Carcassonne
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| Carcassonne | |
| Pays | |
|---|---|
| Région | Languedoc-Roussillon |
| Département | Aude (préfecture) |
| Arrondissement | Carcassonne (chef-lieu) |
| Canton | Chef-lieu de 4 cantons |
| Code Insee | 11069 |
| Code postal | 11000 |
| Maire Mandat en cours |
Gérard Larrat 2008-2014 |
| Intercommunalité | Communauté d'agglomération du Carcassonnais |
| Latitude Longitude |
|
| Altitude | 81 (mini) ? 250 (maxi) |
| Superficie | 65,08 km² |
| Population sans doubles comptes |
43 950 hab. (1999) |
| Densité | 675 hab./km² |
Carcassonne (en occitan Carcassona [karkasuno]) est une commune française située dans le département de l'Aude et la région Languedoc-Roussillon. La ville est la préfecture de l'Aude, elle est connue pour la Cité de Carcassonne, un ensemble architectural médiéval très bien conservé et inscrit au patrimoine mondial de l'UNESCO depuis 1997.[1]
Ses habitants sont les Carcassonnais. Ils nomment familièrement la ville « Carca ».
Sommaire |
[] Géographie
[] Situation
[] Localisation
Carcassonne est située dans le sud de la France à 80 km à l'est de Toulouse. Son emplacement stratégique sur la route entre la mer Méditerranée et l'océan Atlantique est connue depuis le néolithique. La ville se trouve dans un couloir entre la montagne Noire au nord et les Corbières à l'est, la plaine du Lauragais à l'ouest et la vallée de l'Aude au sud. Cette région naturelle est appelée le Carcassès ou le Carcassonnais.
La superficie de la commune est de 65 km², ce qui est une grande commune comparée aux nombreuses petites communes de l'Aude. Les communes limitrophes sont : Pennautier, Villemoustaussou, Villalier, Berriac, Villedubert, Trèbes, Montirat, Palaja, Cazilhac, Cavanac, Couffoulens, Lavalette, Roullens, Caux-et-Sauzens et Pezens.
[] Climat
La station météorologique de Carcassonne-Salvaza mesure quotidiennement plusieurs paramètres météorologiques depuis 1948.[2] Mais des mesures régulières sont faites depuis 1849 sous l'initiative de Don de Cépian, un ingénieur du département, qui plaça un pluviomètre à Carcassonne. Théodore Rousseau prend le relais en 1873, puis en 1897, les Ponts et Chaussées et l'école normale de Carcassonne jusqu'en 1914. Ces données permettent de connaître les conditions météorologiques de la fin du XIXe siècle.
Le climat y est de type méditerranéen. Il se caractérise par des étés secs et chauds, des automnes et des hivers doux sans gel et des printemps peu pluvieux. La neige y est rare, il en tombe en moyenne 7 jours par an entre décembre et mars et fond très rapidement. Les jours de gel sont peu fréquents.
| Ville | Ensoleillement | Pluie | Neige | Orage | Brouillard |
|---|---|---|---|---|---|
| Paris | 1 797 h/an | 642 mm/an | 15 j/an | 19 j/an | 13 j/an |
| Nice | 2 694 h/an | 767 mm/an | 1 j/an | 31 j/an | 1 j/an |
| Strasbourg | 1 637 h/an | 610 mm/an | 30 j/an | 29 j/an | 65 j/an |
| Carcassonne | 2 190 h/an | 695 mm/an | 7 j/an | 19 j/an | 14 j/an |
| Moyenne nationale | 1 973 h/an | 770 mm/an | 14 j/an | 22 j/an | 40 j/an |
Les précipitations y sont les plus fortes en automne au mois d'octobre et au printemps au mois d'avril. Les pluies d'été sont sous forme d'orages parfois violents se transformant en orages de grêle fatals aux vignes.
| Mois | J | F | M | A | M | J | J | A | S | O | N | D | Année |
|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|
| Températures (sous abri, normales) °C | 5,9 | 7,2 | 9,1 | 11,7 | 15,3 | 19,1 | 22,1 | 21,5 | 19 | 14,8 | 9,6 | 6,7 | 13,5 |
| Précipitations (hauteur moyenne en mm, période 1961-1990) | 67,3 | 67,7 | 64,8 | 71,5 | 62,3 | 43,0 | 29,1 | 43,2 | 46,1 | 74,0 | 56,7 | 69,4 | 695,1 |
| Source: Météo France | |||||||||||||
Le vent est très présent à Carcassonne, une moyenne de plus de 117 jours par an de vents de plus de 55 km/h y est relevée. Ce sont des vents d'est, vent marin, ou des vents d'ouest appelé Cers.
