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Boulogne-Billancourt 
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Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Boulogne et Billancourt.

48°50′07″N 2°14′27″E / 48.83528, 2.24083

Boulogne-Billancourt

Église Notre-Dame de Boulogne-Billancourt
Église Notre-Dame de Boulogne-Billancourt

Armoiries
Détail
logo
Détail
Administration
Pays France
Région Île-de-France
Département Hauts-de-Seine
Arrondissement Boulogne-Billancourt
Canton Chef-lieu de trois cantons : nord-est, nord-ouest et sud
Code commune 92012
Code postal 92100
Maire
Mandat en cours
Pierre-Christophe Baguet (UMP)
2008-2014
Intercommunalité Communauté d'agglomération Grand Paris Seine Ouest
Site internet boulognebillancourt.com
Démographie
Population 111 045 hab. (2007)
Densité 17 968 hab./km²
Gentilé Boulonnais
Géographie
Coordonnées 48° 50′ 07″ Nord
       2° 14′ 27″ Est
/ 48.83519790, 02.24094672
Altitudes mini. 28 m — maxi. 40 m
Superficie 6,18 km²

Voir la carte physique

Voir la carte administrative

Boulogne-Billancourt est une commune française, la ville la plus peuplée du département des Hauts-de-Seine et la plus peuplée de toutes les communes franciliennes après Paris. Pôle économique majeur d'Île-de-France, Boulogne-Billancourt accueillait en 2006 une douzaine de milliers d'entreprises, ce qui la place au rang de deuxième parc francilien après Paris. Bien que possédant en moyenne une des populations les plus aisées de la région parisienne, elle cultive un équilibre social entre les élégants hôtels particuliers situés dans le nord de la ville et les résidences modernes construites sur les anciennes zones industrielles de Billancourt, au sud.

L'âge d'or culturel de Boulogne-Billancourt fut sans doute la période de l'entre-deux-guerres, et plus précisément celle des années 1930, dont elle possède le plus important patrimoine architectural de France. C'est également durant la première moitié du XXe siècle que Boulogne deviendra la ville des moteurs d'avion et du cinéma, et verra l'implantation des vastes usines du constructeur automobile Renault. Désormais démolies dans leur quasi-totalité, elles alimentent de nombreuses discussions quant au devenir des terrains laissés vacants1.

Sommaire

Géographie

Localisation

Vue de la commune de Boulogne-Billancourt en rouge sur la carte de Paris et de la « Petite Couronne ». En vert, au nord, le Bois de Boulogne, à l'ouest, le parc de Saint Cloud, au sud le bois de Meudon

Boulogne-Billancourt est une ville au sud-ouest de Paris. Elle est limitée au sud et à l’ouest par une boucle de la Seine, à l’est par le 16e arrondissement de Paris et au nord par le bois de Boulogne (qui fait partie de Paris). C'est la première ville en aval de Paris. Sa position médiane sur l'ancienne route est-ouest de Versailles, rive droite de la Seine, entre le palais royal du Louvres et le la cour est à l'origine de son développement. Aujourd'hui, elle continue son développement grâce à sa position intermédiaire sur l'axe nord-sud entre les pôles économiques de La Défense et de Vélizy-Villacoublay.

Au sud-ouest de la ville, on retrouve l'île Seguin, ancien centre historique de Renault et symbole du passé industriel de Boulogne. La commune dispose également de 33,44 ha d'espaces verts2 dont près de la moitié compose le parc Edmond-de-Rothschild (15 ha), situé au nord-ouest de la commune (quartier Menus - Jean-Baptiste-Clément).

En 1860, la ville de Paris a absorbé le territoire des anciennes communes qui se trouvaient à l'intérieur des fortifications de Thiers. La partie des anciennes communes d'Auteuil et de Passy située à l'extérieur de la ligne de défense fut alors attribuée à Boulogne-Billancourt en compensation de la perte de la plus grande partie de Longchamp, expropriée pour faire un hippodrome et rattachée au Bois de Boulogne.

Géologie et relief

Le site de Boulogne-Billancourt se caractérise par la présence d'une plaine basse encerclée par la Seine. C'est le dernier espace disponible à une urbanistaion dense à l'ouest de Paris avant les hauteurs de la rive ouest de la Seine. Le contraste entre ces zones de verdure et la part occidentale du tissu urbain parisien qu'est Boulogne est saisissant.

Le sol est constitué de sables, d'alluvions et de graviers et était donc impropre à la culture. On y cultivait cependant du blé, du seigle, et de l'avoine grâce à la boue des voies parisiennes que l'on répandait3. L'expansion de la blanchisserie au XVIIe siècle s'explique par l'existence de ces terres pauvres et de ces terrains plats (pour l'étandage) et par la présence d'eau peu profonde permettant de creuser aisément des puits4.

Cette situation expose fortement Boulogne aux crues centenales, telle celle de 1901.

Climat

Comme celui de Paris et des départements de la petite couronne, le climat de Boulogne-Billancourt est de type océanique dégradé. La station d'observation la plus utilisée pour la météorologie à Boulogne est celle de Paris-Montsouris, au sud de Paris, à proximité immédiate.

Nuvola apps kweather.png  Relevés Paris-Montsouris 1961-19905,6
Mois Janv Fév Mars Avr Mai Juin Juil Août Sept Oct Nov Déc Année
Températures minimales moyennes (°C) 2,0 2,6 4,5 6,7 10,1 13,2 15,2 14,8 12,6 9,4 5,2 2,9 8,3
Températures moyennes (°C) 4,2 5,3 7,8 10,6 14,3 17,4 19,6 19,2 16,7 12,7 7,7 5,0 11,7
Températures maximales moyennes (°C) 6,3 7,9 11,0 14,5 18,4 21,6 23,9 23,6 20,8 16,0 10,1 7,0 15,1
Moyennes mensuelles de précipitations (mm) 55.0 45.4 52.2 49.5 62.0 53.2 58.3 46.0 52.9 54.9 57.0 55.1 641.6

Voies de communication et transports

Voies routières et stationnement

Ancien lieu de pélérinage, Boulogne-Billancourt s'est développé du fait de sa position médiane entre le Louvre et les résidences royales autour de trois pénétrantes, le pavé du Roi (devenu l'avenue Jean Baptiste Clément), la route de la Reine conduisant au pont de Saint Cloud, le chemin vert prolongé par la route du vieux pont de Sèvres (doublés aujourd'hui par les avenues Edouard Vaillant et du général Leclerc). La ville a été sauvée de l'engorgement induit par cette position de passage par le développement de rocades de contournement voulu par le maire Georges Gorse. Aujourd'hui, la ville est desservie par l'autoroute A 13, la contournant au nord entre la commune et le bois de Boulogne, et la route nationale des quais, reliant par le sud la voie George Pompidou à la 118 au pont de Sèvres.

La Route de la Reine, qui relie Paris (Porte de Saint-Cloud) au Pont de Saint-Cloud, est un des principaux axes routiers de la ville.

En tout, Boulogne compte 70 km de voirie, dont 50 km de voirie municipale7. Les principaux axes routiers de la ville sont le boulevard d'Auteuil, l'avenue Jean-Baptiste-Clément (RD 103), la route de la Reine (RD 907), les avenues du Général-Leclerc et Édouard-Vaillant (RD 910), le boulevard de la République et l'avenue André-Morizet (RD 50) et le boulevard Jean-Jaurès (RD 2 jusqu'à la route de la Reine). L'avenue Jean-Baptiste Clément est l'ancienne Grande rue du village de Boulogne-sur-Seine : percée au XVIIe siècle pour conduire l'aristocratie parisienne au château de Saint-Cloud, elle sera aux XVIIIe et XIXe siècles le centre de la vie boulonnaise, du commerce et des habitations bourgeoises8. La route de la Reine fut construite à la fin du XVIIIe siècle selon la volonté de Marie-Antoinette d'Autriche d'emprunter une route plus directe pour se rendre au château de Saint-Cloud, sa nouvelle résidence9. Les avenues du Général-Leclerc et Édouard Vaillant furent percées au début du XIXe siècle en même temps que la construction du nouveau pont de Sèvres, pour remplacer l'ancienne route de Versailles (actuelle rue du Vieux pont de Sèvres) qui reliait Paris à l'ancien pont10. L'avenue André-Morizet et le boulevard de la République furent construits au début du XXe siècle afin de relier la rive gauche de la Seine au pont de Saint-Cloud11. Enfin, le boulevard Jean-Jaurès fut achevé en 1871, sous l'impulsion du baron Haussmann qui désirait relier la banlieue sud de la capital au bois de Boulogne. Il s'appelait alors boulevard de Strasbourg, pour honorer l'armée de cette ville qui subissait l'attaque de l'armée prussienne. Il devint peu à peu l'artère commerçante principale de la ville, au détriment de l'avenue Jean-Baptiste Clément12. Cette voie est une illustration boulonnaise des perspectives haussmanniennes ; le préfet de la Seine souhaitait en effet que l'axe du boulevard soit tel que l'on puisse voir la flèche de l'église Notre-Dame depuis le pont de Billancourt13.

En raison de sa situation géographique, Boulogne est une ville de transit, et donc d'intense passage, entre Paris et sa banlieue. Aux heures de pointe, la ville connaît ainsi de nombreux embouteillages, particulièrement sur ses places (rond point Rhin et Danube, place Marcel Sembat...)14.

Le 6 novembre 2002, la ville a doté tous ses horodateurs du système de paiement par carte Moneo. Sur ses 668 horodateurs, Boulogne compte 230 horodateurs mixtes (acceptant le paiement par carte ou par pièces) et 438 horodateurs à carte Moneo. En avril 2007, un rapport municipal indique que le système est sous-utilisé par les Boulonnais15. La municipalité a fait aménager sept garages publics sous terrains, au marché de Billancourt, au forum du Pont de Sèvres, au centre commercial de Marcel Sembat, à la mairie, au Passages, aux Toits, au Parchamp.

Transports en libre service

Autolib'

Au second semestre 2010, Boulogne, comme quatre vingt communes de la petite couronne, offrira des voitures en libre service. Treize stations proposeront des véhicules non polluants. Des zones de stationnement seront réservées dans les garages souterrains.

Vélib'

Le 11 juillet 2008, le Conseil d'État autorise le prolongement du réseau Vélib' au-delà des limites de la capitale et son extension dans une trentaine de communes, dont Boulogne-Billancourt16. La phase d'implantation des stations à Boulogne commence le 19 janvier 2009 autour de la mairie et de la Grand-Place. Le 31 mars, 21 stations, dont cinq doubles, pouvant accueillir 650 vélos, sont inaugurées en présence de Pierre-Christophe Baguet et du maire de Paris Bertrand Delanoë, faisant de Boulogne la première ville d'Île-de-France après Paris à se doter du système de vélos en libre-service17,18.

Pistes cyclables

L'arrivée de Vélib' soulève cependant le problème de la rareté des pistes cyclables dans la commune. En effet, de nombreux riverains, notamment chez les Verts, dénoncent une voirie qui n'est pas prête à accueillir les cyclistes, en raison du trafic trop important et donc trop dangereux pour les vélos19. En réponse, la mairie a exprimé son désir de renforcer son réseau de « voies douces », c'est-à-dire de rues limitées à 30 km/h17.

Transports en commun

Métro
La station Marcel Sembat, ouverte en 1934, dessert le centre-ville de Boulogne-Billancourt.

Boulogne est desservie par deux lignes du réseau métropolitain de Paris. On accède au centre et au sud de la commune aux stations Marcel Sembat, Billancourt et Pont de Sèvres de la ligne 9. Le prolongement de cette ligne à Boulogne est d'une portée historique, puisque inauguré le 3 février 1934, il forme la première extension du métro parisien en banlieue20. Les deux autres stations boulonnaises, Boulogne - Jean Jaurès et Boulogne - Pont de Saint-Cloud, sur la ligne 10, sont elles bien plus récentes. Ouvertes respectivement le 3 octobre 1980 et le 2 octobre 1981, elles résultent d'une volonté de mieux desservir la ville, en particulier sa partie nord.

