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La Vérité sur la neutralité de la Savoie du Nord, à propos de la déclaration de neutralité signifiée aux puissances par le Conseil fédéral suisse, le 4 août 1914 par F. Marullaz

François Marullaz
Impr. de Dubouloz
La Conférence monétaire américaine tenue à Paris du 10 au 29 août 1878. Rapport au Conseil fédéral suisse, par MM. Feer-Herzog et Lardy, délégués de la Suisse

C. Lardy
Impr. de K. J. Wyss
Genève, le commissiare de police coulin signifie à mgr mermillod le décret d'expulsion du conseil fédéral avec l'ordre de le conduire à la frontière

Daudenarde
Arrêté du Conseil fédéral concernant la perception d'un impôt fédéral sur les bénéfices de guerre : 12 janvier 1940 18 novembre 1941, compléments aux instructions sur la manière d'établir la déclaration d'impôt

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Conseil fédéral (Suisse)

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Le Conseil fédéral est l'organe exécutif de la Confédération suisse[1]. Il est formé de sept membres, élus ou réélus ? le même jour mais l'un après l'autre ? pour un mandat de quatre ans renouvelable par l'Assemblée fédérale[2]. Traditionnellement, un conseiller fédéral est réélu jusqu'à sa démission et les cas de non réélections sont extrêmement rares (quatre entre 1848 et 2008).

Chacun des membres du Conseil est responsable de l'un des sept départements de l'administration fédérale mais le conseil lui-même fonctionne selon le principe de la collégialité[3],[4],[5]. Le président de la Confédération est élu en son sein par l'Assemblée fédérale pour un an[6]. Celui-ci est un primus inter pares avec un simple rôle de représentation et l'élection se fait traditionnellement par tournus d'ancienneté entre les membres.

Sommaire

[] Histoire

Portraits du premier Conseil fédéral élu le 16 novembre 1848
Portraits du premier Conseil fédéral élu le 16 novembre 1848

Le Conseil fédéral est créé par la constitution fédérale de 1848 en tant qu'organe exécutif du nouvel État fédéral ; le premier Conseil est élu le 16 novembre par la nouvelle Assemblée fédérale pour une durée de trois ans[7]. Le fonctionnement du Conseil et de l'administration s'inspire de plusieurs modèles, qu'ils soient locaux ? l'organisation de certaines villes et cantons suisses ou le Directoire de la République helvétique, en particulier pour l'idée de collégialité ? ou étrangers comme les États-Unis pour l'organisation générale de l'administration à l'exception du système présidentiel[5]. Pendant les premières années, le fonctionnement du Conseil est basé très fortement sur la collégialité ; même si chaque conseiller est déjà à la tête de son département, les tâches sont encore suffisament simples pour permettre ce système. En 1874, la révision de la constitution entraîne un alourdissement des tâches du Conseil et force dans les faits les conseillers à se concentrer plus spécifiquement sur leur département, la collégialité restant de mise pour les décisions prises en commun.

En 1931, l'augmentation de la durée du mandat du Conseil fédéral et de l'Assemblée fédérale de trois à quatre ans est acceptée en votation populaire[8]. En 1959, le départ simultané de quatre conseillers fédéraux ouvre la voie à une redistribution des sièges au Conseil ; ce sera l'introduction de la formule magique, règle non-écrite qui attribue les sièges aux partis politiques en fonction de leur force à l'Assemblée fédérale.

Lors des discussions concernant la révision de la constitution en 1999, l'idée d'abroger la clause des cantons, qui limite les cantons à un seul représentant au Conseil fédéral est jugée trop controversée et reportée à une votation séparée[9] ; finalement, le peuple et les cantons acceptent son abrogation en février 1999[10].

Entre 1848 et 2008, le Conseil fédéral a été une institution extrêmement stable. Il fonctionne toujours, à part sur quelques points, selon le système défini dans la constitution de 1848. Du point de vue de la composition, le Conseil n'a jamais été renouvelé intégralement, garantissant une continuité sur le long terme.

