Carthage
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| Carthage | |
|---|---|
| Administration | |
| Pays | |
| Gouvernorat | Tunis |
| Délégation(s) | Carthage |
| Maire | Sami Tarzi |
| Code postal | |
| Municipalité de Carthage | |
| Démographie | |
| Population | 15 922 hab. (2004[1]) |
| Densité | 542,7 hab./km2 |
| Gentilé | Carthaginois |
| Géographie | |
| Altitude | m. |
| Superficie | 18 000 ha = 180 km2 |
| Latitude Longitude |
|
| Localisation de Carthage | |
Carthage (?????) est une ville de Tunisie située au nord-est de Tunis. Son nom provient du phénicien Kart-Hadasht ou Qrthdst qui signifie « Nouvelle ville ».
L'ancienne capitale punique, détruite puis reconstruite par les Romains qui en font la capitale de la province d'Afrique proconsulaire, est aujourd'hui une banlieue huppée de Tunis. La ville possède de nombreux sites archéologiques qui sont romains pour la plupart.
La municipalité de Carthage, créée par le décret beylical du 15 juin 1919, compte 15 922 habitants en 2004[1]. Elle abrite le palais présidentiel, la mosquée El Abidine et de nombreuses résidences d'ambassadeurs. L'aéroport international de Tunis-Carthage est situé à quelques kilomètres de la ville.
Sommaire |
[] Histoire
Carthage est fondée par des colons phéniciens de Tyr en 814 av. J.-C.
D'après la légende, ce serait la reine Didon, s?ur du roi de Tyr, Pygmalion, qui fonda la cité. La reine aurait demandé au souverain voisin, Syfax, un roi berbère, l'autorisation de fonder un royaume sur ses terres. Celui-ci lui offrit alors un terrain aussi grand qu'une peau de vache. La reine plus maligne fait couper une peau de vache en lanières très fines et trace les contours de Carthage. En référence à cette fondatrice mythique, les Carthaginois sont parfois surnommés les « enfants de Didon » dans la littérature.
La ville devient une puissance dominante en Méditerranée occidentale au IVe siècle av. J.-C..
Les Carthaginois pratiquaient un culte polythéiste originaire du Moyen-Orient. Ils vénéraient en particulier Baal et Tanit. Rome les accusa longtemps de sacrifier des enfants (cérémonie du molk), ce qu'il convient de nuancer. Une hypothèse parmi d'autres suggère que le rituel d'incinération avait surtout pour objectif de renvoyer l'âme des enfants défunts par le plus court chemin vers Ba'al Hammon à une époque où la mortalité infantile était plus qu'importante malgré les progrès en matière d'hygiène.
D'après d'autres sources, le sacrifice d'enfants bien vivants, généralement l'aîné des familles de notables, dans le but de prouver la sincérité de leur dévouement à Carthage, semble avoir initié la coutume de ces derniers d'adopter un enfant d'esclave pour cet usage, illustrant de ce fait, de quelle manière les pratiques les plus « humanistes » sont systématiquement corrompues par l'usage au point de trahir leur sens initial.
Ce sont les Carthaginois qui introduisent le glaive court en fer dans le bassin méditerranéen, car jusqu'alors, les guerriers s'affrontent à l'aide de lances et de frondes. Carthage conquit l'Hispanie ainsi que la Sicile où elle se heurte aux Romains.
Une série de trois conflits entre les deux puissances, les guerres puniques (les Romains nomment les Carthaginois Poeni), débutent au IIIe siècle av. J.-C. et se terminent avec la victoire de Rome et la destruction de Carthage en 146 av. J.-C., après un siège de quatre ans. Après une tentative avortée des Gracques, Jules César fonde par la suite une cité sur les ruines de la ville punique (Colonia Julia Carthago). Celle-ci devient la capitale de la nouvelle province d'Afrique. Au Bas-Empire, la cité, gagnée au christianisme, subit les persécutions impériales. Carthage devient, au IVe siècle, l'une des plus grandes capitales spirituelles d'Occident. Elle est conquise en 439 par les Vandales menés par Genséric, qui y fondent un royaume. L'Église est victime de persécutions et est particulièrement meurtrie. La reprise par les Byzantins (Empire romain d'Orient) en 533 ramène la prospérité à la capitale d'Afrique. L'empereur Justinien Ier en fait le siège de son diocèse d'Afrique, mais à la suite de la crise monothéiste, les empereurs de Byzance, opposés à l'Église d'Afrique, se détournent rapidement de Carthage qui devient le siège d'un exarchat. Carthage donne ensuite à Constantinople une lignée d'empereurs à la suite d'Héraclius (fils de l'exarque de Carthage).
À l'époque des conquêtes arabes, Carthage est en proie aux épidémies. Les Arabes prennent la ville en 698 mais lui préfèrent Tunis, la cité voisine, qui donne son nom au pays, celui d'Afrique désignant désormais le continent entier. Carthage ne connaît plus jamais sa gloire d'autrefois.