Autobus

Boulogne bénéficie d'une large couverture par les réseaux de bus d'Île-de-France, soit près d'une trentaine de lignes sur l'ensemble de la commune. Les sites les mieux desservis sont ceux situés à la périphérie de la ville : le Pont de Billancourt au sud, le Pont de Sèvres et le Pont de Saint-Cloud à l'ouest, le carrefour des Anciens-Combattants (Porte de Boulogne) au nord et la Porte de Saint-Cloud à l'est. Mais aussi ceux au centre de la commune, notamment la place Marcel-Sembat et l'hôtel de ville.

La gare routière du Pont de Sèvres accueille dix lignes de bus et est utile aussi bien aux Boulonnais qu'aux voyageurs de la banlieue ouest et sud-ouest en correspondance avec le métro.

Avec 20 lignes, le réseau de bus RATP est le plus présent sur la commune. Le bus RATP 123 est l'une des lignes les plus empruntées par les boulonnais, puisqu'il traverse la ville du sud au nord en son axe principal qu'est le boulevard Jean Jaurès. La RATP exploite aussi à Boulogne une ligne de transport interurbain, le SUBB (Service urbain de Boulogne Billancourt ou Service urbain Val de Seine). En fonctionnement du lundi au samedi et entièrement gratuite, la ligne effectue deux circuits différents : l'un dit « boucle nord » (desservant entre autres l'Hôtel de Ville, la place Marcel Sembat et le Parchamp) et l'autre dit « boucle sud » (desservant entre autres l'Hôtel de Ville, le centre culturel de la Belle Feuille et la patinoire de Boulogne)21. Boulogne est également traversée par les lignes 026 RATP et 460 du réseau de bus Traverciel. La ligne 026 relie la gare de La Celle-Saint-Cloud au Pont de Sèvres et est prolongée depuis le 2 janvier 2007, du lundi au samedi, jusqu'à l'Hôtel de Ville de Boulogne-Billancourt. La ligne 460 relie la gare de La Celle-Saint-Cloud au nord de la commune. Le réseau Noctilien comprend également trois lignes faisant halte à Boulogne, notamment à Marcel Sembat : le N12, le N61 et le N121. Enfin, la commune est desservie par les lignes 15 et 17 de la compagnie de transport Hourtoule qui est basée à Plaisir dans les Yvelines.

Boulogne-Billancourt est donc desservie par les lignes de bus suivantes :

Urbanisme

Morphologie urbaine

Occupation des sols en 2003
Type d'occupation Pourcentage Superficie
(en hectares)
Espace urbain construit 80,67 % 498,26
Espace urbain non construit 11,05 % 68,25
Espace rural 8,28 % 51,15
Source : Iaurif22

La commune de Boulogne-Billancourt a un caractère très urbain. Son aspect est comparable en tous points à celui de Paris23. Mis à part les principaux espaces verts et les équipements sportifs de plein air, la commune est entiêrement bâtie. Comme le tissu parisien, celui de Boulogne est constitué d'îlots de dimensions variables encadrés par un maillage de rues assez serré23. Le boulevard Jean-Jaurès, principal axe de la ville, a d'ailleurs été percé pendant les transformations de Paris sous le Second Empire.

Résultant de la fusion au début du XXe siècle entre deux villes, Boulogne-Billancourt a longtemps eu ce double destin de ville ouvrière et résidentielle24. Aussi, encore aujourd'hui, la ville présente une morphologie urbaine contrastée. On distingue, notamment dans le secteur immobilier25, le nord (du bois jusqu'à la rue du Château voire jusqu'à la route de la Reine, et qui comprend le cœur historique de Boulogne, les zones résidentielles haussmanniennes et le nouveau centre) du sud (au passé et à l'architecture plus populaires et industriels). Aujourd'hui, le quartier du Point du Jour est devenu le siège de nombreuses entreprises, et le quartier Renault-Billancourt est en plein devenir avec le réaménagement à venir des terrains Renault ; cette dichotomie tend donc à disparaître. Avec ses différents quartiers, Boulogne présente un patrimoine architectural diversifié : anciennes maisons de blanchisseurs, immeubles et hôtels haussmanniens, petites maisons et immeubles ouvriers en brique, grands ensembles et villas d'architecte des années 1930, immeubles et résidences d'architecture moderne, un nouveau centre du début des années 2000...

Cette disparité fait que le paysage urbain boulonnais est fait de ruptures26. Celles-ci résultent surtout des conflits entre l'architecture du Boulogne ancien (celui du XIXe siècle et du début du XXe siècle) et celle du Boulogne moderne. Les constructions modernes se fondent plus ou moins bien dans la morphologie urbaine traditionnelle, si bien que l'on constate dans nombre de rues boulonnaises un manque de cohésion architecturale. On pense tout d'abord aux grandes opérations qui trouvent leur origine dans la politique de rénovation urbaine pratiquée dans l'ensemble de la France au lendemain de la Seconde Guerre mondiale. Il s'agit par exemple de la rue du Point-du-Jour ou bien, plus récemment, de la ZAC du Pont de Sèvres. Une rénovation du Parchamp fut même envisagée mais la municipalité y renonca27. Ces constructions opèrent bien une rupture considérable dans le tissu traditionnel. Mais finalement, car elles sont homogènes et toujours isolées des ilôts anciens (puisqu'elles sont construites en bord de Seine ou bien délimitées par des rues), elles forment une unité indépendante et les problèmes de cohérence ne sont pas trop apparents28.

Le manque d'harmonie dans le paysage urbain est surtout dû aux immeubles modernes insérés dans le tissu urbain. La disparition d'activités industrielles, d'immeubles vétustes ou même de maisons individuelles a libéré du terrain pour des immeubles d'habitation et de plus en plus des immeubles de bureaux29. Les problèmes qui se posent sont divers. Tout d'abord les différences d'alignements : les immeubles modernes boulonnais sont en recul par rapport aux constructions anciennes. Ceux-ci découvrent alors des pignons aveugles (ce qui est inesthétique) et laissent des espaces dégagés en rez-de-chaussée (au mieux ornés de plantes, ils servent souvent de stationnement et ne sont pas entretenus)30. Un autre problème est celui des hauteurs : dans la même rue se côtoient des immeubles dont la hauteur peut varier de 2, 6 voire 12 niveaux31. Enfin il y a essentiellement une rupture architecturale. Multiplication des immeubles de bureaux, disparition des constructions d’habitations individuelles caractéristiques du tissu urbain boulonnais, évolution des commerces de détail vers des grandes surfaces... Tout cela fait qu'il y a une évolution des matériaux et du percement des façades : allèges en verre fumé pour les immeubles d'habitation, murs-rideau pour les bureaux..32. qui contrastent avec le bâti traditionnel.

Divisions territoriales

Le territoire actuel couvrait autrefois un certains nombres de lieux dits, du sud est au nord est en passant par l'ouest: le Point du Jour, la plaine de Billancourt, Longpré, les Faisses, c'est à dire les bandes de terre (renommé Deschandeliers, du nom des propriétaire du quartier pendant plusieurs générations), l'ïle de Sève, la ferme de Billancourt, les Quatre Cheminées (lieu dit dont on ne connait pas l'origine, peut être quatre chemins33, carrefour, et où fût une gendarmerie), les Chaussières (d'où Saussière), la plaine de Boulogne, Gibet, le port de Boulogne, l'île de Maire, les Menus, Longchamp, les Hariettes (le long du bois), le Petit Boulogne (autour de la chaussée de l'abbesse de la Rochefoucault), Les Guerets (plateau parcouru par les rue de l'Est et du Château), Bellefeuile, la Queue du Bois, auxquels se sont adjoints aux dix neuf siècles trois lotissements nouveaux, le Parc Impérial, autour de la rue d'Aguesseau, le Hameau Fleuri (en référence au Val Fleury situé sur l'autre rive), rayonnant autour de l'actuelle place Nationale puis envahi par les usines Renault, et le Parc des Princes. Aujourd'hui, la ville est divisée en sept circonscriptions de "délégués territoriaux" appelés "quartiers" :

  • Le quartier Les menus - Jean Baptiste Clément, situé au nord ouest de la commune, est le cœur historique de la ville. Ancien quartier des blanchisseurs, il s'articule autour de l'avenue Jean-Baptiste Clément (autrefois la Grand Rue de Boulogne-sur-Seine) et abrite la parc de Boulogne Edmond de Rothschild, le Théâtre de l'Ouest Parisien (TOP), le musée-jardin Albert-Kahn, ainsi que deux lieux de culte : l'église de Boulogne (fondatrice de la ville) et la synagogue de la rue des Abondances.
  • Le quartier Silly-Gallieni, situé à l'ouest de la ville, est le quartier le plus vaste ainsi que l'un des plus peuplés de Boulogne. Il combine des zones pavillonnaires (petites maisons dotées de jardinets, notamment rues Diaz et Reinhardt) avec de grands immeubles.
  • Le quartier "Pont de Sèvres"
Les immeubles du Pont de Sèvres situés dans le quartier Renault-Billancourt
  • Le quartier Renault-Billancourt est situé en bordure sud-ouest de la ville sur l'île Seguin. Cette ancienne ferme fut aménagée au XIXe siècle par le baron de Gourcuff, promoteur de l'époque, en un quartier citadin. Les immeubles et les maisonnettes en brique côtoyaient les pavillons de plaisance, les maisonnettes de cultivateurs, et les guinguettes dans lesquelles se rendaient les parisiens le dimanche. Le quartier a ensuite abrité sur la quasi totalité de sa superficie les vastes usines du constructeur automobile Renault. Aujourd'hui, les anciens terrains Renault ont commencé leur mutation, mais les difficultés à trouver des projets stables pour l'île Seguin retardent le processus. On retrouve, au nord ouest du quartier, le pont de Sèvres, important lieu de transit entre Paris et sa banlieue. Autour se trouve la plus grande cité HLM de Boulogne, classée zone urbaine sensible34.
  • Le quartier Le Point-du-Jour qui est en partie l'oeuvre de Fernand Pouillon ce quartier causa d'ailleurs la perte de l'architecte avec l'affaire du Point du Jour en 1964 , au sud-est, à proximité de la Porte de Saint-Cloud, accueille de nombreux sièges d'entreprise. Sur le quai du Point-du-Jour se trouvent, entre autres, le siège de Bouygues et la Tour TF1. La population y est dense, puisque 15% des boulonnais vivent sur 10% du territoire de la ville35. Le plus grand cimetière de Boulogne s'y trouve ainsi que la deuxième cité HLM de Boulogne (squares des Moulineaux et de l'Avre).
  • Le quartier Vaillant-Marcel Sembat est situé autour de la place Marcel-Sembat, un des principaux carrefours de la ville. Il accueille l'hôtel de ville, le parc des Glacières et sa piscine-patinoire municipale, ainsi que le marché de Billancourt.
  • Le quartier Jean-Jaurès - Reine, au croisement du boulevard Jean-Jaurès et de la Route de la Reine. Au sud de ce quartier se trouve l'espace Landowski, centre culturel de la ville de Boulogne-Billancourt : musée des années 1930, cinéma art et essai, médiathèque; s'y déroulent également de nombreuses fêtes (livre, bande-dessinée...). Ce quartier a vu la naissance au début des années 2000 d'un nouveau centre commercial, "Les Passages", couplé avec un cinéma de 7 salles (Pathé).
Hôtel particulier en bordure du bois
  • Le quartier Château - Les Princes - Marmottan, au nord-est de Boulogne-Billancourt, en lisière du bois de Boulogne. Le quartier fut érigé par Haussmann sous le Second Empire selon un cahier des charges impliquant une faible pression démographique et commerciale. Aussi, plusieurs voies sont clôturées et sont plantées d'hôtels particuliers et de maisons de ville comme l'avenue Robert Schuman, la rue Gutenberg ou encore le boulevard d'Auteuil36. Plusieurs voies privées se font face autour du bois : l'allée des Pins, la rue des Arts... Le quartier des Princes abrite plusieurs institutions prestigieuses comme la bibliothèque Marmottan, la clinique Montevideo, la clinique du Belvédère, les écoles privées les plus importantes de Boulogne et l'ambassade de Mongolie. Il offre également une vue imprenable sur Roland-Garros. On y trouve enfin le plus important patrimoine architectural des années 1930 avec de nombreuses villas et immeubles de rapport dessinés par Le Corbusier, Mallet-Stevens ou encore Pingusson.

