Cambrai
Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
| Cambrai | |
| Pays | |
|---|---|
| Région | Nord-Pas-de-Calais |
| Département | (sous-préfecture) |
| Arrondissement | Cambrai (chef-lieu) |
| Canton | Chef-lieu des cantons de Cambrai-Est et Cambrai-Ouest |
| Code Insee | 59122 |
| Code postal | 59400 |
| Maire Mandat en cours |
François-Xavier Villain 2008-2014 |
| Intercommunalité | Communauté d'agglomération de Cambrai |
| Latitude Longitude |
|
| Altitude | 41 m (mini) ? 101 m (maxi) |
| Superficie | 18,12 km² |
| Population sans doubles comptes |
33 716 hab. (1999) |
| Densité | 1 861 hab./km² |
Cambrai (Kamerijk en néerlandais, Camaracum en latin) est une commune française d'environ 35?000 habitants, située dans le département du Nord et la région Nord-Pas-de-Calais.
La région de Cambrai est appelée le Cambrésis. Cambrai, connue surtout pour ses « bêtises », est chef-lieu d'arrondissement et de deux cantons. Ses habitants sont les Cambrésiennes et les Cambrésiens.
Érigée en capitale des Nerviens à la fin de l'Empire romain, Cambrai est depuis longtemps le siège d'un évêché (Fénelon, surnommé « le cygne de Cambrai », en fut archevêque), et jusqu'à son rattachement à la France en 1678 fut le centre d'une petite principauté ecclésiastique officiellement indépendante, à l'intérieur du Saint-Empire romain germanique. Les terres fertiles qui l'entourent et l'industrie textile font sa prospérité au Moyen Âge, mais à l'époque moderne elle perd de son importance, s'industrialise beaucoup moins que ses voisines du Nord-Pas-de-Calais et ne réussit pas à attirer les grandes lignes de chemin de fer qui relient Paris au Nord et à la Belgique. Occupée par l'armée allemande pendant la Première Guerre mondiale, Cambrai voit se dérouler à ses portes en 1917 la bataille qui porte son nom, où les tanks sont pour la première fois utilisés massivement. Le développement économique et démographique qui suit la Seconde Guerre mondiale est brutalement inversé par le premier choc pétrolier de 1973.
Cambrai est aujourd'hui une ville moyenne aux fonctions locales, qui a su garder un cadre de vie agréable et cherche un nouveau souffle économique grâce à sa position sur les grands axes autoroutiers et fluviaux.
Sommaire |
[] Géographie
[] Situation
Cambrai appartient au réseau dense des villes du Nord que ne séparent que quelques dizaines de kilomètres : Douai n'est qu'à 26 km, Valenciennes à 32 km, Arras à 36 km, Saint-Quentin à 39 km.
Cambrai n'est pas très éloignée de plusieurs des grandes métropoles européennes : Lille, la capitale régionale, est à 62 km, Bruxelles à 122 km, Paris à 173 km et Londres à 265 km.
[] Communes limitrophes
Escaud?uvres, Ramillies, Tilloy-lez-Cambrai, Neuville-Saint-Rémy, Raillencourt-Sainte-Olle, Fontaine-Notre-Dame, Proville, Rumilly-en-Cambrésis, Niergnies, Awoingt, Cauroir.
[] Site
Cambrai est située sur une nappe de craie du crétacé qui forme la limite nord du Bassin Parisien, entre, à l'est, les collines de la Thiérache et de l'Avesnois, contreforts des Ardennes, et au nord-ouest les collines de l'Artois. C'est un point relativement plus bas que ces deux régions, appelé « seuil du Cambrésis », ou « seuil de Bapaume », qui facilite le passage entre le Sud et le Nord : Bapaume (Artois) est à 100 m. d'altitude, Avesnes-sur Helpe (Avesnois) à 143 m et Cambrai à 41 m. seulement. Le canal de Saint-Quentin, le canal du Nord, les autoroutes A1, A2 et A26, empruntent tous ce passage entre le bassin de la Seine et les plaines du Nord.
La ville de Cambrai s'est construite sur la rive droite de l'Escaut, à l'endroit où le fleuve devient navigable : il est aujourd'hui (et depuis 1780) canalisé en aval de la ville, vers le nord.