[] Site archéologique
[] Aperçu général
Le site archéologique de Carthage, dispersé dans la ville moderne, est classé au patrimoine mondial de l'Unesco depuis 1979. Dominé par la colline de Byrsa qui était le centre de la cité punique, il se distingue par la silhouette massive de la cathédrale Saint-Louis édifiée à l'emplacement présumé de la sépulture du roi Louis IX de France qui y mourut au cours de la huitième croisade. Pour l'anecdote, le roi Louis-Philippe Ier, qui descend de Louis IX, envoya un architecte à Carthage pour en trouver l'emplacement le plus précis. Au vu de l'impossibilité d'une telle mission, celui-ci choisit simplement le plus bel endroit. À proximité de la cathédrale, en face de cette tombe vide dont les restes ont été rapatriés en France, se trouvent les vestiges du plus important quartier de la ville dont il ne subsiste que quelques fondations et quelques fragments de colonnes.
Forte de son héritage historique, Carthage se développe et devient une vaste banlieue résidentielle de Tunis autour du palais présidentiel. Toutefois, le développement rapide de la ville moderne risquant de détruire à jamais les vestiges, de grands archéologues tunisiens ont alerté l'opinion[2] et l'Unesco a lancé une vaste campagne internationale entre 1972 et 1992 afin de sauver Carthage. Ce tournant est parachevé avec le classement au patrimoine mondial.
La difficulté pour le visiteur réside aujourd'hui dans l'extrême dispersion des vestiges même si certains pôles peuvent être distingués.
[] Éléments du site
Sur le sommet de la colline de Byrsa, emplacement du forum romain, a été mis au jour un quartier d'habitation punique du dernier siècle d'existence de la ville, daté plus précisément du début du IIe siècle[3]. L'habitat est typique et même stéréotypé, avec un local sur la rue pouvant être utilisé comme magasin, une citerne étant installée au sous-sol afin de récupérer l'eau destinée à l'utilisation domestique, et un long couloir sur le côté droit qui mène à une cour percée d'un puisard et autour de laquelle se succèdent de petites pièces en nombre variable. Non loin de la mer, une zone de la ville punique a été fouillée par des archéologues allemands. Ils y ont découvert un pan du rempart qui protégeait la cité au Ve siècle av. J.-C. ainsi que tout un quartier d'habitation dont ils ont pu décrypter l'évolution durant les deux siècles précédant la destruction de 146 av. J.-C.[4].
Le théâtre du IIe siècle a fait l'objet d'une importante restauration, les restes d'époque romaine étant très modestes. De l'édifice conçu pour accueillir 5 000 spectateurs ne subsistaient que de faibles ruines au début du XXe siècle, tant des gradins que de la scène ou du frons scaenae. À proximité du théâtre a été mise au jour une zone constituant de nos jours le parc dit des « villas romaines ». Il abrite, outre la célèbre « villa de la volière », du nom de la mosaïque principale qui la décore, de nombreux vestiges significatifs liés à la topographie des lieux.
Les nécropoles puniques qui ont fait l'objet d'une identification, d'un nombre supérieur à 3 500, sont relativement disséminées dans la ville et forment une sorte d'arc de cercle au milieu duquel se situait l'habitat. Contrairement aux nécropoles puniques, celles de l'époque romaine se trouvaient hors des limites de la cité. Les fouilles récentes ont mis en évidence plusieurs cimetières, dont celui des officiales, réservé aux fonctionnaires de l'administration proconsulaire aux abords des citernes de La Malga[5].
Les thermes d'Antonin furent édifiés en bord de mer après un grand incendie qui ravagea la cité au IIe siècle, plus précisément entre 145 et 162[6]. Des installations d'origine ne demeurent que quelques vestiges du rez-de-chaussée, constitué par les espaces de service, à proximité du rivage[7].
De l'amphithéâtre d'une capacité de 30 000 personnes ne demeure que l'arène, le reste ayant disparu en raison des pilleurs de monuments qui ont sévi à Carthage pendant plus d'un millénaire. Un sort analogue a été réservé au cirque, ce dernier n'étant plus suggéré que par une longue dépression à proximité de Douar Chott.
Le tophet, situé non loin des ports puniques, est un enclos sacré où les Carthaginois auraient sacrifié leurs enfants aux divinités protectrices Tanit et Ba'al Hammon selon une historiographie bien ancrée mais remise en cause par certains spécialistes, particulièrement Sabatino Moscati[8].
La question des ports de la cité de Carthage est fondamentale, en raison de l'importance du monde maritime pour les Phéniciens. Les deux lagunes actuelles, le long du rivage, dénommées l'une « port marchand »[9] et l'autre « port militaire »[10] ne sont peut-être pas le lieu essentiel qu'on a voulu y voir à la suite des affirmations de Chateaubriand au début du XIXe siècle et de l'interprétation abusive d'un texte d'Appien[11].