À côté de cette stabilité, de nombreuses propositions de changements ont été faites au cours des années, le plus souvent sans succès. Une idée souvent mentionnée est l'élection du Conseil fédéral directement par le peuple, plutôt que par l'Assemblée fédérale ; le Parti socialiste a déposé deux initiatives allant dans ce sens mais celles-ci furent rejetées en votation les 4 novembre 1900 et 25 janvier 1942[11],[12]. Plus récemment, cette idée est revenue dans le débat public sous l'impulsion de l'Union démocratique du centre[13].

En 1996, le Conseil fédéral propose un projet concernant l'organisation du gouvernement qui aurait introduit des secrétaires d'État supplémentaires pour décharger les conseillers fédéraux. Suite à un référendum, le peuple rejette ce projet la même année, l'un des arguments avancés étant le coût induit par de nouveaux hauts-fonctionnaires[14]. En août 2008, le Parti socialiste, par la voix de son président Christian Levrat, propose l'introduction d'une procédure de destitution du Conseil fédéral, une idée qui a été accueillie froidement par les autres partis[15].

[] Composition

Composition du Conseil fédéral en 2008 de gauche à droite : Eveline Widmer-Schlumpf, Moritz Leuenberger, Micheline Calmy-Rey, Pascal Couchepin, Samuel Schmid, Doris Leuthard, Hans-Rudolf Merz et la chancelière fédérale Corina Casanova
Composition du Conseil fédéral en 2008 de gauche à droite : Eveline Widmer-Schlumpf, Moritz Leuenberger, Micheline Calmy-Rey, Pascal Couchepin, Samuel Schmid, Doris Leuthard, Hans-Rudolf Merz et la chancelière fédérale Corina Casanova

À partir du 1er janvier 2008, le Conseil fédéral est composé des membres suivants, par ordre d'ancienneté :

[] Élections

L'élection du Conseil fédéral a lieu tous les quatre ans, au mois de décembre, juste après le renouvellement intégral de l'Assemblée fédérale[18] ou après l'annonce d'une démission ou le décès d'un conseiller en poste. Tout citoyen ou citoyenne suisse éligible au Conseil national peut être élu[19] et il n'y a pas besoin de se déclarer candidat préalablement. L'Assemblée fédérale vote à bulletins secrets sur plusieurs tours ; n'importe quel candidat peut recevoir des voix lors deux deux premiers tours ; si aucun d'entre eux n'obtient la majorité absolue, celui qui a obtenu le plus petit nombre de voix est retiré de la liste pour les tours suivants, jusqu'à l'élection du vainqueur.

Si certaines élections se déroulent sans surprise, comme l'élection au premier tour de la démocrate-chrétienne Doris Leuthard, unique candidate officielle en 2006, d'autres font l'objet de longues discussions et marchandages entre différents partis, en particulier pendant la nuit précédent l'élection, souvent surnommée « nuit des longs couteaux Â»[20] ; l'issue est souvent incertaine jusqu'au dernier moment et les coups de théâtre ne sont pas rares[21].

Avant l'élection, le parti qui revendique le siège vacant selon la « formule magique Â» propose généralement un candidat officiel mais il arrive fréquemment que ces candidatures ne soient pas acceptées par l'Assemblée fédérale, le cas le plus spectaculaire remontant à 1973 où trois candidats officiels sont écartés, les autres partis cherchant alors un candidat leur convenant mieux, comme ce fut le cas par exemple avec les non élections des socialistes Lilian Uchtenhagen en 1983 et Christiane Brunner en 1993. Pour prévenir un tel désaveu, les partis ont tendance à présenter plusieurs candidats, offrant ainsi un choix minimum aux parlementaires. La première double candidature fut celle des démocrates du centre Leon Schlumpf et Werner Martignoni en 1979, suivie de nombreux autres « tickets Â», parfois masculin-féminin (Pascal Couchepin et Christiane Langenberger en 1998) ou uniquement féminin (Ruth Metzler-Arnold et Rita Roos en 1999, Micheline Calmy-Rey et Ruth Lüthi en 2002).

