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Cheikh Anta Diop

Nom de naissance Seex Anta J√?¬≥ob (en wolof)
Naissance 29 d√?¬©cembre 1923
Thieytou
D√?¬©c√?¬®s 7 f√?¬©vrier 1986 (√?¬† 63 ans)
Dakar
Nationalit√?¬© S√?¬©n√?¬©gal S√?¬©n√?¬©gal
Profession historien
anthropologue
Formation doctorat en sciences sociales (Universit√?¬© de Paris)
sp√?¬©cialisation en physique nucl√?¬©aire (laboratoire de chimie nucl√?¬©aire du Coll√?¬®ge de France)

Cheikh Anta Diop (n√?¬© le 29 d√?¬©cembre 1923 √?¬† Thieytou - mort le 7 f√?¬©vrier 1986 √?¬† Dakar) est un historien, anthropologue et homme politique s√?¬©n√?¬©galais. Il a mis l'accent sur l'apport de l'Afrique et en particulier de l'Afrique noire √?¬† la culture et √?¬† la civilisation mondiales. Ses th√?¬®ses restent aujourd'hui contest√?¬©es, et sont peu reprises dans la communaut√?¬© scientifique1,2,3. Si une grande partie de ses th√?¬®ses, en particulier au sujet de l'√?¬?gypte antique, sont consid√?¬©r√?¬©es comme d√?¬©pourvues de fondements solides, Cheikh Anta Diop a toutefois eu un ind√?¬©niable r√?¬īle de visionnaire en ce qui concerne la place de l'Afrique dans l'histoire. Sa vision peut en effet √?¬™tre interpr√?¬©t√?¬©e comme une anticipation des d√?¬©couvertes arch√?¬©ologiques majeures des ann√?¬©es 2000 sur le continent africain que ce soit Kerma ou, beaucoup plus ancien, Blombos.

L'homme et l'√?¬?uvre

Cheikh Anta Diop est n√?¬© le 29 d√?¬©cembre 1923 √?¬† Thieytou, dans le d√?¬©partement de Bambey, r√?¬©gion de Diourbel (S√?¬©n√?¬©gal). Sa famille est d'origine artistocratique wolof. √?¬? l'√?¬Ęge de 23 ans, il part pour Paris afin d'√?¬©tudier la physique et la chimie mais se tourne aussi vers l'histoire et les sciences sociales. Il suit en particulier les cours de Gaston Bachelard et de Fr√?¬©d√?¬©ric Joliot-Curie4. Il adopte un point de vue sp√?¬©cifiquement africain face √?¬† la vision de certains auteurs de l'√?¬©poque selon laquelle les Africains sont des peuples sans pass√?¬©.

En 1951, Diop pr√?¬©pare sous la direction de Marcel Griaule une th√?¬®se de doctorat √?¬† l'Universit√?¬© de Paris, dans laquelle il affirme que l'√?¬?gypte antique √?¬©tait peupl√?¬©e d'Africains noirs5, et que la langue et la culture √?¬©gyptiennes se sont ensuite diffus√?¬©es dans l'Afrique de l'Ouest. Il ne parvient pas dans un premier temps √?¬† r√?¬©unir un jury mais, d'apr√?¬®s Dou√?¬© Gnonsoa, sa th√?¬®se rencontre un √?¬ę grand √?¬©cho √?¬Ľ sous la forme d'un livre, Nations n√?¬®gres et culture, publi√?¬© en 19546. Il obtiendra finalement son doctorat en 1960. Il poursuit dans le m√?¬™me temps une sp√?¬©cialisation en physique nucl√?¬©aire au laboratoire de chimie nucl√?¬©aire du Coll√?¬®ge de France. Diop met √?¬† profit sa formation pluridisciplinaire pour combiner plusieurs m√?¬©thodes d'approche.

Il s'appuie sur des citations d'auteurs anciens comme H√?¬©rodote7 et Strabon pour illustrer sa th√?¬©orie selon laquelle les √?¬?gyptiens anciens pr√?¬©sentaient les m√?¬™mes traits physiques que les Africains noirs d'aujourd'hui (couleur de la peau, aspect des cheveux, du nez et des l√?¬®vres). Son interpr√?¬©tation de donn√?¬©es d'ordre anthropologique (comme le r√?¬īle du matriarcat) et arch√?¬©ologique l'am√?¬®ne √?¬† conclure que la culture √?¬©gyptienne est une culture n√?¬®gre. Sur le plan linguistique, il consid√?¬®re en particulier que le wolof, parl√?¬© aujourd'hui en Afrique occidentale, est phon√?¬©tiquement apparent√?¬© √?¬† la langue √?¬©gyptienne antique.

Lorsqu'il obtient son doctorat en 1960, il revient au S√?¬©n√?¬©gal enseigner comme ma√?¬ģtre de conf√?¬©rences √?¬† l'universit√?¬© de Dakar (depuis rebaptis√?¬©e universit√?¬© Cheikh-Anta-Diop, UCAD)8. Il y obtiendra en 1981 le titre de professeur. Mais d√?¬®s 1966, il cr√?¬©e au sein de cette universit√?¬© de Dakar le premier laboratoire africain de datation des fossiles arch√?¬©ologiques au radiocarbone6, en collaboration avec celui du Commissariat fran√?¬ßais √?¬† l'√?¬©nergie atomique (CEA) de Gif-sur-Yvette. Il y effectue des tests de m√?¬©lanine sur des √?¬©chantillons de peau de momies √?¬©gyptiennes, dont l'interpr√?¬©tation permettrait, selon Diop, de confirmer les r√?¬©cits des auteurs grecs anciens sur la m√?¬©lanodermie des anciens √?¬?gyptiens9.

Dans les ann√?¬©es 1970, Diop participe au comit√?¬© scientifique qui dirige, dans le cadre de l'UNESCO, la r√?¬©daction d'une Histoire g√?¬©n√?¬©rale de l'Afrique. Pour la r√?¬©daction de cet ouvrage, il participe en 1974 au Colloque international du Caire o√?¬Ļ il confronte les m√?¬©thodes et r√?¬©sultats de ses recherches avec ceux des principaux sp√?¬©cialistes mondiaux. √?¬? la suite de ce colloque international, Diop r√?¬©dige un chapitre sur √?¬ę L'origine des anciens √?¬?gyptiens √?¬Ľ, et G. Mokhtar, professeur √?¬† l'universit√?¬© du Caire r√?¬©dige le chapitre sur √?¬ę L'√?¬?gypte pharaonique √?¬Ľ. √?¬? la suite du chapitre 1, est publi√?¬© un compte-rendu des d√?¬©bats lors du colloque10 qui mentionne l'accord des sp√?¬©cialistes √ʬ?¬? √?¬† l'exception de l'un d'entre eux √ʬ?¬? sur les √?¬©l√?¬©ments apport√?¬©s par Cheikh Anta Diop et Th√?¬©ophile Obenga au sujet du peuplement de l'√?¬?gypte ancienne. Cependant, il est pr√?¬©cis√?¬© que √?¬ę de nombreuses objections ont √?¬©t√?¬© faites aux propositions du professeur Diop ; elles r√?¬©v√?¬®lent l'√?¬©tendue d'un d√?¬©saccord qui est demeur√?¬© profond √?¬Ľ. Si, pour le professeur Jean Vercoutter, √?¬ę l'√?¬?gypte √?¬©tait africaine dans son √?¬©criture, dans sa culture et dans sa mani√?¬®re de penser √?¬Ľ, la communaut√?¬© scientifique reste n√?¬©anmoins partag√?¬©e sur la nature du peuplement de l'√?¬?gypte ancienne.

Par ailleurs, d√?¬®s 1947, Diop s'est engag√?¬© politiquement en faveur de l'ind√?¬©pendance des pays africains et de la constitution d'un √?¬?tat f√?¬©d√?¬©ral en Afrique. √?¬ę Jusqu'en 1960, il lutte pour l'ind√?¬©pendance de l'Afrique et du S√?¬©n√?¬©gal et contribue √?¬† la politisation de nombreux intellectuels africains en France. Entre 1950 et 1953, il est secr√?¬©taire g√?¬©n√?¬©ral des √?¬©tudiants du Rassemblement d√?¬©mocratique africain (RDA)11 et d√?¬©nonce tr√?¬®s t√?¬īt, √?¬† travers un article paru dans La Voix de l'Afrique noire, l'Union fran√?¬ßaise, qui, √?¬ę quel que soit l'angle sous lequel on l'envisage, appara√?¬ģt comme d√?¬©favorable aux int√?¬©r√?¬™ts des Africains √?¬Ľ. Poursuivant la lutte sur un plan plus culturel, il participe aux diff√?¬©rents congr√?¬®s des artistes et √?¬©crivains noirs et, en 1960, il publie ce qui va devenir sa plate-forme politique : Les fondements √?¬©conomiques et culturels d'un futur √?¬?tat f√?¬©d√?¬©ral en Afrique noire12. √?¬Ľ

Selon Dou√?¬© Gnonsoa, Diop sera l'un des principaux instigateurs de la d√?¬©mocratisation du d√?¬©bat politique au S√?¬©n√?¬©gal, o√?¬Ļ il animera l'opposition institutionnelle au r√?¬©gime de L√?¬©opold S√?¬©dar Senghor, √?¬† travers la cr√?¬©ation de partis politiques (le FNS en 1961, le RND en 1976), d'un journal d'opposition (Siggi, renomm√?¬© par la suite Taxaw) et d'un syndicat de paysans. Sa confrontation, au S√?¬©n√?¬©gal, avec le chantre de la n√?¬©gritude serait l'un des √?¬©pisodes intellectuels et politiques les plus marquants de l'histoire contemporaine de l'Afrique noire13.

Cheikh Anta Diop meurt dans son sommeil √?¬† Dakar, le 7 f√?¬©vrier 1986. Avec Th√?¬©ophile Obenga et Asante Kete Molefe, il est consid√?¬©r√?¬© comme l'un des inspirateurs du courant √?¬©pist√?¬©mologique de l'afrocentricit√?¬©. En 1966, lors du premier Festival mondial des Arts n√?¬®gres de Dakar, Diop a √?¬©t√?¬© distingu√?¬© comme √?¬ę l'auteur africain qui a exerc√?¬© le plus d'influence sur le XXe si√?¬®cle14 √?¬Ľ.

Le 8 f√?¬©vrier 2008, le ministre de la Culture du S√?¬©n√?¬©gal Mame Biram Diouf inaugure un mausol√?¬©e perp√?¬©tuant la m√?¬©moire du chercheur √?¬† Thieytou, son village natal o√?¬Ļ il repose15. Ce mausol√?¬©e figure sur la liste des sites et monuments class√?¬©s du S√?¬©n√?¬©gal16.

L'universit√?¬© de Dakar porte le nom d'universit√?¬© Cheikh-Anta-Diop (UCAD) depuis mars 1987.

