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Brest

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Pour les articles homonymes, voir Brest (homonymie).
Panorama vu du pont de Recouvrance : la Penfeld avec sur sa rive gauche le château et sur sa rive droite la Tour Tanguy.
Panorama vu du pont de Recouvrance : la Penfeld avec sur sa rive gauche le château et sur sa rive droite la Tour Tanguy.
Brest

Pays
drapeau de la France
     France
Région Région Bretagne Bretagne
Département Finistère Finistère (sous-préfecture)
Arrondissement Brest (chef-lieu
Canton Chef-lieu de 10 cantons
Code Insee 29019
Code postal 29200
Maire
Mandat en cours
François Cuillandre (PS)
2008-2014
Intercommunalité Brest Métropole Océane
Coordonnées
géographiques
48° 23? 27? Nord
         4° 29? 08? Ouest
/ 48.390834, -4.485556
Altitudes moyenne : 34 m
minimale : 0 m
maximale : 103 m
Superficie 49,51 km² (4 951 ha)
Population sans
doubles comptes
145 200 hab.
(2006)
Densité 3 023 hab./km²
Gentilé Brestois, Brestoises
Site www.mairie-brest.fr
Carte de localisation de Brest

Brest est une ville française de Bretagne, chef-lieu d?un arrondissement du département du Finistère (29). Plusieurs hypothèses prévalent quant à l'origine de son nom. Pour certains, son nom en français proviendrait du nom breton qui serait une forme abrégée de Beg ar Rest (la pointe du château). Pour d'autres, dans son nom, qui n'est pas directement traduisible en français, on retrouverait l'élément /bre/, fréquent en toponymie bretonne sous les formes /bran/, /bre/, /brec?h/, /bren/, /bri/, qui signifie « mamelon, colline, mont »[1]. Ses habitants sont appelés les « Brestois et Brestoises » (en breton Brestad ha Brestadez). En breton, Brest se prononce [b?est].

Sommaire

[] Géographie

[] Situation

[] Localisation

Topographie de Brest.
Topographie de Brest.
Brest et ses alentours.
Brest et ses alentours.

Le plateau du Léon domine la Rade de Brest du haut de falaises presque rectilignes qui matérialisent une des failles majeures du Massif armoricain. Ce mur n?est pratiquement interrompu que par un aber encaissé, la Penfeld, vestige du lit de l?Aulne avant qu?elle ne creuse le passage du Goulet. À son embouchure un éperon rocheux qui porte le Château de Brest est le site originel de la « cité du Ponant ». Un dicton populaire affirme que l?on ne passe jamais par Brest, il faut y avoir une raison d?y aller. Brest est située à l?ouest de la Bretagne, dans le nord du Finistère, département dont elle est une sous-préfecture.

Installée sur une péninsule, le Léon, Brest est quasiment dépourvue d?arrière-pays : au sud, elle donne directement sur une vaste rade, au-delà de laquelle la presqu?île de Crozon regarde vers Quimper, tandis qu?à l'ouest et au nord la mer n?est qu?à une vingtaine de kilomètres, et à l?est Landerneau et Morlaix ont longtemps limité son influence.


[] Climat

Icône de détail Article connexe : Climat du Finistère.

Le climat y est de type climat tempéré océanique :

Ville Ensoleillement Pluie Neige Orage Brouillard
Paris 1 797 h/an 642 mm/an 15 j/an 19 j/an 13 j/an
Nice 2 694 h/an 767 mm/an 1 j/an 31 j/an 1 j/an
Strasbourg 1 637 h/an 610 mm/an 30 j/an 29 j/an 65 j/an
Brest 1 749 h/an 1 109 mm/an 9 j/an 11 j/an 74 j/an
Moyenne nationale 1 973 h/an 770 mm/an 14 j/an 22 j/an 40 j/an

Le tableau ci-dessous indique les températures et les précipitations pour l'année 2006  :

Mois J F M A M J J A S O N D
Températures maximales (°C) 12,3 12,8 13,5 13,9 15,6 18,1 22,5 25,3 18,7 15,3 11,9 11
Températures minimales (°C) 4,2 4,2 5,2 5,8 8,5 10,8 12,8 13 11,4 9,3 4,5 2,6
Températures moyennes (°C) ... ... ... ... ... ... ... ... ... ... ... ...
Précipitations (hauteur moyenne en mm) 138,4 115,8 97,5 81,8 72,6 56,4 50,9 60,4 89,2 119,1 121 141,6
Nombre moyen de jours de pluie 17,6 14,6 14,6 11,9 11,3 8,9 8,7 9,3 10,9 14,5 16,2 17,3
Source: Météo France