Le phénomène des candidatures multiples a pour effet d'augmenter le nombre de tours de scrutins. Alors qu'entre 1962 et 1987, les élus le sont au premier tour, seuls Kaspar Villiger et Doris Leuthard sont désignés dans ces conditions au cours des vingt dernières années. Adolf Ogi, Hans-Rudolf Merz et Eveline Widmer-Schlumpf sont désignés au deuxième tour, Ruth Dreifuss et Christoph Blocher au quatrième tour, Moritz Leuenberger, Pascal Couchepin et Micheline Calmy-Rey au cinquième tour et Joseph Deiss ainsi que Samuel Schmid au sixième tour.

Depuis 1848, cinq personnes ont refusé leur élection :

Christiane Brunner, non élue en 1993
Christiane Brunner, non élue en 1993

[] Démissions et non réélections

Une fois qu'un conseiller fédéral a été élu pour un mandat de quatre ans, la loi ne prévoit aucune possibilité de lui retirer sa charge, que ce soit par le peuple, l'Assemblée fédérale (par exemple sous la forme d'une motion de censure) ou la justice. Un conseiller peut être réelu de façon indéfinie et il a été historiquement rare pour l'Assemblée fédérale de ne pas réélire un conseiller en fonction ; cela n'est arrivé que 4 fois :

En pratique, les conseillers restent la plupart du temps en fonction jusqu'à ce qu'ils désirent se retirer, en général après trois à cinq mandats. Un certain nombre de démissions ont été forcées à la suite du rejet en votation populaire d'un projet du conseiller :

D'autres conseillers ont été poussés à la démission en raison du contexte politique :

Marcel Pilet-Golaz, un conseiller contesté
Marcel Pilet-Golaz, un conseiller contesté
  • 22 mars 1934 : démission inopinée de Jean-Marie Musy (conservateur fribourgeois) à cause du désaccord qui le séparait d'Edmund Schulthess (radical) sur la politique économique et financière ;
  • 31 décembre 1944 : démission de Marcel Pilet-Golaz (radical vaudois). Après la capitulation de la France (Seconde Guerre mondiale), il a tenu, en tant que président de la Confédération, un discours faisant clairement allusion à un « ordre nouveau Â» et à une démocratie « plus autoritaire Â». Il a par la suite refusé de s'expliquer sur ses sympathies envers les gouvernements fascistes ;
  • 28 novembre 1966 : démission de Paul Chaudet (radical vaudois). Le chef du Département militaire perd, à la suite de l'affaire des avions Mirage, l'appui des radicaux qui ne veulent pas le proposer à la vice-présidence du Conseil fédéral et désirent lever cette hypothèque avant les élections de 1967 ;
  • 12 janvier 1989 : démission d'Elisabeth Kopp (radicale zurichoise) un mois après son élection à la vice-présidence du Conseil fédéral. En tant que ministre de la justice, elle a adressé un coup de fil à son mari, le mettant en garde par rapport à des affaires douteuses dans lesquelles il a probablement été impliqué. Le substitut du procureur de la Confédération l'a ensuite soupçonnée d'avoir violé le secret de fonction dans l'affaire Sakarchi Trading SA, une accusation dont elle sera blanchie par le Tribunal Fédéral en 1990[22].

[] Représentativité

La loi ne fixe que peu de critères sur la représentativité des membres du Conseil. Jusqu'en 1999, un canton ne pouvait avoir qu'un seul représentant au Conseil fédéral mais, devant la difficulté de l'application de cette règle, elle fut modifiée pour une règle plus générale indiquant que les différentes régions et communautés linguistiques devaient être équitablement représentées.

Au delà de ce critère légal, toute une série de règles non écrites ont de l'importance au moment d'élire un nouveau conseiller fédéral et le choix des candidats dépend de leur parti, langue et canton d'origine, de la parité homme-femme, rendant certaines fois difficile le choix d'un candidat idéal.