La th√?¬©orie historiographique de Cheikh Anta Diop

Cheikh Anta Diop a rassembl√?¬© les r√?¬©sultats de ses travaux dans le dernier ouvrage qu'il ait publi√?¬© avant son d√?¬©c√?¬®s, intitul√?¬© Civilisation ou barbarie, anthropologie sans complaisance17, o√?¬Ļ il expose sa th√?¬©orie historiographique, tout en tentant de r√?¬©pondre aux principales critiques que son √?¬?uvre a suscit√?¬©es chez les historiens et √?¬ę √?¬©gyptologues de mauvaise foi √?¬Ľ18.

Ant√?¬©riorit√?¬© des civilisations n√?¬®gres

Selon Diop19, l'Homme (Homo sapiens) est apparu sous les latitudes tropicales de l'Afrique, dans la r√?¬©gion des Grands Lacs. La cha√?¬ģne d'hominisation africaine est la seule qui soit compl√?¬®te, la plus ancienne et la plus prolifique. Ailleurs on trouve actuellement encore des fossiles humains repr√?¬©sentant des maillons √?¬©pars d'une s√?¬©quence d'hominisation incertaine.

Diop pose que les premiers Homo sapiens devaient √?¬™tre probablement de ph√?¬©notype noir, parce que, selon la r√?¬®gle de Gloger, les √?¬™tres vivants originaires des latitudes tropicales s√?¬©cr√?¬®tent plus de m√?¬©lanine dans leur √?¬©piderme, afin de se prot√?¬©ger des rayonnements solaires. Ce qui leur conf√?¬®re une carnation aux nuances les plus sombres (ou les moins claires). Pour lui, pendant des mill√?¬©naires, il n√ʬ?¬?y a eu d'hommes sur terre que des √?¬ę N√?¬®gres19 √?¬Ľ, nulle part ailleurs dans le monde qu'en Afrique, o√?¬Ļ les plus anciens ossements d'hommes √?¬ę modernes √?¬Ľ d√?¬©couverts ont plus de 150 000 ans20 ; tandis qu'ailleurs les plus vieux fossiles humains (ex. Proche-Orient) ont environ 100 000 ans.

Selon G√?¬ľnter Br√?¬§uer, les fossiles humains sont d'autant plus anciens qu'ils se trouvent en Afrique, au c√?¬?ur de l'Afrique. Tandis qu'ils sont d'autant plus r√?¬©cents qu'ils se trouvent hors et loin de l'Afrique21. D'apr√?¬®s Yves Coppens, aucune exception n'a encore √?¬©t√?¬© apport√?¬©e √?¬† cette r√?¬®gle de coh√?¬©rence de la th√?¬©orie √?¬ę Out of Africa √?¬Ľ, qui reste la seule √?¬† pr√?¬©senter un si haut degr√?¬© de stabilit√?¬©22.

Si l'Afrique est le √?¬ę berceau de l'humanit√?¬© √?¬Ľ, alors, selon Diop, les plus anciens ph√?¬©nom√?¬®nes civilisationnels ont d√?¬Ľ n√?¬©cessairement avoir eu lieu sur ce continent23. Selon Nathalie Michalon, n√?¬© en Afrique24, l'homme y exp√?¬©rimente les plus anciennes techniques culturelles avant d'aller conqu√?¬©rir la plan√?¬®te, pr√?¬©cis√?¬©ment gr√?¬Ęce √?¬† elles. C'est ainsi que l'Afrique est l'un des endroits au monde (avec la M√?¬©sopotamie et la Chine) o√?¬Ļ la fabrication d'outils (lithiques), la poterie, la s√?¬©dentarisation, la domestication, l'agriculture, la cuisson, etc. sont attest√?¬©es et notamment dans le site de Nabta Playa25.

Selon Diop26, comme l'Afrique a une superficie approximative de trente millions de kilom√?¬®tres carr√?¬©s, on imagine que la seule hominisation de tout cet espace a d√?¬Ľ prendre plusieurs mill√?¬©naires. En sorte que les fossiles/ph√?¬©nom√?¬®nes humains de la moiti√?¬© sud de l'Afrique sont g√?¬©n√?¬©ralement plus anciens que ceux de sa moiti√?¬© nord. Selon un Bulletin de l'IFAN, cette immensit√?¬© g√?¬©ographique du premier environnement d'Homo sapiens, compte tenu de sa grande diversit√?¬© climatique, a eu pour autre cons√?¬©quence de diff√?¬©rencier tr√?¬®s t√?¬īt l'humanit√?¬© africaine, des points de vue ph√?¬©notypique et morphologique26.

Au bout de plusieurs autres mill√?¬©naires, des colonies humaines auraient √?¬©migr√?¬© dans les r√?¬©gions limitrophes de l'Afrique, l√?¬† o√?¬Ļ sont attest√?¬©s les plus anciens fossiles humains apr√?¬®s ceux de l'Afrique, c'est-√?¬†-dire en Asie m√?¬©ridionale et en Europe m√?¬©ridionale. La principale cause naturelle des premi√?¬®res migrations humaines r√?¬©siderait dans les √?¬©volutions climatiques : en la succession de p√?¬©riodes pluvieuses et de s√?¬©cheresses en Afrique, correspondant respectivement √?¬† des p√?¬©riodes de glaciation et/ou de pr√?¬©cipitations dans ses contr√?¬©es limitrophes, en Europe m√?¬©ridionale et au Proche-Orient. Selon Diop, Homo sapiens aurait suivi, dans les premiers temps, la disponibilit√?¬© naturelle des ressources alimentaires (animales et v√?¬©g√?¬©tales) au gr√?¬© des conjonctures climatiques ; en empruntant toujours les voies naturelles de sortie de l'Afrique (Sicile, Italie du Sud, isthme de Suez, d√?¬©troit de Gibraltar)27. Selon le site internet Hominides.com, les catalyseurs culturels de cette migration consisteraient dans la ma√?¬ģtrise du feu28, permettant de vivre dans des contr√?¬©es temp√?¬©r√?¬©es, et, selon Diop, l'invention de la navigation29, permettant de traverser de vastes √?¬©tendues aquatiques.

Selon Th√?¬©ophile Obenga, jusqu'√?¬† la premi√?¬®re moiti√?¬© du XXe si√?¬®cle, cette perspective historiographique de Diop est aux antipodes de ce qui est commun√?¬©ment diffus√?¬©30 depuis Hegel, Hume, Kant, Rousseau, Hobbes, Marx, Weber, Renan, etc., en sorte que son Nations n√?¬®gres et culture serait le premier ouvrage de cette envergure √?¬† √?¬©tudier l'histoire de l'Afrique ant√?¬©rieure aux traites n√?¬©gri√?¬®res arabe et europ√?¬©enne, dans les temps les plus anciens. Toujours selon Obenga, Diop introduit une profondeur diachronique qu'il n'y avait pas ; √?¬† la diff√?¬©rence radicale des travaux ethnologiques ou anthropologiques g√?¬©n√?¬©ralement anhistoriques30. √?¬ę Le livre le plus audacieux qu'un n√?¬®gre ait jamais √?¬©crit √?¬Ľ, en dira Aim√?¬© C√?¬©saire dans son Discours sur le colonialisme.

L'√?¬?gypte comme une civilisation n√?¬©gro-africaine

L'√?¬©gyptologie √?¬ę afrocentr√?¬©e √?¬Ľ est un domaine de recherche initi√?¬© par Cheikh Anta Diop, o√?¬Ļ l'on √?¬©tudie la civilisation de l'√?¬?gypte ancienne en partant du postulat qu'elle est une civilisation n√?¬©gro-africaine. En effet, selon Diop, la civilisation √?¬©gyptienne serait une civilisation √?¬ę n√?¬®gre √?¬Ľ.

Par ses habitants

Auteurs anciens

Diop rapporte que selon H√?¬©rodote, Aristote, Strabon et Diodore de Sicile - qui furent tous des t√?¬©moins oculaires des √?¬?gyptiens anciens √?¬† l'√?¬©poque o√?¬Ļ ceux-ci vivaient encore, contrairement aux √?¬©gyptologues depuis Champollion jusqu'√?¬† nos jours qui n'ont pu, tout au plus, qu'√?¬©tudier des momies √?¬©gyptiennes - les √?¬?gyptiens avaient la peau √?¬ę noire et les cheveux cr√?¬©pus √?¬Ľ31. Il signale √?¬©galement l'opinion du comte de Volney32, pour qui les Coptes √?¬ę ont le visage bouffi, l'√?¬?il gonfl√?¬©, le nez √?¬©cras√?¬©, la l√?¬®vre grosse ; en un mot, un vrai visage de Mul√?¬Ętre. J'√?¬©tais [c'est √?¬©videmment Volney qui parle √?¬† la 1re personne] tent√?¬© de l'attribuer au climat, lorsque ayant √?¬©t√?¬© visiter le Sphinx, son aspect me donna le mot de l'√?¬©nigme. En voyant cette t√?¬™te caract√?¬©ris√?¬©e N√?¬®gre dans tous ses traits [il s'agit bien s√?¬Ľr de la t√?¬™te du Sphinx, t√?¬™te qui est √?¬† l'effigie d'un pharaon de l'Ancien Empire], je me rappelai ce passage remarquable d'H√?¬©rodote, o√?¬Ļ il dit : Pour moi, j'estime que les Colches sont une colonie des √?¬?gyptiens, parce que, comme eux, ils ont la peau noire et les cheveux cr√?¬©pus : c'est-√?¬†-dire que les anciens √?¬?gyptiens √?¬©taient de vrais N√?¬®gres de l'esp√?¬®ce de tous les naturels d'Afrique ; et d√?¬®s lors, on explique comment leur sang, alli√?¬© depuis plusieurs si√?¬®cles √?¬† celui des Romains et des Grecs, a d√?¬Ľ perdre l'intensit√?¬© de sa premi√?¬®re couleur, en conservant cependant l'empreinte de son moule originel. √?¬Ľ. D'autres auteurs, comme Mubabinge Bilolo, reprendront et d√?¬©velopperont cet argument.

La plupart des √?¬©gyptologues occidentaux[Lesquels ?] contestent cette th√?¬®se en se basant sur les milliers de repr√?¬©sentations humaines figurant dans les tombes ou les temples d'√?¬©poque pharaonique : lorsque les √?¬?gyptiens y font figurer d'autres peuples, comme les Syriens, les Libyens, ils leur donnent d'autres traits et d'autres v√?¬™tements (les Syriens portent la barbe et une robe, par exemple). Or ils ont maintes fois repr√?¬©sent√?¬© les Noirs du Soudan, le pays de Kouch, avec des traits africains et une peau noire, alors qu'ils se repr√?¬©sentaient eux-m√?¬™mes avec une peau claire et des traits proches de ceux des √?¬?gyptiens modernes.

Kemet
Article d√?¬©taill√?¬© : Kemet.

Selon Cheikh Anta Diop, par l'expression Kemet, les √?¬?gyptiens se seraient d√?¬©sign√?¬©s dans leur propre langue comme un peuple de √?¬ę N√?¬®gres √?¬Ľ33.