Le tableau ci-dessous indique les records de températures minimales et maximales :

Mois J F M A M J J A S O N D
Températures maximales records (°C) 16,5 19,3 23,8 26,7 28,6 33,3 35,2 35,1 32,6 25,3 20,7 18,3
\_ années des t°max.     1969 1960 2005 1984 2002 1976 1949 2003 1961 1959 1989 1985
Températures minimales records (°C) -14 -13,4 -4,9 -2,3 0 3,8 6 6,6 3,5 -1,5 -6,6 -10,1
\_ années des t° min.     1947 1948 1971 1978 1979 1962 1965 1956 1972 2003 1980 1970
Source: Météo France

Les records de température maximale et minimale à Brest (aéroport de Guipavas) entre 1945 et 2001 sont respectivement de 35,2 °C le 12 juillet 1949 et -14 °C le 28 janvier 1947[2]. La température moyenne est de 10,9 °C. Les précipitations sont supérieures à 2,5mm 112 jours par an[3].

[] Voies de communication et transports

[] Voies routières

L?automobile reste le moyen de transport individuel privilégié par les Brestois, le vélo n?étant que peu utilisé, pour bonne partie en raison du relief de la ville. Deux voies autoroutières gratuites relient Brest à Rennes (RN12) et à Nantes (N165).

[] Transport ferroviaire
Vue de la gare de Brest.
Vue de la gare de Brest.

La Gare de Brest fut construite entre 1936 et 1937, dans un style Art déco (architecte Urbain Cassan). Le bas-relief en granite rose dont seule ne reste que la partie basse, représente des sujets évoquant la Bretagne (sculpteur Lucien Brasseur) [4].

[] Transports en commun
Le GX 327 du réseau Bibus.
Le GX 327 du réseau Bibus.

Desservie par une gare ferroviaire et routière qui surplombe le port de commerce, Brest et son agglomération est également dotée d?un réseau de bus appelé Bibus (CTCUB jusqu'en 1986) composé de 22 lignes dont 3 à la demande. Un projet de tramway est à l?étude par la Semtram, le mode fer étant privilégié. Il parcourra à partir de 2012 la ville d?est en ouest en reliant Technopôle à Kergaradec et Froutven.[5]

[] Transports aériens

L?aéroport de Brest Bretagne, situé sur la commune de Guipavas, est le 1er aéroport breton pour le trafic passagers, représentant 45% de ce trafic dans la région. Une nouvelle aérogare, d'une forme évoquant une raie manta, est en service depuis le 12 décembre 2007, et porte la capacité de l?aéroport à 1,8 millions de passagers par an[6].

[] Transport maritime

Le port de commerce, surtout dédié au transport de vrac, d'hydrocarbures et de conteneurs, est aussi utilisé pour le petit transport de passagers, à destination de la presqu?île de Crozon et des îles de la mer d?Iroise.

[] Urbanisme

[] Morphologie urbaine

Si Brest est connue pour son pont de Recouvrance, son arsenal militaire et sa rue de Siam, elle l?est aussi par son urbanisme décrié : d?abord louée comme la ville la plus moderne de Bretagne dans les années 1950-1960, surnommée « Brest la blanche » (dû à l?utilisation massive des enduits blancs qui étaient les seuls hydrofuges efficaces bon marchés)[7], l?image de la ville ne tarda pas à se ternir dans les années 1970 ; les dernières années ont vu l?ébauche de coloration des façades dont beaucoup étaient devenues grises avec le temps.

Le Château et la Tour Tanguy sont les deux monuments les plus anciens dans une ville dont le bâti a été quasiment entièrement renouvelé dans sa partie historique après guerre ; néanmoins, à Recouvrance, les cent mètres du bas de la rue Saint-Malo, authentique habitat populaire du XVIIIe siècle, constituent une promenade pittoresque qui rappelle la ville d?avant-guerre.

[] Le vieux Brest

Le théâtre, place du Champ de Bataille (architecte : Antoine Choquet de Lindu).
Le théâtre, place du Champ de Bataille (architecte : Antoine Choquet de Lindu).