Le taux de criminalité dans la commune est en 2008 de 5,85 faits constatés pour 1000 habitants, légèrement inférieur à la moyenne des villes des Hauts-de-Seine de plus de 20000 habitants (environ 6 pour 1000) et de la moyenne nationale (5,93).

Logement

Lors du recensement de 1999, Boulogne comptait 59 712 logements, dont 52 333 résidences principales (87,6%), 1 172 résidences secondaires (2,0%), 1 127 logements occasionnels (1,9%) et 5 080 logements vacants (8,5%)37. Ces taux sont très proches de la moyenne régionale qui est d'environ 88,7% de résidences principales, 1,7% de résidences secondaires, 1,5% de logements occasionnels et 8,1% de logements vacants38. Sur l'ensemble des logements boulonnais, on compte 1 721 logements individuels soit 2,9%, contre 57 991 logements dans un immeuble collectif soit 97,1%37, ce qui est largement supérieur à la moyenne francilienne de 73,1% de logements dans un immeuble collecitf38. Cela reflète la forte densité de la ville.

On dénombre à Boulogne, parmi les résidences principales, 19 285 logements construits avant 1949, soit 36,9% du parc37, une part supérieure aux moyennes régionale (33,7%)38 et départementale (31,4%)39. Ce chiffre traduit le développement de la commune, à la fois économique, culturel et architectural, pendant l'industrialisation et surtout pendant l'entre-deux-guerres. À ces logements, s'ajoutent 20 382 logements construits de 1949 à 1974, soit 38,9%37. Là aussi, ceci est significatif de la modernisation et de la mutation de Boulogne-Billancourt après la Seconde Guerre mondiale. Enfin, on compte 7 318 logements construits de 1975 à 1990, soit 14%, et 5 348 logements construits après 1990, soit 10,2%37. Cependant, les chiffres datent de 1999 : avec l'aménagement du nouveau centre au début des années 2000 ainsi qu'avec l'actuelle reconversion des anciens terrains Renault, la part de logements construits après 1990 devrait aujourd'hui être supérieure.

Les prix de l'immobilier et la forte densification urbaine expliquent que la surface des résidences principales boulonnaises est en moyenne inférieure à celle des logements franciliens38 et altoséquanais39. On dénombre 9 960 logements de une pièce soit 19%, 16 232 logements de deux pièces soit 31,0%, 13 663 logements de trois pièces soit 26,1% et enfin 12 478 logements de 4 pièces et plus soit 23,8%37. 1 760 habitations n'ont ni baignoire, ni douche soit 3,4% du parc, 50 873 ont un chauffage central soit 97,2%, alors que 1 460 n'en ont pas soit 2,8%, 21 485 bénéficient d'un box, d'un garage ou d'un parking soit 41,1% et 7 116 ont deux salles d'eau soit 13,6%37.

À Boulogne, le prix moyen de l'immobilier à la vente est, en juin 2008, de 6 364 euros/m² pour les appartements et de 8 320 euros/m² pour les maisons40. C'est ainsi la cinquième ville française où le prix de vente au m² est le plus élevé. Le prix moyen de l'immobilier à la location est, en juin 2008, de 22,71 euros/m²/mois40, ce qui fait de Boulogne la quatrième ville française où le prix de location au m² est le plus élevé (derrièreNeuilly, Levallois et Paris). Dans le nord, le secteur le plus prisé de la ville à vocation résidentielle, les prix atteignent très souvent ceux du 16e arrondissement mitoyen. La demande concernant l'immobilier de prestige porte essentiellement sur les maisons individuelles, les hôtels particuliers et les appartements avec terrasse, près des portes de Boulogne, du stade Roland Garros, du parc Edmond-de-Rothschild, dans l'avenue Robert Schuman, le boulevard d'Auteuil et dans les rues privées41.

Projets d'aménagements

Toponymie

La commune, créée en 1330 autour de d'un écart d'Auteuil appelé Mesnuls lès Saint Cloud, s'appelait initialement Boulogne-sur-Seine et a été rebaptisée Boulogne-Billancourt en 1926, à la suite du rattachement de Billancourt en 1859. On dit communément « Boulogne ».

Les Menus

Les Menus, dont une rue conserve le souvenir, reste un quartier délimité par l'avenue Jean Baptiste Clément, la rue Saint Denis, le château Rothschild, et l'ancienne rue de Longchamp, aujourd'hui boulevard Charles de Gaulle. En l'absence de documents, il est impossible de savoir ce que ces Mesnuls désignaient. L'orthographe des XIIème et XIIIème siècles "Mesnuls" indique que le sens n'était plus compris à cette époque et qu'il y avait une confusion dans l'esprit des moines d'alors entre le mot "Mesnils", qui désigne une résidence, et le mot "Menus". Il est diffcile d'expliquer comment une localité nommée Mesnils serait devenue Mesnuls. Le copiste a donc certainement enregistrer un terme prononcé "Menus" et compris cela comme une déformation de "Mesnils".

En ancien français, donner le menu à son seigneur, c'était faire le détail des terres et des rentes reçues de celui ci. Ce menu fixait ainsi le prix d'un éventuel rachat par le seigneur. C'était donc un droit garanti au sujet de rester en possession si son exploitation produisait un revenu net supérieur à cette valeur de rachat détaillée. Simultanément, c'était pour le seigneur une assurance que sa concession serait bien tenue sans contribuer aux risques de l'exploitation. Les Mesnuls Saint Cloud, hameau où fut établi le pélérinage avec indulgence à Notre Dame de Boulogne, étaient donc vraisemblablement un ensemble de concessions révisables, une sorte de parc d'activités du Moyen Age, faites par le seigneur du lieu. Cette pratique juridique n'est attestée qu'en Bretagne. Les quelques toponymes comme notre Menuls les Saint Cloud sont les seuls arguments de l'hypothèse que cette pratique ait existé ailleurs. Dans cette hypothèse, le hameau serait relativement ancien, très antérieur à sa première apparition dans un acte de 1119. S'il s'agissait du bac conduisant à l'oppidum de Nanterre, le site remonte à la préhistoire. Le complément du nom "Saint Cloud" renvoie à un usage du nom du saint pour désigner le lieu et donc à une date postérieure à 630, date à partir de laquelle Dagobert a oeuvré quelque peu au rayonnement de l'abbaye de Clodoald. Quant aux Menus, tant la chose que la dénomination, elle doit datée des années 880 (cf. infra chronologie).

A l'inverse de cette révision annuelle de la valeur d'une concession qu'était le menu, Billancourt était une ferme, c'est à dire que le prix annuel de la concession était fixé par avance, fermement et définitivement, au moment de l'établissement du bail, vingt ans par exemple. Le seigneur, là non plus, ne participait pas aux risques de l'exploitation mais en revanche renoncait aux bénéfices contre une somme fixe.

"Lès" signifie "à côté de". Mesnuls lès Saint Cloud, c'est donc un hameau à la frontière de Saint-Cloud, ce qui était bien la réalité puisque Saint-Cloud étendait sa juridiction au moins jusqu'à l'actuelle rue Saint Denis. Le seigneur des Menus était donc non celui de Saint-Cloud, mais celui de la paroisse d'Auteuil. Le premier seigneur connu était le roi de France lui même, en l'occurence Clotaire II qui donna à fief, vers 615, ce qui n'était pas encore la paroisse d'Auteuil. La juridiction supérieure était celle de l'évêque de Sens, dont le diocèse comprenait Paris, représenté par son suffragant et dont la seigneurie devait s'étendre, au nord du franc-alleu Baudoin, sur l'ancien Auteuil et donc les Menus. Ces actes juridiques appelés menus ont ils eu en l'occurence une application non pour le foncier mais pour le commerce42 ? Comme le carrefour des Menus était le siège d'une prévoté à l'entrée du Saint Cloud de l'époque, située juste au haut du chemin du bac conduisant sur l'autre rive, il est possible qu'il se soit agi du détail des marchandises et donc des taxes à payer pour le passage. On y aurait dresser les menus. De nombreuses autres étymologies sont possibles (poissonailles, ménétriers, nom propre, débitage du bois, etc.).

Billancourt

Billa curtis désigne non la cour, au sens juridique, de Billa mais le domaine agricole de Billa. Il existe un autre Billancourt dans le Vermandois, à l'ouest de Saint Quentin. Cette forme de toponyme en "court" se rencontre fréquement dans l'ancien territoire mérovingien. L'établissement peut correspondre à une villa galloromaine ou bien un établissement plus tardif. Il y avait apparement entre Seine et Rouvray deux villas, Nimio et Billa. La première est devenue une résidence seigneuriale, Nigeon, à Chaillot. La seconde est devenue une ferme.

C'est pourquoi le tronçon qui prolongeait le chemin de Billancourt sur le domaine de Billancourt s'appelle encore aujourd'hui la rue de la Ferme. La rue de Billancourt n'est pas la rue parcourant le domaine de Billancourt mais la rue de Boulogne qui conduisait à Billancourt: les riverains de l'actuelle rue de Billancourt n'habitent pas à Billancourt. Il y avait deux chemins de Billancourt, l'une venant des Menus, l'autre d'Auteuil. Le second a pris le nom de la porte de l'enceinte de Paris d'où il surgissait, le Point du Jour, en 1860, quand Auteuil a été partagé entre Paris et Boulogne, de façon a ne pas conserver de doublon dans une même commune.

Ile Seguin

L'ïle Seguin, connue pour avoir été au XXème siècle le vaisseau amiral de la classe ouvrière, doit son nom au collaborateur de Lavoisier qui, après avoir inventé un procédé de tannage, acquis l'île et y fonda une manufacture. Le cadastre enregistre les propriétés privées au nom de leur propriétaire. Elle s'appelait auparavant l'île Madame, Madame étant la belle soeur du roi. Avant la Révolution, cette partie du domaine du château de Saint Cloud répondait à l'île Monsieur, Monsieur étant le frère du roi, propriétaire du château depuis 1659.

Avant ces aménagements royaux, l'île, s'appelait l'île de Sève, prononciation versaillaise de Sèvres, et avait deux jumelles, appartenant à Issy, l'île de Billancourt et l'ile Longueignon, que le pont de Billancourt réunit désormais en une seule île, l'île Saint Germain..

Parc des Princes

Le Parc des Princes, qui a donné son nom au stade, était cette pointe sud du Bois de Boulogne au sud de la butte Mortemart, entre la rue des Princes à Boulogne (actuelles rue Denfert Rochereau et rue des Princes), et l'avenue du parc des Princes à Auteuil. La route, dite de Monseigneur, le Grand Dauphin ayant son château à Meudon, y conduisait sur le trajet des actuelles des rue de Meudon, rue des Quatre Cheminées et avenue Victor Hugo. En 1743, Louis XIV fait aménager le Bois de Boulogne et percer dans l'enceinte de celui ci une porte au bout de la route de Monseigneur pour permettre à la cour de se rendre à la chasse. Le tronçon de la route Monseigneur entre la nouvelle route de Versailles et le parc de chasse prend le nom de tout ce beau monde, la route des Princes. Le fonds ouest, c'est à dire le territoire mis en vente, pris sur le bois et rattaché à Boulogne par Haussmann, a reçu le nom de cette avenue des Princes qui y conduisait quand il a été loti sous Napoléon III et reste aujourd'hui un quartier peu dense à l'élégante architecture. Le fonds est a été rattaché avec Auteuil à Paris.

Le fonds des Princes ne désigne plus depuis que la partie parisienne qui n'a pas été lotie, au nord du boulevard d'Auteuil où se trouve le stade Roland Garros et l'ancienne pépinière de Paris.