[] Climat
Le climat de Cambrai présente les caractéristiques du climat océanique. Les précipitations sont réparties également toute l'année, avec des maxima au printemps et en automne, le mois de février étant le plus sec. Le total annuel des précipitations, contrastant avec l'image pluvieuse de la région, est relativement modeste (642 mm à Cambrai-Épinoy)?: identique à la station de Paris-Montsouris, qui est à la même altitude, il est inférieur à ceux de Toulouse (656 mm) ou Nice (767 mm). Cependant le nombre de jours de pluie (63 à Nice, 120 à Cambrai) confirme le caractère océanique du climat.
L'amplitude thermique moyenne entre l'hiver et l'été ne dépasse pas 15°C. Si on établit à nouveau une comparaison avec Paris, on constate que Cambrai est plus froid de 1,5 à 2°C, toutes saisons confondues[1]. En moyenne, il y a 71 jours de brouillard par an (Paris-Montsouris 13), 15 jours d'orage (Paris-Montsouris 19) et 20 jours de neige (Paris-Montsouris 15).
Si on compare les données de Cambrai et de Dunkerque ou Boulogne-sur-Mer[2] on constate des températures minimales plus froides et des maximales plus chaudes à Cambrai, l'écart étant d'environ 2°C, ainsi qu'un plus grand nombre de jours de gel et des précipitations moins fortes: il s'agit d'un climat océanique dit « de transition », avec quelques influences continentales.
| Mois | Janv | Fév | Mars | Avr | Mai | Juin | Juil | Août | Sept | Oct | Nov | Déc | Année |
|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|
| Températures minimales moyennes (°C) | 0,1 | 0,3 | 2,1 | 4,1 | 7,6 | 10,4 | 12,3 | 12,1 | 10,1 | 7,2 | 3,2 | 0,9 | 6,4 |
| Températures moyennes (°C) | 2,5 | 3,3 | 5,8 | 8,6 | 12,4 | 15,3 | 17,3 | 17,3 | 14,8 | 11,1 | 6,0 | 3,4 | 9,8 |
| Températures maximales moyennes (°C) | 4,9 | 6,3 | 9,5 | 13,0 | 17,2 | 20,2 | 22,3 | 22,4 | 19,5 | 14,9 | 8,9 | 5,8 | 13,7 |
| Cumuls mensuels de précipitations (mm) | 47,5 | 39,7 | 51 | 46,2 | 59,1 | 66,3 | 57,4 | 52,4 | 51,3 | 58,1 | 60,9 | 52,1 | 642 |
[] Histoire
Camaracum était un bourg rural (vicus) à l'époque romaine. Au milieu du IVe siècle l'avance des Francs vers le sud menace Bavay, chef-lieu de la « cité des Nerviens », et vers le début du Ve siècle Cambrai remplace Bavay comme capitale. En 430, commandés par le roi Clodion le Chevelu, les Francs Saliens s'emparent de la ville. En 509, Clovis rattache la ville à son royaume Franc.
C'est à l'époque mérovingienne, marquée par une longue période de paix, que Cambrai devient véritablement une ville. Les évêchés d'Arras et de Cambrai sont fusionnés, puis le siège transféré à Cambrai, centre administratif de la région. Les évêques qui se succèdent (Vaast, Wédulphe, Géry, Aubert) fondent des églises où sont déposées des reliques et Cambrai prend l'aspect et les fonctions d'une véritable ville.
Le traité de Verdun de 843 qui partage l'empire de Charlemagne place le comté de Cambrésis dans le royaume de Lothaire. Il sera rattaché au Saint Empire romain germanique en 925. En conséquence l'Escaut devient pour huit siècles la frontière du royaume de France et de l'Empire.
En 948, Otton Ier accorde à l'évêque les pouvoirs temporels sur la ville. Cambrai et le Cambrésis deviennent une principauté ecclésiastique, comme celle de Liège, indépendante mais rattachée au Saint-Empire.
En 958, Cambrai voit naître l'une des premières communes en Europe : ses habitants se révoltent contre l'évêque. Cette rébellion est sévèrement réprimée mais l'affrontement renaît au Xe siècle. La commune insurrectionnelle est à nouveau proclamée en 1077[4] et en 1102[réf. nécessaire], mais toujours sans succès. En 1226, après une nouvelle période de troubles, les « bourgeois » doivent finalement renoncer à leurs chartes, tout en gardant, en fait sinon en droit, un certain degré d'autonomie dans la gestion des affaires communales.
