièrement l'accession à l'indépendance de l'Empire des Indes, promise en pleine guerre par le Royaume-Uni, qui a impressionné les opinions des pays encore colonisés ou colonisateurs. L'Inde britannique, connue par les romans de Rudyard Kipling et par de nombreux films, ainsi que par sa surface imposante sur les cartes des manuels scolaires, était imaginée comme un pilier de la colonisation. Si le Royaume-Uni victorieuse qui dominait les mers l'abandonnait, comment imaginer que les colonies des autres pays pourraient être conservées ? La division de cet Empire en deux États séparés, l'Union indienne, dont la population était en majorité de religion brahmaniste, et le Pakistan peuplé principalement de musulmans, qui avaient accédé séparément à l'indépendance démontrait que la décolonisation n'avait pas que des avantages : Elle s'était en effet traduite par de terribles massacres des exodes massifs, et avait laissé subsister de terribles tensions, et de nombreux problèmes non résolus. Mais les massacres semblaient éloignés et seul subsistait l'image colossale des nouveaux États indépendants. Les mouvements coloniaux militaient, les uns pour l'indépendance, PPA de Messali en Algérie, Viet Minh et Daï-Viet en Indochine, les autres pour l'autonomie, UDMA de Ferhat Abbas en Algérie, RDA d'Félix Houphouët-Boigny en Afrique noire française, etc., etc. C'est souvent, en accédant à la conscience politique et en retournant contre les pays colonisateurs leurs propres valeurs, que ces mouvements, allaient développer de la sympathie pour leur action dans les opinions métropolitaines. Le coût des empires coloniauxLa prise de conscience du coût élevé pour l'économie des empires coloniaux européens, qui sera appelé plus tard complexe hollandais, a beaucoup pesé sur les puissances coloniales.[réf. nécessaire] En effet, suite à la perte de l'Indonésie, les Pays-Bas ont connu un réinvestissement des capitaux coloniaux dans leur économie ainsi que le redéploiement des dépenses publiques sur la métropole néerlandaise. Il est ainsi apparu dès le milieu des années 1950 que la perte de l'Indonésie, loin d'être une catastrophe pour l'économie néerlandaise, fut au contraire favorable. En France, Raymond Cartier (voir Cartiérisme), journaliste à Paris-Match, à la fin des années 1950, estimait que les colonies coûtaient trop cher, et qu'il valait mieux financer « la Corrèze avant le Zambèze ». Il écrira :
De Gaulle dira également de la décolonisation : « c'est un fait : la décolonisation est notre intérêt et, par conséquent, notre politique ».[réf. nécessaire] On notera par exemple que la France dépensa dans ses colonies, entre 1945 et 1960, deux fois le montant reçu des États-Unis au titre du plan Marshall. La thèse du « pillage » colonial est contestée, et il est notable que le développement récent du capitalisme a exigé au contraire un abandon des colonies, un divorce à l’amiable entre les deux parties. Si un des divorcés en a largement profité, la métropole, le cas du second est plus nuancé.[réf. nécessaire] La question "raciale" et la question économique, le cas français
Selon Gerbi, si la décolonisation franco-africaine visait à perpétuer le colonialisme, c'est-à-dire l'exploitation économique des territoires français d'Afrique, que la démocratie réelle aurait entravée, son objectif secret mais fondamental était d'empêcher le métissage de la France que l'égalité politique entre métropolitains et ultramarins aurait entraîné ; l'indépendance fut imposée à l'Afrique par la métropole pour des raisons certes financières, mais aussi et avant tout civilisationnelles ou raciales. Pour y parvenir, le général de Gaulle et son gouvernement, avec la complicité de la majorité de la classe politique métropolitaine, violèrent la Constitution, en la modifiant selon des voies anticonstitutionnelles, par le biais de la loi 60-525.
Les intrigues des États tiersLe rôle de l'Allemagne et du JaponL'Allemagne, bien qu'ayant perdu toutes ses colonies après la Première Guerre mondiale fut un acteur influent dans le processus de décolonisation. En participant à la surenchère internationale que ces pays durent subir pendant la Seconde Guerre mondiale. Le régime nazi tenta grâce à la radio de saper le moral et de créer des révoltes dans les colonies. Elle tenta de se rapprocher des pays dominés par les alliés afin d'en obtenir des matières premières, et se présenta de cette manière comme une amie des colonisés. En réalité Hitler dans Mein Kampf avait clairement exprimé son mépris pour les colonisés arabes et indiens. Néanmoins la propagande nazie participa au processus de décolonisation, car en proposant plus que les métropoles, l'Allemagne encouragea les revendications à l'encontre des colonisateurs. Le Japon fit de même dans le sud-est asiatique en soutenant les autonomistes locaux. Mais ces derniers, après avoir accueilli favorablement les Nippons constatèrent rapidement le mépris dans lequel ceux-ci tenaient les autres asiatiques. Néanmoins par la constitution de gouvernements fantoches contre les Hollandais (aux Indes néerlandaises), contre les États-Unis (aux Philippines), contre le Royaume-Uni (en Malaisie et Birmanie) et contre la France (au Viêt Nam, au Cambodge, et au Laos), ils démontrèrent aux indigènes que les occidentaux avaient cessé d'être invincibles. Le rôle de l'Union soviétiqueAvec la conférence de Bakou, en 1920 déjà, les Soviétiques s'intéressèrent activement aux problèmes de la décolonisation : ils assimilaient les colonisés au prolétariat, ceux-ci étaient donc à libérer. Leur propagande portait, parce qu'ils apparaissaient comme sincères : après tout, ils avaient eux-mêmes donné l'exemple en effectuant apparemment leur propre décolonisation par la voie de l'autonomie interne, alors que d'autres pays colonisateurs comme la France en étaient bien loin. Leur appui à la décolonisation ne fut cependant pas illimité après la mort de Lénine. En effet, deux thèses s'opposèrent alors, celle de Staline, pour une consolidation de l'État soviétique, et celle de Trotsky pour une priorité à l'internationalisme. C'est Staline qui l'avait emporté, et avait dès lors concentré ses efforts sur l'Europe. Ce fut surtout après la mort de Staline (5 mars 1953) que l'URSS commença à soutenir les indépendances, avec la guerre froide. L'URSS s'opposa alors dans les pays du tiers monde à l'action des Américains. Il y eut une surenchère incessante entre ces deux pays pour obtenir le plus large contrôle, et la plus grande influence possible dans ces pays. Le rôle des États-UnisLes États-Unis sont d'anciennes colonies britanniques ce qui renforce l'idée anti-colonialistes avec par exemple Franklin Roosevelt. Symboliquement, Harry Truman lors de son discours sur l'état de l'Union de 1949 ouvrit l'ère du développement (par opposition au sous-développement caractéristique des pays colonisés) et prône l'aide. [réf. incomplète] Après ce discours, le Congrès des États-Unis adopte l'Act for International Development, et tant l'ONU que l'Europe créent des institutions de coopération. Les pressions et interventions américaines contribuèrent de manière significative à la fin des empires européens.[réf. nécessaire] Dans le cadre de la guerre froide cependant et dans un objectif de contenir la poussée communiste dans le monde, les États-Unis purent taire leurs convictions démocratiques et anticolonialistes et apporter leur soutien aux politiques de répression menées par les Européens contre les mouvements d'indépendance dans les colonies, comme lors de la Première guerre d'Indochine (1945-1954). Références
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