Histoire

Les débuts

Le bac entre Nigeon et Neugent

A la fin de l'Empire romain, le territoire actuel de Boulogne est la portion occidentale de celui de la villa de Nigeon (Nimio en latin, devenu *Ninjo), actuel Chaillot. Le domaine de Nigeon s'étire entre la forêt de Rouvray, laquelle court de l'actuelle place de la Concorde à l'actuel Bois de Boulogne et s'étend au nord jusqu'à la plaine Monceau. Au centre de son territoire, des sources ferrugineuses sont, à en croire le nom d'Auteuil (Autolium), l'objet d'un culte. Il fait face au sud à Meudon (Melodunum). A l'ouest , il fait face à Neugent43, (Novigentum), futur Saint-Cloud, qui possède vraisemblablement déjà pour des raisons de droits la rive est d'où s'élance aujourd'hui le pont. Le territoire à l'ouest de l'actuelle rue de Billancourt appartiendra à Saint-Cloud jusqu'en 1790.

Ces lieux dits balisent la trajet par la Seine entre l'antique oppidum de Nanterre, centre toujours très actif au Vème siècle (Sainte Geneviève y est née en 422 et y prépare avec Saint Germain son voyage en Bretagne) et la ville nouvelle de Lutèce, devenue capitale du Parisis après la défaite gauloise. L'ensemble est une fraction de la cité des Sénons, une des quatre principales cités de la Celtique, et continuera de relèver jusqu'en 1622 de l'archevèque de Sens44, primat des Gaules et de Germanie. Ce trajet aquatique est très important pour la Sénonaise puisqu'il assure le commerce des nautes, principale richesse de Paris (Lutecia Parisorum), entre la Bretagne desservie principalement, ce qui n'est peut être pas tout à fait une coïncidence, par le port de Boulogne sur mer (Bononia), siège de l'amirauté romaine, et, en remontant jusqu'aux sources jumelles et sacrées de la Seine (Sequana) et de l'Yonne (Equana), l'Italie. Lutèce étant le dernier pont sur le fleuve avant son embouchure, Neugent assure, avec sans doute un bac, le seul passage entre la cité commerciale et l'oppidum sacré abrité derrière le Mont Valérien (le bac de Neuilly ne date que 1140).

Ce bac était il déjà en bas de l'actuelle rue du Bac au nord de Boulogne ? Le courant du fleuve dessinait là, à l'ancien débouché de la rue de l'Abreuvoir, aujourd'hui sous le pont de l'autoroute, une crique, le Pirouit, réputé dangeureusement farceur, comblée lors de la construction du quai en 1878, d'où partait le bois des bucherons et où allaient boire les troupeaux. Peut être y avait il un halage pour remonter le courant avant le trajet de retour.

Le trafic par l'actuel Boulogne a certainement, à cause de ce point de passage, été entretenu par le pélerinage au Mont Valérien qui se développe au moins depuis le Vème siècle. C'est donc sur le trajet emprunté par les pélerins qu'en 551, Saint Cloud, héritier du royaume, se retire à Neugent et fonde une abbaye.

La paroisse d'Auteuil et le pont de l'abbaye de Saint Cloud

Peu après l'édit de 614 visant à mettre un peu d'ordre dans les bénéfices écclésiastiques, Clotaire II remet Nigeon à Bertrand du Mans, évêque d'une puissante place forte frontalière que le roi avait nécessité de s'attacher, et devient une résidence seigneurale. Au coeur du triangle formé par le palais impérial, à Clichy, le centre économique, à Lutèce, l'antique zone sacrée du Mont Valérien, à Rueil, la paroisse et le bourg se développent au sortir du domaine seigneural de Nigeon, sur Auteuil mais le territoire à l'ouest d'Auteuil va toutefois bénéficier des aménagements de l'abbaye de Saint-Cloud réalisés avec les moyens financiers de la couronne, durant le règne du fils de Clotaire II, Dagobert Ier.

Un conflit, daté par les chroniques en 841, entre Charles le Chauve et Lothaire Ier met en scène un pont de Saint-Cloud garni de moulins. Sa construction remonte donc à une date située entre 551 et 841, probablement vers 630, mais il n'est pas exclu qu'il y en eut un dans l'antiquité. Les moulins indiquent, déjà, une certaine concentration de richesse auprès d'un établissement royal. Tout l'ouest de Boulogne, les berges inondables, entre les actuelles rue du vieux Pont de Sèvres et rue de Billancourt appartient alors à Saint-Cloud, le reste à Auteuil. Une route conduit du premier au second, qui est devenue l'actuelle rue de Paris. Les arches du pont devaient, comme encore en 1807 lors de sa seconde reconstruction en pierre, servir de support à des filets de pêche et on peut imaginer à son entrée une pêcherie, quelques maisons de pêcheurs, une poissonerie, livrant Saint-Denis et Paris, une écurie. Cette entrée, qui relèvait sans doute déjà d'un capitaine chargé également de la forêt royale du Rouvray, devait accueillir sur la rive est au moins un poste et une maison de gardien et peut être y avait il déjà le gibet, qui ne devait pas être déstiné qu'aux braconniers. Il servait encore au XVIème siècle de fourches patibulaires et a donné son nom, aujourd'hui oublié, à ce quartier de Boulogne à l'ouest du carrefour de la rue de Billancourt et de la rue de Paris, Gibet. Bien qu'il n'y ait pas de documentation sur ce quartier, il est vraisemblable, compte tenu de ce qu'on sait des activités autour des exécutions au Moyen Age (prison, couvent, spectacles, tavernes, prostitution), qu'il fut le premier centre de développement urbain.

Cependant, le bac, qui relève de l'abbaye de Saint-Denis par un privilège sur toute activité fluviale qui en fait une sorte de successeur des nautes, continue de fonctionner. Est ce pour décourager les clients du pont, ou du moins conserver à son bac un bénéfice royal, que la légende de la malédiction du pont de Saint-Cloud a été forgée ? Peut être souvenir de la renonciation de Saint Cloud à la couronne, celle ci promettait la mort au roi de France qui le franchirait. Il est plaisant, et déplaisant, de se souvenir que Marie Antoinette perdit la tête peu après qu'elle ait fait de Saint-Cloud sa résidence et du pont son trajet habituel.

L'abbaye de Saint-Denis ne se contente pas d'être le bénéficiaire de tout produit de la Seine, et en particulier du revenu des pêches et du bac. En 717, Chilperic II lui fait don de sa forêt du Rouvray. Le bois embarqué du port de son bac sera désormais le sien. En 875, la présence des dyonisiens est renforcée par le recueil de la circonscription de Rueil, c'est à dire toute la boucle de Seine, Suresnes compris, que l'abbaye de Saint-Wandrille, ruinée par les normands en 852, avait reçu en 704. Ils contrôlent jusqu'en 918, date de la cession de Suresnes à l'abbaye de Saint Germain, tout le trafic sur les deux rives du fleuve entre le bac et la foire du Lendit, ce qui laisse supposer que c'est alors que ce trafic devient régulier et l'exploitation forestière du bois au dessus du Pirouit par quelques auteuillois systématique.

C'est vraisemblablement le rattachement vers 615 d'Auteuil au bénéfice du diocèse du Mans, conquis en 1060 par Guillaume le Bâtard, qui lui vaut à d'être offert par son seigneur, comme tant d'autres, à la très préstigieuse abbaye normande du Bec, fondée en 1034. C'est peut être comme une dépouille à la suite de la révolte mancelle de 1069 que la paroisse lui a été offerte. Le futur Boulogne ne reste pas normand longtemps. A la mort de Saint Anselme, en 1109, Auteuil est donné par l'abbaye du Bec à celle de Sainte-Geneviève en échange du fief de Vernon et sa toute récente collégiale en Normandie, consolidation de bon sens par dessus deux états rivaux, qui donne une idée de la valeur de ce tout petit territoire.

Les bûcherons de l'abbaye de Saint Denis

A partir de 1100, la région connait une période pacifique, les croisades et l'aventure anglaise des normands ayant capté la violence guerrière. L'avènement de la dynastie capétienne initie le développement d'un petit hameau peuplé en grande partie de bûcherons situé au dessus du bac, à mi distance du rivage de la Seine et de la lisière sud ouest de la forêt de Rouvray. Les années suivantes voient l'invention du harnais qui permet d'utiliser le cheval pour le débardage et le charriage du bois. Un cheval ainsi harnaché développe une puissance à peu près double de celle d'un boeuf avec une souplesse incomparablement supérieure. Le développement démographique et économique accroit la demande en bois, pour le chauffage, la construction mais aussi la forge qui fournit des outils mieux conçus et un acier de meilleur qualité.

Le flottage devait se faire au Pirouit, bas de pente le plus proche, sur moins de quinze kilomètres de fleuve en ligne relativement droite jusqu'à un chargement de moins de deux kilomètres pour la foire du Lendit. La Chronique de l'abbaye de Saint-Denis, propriétaire du bois et pour laquelle les habitants travaillent, donne en 1119 le nom du lieu, Menuls-lès-Saint-Cloud. A la frontière de Saint Cloud, il ressort toutefois de la paroisse d'Auteuil45 dont il est séparé par la forêt. Le lieu est favorisé non seulement par la proximité de la fôret mais aussi par sa situation à la fois proche d'un rivage qui ne soit pas une vasière et à l'abri des inondations du fait de sa hauteur, si faible soit elle. L'exploitation du Rouvray n'aurait pas pu se faire à, partir des rives inondables et marécageuses en face de Suresnes, à hauteur des ponts actuels de Suresnes ou de Neuilly.

La plaine de Billancourt au sud de la forêt, qualifiée encore au XVIème siècle de "désert" autour d'une ferme, est alors un cul de sac formé par la boucle de la Seine, de sorte que la liaison vers l'ouest de la paroisse Auteuil se fait directement par un chemin à travers la forêt reliant les Menuls et son bac. Chaque année à Noêl et à Pâques, les quelques habitants des Menus rejoignent à travers les bois leur église paroissiale par cette voie, dont les premières toises deviendront la rue de la Procession, actuelle partie est de la rue du Parchamp.

La plus grande part du territoire actuel, non habitée, au sud du hameau des Menus, fait alors partie du domaine d'un seigneur qui tient en franc-alleu les territoires d'Issy et de Vanves, le fief Baudoin, et dont les héritiers, seigneurs de Passy, seront encore au début du XVIème siècle les collateurs d'Auteuil pour le compte des génofévains.

Les vignerons de l'abbaye de Montmartre

En 1133, la reine Adélaïde, soeur du Pape, achète aux clunisiens de l'abbaye de Saint-Martin-des-Champs le Sanctum Martyrium de Saint Denis et y fonde pour sa retraite une maison de Bénédictines de Saint-Pierre-des-Dames. L'année suivante, en 1134, son époux, le roi Louis VI le Gros, dote la nouvelle abbaye du village des Menuls46 , le séparant d'Auteuil, lequel appartient depuis 1109 à l'abbaye de Sainte-Geneviève. La raison de ce choix n'est pas connue mais le fait est que la nouvelle abbaye tend à capter le pélérinage des martyrs du Mont Valérien sur la trajet duquel se trouve les Menuls. Il s'agit donc du cadeau du fin fonds d'un territoire nouvellement acquis, exploité par les concurrents dyonisiens et d'un revenu indeterminé fait par une des principales abbayes de la Chrétienté à la Reine. Tout son prix dépend de la valorisation viticole à laquelle le droit de pressoir intéresse les Bénédictines. C'est là l'origine de la séparation, jusqu'en 1860, entre Boulogne et Billancourt, resté dans Auteuil.

En 1193, Philippe Auguste donne à fief Clichy, siège de l'ancien palais carolingien, et rachète sa forêt de Rouvray aux abbés de Saint Denis. L'exploitation forestière faite par les habitants des Menus cesse, le bois devenant réserve de chasse. En cinquante ans, le village a du se reconvertir dans la vigne.