Carcassonne subit plusieurs inondations de l'Aude en 1872 et 1875. Les inondations de l'année 1891 sont parmi les plus importantes avec une montée des eaux de 8 m[3] envahissant tout le quartier bas de la ville. En août 1912, Carcassonne est frappé par une tornade occasionnant de nombreux dégâts : platanes sectionnés, toitures détruites, etc.
[] Voies de communication et transport
Carcassonne est située sur l'axe majeur de communication entre Toulouse et la côte méditerranéenne. Le canal du Midi datant du XVIIe siècle était autrefois une autoroute fluviale très empruntée. Aujourd'hui, l'autoroute des Deux Mers et plus précisément le tronçon est de l'A61 passe au sud de la ville permettant un accès direct depuis Toulouse ou Montpellier. Deux sorties (
23 et
24) desservent la commune. Sur le réseau secondaire, la route départementale 6113 (ex RN 113 ) traverse Carcassonne et permet de rejoindre Toulouse à l'ouest et Narbonne à l'est. Au sud, la route départementale 118 permet d'emprunter la vallée de l'Aude et de rejoindre Limoux. Au nord, cette même départementale 118 continue vers la Montagne Noire et rejoint Mazamet.
Carcassonne est aussi accessible par le train grâce à la liaison Toulouse-Sète en passant par Narbonne. La ville est aussi reliée à Quillan via une portion de l'ancienne ligne Carcassonne-Rivesaltes.
La construction de cette gare marque le début du tourisme vers la cité de Carcassonne. L'hôtel Terminus inauguré en 1914 par l'architecte Belin est un bâtiment remarquable du quartier de la gare[4] qui a profité de cet afflux touristique pour se développer.
L'aéroport de Carcassonne Salvaza, rebaptisé « aéroport de Carcassonne en Pays Cathare, en 2004, est situé au sud-ouest de la ville dans la zone d'activité de Salvaza. Il permet de s'envoler vers la Grande-Bretagne (Londres, Liverpool et Nottingham), vers l'Irlande (Dublin, Cork et Shannon) et vers la Belgique (Charleroi) via la compagnie aérienne Ryanair.[5] En 2002, des travaux ont permis d'allonger la piste principale afin de recevoir de plus gros avions. L'aéroport a reçu 339 505 passagers en 2005, 426 798 passagers en 2006 et 466 305 passagers en 2007 soit une hausse de 37,4 % entre 2005 et 2007.[6],.[7]
En centre-ville, la voiture est le moyen de transport privilégié des carcassonnais. La circulation aux heures de pointe y est pourtant assez difficile surtout en été avec l'afflux de touristes. La route nationale 113 qui débouche directement en ville est très vite saturée. Un premier tronçon routier est construit en 1980 avec la rocade ouest permettant de joindre la sortie d'autoroute 23 et la route nationale 113. La rocade nord-est est en cours de finition pour l'année 2008 et permettra de dévier le trafic de la RN113 grâce à un contournement par le nord. Ces travaux nécessitent la construction d'un viaduc au-dessus de l'Aude.[8] En centre-ville, trois parkings souterrains (le parking André-Chénier de 340 places, le parking des Jacobins de 211 places et depuis le 25 février 2008 le parking Gambetta de 402 places) permettent d'accueillir jusqu'à 950 places de voitures.[9] L'aménagement de surface du square gambetta est en cours de finition.[7]
Du côté des transports en commun, onze lignes de bus sillonnent la ville de Carcassonne et desservent l'ensemble de la ville dont l'aéroport de Carcassonne.[10] La société Agglo'Bus gère l'ensemble du parc des autobus pour la communauté d'agglomération du Carcassonnais. Durant la période estivale, la bastide Saint-Louis est desservie par de petites navettes électriques gratuites dénommées "Les Toucs".
[] Site
Carcassonne est située sur les bords du fleuve de l'Aude. La commune est traditionnellement divisée en deux, la ville basse qui occupe les berges du fleuve à l'ouest et la ville haute (ou cité) qui occupe la colline surplombant l'Aude. La cité est construite sur un petit plateau constitué par le creusement de l'Aude à environ 150 mètres d'altitude au dessus de la ville basse.[11] La ville basse se situe au niveau de l'Aude dont l'altitude est de 100 m.
