Cathédrale Notre-Dame de Paris
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| Ville | Paris | |||
| Pays | ||||
| Région | ||||
| Département | Paris | |||
| Culte | Catholique romain | |||
| Type | Cathédrale | |||
| Rattaché à | Archidiocèse de Paris (siège) | |||
| Début de la construction |
1163 | |||
| Fin des travaux | 1345 | |||
| Style(s) dominant(s) |
Gothique | |||
| Classé(e) | Monument historique (1862) Patrimoine mondial (1991[1]) |
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Notre-Dame de Paris, pour les Parisiens Notre-Dame, est la cathédrale de l'archidiocèse catholique de Paris.
Notre-Dame de Paris n'est pas la plus grande des cathédrales françaises, mais elle est indiscutablement l'une des plus remarquables qu'ait produites l'architecture gothique en France et en Europe. Elle fut lors de son achèvement la plus grande cathédrale d'occident. Ce chef-d??uvre, l?un des symboles les plus connus de la capitale française, est situé à l?extrémité est de l?île de la Cité, centre historique de la ville, tout près des berges de la Seine. Sa façade occidentale domine le parvis Notre-Dame - place Jean-Paul II.
La construction s?étant étendue sur de nombreuses décennies (deux siècles) sur l'emplacement d'anciens temples païens, le style n?est pas d?une uniformité totale ; elle possède ainsi des caractères du gothique primitif (voûtes sexpartites de la nef) et du gothique rayonnant : on remarque particulièrement l?audace des arcs-boutants du ch?ur. Sa façade occidentale est un chef-d??uvre d'équilibre architectural.
Après la tourmente révolutionnaire, la cathédrale a subi de 1844 à 1864 une restauration importante et parfois controversée dirigée par l'architecte Viollet-le-Duc, qui y a incorporé des éléments et des motifs que le monument légué par le Moyen Âge n'avait jamais possédés.
Les deux rosaces qui ornent chacun des bras du transept, sont parmi les plus grandes d?Europe et mesurent chacune 13,1 mètres de diamètre.
Une plaque de bronze incrustée dans le sol sert de point zéro de toutes les distances des routes à partir de Paris.
Ce site est desservi par les stations de métro : Cité et Saint-Michel.
[] Histoire
[] Les étapes de l'édification de la cathédrale
On pense qu'au début de l'ère chrétienne il existait à l'emplacement de Notre-Dame, un temple païen, remplacé ultérieurement par une grande basilique chrétienne sans doute assez semblable aux basiliques antiques. Nous ne savons pas si cet édifice, dédié à saint Étienne, a été élevé au IVe siècle et remanié par la suite ou si il date du VIe siècle avec des éléments plus anciens réemployés (hypothèse de la cathédrale de Childebert Ier, fils de Clovis et de Clotilde).
Quoi qu'il en soit, cette cathédrale Saint-Étienne était de très grandes dimensions pour l'époque. Sa façade occidentale, se trouvait à une quarantaine de mètres plus à l'ouest que la façade actuelle de Notre-Dame et avait une largeur à peine inférieure : elle mesurait 36 mètres. Quant à la longueur de l'ancien édifice, elle était de 70 mètres, c'est-à-dire un peu plus de la moitié de la longueur de la cathédrale actuelle. Des rangées de colonnes de marbre séparaient cinq nefs. L'édifice était orné de mosaïques. Elle était complétée sur son flanc nord par un baptistère, appelé Saint-Jean le Rond. La présence d'un baptistère est attestée avant 451.
La cathédrale Saint-Étienne semble avoir été régulièrement entretenue et réparée, suffisamment en tout cas pour résister aux guerres et aux siècles. Cependant, en 1160, l'évêque Maurice de Sully décida la construction d'un sanctuaire d'un nouveau type beaucoup plus vaste. Comme dans l'ensemble de l'Europe de l'ouest, les XIIe et XIIIe siècles se caractérisent en effet par une rapide augmentation de la population des villes françaises, liée à un important développement économique, et les anciennes cathédrales étaient un peu partout devenues trop petites pour contenir les masses de plus en plus grandes de fidèles. Les spécialistes estiment que la population parisienne passe en quelques années de 25 000 habitants en 1180, début du règne de Philippe II Auguste, à 50 000 vers 1220, ce qui en fait la plus grande ville d'Europe, en dehors de l'Italie [2] [3].
L'architecture de la nouvelle cathédrale devait s'inscrire dans la ligne du nouvel art que l'on appellera gothique ou ogival. Plusieurs grandes églises gothiques avaient déjà été inaugurées à ce moment : l'Abbatiale Saint-Denis, la cathédrale de Noyon et celle de Laon, tandis que celle de Sens était en voie d'achèvement. La construction, commencée sous le règne de Louis VII dura de 1163 à 1345. À cette époque, Paris n'était qu'un évêché, suffragant de l'archevêque de Sens.