En 1247, les serfs de Billancourt, comme tous ceux d'Auteuil, sont affranchis par leur seigneur génofévain avec plus d'un siècle de retard par rapport à ceux de Saint Denis, c'est à dire du Clichy et du Rouvray voisins.

L'abbaye de Longchamp

En 1259, Isabelle de France, soeur de Saint Louis inaugure l'abbaye de Longchamp à la construction de laquelle elle a consacré les trente mille livres équivalant à sa dotte. Batie sur le territoire que Suresnes possède rive droite à deux kilomètres du village des Menus45 (virage nord de l'actuel hippodrome), elle s'étend sur la plaine de Longchamp, champ communal des Menus (moitiè sud de l'actuel hippodrome). Est ce par compensation que Saint Louis concède aux habitants des Menus le droit de pâture et de ramassage du bois mort dans la forêt de Rouvray, privilège que les dynasties suivantes renouvèleront ? Cette charte, qui ne peut pas encore être qualifiée de communale, est le premier acte civil connu concernant le fonctionnement de la future municipalité.

La tour crénelée et le moulin qui se voient encore à Longchamp datent de la Renaissance. La splendide habitation défiguréee par le WWF qui reste de l'abbaye détruite est une folie constuite au XVIIIème siècle.

Les pâturages herbeux et mouvants le long des rives inondables de la Seine au sud de Billancourt et sur ses trois îles, l'île de Sèvres (actuelle île Seguin), l'ile de Billancourt et l'ile Longue Ignon (actuelle île Saint-Germain réunie à la précedente) sont réservés, peut être également en compensation des terrains cédés à la nouvelle abbaye, aux troupeaux de l'abbaye de Saint-Germain-des-Prés, propriétaire depuis 918 de Suresnes, ainsi du reste que de du proche Vaugirard, l'actuel XVème arrondissement de Paris, sur l'autre rive, cédé par les génofévains.

En 1261, Philippe le Bel fonde à Paris l'hôpital des Quinze-Vingts. Un établissement des Quinze Vingts a existé à Boulogne, à l'endroit occupé aujourd'hui par les studios de la SFP, la Maladrerie. Au début du XIXème siècle, la rue de Bellevue, qui commence à cet endroit, s'appelait chemin de la Maladrerie. La dénomination de Maladrerie désigne typiquement une léproserie, forme d'établissements crées en France au cours du XIIème siècle avec l'apparition de la lépre. Il est donc probable que cette Maladrerie, voisine du gibet, lieu de relégation, a été construite avant ou à la même époque que les Quinze Vingts de Paris et que seulement postérieurement, peut être à une date très tardive, elle lui a été rattachée. Toujours est il que c'est nécessairement le roi, par prévôt interposé, qui a fait construire cette Maladrerie, puisqu'elle était sise sur le territoire de Saint-Cloud.

Le pélerinage de Notre Dame de Boulogne

Est ce à cause de cette fondation hospitalière que le roi choisi le site voisin des Menus pour accueillir un nouveau sanctuaire ?

En janvier 1308, Philippe IV le Bel vient assister au mariage de sa fille, Isabelle de France avec Édouard II d'Angleterre, qui a lieu dans la cathédrale Notre-Dame à Boulogne-sur-Mer47. Ce sanctuaire fut érigé au XIIe siècle par la comtesse Ide de Boulogne, pour honorer une demande de la Vierge Marie qui serait apparue, selon une légende, au peuple de Boulogne vers 636. Il était, à l'époque de Philippe le Bel, un important lieu de pèlerinage, une étape sur le chemin de Saint-Jacques-de-Compostelle48. De retour à Paris, le roi fait chercher un terrain proche de la capitale pour y construire une église qui remplacerait le lointain pèlerinage de Boulogne-sur-Mer. Les Menus sont choisis, et c'est Philippe V le Long qui réalise en 1319 ou en 1320 le vœu de son père, mort avant d'avoir pu édifier l'église47.

En 1330, l’église Notre-Dame est bénie sous le vocable de Notre-Dame-de-Boulogne-sur-Seyne49. La même année, le village est érigé en paroisse distincte d’Auteuil et change de nom pour devenir Boulogne-la-Petite50. Notre-Dame n'a pas les dimensions d'une cathédrale mais présente toutes les caractéristiques d'un ouvrage de prestige qui a bénéficié des techniques les plus raffinées du style gothique et d'un luxe de moyens certain. Elle devient le principal lieu de pèlerinage des Parisiens et verra la venue de Du Guesclin, Charles VII, Jeanne d’Arc, Charles VIII... En 1469, elle est consacrée par l'évêque de Paris50 et donne son nom à la forêt de Rouvray qui n'est plus désignée que sous le nom de Bois de Boulogne51.

Un autre établissement hospitalier que la Maladrerie (cf. supra), dont il ne reste non plus aucune trace sinon un souvenir toponymique, a été plus sûrement associé aux Quinze Vingts en raison de sa destination, le soin aux croisés bléssés à l'oeil. Il s'agit de l'hypothétique hôpital des Aveugles de Boulogne. La documentation est rare sur les établissements parisiens, inexistante sur les établissements boulonnais. Toutefois, une ancienne sente des Aveugles, actuelle galerie ouest du centre commercial des Passages, garde le souvenir d'un tel établissement. La sente se poursuivait sur le trajet traversant aujourd'hui le centre Landowski et conduisait par la rue Paul Bert à l'emplacement de l'actuel lycée Jacques Prévert. Il y a eu d'autres hôpitaux des Aveugles, comme à Chartres. La création d'une paroisse indépendante, la fondation du nouveau pélérinage, la construction d'une église importante, la situation de ce supposé hôpital des Aveugles de Boulogne aux confins de la paroisse d'alors, à la frontière avec Auteuil, c'est à dire l'actuelle rue du vieux Pont de Sèvres, tout converge pour dater cet établissement de la fin du règne de Philippe le Bel, fondateur des Quinze Vingts. Cette date explique le rattachement de la Maladrerie à l'hôpital parisien.

La zone de Billancourt, une plaine agricole au sud de la ville où se trouvent quelques fermes, reste pour sa part rattachée à la paroisse d’Auteuil.

Boulogne-la-Petite, contrairement à Saint-Cloud, n'a pas de fortifications et connaît la misère des guerres (habitants pillés, battus...)52. Boulogne est principalement un village agricole jusqu’au XVIIe siècle où une deuxième activité importante, la blanchisserie, apparaît.

Le XVIIe siècle et le XVIIIe siècle

Gravure de Israël Silvestre datant de 1660 ou 1670. On y voit l'église telle qu'elle était au XVIIe siècle, trônant au milieu d'un Boulogne encore amoindri par la guerre.

Les prémisses de l'activité de blanchissage à Boulogne se situent pendant le règne de Louis XIII, dans les années 1625. La situation privilégiée du village au bord de la route menant de Paris à Versailles et à Saint-Cloud entraîne un va-et-vient constant de personnages issus de la haute bourgeoisie ou de l'aristocratie de la capitale. Ces derniers prennent alors l'habitude de déposer leur linge en passant à Boulogne et le reprennent au retour. Vers 1665, le roi Louis XIV fait percer l'Allée Royale, partant de Passy à Saint-Cloud et passant par Boulogne, pour son frère le duc d'Orléans, établi au château de Saint-Cloud8. Près de 20 ans plus tard, la construction du premier pont de Sèvres, tout en bois, s'achève afin de faciliter l'accès à la résidence royale à Versailles. Une nouvelle rue est percée, l'actuelle rue du Vieux Pont de Sèvres, reliant le pont, qui passe sur la pointe aval de l'ïle de "Sèves" et franchit deux bras de Seine, au village d'Auteuil53. Le trafic s'accélère alors à l'aube du XVIIe siècle, si bien qu'on dénombre en 1694 28 blanchisseurs à Boulogne54.

Plan du XVIIIe siècle renseignant sur l'évolution du hameau de Boulogne, toujours regroupé autour de son église

En 1717, la paroisse de Boulogne recense environ 1200 personnes avec une prédominance pour les blanchisseurs et les vignerons50. Les habitations se concentrent principalement dans l'actuel quartier des Menus - Jean-Baptiste-Clément, soit autour de l'église et de la rue de Paris à Saint-Cloud. Au XVIIIe siècle, Boulogne devient un lieu de villégiature55 et d'illustres figures de l'époque viennent résider à Boulogne (Joseph Fleuriau d'Armenonville56, l'abbé Louis Aimé de Bourbon55, la comtesse de Narbonne...). La plaine de Billancourt se résume, elle, toujours à sa ferme. À la veille de la Révolution, une découverte vient bouleverser le traitement du linge : Claude Louis Berthollet met en évidence les propriétés blanchissantes du chlore ; l'eau de Javel est née57. L'activité s'intensifie, surtout rue de Montmartre où les blanchisseries boulonnaises se concentrent depuis 1750.

C'est en 1786 que Marie-Antoinette, ayant obtenu de Louis Philippe d'Orléans le château de Saint-Cloud, décide de la percée d'une route plus directe pour la conduire à la capitale : l'actuelle route de la Reine. Mais, pendant l'agitation de la Révolution, le passage perd de sa fréquentation58. On sait de cette période de soulèvement, qu'à Boulogne, les principales doléances en 1789 portaient sur la mauvaise répartition de la taille, la justice royale du Châtelet et les dégâts provoqués par le passage des cavaliers dans les cultures (lors des chasses royales dans le bois)59. Le bois de Boulogne sera d'ailleurs ravagé en grande partie par la Révolution 51. La disparition de la clientèle noble entraîne une grave crise de chômage parmi les blanchisseurs de Boulogne60. Enfin, c'est en 1790 que Boulogne-la-petite devient la commune de Boulogne et l'année suivante, la démarcation de son territoire est opérée, en même temps que celle du département de Paris. Le nouveau territoire comprend l'ancienne paroisse et le domaine de Longchamp que l'abbaye lui avait spolié ainsi qu'une partie du bois de Boulogne. Les terres de la paroisse de Saint-Cloud situées entre la rive droite de la Seine et la rue de Billancourt lui sont atribuéess, augmentant ainsi sa surface d'un bon quart.61. Billancourt reste rattachée à la commune d'Auteuil62.

Le début du XIXe siècle et la première industrialisation

Dès le Directoire, l'activité de blanchisserie reprend60. Cependant, les premiers problèmes du développement d'une telle activité dans une agglomération rurale et résidentielle surviennent. Les blanchisseurs, qui pour beaucoup ont abandonné le lavage dans la Seine, alimentent leurs établissements par de l'eau tirée des puits63. Mais les eaux usées sont déversées dans les rues ou dans des cloaques derrière les ateliers : l'air est empuanté et des enfants se noient dans les trous64. Au tournant du siècle, Boulogne qui s'est considérablement développé compte 2400 habitants50. La ville connaît des modifications notoires ; réaménagement de la place du Parchamp en 1804, déplacement du cimetière près de l'église vers la plaine de Longchamp (qui appartient encore à Boulogne) en 1807 pour des raisons d'hygiène publique, travaux sur la rue de Paris à Saint-Cloud (future avenue Jean-Baptiste Clément), sur la route de Versailles (futures avenues Édouard-Vaillant et Général-Leclerc) et sur le pont de Sèvres.

Après la défaite française à Waterloo, les troupes prussiennes dirigées par Blücher foncent sur les hauteurs de Saint-Cloud et de Meudon. Les Français, repliés sur la rive droite, installent alors leur quartier général au château de Boulogne. Avec la chute de l'Empire, la situation et la fortune de certains grands dignitaires s'écroulent, comme celle du comte Réal obligé de vendre l'ancienne propriété du marquis de Rambouillet (Fleuriau d'Armenonville), entre la rue des Menus et la porte du bois de Boulogne. James de Rothschild achète alors en 1817 au banquier Davillier le domaine et l'agrandit considérablement, allant jusqu'à barrer toute expansion vers Longchamp65. L'armistice est signé à Saint-Cloud en 1815 et les Anglais installent un vaste camp dans le bois de Boulogne. Les riches habitants avaient fui la ville, tandis que les Boulonnais les plus modestes subissent des violences66. En juillet 1830, la révolution éclate à Paris. Le premier jour des Trois Glorieuses, Boulogne est occupé par la cavalerie de Charles X qui campe dans la Grande Rue. Le surlendemain, les Boulonnais voient passer des milliers de Parisiens en armes lancés à la poursuite du roi fugitif67.. En mai 1832, Boulogne est atteint par le choléra : on dénombre 64 morts reconnus comme cholériques68.