L'Aude arrive à Carcassonne après son périple montagneux dans les gorges de la haute vallée de l'Aude et devient alors un fleuve plus tranquille. Elle passe au Païcherou, longe le cimetière Saint-Michel puis se sépare en deux bras formant une île appelée « l'île du Roy ». Quatre ponts permettent de la franchir : le pont Garigliano, le pont-Vieux accessible qu'aux piétons, le pont Neuf et le pont de l'Avenir. Le canal du Midi passe également au nord de la ville entre la gare et le jardin André-Chénier jouxtant la bastide Saint-Louis.
La ville se situe dans un couloir entre la montagne Noire au nord et la chaîne des Pyrénées au sud. La plaine est constituée de dépôts récents amenés par l'Aude et provenant des Pyrénées. Il s'agit de la molasse de Carcassonne, qui se caractérise par une alternance de grès, de conglomérats et de marnes gréseuses fluviatiles datant de l'éocène.
[] Morphologie urbaine
Les deux quartiers les plus importants sont la cité ou ville haute et la bastide ou ville basse. Ils sont réunis par celui de la Trivalle avec le pont Vieux traversant l'Aude.[12] La Cité est sise sur un promontoire élevé et entourée d'épais remparts depuis le Moyen Âge. Aussi l'habitat y est dense et vieux. La circulation y est difficile, réglementée et interdite en juillet et en août. La ville basse est une ancienne bastide dont l'organisation suit un plan régulier d'un hexagone aux angles flanqués de bastions. Les rues se coupent en angles droits et sont organisées autour d'une place centrale, la place Carnot. Un boulevard ceinture l'ensemble de cette bastide en suivant les anciens remparts de la ville détruits en 1764 sur ordre de l'évêque Armand Bazin de Bezons. Ce boulevard est large et ouvert contrairement aux rues de la bastide qui sont plus étroites. Plusieurs de ces rues de la bastide sont piétonnes.
Le reste de la ville est découpé en quartiers : La Conte et Joliot-Curie, Ozanam et Saint-Saëns, Saint-Georges, le Viguier, Saint-Jacques, la Cité Fleming, Grazailles-la Reille, la Cité la Prade, la Cité Albignac, le Palais, Gambetta, le Plateau, les Capucins, Bellevue et Pasteur.
La ville possède de nombreux hameaux : Montlegun, Montredon, Grèzes, Herminis, Maquens et Villalbe.
[] Urbanisme
[] Le logement
Carcassonne comptait 19 399 logements en 1999. Les constructions neuves sont peu présentes puisqu'en 1999, seulement 8,9 % des résidences principales étaient postérieures à 1990. A contrario, les constructions antérieures à 1949 représentaient 29,2 % du parc.
88,3 % des logements sont des résidences principales, réparties à 53,9 % en maisons individuelles et à 46,1 % en appartements (respectivement 59,1 % et 40,9 % dans la région). 47,6 % des habitants sont propriétaires de leur logement, contre 48,7 % qui ne sont que locataires (respectivement 56,8 % et 37,6 % dans la région)[13]'.[14]
À noter qu?avec 3 771 logements HLM soit 19,4 % du parc en 1999 (9,6% dans la région), la ville ne respecte pas les dispositions de l?article 55 de la loi solidarité et renouvellement urbain (SRU) de décembre 2000 fixant à 20 % le taux minimum de logements sociaux pour les communes les plus importantes. On peut noter en outre que le nombre de logements vacants était assez important en 1999 avec 9,4 % du parc contre seulement 7,7 % dans la région. L'office HLM de l'Aude a participé à des programmes d'amélioration des logements en 1988 en construisant des résidences intégrant la domotique. Ainsi, les résidences « l'étoile » et « Roosevelt » à Carcassonne sont les premiers logements HLM de ce type.[15] Les quartiers du Viguier et de La Conte regroupent la grande partie des logements sociaux de la ville dont la population est majoritairement composée d'habitants immigrés ou d'origine immigrée. Ces quartiers sont composés de logements HLM ainsi que de pavillons.
La plupart des habitations possèdent 4 pièces (63,8 %), ou 3 pièces (19,9 %), puis 2 pièces (11,8 %). Les petits logements restent peu nombreux (studios : 4,5 %). La ville possède par conséquent des logements de taille importante du fait de l'espace immobilier non restreint, permettant de grandes constructions, et du fait de la demande faible en petits logements[16]'.[17] Enfin il faut préciser que ces logements sont bien dotés puisque 89,9 % ont le chauffage central et 57,4 % possèdent un garage, box ou parking (respectivement 76,5 % et 61,7 % pour la région).