[] Première période : 1163 - 1250
En 1163 a lieu la pose de la première pierre par le pape Alexandre III alors réfugié à Sens, en présence du roi Louis VII. L'essentiel des travaux se fera sous la direction de l'évêque Maurice de Sully (1160-1197) et de son successeur Eudes de Sully (1197-1208), ce dernier sans lien de parenté avec le premier. On distingue quatre campagnes d'édification correspondant à quatre maîtres d'?uvre différents dont les noms ne nous sont pas parvenus.
- 1163-1182 : construction du ch?ur et de ses deux déambulatoires.
- 1182-1190 : construction des quatre dernières travées de la nef, des bas-côtés et des tribunes. La construction de la nef commença en 1182, après la consécration du ch?ur. Certains pensent même que les travaux débutèrent dès 1175. Les travaux s'arrêtèrent après la quatrième travée laissant la nef inachevée.
- 1190-1225 : construction de la base de la façade et des deux premières travées de la nef. On commença l'édification de la façade en 1208. A partir de cette année, les portails furent construits et décorés. L'étage de la rose date de 1220-1225. La construction des premières travées de la nef fut reprise en 1218 afin de contrebuter la façade.
- 1225-1250 : partie haute de la façade, et les deux tours. Agrandissement des fenêtres hautes (suppression des petites rosaces) pour remédier à l'obscurité (vers 1230). Simultanément la toiture des combles des tribunes est remplacée par des terrasses, et de nouveaux arcs-boutants, dotés de chaperons à chéneaux, permettent l'évacuation des eaux de pluie de la partie supérieure de l'édifice. On construit les chapelles latérales de la nef entre les culées des arcs-boutants. La tour sud est achevée en 1240 et l'on abandonne la même année l'idée de doter les tours d'une flèche. En 1250 fin de la construction de la tour nord. À cette date la cathédrale est en fait terminée et totalement opérationnelle. Nous sommes en plein règne de saint Louis. Les phases ultérieures de l'édification concerneront des additions, embellissements, réparations et modifications parfois fort importantes.
[] Deuxième période : 1250 - moitié du XIVe siècle
A cette époque, on s'aperçut que les portails du transept, construits en style roman, contrastaient par la sévérité de leur architecture avec la grande façade gothique richement ornée au goût du jour. La reconstruction des parties romanes fut alors prestement décidée par l'évêque Renaud de Corbeil (1250-1268).
Nous connaissons les noms des maîtres d'?uvre qui se sont succédé durant cette période. Il s'agit de Jean de Chelles, Pierre de Montreuil, Pierre de Chelles, Jean Ravy, Jean le Bouteiller et Raymond du Temple.
Jean de Chelles procéda à l'allongement des croisillons du transept, au nord d'abord (vers 1250), puis au sud. On lui doit la façade nord du transept et sa superbe rosace. Suite à son décès en 1265, son travail sur le croisillon sud fut terminé par Pierre de Montreuil à qui l'on doit la façade sud du transept et sa tout aussi belle rosace. Il mourut en 1267. Pierre de Montreuil avait également achevé les chapelles et la porte rouge. De même, il débuta le remplacement des arcs-boutants du ch?ur.
Son successeur Pierre de Chelles construisit le jubé et commença les chapelles du chevet en 1296.
Ces dernières furent achevées par Jean Ravy qui fut maître d'?uvre de 1318 à 1344. Jean Ravy débuta la construction des admirables arcs-boutants du ch?ur d'une portée de 15 mètres. Il commença aussi la confection de la clôture du ch?ur.
En 1344, son neveu Jean le Bouteiller lui succéda jusqu'en 1363.
Après son décès, son adjoint Raymond du Temple termina les travaux, et notamment la superbe clôture du ch?ur.
[] Le XVIIIe siècle
Pendant près de trois siècles, on respecta la structure gothique de la grande cathédrale, mais les choses changèrent dès la fin du XVIIe siècle, sous le règne de Louis XIV.