Le vieux Brest s?organisait autour de deux rues principales qui partaient de la porte Landerneau : La Grand-rue (renommé rue Louis-Pasteur en 1907), l?artère principale de la ville qui descendait jusqu?à l?arsenal, et la rue de Siam. Les bâtiments officiels et militaires étaient marqués par une architecture rigoureuse et classique. La Reconstruction a eu raison du peu que la guerre avait épargné : le bagne (1750) et les corderies, pourtant relativement épargnés, furent rasés pour faire place au boulevard Jean-Moulin à la fin des années 1940 ; la façade du théâtre (1766) ne subira le même sort qu?en 1960[8]. Un des rares témoins de cette époque est le bâtiment des commissaires dans l?arsenal.

Les constructions du Bâtiment aux Lions et de l?austère prison de Pontaniou, qui ne sera désaffectée qu?en février 1990[9], datent de Napoléon Ier.

[] Du XIXe siècle à la destruction de ville

Sous le Second Empire, Brest commence à changer de visage avec l'arrivée d'une architecture industrielle qu?illustrent les ateliers du plateau des Capucins, ainsi que d?autres bâtiments de l?arsenal et évidemment le Pont National (aujourd?hui disparu et remplacé par l?actuel Pont de Recouvrance depuis la Reconstruction), qui permit de relier Brest-même et Recouvrance. Le XIXe siècle vit aussi la ville se développer hors de ses murs, notamment avec l?Annexion, futurs quartiers Saint-Martin et Saint-Michel qui furent peu touchés par la Seconde Guerre mondiale.

L?ex-Palais du Commerce : immeuble caractéristique de l?Art Déco brestois.
L?ex-Palais du Commerce : immeuble caractéristique de l?Art Déco brestois.

L?Art Déco tient une place importante dans le style architectural privilégié dans l?entre-deux-guerres, avec ses immeuble à bow windows ; la présence américaine a poussé Brest à se moderniser et l?on n?y construit notamment le Palais du Commerce dit maison Esders (immeuble Art Déco de 1926, architecte Aimé Freyssinet), l?hôpital Augustin-Morvan et une nouvelle gare[10]. On trouve aussi des lotissements mêlant style Art Déco et régionalisme bon marché sensés répondre aux besoins des ouvriers et des employés[11].

Les faubourgs de la ville n?ayant subi que peu de dégâts pendant la Seconde Guerre mondiale, les constructions de ces époques sont toujours bien visibles aujourd?hui dans le tissu urbain de Brest, par opposition à la vieille ville disparue ; certains de ces immeubles donnent lieu localement à des opérations de rénovation[12].

[] Architecture de la Reconstruction

le plan Mathon tel qu?il fut adopté en 1948 ; la zone verte qui était en lieu et place des remparts et douves sera régulièrement mitée jusqu?à ne quasiment plus exister de nos jours.
le plan Mathon tel qu?il fut adopté en 1948 ; la zone verte qui était en lieu et place des remparts et douves sera régulièrement mitée jusqu?à ne quasiment plus exister de nos jours.

Le centre-ville, débarrassé de ses remparts et reconstruit suivant les plans de l?urbaniste en chef Jean-Baptiste Mathon, l?ex-intra-muros, s?organise autour deux lignes fortes : un axe majeur nord-sud, la rue de Siam, avec pour extrémité la place de la Liberté avec l?hôtel de ville d?un côté et le pont de Recouvrance de l?autre ; et un axe mineur est-ouest bordé par nombre d?administrations publiques se terminant par le tribunal sur le Cours d?Ajot en passant par l?immeuble de la banque de France et le square Wilson (ancien Champ de bataille). En leurs intersections devait se trouver un forum que la librairie Dialogues occupe depuis 1976[13]. La place de la Liberté construite sur les anciens remparts a pour rôle de relier le c?ur historique de la ville Brest-même avec ses faubourgs Saint-Martin ou l?Annexion en une espèce d?agora ; la place ne jouera ce rôle qu?après son réaménagement en 1996 par l?architecte Bernard Huet[14].

l?immeuble Com?dia, place Wilson
l?immeuble Com?dia, place Wilson

La monotonie admise du style de la ville reconstruite contraste avec la diversité des façades (aucune n?est identique). Cette diversité architecturale de la ville vient du fait que les chefs d?îlot censés harmoniser la reconstruction étaient parfois propriétaires d?autres parcelles et ainsi s?arrangeaient entre eux[15]. La rigueur, le monumental et l?impression de répétition règne dans la ville où les corniches jouent un rôle unifiant à l?échelle des groupes d?immeubles d?angle.