La ville prospère et s'agrandit grâce à la production de draps et de toile de lin. Du XVe au XVIIe siècle, Cambrai est un centre culturel important, surtout dans le domaine musical, dont la cathédrale gothique, reconstruite après 1148, est le centre : Guillaume Dufay, un des plus célèbres musiciens de l'Europe du XVe siècle, travaille à Cambrai. Des compositeurs comme Johannes Tinctoris, Ockeghem et d'autres se rendent dans la ville pour y étudier la musique.
La ville connaît un déclin économique à partir du XVe siècle. Cependant sa neutralité réaffirmée entre l'Autriche et la France en fait le lieu de plusieurs congrès internationaux, dont le traité de Cambrai de 1508 et la paix des Dames, signée en 1529.
En 1543, Cambrai est rattachée aux domaines de Charles Quint. Il y fait construire une citadelle. En 1677, Louis XIV, qui veut « assurer à jamais le repos de ses frontières », décide de prendre Cambrai et se porte en personne devant la ville. Elle est prise par Vauban[5] le 19 avril 1677. Par le traité de Nimègue signé le 10 août 1678 l'Espagne abandonne Cambrai, définitivement rattachée à la France.
Le premier archevêque nommé par le roi est François de Salignac de La Mothe-Fénelon. Le « Cygne de Cambrai » y écrit les Maximes des Saints. Son zèle est inlassable pour éclairer les fidèles et convertir les infidèles.
La ville souffre de la Révolution : en 1794, Joseph Le Bon, missionné par le Comité de salut public, arrive à Cambrai où il fera régner la terreur. La plupart des bâtiments religieux de la ville sont démolis ou saccagés : en 1797, la cathédrale, « merveille des Pays-Bas », est vendue à un marchand qui n'en laisse que la tour. Privée d'appui, elle s'effondre en 1809.
La guerre franco-prussienne de 1870 épargne largement Cambrai. Elle montre aussi l'inutilité des fortifications, que la ville obtient l'autorisation de raser, à ses frais, en 1891. Des boulevards extérieurs sont construits et lotis à l'emplacement des remparts entre 1894 et le début du XXe siècle. L'aspect de la ville s'en trouve radicalement transformé.
En 1914, l'armée allemande occupe la ville : cette occupation qui dura quatre ans fut marquée par des scènes de pillages, de réquisitions et d'arrestations d'otages. Du 20 novembre au 17 décembre 1917, les environs de la ville de Cambrai furent le théâtre de la bataille de Cambrai, qui vit pour la première fois l'utilisation massive des tanks.
En 1918, les Allemands incendièrent le centre de la ville avant de la quitter, détruisant l'hôtel de ville ainsi que les archives municipales. Au total, plus de 1.500 immeubles sur les 3.500 que comptait Cambrai furent totalement détruits. Tout le centre était à reconstruire, tâche qui fut confiée à l'architecte Pierre Leprince-Ringuet.
La Seconde Guerre mondiale frappe à nouveau Cambrai : les raids aériens des alliés dirigés contre les voies ferrées détruisent 803 immeubles, en endommagent 3 329 sur un total de 7 464 et font de nombreuses victimes.
[] Vie militaire
Deux unités militaires ont été en garnison à Cambrai: le 1e Régiment d'Infanterie, d'avant 1906 à 1914 puis en 1939 - 1940 et le 4e Régiment de Cuirassiers, d'avant 1906 à 1914.