[] Régions

Photo officielle 2008
Photo officielle 2008

L'origine géographique cantonale et linguistique des candidats joue un rôle déterminant, bien que non précisément défini. Le Conseil fédéral ne doit pas seulement être représentatif des forces politiques en présence mais également des minorités linguistiques ou culturelles : Suisse romande (minorité francophone), Tessin (minorité italophone) mais aussi Suisse orientale (en dehors des grands centres urbains comme Zurich), Suisse centrale, etc. ainsi que, officieusement, des deux religions majoritaires (catholiques et protestants). Ce rééquilibrage des ensembles linguistiques en présence est d'ailleurs l'une des principales justifications de l'élection du Conseil fédéral par l'Assemblée fédérale : en cas d'élection par le peuple sans clause régionale, la majorité alémanique serait en mesure d'élire la totalité des conseillers fédéraux.

Jusqu'en 1999, la constitution interdit l'élection de plus d'un conseiller fédéral par canton. Le lieu d'origine puis le lieu de domicile sont les critères déterminants. Cette règle sera contournée par les déménagements « administratifs Â» de dernière minute de plusieurs candidats tels que Ruth Dreifuss ou Gilles Petitpierre[9],[23]. Devant les difficultés d'application, ce critère est supprimé lors de la votation du 7 février 1999. Il est ainsi possible d'élire deux membres d'un même canton (par exemple les Zurichois Moritz Leuenberger et Christoph Blocher entre 2003 et 2007), la constitution ne prévoyant que « les diverses régions et les communautés linguistiques doivent être équitablement représentées au Conseil fédéral[24] Â».

[] Parité homme-femme

Investiture de la première conseillère fédérale Elisabeth Kopp en 1984
Investiture de la première conseillère fédérale Elisabeth Kopp en 1984

Longtemps absentes du Conseil fédéral car privées du droit de vote et d'éligibilité au niveau fédéral jusqu'en 1971, les femmes prennent progressivement dès 1984 une place de plus en plus importante au Conseil fédéral : d'une en 1984 à deux en 1999, elles sont finalement trois depuis le 1er janvier 2008, atteignant ainsi la parité hommes-femmes effective si l'on tient compte de la chancelière de la Confédération, fonction tenue par une femme depuis 2000, qui prend part aux réunions hebdomadaires du Conseil fédéral.

La première candidate officielle sera Lilian Uchtenhagen, l'une des premières femmes élues au Conseil national en 1971, présentée par le Parti socialiste pour le remplacement de Willi Ritschard en 1983. Toutefois, les radicaux, refusant de se faire imposer la première femme au Conseil fédéral, feront élire le socialiste Otto Stich à sa place le 7 décembre 1983[20].

Dans la foulée, suite à la démission inattendue de Rudolf Friedrich pour raisons de santé, les radicaux font élire Elisabeth Kopp le 2 octobre 1984, faisant d'elle la première femme élue au Conseil fédéral. En décembre 1988, quelques jours après son élection à la vice-présidence, une controverse éclate au sujet d'informations qu'elle aurait transmises à son mari Hans Kopp au sujet de problèmes d'une société dont il est administrateur. Elle démissionne le 12 décembre, tout d'abord pour fin février 1989, puis avec effet immédiat le 12 janvier 1989[22].

Depuis les années 1990, la question de la parité homme-femme au Conseil fédéral revient sur le devant de la scène à chaque élection de l'un de ses membres. En janvier 1993, à la suite du retrait de René Felber, le Parti socialiste désigne la Genevoise Christiane Brunner comme candidate unique ; le 3 mars, l'Assemblée fédérale lui préfère cependant le Neuchâtelois Francis Matthey, répétant le scénario qui s'était déroulé dix ans plus tôt. Après une semaine, Francis Matthey refuse son élection, cas unique au XXe siècle, et les socialistes présentent alors une double candidature formée de Christiane Brunner et Ruth Dreifuss ; le 10 mars, Ruth Dreifuss est élue au troisième tour de scrutin après le retrait de Christiane Brunner. En 1999, Ruth Dreifuss devient la première femme présidente de la Confédération[25].