√?¬? l'appui de sa th√?¬®se, il invoque une graphie √?¬ę insolite34 √?¬Ľ de km.t montrant un homme et une femme assis, graphie traduite par √?¬ę les √?¬?gyptiens √?¬Ľ, mais que l'√?¬©gyptologue afrocentrique Alain Anselin traduit comme √?¬ę une collectivit√?¬© d'hommes et de femmes noirs35 √?¬Ľ. On n'en conna√?¬ģt qu'une seule occurrence36, dans un texte litt√?¬©raire du Moyen Empire.

En √?¬©gyptien ancien, Kemet s'√?¬©crit avec comme racine le mot km, √?¬ę noir √?¬Ľ, dont Diop pense qu'il est √?¬† l'origine √?¬©tymologique de √?¬ę la racine biblique kam √?¬Ľ. Pour lui, les traditions juive et arabe classent g√?¬©n√?¬©ralement l'√?¬?gypte comme un des pays de Noirs37. En outre, selon Diop, le morph√?¬®me km a prolif√?¬©r√?¬© dans de nombreuses langues n√?¬©gro-africaines o√?¬Ļ il a conserv√?¬© le m√?¬™me sens de √?¬ę noir, √?¬™tre noir √?¬Ľ ; notamment dans sa langue maternelle, le wolof, o√?¬Ļ khem signifie √?¬ę noir, charbonner par exc√?¬®s de cuisson √?¬Ľ, ou en pulaar, o√?¬Ļ kembu signifie √?¬ę charbon √?¬Ľ.

Selon la plupart des √?¬©gyptologues occidentaux, si l'√?¬?gypte √?¬©tait appel√?¬©e le √?¬ę pays noir √?¬Ľ √?¬† l'√?¬©poque pharaonique, c'√?¬©tait par r√?¬©f√?¬©rence √?¬† la couleur de la terre[r√?¬©f. n√?¬©cessaire], fertile car irrigu√?¬©e par le Nil, qui se diff√?¬©renciait du d√?¬©sert environnant, de couleur sable ou jaune.

Tests de m√?¬©lanine

Selon Cheikh Anta Diop, les proc√?¬©d√?¬©s √?¬©gyptiens de momification ne d√?¬©truisent pas l'√?¬©piderme au point de rendre impraticables les diff√?¬©rents tests de la m√?¬©lanine permettant de conna√?¬ģtre leur pigmentation. Au contraire, eu √?¬©gard √?¬† la fiabilit√?¬© de tels tests, il s'√?¬©tonne qu'ils n'aient pas √?¬©t√?¬© g√?¬©n√?¬©ralis√?¬©s sur les momies disponibles. Sur des √?¬©chantillons de peau de momie √?¬©gyptienne √?¬ę pr√?¬©lev√?¬©s au laboratoire d'anthropologie physique du mus√?¬©e de l'Homme √?¬† Paris √?¬Ľ, Cheikh Anta Diop a r√?¬©alis√?¬© des coupes minces, dont l'observation microscopique √?¬† la lumi√?¬®re ultraviolette lui fait √?¬ę classer indubitablement les anciens √?¬?gyptiens parmi les Noirs √?¬Ľ38.

Par sa langue

L'argument linguistique de Diop comporte deux volets39. D'une part, il essaie de prouver que l'√?¬©gyptien ancien n'appartient pas √?¬† la famille afroasiatique40. D'autre part, il tente d'√?¬©tablir positivement la parent√?¬© g√?¬©n√?¬©tique de l'√?¬©gyptien ancien avec les langues n√?¬©gro-africaines contemporaines41.

Ainsi, d'apr√?¬®s Diop et Obenga, les langues n√?¬©gro-africaines contemporaines et l'√?¬©gyptien ancien ont un anc√?¬™tre linguistique commun, dont la matrice th√?¬©orique (ou √?¬ę anc√?¬™tre commun pr√?¬©dialectal √?¬Ľ) aurait √?¬©t√?¬© reconstitu√?¬©e par Obenga, qui l'a baptis√?¬©e √?¬ę n√?¬©gro-√?¬©gyptien √?¬Ľ.

La langue maternelle de Cheikh Anta Diop est le wolof, et il apprend l'√?¬©gyptien ancien lors de ses √?¬©tudes d'√?¬©gyptologie, ce qui, selon Diop, lui aurait permis de voir concr√?¬®tement qu'il y avait des similitudes entre les deux langues42. Il a donc tent√?¬© de v√?¬©rifier si ces similitudes √?¬©taient fortuites, emprunt√?¬©es ou filiales.

Diop observe une √?¬ę loi de correspondance √?¬Ľ entre n en √?¬©gyptien et l en wolof. Il observe √?¬©galement que, en pr√?¬©sence d'un morph√?¬®me ayant une structure nd en √?¬©gyptien, on rencontre g√?¬©n√?¬©ralement un morph√?¬®me √?¬©quivalent en wolof de structure ld. Le sp√?¬©cialiste de la linguistique historique Ferdinand de Saussure a √?¬©tabli que ce type de correspondances r√?¬©guli√?¬®res n'est presque jamais fortuit en linguistique, et que cela a force de √?¬ę loi √?¬Ľ phonologique, dite sound law43.

Pour Diop, la structure consonantique du mot √?¬©gyptien (nd) est la m√?¬™me que celle du mot wolof (ld), sachant que souvent les voyelles ne sont pas graphi√?¬©es en √?¬©gyptien, m√?¬™me si elles sont prononc√?¬©es. Cela veut dire, selon lui, que, l√?¬† o√?¬Ļ l'on note a pour l'√?¬©gyptien, il est possible de rencontrer une toute autre voyelle dans le morph√?¬®me wolof √?¬©quivalent. Dans ce cas la correspondance ne serait approximative qu'en apparence, car c'est la phon√?¬©tisation (la prononciation) de l'√?¬©gyptien selon les r√?¬®gles de prononciation s√?¬©mitiques qui serait erron√?¬©e. Bien entendu, une telle loi ne se d√?¬©duit pas de deux ou trois exemples, elle suppose l'√?¬©tablissement de s√?¬©ries lexicales exhaustives, comme on en trouve dans les ouvrages d√?¬©di√?¬©s de Diop44. La m√?¬©thodologie de comparaison de Diop est rejet√?¬©e par des linguistes modernes, comme Russell Schuh45.

Par la culture spirituelle

Cosmogonie

Selon Cheikh Anta Diop46, la comparaison des cosmogonies √?¬©gyptiennes avec les cosmogonies africaines contemporaines (Dogon, Ashanti, Agni, Yoruba47, etc.) montre une similitude radicale qui t√?¬©moigne selon lui d'une commune parent√?¬© culturelle. Il avance une similitude du Dieu-Serpent dogon et du Dieu-Serpent √?¬©gyptien, ou encore celle du Dieu-Chacal dogon incestueux et du Dieu-Chacal √?¬©gyptien incestueux. L'auteur invoque √?¬©galement les isomorphies Noun/Nommo, Amon/Ama ; de m√?¬™me que la similitude des f√?¬™tes des semailles et autres pratiques cultuelles agraire ou cycliques.

Tot√?¬©misme

Le totem est g√?¬©n√?¬©ralement un animal consid√?¬©r√?¬© comme une incarnation de l'anc√?¬™tre primordial d'un clan. √?¬? ce titre, ledit animal (ou parfois un v√?¬©g√?¬©tal) fait l'objet de tabous qui d√?¬©terminent des attitudes cultuelles sp√?¬©cifiques au clan, qu'on d√?¬©signe par le terme de tot√?¬©misme. Selon Diop48, cette institution et les pratiques cultuelles aff√?¬©rentes sont attest√?¬©es en √?¬?gypte tout comme dans les autres cultures √?¬ę n√?¬©gro-africaines √?¬Ľ.

Circoncision et excision

Selon Diop49, les √?¬?gyptiens pratiquaient la circoncision d√?¬®s la p√?¬©riode pr√?¬©dynastique. Se fondant sur un t√?¬©moignage d'H√?¬©rodote dans Euterpe, il pense que cette institution se serait diffus√?¬©e aux populations s√?¬©mitiques depuis l'√?¬?gypte. Elle est attest√?¬©e dans d'autres cultures √?¬ę n√?¬©gro-africaines √?¬Ľ, notamment chez les Dogons o√?¬Ļ elle est le pendant de l'excision. Ainsi, pour Diop, circoncision et excision sont des institutions duelles de sexuation sociale ; celles-ci r√?¬©sulteraient des mythes cosmogoniques de l'androgynie originelle de la vie, en particulier de l'humanit√?¬© (il cite l'exemple de l'androgynie d'Amon-R√?¬Ę). L'excision demeure pratiqu√?¬©e en √?¬?gypte moderne (elle fut m√?¬™me combattue r√?¬©cemment par Suzanne Moubarak)

Par sa sociologie

Royaut√?¬© sacr√?¬©e

Selon Josep Cervello Autuori, la royaut√?¬© √?¬©gyptienne emporte une dimension sacerdotale comme ailleurs en Afrique noire50. Mais, selon Diop51, un trait encore plus singulier commun aux souverains traditionnels africains consiste en √?¬ę la mise √?¬† mort rituelle du roi √?¬Ľ52. Cette pratique serait attest√?¬©e, notamment chez les Yorouba, Haoussa, Dagomba, Tchambas, Djoukons, Igara, Songhoy, Shillouks. Selon Diop, les √?¬?gyptiens auraient √?¬©galement pratiqu√?¬© le r√?¬©gicide rituel, qui serait devenu progressivement symbolique, √?¬† travers la f√?¬™te-Sed, un rite de revitalisation de la royaut√?¬©53.

Matriarcat

Pour Diop54, le matriarcat est au fondement de l'organisation sociale √?¬ę n√?¬©gro-africaine √?¬Ľ. Aussi serait-il attest√?¬© comme tel en √?¬?gypte ancienne : aussi bien √?¬† travers le matronymat que par la distribution matrilin√?¬©aire des pouvoirs publics.

Stratification sociale

Selon Diop55, la soci√?¬©t√?¬© √?¬©gyptienne ancienne √?¬©tait structur√?¬©e hi√?¬©rarchiquement de la m√?¬™me fa√?¬ßon que les autres soci√?¬©t√?¬©s √?¬ę n√?¬©gro-africaines √?¬Ľ anciennes. Du bas de l'√?¬©chelle socioprofessionnelle en montant, la stratification sociale se composerait de :

  • paysans,
  • ouvriers sp√?¬©cialis√?¬©s, appel√?¬©s √?¬ę castes √?¬Ľ ailleurs en Afrique noire,
  • guerriers, pr√?¬™tres, fonctionnaires,
  • Roi sacr√?¬©, appel√?¬© √?¬ę Pharaon √?¬Ľ en √?¬©gyptologie.