[] Projets d?aménagement
Plusieurs projets d'aménagement de la commune sont en cours de réalisation au nord-est de la ville. Il s'agit de mettre en place de nouvelles zones d'activité commerciale afin d'attirer de nouvelles entreprises à Carcassonne ainsi que l'implantation de nouvelles zones résidentielles. La ZAC (zone d'aménagement concerté) des Hauts de Grazailles située entre la rocade et le canal du Midi est en cours de réflexion et permettrait d'ajouter entre 500 et 700 logements ainsi que des services publics (groupes scolaires) sur 27 hectares. La ZAC de Montredon est un nouveau quartier qui sera créé avec la délocalisation de l?hôpital en 2012. Le site accueillerait le nouveau pôle santé ainsi que des logements et des équipements publics. Enfin, le lotissement de Montredon est en cours de réalisation sur un site de 17 hectares au hameau de Montredon pour la construction de logements sociaux et de pavillons.[18]
[] Histoire
L'histoire de Carcassonne est directement liée à celle de la cité. C'est en 1247 que la ville s'étend réellement hors de la cité. Il s'agit de la ville basse ou bastide Saint-Louis.
[] Héraldique
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Carcassonne - blason actuel Toutefois on trouve de nombreuses variantes.
La raison invoquée pour ses nombreuses variations, en particulier pour l'écusson, est sa petite taille rendant difficile la lecture des détails. |
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Carcassonne - ville haute
Malte-Brun ne donne pas toujours des blasonnements rigoureux : ici le portail de ville (qui est une muraille équipée d'une porte) est confondu avec la porte elle-même : c'est la porte qui est surmontée de l'écusson, non le portail, ce dernier flanqué et non accompagné de deux tours. |
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Carcassonne - ville basse
Ici aussi ainsi, on trouve deux anomalies: "Sans nombre", synonyme de "Semé" fait pléonasme; "supportant" signifie "posé dessus" ce qui n'est pas le cas de la croix, qui est en fait simplement "portée" - si on n'utilise pas le terme spécifique de "croisé" normalement utilisé ici. Un blasonnement plus correct serait : D'azur, semée de fleurs de lis d'or, au besant du même mis en c?ur, chargé d'un tourteau de gueules, surchargé d'un agneau pascal d'argent croisé d'or, le guidon aussi d'argent chargé d'une croix de sable. |
[] Les origines de Carcassonne
Carcassonne était très tôt l'emplacement d'un site protohistorique très actif situé près du fleuve Atax (l'Aude). C'est la première apparition connue du toponyme Carcasso. Pline l'Ancien cite ce nom[19] au premier siècle avant J.-C. mais il semble que le terme existait déjà au VIe siècle av. J.-C..[20] Le site originel de Carcassonne se trouvait sur le plateau où passe l'actuelle autoroute A61. Il s'est ensuite déplacé au VIe siècle vers l'emplacement actuel de la cité de Carcassonne sans raison connue. À la fin du IIe siècle av. J.-C., le lieu est déjà un oppidum avec des fossés et héberge des habitations gauloises. En 118 av. J.-C., les Romains s?emparent du lieu occupé par les Volques Tectosages et fortifient l?oppidum.
Ensuite les Wisigoths s?emparent de l?oppidum au Ve siècle, [21] puis les Sarrasins au VIIIe siècle qui resteront environ trente ans avant d'être chassés par les Francs. Ces derniers laisseront le nom de Karkashuna. D'autres noms apparaissent comme Carcasona ou Carcassione.[22] Après l?éclatement de l'Empire Carolingien, l?époque féodale s?instaure avec à la tête de la ville la famille Trencavel qui va y régner en dynastie du XIe siècle au XIIIe siècle. Carcassonne prospère et prend une place stratégique très importante dans le Languedoc.
[] Le Moyen Âge
Le catharisme atteint Carcassonne qui aura beaucoup d'adeptes dans ses murs. Les cathares étant protégés par le vicomte Raimond-Roger Trencavel, la ville devient terre d?hérésie aux yeux du pape. En conséquence, elle subira de plein fouet les feux de la croisade dirigée par Simon de Montfort. C'est ainsi qu'au mois d'août 1209, l'armée des Croisés met le siège devant Carcassonne. Les deux bourgs tombent rapidement, ils sont brûlés et détruits. L'enceinte de la Cité va résister à l'assaillant. C'est la sécheresse et la soif qui feront capituler le vicomte de Carcassonne au bout de deux semaines de siège. Il sera aussitôt jeté en prison où il mourra très vite.[23] Dès la prise de la Cité les terres des Trencavel sont attribuées à un des Barons du nord, le célèbre Simon de Montfort. Son fils donnera ses terres au roi de France, qui les intégrera au domaine royal en 1224.[24]
Ce dernier événement est majeur dans l'histoire de Carcassonne. Après la tentative de révolte des Carcassonnais menée par le fils du vicomte Trencavel en 1240, Saint Louis chasse la population de la ville, et l'autorise à s'établir sur l'autre rive du fleuve : c'est la création d?une ville nouvelle. Une bastide est alors créée en contrebas de la Cité de Carcassonne.[25] Carcassonne devient alors une ville bicéphale où une concurrence acharnée a lieu économiquement et socialement entre Cité et Bastide. Progressivement, la Bastide Saint-Louis va prospérer économiquement au point de surpasser la Cité qui perd au fur et à mesure tous ses pouvoirs et son rayonnement politique.