La société de cette époque (fin du XVIIe - XVIIIe siècle) n'aimait pas le gothique, jugé art barbare, sombre, archaïque et bien trop austère. Plus d'un prélat rêvait de démolir sa cathédrale gothique pour le remplacer par un sanctuaire classique ou néoclassique. L'obstacle principal était le coût des travaux : détruire et reconstruire une cathédrale coûtait extrêmement cher, et la baisse de la piété, constante depuis la Renaissance, n'était guère propice à la collecte de fonds en faveur d'une gigantesque église. De plus la noblesse - dont les rois -, jadis grande pourvoyeuse de fonds, était bien trop occupée à se construire de somptueux châteaux et à y mener grand train de vie ; quant au petit peuple des fidèles, il n'avait pas les moyens. On se bornait donc à cette époque à reconstruire, généralement en style classique, ce qui s'était effondré (comme la façade de la cathédrale de Luçon ou encore l'entièreté de celle de Rennes), ou alors à détruire et remplacer ce que l'on pouvait détruire et remplacer à moindre frais, à savoir les ?uvres d'art et la décoration intérieure.
Ainsi dès la fin du XVIIe, Robert de Cotte démolit le jubé, les stalles, les bas-reliefs des clôtures, ainsi que des tombeaux, cela pour la réalisation du v?u de Louis XIII fait en 1638. Puis en 1756, les chanoines jugeant l'édifice trop sombre demandèrent aux frères Le Vieil de détruire les superbes vitraux du Moyen Âge et de les remplacer par du verre blanc ; après quoi on badigeonna les murs de la cathédrale... Les rosaces furent épargnées. Notre-Dame de Paris fut beaucoup plus touchée par ces changements que les cathédrales des provinces pauvres, dont le clergé n'avait pas les moyens de se payer le saccage de leurs propres églises. Enfin, à la demande du clergé, Soufflot, architecte du Panthéon de Paris, fit disparaître le linteau et une partie du tympan du portail central, y compris une partie du célèbre Jugement Dernier, pour laisser passer plus aisément le dais des processions.
Commémoration de la Fête de la Raison célébrée à Notre-Dame le Décadi 20 Brumaire de l'an 2e de la République française, c'est-à-dire le 10 novembre 1793.
Dans un décor d'inspiration antique, quelques jeunes filles, prêtresses de la philosophie, célèbrent le culte à la déesse "Raison", personnifiée par une jeune femme vêtue d'une tunique drapée et d'un bonnet phrygien.
Au cours de la Révolution française, de nombreux actes de vandalisme visèrent la cathédrale : les rois de Juda de la Galerie des Rois de la façade furent décapités et enlevés - on croyait qu'il s'agissait des rois de France. On a retrouvé une bonne partie de ces têtes en 1977, et elles se trouvent actuellement au Musée de Cluny. Entre autres déprédations, presque toutes les grandes statues des portails furent anéanties et le trésor fut pillé.
Le Culte de la Raison fit son apparition à Notre-Dame de Paris le 10 novembre 1793, avec la Fête de la Liberté. Ce culte fut organisé par Pierre-Gaspard Chaumette, et le maître-autel se vit ainsi transformé en autel de la déesse Raison. Fin novembre de cette année, le culte catholique fut d'ailleurs interdit à Paris. La cathédrale fut ensuite transformée en entrepôt.
[] La restauration du XIXe siècle
Peu après la signature du concordat de 1801, la cathédrale fut rendue au culte (18 avril 1802). On procéda rapidement à quelques réfections d'urgence si bien qu'en décembre 1804, Napoléon Bonaparte put s'y sacrer empereur des Français, en présence du pape Pie VII. L'édifice avait été blanchi à la chaux pour la circonstance, puis dissimulé sous des décors de Charles Percier et François-Léonard Fontaine. Les drapeaux d'Austerlitz, avaient été accrochés aux murs afin de masquer le pitoyable état de l'édifice [5].
Une fois la paix retrouvée, la cathédrale était dans un tel état de délabrement que les responsables de la ville commencèrent à envisager la possibilité de l'abattre totalement. Le grand romancier Victor Hugo, admirateur de l'édifice, écrivit alors (1831) son roman "Notre-Dame de Paris" qui eut un énorme succès et avait notamment pour but de rendre le public conscient de la valeur d'un tel monument. Il réussit à créer un large mouvement populaire d'intérêt en faveur de la cathédrale. Son roman avait rendu vie à un monument alors marginalisé et l'avait rendu plus familier aux parisiens. A cela s'ajoutait le poids du nouveau courant européen appelé romantisme qui s'efforçait de donner aux hommes une nouvelle conception du monde. Par son roman, Victor Hugo contribua largement à sauver le chef-d'?uvre meurtri d'un destin fatal.
Le sort de Notre-Dame focalisa différents courants de pensée : les catholiques bien sûr qui désiraient réconcilier la France avec la piété et la foi d'antan, les monarchistes aussi qui s'efforçaient de renouer avec un proche passé, mais aussi le courant laïc épris de générosité.