Par sa culture mat√?¬©rielle

Les plus vieux ustensiles et techniques de chasse, p√?¬™che, agriculture attest√?¬©s en √?¬?gypte sont similaires √?¬† ceux connus dans les autres r√?¬©gions de l'Afrique. De m√?¬™me que les diff√?¬©rentes coiffures et leurs significations, les cannes et sceptres royaux[r√?¬©f. n√?¬©cessaire]. Les travaux d'Aboubacry Moussa Lam sont particuli√?¬®rement d√?¬©cisifs pour ce champ de la recherche ouvert par Diop.

L'ensemble des diff√?¬©rents types d'arguments que les afrocentristes invoquent mobilise diverses disciplines scientifiques, et constitue d'apr√?¬®s eux un √?¬ę faisceau de preuves √?¬Ľ, c'est-√?¬†-dire un syst√?¬®me argumentaire global, ayant sa propre coh√?¬©rence interne qui l'√?¬©tablit comme un paradigme √?¬©pist√?¬©mologique autonome.

Toutefois, la pr√?¬©occupation de Diop consiste moins √?¬† innover en mati√?¬®re d'historiographie de l'Afrique, qu'√?¬† conna√?¬ģtre profond√?¬©ment l'histoire de l'Afrique en vue d'en tirer les enseignements utiles pour agir efficacement sur son avenir. Il ne s'agit pas davantage de s'enorgueillir pu√?¬©rilement de quelque pass√?¬© glorieux, mais de bien conna√?¬ģtre d'o√?¬Ļ l'on vient pour mieux comprendre o√?¬Ļ l'on va. D'o√?¬Ļ sa remarquable prospective politique dans Les fondements culturels, techniques et industriels d'un futur √?¬?tat f√?¬©d√?¬©ral d'Afrique noire (Pr√?¬©sence africaine, 1960) ; et son implication concr√?¬®te dans la comp√?¬©tition politique au S√?¬©n√?¬©gal, son pays natal.

Post√?¬©rit√?¬© de ses travaux

Nombre d'auteurs, tout en reconnaissant que Diop a eu le m√?¬©rite de lib√?¬©rer la vision de l'√?¬?gypte ancienne de son biais europ√?¬©ocentriste, restent partag√?¬©s sur certaines de ses conclusions. Certains chercheurs africanistes contestent l'insistance de Diop sur l'unit√?¬© culturelle de l'Afrique noire. D'autres estiment que son approche pluridisciplinaire l'am√?¬®ne √?¬† des rapprochements sommaires dans certains domaines comme la linguistique, ou que ses th√?¬®ses entrent en contradiction avec les enseignements acad√?¬©miques de l'arch√?¬©ologie et de l'histoire de l'Afrique et en particulier de l'√?¬?gypte. Ses travaux ne sont pas consid√?¬©r√?¬©s comme une source fiable par une partie des historiens actuels qui affirment qu'ils ne suscitent l'int√?¬©r√?¬™t que sur le plan de l'historiographie de l'Afrique et non sur celui de la connaissance de son pass√?¬©.

Diop lui-m√?¬™me, dans l'avant-propos de Nations n√?¬®gres et culture, ne faisait pas myst√?¬®re de la difficult√?¬© qu'il avait rencontr√?¬©e pour faire preuve de rigueur face √?¬† l'immensit√?¬© de la t√?¬Ęche √?¬† laquelle il s'√?¬©tait attel√?¬©. La remise en contexte de son √?¬?uvre incite √?¬† rappeler l'isolement de ce chercheur qui remet en cause, avec tr√?¬®s peu d'aide ext√?¬©rieure, plusieurs si√?¬®cles d'√?¬©tudes √?¬©gyptologiques, men√?¬©es par des √?¬©gyptologues de renom (Jacques-Joseph Champollion et son fr√?¬®re, ou encore Gaston Maspero) :

√?¬ę L'ensemble du travail [sa th√?¬®se et le livre qui en d√?¬©coule] n'est qu'une esquisse ou manquent toutes les perfections de d√?¬©tail. Il √?¬©tait humainement impossible √?¬† un seul individu de les y apporter : ce ne pourra √?¬™tre que le travail de plusieurs g√?¬©n√?¬©rations africaines. Nous en sommes conscients et notre besoin de rigueur en souffre [...]56. √?¬Ľ

Pour Mubabinge Bilolo, les rapprochements sommaires ne constituent pas un point n√?¬©gatif, car pour lui Diop est un pionnier qui a ouvert des perspectives, trac√?¬© des pistes de recherche et laiss√?¬© une s√?¬©rie de t√?¬Ęches pour les futures g√?¬©n√?¬©rations57.

L'√?¬?gypte, une √?¬?thiopie

L'id√?¬©e d'une √?¬?gypte ancienne noire avait d√?¬©j√?¬† √?¬©t√?¬© avanc√?¬©e par d'autres auteurs anterieurement, mais l'√?¬?uvre de Cheikh Anta Diop est fondatrice dans la mesure o√?¬Ļ elle a consid√?¬©rablement approfondi l'√?¬©tude du r√?¬īle de l'Afrique noire dans les origines de la civilisation. Elle a donn√?¬© naissance √?¬† une √?¬©cole d'√?¬©gyptologie africaine en inspirant par exemple Th√?¬©ophile Obenga, Mubabinge Bilolo et Molefi Kete Asante. Diop a particip√?¬© √?¬† l'√?¬©laboration d'une conscience africaine lib√?¬©r√?¬©e de tout complexe face √?¬† la vision europ√?¬©enne du monde. Les travaux de Cheikh Anta Diop, entre autres, ont donn√?¬© naissance √?¬† un courant historiographique dit afrocentriste. Sur le plan linguistique, il a initi√?¬© l'√?¬©tude diachronique des langues africaines et a d√?¬©frich√?¬© l'histoire africaine pr√?¬©coloniale (hors p√?¬©riode pr√?¬©-√?¬©gyptienne largement comment√?¬©e). D√?¬©sormais, le fait que l'√?¬?gypte soit une civilisation africaine n'est pas remis en cause par les √?¬©gyptologues et les preuves arch√?¬©ologiques s'accumulent m√?¬™me depuis quelques ann√?¬©es58

Linguistique historique africaine

Selon Cheikh Anta Diop59, il existe des correspondances syntaxiques, morphologiques, phonologiques et grammaticales r√?¬©guli√?¬®res entre les langues n√?¬©gro-africaines, notamment le wolof, et l'√?¬©gyptien ancien60. Il consid√?¬®re que les lois de correspondances observ√?¬©es entre √?¬©gyptien ancien et wolof n'existent pas entre √?¬©gyptien ancien et h√?¬©breu, arabe, ou berb√?¬®re.

Sa d√?¬©marche dite de √?¬ę linguistique historique africaine √?¬Ľ sera g√?¬©n√?¬©ralis√?¬©e par Th√?¬©ophile Obenga √?¬† de nombreuses autres langues n√?¬©gro-africaines, notamment le mbochi, sa langue maternelle. Oum Ndigi61 a r√?¬©alis√?¬© des √?¬©tudes similaires sur le basa62. Aboubacry Moussa Lam a travaill√?¬© dans ce sens pour le peul63. Alain Anselin a relev√?¬© de nombreuses similitudes r√?¬©guli√?¬®res en ce qui concerne la √?¬ę grammaire du verbe, du geste et du corps en √?¬©gyptien ancien et dans les langues n√?¬©gro-africaines modernes √?¬Ľ64. Ainsi, toute une √?¬©cole de linguistique historique africaine est n√?¬©e de ces recherches, dont les auteurs et la publication sont d√?¬©sormais cons√?¬©quents65. Obenga a renomm√?¬© √?¬ę n√?¬©gro-√?¬©gyptien √?¬Ľ la th√?¬©orie g√?¬©n√?¬©rale de cette linguistique historique africaine66.

Arch√?¬©ologie

Sur le site de Blombos ont √?¬©t√?¬© exhum√?¬©es les plus anciennes √?¬?uvres d'art jamais trouv√?¬©es67. Elles datent de plus de 70 000 ans. Sur le site de Kerma, les travaux du Suisse Charles Bonnet ont prouv√?¬© l'originalit√?¬© et la richesse de la civilisation de Kerma (√ʬ?¬?3000/√ʬ?¬?1500)68 par rapport √?¬† l'√?¬?gypte pharaonique.

√?¬?pigraphie

L'√?¬©gyptologue Alain Anselin a cherch√?¬© √?¬† d√?¬©montrer l'africanit√?¬© de l'√?¬©criture hi√?¬©roglyphique. Pour lui, √?¬ę si l'absence r√?¬©p√?¬©t√?¬©e des paires d'homophones n√?¬©cessaires √?¬† l'√?¬©tablissement du code hi√?¬©roglyphique dans une famille de langues donn√?¬©e rend difficile d'affirmer que cet univers linguistique puisse rendre compte de l'√?¬©laboration de l'√?¬©criture hi√?¬©roglyphique √?¬Ľ, il consid√?¬®re que le √?¬ę paradigme africain √?¬Ľ serait dot√?¬© d'un √?¬ę pouvoir explicatif √?¬Ľ plus grand, que le √?¬ę paradigme s√?¬©mitique √?¬Ľ qu'il consid√?¬®re comme biais√?¬©69. Anselin estime √?¬©galement que les hi√?¬©roglyphes photographient les milieux √?¬©cologique et soci√?¬©tal qui les ont vu na√?¬ģtre. Or, la faune et la flore des signes scripturaux √?¬©gyptiens sont, selon lui, africaines, notamment de la r√?¬©gion des Grands Lacs, au c√?¬?ur de l'Afrique et l'ichthyonomie √?¬©gyptienne pr√?¬©senterait des similitudes avec les noms de poissons dans diverses langues n√?¬©gro-africaines contemporaines[r√?¬©f. n√?¬©cessaire].

Babacar Sall rel√?¬®ve que dans la sign list de la grammaire √?¬©gyptienne d'Alan H. Gardiner70 les symboles relatifs aux instruments de la p√?¬™che et de la chasse sont particuli√?¬®rement nombreux, et estime qu'ils correspondent √?¬† des pratiques et techniques attest√?¬©es dans toute l'Afrique noire, encore de nos jours71.