Venant casser ce style haussmannien simplifié, il n?y a guère que les bâtiments d?État qui ont le droit à un pavement en granite ainsi que les immeubles monumentaux de la place de la Liberté et de l?avenue Georges-Clemenceau (architectes Jean de Jeagher, Y. Francès et M. Philippe[16]), la nouvelle église Saint-Louis avec son parement de pierre de Logonna et l?immeuble Com?dia (architecte M. Ouchacoff). De l?avant-guerre dans l?ex-intra-muros, ne subsistent que quelques immeubles longeant le Cours d'Ajot, un immeuble dans le bas de la rue du Château et l?ex-palais du commerce dans la rue d?Aiguillon.

[] Logement

[] Projets d?aménagements

[] Toponymie

[] Histoire

Icône de détail Articles détaillés : Histoire de Brest et Chronologie de Brest.

[] Héraldique

Armes de Brest

Les armes de Brest se blasonnent ainsi : Parti d?azur à trois fleurs de lis d?or et d?hermine plain ou Parti de France et de Bretagne.

Ceci signifie que l?écu est divisé en deux dans le sens de la hauteur, que figurent sur la moitié gauche les armes de France (Trois fleurs de lys dorées sur fond bleu) et sur la moitié droite les armes de Bretagne (un semi de mouchetures d?hermine noires sur fond blanc). C?est dans un registre de délibérations du conseil municipal que figure, à la date du 15 juillet 1683, la première mention de ces armoiries brestoises [17].

[] Préhistoire

Dès l?Âge du bronze, la pointe de Bretagne se trouve sur la route de l?étain.

[] Antiquité

Le site de Brest faisait partie du territoire du peuple gaulois armoricain des Osismes ou Osismii. Ils occupaient à peu près l?espace de l?actuel Finistère.

La naissance de Brest correspond à la construction d?un camp fortifié romain nommé Gesocribate[18], à la fin du IIIe siècle. Ce castrum est contemporain des murailles de Vannes, Nantes, Rennes et Alet érigées à chaque fois avec le matériau prélevé sur les monuments publics de ces villes démolies pour cette occasion, indice d?une grande urgence : il fallait d?une part se protéger des assauts répétés de pirates dits « Saxons » ou « Frisons », des bagaudes, qui pillaient les campagnes et attaquaient même les villes non défendues, et d?éventuelles troupes barbares dont on craignait l?arrivée. D?autre part, le gouvernement impérial mettait en place une organisation militaire qui s?appellera au siècle suivant le Tractus armoricanus et nervicanus avec constitution d?une flotte, la Classis armoricana pour le contrôle des côtes.

Il a été proposé que la capitale des Osismes eût été transférée de Vorgium (Carhaix) à Brest, pour des raisons de défense et de contrôle maritime, et qu?elle aurait vu emménager à l?abri de ses murs les élites carhaisiennes. Mais il a été établi récemment que si Brest a reçu le cantonnement d?une légion romaine dans ses murailles, Carhaix est demeurée chef-lieu jusqu?à la dissolution des structures administratives gallo-romaines due à l?immigration bretonne.

Les Coriosolites ont été dans le même cas, doublant leur capitale (dans les terres) de Corseul par le port nouvellement fortifié d?Alet (l?actuelle ville de Saint-Servan, entre Manche et Rance). L?absence d?évêché attesté à Carhaix et Corseul, mais aussi à Brest et Alet (avant le VIIIe siècle pour cette dernière ville) est aussi à rechercher dans l?organisation religieuse des premiers Bretons continentaux, basée sur des abbayes-évêchés (Landevennec, Saint-Pol, Tréguier, Dol?). La dépopulation de Brest au IXe siècle lui fera préférer naturellement Saint-Pol-de-Léon et Quimper pour siège d?un diocèse divisé désormais entre Léon et Cornouaille : le souvenir des Osismes s?était évanoui.