Document publicitaire édité par la société Gourcuff vers 1834 pour promouvoir le village de Billancourt

Si le passé industriel de Boulogne-Billancourt est indissociable de Billancourt, il faut remonter en 1794, alors que le chimiste-manufacturier Armand Seguin ouvre pour la première fois une tannerie sur l'île de Sèvres62 (actuelle île Seguin à laquelle il a légué son nom), pour retrouver les premières traces d'une activité industrielle boulonnaise. Immédiatement soutenue par le Comité de Salut Public, l'industrie de Seguin passe très vite à une production de plus grande échelle et concurrence dangereusement les importants tanneurs parisiens69. Mais alors que la mécanisation n'en est encore qu'à ses prémisses en France, Billancourt s'éveille et commence peu à peu à changer de visage. En effet, la société du baron de Gourcuff rachète en 1825 la vaste ferme pour y créer un quartier résidentiel70. Les principales voies actuelles sont alors percées autour de la Grand-Place (place Napoléon sous l'Empire, puis place Nationale et aujourd'hui place Jules-Guesde71) : rue de l'Église (aujourd'hui rue Nationale), rue des Princes (aujourd'hui rues de Meudon et Victor-Griffuelhes), rue de Saint-Cloud (rue Yves-Kermen), rue Traversière, rue d'Issy etc. De Gourcuff fait même construire, à ses frais, une chapelle à l'emplacement de l'actuelle place Bir-Hakeim, pour les habitants de ce nouveau quartier72.

Au nord, Boulogne n'est pas en reste puisque la commune se densifie de plus en plus. La rue de la Rochefoucauld accueille les blanchisseurs en grand nombre, tandis que des auberges et des commerces s'installent tout au long de la route de Paris à Saint-Cloud qui a pris le nom populaire de "Grande Rue"73. En 1841, Boulogne compte 6906 habitants74, tandis que la ville de Paris se protège dans ses nouvelles fortifications qui ont pour effet de créer une zone non ædificandi dans le bois de Boulogne, diminuant ainsi sa superficie, y compris sur sa partie boulonnaise.

Le Second Empire

Dès le début du Second Empire, Napoléon III concrétise par l'intermédiaire du préfet Haussmann son rêve d'extension de la capitale vers l'ouest. Son objectif est de relier les Tuileries à Saint-Cloud et établir un élégant parc aristocratique sur l'ancien domaine des chasses royales75. L'État fait alors concession du bois de Boulogne à la ville de Paris afin de transformer la forêt domaniale, avec ses voies rectilignes conçues pour faciliter l'exploitation forestière, en un lieu de promenade, agrémenté d'arbres divers, de plans d'eau etc76.. Les travaux furent confiés à Jacques Hittorff puis achevés par Jean-Charles Alphand77

La ville de Paris voulant englober la banlieue, 1858. L'un des panneaux porte l'inscription « Boulogne »

Mais à partir de 1854, Napoléon III engage un processus complexe d'expropriations dans la capitale78 qui vise entre autres à s'emparer des terrains avoisinant le sud-ouest de la capitale pour y édifier l'hippodrome de Longchamp, en vue d'y transférer les courses hippiques du Champ-de-Mars79,80. Boulogne est ainsi amputé de sa partie à l'extrême nord, et y perd son cimetière. Afin de financer ces coûteux travaux, la ville de Paris, en accord avec l'État, cède alors à des acquéreurs privés les terrains du bois laissés à l'écart des fortifications, tant du côté de Boulogne que de Neuilly : ainsi le lieu dit le Fond(s) des Princes, en lisière du bois, est délimité pour être aliéné. On établit au nord de ce terrain une allée des Chênes (actuel boulevard d'Auteuil) et tout ce qui se trouve au sud est loti sous le nom de « Parc des Princes ». Moïse Millaud, banquier et journaliste fondateur du Petit Journal, fut l'un des premiers aliénataires79. Haussmann, dans ses grands travaux d'urbanisme, impose alors un cahier des charges très strict concernant l'aménagement de ce nouveau quartier des Princes : les lotissements sont destinés à un aménagement résidentiel uniquement (les commerces et les industries sont donc bannis), et l'esthétique des habitations se doit de souligner un caractère aristocratique. Le terrain voit alors l'apparition de somptueux hôtels particuliers et maisons de villégiature, jusqu'au niveau de la route de la Reine76. L'allée des Chênes et l'avenue des Princes (actuelle avenue Robert-Schuman) sont même clôturées par des grilles de fer analogues à celles de l'avenue de l'Impératrice (avenue Foch). Le quartier Saint-James à Neuilly connaîtra un destin similaire.

C'est en 1860 qu'Haussmann fait rattacher, par la loi du 16 juin 1859, la zone de Billancourt et une partie du quartier du Point-du-Jour à Boulogne-sur-Seine, en les séparant définitivement de la commune d'Auteuil81. Le Parc des Princes est officiellement annexé à la ville et le maire est alors chargé de classer les voies et de les faire entretenir. Boulogne y voit défiler la société aristocratique et bourgeoise de l'époque : le prince Jérôme y visite la comtesse de Loynes ; le grand-duc Paul de Russie accueille dans son hôtel particulier (actuel collège Dupanloup) la famille impériale russe exilée ; le prince polonais Ladislas Czartoryski réside rue de la Tourelle... 82. Mais, le nouveau Boulogne se retrouve de plus en plus significativement pris en étau par la Seine et le Bois de Boulogne, si bien que la communication avec la capitale devient difficile. Les restrictions haussmanniennes propres au nouveau quartier des Princes n'arrangent rien : les faibles pressions démographique, industrielle et commerciale créent une zone tampon au nord-est entre Boulogne et Paris. De plus, la constitution définitive au nord-ouest de la propriété Rothschild en 1856, qui s'est agrandie à 30 hectares et s'est dotée d'un château style Louis XIV83, réduit davantage encore les voies d'accès à la capitale. Les Boulonnais réclament la percée de nouvelles portes, mais satisfaction tarde à leur être donnée.

L'église Notre-Dame, devenue vétuste, va subir de 1860 à 1863 une restauration menée par Eugène-Louis Millet84. L'église est ainsi débarrassée des nombreux appendices qui avaient proliféré tout autour (certains servaient d'écoles, de mairie...), la nef est prolongée, une flèche vient remplacer le clocheton, et surtout le porche du XVIe siècle est supprimé84 . La transformation de Millet est radicale et vivement critiquée85. La disparition des misérables bâtiments d'école encastrés dans l'église rend nécessaire la construction d'un nouveau groupe scolaire. Ainsi, sur un don de cent mille francs des époux Escudier, Boulogne se dote de 1860 à 1864 d'écoles neuves de garçons puis pour filles rue Fessart86. Après la bataille de Sedan, lors de la guerre franco-allemande de 1870, les armées prussiennes déferlent sur le nord de la France et assiègent Paris. Les Boulonnais ont fui : sur les 14 000 habitants il n'en reste bientôt plus que 2 00087. Boulogne, situé entre les deux feux, reçoit plusieurs obus et le pont de Sèvres est plusieurs fois le lieu de rencontre entre les deux camps87. Le 5 janvier 1871, Boulogne est occupé. Après la guerre une nouvelle campagne de restauration de l'église est entreprise : de 1872 à 1879, l'intérieur de Notre-Dame est orné de nouvelles peintures88.

L'essor industriel et culturel

C'est pendant le Second Empire que les blanchisseries boulonnaises ont commencé à se mécaniser. Les plus riches installations acquièrent la machine à laver automatique, la machine à repasser le linge plat, la sécheuse-repasseuse..89. Les Boulonnais sont à la tête d'organisations de blanchisseurs, tant ouvrières que patronales90. Rue de Silly s'installent les « Docks de la blanchisserie », qui vendent et louent les engins les plus modernes aux plus grandes blanchisseries, qui deviennent de véritables entreprises. En 1903, les entrepreneurs boulonnais veulent organiser une exposition internationale de la blanchisserie mais celle-ci se réduira finalement à une foire locale90.

L'usine des frères Renault

Vers 1868, Alfred Renault, bourgeois parisien enrichi grâce au commerce de tissus et de boutons91, acquiert une résidence secondaire comprenant une maison de deux étages entourée d'un vaste parc, rue du Cours (actuelle avenue Émile Zola) dans le « Hameau Fleuri », une partie de Billancourt(92. Il y meurt en 1892. Son fils cadet Louis, alors âgé de 15 ans, connaît une scolarité laborieuse. Il délaisse les études par manque d'intérêt, et se passionne pour la mécanique, particulièrement pour l'automobile. Il aménage à Billancourt, dans une resserre de la propriété familiale, un atelier de fortune. À la fin de l'année 1898, il y met au point sa première voiturette, qu'il essaye sur les quais de Seine boulonnais. Louis fonde la société « Renault frères », avec ses deux frères Marcel et Fernand.

En 1910, Louis Renault est le second industriel à mettre en oeuvre le fordisme qu'il a découvert cette année là au cours d'un voyage d'études fondamental auprès d'Henry Ford. Rejetée par les ouvriers qui suscitent des grèves dès 1913, la méthode oblige de recruter une main d'oeuvre immigrée chinoise qu'on loge dans des baraquements. La mobilsation de ces chinois sur les tranchées de la guerre de 14-18 libèrent ces baraquements pour une partie des quelques quarante cinq mille émigrés russes blancs fuyant à Paris la Révolution de 1917. Renault profite de cette nouvelle main d'oeuvre conservatrice et endurcie, issu des milieux les plus cultivés francophones. Déchus de leur nationalité en 1921, sans-papiers, parce que le statut d'apatride interdit le travail, donc dociles, les russes acceptent les dix heures quotidiennes du geste répétitif et sont traités de jaunes. La NEP autorisant l'émigration à partir de 1922, ils sont en 1931 environ quatre mille, anciens soldats ou officiers de l'armée Wrangel, petits fonctionnaires ou diplomates expulsés au cours de campagnes de purge, installés dans un Billancourt devenu une "ville francorusse" où ils maintiennent au travail comme au logis leurs liens hiérachiques du temps de l'exil. Ils composent alors vingt pour cent de l'effectif ouvrier des usines Renault. Une vie russe, à laquelle ces émigrés, ou du moins leurs anciens dirigeants, veulent à tout prix donner une chance de survie, se développe autour de l'église orthodoxe, d'une université populaire, du gymnase (école maternelle, primaire, collège et lycée) financé par Lady Lydia Detterding et abrité par la Princesse Zénaïde Youssoupoff dans son hôtel particulier du Grand Duc Paul Romanoff (origine du collège Dupanloup), des "vitiaz" ou des "sokoli" (scouts russes), des associations de cosaques, des restaurants, des épiceries, des coiffeurs et des médecins russes ... En 1935, ils ne sont plus que trois cent à travailler chez Renault. Politiquement divisés sur les causes de leur ruine, l'évolution de la Russie et leur avenir dans ce pays, ils se sont reclassés, en chauffeurs de taxis, en figurants des studios de cinéma de Boulogne, en cuisiniers, en précepteurs, en professeurs de musique, mais "Billancoursk" durera jusqu'après guerre.