Anthropologie politique

Les comparaisons de Diop entre l'institution de Pharaon et, entre autres, celle du Damel de Cayor ou du Mogho Naba du Mossi ont suscit√?¬© d'autres recherches, notamment par Alain Anselin, mais √?¬©galement Cervello Autuori. Selon ce dernier auteur, l'institution politique dite de √?¬ę la royaut√?¬© sacr√?¬©e √?¬Ľ (E. E. Evans-Pritchard, Luc de Heusch, Michel Izard) serait attest√?¬©e en √?¬?gypte comme ailleurs en Afrique ; de m√?¬™me que la pratique ancestrale du r√?¬©gicide rituel. Le Pharaon, le Mansah, le Mwene ou le Mogho Naba sont des institutions structuralement analogues : sacerdotales et en m√?¬™me temps politiques. Elles se distinguent radicalement du √?¬ę Roi √?¬Ľ72 :

√?¬ę La monarchie pharaonique fut-elle une royaut√?¬© divine africaine ? Tout d'abord, il convient de remarquer qu'en √?¬?gypte le dieu-qui-meurt est Osiris et que, comme dans le cas des rois divins africains mais √?¬† la diff√?¬©rence des autres dieux-qui-meurent d'Europe et du Proche-Orient anciens, Osiris est aussi roi (...). Comme les rois africains, Osiris est la personnification du principal aliment de la communaut√?¬©, la c√?¬©r√?¬©ale, l'orge (cf., par ex., Myst√?¬®re de la succession, sc√?¬®ne 9, 29-32 ; Textes des sarcophages, 269, 330 ; Luttes d'Horus et Seth, 14, 10 ; Textes du sarcophage d'√?¬?nkhnesn√?¬©feribr√?¬©, 256-302 ; Plutarque, Isis et Osiris, 36, 41, 65, 70 ; cf. aussi les √?¬ę Osiris v√?¬©g√?¬©tants √?¬Ľ, repr√?¬©sentations du dieu en argile dans lesquelles sont enfonc√?¬©es des graines de c√?¬©r√?¬©ale qui finissent par germer), et lui-m√?¬™me ou bien les humeurs qui √?¬©manent de son cadavre s'identifient avec le Nil ou avec les eaux f√?¬©condantes de la crue (cf. Textes des Pyramides, 39, 117, 788, 848, 1360 ; Hymne de Rams√?¬®s IV √?¬† Osiris). La capitale de l'√?¬?gypte, Memphis, est un centre qui diffuse l'abondance parce que le cadavre d'Osiris flotta dans les eaux du Nil √?¬† sa hauteur et qu'il y fut enterr√?¬© (Th√?¬©ologie memphite, 61-62, 64). C'est qu'Osiris, roi-dieu mort, dispense l'abondance pr√?¬©cis√?¬©ment dans sa condition de mort, d'√?¬™tre sacrifi√?¬© (Frankfort, 1948, chap. 2). En plus d'√?¬™tre le dieu-qui-meurt, Osiris est aussi le premier anc√?¬™tre de la royaut√?¬© (√?¬™tre individuel) et, en tant que roi mort, celui auquel s'identifient tous les rois en mourant (√?¬™tre collectif). Osiris se ressemble donc en tous aspects au roi-dieu africain. (...) Pour conclure, nous pourrions nous demander comment s'explique cette parent√?¬© et, en g√?¬©n√?¬©ral, comment s'expliquent les nombreux parall√?¬©lismes qui existent entre l'√?¬?gypte et l'Afrique. Certains auteurs ont parl√?¬© de diffusion, d'autres de convergence. Nous pr√?¬©f√?¬©rons, quant √?¬† nous, la notion de √?¬ę substrat culturel pan-africain √?¬Ľ, compris comme un patrimoine culturel commun qui aurait eu son origine √?¬† l'√?¬©poque n√?¬©olithique et dont auraient √?¬©merg√?¬©, ici et l√?¬† dans l'espace et dans le temps, les diverses civilisations africaines historiques et actuelles. √?¬Ľ

Les travaux de Diop dans ce domaine ont notamment inspir√?¬© l'ouvrage intitul√?¬© Conception bantu de l'autorit√?¬©, suivie de Baluba : Bumfumu ne BuLongolodi (Publications universitaires africaines, Munich/Kinshasa, 1994) des auteurs Kabongu Kanundowi et Bilolo Mubabinge.

Critique de ses travaux

Bien que d√?¬©monstration ait √?¬©t√?¬© faite avant les travaux de Diop que l'√?¬©gyptien n'appartient pas au groupe s√?¬©mitique des langues afroasiatiques, il n'en r√?¬©sulte pas n√?¬©cessairement qu'elle n'appartient pas au phylum afroasiatique73. Ainsi, le linguiste comparatiste A. Loprieno74 notamment75 rel√?¬®ve les caract√?¬©ristiques communes √?¬† l'√?¬©gyptien et aux autres langues afroasiatiques : entre autres la pr√?¬©sence de racines bi- et trilit√?¬®res, constantes dans les th√?¬®mes verbaux et nominaux qui en d√?¬©rivent ; la fr√?¬©quence de consonnes glottales et laryngales, la plus caract√?¬©ristique √?¬©tant l'occlusive laryngale √?¬Āayn ; le suffixe f√?¬©minin * -at ; le pr√?¬©fixe nominal m- ; le suffixe adjectival √ʬ?¬?i (le nisba arabe). √?¬? la Conf√?¬©rence internationale de Toulouse (septembre 2005), Alain Anselin, quant √?¬† lui, √?¬ę a d√?¬©livr√?¬© une communication portant sur les noms de nombres en √?¬©gyptien ancien o√?¬Ļ il consid√?¬®re deux courants d'influence, l'un tchado-√?¬©gyptien, l'autre √?¬©gypto-s√?¬©mitique √?¬Ľ76. La parent√?¬© g√?¬©n√?¬©tique de l'√?¬©gyptien ancien avec les langues n√?¬©gro-africaines contemporaines est pareillement contest√?¬©e par certains philologues et lexicologues. Ainsi, Henry Tourneux, sp√?¬©cialiste des langues africaines (mbara, fulfulde, munjuk, kotoko√ʬ?¬¶) et membre de l'unit√?¬© mixte de recherche Langage, Langues et Cultures d'Afrique noire (CNRS)77, observe que √?¬ę la co√?¬Įncidence de trois langues non contigu√?¬ęs √?¬Ľ ne garantit pas √?¬ę le caract√?¬®re commun, √?¬ę n√?¬©gro-√?¬©gyptien √?¬Ľ, d'un mot √?¬Ľ : en effet, il ne suffit pas qu'un fait linguistique soit attest√?¬© dans deux langues non contigu√?¬ęs du √?¬ę n√?¬©gro-africain √?¬Ľ contemporain (la troisi√?¬®me langue √?¬©tant l'√?¬©gyptien ancien ou le copte) ni que les champs s√?¬©mantiques soient identiques pour que l'on ait la preuve que le fait linguistique en question rel√?¬®ve d'une hypoth√?¬©tique matrice √?¬ę n√?¬©gro-√?¬©gyptienne √?¬Ľ78.

Les critiques d'Henry Tourneux ont fait l'objet d'une r√?¬©ponse circonstanci√?¬©e de Th√?¬©ophile Obenga dans Le sens de la lutte contre l'africanisme eurocentriste79, o√?¬Ļ il estime que son contradicteur n'est pas comp√?¬©tent en mati√?¬®re de linguistique historique comparative, ni m√?¬™me sp√?¬©cialiste de la langue √?¬©gyptienne. En effet, Henry Tourneux est √?¬ę sp√?¬©cialiste des langues tchadiques et de la lexicographie peule80 √?¬Ľ. Par ailleurs, d'apr√?¬®s Obenga, aucun linguiste sp√?¬©cialiste de linguistique historique n'a encore contest√?¬© ses travaux ni ceux de Diop, particuli√?¬®rement en ce qui concerne la r√?¬©gularit√?¬© des propri√?¬©t√?¬©s communes aux langues n√?¬©gro-africaines, au copte et √?¬† l'√?¬©gyptien ancien. Or, toujours selon Th√?¬©ophile Obenga, c'est tr√?¬®s pr√?¬©cis√?¬©ment cette r√?¬©gularit√?¬©, faisant force de loi linguistique, qui fonde sa th√?¬©orie g√?¬©n√?¬©rale du √?¬ę n√?¬©gro-√?¬©gyptien √?¬Ľ : des similitudes √?¬©parses, irr√?¬©guli√?¬®res entre les langues ou groupes de langues compar√?¬©es pouvant relever ou bien de co√?¬Įncidences ou √ʬ?¬? plus s√?¬Ľrement en l'esp√?¬®ce du paradigme afroasiatique √ʬ?¬? d'emprunts r√?¬©ciproques de langues dont les locuteurs sont g√?¬©ographiquement mitoyens depuis des mill√?¬©naires. Pour Obenga, le fait m√?¬™me que les langues africaines modernes ne soient pas contemporaines de l'√?¬©gyptien ancien, et que beaucoup de ces langues soient attest√?¬©es √?¬† des milliers de kilom√?¬®tres de l'√?¬?gypte, serait un argument favorable √?¬† sa th√?¬©orie linguistique du √?¬ę n√?¬©gro-√?¬©gyptien √?¬Ľ81. Toutefois les th√?¬©ories linguistiques d√ʬ?¬?Obenga ne sont pas reconnues par les enqu√?¬™tes linguistiques actuellement en cours82, on leur a reproch√?¬© leur manque de s√?¬©rieux83, et leur instrumentalisation politique84.

Sont √?¬©galement critiqu√?¬©s les tests men√?¬©s par Cheik Anta Diop relatifs √?¬† la pigmentation de l'√?¬©piderme des pharaons, qui selon lui prouverait qu'ils √?¬©taient √?¬ę Noirs √?¬Ľ. En effet, une √?¬©tude men√?¬©e sur la momie de Rams√?¬®s II, par le mus√?¬©e de l'Homme √?¬† Paris en 1976, a conclu que le pharaon √?¬©tait un √?¬ę leucoderme, de type m√?¬©diterran√?¬©en proche de celui des Amazighes africains85 √?¬Ľ.

Lors d'un colloque international organis√?¬© √?¬† Dakar du 26 f√?¬©vrier au 2 mars 1996 √?¬† l'occasion du dixi√?¬®me anniversaire de la mort de Cheikh Anta Diop86, l'anthropologue Alain Froment fit une communication ouvertement critique dans la continuit√?¬© de ses pr√?¬©c√?¬©dents travaux87. En 1996 toujours, Xavier Fauvelle a publi√?¬© un livre sur Cheikh Anta Diop con√?¬ßu comme un bilan critique88. Pour l'√?¬©gyptologue Jean Yoyotte, √?¬ę Cheik Anta Diop √?¬©tait un imposteur. Un √?¬©gyptologue incapable de lire le moindre hi√?¬©roglyphe √?¬Ľ89.

√?¬?uvres

  • Nations n√?¬®gres et culture : de l'Antiquit√?¬© n√?¬®gre √?¬©gyptienne aux probl√?¬®mes culturels de l'Afrique noire d'aujourd'hui, 1954 (ISBN 2708706888).
  • L'unit√?¬© culturelle de l'Afrique noire, 1959 (ISBN 2708704060)
  • L'Antiquit√?¬© africaine par l'image (ISBN 2708706594).
  • L'Afrique noire pr√?¬©coloniale. √?¬?tude compar√?¬©e des syst√?¬®mes politiques et sociaux de l'Europe et de l'Afrique noire de l'Antiquit√?¬© √?¬† la formation des √?¬?tats modernes (ISBN 2708704796).
  • Les fondements culturels, techniques et industriels d'un futur √?¬?tat f√?¬©d√?¬©ral d'Afrique noire, 1960 ; r√?¬©√?¬©dit√?¬© par Pr√?¬©sence africaine sous le titre Les fondements √?¬©conomiques et culturels d'un √?¬?tat f√?¬©d√?¬©ral d'Afrique Noire, 2000 (ISBN 2708705350).
  • Ant√?¬©riorit√?¬© des civilisations n√?¬®gres : mythe ou v√?¬©rit√?¬© historique ?, 1967 (ISBN 2708705628).
  • Parent√?¬© g√?¬©n√?¬©tique de l'√?¬©gyptien pharaonique et des langues n√?¬©gro-africaines, 1977.
  • Civilisation ou barbarie, 1981 (ISBN 2708703943).
  • Nouvelles recherches sur l'√?¬©gyptien ancien et les langues africaines modernes, Pr√?¬©sence africaine, Paris, 1988. Ouvrage posthume.