Le castrum romain du IIIe siècle endommagé et en partie ruiné fut renforcé d?une nouvelle construction, le Castellum, bâtie à l?intérieur du vieux Castrum par le comte Morvan de Léon pour se protéger des Normands qui ravageaient la région. Cette ville fortifiée deviendra château au XVIe siècle quand la population civile l?évacuera pour peupler les faubourgs. Le château sera modifié jusqu?au XXe siècle.

[] Moyen-Âge

La ville de Brest comprenait deux paroisses, Saint-Louis (et sa trève Saint-Marc) et Saint-Sauveur, et faisait partie de l'archidiaconé d'Ac'h relevant de l'évêché de Léon.

Au Moyen Âge, la configuration de la côte et des dangers du large obligent la totalité du trafic maritime entre le Nord et le Sud de l?Europe à passer au pied des falaises et de l?abbaye de saint Mathieu, dont dépend alors Brest, un des ports les plus importants de tout l?Occident.

En effet, la Penfeld a longtemps constitué par elle-même un excellent port naturel. Elle est abritée et presque dissimulée derrière un rocher d?environ 200 mètres dans sa plus grande longueur qui plongeait dans l?eau sur deux côtés et était isolé de la terre par un ravin sur son troisième côté.

Brest est tour à tour sous la domination du duc de Bretagne et du royaume d?Angleterre.

[] Ancien Régime

Vue cavalière (fin XVIIe siècle-début XVIIIe siècle)
Vue cavalière (fin XVIIe siècle-début XVIIIe siècle)
La Maison de la Fontaine, dans le quartier de Recouvrance, est l?une des maisons brestoises les plus anciennes (fin XVIIe siècle, début XVIIIe siècle)
La Maison de la Fontaine, dans le quartier de Recouvrance, est l?une des maisons brestoises les plus anciennes (fin XVIIe siècle, début XVIIIe siècle)

En 1593, Henri IV donne à Brest le titre de ville et en 1631, Richelieu fait de Brest un port militaire. Il crée alors le port et les arsenaux, sur les rives de la Penfeld. Ces constructions nécessitèrent une main-d??uvre abondante qu?il fallut loger.

En 1683, Vauban fortifia la ville. À la fin du règne de Louis XIV la ville est désormais constituée et compte environ quinze mille habitants.

En 1686, venus par la mer à bord de l?Oiseau et de la Maligne, débarquent à Brest, trois ambassadeurs du roi de Siam accompagnés de six mandarins, trois interprètes, deux secrétaires et une vingtaine de domestiques, chargés de nombreux présents, ils venaient rendre visite au roi Louis XIV à Versailles. Empruntant à pied la rue Saint-Pierre, ils émerveillèrent les Brestois qui rebaptisèrent la rue en rue de Siam.

Au XVIIIe siècle, l?ingénieur brestois Antoine Choquet de Lindu dirigea les travaux du port et, en 1750, bâtit le bagne de Brest qui ne sera désaffecté qu?au milieu du XIXe siècle. Vidocq, fils d?un boulanger d?Arras et le plus célèbre forçat brestois, parviendra à s?en évader.

Parmi les amiraux de l?Ancien Régime qui ont commandé la Marine, le port et la ville de Brest, mention spéciale doit être faite de la dynastie des amiraux de Roquefeuil dont le père Jacques Aymar de Roquefeuil et du Bousquet puis le fils Aymar Joseph de Roquefeuil et du Bousquet ont occupé cette fonction pendant trente-trois ans à eux deux (1728/1740 puis 1761/1782). Une rue du quartier de Recouvrance porte encore leur nom.

[] Révolution

Plan de Brest en 1779
Plan de Brest en 1779

Sous la Révolution, Brest prend une nouvelle importance. Ce grand port militaire doit à tout prix rester acquis à la France. En 1789, la ville s?engage majoritairement pour la Révolution. Plus grande ville de l?ouest de la Bretagne, on lui préféra pourtant Quimper comme chef-lieu de département du Finistère lors de sa création sous l?Assemblée constituante en 1791. En 1792, ce sont même les fédérés brestois qui, avec les fédérés marseillais, prennent les Tuileries, lors de la journée du 10 août, afin d?emprisonner le roi. Cependant, après la radicalisation révolutionnaire, notamment le coup d?État des Montagnards contre les Girondins en juin 1793, la commune de Brest, majoritairement girondine, se détache de la nouvelle orientation. Elle prend part à ce qu?on appelle alors le « fédéralisme ».