Le Ministre des Cultes de l'époque décida d'un grand programme de restauration. L'architecte Godde chargé jusqu'alors de l'entretien de l'édifice et dont les méthodes de restauration faisaient l'unanimité contre elles fut écarté. On se tourna vers Jean-Baptiste-Antoine Lassus et Eugène Viollet-le-Duc qui s'étaient distingués sur le chantier de la Sainte-Chapelle. Ces derniers déposèrent un projet et un rapport, et ayant emporté l'appel d'offres en 1844, présentèrent en 1845 un budget de 3.888.500 francs, qu'ils durent réduire à 2.650.000, pour la réfection de la cathédrale et la construction d'une sacristie. L'Assemblée Nationale vota une loi accordant cette somme [6] et c'est ainsi qu'après de longues années d'attente, la restauration put vraiment débuter. Le maigre budget fut épuisé en 1850. Les travaux s'arrêtèrent. Viollet-le-Duc dut présenter à plusieurs reprise des nouvelles propositions afin que les travaux puissent se terminer. Au total plus de douze millions de francs furent ainsi octroyés. Lassus étant décédé en 1857, c'est lui seul qui termina la restauration le 31 mai 1864.
La construction de la sacristie se révéla un gouffre financier. Il fallut en effet descendre à neuf mètres avant de rencontrer un terrain stable.
L'état lamentable des maçonneries de la cathédrale était généralisé, la porte rouge par exemple était en ruines [7]. On ne comptait plus les pinacles brisés, les gables effondrés. Quant à la grande statuaire des portails et de la façade, il n'en restait plus grand chose. Les restaurateurs durent effectuer un profond travail de recherche afin de restituer (à l'identique si possible, ce qui l'était rarement) les parties dégradées, ce dont témoignent les écrits et dessins de Viollet-le-Duc.
C'est la restitution du programme sculpté de la cathédrale qui constitue la principale réussite des deux architectes. Ils ont d'emblée voulu reconstituer toute l'ornementation sculpturale détruite en s'inspirant ou copiant des ?uvres de la même époque et restées intactes (Amiens, Chartres et Reims). Pour ce faire les architectes réunirent une équipe d'excellents sculpteurs sous la direction de Adolphe-Victor Geoffroi-Dechaume. Beaucoup d'entre eux provenaient de l'atelier de David d'Angers et se connaissaient. Un total de plus de 100 grandes statues furent ainsi créées à destination de l'extérieur, dont les 12 statues en cuivre entourant la base de la flèche, ?uvres de Geoffroi-Dechaume lui-même, qui témoignent du grand talent de ce sculpteur (voir note [8] ). Viollet-le-Duc apporta un très grand soin à la réalisation de ces statues. Elles étaient d'abord dessinées par ses soins, puis une maquette grandeur nature en plâtre était réalisée. On apportait alors les corrections nécessaires jusqu'à ce que l'?uvre soit jugée satisfaisante. À ce moment seulement, on procédait à la réalisation de la statue définitive en pierre. Aucune liberté de création n'était autorisée de la part des sculpteurs dont le travail était totalement contrôlé par les architectes.
Lors de la restauration, la cathédrale fut quelque peu remaniée. La rosace sud par exemple fut pivotée de quinze degrés afin de la faire reposer selon un axe vertical, modification qui, parfois critiquée, était motivée par la nécessité de consolider l'ensemble dont la maçonnerie s'était affaissée. Enfin quelques statues sorties de l'imagination de l'architecte furent édifiées, telles les impressionnantes chimères contemplant Paris du haut de la façade.
La restauration achevée, c'est monseigneur Darboy, archevêque de Paris, qui consacra la cathédrale le 31 mars 1864.
[] De la restauration du XIXe siècle jusqu'à nos jours
Peu de temps après, la Commune de 1871 faillit anéantir l'édifice. Des émeutiers mirent le feu à quelques bancs et chaises, mais l'incendie fut vite maîtrisé et ne causa que des dégâts très légers. monseigneur Darboy laissa cependant sa vie dans la tourmente.
La cathédrale passa fort heureusement les deux guerres mondiales sans problèmes notables.
Dans les années 1990, les procédés modernes ont permis de redonner à la pierre extérieure de la cathédrale noircie par les siècles, sa pureté et sa blancheur d'origine. On distinguait deux couches distinctes de pollution qui noircissait la pierre :
- une partie brune correspondant à la partie de la pierre exposée à l'air et aux rayons du soleil
- une couche noire de surface constituée de gypse (sulfate hydraté de calcium).
La crasse, représentant un danger pour la pierre, a été éliminée. Les sculptures ont été traitées par laser, micro-gommage et compresses humides afin de pulvériser la poussière sans altérer la patine du temps. Les pierres trop déteriorées ont été remplacées par d'autres, identiques, prélevées en région parisienne dans des gisement de calcaire coquillé.