[] Héraldique
| Cambrai
D'or, à l'aigle bicéphale éployée de sable, becquée et membrée de gueules, chargée en c?ur d'un écusson d'or à trois lioncaux d'azur Les armes sont aussi présentées au sein de la ville avec un lambel rouge surmontant le c?ur qui peut être d'argent autant que d'or. Les armes qui représentent le duché-pairie de Cambray sont d'ailleurs d'argent à trois lioncaux d'azur. |
[] Devise
- 1579 : Cambray, cité de paix
- 1580 : Concordia res parvae crescunt (« Par la concorde grandissent les petites choses »). Cette devise est la même que celle des Provinces-Unies (cf. L'union fait la force)
- Devise actuelle : Fière de son passé, sûre de son avenir
[] Démographie
Evolution de la population de la ville de Cambrai de 1794 à 1999
(2005 : estimation[6]) (Sources : INSEE - CassiniEHESS)

| 1794 | 1800 | 1806 | 1820 | 1831 | 1836 | 1841 | 1846 | 1851 | 1856 | 1861 | 1866 |
|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|
| 15427 | 13799 | 15608 | 15851 | 17646 | 17846 | 20141 | 20648 | 21344 | 21405 | 22557 | 22207 |
| 1872 | 1876 | 1881 | 1886 | 1891 | 1896 | 1901 | 1906 | 1911 | 1921 | 1926 | 1931 |
| 22897 | 22079 | 23448 | 23881 | 24122 | 25250 | 26586 | 27832 | 28077 | 26023 | 29193 | 28542 |
| 1936 | 1946 | 1954 | 1962 | 1968 | 1975 | 1982 | 1990 | 1999 | 2005 | ||
| 29655 | 26129 | 29567 | 32897 | 37532 | 39049 | 35272 | 33092 | 33738 | 32800 | ||
| Nombre retenu à partir de 1962 : Population sans doubles comptes 2005: estimation |
|||||||||||
L'unité urbaine de Cambrai comptait 48 239 habitants en 1999, et l'aire urbaine 58 828 habitants. Dans d'autres régions moins peuplées Cambrai serait une ville importante, mais dans le Nord-Pas-de-Calais, densément peuplé et urbanisé, la ville et son agglomération viennent loin derrière Lille (1 143 125 habitants), Douai-Lens (552 682), Valenciennes (399 677), Dunkerque (265 974) ou Maubeuge (125 000) et à égalité avec Armentières (58 706).
La population de Cambrai a peu augmenté au fil des siècles : estimée à 10 000 âmes au XVe siècle, elle n'est, selon un Mémoire d'intendant qui la décrit comme « fort diminuée », que de 12 000 en 1698[7]. À la fin de la Révolution (1801) elle n'est encore que de 15 000 habitants environ.
Elle augmente lentement mais régulièrement au long du XIXe siècle avec un fléchissement net au début du XXe siècle : la natalité, comme partout ailleurs en France, est en baisse. En même temps la mortalité infantile reste élevée (20,3% en 1900, 10,2% à la veille de la guerre)[8], ce qui explique la faible croissance naturelle.
L'accroissement de la population reprend à un rythme soutenu entre la fin de la Seconde Guerre mondiale et le début des années 1970 (les Trente Glorieuses), grâce à l'accroissement naturel (baby-boom et forte régression de la mortalité infantile) et à l'exode rural, qui vide lentement les villages du Cambrésis de leur population au profit (partiel) de la ville de Cambrai. Ce dynamisme montre cependant des signes d'essoufflement dès 1968 : en effet la progression des emplois (+27,5% de 1952 à 1975) n'a pas suivi celle de la population (+44,2%)[9].
La courbe s'inverse brutalement à partir du premier choc pétrolier de 1973. La population de la ville diminue fortement à partir du recensement de 1975, le solde migratoire largement positif des années 60 devenant négatif, tandis que le solde naturel, qui reste positif, a tendance à se réduire. Nombre d'activités traditionnelles ont disparu (chocolaterie, brasserie, chicorée, tissages, métallurgie?), représentant plusieurs milliers d'emploi. De plus les régions voisines de Douai et Valenciennes sont elles aussi touchées par la désindustrialisation, ce qui prive d'emplois certains salariés migrants habitant Cambrai.
| 1962-68 | 1968-75 | 1975-82 | 1982-90 | 1990-99 | |
|---|---|---|---|---|---|
| solde naturel | 2111 | 3027 | 1855 | 1487 | 1088 |
| solde migratoire | 2500 | -1562 | -5632 | -3667 | -442 |
| total | 4611 | 1465 | -3777 | -2180 | 646 |
La pyramide des âges de Cambrai était au recensement de 1999 assez proche de celle de la moyenne française, avec cependant des tranches 0-29 ans plus importantes, et un déficit assez net dans la tranche des 45-59 ans, conséquence possible du solde migratoire négatif.
| Cambrai[11] | France[12] | ||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|
|
|
[] Sociologie
La répartition de la population de Cambrai (population active de 15 ans ou plus ayant un emploi) par catégorie socioprofessionnelle[13] montrait en 1999 une légère sous-représentation des « cadres et professions intellectuelles supérieures » (11,6%) par rapport à la moyenne française (13,1%) ainsi que pour les « artisans, commerçants et chefs d'entreprise » (6,0% contre 13,1%) et inversement des proportions légèrement plus fortes des « ouvriers » (27,7% contre 25,6%), des « employés » (29,3% contre 28,8%) et des « professions intermédiaires » (25% contre 23,1%) 25,6%). Le pourcentage d'agriculteurs est naturellement faible à Cambrai (1,5%).