Vue de l'ancienne église Saint-Louis et de la Grand-rue descendant jusqu'aux rive de la Penfeld.
Vue de l'ancienne église Saint-Louis et de la Grand-rue descendant jusqu'aux rive de la Penfeld.

Après l?échec de ce mouvement, la répression est activée : le 5 février 1794, les représentants du peuple en mission, Tréhouart et Laignelot installent le Tribunal révolutionnaire de Brest, qui juge cent soixante-quinze personnes et condamne soixante-dix accusés à la guillotine. Parallèlement, la marine est redressée par André Jeanbon Saint André. Après la mort de Robespierre, la nouvelle arrive à Brest tardivement et n?engendre dans un premier temps aucun changement : la guillotine poursuit son travail. Toutefois, dès septembre, des prisonniers de la Terreur sont libérés : ceux-ci lancent un vaste mouvement d?opinion contre les Jacobins qu?ils appellent rapidement « terroristes ». Ils les accusent notamment d?avoir été sanguinaires et même d?avoir bu le sang des victimes (sans qu?il n?y ait aucune trace dans les sources). La surenchère amène finalement l?arrestation de la plupart de ceux qui ont été liés à la Terreur.

Les anciens notables de la ville, ceux qui avaient été au pouvoir lors des débuts de la Révolution, retrouvent leur influence et leur place au sein des organes de la ville. Ainsi, lors des élections de 1795 pour les nouvelles assemblées directoriales, trois Girondins sont élus. En 1800, Joseph Caffarelli est nommé préfet maritime

.

[] XIXe siècle

Le port de Brest en 1864, par Jules Noël (Brest, Musée des Beaux-Arts)
Le port de Brest en 1864, par Jules Noël (Brest, Musée des Beaux-Arts)

La ville perd cependant beaucoup d?influence : en raison du blocus anglais permanent, la Marine est quasi paralysée et ne peut plus jouer le rôle d?avant-poste de la République. Ainsi, la ville connaît une phase d?accalmie. Le témoignage de Jules Michelet décrit bien l'ambiance de ce port en 1833 lors de sa visite, mais aussi les difficultés qu'y rencontre la Marine :

« À l'autre bout, c'est Brest, le grand port militaire, la pensée de Richelieu, la main de Louis XIV; fort, arsenal et bagne, canons et vaisseaux, armées et millions, la force de la France entassée au bout de la France: tout cela dans un port serré, où l'on étouffe entre deux montagnes chargées d'immenses constructions. Quand vous parcourez ce port, c'est comme si vous passiez dans une petite barque entre deux vaisseaux de haut bord; il semble que ces lourdes masses vont venir à vous et que vous allez être pris entre elles. L'impression générale est grande, mais pénible. C'est un prodigieux tour de force, un défi porté à l'Angleterre et à la nature. J'y sens partout l'effort, et l'air du bagne et la chaîne du forçat. C'est justement à cette pointe où la mer, échappée du détroit de la Manche, vient briser avec tant de fureur que nous avons placé le grand dépôt de notre marine. Certes, il est bien gardé. J'y ai vu mille canons[19]. L'on n'y entrera pas; mais l'on n'en sort pas comme on veut. Plus d'un vaisseau a péri à la passe de Brest[20]. Toute cette côte est un cimetière. Il s'y perd soixante embarcations chaque hiver. La mer est anglaise d'inclination; elle n'aime pas la France; elle brise nos vaisseaux; elle ensable nos ports[21]. »
    ? Jules Michelet, Histoire de France, 1861, Chamerot, Paris. (tome II, pages 9-10)

La Penfeld en 1901, avec le Pont National tournant.
La Penfeld en 1901, avec le Pont National tournant.

Après un siècle de marasme, le développement de Brest reprit sous le Second Empire. En 1856, Napoléon III permit à la ville de jeter un pont sur la Penfeld. L?Empereur et l?Impératrice furent reçus magnifiquement quand ils séjournèrent à Brest du 9 août au 12 août 1858. En reconnaissance de cet accueil, Napoléon III fit agrandir l?arsenal et prolonger deux lignes de chemin de fer jusqu?à Brest et créa le port de commerce.