La ville basse est dotée d'un consulat en 1248. Six consuls gouvernent la ville aidés par des notables. Au XIVe siècle, la ville est le premier centre de production textile du royaume, dont la matière première utilisée est la laine. Elle provient des élevages de la Montagne Noire et des Corbières. Les productions étaient exportées vers les grands comptoirs européens comme Constantinople ou Alexandrie.[26] En 1348, la ville est touchée par la peste comme le reste du pays et l'épidémie est récurrente jusqu'au siècle suivant. À cette même période, la guerre de Cent Ans provoque de nombreux dégâts. Le prince Noir dévasta par le feu la ville basse en 1355 en épargnant la cité de Carcassonne.[27] Un siège aurait été trop long et l'aurait ralenti dans son entreprise de pillage. La bastide fut reconstruite et fortifiée en 1359. L'industrie du drap reprend et se développe.
[] Du XVIe au XVIIIe siècle
À partir de cette période, la ville basse connaît une croissance supérieure à celle de la cité qui perd son rôle militaire. En 1531, le protestantisme fait son apparition, mais les calvinistes sont chassés de la ville basse qui se fortifie de plus belle. C'est une base pour les catholiques qui partent en guerre contre les villages protestants de la région : Limoux, Bram? De plus des rivalités apparaissent entre la cité et la ville basse provoquant des destructions de la ville basse. Au début des années 1560, les protestants de la ville sont massacrés.[28] Charles IX passe dans la ville lors de son tour de France royal (1564-1566), accompagné de la Cour et des Grands du royaume : son frère le duc d?Anjou, Henri de Navarre, les cardinaux de Bourbon et de Lorraine.[29]
Petit à petit la Cité perd de son importance avec le transfert de nombreuses institutions à la ville basse croissante. La richesse due au commerce drapier permet d'embellir la ville. Des hôtels luxueux sont construits, l'eau est amenée jusqu'à la ville, le pavage et l'éclairage des rues rendent la ville plus moderne. Les vieux remparts et portes de la ville basse sont démolis au XVIIIe siècle, le portail des Jacobins est construit à cette époque. Malheureusement, de nombreux problèmes causent la perte de cette mono-industrie. Sous la Restauration, l'activité est mécanisée et les salaires sont tirés vers le bas. La viticulture rentre en concurrence et la misère gagne la cité de Carcassonne et ses derniers tisserands. À la Révolution française, la ville est peu engagée et l'industrie drapière est concurrencée par les Anglais provoquant des baisses de salaires importantes. Le 29 janvier 1790, le département de l'Aude est créé et Carcassonne en devient le chef-lieu.[30] Mais les prix de la nourriture augmentent, la famine et le mécontentement populaire se font sentir.
Carcassonne absorbe Carcassonne-Cité entre 1795 et 1800.
[] XIXe et XXe siècles
Au XIXe siècle, un changement dans les mentalités intervient et une prise de conscience pour les monuments historiques s'annonce, on veut restaurer et valoriser le patrimoine français. La Cité, complètement ruinée et miséreuse va recevoir le soutien d?érudits Audois et Carcassonnais tel Jean-Pierre Cros-Mayrevieille soutenu par Prosper Mérimée, Inspecteur des monuments historiques. Les premiers travaux de restauration portent sur la Basilique Saint-Nazaire-et-Saint-Celse.
De nombreuses expropriations ont ensuite lieu, supprimant la totalité de l?habitat construit dans les lices et excluant une partie de la population de la Cité. Un demi-siècle de travaux aura lieu pour restituer toute la grandeur du XIIIe siècle au plus grand ensemble de fortification du Moyen Âge d?Occident. L?architecte Viollet-le-Duc, spécialiste des restaurations en France, portera ce chantier avec réussite mais déclenchera parfois une certaine polémique sur ses choix de restaurations et sur ses initiatives personnelles assez particulières. Il n'en demeure que la Cité de Carcassonne est globalement très bien restaurée, la restauration portant sur seulement 30 % du bâti (crénelages, toitures).