A partir de 1902 et en quelques années, les frères Renault vont étendre leurs ateliers dans Billancourt, jusqu'à constituer plusieurs usines, et cela malgré les nombreuse servitudes qui pesaient sur le quartier (les manufactures et autres bâtiments bruyants étaient prohibés). À la veille de la Première Guerre mondiale, « Les automobiles Renault », ainsi renommées suite à la mort de Marcel et de Fernand, emploient 4 400 salariés et occupent un domaine foncier de 135 825 m²93. Pendant la guerre, Louis Renault cherche à s'approprier les voies municipales où sont implantées ses usines. Un double conflit s'engage alors : avec les particuliers, dont Renault cherche à s'approprier les terrains ou les habitations qu'il ne possède pas encore, d'une part ; et avec la ville de Boulogne, qui refuse de déclasser les rues de Billancourt et de les céder entièrement à Renault, d'autre part. Cette affaire agitera la commune jusqu'en 1929, date à laquelle Boulogne se résoudra à vendre toutes les voies englobées dans l'usine94. Renault continue jusqu'à la Seconde Guerre mondiale à étendre ses usines dans la partie sud de Boulogne, chassant ainsi les quelques industries et les blanchisseurs : une parcelle dans le quartier du Point-du-Jour ainsi que l'aménagement de l'île Seguin.

Cette époque voit aussi l’arrivée de nombreuses industries mécaniques et notamment plusieurs entreprises pionnières de l’aviation, avec l’installation de Louis Blériot, Gabriel Voisin, Émile Salmson, Henry Kapferer, Robert Esnault-Pelterie, Dassault, les frères Farman...
D’autres secteurs d’activités apparaissent, comme le cinéma qui voit le jour en 1908 à Boulogne avec le premier studio l’Éclipse, rejoint par d’autres durant les années suivantes (1926 pour le studio de Billancourt et 1942 pour celui de Boulogne).
Dans ces studios seront tournés entre autres le Napoléon d'Abel Gance, La Grande Illusion de Jean Renoir ou les chefs-d'œuvre de Marcel Pagnol. Le céramiste Raoul Lachenal, (1885-1956) quitte la faïencerie paternelle d' Edmond Lachenal pour fondée sa propre fabrique de porcelaine, de faïence et de grès dans la commune en 1911.

L'industrialisation de la commune provoque un afflux d'habitants. D'à peine plus de soixante mille en 1923, leur nombre passe à 97379 au recensement de 1936. Urbanisme et architecture marquent cette époque.

L’essor de la ville en fait un pôle d’attraction pour les arts et les années 1930 sont un « âge d’or » pour la ville. Boulogne-Billancourt est alors le siège d’une intense activité créative et d’un bouillonnement culturel dans de nombreux domaines : peinture (Marc Chagall, Georges Sabbagh…), sculpture (Paul Landowski, Bernard…), arts décoratifs, architecture (Tony Garnier, Le Corbusier…).

Le maire de l'époque, André Morizet, élu pendant plus de 20 ans à la tête de la municipalité, profite de son long mandat pour mener à bien plusieurs projets dans le domaine de l'urbanisme et des actions sociales.
Il faut dire que la ville offre un visage contrasté. Des quasi-taudis plutôt au sud de la ville jusqu'aux élégants hôtels particuliers de Boulogne nord. La population croit rapidement (de 68 000 à 97 000 habitants de 1921 à 1936) et il faut adapter les infrastructures.
Les accès routiers vers Paris et le reste de la région parisienne sont améliorés. En février 1934, Boulogne-Billancourt est la première ville à l'extérieure de Paris à recevoir le métro, avec le prolongement de la ligne 9.
De nombreux hôpitaux, écoles et bâtiments administratifs sont construits pour accueillir les nouveaux habitants. Le nouvel hôtel de ville conçu par l'architecte Tony Garnier, sorti de terre en 1934 et aujourd'hui monument historique, est le symbole de ce patrimoine architectural boulonnais.

En parallèle de cette forte activité artistique et culturelle, Boulogne-Billancourt est également une importante ville ouvrière, secouée dans l’entre-deux-guerres par de grandes luttes sociales ponctuées par des grèves dont certaines sont restées célèbres : 1913, 1917, 1934, 1936.

Il semble que c'est lors de cette première grève de 1913 qu'apparut l'expression politique qui fera florès dans les journaux "Il ne faut pas désespérer Billancourt", signifiant pour les gouvernements de ne pas prendre des mesures trop défavorables aux classes ouvrières ou jugées comme telles par ces dernières.

La Seconde Guerre mondiale

  • Drôle de guerre

Les Rothschild, famille de banquiers juifs, fuient en Grande-Bretagne en 1939, sous la menace allemande grandissante, abandonnant définitivement leur château du nord ouest de la ville, aujourd'hui encore en ruine. Dès août 1939, avant même la déclaration de guerre à l'Allemagne, la France prescrit « le rassemblement dans des centres spéciaux de tous les étrangers ressortissant de territoires appartenant à l'ennemi ». Aussi, quand l'Allemagne envahit la Pologne en septembre, le gouvernement entreprend l'arrestation de plusieurs milliers de réfugiés allemands ou autrichiens. Certains sont dans les débuts regroupés boulevard d'Auteuil, au nord de la ville, afin d'être parqués dans le stade Roland-Garros95.


  • Occupation

Au début du mois de juin 1940, les parisiens se pressent sur les routes pour échapper aux troupes allemandes, arrivées aux portes de la capitale. La mairie de Boulogne-Billancourt fait évacuer ses bureaux96, mais deux artilleurs s'empareront de la camionnette et s'enfuiront vers Sully-sur-Loire97. Le 14 juin 1940 les nazis entrent dans un Paris déclaré "ville ouverte" et y défilent le jour même. Ils passeront par Boulogne, en empruntant l'avenue Édouard Vaillant, de Paris au pont de Sèvres10.Dés lors, la capitale sera sous occupation allemande jusqu'en 1944.

Les Allemands s'installent progressivement et réquisitionneront au total plus de cent bâtiments98 à Boulogne, qui compte alors plus de 97 000 habitants99. Plusieurs haut-gradés nazis occuperont les belles demeures du quartier des Princes (c'est par exemple le cas avenue Robert Schuman, rue Gutenberg ou rue des Pins)100. La ville est rattachée en août 1940 à la Kreiskommandantur de Montrouge jusqu'au 7 juillet 1943, puis à la Feldkommandantur de Neuilly-sur-Seine. André Morizet refusera, jusqu'à sa mort le 30 mars 1942, de manifester le soutien d'un « Boulogne-Billancourt occupé mais pas soumis » au maréchal Pétain101.

Du 1er juillet 1940 au 19 août 1944100, les allemands installent dans la propriété désertée des Rothschild l'état-major de la Kriegsmarine et pillent le château. Les œuvres d’art, meubles, tableaux, statues sont envoyés en Allemagne tandis que la décoration intérieure est saccagée et les parquets et les lambris passent en bois de chauffe. À la Libération les Américains en font un centre de transit. Les pagodes et folies du parc sont détruites, le reste de la décoration intérieure disparaît. Le parc est réquisitionné pour servir de parkings pour les poids lourds. À son retour la famille Rothschild découvre son château saccagé et quitte Boulogne pour la Suisse102,103.


  • Résistance

La propagande anti-juive est rapidement mise au point par le gouvernement et on constate dans la ville les premières actions contre les magasins juifs. Ainsi, le 3 octobre 1940, la synagogue de la rue des Abondances est saccagée par des inconnus venus de Paris104. Plusieurs groupes de résistants, notamment chargés de faire passer la ligne de démarcation à des prisonniers évadés, sont organisés clandestinement par des membres de l'équipe municipale dont André Morizet, Pierre Grenier, Henri Mas105. Les Habitations à Bon Marché, HBM (aujourd'hui HLM) de l'avenue des Moulineaux (aujourd'hui avenue Pierre Grenier) constituent un vivier de militants communistes qui organiseront plusieurs actes de résistance active jusqu'à la Libération106, ce qui leur vaudra en août 1944 quelques coups de canons tirés de l'ïle Saint Germain tuant plusieurs FFI. Dans les usines Renault de Billancourt, dont tous les postes sont sous le contrôle d'un allemand, naissent également trois groupes de résistance.

- Les syndicalistes communistes, comme Yves Kermen, recrutent des adhérents de la MOI, des militants de la Jeunesse Communiste et des membres du service d'ordre du Parti Commmuniste, pour constituer les FTP. L'appel du 10 juillet 1940 de Jacques Duclos, le jour même du vote des pleins pouvoirs à maréchal Pétain, provoque la création dans l'usine de comités (en russe "soviet") qui, sous prétexte de défendre les intérêts salariaux mobilisent les ouvriers face aux syndicats maréchalistes puis organisent des actes de sabotage contre la production allemande de véhicules107.

- A partir de 1941, se développe une branche de l'Organisation civile et militaire (OCM), constituée dans des cadres proches des milieux patronaux. 108. L'OCM rentrera en conatct avec le BCRA qui le fera entrer dans la mouvance Libération-Nord.

- Le groupe Libération-Nord s'implante dans les usines en octobre 1942. Il contribue au sabotage des chars allemands en réparation et tentera le 4 juin 1944 la destruction de l'usine, imposée par Londres109.


  • Déportations

Après la mort d'André Morizet, la nouvelle municipalité présidée par Robert Colmar, nommé par un arrêté du gouvernement en avril, entre ouvertement dans la collaboration. En 1942, la construction du centre d'hygiène, qui abrite aujourd'hui le commissariat, imaginé par Tony Garnier, est arrêtée par une ordonnance allemande11. Les arrestations de juifs et de résistants s'intensifient. Les 16 et 17 juillet 1942 a lieu la rafle du Vel' d'Hiv. La police française seule110 rassemble les personnes arrétées, qui comptent, à la différence de la rafle de l'automne 1941, des femmes et des enfants111, dans le sous sol de l'hôtel de ville, qui abritait à l'époque le commissariat, avant de les envoyer par camions à Drancy, d'où la plupart des raflés de ce jour seront déportés en Allemagne sans délai. On ne sait précisément combien de juifs boulonnais seront arrêtés, un grand nombre étant sans-papiers, soit qu'ils furent immigrés clandestins soit qu'ils furent déchus de leur nationalité française. Cependant, une circulaire du directeur de la police municipale prévoit le 13 juillet l'arrestation de 96 juifs adultes. Les témoignages évoquent au moins deux allers et retours par jour112 pendant plusieurs jours d'un convoi de nombreux camions113 soit plusieurs centaines de gens, beaucoup plus que ce que les recensements d'après guerre réussiront à comptabiliser de la seule population boulonnaise: Boulogne a probablement servi de centre de rassemblement pour d'autres communes. La mairie de Boulogne, du fait de l'importance de la main d'oeuvre immigrée, a été un important centre de déportation. La synagogue et l'école juive de la rue des Abondances seront dévastées en 1943 par les nazis114.


  • Bombardements

La ville subit en 1942 et 1943 de violents bombardements anglo-américains, qui visaient les usines Renault, alors sous contrôle allemand115.

- Le premier bombardement a lieu le 3 mars 1942 vers 21h, par la RAF. 220 appareils larguent 475 tonnes de bombes. Le nombre de victimes au sein de l'usine Renault (7 tués et 6 blessés) est faible, mais la population alentour, qui n'avait pas forcément jugé nécessaire de gagner les abris, est durement touchée. Parmi les quelques 600 morts et 1500 blessés 116, on compte les malades de l'ancien sanatorium Sollier, devenu en 1921 hôpital Ambroise Paré, reconstruit depuis dans la cour du château Rothschild. À Paris, on monte sur la butte Montmartre pour applaudir patriotiquement le bombardement117.

- En juin 1942, la production des usines Renault a repris son cours et la population se doute que de nouveaux bombardements vont se produire. Le dimanche 4 avril 1943, ce sont les Américains qui lancent un raid de 88 appareils, larguant 250 tonnes de bombes. Le bilan est d'environ 350 morts et 500 blessés. Si la voûte du métropolitain n'avait pas été touchée en 1942, il n'en est pas de même ce jour là, où des voyageurs, descendant d'une rame de wagons qui venait d'arriver à la station Pont de Sèvres, périrent sur place, écrasés ou brûlés. Le métro servira néanmoins d'abris pour nombre de boulonnais durant les alertes, notamment à Marcel Sembat où des milliers de personnes stationnaient certains jours devant les bouches de métro afin d'y pénétrer10.