De plus, un réseau de fils électriques, invisibles depuis le sol, a entraîné le départ des pigeons responsables d'altérations importantes au niveau des pierres.
[] Évènements historiques importants
Notre-Dame bien avant son achèvement est le lieu de moult événements religieux et politiques de l'histoire de France :
- En 1229, le jeudi saint, Raymond VII de Toulouse y fait amende honorable.
- Saint Louis, pieds nus, y dépose la couronne d'épines du Christ en 1239, en attendant l'achèvement de la construction de la Sainte-Chapelle.
- Philippe le Bel y ouvre les premiers États généraux du Royaume de France en 1302
- Couronnement du jeune roi Henri VI d'Angleterre en 1430
- En 1447, Charles VII célèbre par un Te Deum la reprise de Paris.
- Ouverture du procès de réhabilitation de Jeanne d'Arc en 1456
- Mariage de Marguerite de Valois, et de Henri de Navarre, futur Henri IV en 1572
- En 1590, les chefs de la Ligue jurent de ne jamais reconnaitre le huguenot Henri, futur Henri IV.
- En 1594, le 22 mars, c'est cependant Henri IV qui y rend grâce pour Paris reconquis.
- En 1660 : Te Deum célébré à l'occasion du mariage de Louis XIV. Le duc de Luxembourg, futur maréchal, surnommé le tapissier de Notre-Dame, apporte ici les drapeaux ennemis.
- Abjuration de Turenne de sa foi protestante en 1668.
- Bossuet y prononce l'oraison funèbre du grand Condé en 1687
- Napoléon Bonaparte s'y sacre (tout seul) empereur des Français, en présence du pape Pie VII le 2 décembre 1804
- Baptême du Roi de Rome en juin 1811
- Le 8 mars 1835, à la demande de monseigneur de Quélen, eut lieu la première conférence d'Henri Lacordaire dans le cadre des Conférences de Notre-Dame, spécialement destinées à l'initiation de la jeunesse au christianisme. Celles-ci interrompues en 1836, reprirent à partir de 1841 et se poursuivirent au long des années 1840.
- Mariage de Napoléon III le 30 janvier 1853
- Baptême du Prince impérial en 1856
- Messe de Te Deum, en action de grâce à Dieu, pour la fin de la Seconde Guerre mondiale, le 9 mai 1945
- Funérailles nationales de : Maurice Barrès (1923), maréchal Foch (1929), maréchal Joffre (1931), président Raymond Poincaré (1934), maréchal Leclerc de Hautecloque (1947), maréchal de Lattre de Tassigny (01/1952), Paul Claudel (02/1955), maréchal Juin (1967), général Charles de Gaulle (le 12/11/1970), abbé Pierre (né Henri Grouès), (hommage national le 26/01/07).
[] Structure et dimensions
Comme la plupart des cathédrales françaises, Notre-Dame de Paris a un plan en forme de croix latine.
La nef comporte dix travées, le ch?ur cinq. L?axe de celui-ci est légèrement dévié vers la gauche (nord) par rapport à l?axe de la nef. L?abside est semi-circulaire à cinq pans.
La nef est flanquée de doubles collatéraux qui se prolongent par un double déambulatoire, le tout avec chapelle latérales (sauf sur les trois premières travées) et rayonnantes (soit 29 au total, comportant un total 37 travées quadrangulaires). La cathédrale pouvait contenir jusqu?à 9 000 personnes dont 1 500 dans les tribunes.
- Principales dimensions
- longueur : 130 mètres
- largeur : 48 mètres
- hauteur des tours : 69 mètres
- hauteur de la flèche : 96 mètres
- largeur de la façade : 43,5 mètres
- hauteur de la façade sans les tours : 45 mètres
- longueur du ch?ur: 38 mètres
- largeur du ch?ur: 12 mètres
- longueur de la nef : 60 mètres
- largeur du vaisseau central de la nef : 12 mètres
- largeur de chacun des collatéraux : 5,9 mètres
- hauteur sous toit de la nef : 43 mètres
- hauteur sous voûte de la nef et du ch?ur : 33 mètres
- hauteur sous voûte des collatéraux extérieurs : 10,1 mètres
- hauteur sous voûte des collatéraux intérieurs : 10,5 mètres
- hauteur sous voûte des tribunes : 8 mètres
- profondeur (largeur) des tribunes : 5,9 mètres
- longueur du transept: 48 mètres
- largeur du transept : 14 mètres
- nombre de fenêtres : 113
- nombre de colonnes et piliers : 75
- superficie intérieure : 4 800 m²
- superficie totale : 5 500 m² (à comparer aux 7 700 m² d'Amiens)
- superficie des points d'appui : 816,4 m².