Notes et r√?¬©f√?¬©rences

Notes

  1. √ʬ?¬? Voir notamment le bilan des jugements port√?¬©s par la communaut√?¬© scientifique francophone effectu√?¬© dans la Revue canadienne des √?¬©tudes africaines, vol. 23, no 1, 1989, √?¬ę Hommage √?¬† Cheikh Anta Diop, 1923-1986 : un bilan critique de l'√?¬?uvre de Cheikh Anta Diop √?¬Ľ : √?¬ę Cet ouvrage (Nations n√?¬®gres et culture) a √?¬©t√?¬© favorablement accueilli par certains et s√?¬©v√?¬®rement critiqu√?¬©s par d'autres. Jean Czarnecki (1956) s'est montr√?¬© compr√?¬©hensif, de m√?¬™me, le g√?¬©ographe s√?¬©n√?¬©galais Assane Seck (1955) a invit√?¬© les sp√?¬©cialistes √?¬† analyser les th√?¬®ses d√?¬©fendues par Diop. Celles-ci sont accept√?¬©es par certains Africains et notamment par Th√?¬©ophile Obenga (1973) qui se pr√?¬©sente comme son disciple. Par contre, Raymond Mauny (1960), Jean Suret-Canale (1961), Louis-Vincent Monteil (1971, 16-17), Jean Leclant (1972), Maxime Rodinson (1972, 205-326, 558), Jean Duvignaud (1960), Louis-Vincent Thomas (1961), Maurice Houis (1980), Louis-Jean Calvet (1974) et Pierre Fougeyrollas (1977, 309) en ont fait une critique serr√?¬©e. De m√?¬™me, la sympathie de Maurice Caveing (1965) n'est pas exempte de r√?¬©serves. √?¬Ľ
  2. √ʬ?¬? Daniel F. McCall a donn√?¬© un compte rendu tr√?¬®s sceptique sur la m√?¬©thode et les conclusions d√ʬ?¬?√?¬ę Ant√?¬©riorit√?¬© des civilisations n√?¬®gres : mythe ou v√?¬©rit√?¬© historique ? √?¬Ľ dans African Historical Studies, 1-1, 1968, p. 134-135.
  3. √ʬ?¬? P.F. De Moraes Farias, √?¬ę Afrocentrism: Between Crosscultural Grand Narrative and Cultural Relativism √?¬Ľ, The Journal of African History, 44-2, 2003, p. 327-340, en particulier p. 337.
  4. √ʬ?¬? Article √?¬ę Diop Cheikh Anta √?¬Ľ du Dictionnaire de l'Afrique, par Bernard Nantet, Larousse, Paris, 2006, p. 96.
  5. √ʬ?¬? Bulletin de l'IFAN, XXIV, 3-4, 1962 : Diop pr√?¬©cise ce qu'il entend par √?¬ę n√?¬®gre √?¬Ľ, √?¬ę blanc √?¬Ľ, √?¬ę noir √?¬Ľ, √?¬ę race √?¬Ľ, qui seraient des √?¬ę donn√?¬©es imm√?¬©diates √?¬Ľ, au sens bergsonien, dont il propose des √?¬ę d√?¬©finitions op√?¬©ratoires √?¬Ľ.
  6. √ʬ?¬? a et b Dou√?¬© Gnonsoa, Cheikh Anta Diop, Th√?¬©ophile Obenga : Combat pour la Re-naissance africaine, L'Harmattan, 2003.
  7. √ʬ?¬? Diop prend plusieurs exemples. Ainsi, lorsque H√?¬©rodote veut montrer que le peuple des Colchidiens est parent√?¬®le des √?¬?gyptiens, il prend comme argument que les Colchidiens √?¬ę sont noirs, et qu'ils ont les cheveux cr√?¬©pus √?¬Ľ (Histoire, livre II sur Wikisource).
  8. √ʬ?¬? Universit√?¬© Cheikh-Anta-Diop.
  9. √ʬ?¬? Diop, in HGA tome II, chap. I, √?¬ę Test par dosage de la m√?¬©lanine √?¬Ľ : √?¬ę Quoi qu'il en soit, disons pour r√?¬©sumer que l'√?¬©valuation du taux de m√?¬©lanine par l'observation microscopique est une m√?¬©thode de laboratoire qui permet de classer indubitablement les anciens √?¬?gyptiens parmi les Noirs √?¬Ľ.
  10. √ʬ?¬? Ce rapport est publi√?¬© en annexe du tome II de l'Histoire g√?¬©n√?¬©rale de l'Afrique publi√?¬©e par l'UNESCO. On peut en lire un compte rendu d√?¬©taill√?¬© sur ankhonline.com.
  11. √ʬ?¬? L'un des fondateurs du RDA est F√?¬©lix Houphou√?¬ęt-Boigny.
  12. √ʬ?¬? √?¬ę √ʬ?¬?Redresser la t√?¬™te, se tenir debout√ʬ?¬Ě √?¬Ľ, Le Monde diplomatique, janvier 1998, p. 25.
  13. √ʬ?¬? Dou√?¬© Gnonsoa, Cheikh Anta Diop, Th√?¬©ophile Obenga : Combat pour la Re-naissance africaine, L'Harmattan, Paris, 2003.
  14. √ʬ?¬? Bernard Nantet, Dictionnaire de l'Afrique. Histoire, civilisation, actualit√?¬©, Larousse, Paris, 2006, p. 96.
  15. √ʬ?¬? AFP, √?¬ę Un mausol√?¬©e pour perp√?¬©tuer la m√?¬©moire de Cheikh Anta Diop √?¬Ľ [1].
  16. √ʬ?¬? Site du minist√?¬®re de la Culture du S√?¬©n√?¬©gal [2].
  17. √ʬ?¬? Cheikh Anta Diop, Civilisation ou barbarie, Pr√?¬©sence africaine, Paris, 1981.
  18. √ʬ?¬? Cheikh Anta Diop, Civilisation ou barbarie, Pr√?¬©sence africaine, Paris, 1981, p. 9-10 :

    √?¬ę Vers les ann√?¬©es 1820, √?¬† la veille de la naissance de l'√?¬©gyptologie, le savant fran√?¬ßais Volney, esprit universel et objectif, s'il en fut, tenta de rafra√?¬ģchir la m√?¬©moire de l'humanit√?¬© que l'esclavage r√?¬©cent du n√?¬®gre avait rendue amn√?¬©sique √?¬† l'√?¬©gard du pass√?¬© de ce peuple. Depuis, la lign√?¬©e des √?¬©gyptologues de mauvaise foi, arm√?¬©e d'une √?¬©rudition f√?¬©roce, a accompli le crime que l'on sait, en se rendant coupable d'une falsification consciente de l'histoire de l'humanit√?¬©. (...) Elle fut propag√?¬©e √?¬† grand renfort de publicit√?¬© et enseign√?¬©e √?¬† l'√?¬©chelle du globe, car elle seule disposait des moyens mat√?¬©riels et financiers de sa propre propagation. √?¬Ľ