La répartition de la population de plus de 15 ans non scolarisée par niveau d'études[14] montrait en 1999 des taux comparables à ceux du pays pour les niveaux III et IV (baccalauréat ou bac + 2 années d'études), mais un retard certain sur la moyenne française en ce qui concerne les études supérieures (niveaux I et II), même si la situation est légèrement plus favorable à Cambrai qu'en moyenne dans la région. La présence d'antennes universitaires à Cambrai devrait, à terme, permettre à davantage de jeunes Cambrésiens d'accéder aux études supérieures.
| Cambrai | Région | France | ||
|---|---|---|---|---|
| aucun diplôme | (niveau VI) | 19,5 | 23,3 | 20,0 |
| CEP | (niveau VI) | 19,3 | 18,9 | 17,3 |
| BEPC | (niveau VI) | 9,3 | 8,2 | 8,1 |
| CAP ou BEP | (niveau V) | 24,0 | 24,9 | 24,8 |
| Bac ou BP | (niveau IV) | 12,6 | 11,0 | 12,2 |
| Bac + 2 | (niveau III) | 8,4 | 7,5 | 8,5 |
| Supérieur | (niveaux I et II) | 6,9 | 6,3 | 9,1 |
Avec un revenu moyen par ménage[15] de 13 716 ? par an Cambrai est nettement en-dessous de la moyenne nationale de 15 027 ?, mais à un niveau comparable à celui des villes voisines telles que Douai, Valenciennes ou Saint-Quentin. Selon l'INSEE le Nord-Pas-de-Calais fait partie, avec le Languedoc-Roussillon et la Corse, des régions de France où les revenus sont les plus faibles[16].
Il faut noter en même temps que le patrimoine moyen des redevables de l'ISF est proche à Cambrai de la moyenne nationale (1 483 847 ? contre 1 493 167 ?). Ceci laisse supposer un écart important des revenus, ce que semble confimer l'INSEE[16].
[] Logement
Cambrai comptait 15 675 logements en 1999[17].
La proportion de logements individuels y est plus forte que dans le reste du pays (61,5% contre 56,8%), suivant en cela une tendance régionale (73,9% de logements individuels pour le Nord-Pas-de-Calais)[18]. On peut y voir aussi une conséquence de la présence à Cambrai du siège social du Groupe Maison Familiale, promoteur de maisons individuelles d'envergure national particulièrement actif dans les années 60 à 80. Du fait de la taille relativement modeste de la ville et de la forte proportion de maisons individuelles, Cambrai ne comporte pas de « grands ensembles » où se concentrent les problèmes sociaux.
Les résidences principales dominent largement, à 90,6% contre 83% pour le reste du pays, et on note surtout la très faible proportion de résidences secondaires à Cambrai: 0,3% contre 9,2% pour la moyenne nationale[19].
La proportion de propriétaires, à 46,4%, est plus faible que dans le reste du pays (54,7%) ou dans la région (55,1%). Les locataires sont donc nettement plus nombreux, 50,5% à Cambrai contre un peu plus de 40% dans la région et en France. Parmi les logements en location, la proportion de logements HLM, à 19,2%, suit la tendance régionale (20,4%), qui est nettement supérieure à la moyenne nationale (16%)[20].