- diamètre des rosaces nord et sud : 13,10 mètres (contre 13,36 mètres pour la grande rosace de Notre-Dame de Chartres)
- diamètre de la rosace ouest : 9,70 mètres
Quoique construite après le ch?ur [11], la nef relève du premier style gothique, avec voûtes sexpartites, cependant sans alternance de piles fortes et de piles faibles comme on le voit à la cathédrale Saint-Étienne de Sens.
Le transept, bien identifiable de l?extérieur du monument, ne fait pas saillie par rapport aux collatéraux et aux chapelles latérales. Il n?a pas de collatéraux.
Hormis le transept, l'élévation intérieure est à trois niveaux, avec grandes arcades, tribunes et fenêtres hautes. Dans les deux premières travées des deux bras du transept, l'élévation est cependant à quatre niveaux. Au XIXe siècle, le restaurateur Viollet-le-Duc entreprit de "corriger" la dixième travée de la nef, en y recréant erronément les quatre niveaux tels qu'ils se présentaient avant les modifications apportées au plan initial, dans les années 1220. Depuis, certains spécialistes estiment que cette dixième travée est l'?uvre de Viollet-le-Duc, affirmation peut-être exagérée, puisque seule la partie supérieure a été modifiée. Il n'empêche que cette modification intempestive, que personne ne lui demandait, justifie les dures critiques émises à son encontre.
Les façades nord et sud du transept s?ornent de magnifiques rosaces ornées de vitraux, parmi les plus grandes d?Europe (diamètre : 13,1 m).
[] Éléments architecturaux extérieurs
[] Le parvis
Le parvis est la grande zone ouverte se trouvant juste devant la façade ouest. Le mot parvis vient du latin paradisius, paradis. Lorsque la cathédrale fut construite, le parvis était assez étroit. La cathédrale était située parmi d?innombrables bâtiments en bois de petite taille, telle que des maisons, boutiques et auberges. Le parvis conserva des dimensions modestes jusqu?au XVIIIe siècle, époque à laquelle l?architecte Beaufrand l?agrandit. Il fut remodelé à plusieurs reprises par la suite, notamment depuis 1960.
Le kilomètre 0 des routes françaises se trouve sur le parvis, à quelques mètres à peine de l'entrée de la cathédrale.
Depuis le XIXe siècle, de nombreuses fouilles archéologiques ont été entreprises sous le parvis de Notre-Dame de Paris, dont deux campagnes plus importantes : la première eut lieu en 1847 et fut menée par Théodore Vacquer, la seconde plus récente de 1965 à 1967 fut dirigée par Michel Fleury. Ces fouilles ont permis de mettre au jour d'importants vestiges gallo-romains et du haut Moyen Âge, et notamment les fondations d'un grand édifice religieux de forme basilicale à cinq nefs. Ces vestiges seraient ceux de la basilique Saint-Étienne, construite au IVe ou au VIe siècle et qui constitue la cathédrale précédant l'édifice actuel de Notre-Dame. Une crypte a été aménagée afin de préserver l'ensemble de ces substructions et de les rendre accessibles au public : on l'appelle Crypte archéologique du parvis de Notre-Dame. Depuis l'été 2000, elle est gérée par le musée Carnavalet.
[] Les tours
Elle est l'?uvre du troisième architecte de la cathédrale (1190-1225) dont le nom ne nous est pas parvenu.
Les deux tours de la façade occidentale ne sont pas exactement jumelles. La tour nord (gauche) est légèrement plus forte et plus large que la tour sud, ce qui se remarque facilement en observant l'ensemble depuis le centre du parvis. À cette différence correspond, au niveau de l'étage du balcon de la Vierge situé sur la façade, une largeur nettement plus importante du contrefort nord de la tour nord par rapport au contrefort sud de la tour sud.
Au fil des ans, il a été suggéré à plusieurs reprises que les plans originaux de Notre-Dame, que nous ne possédons plus, prévoyaient deux flèches qui s?élèveraient des tours. Les solides clochers auraient pu sans aucun doute supporter de telles structures. Mais ce n?est pas pour autant qu?ils étaient censés être dotés de flèches. La cathédrale d?Amiens ainsi que d?autres cathédrales suivirent le modèle de Notre-Dame et ne possèdent pas non plus de flèches (il est vrai que la cathédrale de Reims aurait dû en posséder, selon les plans initiaux, mais elles ne furent jamais achevées. Quant à la cathédrale d'Amiens, les tours n'ayant qu'une profondeur de 6 mètres ne pouvaient supporter de telles structures). Pendant la restauration qui eut lieu entre 1844 et 1864, l?idée des flèches fut à nouveau suggérée. Le restaurateur Viollet-le-Duc, voulant faire échouer le projet, dessina un plan très précis de la cathédrale avec de telles flèches afin de montrer à la population le résultat peu esthétique auquel ce projet aboutirait.