  19. √ʬ?¬? a et b Cheikh Anta Diop, Ant√?¬©riorit√?¬© des civilisations n√?¬®gres : mythe ou v√?¬©rit√?¬© historique ?, Pr√?¬©sence africaine, Paris, 1967.
  20. √ʬ?¬? Origine de l'homme moderne - Berceau Africain - Hominid√?¬©s
  21. √ʬ?¬? G√?¬ľnter Br√?¬§uer, √?¬ę L'origine africaine des hommes modernes √?¬Ľ, ANKH, no 3, Khepera, Gif-sur-Yvette, 1994, p. 132-151.
  22. √ʬ?¬? Yves Coppens, Le Singe, l√ʬ?¬?Afrique et l√ʬ?¬?Homme (1983) et Homo sapiens (2004).
  23. √ʬ?¬? Cette perspective serait confort√?¬©e par les plus r√?¬©centes d√?¬©couvertes arch√?¬©ologiques : √?¬ę L'invention des bijoux date en fait au moins de 75 000 ans, puisque quarante-et-un petits coquillages perc√?¬©s et de cet √?¬Ęge ont √?¬©t√?¬© d√?¬©couverts en 2002 dans la grotte de Blombos en Afrique du Sud par Francesco d'Errico et Marian Vanhaeren, pr√?¬©historiens au CNRS. L'√?¬©tude de ces quarante-et-un fossiles de gast√?¬©ropodes appartenant √?¬† l'esp√?¬®ce Nassarius kraussianus et d√?¬©couverts dans les couches arch√?¬©ologiques du Middle Stone Age r√?¬©v√?¬®le qu'ils ont √?¬©t√?¬© utilis√?¬©s comme objets de parure. √?¬Ľ Voir http://ma.prehistoire.free.fr/blombos.htm.
  24. √ʬ?¬? Nathalie Michalon, √?¬ę L'origine des cultures africaines aux bords des Grands Lacs confirm√?¬©e par l'observation satellitaire du nombre d'√?¬©clairs au-dessus de l'Afrique et les traditions et mythes africains √?¬Ľ, ANKH, no 14/15, 2006.
  25. √ʬ?¬? Chap. 19 de Guns, Germs, and Steel (ISBN 0-393-03891-2).
  26. √ʬ?¬? a et b √?¬ę L'apparition de l'Homo sapiens √?¬Ľ, Bulletin de l'IFAN, tome XXXII, s√?¬©rie B, no 3, Dakar, 1970.
  27. √ʬ?¬? Cheikh Anta Diop, Civilisation ou barbarie, 1981, chap. I, √?¬ę Race et histoire. Origine de l'humanit√?¬© et diff√?¬©renciation raciale √?¬Ľ.
  28. √ʬ?¬? Domestication du feu sur Hominides : √?¬ę Quelques sites sur le continent africain pr√?¬©sentent √?¬©galement des traces de combustions anciennes (1,5 Ma) mais certainement dues √?¬† des incendies naturels : Chesowanja et Gadeb (√?¬?thiopie), Bodo (Kenya). √?¬Ľ
  29. √ʬ?¬? Cheikh Anta Diop, Civilisation ou barbarie, 1981, chap. I, note 1, p. 20 : √?¬ę [...] On sait depuis le congr√?¬®s de Nice de l'U.I.S.P.P. (1976) que les premi√?¬®res navigations remontent au Pal√?¬©olithique sup√?¬©rieur, il y a vingt-mille √?¬† trente-mille ans. L'exemple du peuplement de l'Australie est maintenant probant √?¬Ľ.
  30. √ʬ?¬? a et b Th√?¬©ophile Obenga, Cheikh Anta Diop, Volney et le Sphinx, Khepera/Pr√?¬©sence africaine, Paris, 1996.
  31. √ʬ?¬? √?¬ę T√?¬©moignages anciens √?¬Ľ, dans Nations n√?¬®gres et culture, 1979, chap. I, p. 35-48.
  32. √ʬ?¬? Constantin-Fran√?¬ßois Chasseb√?¬?uf, comte de Volney, Voyage en √?¬?gypte et en Syrie, 1783.
  33. √ʬ?¬? Diop, Nations n√?¬®gres et culture, 1979, p. 46-47.
  34. √ʬ?¬? Ungew√?¬∂hnlich : cf. Zettelarchiv du Thesaurus Linguae Aegyptiae (http://aaew2.bbaw.de/tla/index.html).
  35. √ʬ?¬? Alain Anselin, Samba, √?¬?ditions de l'UNIRAG, Guadeloupe, 1992, p. 11-16.
  36. √ʬ?¬? Zettelarchiv du Thesaurus Linguae Aegyptiae (http://aaew2.bbaw.de/tla/index.html)
  37. √ʬ?¬? Histoire g√?¬©n√?¬©rale de l'Afrique, UNESCO, tome II, chap. I : √?¬ę √?¬ę Les fils de Cham furent : Cush, Mitsra√?¬Įn (c'est-√?¬†-dire l'√?¬?gypte), Puth et Cannan. Les fils de Cush : Saba, Havila, Sabta, Raema et Sabteca. √?¬Ľ D'une fa√?¬ßon g√?¬©n√?¬©rale, toute la tradition s√?¬©mite (juive et arabe) classe l'√?¬?gypte ancienne parmi les pays des Noirs. L'importance de ces t√?¬©moignages ne peut pas √?¬™tre ignor√?¬©e, car il s'agit de peuples qui ont v√?¬©cu c√?¬īte √?¬† c√?¬īte, parfois en symbiose (les Juifs) avec les anciens √?¬?gyptiens, et qui n'ont aucun int√?¬©r√?¬™t √?¬† pr√?¬©senter ceux-ci sous un faux jour ethnique. L'id√?¬©e d'une interpr√?¬©tation erron√?¬©e des faits ne saurait non plus √?¬™tre retenue. √?¬Ľ
  38. √ʬ?¬? Histoire g√?¬©n√?¬©rale de l'Afrique, UNESCO, tome II, chap. I ; pour le compte rendu de cette exp√?¬©rience par son auteur, cf. Cheikh Anta Diop, √?¬ę Pigmentation des anciens √?¬?gyptiens √?¬Ľ, Bulletin de l'IFAN, tome XXIV, B, no 53-54, Dakar, 1962, p. 449-450.
  39. √ʬ?¬? Cheikh Anta Diop, Parent√?¬© g√?¬©n√?¬©tique de l'√?¬©gyptien pharaonique et des langues n√?¬©gro-africaines, co√?¬©d. IFAN/NEA, Dakar/Abidjan, 1977.
  40. √ʬ?¬? √?¬ę Le chamito-s√?¬©mitique n'existe pas √?¬Ľ, ANKH, no 1, f√?¬©vrier 1992, p. 51-58
  41. √ʬ?¬? Cheikh Anta Diop, Nations n√?¬®gres et culture, 1954, p. 231-287 ; voir √?¬©galement Th√?¬©ophile Obenga, Origine commune de l'√?¬©gyptien ancien, du copte et des langues n√?¬©gro-africaines modernes. Introduction √?¬† la linguistique historique africaine, L'Harmattan, Paris, 1993.
  42. √ʬ?¬? Cheikh Anta Diop, Nouvelles recherches sur l'√?¬©gyptien ancien et les langues africaines modernes, Pr√?¬©sence africaine, Paris, 1988. Ouvrage posthume.
  43. √ʬ?¬? Cahiers de Ferdinand de Saussure (vol. 23-26) (ISBN 2-600-04568-6).
  44. √ʬ?¬? Cheikh Anta Diop, Nouvelles recherches sur l'√?¬©gyptien ancien et les langues africaines modernes, Pr√?¬©sence africaine, Paris, 1988.
  45. √ʬ?¬? Russell G. Schuh, √?¬ę The use and misuse of language in the study of African history √?¬Ľ, Ufahamu, vol. 25, no 1, 1997, p. 36-81 ; voir http://www.linguistics.ucla.edu/people/schuh/Papers/A64_1997_language_and_history.pdf .
  46. √ʬ?¬? Nations n√?¬®gres et culture, 1979, p. 211-214.
  47. √ʬ?¬? Pour les Yoruba, Diop se fonde essentiellement sur l'ouvrage de J. Olumide Lucas, The Religion of Yorubas, 1948.
  48. √ʬ?¬? Nations n√?¬®gres et culture, 1979, p. 204-206.
  49. √ʬ?¬? Nations n√?¬®gres et culture, 1979, p. 206-209.
  50. √ʬ?¬? Josep Cervello Autuori, √?¬ę Monarchie pharaonique et royaut√?¬©s divines africaines √?¬Ľ, Cahiers carib√?¬©ens d'√?¬?gyptologie, no 2, f√?¬©vrier 2001.
  51. √ʬ?¬? Nations n√?¬®gres et culture, 1979, p. 209-211.
  52. √ʬ?¬? Nations n√?¬®gres et culture, 1979, p. 209-211 :

    √?¬ę De l'identit√?¬© de conception qui existe, en g√?¬©n√?¬©ral, entre l'√?¬?gypte et le reste de l'Afrique Noire, la conception de la royaut√?¬© est un des traits les plus impressionnants. Laissons de c√?¬īt√?¬© les principes g√?¬©n√?¬©raux tels que le caract√?¬®re sacro-saint de la royaut√?¬© pour ne mettre l'accent que sur un trait commun typique par sa singularit√?¬© : il s'agit de la mise √?¬† mort rituelle du roi. Le roi ne devait r√?¬©gner en √?¬?gypte qu'√?¬©tant en pleine force : quand celle-ci d√?¬©clinait, il semble, qu'√?¬† l'origine, on le mettait effectivement √?¬† mort. [...] Cette pratique existait aussi dans l'ancien M√?¬©ro√?¬©, c'est-√?¬†-dire en Nubie, en Ouganda-Ruanda. √?¬Ľ

  53. √ʬ?¬? Nations n√?¬®gres et culture, 1979, p. 210 :

    √?¬ę La √?¬ę f√?¬™te du Sed √?¬Ľ √?¬©tait d√?¬©sormais la f√?¬™te de rajeunissement du roi : mise √?¬† mort rituelle et rajeunissement du roi √?¬©taient synonymes et se passaient au cours de la m√?¬™me c√?¬©r√?¬©monie (cf. Seligman, Study in Divine Kingship). √?¬Ľ

  54. √ʬ?¬? Nations n√?¬®gres et culture, 1979, p. 214-220.
  55. √ʬ?¬? Nations n√?¬®gres et culture, 1979, p. 214.
  56. √ʬ?¬? Nation n√?¬®gres et culture, Pr√?¬©sence africaine, 1979, p. 19.
  57. √ʬ?¬? Mubabinge Bilolo, √?¬ę Les t√?¬Ęches laiss√?¬©es par Cheikh Anta Diop. Hommage au p√?¬®re de l√ʬ?¬?√?¬©gyptologie/africanologie africaine √?¬Ľ, Les Nouvelles Rationalit√?¬©s africaines, I, 3 (1986), p. 429-460 ; √?¬ę La civilisation pharaonique √?¬©tait-elle KAME-KMT-N√?¬?GRE ? L√ʬ?¬?√?¬©tat de la question avant et apr√?¬®s √?¬ę Nations n√?¬®gres et culture √?¬Ľ √?¬Ľ, Pr√?¬©sence africaine, no 149-150 Hommage √?¬† Cheikh Anta Diop, 1989, p. 68-100.
  58. √ʬ?¬? Revue Pharon no 3 novembre-d√?¬©cembre-janvier 2010/2011 r√?¬©sumant les derniers (2007-2010) travaux de l'IFAO
  59. √ʬ?¬? Parent√?¬© g√?¬©n√?¬©tique de l'√?¬©gyptien pharaonique et des langues n√?¬©gro-africaines, IFAN/NEA, Dakar, 1977.
  60. √ʬ?¬? [3]
  61. √ʬ?¬? [4]
  62. √ʬ?¬? Les Basa du Cameroun et l'Antiquit√?¬© √?¬©gypto-nubienne : recherche historique et linguistique comparative sur leurs rapports culturels √?¬† la lumi√?¬®re de l'√?¬©gyptologie (ISBN 978-2-7295-2459-3).
  63. √ʬ?¬? Aboubacry Moussa Lam, De l'origine √?¬©gyptienne des Peuls, Pr√?¬©sence africaine/Khepera, Paris, 1993.
  64. √ʬ?¬? √?¬?ditions de l'UNIRAG, Guadeloupe, 1993.
  65. √ʬ?¬? Cahiers Carib√?¬©ens d'√?¬?gyptologie
  66. √ʬ?¬? Th√?¬©ophile Obenga, Origine commune de l'√?¬©gyptien ancien, du copte et des langues n√?¬©gro-africaines modernes. Introduction √?¬† la linguistique historique africaine, L'Harmattan, 1993
  67. √ʬ?¬? Oldest prehistoric art unearthed
  68. √ʬ?¬? Ch. Bonnet, article √?¬ę Kerma √?¬Ľ dans Dictionnaire de l'Antiquit√?¬©, PUF, 2005 ; voir aussi [5]
  69. √ʬ?¬? Alain Anselin, L'Oreille et la Cuisse, Tyanaba, 1999, p. 9.
  70. √ʬ?¬? Egyptian Grammar, Oxford University Press, 1973, p. 544-547.
  71. √ʬ?¬?

    √?¬ę Si les auteurs de la civilisation pharaonique apparaissent d√?¬®s le d√?¬©but comme des agriculteurs, il n'en demeure pas moins qu'ils ont gard√?¬© les traces de ce qu'ils ont √?¬©t√?¬© avant et pendant l'√?¬©poque pr√?¬©dynastique (-4000 √?¬† -3200), c'est-√?¬†-dire des p√?¬™cheurs. Cette donn√?¬©e s'exprime dans les caract√?¬®res hi√?¬©roglyphiques par le nombre de signes compos√?¬©s √?¬† partir d'images d'outils et d'instruments de p√?¬™che. Sign-list √?¬ę Gardiner √?¬Ľ : A25, A37, A38, A49, D33, D34, O34, O35, P1 √?¬† P11, R24, R25, S22, S29, S30, S31, T1, T2, T3, T4, T5, T6, T10, T12, T13, U19, V2 √?¬† V8, V12, V13, V14, V28, Y1. Autant d'images de massues, corde, barque, eau, n√?¬?uds, etc.  √?¬Ľ

    √ʬ?¬? Babacar Sall, √?¬ę Des Grands Lacs au Fayoum, l'Odyss√?¬©e des p√?¬™cheurs √?¬Ľ, ANKH, no 12/13, 2003-2004, Khepera, Paris, p. 108-117.