L'âge des logements à Cambrai se distingue à la fois des moyennes régionale et nationale. Les logements sont en moyenne plus anciens à Cambrai que dans la région ou le pays. La proportion de logements « anciens » (antérieurs à 1949), est proche de la moyenne régionale (40,6% à Cambrai contre 39,9% pour la région) mais nettement supérieure à la moyenne française de 32,9%. Les logements construits entre 1949 et 1974 représentent quant à eux 42,9% du total à Cambrai, nettement au-dessus des 31,5% de la région et des 33% du pays. On peut sans doute expliquer cette proportion élevée par les nécessaires reconstructions qui ont suivi les destructions de la Seconde Guerre mondiale, ainsi que par les programmes de construction de logements du Groupe Maison Familiale, mentionné plus haut, dans les années 60 et 70. Les logements plus récents sont relativement moins nombreux dans la ville que dans le reste de la France ou même dans la région: 11,8% des logements à Cambrai ont été construits entre 1975 et 1989, contre 21,7% dans la région et 23,7% en France; 4,6% ont été construits depuis 1990, contre 6,8% dans le Nord-Pas-de-Calais et 10,4% en France[21]. C'est probablement la conséquence du moindre dynamisme économique et démographique de la ville ces dernières années.
Enfin les logements sont légèrement mieux équipés à Cambrai que dans le reste de sa région, mais plutôt moins bien que la moyenne française[22]: ils comptent, en moyenne, plus de pièces à Cambrai que dans le reste du pays (4 pièces et plus: 63,9% à Cambrai contre 58,6 en France): c'est sans doute un effet de la proportion plus forte de logements individuels[23]. 3,8% n'ont ni baignoire ni douche (2,3% en France, 4,7% dans la région), 86,6% ont le chauffage central (78,2% dans la région, 84,1% en France), et 4,3% ont deux salles d'eau (4,4% dans la région, 10% en France).
[] Administration
Cambrai est le chef-lieu de l'un des six arrondissements du Nord. L'actuel sous-préfet de Cambrai est M. Alain Rousseau, nommé par décret en date du 31 août 2007[24].
Cambrai est divisé en deux cantons : le canton de Cambrai-Est (22 942 habitants en 1999) et le canton de Cambrai-Ouest (39 821 habitants en 1999).
Depuis le 22 décembre 1992 Cambrai est le siège de la communauté d'agglomération de Cambrai. La ville adhère également aux structures intercommunales suivantes :
- Syndicat intercommunal d'assainissement de l'agglomération cambrésienne (SIAC)
- S.I.V.U. « Scènes mitoyennes Cambrai Caudry »
- S.I.V.U. « Murs mitoyens »
- Syndicat intercommunal d'électricité du Cambrésis (SIDEC)
- Syndicat Mixte du Schéma de Cohérence Territoriale (SCoT) du Cambrésis (via la communauté d'agglomération de Cambrai)
- Syndicat mixte pour la valorisation du Haut-Escaut (via la communauté d'agglomération de Cambrai)
Cambrai a fusionné avec la commune de Morenchies en 1971.
[] Tendances politiques
Dans l'ensemble le vote à Cambrai est peu différent du vote national, mais le taux d'abstention y est souvent plus élevé: par d'exemple il était de 34,86% au référendum de 2005 (contre 30,63%); 22,07% au premier tour de l'élection présidentielle de 2007 (contre 16,23%); 38,13% au 1er tour des élections législatives de 2002 (contre 35,58%).
Les électeurs cambrésiens semblent plus circonspects vis-à-vis de l'Union européenne: le référendum sur la ratification du traité sur l'Union européenne de 1992 a été rejeté par à 53,35%, alors qu'au niveau national il était approuvé à une courte majorité de 51,04%. En 2005 le projet de loi portant sur la ratification du traité établissant une Constitution pour l'Europe était rejeté plus largement encore à Cambrai (59,8% de « non ») qu'au niveau national (54,67%).
À l'élection présidentielle de 2007 les résultats du 2ème tour sont très proches des chiffres nationaux: 54,07% pour Nicolas Sarkozy et 45,93% pour Ségolène Royal, contre respectivement 53,06% et 46,94% au niveau national. Au 1er tour Jean-Marie Le Pen obtenait un résultat un peu meilleur à Cambrai (13,28%) qu'en France (10,44%), tandis que François Bayrou était dans la situation inverse (16,77% contre 18,57). Arlette Laguillier (2,02%) et Olivier Besancenot (4,77%) étaient les seuls autres candidats à dépasser 1,5%. Au deuxième tour de l'élection présidentielle de 2002 Jacques Chirac arrivait largement en tête à Cambrai comme dans le reste du pays mais le score de Jean-Marie Le Pen y était plus élevé (21,11% contre 17,79%).