Certains experts ont affirmé depuis, sur la base de ses plans et de ses écrits, que Viollet-le-Duc était lui-même en faveur de ces flèches [12].
Entre les deux tours, à l'arrière de la galerie supérieure de la façade faite d'une colonnade, et à l'avant du pignon de la nef, il existe une sorte d'esplanade, toit plat qu'on appelle l'aire de plomb ou la cour des réservoirs. Des plaques de plomb la recouvrent, et des bassins y ont été aménagés qui contiennent de l'eau utilisable rapidement en cas d'incendie. En arrière de l'aire de plomb s'élève le grand pignon triangulaire qui termine à l'ouest le comble de la nef : sur sa pointe, un ange sonne la trompette.
À noter que les tours de la cathédrale sont accessibles au public et offrent une vue imprenable sur Paris [13].
La tour nord abrite un escalier de 387 marches. Au premier étage, au niveau de la galerie des rois et de la rosace, se trouve une grande salle gothique comportant un comptoir d'approvisionnement pour touristes et visiteurs. On peut y voir en plus diverses statues originales de la cathédrale ainsi que des toiles de Guido Reni, Carle Van Loo, Étienne Jeaurat et Louis Carrache.
[] La façade ouest
La façade correspond en grande partie à la vision d?Eudes de Sully, évêque de Paris de 1197 à 1208. Sa construction dura un demi-siècle, de 1200 à 1250. Sa composition architecturale est une conception géométrique simple. Elle a une largeur de 43,5 mètres (135 pieds-du-roi) et une hauteur de 45 mètres (141 pieds), mis à part la hauteur des tours. Elle comporte, de bas en haut, l'étage des trois portails, la galerie des rois, puis un étage occupé au centre par la rosace ouest, avec des deux côtés sous les tours, des fenêtres géminées surmontées de petites rosaces sous un arc en tiers point, enfin un dernier étage de colonnades reliant les deux tours et qui se prolonge sur les quatre faces de ces dernières. Au dessus de l'ensemble, au nord et au sud, se trouvent les tours elle-mêmes, à toit plat.
La façade, à la fois rigoureuse et linéaire, met en valeur de façon étonnante le cercle du vitrail de la rosace inscrit au centre d'un carré de plus de 40 mètres de côté. De nombreux observateurs ont remarqué que l?effet général de cette dernière est semblable à celui d?une hostie.
Juste au niveau surplombant les trois portails, on observe la galerie des Rois de Juda (et non pas des rois de France). Ces reconstitutions sont l'?uvre de Viollet-le-Duc (il s?y est d?ailleurs lui-même représenté) et les fragments originaux peuvent être observés au musée du Moyen Âge à l?hôtel de Cluny à Paris.
La façade est soutenue à l'extérieur par quatre contreforts, deux pour chaque tour, encadrant les trois portails. Sur ces contreforts, des niches abritent quatre statues refaites au XIXe siècle par l'équipe de restaurateurs de Viollet-le-Duc. Il s?agit, de gauche à droite de saint Étienne, puis de deux allégories, l'Église à gauche, la Synagogue à droite et enfin (contrefort sud) d'un évêque, très vraisemblablement saint Denis.
[] Le portail du Jugement Dernier
Il s?agit du portail principal de la cathédrale. Son imagerie est saisissante. La remarquable sculpture du tympan date des années 1210. Elle représente d'une manière étendue les scènes du jugement dernier ? lorsque, selon la tradition chrétienne, les morts ressuscitent et sont jugés par le Christ. Sur le linteau inférieur, on peut voir les morts sortir de leurs tombes. Ils sont réveillés par deux anges qui, de chaque côté, sonnent de la trompette. Parmi ces personnages, tous vêtus, on peut voir un pape, un roi, des femmes, des guerriers, et même un noir d'Afrique.
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Statues du piédroit de gauche : les Apôtres saint Barthélemy, saint Simon, saint Jacques le Mineur, saint André, saint Jean et saint Pierre.
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Au piédroit de droite : saint Paul, saint Jacques le Majeur, saint Thomas, saint Philippe, saint Jude et saint Matthieu.
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Au-dessus, l'archange saint Michel utilise une balance pour peser les péchés et les vertus. Deux démons essayent de faire pencher l'un des plateaux de leur côté. Les élus sont à gauche, tandis qu'à droite les damnés enchaînés sont menés en enfer, poussés par d'autres démons, laids, cornus et aux regards diaboliques. Les expressions de ces damnés sont rendues avec un rare talent : la terreur et le désespoir se lisent sur leur visage.