Cependant, Napoléon III se mit au plus mal avec les notables de la ville. En effet, la coutume voulait que le Roi salue les riches bourgeois avant les officiers et les nouveaux riches, tous devant être placés alors sur la tribune d?accueil selon leur niveau de richesse (plus on était riche plus on était proche du Roi). Lorsque Napoléon III inaugura le pont de Recouvrance, il se dirigea directement vers l?extrême droite de la tribune, alors que Joséphine s?avança vers l?extrême gauche, saluant donc d'abord les moins riches des notables, puis il tourna le dos aux nobles et ne les salua point.

[] XXe siècle

En 1917, Brest devient port de débarquement des Américains à destination des tranchées de la Première Guerre mondiale.

Pendant la Seconde Guerre mondiale, les troupes allemandes entrent à Brest le 19 juin 1940. Ils y construisent alors une base sous-marine. Les premiers bombardements des Alliés sur la ville commencent en 1941 et dureront jusqu?à la libération de la ville le 18 septembre 1944 par les troupes américaines après un siège de quarante-trois jours, la bataille de Brest. Les dégâts sont immenses.

Barbara, un poème de Jacques Prévert rappelle la dramatique destruction de Brest dans ces quelques vers :

Port de Brest, août 1944
Port de Brest, août 1944

« 

(?)
Oh Barbara
Il pleut sans cesse sur Brest
Comme il pleuvait avant
Mais ce n?est plus pareil et tout est abîmé
C'est une pluie de deuil terrible et désolée
Ce n?est même plus l?orage
De fer d?acier de sang
Tout simplement des nuages
Qui crèvent comme des chiens
Des chiens qui disparaissent
Au fil de l?eau sur Brest
Et vont pourrir au loin
Au loin très loin de Brest
Dont il ne reste rien.

 »

La commune de Brest s'agrandit de façon importante en 1945, quand commença sa reconstruction, en absorbant trois communes voisines : Lambézellec, Saint-Marc et Saint-Pierre-Quilbignon. Les habitants réfugiés pour beaucoup dans d?autres régions (la Sarthe notamment) rentrent alors reconstruire sur les décombres du vieux Brest une ville nouvelle (1946-1961) selon les plans de Jean-Baptiste Mathon ; une ville enfin hygiénique (Brest d'avant guerre était connue comme l'une des villes les plus insalubres de France), débarrassée de ses remparts et aplanie (alors que la ville était très vallonnée jusque là). Du vieux Brest il ne reste aujourd'hui quasiment rien . Seuls le château et une partie de Recouvrance dont la rue Saint-Malo et les faubourgs ont résisté aux bombes et à la reconstruction. On construisit des baraques en bois pour ceux qui n?avaient nulle part où aller. Le plan de ville de la reconstruction puise ses influences dans le plan de Georges Milineau élaboré en 1929 et dans le mouvement moderne, mais respecte les formes géométriques dessinées par Vauban. À l'inverse de celui de villes reconstruites quasiment à l'identique comme Saint-Malo, il n'a pas été visé la conservation de l?esthétique et du patrimoine historique de la ville d'avant guerre, tant l'insalubrité était dans les mémoires ; le plan Mathon, bien vite adopté, est fondamentalement conservateur d'un point de vue organisation et n'eut pas l'ambition qu?eut celui d'Auguste Perret au Havre[22].

En mars 1950, débutent les grèves ouvrières des dockers et des ouvriers de la reconstruction, pour une augmentation de salaire. Suite à une manifestation agitée le 16 avril 1950, réunissant 1000 à 2000 ouvriers, des responsables du Parti communiste et de la CGT sont arrêtés. Le lendemain, 2500 grévistes dénoncent ces arrestations et affrontent violemment les forces de l?ordre. La répression quarante-neuf blessés et un mort, Édouard Mazé, ouvrier de vingt-six ans tué par les CRS d?une balle dans la tête. Les syndicats lancent alors une grève générale en signe de deuil. Son enterrement réunit près de 20 000 personnes, tandis que l?Assemblée nationale décide de ne blâmer officiellement que la violence des grévistes[23].

Orientée de longue date vers l?industrie d?armement, Brest y puise sa prospérité d?après-guerre. Mais le déclin de cette industrie impose, à la fin du XXe siècle, la reconversion des activités économiques vers les services, la recherche et les nouvelles technologies.

[] Politique et administration

Hôtel de ville de Brest.
Hôtel de ville de Brest.

Depuis 1973, Brest forme avec 7 communes voisines une communauté urbaine, appelée Brest Métropole Océane.

Brest est divisée en 10 cantons :