Aux élections législatives de 2007 François-Xavier Villain, candidat apparenté UMP et maire de Cambrai, obtenait 57,42% dès le premier tour (48,03% dans la circonscription). De ce fait tous les autres candidats étaient en-dessous du pourcentage national de leur parti, par exemple le Parti Socialiste à 22,91% contre 24,73%, le Parti communiste à 3,10% contre 4,29% ou l'UDF à 6,21% contre 7,61%. Le recul du Front national était aussi marqué à Cambrai (4,14%) qu'ailleurs (4,24%). On retrouve une situation proche aux élections de 2002[25].
Au plan municipal, Cambrai, après avoir constamment réélu un maire SFIO de la libération à 1977 en la personne de Raymond Gernez, est administrée depuis par des maires RPR ou apparenté UMP: Jacques Legendre jusqu'en 1992 puis François-Xavier Villain. Ce dernier a été élu député de la 18e circonscription du Nord le 16 juin 2002 et réélu le 26 juin 2007.
[] Fiscalité locale
Le taux de la taxe d'habitation, à 22,98% en 2006 (inchangé depuis plusieurs années[26]), est supérieur à la moyenne départementale (15,95%) mais inférieur à celui de la plupart des villes de taille comparable dans la région: par exemple il était la même année de 30,07% à Maubeuge, de 34,22% à Valenciennes, de 30,56% à Villeneuve-d'Ascq.
Le taux de la taxe professionnelle, perçue dans le cadre de la Communauté d'agglomération de Cambrai, était à peine supérieur en 2006 à la moyenne départementale, avec 14,18% contre 13,94%. Ce taux était là encore inférieur à la plupart des autres villes: Armentières 25,56%, Maubeuge 17,35%, Douai 14,11%, Villeneuve-d'Ascq 25,72%. Il faut noter que Cambrai n'arrive qu'en 24e position dans le département pour la base nette de cette taxe[27].
[] Quartiers
Cambrai est divisée en sept quartiers : Amérique, Cantimpré, Martin-Martine, Saint-Druon, Saint-Roch, Victor-Hugo et Faubourg de Paris.
[] Jumelages
Houma (Louisiane) (États-Unis)
Châteauguay (Canada)
Kamp-Lintfort (Allemagne) depuis 1989
Gravesend (Royaume-Uni) depuis 1989
Esztergom (Hongrie) depuis 1992
Pouchkine (Russie) depuis 2002 (partenariat avec la communauté d'agglomération de Cambrai[28])
Kantchari (Burkina Faso) (partenariat avec la Communauté d'agglomération de Cambrai[réf. nécessaire])
Cieszyn (Pologne) depuis 2007
[] Économie
[] Industrie et services
Cambrai est le siège de la Chambre de commerce et d'industrie du Cambrésis. En avril 2007, celle-ci a décidé de fusionner avec la Chambre de commerce et d'industrie d'Arras[29], décision remise en question le 4 octobre 2007 par le ministère de tutelle des chambres de commerce et d'industrie[30].
Histoire économique[31]
Dès le Moyen Âge Cambrai est à la fois un marché agricole pour sa région, qui produit surtout des céréales et de la laine, et un centre de tissage (drap, guède, toile, lin, mollequin). Cette double vocation persistera longtemps. La draperie décline à la fin du XIIIe siècle mais elle est remplacée par la batiste, spécialité de la ville, qui connaît sa plus grande vogue au XVIIe siècle. La production fléchit à son tour au siècle suivant, mais en 1775 on compte encore 58 000 pièces de batiste marquées à Cambrai.
L'activité économique décline sous le Premier Empire en raison des guerres et du blocus anglais. Au XIXe siècle le textile reste l'activité dominante de la ville, avec 1189 ouvriers en 1848. La batiste fait l'essentiel du commerce cambrésien avec d'autres productions telles que le savon ou le sel de mer raffiné. Des industries agroalimentaires se développent: brasserie, chicorée; la bêtise de Cambrai est inventée en 1850.
Au XIXe siècle la ville s'industrialise peu, surtout si on la compare à ses voisines. Les édiles municipaux refusent souvent l'installation de nouvelles usines, au nom de l'insalubrité ou du manque d'espace. Toutefois, selon le recensement de 1886 l'industrie fait vivre plus de 9000 personnes, alors que l'agriculture n'en emploie plus que 2000. La ville développe surtout sa fonction commerciale : au début du XXe siècle la succursale de la Banque de France de Cambrai occupe le 12e rang en France.