Durant cette année présidentielle, une deuxième femme, la démocrate-chrétienne Ruth Metzler-Arnold est élue mais sa non réélection et la non élection de Christine Beerli en 2003 soulèvent un tollé au sein des milieux féministes. Ruth Dreifuss est remplacée par Micheline Calmy-Rey en 2003 et, le 1er août 2006, Doris Leuthard est élue au premier tour en remplacement de Joseph Deiss. Dès le 1er janvier 2008, une troisième femme siège au Conseil fédéral avec l'arrivée d'Eveline Widmer-Schlumpf en remplacement du conseiller sortant Christophe Blocher, non réélu.

[] Partis : vers la « formule magique Â»

Icône de détail Article détaillé : Formule magique (Suisse).

L'idée de la « formule magique Â», introduite le 17 décembre 1959 ? deux socialistes, deux radicaux, deux démocrates-chrétiens et un démocrate du centre ? implique tout à la fois une certaine idée de représentation proportionnelle des principaux groupes parlementaires au gouvernement et un accord sur les questions essentielles.

Le Conseil fédéral élu en 1848 n'était composé que de radicaux, conséquence de la majorité radicale à l'Assemblée fédérale ; au sortir de la Guerre du Sonderbund, ceux-ci n'étaient pas enclins à accepter de conservateurs (issus de l'actuel Parti démocrate-chrétien) au sein du Conseil. En 1891, la démission surprise d'Emil Welti, en raison du refus par le peuple de l'achat par la Confédération des grandes lignes nationales de chemin de fer, pousse l'Assemblée fédérale à élire un candidat de compromis, le conservateur Joseph Zemp[26]. En 1919, le scrutin proportionnel est introduit au Conseil national et le démocrate-chrétien Jean-Marie Musy est élu au Conseil. En 1929, les socialistes présentent leur première candidature mais c'est l'agrarien (actuelle Union démocratique du centre) Rudolf Minger qui est élu[27] ; le premier socialiste sera Ernst Nobs, élu en 1943 après le succès de ce parti, devenu le premier parti du pays aux élections fédérales[28] ; cette présence sera toutefois de courte durée puisque son successeur, Max Weber, démissionne en 1953 suite au rejet par le peuple de son projet de réforme de la fiscalité, renvoyant les socialistes dans l'opposition, et laissant leur siège au radical Hans Streuli.

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En 1959, quatre conseillers fédéraux se retirent, laissant la porte ouverte à une réorganisation de la composition du Conseil. À l'instigation de Martin Rosenberg, secrétaire général du Parti conservateur-chrétien social, les sièges sont attribués en fonction de la force électorale des partis, soit deux pour les radicaux (65 parlementaires élus), les conservateurs (64 élues) et les socialistes (53 élus) et un pour les démocrates du centre (27 élus). C'est la naissance de la « formule magique Â»[29],[30].

De 1959 à 2003, la composition partisane du Conseil fédérale reste inchangée mais les démocrates du centre, qui deviennent le premier parti de Suisse aux élections fédérales de 1999, réclament un deuxième siège. Le 10 décembre 2003, la conseillère fédérale sortante Ruth Metzler-Arnold n'est pas réélue et l'un des sièges démocrate-chrétiens passe entre les mains du démocrate du centre Christoph Blocher, indiquant l'adaptation de la formule magique au nouveau paysage politique[31]. À partir de 2008, on trouve donc au Conseil fédéral :

  • deux membres du Parti socialiste (PSS) ;
  • deux membres de l'Union démocratique du centre (UDC)[32] ;
  • deux membres du Parti radical-démocratique (PRD) ;
  • un membre du Parti démocrate-chrétien (PDC).
Répartition des sièges par parti
16 novembre 1848 1er janvier 1892 2 juillet 1917 1er janvier 1920 1er janvier 1930 1er janvier 1944 1er janvier 1955 1er janvier 1960 1er janvier 2004
Rad. UDC
Rad. Soc. Rad. Soc.
Rad.
Rad. PDC Soc.
Rad. PDC UDC
Rad.
Rad. Lib. PDC