Sur le tympan supérieur, le Christ, le torse à moitié nu pour montrer ses plaies, préside cette cour divine. Deux anges, debout, à droite et à gauche, tiennent les instruments de la Passion. De chaque côté, la Vierge Marie et saint Jean sont placés à genoux et implorent la miséricorde du Christ.
Les claveaux inférieurs des voussures sont occupées, du côté des damnés par des scènes de l'enfer, et du côté des élus, par les patriarches, parmi lesquels on voit Abraham tenant des âmes dans un repli de son manteau [14] [15] [16].
Il s?agit là d?une démonstration bien concrète de l?imagerie chrétienne développée au Moyen Âge par l'Église, qui influence alors grandement le peuple. Encore, à cette époque la scène était entièrement peinte et dorée.
Groupés au paradis sur les premières voussures, l'ensemble des anges qui regardent la scène du Jugement ont plutôt l'air curieux et étonnés de voir ce qui se passe. L'impression générale qui se dégage de l'imagerie est loin d'être pessimiste. L'enfer n'occupe qu'une très petite partie de l'ensemble et tout est fait pour souligner la miséricorde du Seigneur. La Vierge Marie et les saints du paradis, symbolisés par saint Jean, intercèdent pour nous, et l'image de Jésus, qui domine la scène montrant ses plaies, nous rappelle qu'il est venu sur terre en tant que Rédempteur, pour racheter nos péchés.
La scène du Jugement Dernier figure également sur de nombreuses autres cathédrales gothiques et notamment à la cathédrale de Chartres, ainsi qu'à celles d'Amiens, de Laon, de Bordeaux et de Reims.
Ce portail, dont la magnifique scène du Jugement qui le surmonte, connut d'importantes déprédations au cours de la seconde moitié du XVIIIe siècle.
En 1771, sur commande du clergé, Soufflot le mutila sérieusement, supprimant le trumeau et entaillant les deux linteaux en leur centre. Lors de la restauration du XIXe siècle, Viollet-le-Duc enleva les parties latérales restantes des linteaux et les déposa au musée. Puis il reconstitua de manière admirable l'ensemble du Jugement Dernier, y compris les parties manquantes, aidé en cela par des dessins effectués avant les transformations de Soufflot. Ainsi seule la partie supérieure de la scène date du XIIIe siècle, les deux parties inférieures étant modernes. Par contre les voussures entourant le tympan, et leurs sculptures sont d'époque, elles aussi.
Le trumeau fut également reconstitué par l'équipe de restaurateurs. La grande statue qui y figure, celle du "Beau Dieu" est l'?uvre d'Adolphe-Victor Geoffroi-Dechaume d'après le dessin - maintes fois remanié - de Viollet-le-Duc. Il est placé sur un socle où sont sculptés les arts libéraux.
Quant aux douze grandes statues des Apôtres installées sur les deux piédroits du portail (2 x 6 statues), fracassées en 1793 par les révolutionnaires comme presque toutes les autres grandes statues de la cathédrale, elles sont également des reconstitutions du XIXe siècle, d'ailleurs admirablement refaites. On reconnaît successivement à gauche saint Barthélemy, saint Simon, saint Jacques le Mineur, saint André, saint Jean et saint Pierre. À droite : saint Paul, saint Jacques le Majeur, saint Thomas, saint Philippe, saint Jude et saint Matthieu.
Au piédroit gauche, du côté du Paradis, figurent les vierges sages, alors qu?au piédroit opposé, on peut voir les vierges folles. Les sculptures de ces vierges ont également été refaites au XIXe siècle.
Sous les grandes statues des piédroits on peut admirer deux bas-reliefs conçus sous forme de médaillons, l'un à gauche, l'autre à droite, superposant des représentations des Vertus et des Vices, et ce d'après des scènes de la vie, facilement compréhensibles par le peuple chrétien de l'époque. La Douceur par exemple utilise le symbole du mouton, la Force est représentée par une armure, la versatilité nous montre un moine jetant son froc aux orties, etc. Cette thématique est reprise dans la rosace ouest. Toutes ces scènes ont également près de huit siècles d'âge.
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Le Beau-Dieu de Notre-Dame de Paris qui se dresse au trumeau du portail du Jugement Dernier est une des ?uvres les plus remarquables d'Adolphe-Victor Geoffroi-Dechaume. À l'arrière, sur les portes, les pentures et leurs arabesques, sont une fort belle restitution du XIXe siècle.
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