Après la Seconde Guerre mondiale la reconstruction stimule l'industrie du bâtiment. Des entreprises nouvelles se créent à partir de 1950 : bonneterie, mécanique, menuiserie emploient plusieurs milliers de personnes, tandis que disparaissent des fabrications traditionnelles: chicorée, chocolat, brasserie et tissages. La crise économique, à partir des années 1970, dégrade sérieusement la situation de l'emploi.
Développements récents
Les zones et parcs d'activité de l'agglomération sont au nombre de quatre :
- la zone industrielle de Cantimpré, au sud-ouest de la ville;
- le parc Actipôle, en bordure de l'autoroute A2 à 2 km à l'ouest de Cambrai, offre une surface totale de 97 hectares. Complètement occupé, il est en cours d'extension;
- la zone d'activités de Fontaine-Notre-Dame, à 1 km de l'autoroute A26, offre une surface totale de 75 hectares;
- la zone d'activités de Cambrai-sud Proville, à 1 km au sud de Cambrai, sur la RN 44, en direction de Saint-Quentin, est consacrée aux surfaces commerciales sur une superficie de 40 hectares.
L'économie cambrésienne cherche à s'appuyer aujourd'hui sur trois pôles :
- L'industrie agroalimentaire, qui tient encore une place importante dans l'économie de la ville (confiserie, sucrerie, laiterie etc.) en raison de la forte présence (80% de la superficie) de l'activité agricole (cultures céréalières et industrielles) dans l'arrondissement;
- La logistique, qui bénéficie de la situation de Cambrai au c?ur du triangle Londres-Paris-Bénélux et au croisement de deux autoroutes, tend à se concentrer dans la partie ouest de l'agglomération. Ainsi la totalité des 97 hectares de la zone d?activité « Actipôle Raillencourt » située à 2 km à l'ouest de Cambrai en bordure de l'autoroute A2 sont aujourd'hui utilisés, en partie par des entreprises de distribution, pour un millier d'emplois environ. Les extensions Actipôle 2 et 3 sont en cours de réalisation ou d'étude.
- Le textile, surtout présent dans le reste de l'arrondissement (Caudry, Villers-Outréaux?) est représenté à Cambrai par la confection et le linge de maison. La région de Cambrai est associée à celles de Calais et de l'agglomération lilloise au sein du pôle de compétitivité Up-Tex, dédié aux produits textiles haute performance et à la customisation.[32]
Les 5 principales entreprises de l'agglomération sont en 2007[33]:
- CMD : 446 salariés (engrenages et réducteurs)
- Auchan : 427 salariés (grande distribution)
- Cora : 323 salariés (grande distribution)
- Cedilac Candia : 280 salariés (laiterie)
- Cardon tradilinge : 218 salariés (linge de maison)
Le taux de chômage du Cambrésis était en septembre 2006 de 12,6% (Nord-Pas-de-Calais : 13,2 %, France : 9,8%)[34]
Perspectives
La future liaison Seine-Escaut, dont la mise en service est prévue pour 2013, est aujourd'hui l'élément le plus prometteur en matière de développement économique pour la ville et la région de Cambrai. La plateforme d'activités multimodale de Marquion, à 10 km à l'ouest de Cambrai, devrait avoir pour vocation d?accueillir, sur 800 ha environ, des centres de logistique et de distribution européens et des industries de l?agro-alimentaire, dans le prolongement de la diversification des activités de l'agglomération de Cambrai. L'impact en terme d'emplois est estimé à 8 000.[35]
[] Transports
[] Réseau routier
Cambrai se situe au croisement de deux autoroutes françaises, l'A2 de Combles (embranchement avec l'A1 venant de Paris) à la frontière franco-belge, ouverte en 1973, et l'A26 de Calais à Troyes, ouverte en 1992. Ces autoroutes se confondent pour partie avec les routes européennes E19 d'Amsterdam à Paris via Bruxelles, pour l'A2, et E17 de Anvers à Beaune via Lille et Reims, pour l'A26.
Cambrai et sa région sont desservis par quatre échangeurs autoroutiers : les sorties
14 (Cambrai) en provenance de Paris et
15 (Bouchain) en provenance de Bruxelles sur l'A2, et les sorties
08 (Marquion) en provenance de Calais et
Revue de presse Cambrai