Périodiquement, à l'occasion de crises politiques, la formule magique est remise en question, en particulier par une partie du Parti socialiste qui menace alors de quitter le gouvernement[20]. D'autres propositions d'aménagement se font jour pour combattre les ruptures de collégialité toujours plus nombreuses : engagement des candidats sur un programme politique minimum, élection groupée des sept conseillers fédéraux et non plus l'un après l'autre, etc. Au vu de l'augmentation des tâches du Conseil fédéral, certains proposent également une augmentation du nombre de conseillers fédéraux.

[] Fonctionnement

Le Conseil fédéral est l'« autorité directoriale et exécutive suprême de la Confédération Â»[1]. Sur le plan intérieur, il dirige les affaires qui sont hors des domaines de compétence des cantons, tels que la défense, et établit le budget et le compte d'État fédéraux. Sur le plan international, il décide de la politique étrangère et représente la Suisse à l'étranger. Du point de vue législatif, il s'occupe des avants-projets de lois fédérales, procédures de consultations et autres activités faisant partie de la phase préliminaire de la procédure législative ; il rédige ensuite les projets de loi et d'arrêtés fédéraux qu'il soumet à l'Assemblée fédérale. Dans le cadre de son activité exécutive, il édicte les ordonnances nécessaires et veille à l'application du droit.

Le Conseil fédéral se réunit en séance ordinaire une fois par semaine, le mercredi matin, et les séances sont présidées par le président de la Confédération. Le chancelier de la Confédération participe également aux séances, mais avec voix consultative uniquement. Les objets soumis à discussion (2 000 à 2 500 par années au total) sont préparés par les divers départements ou par la chancellerie ; les décisions sont ensuite prises si possible par consensus, sans vote ; dans tous les cas, le détail des discussions et des votes est confidentiel. En vertu du principe de collégialité, les décisions prises par le Conseil sont ensuite défendues par tous les membres, quel que soit leur avis personnel sur le sujet[33].

[] Chancellerie

Icône de détail Article détaillé : Chancellerie fédérale (Suisse).

Le chancelier de la Confédération, qui est l'équivalent d'un secrétaire général du gouvernement, est souvent cité comme le huitième conseiller fédéral et fait partie de la photo du Conseil publiée chaque année. L'actuelle chancelière de la Confédération est la démocrate-chrétienne Corina Casanova depuis le 1er janvier 2008.

[] Administration fédérale

Icône de détail Article détaillé : Administration fédérale (Suisse).

[] Vie des conseillers

Les conseillers fédéraux reçoivent un salaire d'environ 400 000 francs par année[34]. Les conseillers qui quittent leurs fonctions après au moins quatre ans d'activités reçoivent une retraite équivalente à la moitié du salaire d'un conseiller en fonction[35].