Le Musée national de Carthage est situé à proximité de la cathédrale dans les locaux occupés par les Pères blancs. Il permet au visiteur de se rendre compte de l'ampleur de ce qu'étaient les installations de la ville aux époques punique puis romaine. Certaines des plus belles pièces trouvées dans les fouilles depuis le XIXe siècle s'y trouvent, les autres étant présentées au Musée national du Bardo.
[] Édifices religieux
La cathédrale Saint-Louis de Carthage, située sur la colline de Byrsa, est une ancienne cathédrale catholique aujourd'hui désaffectée pour le culte mais qui accueille régulièrement des concerts de musique tunisienne et de musique classique. L'édifice est de style byzantino-mauresque en forme de croix latine et sa façade encadrée de deux tours carrées. Aux murs figurent les blasons des donateurs pour la construction de la basilique. Les vitraux sont aussi décorés d'arabesques. Édifiée entre 1884 et 1890, sous le protectorat français, la cathédrale devient primatiale d'Afrique lorsque le titre de primat d'Afrique est restauré au profit du cardinal Lavigerie.
La cité abrite également la mosquée El Abidine de Carthage, érigée au lieu-dit La Colline de l'Odéon, qui doit son nom à celui du président de la République tunisienne, Zine el-Abidine Ben Ali, qui l'a inaugurée le 11 novembre 2003[12]. Bâtie sur une esplanade de 2 500 m², elle comporte un minaret haut de 55 mètres et une salle de prière pouvant accueillir plus de 1 700 fidèles[12].
[] Annexes
- 1957-1957 : Béchir Ibn Abi Dhiaf
- 1957-1963 : Ali Hafaidh
- 1963-1990 : Chedli Klibi
- 1990-1991 : Mohamed Moncef Kaouach
- 1991-1992 : Mohamed Tounsi
- 1992-1995 : Taïeb Sahbani
- 1995-1998 : Fouad Mebazaâ
- 1998-1999 : Hedi Magroun
- 1999-2000 : Abdelmajid Chatti
- 2000-2003 : Mohamed Béchir Haddad
- 2003-2003 : Slaheddine Lansari
- 2003-200.. : Sami Tarzi
Aix-en-Provence (France) depuis 1993
[] Références
- ? a? b? (fr) Recensement de 2004 (Institut national de la statistique)
- ? Azedine Beschaouch, La légende de Carthage, éd. Découvertes Gallimard, Paris, 1993, p. 48
- ? Édouard Lipinski [sous la dir.], Dictionnaire de la civilisation phénicienne et punique, éd. Brépols, Paris, 1992, p. 94
- ? Friedrich Rakob, « L'habitat ancien et le système urbanistique », Pour sauver Carthage. Exploration et conservation de la cité punique, romaine et byzantine, éd. Unesco/INAA, 1992, pp. 29-37
- ? Yann Le Bohec, Histoire de l'Afrique romaine, éd. Picard, Paris, 2005, p. 118
- ? Colette Picard, Carthage, éd. Les Belles Lettres, Paris, 1951, p. 51
- ? Abdelmajid Ennabli et Hédi Slim, Carthage. Le site archéologique, éd. Cérès, Tunis, 1993, p. 39
- ? Azedine Beschaouch, op. cit., p. 80
- ? Lawrence E. Stager, « Le tophet et le port commercial », Pour sauver Carthage. Exploration et conservation de la cité punique, romaine et byzantine, éd. Unesco/INAA, 1992, pp. 73-78
- ? Henry Hurst, « L'îlot de l'amirauté, le port circulaire et l'avenue Bourguiba », Pour sauver Carthage. Exploration et conservation de la cité punique, romaine et byzantine, éd. Unesco/INAA, 1992, pp. 79-94
- ? Lybica (96) cité par François Decret, Carthage ou l'empire de la mer, éd. du Seuil, Paris, 1977, p. 65
- ? a? b? (fr) Le chef de l'État préside une cérémonie d'inauguration de la mosquée Al Abidine à Carthage (Présidence de la République)
[] Bibliographie
- Azedine Beschaouch, La légende de Carthage, éd. Découvertes Gallimard, Paris, 1993 (ISBN 2070532127)
- Serge Lancel, Carthage, éd. Fayard, Paris, 1992 (ISBN 2213028389)
[] Voir aussi
[] Liens internes
- Civilisation carthaginoise
- Hannibal Barca
- Site archéologique de Carthage
- Festival international de Carthage
- Salammbô
[] Liens externes
- (fr) Site officiel de la municipalité de Carthage
- (fr) Adeline Roudal, « Carthage punique. La formation d'un empire », Saisons tunisiennes, 22 avril 2007
- (fr) Adeline Roudal, « Carthage romaine. Provincia Africa », Saisons tunisiennes, 30 avril 2007
- (fr) Adeline Roudal, « Carthage paléochrétienne », Saisons tunisiennes, 8 mai 2007
- (fr) Moncef Ghachem, « Carthage aujourd'hui », Saisons tunisiennes, 15 mai 2007
La source est wikipedia http://fr.wikipedia.org/wiki/Carthage
Revue de presse Carthage