En 1907, les vignerons Carcassonnais participent à la révolte des vignerons pour dénoncer les problèmes qui affectent la viticulture du Languedoc. La fraude récurrente de certains producteurs, la surproduction, le mildiou et la concurrence provoquent leur colère et demande à l'état, qui dans un premier temps ne réagit pas, de mettre en place une réglementation sur les productions viticoles. Carcassonne rejoint en septembre 2007 la Confédération générale des vignerons (CGV), la première union syndicale.[31]
En 1944, la cité de Carcassonne est occupée par les troupes allemandes qui utilisent le château comtal comme une réserve de munitions et d'explosifs. Les habitants sont expulsés de la cité. Joë Bousquet, commandeur de la Légion d'honneur, s'indigne de cette occupation et demande par lettre au préfet la libération de la cité considérée par tous les pays comme une ?uvre d'art qu'il faut respecter et laisser libre.[32]
En avril 1996, Rémy Cazals organise le colloque de Carcassonne sur la Première Guerre mondiale qui permettra de publier Traces de 14-18[33] et de faire avancer l'historiographie de la première guerre mondiale.
En 1997, La Cité de Carcassonne atteint la consécration en obtenant son classement sur la liste des sites au patrimoine mondial de l'humanité par l?UNESCO et la ville basse de Carcassonne « La Bastide Saint-Louis » est classée secteur sauvegardé. Aujourd?hui, plus de trois millions de touristes en font un des lieux les plus visités d?Europe.[34]
Le 6 novembre 2003 eu lieu à Carcassonne dans l'hôtel de la Cité le 16e sommet franco-espagnol en présence de José Maria Aznar, chef du gouvernement espagnol, de Jacques Chirac, président de la République et de 13 ministres des deux pays.
Le 29 juin 2008 pendant les journées "Portes ouvertes" à Carcassonne du 3éme Régiment parachutiste d'infanterie Marine, suite à une erreur d'approvisionement de tir (balles réelles au lieu de balles à blanc) un accident provoque des blessures graves sur 17 personnes parmi le public. Cette affaire devenue Nationale aprés la visite sur place du président de la république, Nicolas Sarkozy accompagné de son ministre de la défense, entraina la démmission du chef d'état-major des armées.
[] Politique et administration
Carcassonne est le chef-lieu de quatre cantons :
- le canton de Carcassonne-Centre est formé d'une partie de Carcassonne (11 030 habitants) ;
- le canton de Carcassonne-Est est formé d'une partie de Carcassonne et des communes de Berriac, Cavanac, Cazilhac, Couffoulens, Leuc, Mas-des-Cours et Palaja (17 970 habitants) ;
- le canton de Carcassonne-Nord est formé d'une partie de Carcassonne et de la commune de Pennautier (13 998 habitants) ;
- le canton de Carcassonne-Sud est formé d'une partie de Carcassonne (8 930 habitants).
C'est aussi la préfecture du département de l'Aude dont les locaux sont hébergés dans un bâtiment de 1760 de style Louis XV.[35] La ville fait aussi partie de la première circonscription de l'Aude qui contient 10 cantons et 99 717 électeurs.
Elle abrite plusieurs administrations et services publics sur son territoire : un bureau de poste (40, rue Jean-Bringer), un hôtel de police, une direction départementale des renseignements généraux, une compagnie républicaine de sécurité, un groupement de gendarmerie, [36] un poste de douane présent à l'aéroport de Carcassonne Salvaza, un centre des impôts[37] ainsi qu'une caserne de sapeurs-pompiers.[38] D'autres services publics sont disponibles comme un centre de sécurité sociale, une agence nationale pour l?emploi (ANPE), [39] un point d?accueil EDF-GDF et la caisse d'allocation familiale de l'Aude.[40]
Carcassonne fait partie de la juridiction d?instance, de grande instance et de commerce de Carcassonne, ainsi que de la cour d'appel de Montpellier.[41] La ville possède son propre palais de justice sur le boulevard jean Jaurès. De plus, l'armée est très bien implantée à Carcassonne avec des détachements de l'armée de Terre : le 3e régiment de parachutiste d'infanterie de marine hébergé à la caserne Laperrine datant du XVIIIe siècle, une délégation militaire départementale de l'Aude et le centre d'information et de recrutement de l'armée de Terre.[42]
[] Administration municipale et tendances politiques
Le conseil municipal est composé de quarante-trois membres, dont le maire et onze adjoints.[43] Le maire est également le président de la communauté d'agglomération du Carcassonnais. Il est secondé par vingt vice-présidents.[44] De plus, un conseil municipal des enfants est formé de 44 élèves de classes de CM1 et CM2 de vingt-deux écoles.[45]
Politiquement, Carcassonne est une ville de droite, les électeurs ayant voté majoritairement à droite pour les élections municipales depuis 1990. À noter que le maire de la commune depuis 2005, Gérard Larrat, est de droite (UMP). Il a succédé à Raymond Chesa lui-même de droite (UMP) après sa mort suite à une longue maladie.[46] Cependant, avant 1981, les maires de Carcassonne étaient de gauche et l'élection présidentielle de 2007 a montré une nette préférence pour la candidate de gauche au premier tour et une quasi-égalité droite/gauche au second tour.