[] Notes et références

  1. ? a? b? Constitution fédérale de la Confédération suisse (Cst.), RS 101, art. 174.
  2. ? Constitution, RS 101, art. 175.
  3. ? Constitution, RS 101, art. 177.
  4. ? Constitution, RS 101, art. 178.
  5. ? a? b? Collégialité en français, allemand et italien dans le Dictionnaire historique de la Suisse en ligne.
  6. ? Constitution, RS 101, art. 176.
  7. ? Constitution du 12 septembre 1848, art. 83.
  8. ? Votation populaire du 15 mars 1931, Arrêté fédéral concernant la revision des articles 76, 96, 1er et 3e alinéas, et 105, 2e alinéa, de la constitution (durée du mandat du Conseil national, du Conseil fédéral et du chancelier de la Confédération).
  9. ? a? b? 24 heures, "Clause des cantons: les Etats reculent pour mieux sauter", 1er mai 1998.
  10. ? Arrêté fédéral concernant la modification des conditions d'éligibilité au Conseil fédéral, 7 février 1999.
  11. ? Initiative populaire 'Election du Conseil fédéral par le peuple et augmentation du nombre des membres de cette autorité', 4 novembre 1900.
  12. ? Initiative populaire 'Election du Conseil fédéral par la peuple et augmentation du nombre des membres', 25 janvier 1942.
  13. ? Stéphane Zindel. "Un mode de scrutin «unique au monde». Le Temps, 6 décembre 2003.
  14. ? Votation 9 juin 1996 sur la Loi sur l'organisation du gouvernement et de l'administration
  15. ? D.S. Miéville. "Christian Levrat s'embrouille dans la responsabilité du Conseil fédéral". Le Temps, 5 août 2008.
  16. ? Le 21 juin 2008, 225 délégués de la section bernoise de l'UDC, dont Monsieur Schmid est membre, décident de faire scission pour former le Bürgerlich-Demokratische Partei, formant ainsi la seconde section après celle des Grisons de ce qui devrait devenir le Bürgerlich-Demokratische Partei Schweiz. Samuel Schmid confirme dans une déclaration vouloir adhérer au nouveau parti (article Swissinfo consulté le 29 juin 2008), ce qui est fait le 5 juillet (article SF consulté le 19 juillet 2008).
  17. ? Le 1er juin 2008, la section grisonne de l'UDC, dont Madame Eveline Widmer-Schlumpf est membre, est exclue de l'UDC suisse. Le 16 juin, les délégués de la section décident de changer de nom pour prendre celui de Bürgerliche Partei Schweiz, formant ainsi la première section de ce qui devrait devenir le Bürgerlich-Demokratische Partei Schweiz. Article Swissinfo consulté le 29 juin 2008.
  18. ? Constitution, RS 101, art. 175 al. 2.
  19. ? Constitution, RS 101, art. 175 al. 3.
  20. ? a? b? c? Ron Hochuli. "La nuit des longs couteaux, la seule, la vraie. Le Temps, 27 juillet 2007.
  21. ? Voir par exemple le récit de la non-réélection de Christoph Blocher: Chantal Tauxe, "Pourquoi Christoph Blocher est tombé, L'Hebdo, 14 décembre 2007.
  22. ? a? b? D.S. Miéville. "La chute de la première conseillère fédérale. Le Temps, 28 juillet 2007.
  23. ? Tribune de Genève, "La clause cantonale ménagée au Conseil des Etats", 23 septembre 1998.
  24. ? Constitution, RS 101, art. 175 al. 4.
  25. ? Bernard Wuthrich. "Les sept jours de folie qui ont précédé l'élection inattendue de Ruth Dreifuss". Le Temps, 3 août 2007.
  26. ? Denis Masmejan. Joseph Zemp, l'homme de la paix des braves. Le Temps, 12 juillet 2007.
  27. ? Bernard Wuthrich. Le père de l'UDC a son site internet posthume!. Le Temps, 17 juillet 2007.
  28. ? Bernard Wuthrich. La fausse entrée du PS au gouvernement. Le Temps, 21 juillet 2007.
  29. ? Philippe Miauton. Et la formule magique fut. Le Temps, 24 juillet 2007.
  30. ? Formule magique en français, allemand et italien dans le Dictionnaire historique de la Suisse en ligne.
  31. ? D.S. Miéville Ruth Metzler, chronique d'une tragédie annoncée. Le Temps, 13 août 2007.
  32. ? Les deux conseillers fédéraux élus sous les couleurs de l'UDC ne sont plus reconnus par ce dernier. Ils appartiennent à partir de juin 2008 à des partis issus de scissions de l'UDC au niveau de leurs cantons respectifs.
  33. ? La Confédération en bref 2008, 43.
  34. ? Ordonnance de l?Assemblée fédérale concernant les traitements et la prévoyance professionnelle des magistrats, RS 172.121.1, art. 1.
  35. ? Ordonnance de l?Assemblée fédérale concernant les traitements et la prévoyance professionnelle des magistrats, RS 172.121.1, art. 3.

[] Bibliographie

[] Liens internes

[] Liens externes



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