  72. √ʬ?¬? Josep Cervello Autuori (Universitat Autonoma de Barcelona), √?¬ę Monarchie pharaonique et royaut√?¬©s divines africaines √?¬Ľ, Cahiers carib√?¬©ens d'√?¬?gyptologie, no 2, f√?¬©vrier-mars 2001.
  73. √ʬ?¬? Sur la famille linguistique afroasiatique, cf. notamment http://goto.glocalnet.net/maho/webresources/general.html et http://goto.glocalnet.net/maho/webresources/afroasiatic.html
  74. √ʬ?¬? Ancient Egyptian: A Linguistic Introduction, Cambridge University Press, 1995, p. 1.
  75. √ʬ?¬? Tout comme James P. Allen, Middle Egyptian, Cambridge University Press, 2004 ; Elmar Edel, Alt√?¬§gyptische Grammatik, Pontificium Institutum Biblicum, Rome, 1955 ; Erhart Gr√?¬§fe, Mittel√?¬§gyptisch - Grammatik f√?¬ľr Anf√?¬§nger, Harrassowitz Verlag, Wiesbaden, 2001 ; Gustave Lefebvre, Grammaire de l'√?¬©gyptien classique, Le Caire, 1955 ; Alan H. Gardiner, Egyptian Grammar, Oxford University Press, 1973.
  76. √ʬ?¬? Alain Anselin, √?¬ę Words and Signs of Numerals in Egyptian: Some Elements of Analysis and Reflexion √?¬Ľ, L'√?¬?gypte pr√?¬©- et protodynastique. Les origines de l'√?¬?tat, Conf√?¬©rence internationale de Toulouse, 5-8 septembre 2005.
  77. √ʬ?¬? Henry Tourneux
  78. √ʬ?¬? Cf. Les langues africaines et l'√?¬©gyptien: http://www.politique-africaine.com/numeros/pdf/055153.pdf
  79. √ʬ?¬? Khepera/L'Harmattan, Paris, 2001.
  80. √ʬ?¬? Afrocentrismes. L'histoire des Africains entre √?¬?gypte et Am√?¬©rique, Karthala, Paris, 2000.
  81. √ʬ?¬? √?¬ę L'√?¬©norme discontinuit√?¬© g√?¬©ographique milite en faveur de l'exclusion de l'emprunt dans ces temps anciens, sur l'ensemble des concordances √?¬©tablies, morphologiques, phon√?¬©tiques et lexicologiques. C'est-√?¬†-dire que la s√?¬©paration tr√?¬®s ancienne de la souche commune pr√?¬©dialectale √?¬©limine les effets de convergence, de hasard et d'emprunt. En d'autres mots, si des connexions de caract√?¬®re s√?¬©rial sont √?¬©tablies entre l'√?¬©gyptien pharaonique, le copte et les langues n√?¬©gro-africaines modernes, on est autoris√?¬© de reconna√?¬ģtre un √?¬ę air de famille √?¬Ľ, une √?¬ę parent√?¬© par encha√?¬ģnement √?¬Ľ selon l'expression de la syst√?¬©matique des plantes, m√?¬™me si l'on s'√?¬©loigne beaucoup du type initial, des prototypes reconstruits. Ainsi, le temps qui s√?¬©pare l'√?¬©gyptien ancien des langues africaines actuelles √ʬ?¬? un hiatus de 5 000 ans √ʬ?¬? au lieu de constituer une difficult√?¬© se pr√?¬©sente au contraire comme un crit√?¬®re s√?¬Ľr de comparaison (le temps qui s√?¬©pare le hittite du portugais actuel est √?¬©galement √?¬©norme, mais rien n'emp√?¬™che de comparer directement ces deux langues, dans un ensemble donn√?¬©, pour rejoindre pr√?¬©cis√?¬©ment l'indo-europ√?¬©en. √?¬Ľ source
  82. √ʬ?¬? Patrick Mouguiama-Daouda, Jean-Marie Hombert et Lolke Van der Veen, √?¬ę Aspects of linguistic diversity in western Central Africa √?¬Ľ, Laboratoire Dynamique du Langage, UMR 5596, Lyon Languages-and-Genes/poster/VanderVeenAbstract.pdf : √?¬ę A theory elaborated by Rev. Trilles (1912, 1931) in the early 20th century claims an Egyptian origin for the Fang population, its language and its culture on the basis of its oral tradition, and several linguistic, cultural and physical traits. This theory has become very popular, especially among Black African scholars, and often takes a strong ideological dimension as it accuses (white) Egyptologists of falsifying ancient History. It suffers, however, from important methodological and theoretical weaknesses. Cheikh Anta Diop and Th√?¬©ophile Obenga are the main representatives of this school of thought. Similar claims have been made by other Bantu-speaking populations (cf. Basa√?¬°, A43a). (√ʬ?¬¶) Guthrie (1948), Hombert & al. (1989) and Medjo Mv√?¬© (1997) have shown that Fang presents all the traits of a regular Bantu language. There is absolutely no evidence of a non-Bantu substratum. √?¬Ľ
  83. √ʬ?¬? Alain Froment √?¬ę Science et conscience : le combat ambigu de Cheikh Anta Diop √?¬Ľ, dans R. Waast (dir.), Les sciences coloniales, figures et institutions, Ortsom, Paris, 1996, p. 330 pleins_textes/pleins_textes_7/carton07/010008847.pdf : √?¬ę Le Centre d'√?¬©tudes des civilisations bantoues (dirig√?¬© par Obenga) n'h√?¬©sitait pas √?¬† programmer le t√?¬©l√?¬©transfert psychique comme sujet de recherche en mati√?¬®re de transport, au motif que les anc√?¬™tres pratiquaient ce moyen pour traverser l'espace. √?¬Ľ
  84. √ʬ?¬? Bogumil Jewsiewicki, Cahiers d'√?¬©tudes africaines, ann√?¬©e 1991, no 121, p. 202 : √?¬ę Le projet du Centre international des civilisations bantu est un projet politique financ√?¬© par le pr√?¬©sident Bongo du Gabon, et appuy√?¬© par le pr√?¬©sident Mobutu du Za√?¬Įre √?¬† la recherche d'une nouvelle formule de domination r√?¬©gionale. √?¬Ľ
  85. √ʬ?¬? Christiane Desroches Noblecourt, Rams√?¬®s II d√?¬©tail des √?¬©ditions, p. 50
  86. √ʬ?¬? Compte rendu du colloque par Xavier Fauvelle dans Politique africaine, no 62, juin 1996, p. 103-109 [6].
  87. √ʬ?¬? Alain Froment, √?¬ę Origine et √?¬©volution de l√ʬ?¬?homme dans la pens√?¬©e de Cheikh Anta Diop : une analyse critique √?¬Ľ, Cahiers d√ʬ?¬?√?¬©tudes africaines, Paris, no 121- 122, 1991 (voir l√ʬ?¬?article de C. Coquery Vidrovitch dans le num√?¬©ro 32 de la m√?¬™me revue [7]) et √?¬ę Science et conscience : le combat ambigu de Cheikh Anta Diop √?¬Ľ, in Waast Roland (ed.), Petitjean P. (ed.) Les sciences hors d'Occident au XXe si√?¬®cle = 20th century sciences : beyond the metropolis : 2. Les sciences coloniales : figures et institutions, ORSTOM, Paris, 1996, p. 321-341. pleins_textes/pleins_textes_7/carton07/010008847.pdf
  88. √ʬ?¬? L√ʬ?¬?Afrique de Cheikh Anta Diop, Karthala, Paris, 1996, 240 p.
  89. √ʬ?¬? Interview du 14 mai 2007 sur le site fxqpariscaraibe.

Bibliographie

  • Notices d√ʬ?¬?autorit√?¬© : International Standard Name Identifier √ʬ?¬Ę Syst√?¬®me universitaire de documentation √ʬ?¬Ę Biblioth√?¬®que nationale de France √ʬ?¬Ę Fichier d√ʬ?¬?autorit√?¬© international virtuel √ʬ?¬Ę Biblioth√?¬®que du Congr√?¬®s √ʬ?¬Ę Gemeinsame Normdatei √ʬ?¬Ę WorldCat
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  • Biyogo (Gr√?¬©goire), Aux sources √?¬©gyptiennes du savoir, Vol II. Syst√?¬®me et anti-syst√?¬®me : Cheikh Anta Diop et la Destruction du Logos classique, Paris, M√?¬©naibuc, 2000.
  • Biyogo (Gr√?¬©goire, Manifeste pour Lire autrement l'oeuvre de Cheikh Anta Diop, Paris, L'Harmattan, 2006.
  • Cheikh M'Back√?¬© Diop, Cheikh Anta Diop, l'homme et l'√?¬?uvre, Paris, Pr√?¬©sence africaine, 2003.
  • Th√?¬©ophile Obenga, Cheikh Anta Diop, Volney et le Sphinx, Khepera/Pr√?¬©sence africaine, 1996.
  • Dou√?¬© Gnonsoa, Cheikh Anta Diop, Th√?¬©ophile Obenga : Combat pour la Re-naissance africaine, Paris, L'Harmattan, 2003.
  • Djibril Samb, Cheikh Anta Diop, NEA, Dakar, 1992.
  • Path√?¬© Diagne, Cheikh Anta Diop et l'Afrique dans l'histoire du monde, Sankor√?¬©/L'Harmattan, 1997.
  • Jean-Marc Ela, Cheikh Anta Diop ou l'Honneur de penser, Paris, L'Harmattan, 1989.
  • Fran√?¬ßois-Xavier Fauvelle, L'Afrique de Cheikh Anta Diop, Paris, Karthala, 1996.
  • Ferran Iniesta, √?¬ę √?¬? propos de l'√?¬?cole de Dakar. Modernit√?¬© et tradition dans l'√?¬?uvre de Cheikh Anta Diop √?¬Ľ, in Momar-Coumba Diop (dir.), Le S√?¬©n√?¬©gal contemporain, Karthala, Paris, 2002, p. 91-107 (ISBN 2-84586-236-9).
  • √?¬ę Cheikh Anta Diop √?¬Ľ, in Nomade (L'Harmattan), no 1, ann√?¬©e ?, 304 p. (ISBN 2-7384-8781-5)
  • √?¬ę Derni√?¬®res critiques de la pens√?¬©e du savant africain Cheikh Anta Diop √?¬Ľ, in Nomade (L'Harmattan), no 3, 1991, 144 p. (ISBN 2-7384-1028-6)
  • Vincent Cespedes, Marabout√?¬©s, Fayard, Paris, 2004. Les probl√?¬©matiques soulev√?¬©es par Cheikh Anta Diop, dans un roman de 630 pages.

Liens externes