À l?élection présidentielle de 2002, le premier tour a vu arriver en tête Jean-Marie Le Pen avec 23,50 %, suivi de Lionel Jospin avec 20,15 %, puis de Jacques Chirac avec 17,93 % et enfin Jean-Pierre Chevènement avec 5,36 %, aucun autre candidat ne dépassant le seuil des 5 %. Au second tour, les électeurs ont voté à 77,15 % pour Jacques Chirac contre 22,85 % pour Jean-Marie Le Pen avec un taux d?abstention de 17,27 %, résultat assez proche des tendances nationales (respectivement 82,21 % et 17,79 % ; abstention 20,29%) avec cependant quatre points supplémentaires pour Jean-Marie Le Pen.[47]
Au référendum sur le traité constitutionnel pour l?Europe du 29 mai 2005, les Carcassonnais ont largement voté contre la Constitution européenne, avec 59,63 % de Non contre 40,37 % de Oui avec un taux d?abstention de 29,84 % (France entière : Non à 54,67 % ; Oui à 45,33 %). Ces chiffres sont assez conformes à la tendance départementale de l'Aude (Non à 64,62 % ; Oui à 35,38 %) mais légèrement supérieurs à la moyenne du département démontrant le caractère privilégié des habitants de la ville par rapport au reste du département rural, l'électorat ayant choisi le vote positif étant, selon les analystes politiques, le fait d'une population plus privilégiée économiquement et d'un plus haut niveau d'éducation.[48]
À l?élection présidentielle de 2007, le premier tour a vu se démarquer en tête Ségolène Royal avec 31,13 %, suivi par Nicolas Sarkozy avec 29,60 %, François Bayrou avec 13,71 %, Jean-Marie Le Pen avec 13,33 %, puis Olivier Besancenot avec 3,75 %, et enfin Marie-George Buffet avec 2,29%, aucun autre candidat ne dépassant le seuil des 2 %. Le second tour a vu arriver en tête Nicolas Sarkozy avec 50,30 % (résultat national : 53,06 %) contre 49,70 % pour Ségolène Royal (national : 46,94 %).[49] La victoire au premier tour de la gauche à Carcassonne montre un retournement depuis plusieurs années de la dominance de la droite.
A l'heure actuelle la ville est secouée par des tensions politiques. En effet en mars 2008, le maire sortant Gérard Larrat(UMP) aurait gagné l'élection de 56 voix face à Jean-Claude Perez(PS) mais cette victoire est contestée par la liste adverse qui a déposé un recours au tribunal. En cause de potentielles fausses procurations, 2 mises en examen, et de possibles pressions venant de la mairie. Les médias nationaux commencent à s'intéresser à l'histoire et le feuilleton n'est pas terminé...
[] Les maires de Carcassonne
| Liste des maires successifs | ||||
| Période | Identité | Parti | Qualité | |
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| mars 2005 | En fonction | Gérard Larrat | UMP | Avocat, ancien député, 1er adjoint il assure l'intérim |
| mars 1983 | mars 2005 | Raymond Chesa | RPR puis UMP | Professeur, conseiller général, conseiller régional, député européen |
| mars 1981 | mars 1983 | Fernand Ancely | PS | Cadre bancaire, adjoint du maire, il assure l'intérim à la mort d' Antoine Gayraud |
| octobre 1968 | mars 1981 | Antoine Gayraud | SFIO puis PS | Pharmacien, conseiller général, conseiller régional, député |
| janvier 1953 | septembre 1968 | Jules Fil | SFIO | Enseignant, député puis sénateur, conseiller général |
| mai 1950 | janvier 1953 | Marcel Itart-Longueville | Avocat | |
| octobre 1947 | mars 1950 | Philippe Soum | Docteur | |
| avril 1945 | octobre 1947 | Henri Gout | Parti républicain, radical et radical-socialiste | Docteur, député, président du Comité de Libération |
| février 1941 | août 1944 | Gaston Jourdanne | Avocat | |
| décembre 1919 | février 1941 | Albert Tomey | Docteur - Révoqué par le gouvernement de Vichy |
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| mai 1908 | décembre 1919 | Gaston Faucilhon | Radical-socialiste | Courtier en vins |
| mai 1896 | mai 1908 | Jules Sauzede | Radical-socialiste | Propriétaire viticole, député, conseiller général |
| 1885 | 1885 | Jean-Antoine Marty | - | Avocat, député et ministre du Commerce de décembre 1893 à mai 1894 |
[] Fiscalité
Les quatre taxes de 2006 furent votées par le conseil municipal de Carcassonne pour des taux de : 15,23 % pour la taxe d'habitation, 39,82 % pour la taxe foncière bâti, 107,99 % pour la taxe foncière non bâti, et 21,33 % pour la taxe professionnelle (taux intercommunal).[50] Les taux départementaux étaient respectivement la même année de 9,43 %, 21,17 %, 54,93 % et 14,68 %.
Cette fiscalité est très supérieure à la moyenne départementale pour les communes de population équivalente. Ces taux sont à titre de comparaison et respectivement 11,44 %, 28,63 %, 67,79 % et 14,37 % pour Narbonne. Narbonne est de taille équivalente à Carcassonne mais possède un dynamisme et une économie liée au tourisme et à des entreprises privées plus nombreuses.
La taux de la fiscalité directe locale est de 15,23 % en 2006 ce qui est là aussi supérieur au taux départemental avec 9,43 %.[51]
Le taux de la taxe d?habitation de 13,82 % en 2003 et 15,23 % 2006 comme les autres taxes est en augmentation constante depuis plusieurs années, [52] contrairement à Narbonne qui a réussi à maintenir ces taux entre 2003 et 2006, notamment les taxes foncières et professionnelles qui n'ont pas bougé.
Enfin, la municipalité doit supporter le poids de la dette « Orta » depuis plusieurs années. Cette dette vient d'un projet de centre international de congrès financé par la municipalité lors du mandat de Raymond Chesa. La construction du site a été confiée un promoteur immobilier appelé « Orta ». Le promoteur s'est enfui avec le financement et la municipalité a été condamnée à rembourser l'argent emprunté. Cette dette est à l'origine d'une partie de l'augmentation. Mais Carcassonne doit aussi rattraper son retard par rapport à Narbonne car elle a connu une période d'immobilisme durant laquelle aucun investissement n'avait été fait sur la commune.[53] Aujourd'hui, de nombreux projets d'aménagement et d'infrastructures sont en cours.
[] Sécurité
Le taux de criminalité de la circonscription de police de Carcassonne est de 108,60 actes pour 1000 habitants (crimes et délits, chiffres 2005) ce qui en fait le plus élevé de l'Aude, très largement supérieur à la moyenne nationale (83/1000). Ce taux correspond au taux de criminalité de la région Languedoc-Roussillon (109,31/1000). Le taux de résolution des affaires par les services de police est de 24,51 %, le plus faible du département et de la région mais proche des moyennes régionale (26,79 %) et nationale (28,76 %).[54]
[] Politique environnementale
La ville réalise plusieurs projets de gestion de l'environnement. Un tri sélectif a été mis en place en 2005 et a permis de traiter 750 tonnes d'ordures ménagères. Ce dispositif a nécessité la mise en place de la déchèterie de La Fajolle, de faire des campagnes de sensibilisation auprès des citoyens et des écoles et l'extension de l'aire de compostage au pôle environnementale de Salvaza.[7] La ville a investi 28 000 000 d'euros dans la station d?épuration et l'usine de compostage de Saint-Jean.
[] Jumelage
Eggenfelden (Allemagne) depuis 1973[55]
[] Population et Société
[] Démographie
La ville de Carcassonne comptait 43 950 habitants au dernier recensement de l'INSEE en 1999 ce qui la place au 127e rang national. Carcassonne est la ville la plus peuplée de l'Aude après Narbonne (46 506 hab). La densité de la commune est de 675 hab/km². C'est aussi la plus densément peuplée par rapport à Narbonne (269 hab/km²), Limoux (290 hab/km²) ou Castelnaudary (228 hab/km²). Mais cette densité est largement inférieure à des villes comme Toulouse (3 299 hab/km²), Montpellier (3 965 hab/km²) ou Perpignan (1 544 hab/km²). C'est aussi l'aire urbaine la plus peuplée du département avec 82 577 habitants couvrant 61 communes avant Narbonne (70 750 hab), Castelnaudary (19 079 hab) et Limoux (15 160 hab).[56]
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Revue de presse Carcassonne