- Un nouveau raid est lancé le 15 septembre 1943 par 81 appareils larguant 250 tonnes de bombes. Le tir est imprécis et touche largement les quartiers et les communes avoisinantes. Le bilan est de 280 morts et 470 blessés. Ces bombardements meurtriers seront utilisés par la propagande collaborationniste, à la suite d'une effroyable et magistrale campagne de communication ménée par Goebbels relative à la destruction de Rouen par l'aviation anglaise ("le criminel revient toujours sur le lieu de son crime"), pour tenter de dresser la population contre les Alliés.

Des terrains vagues, suspects de bombes, resteront inconstructibles jusqu'à la fin des années soixante.


  • Libération

En août 1944, à l'approche des troupes alliées, commence dans Paris et sa banlieue le processus de libération. Le 19 août, la municipalité mise en place par Vichy à Boulogne n'est plus. Le 20 août a lieu l'un des premiers soulèvements populaires importants en banlieue : des ouvriers, partis de la place Nationale (aujourd'hui place Jules Guesde), se dirigent sur la mairie. Le lendemain, le comité local de Libération, présidé par Alphonse Le Gallo, encourage les insurgés alors que les usines Renault sont aux mains des Forces françaises de l'intérieur. Enfin, le 24, à l'annonce de l'arrivée de la 2e Division Blindée de Leclerc, des barricades sont élevées dans Boulogne libéré118. Le bilan pour Boulogne est incertain et non exhaustif. On a comptabilisé cependant : 188 juifs déportés et seulement 3 survivants connus à ce jour (sur les un peu plus de 200 membres estimés de la communauté juive boulonnaise119), 91 ouvriers chez Renault déportés pour faits politique dont 75 survivants et 12 morts connus, 70 boulonnais (hors employés chez Renault) déportés pour faits politiques dont 2 survivants et 25 morts connus120.

La période contemporaine

La place du nouveau quartier du centre-ville

Après la Seconde Guerre mondiale, et surtout à partir des années 1980, l’industrie lourde laisse la place aux activités tertiaires, notamment avec l’arrivée de sociétés informatiques, des entreprises du secteur audio-visuel, et des agences de publicité.

Politique et administration

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Boulogne-Billancourt est l'une des deux sous-préfectures du département des Hauts-de-Seine et le chef-lieu de l'arrondissement de Boulogne-Billancourt. Elle est divisée en trois cantons : le canton de Boulogne-Billancourt-Sud, le canton de Boulogne-Billancourt-Nord-Est et le Canton de Boulogne-Billancourt-Nord-Ouest. La ville est membre de la Communauté d'agglomération Val de Seine et du Syndicat mixte des Coteaux et du Val de Seine, dont elle accueille les deux sièges.

Boulogne-Billancourt fait partie des communes121 qui utilisent les machines à voter.

Administration municipale

L'hôtel de ville

Le conseil municipal est composé du maire, de 19 maires adjoints, de 20 conseillers municipaux conseillers délégués et de 15 conseillers municipaux. Trente-neuf sièges du conseil muncipal sont pourvus par les élus de la majorité municipale (« Groupe de la Majorité rassemblée »). Les deux groupes d'opposition sont « Unis pour Boulogne Billancourt », conduit par « Jean-Pierre Fourcade », et « @lternance », conduit par Marie-Hélène Vouette122. Le maire Pierre-Christophe Baguet est également député à l'Assemblée nationale pour le groupe UMP123, président de la Communauté d'agglomération Val de Seine124, vice-président de l'Association des maires des Hauts-de-Seine125 et président du Syndicat mixte des Coteaux et du Val de Seine126.

Liste des maires

Cinq maires ont été élus à Boulogne-Billancourt depuis 1971 :

Liste des maires depuis 1971
Période Identité Étiquette Qualité
21 mars 1971 mars 1991 Georges Gorse UDR-RPR Homme politique, ministre
mars 1991 25 juin 1995 Paul Graziani RPR Homme politique
25 juin 1995 17 mars 2007 Jean-Pierre Fourcade UDF-UMP Homme politique, ministre
17 mars 2007 9 mars 2008 Pierre-Mathieu Duhamel UMP Homme politique
16 mars 2008 → en cours Pierre-Christophe Baguet UMP Homme politique

Instances judiciaires et administratives

Le commissariat de police de Boulogne-Billancourt a été visité par le contrôleur général des lieux de privation de liberté en octobre 2008, qui a déploré des « conditions d'hygiène » « indignes pour les personnes placées en garde à vue et celles placées en dégrisement » et le non-respect des procédures de traçabilité de la garde à vue prévues à l'art. 65 du Code de procédure pénale. Enfin, le contrôleur a déclaré que « la pratique du retrait du soutien-gorge et de la paire de lunettes de vue doit être abandonnée : elle constitue une atteinte à la dignité de la personne que n'a pu justifier aucun impératif démontré de sécurité. » 127

Tribunaux

Administrations

Services publics

Consulats

Politique environnementale

Jumelages

Depuis 1955 :

Depuis 1968 :

Depuis 1989 :

Depuis 1993 :

Depuis 1996 :

Depuis 2007 :

Population et société

Démographie

Boulogne Billancourt est le troisième pôle de peuplement de la région parisienne après le XIX-XXème arrondissement et le XVème arrondissement. Au 1er juillet 2005, l'Insee estimait la population de la ville de Boulogne-Billancourt à 110 300 habitants128, pour une superficie de 617 hectares, soit une densité de 17 876 habitants par km². Elle est ainsi, la 34e ville la plus peuplée de France129 et la deuxième d'Île-de-France après Paris.

Ses habitants sont appelés les Boulonnais et les Boulonnaises, fraction des altoséquanais. Estimant que cette appellation ignore les quartiers de Billancourt, certains - notamment chez les Verts - suggèrent qu'on les nomme Boulo-billancourtois130. L'évolution du nombre d'habitants depuis 1793 est connue à travers les recensements de la population effectués à Boulogne-Billancourt depuis cette date.

1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
3 600 2 481 2 378 3 266 5 323 5 993 6 906 7 847 7 602
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
11 378 13 944 17 343 18 965 21 556 25 825 30 084 32 569 37 418
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
44 416 49 969 57 027 68 008 75 559 86 234 97 379 79 410 93 998
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2006 2007 -
106 641 109 008 103 578 102 582 101 743 106 367 110 251 111 045 -
Nombre retenu à partir de 1962 : population sans doubles comptes - Sources : Cassini131 et INSEE 01.01.2007132
Évolution démographique de 1793 à 2007

Enseignement

Au sein de l'Académie de Versailles, Boulogne-Billancourt fait partie, avec Issy-Les-Moulineaux, Saint-Cloud, Sèvres, Meudon, Garches, Vaucresson, Marnes-la-Coquette, Ville d'Avray et Chaville du bassin d'éducation de Boulogne-Billancourt133.

La ville administre 16 écoles maternelles et 12 écoles élémentaires communales. Le département gère 4 collèges et la région Île-de-France 2 lycées publics134.

Lycée Jacques Prévert

Le lycée Jacques-Prévert, anciennement Paul Bert, est le seul lycée public de la ville préparant au baccalauréat général (sections L, ES et S)135. Il prépare également au baccalauréat sciences et technologies de la gestion (STG).

Une classe préparatoire aux grandes écoles BCPST ("Agro-Véto") a été ouverte au lycée Jacques Prévert en septembre 2008136. Les jeunes boulonnais qui se destinent aux Grandes Ecoles sont obligés habituellement d'être exportés dans les lycées parisiens, Janson de Sailly, La Fontaine, Jean Baptiste Say, Claude Bernard, ou versaillais, Hoche, La Bruyère, "Ginette".

Lycée Étienne Jules Marey

Le lycée polyvalent Étienne Jules Marey.

Le second lycée public est un lycée professionnel, le lycée polyvalent Étienne Jules Marey. Il délivre le CAP (spécialité petite enfance) ainsi qu'une FCIL (formation complémentaire d'initiative locale) en Traitement numérique de l'image et Publication Internet, le BEP (carrières sanitaires et sociales, secrétariat, comptabilité), le baccalauréat professionnel (photographie et infographie, Service de Proximité et Vie Locale, secrétariat, comptabilité), le baccalauréat sciences et technologies de la santé et du social (ST2S) et les diplômes professionnels d'auxiliaire de puériculture et d'aide soignant137.

Ecoles Saint-Jean-Baptiste

Entrée du lycée Notre-Dame de Boulogne, un établissement privé sous contrat.

Avec quatre écoles maternelles, quatre écoles élémentaires, deux collèges privés et un lycée, l'enseignement privé catholique de Boulogne forment la communauté scolaire Saint-Jean-Baptiste de Boulogne138 :

  • - Saint-Alexandre (une école maternelle et une école élémentaire),
  • - François d'Assise (une école maternelle et une école élémentaire),
  • - Saint-Joseph du Parchamp (une école maternelle, une école élémentaire et un collège),
  • - Dupanloup (une école maternelle, une école élémentaire et un collège)
  • - Notre Dame de Boulogne, lycée d'enseignement général et technologique134.

Ce dernier délivre le baccalauréat général (L, ES et S) et le baccalauréat sciences et technologies de la gestion (STG).

Ecole Maïmonide

Depuis 1935, un enseignement privé sous contrat est dispensé dans le cadre des études de la Torah et du Talmud, depuis la maternelle jusqu'au lycée par le groupe scolaire Rambam, un des premiers établissements scolaires juifs a avoir été ouvert en France. Le lycée Rambam139 prépare au seul baccalauréat général (L, ES ou S), auquel il obtient régulièrement un taux de réussite élevé (classé septième du département par L'Express140).

Ecole d'Aguesseau

Les cours d'Aguesseau, collège et lycée privés sis 16 rue d'Aguesseau, luttent, depuis plus de quarante ans, par des classes à effectif réduit, des enseignants spécialisés, des études dirigées, contre l'échec scolaire avec un succès certain: une moyenne calculée sur vingt ans de 80 % de l'ensemble des élèves réussit soit au brevet des collèges soit au baccalauréat, ES ou S.

Enseignement supérieur et formation continue

Outre les BTS délivrés dans les lycées Notre-Dame de Boulogne (lycée privé) et Jacques Prévert et la classe préparatoire de ce dernier, la ville possède plusieurs établissements d'enseignement supérieur :

La Chambre des Métiers de l'Optique, installée en face du groupe scolaire de la rue de Sèvres, prépare à un BTS d'opticien.

Des cours du soir de langues sont dispensés aux adultes, pour une sommme symbolique, au sein du collège Bartholdi, 60 rue de l'Ancienne Mairie, par l'Association Philotechnique, fondée par la municipalité vers 1871 et homologuée en 1895, en particulier pour accueillir les étrangers non francophones, mais aussi pour favoriser une évolution professionnelle.

La ville organise une université populaire, le Forum Universitaire, ouvert sans condition. Les personnalités les plus reconnues dans leur domaine viennent y donner des conférences, donnant lieu à débats. La qualité des intervenants donne à cette université inspirée de Thelem un niveau digne des grands établissements sans pour autant s'adresser à des spécialistes. L'inscription est d'un coût modique.

Conservatoire de musique et de danse

Marcel Landowski, directeur de la musique au ministère de la Culture après guerre, a réformé les méthodes pédagogiques tant dans les écoles que dans les conservatoires. Alors également conseiller municipal, il a fait du conservatoire municipal de Boulogne son projet pilote, le conduisant à devenir le Consevatoire à Rayonnement Régional qu'il est aujourd'hui. Celui ci est abrité par le Centre Georges Gorse, 22 rue de la Belle Feuille et dispose d'un auditorium, tantôt salle concert, tantôt scène de danse.

L'Ecole de Musique et de Danse de Boulogne Billancourt, EMBDB, dispense aux enfants dès leur plus jeune âge une formation musicale ou une formation chorégraphique. Le Consevatoire à Rayonnement Régional, BBCNR, prend le relai pour les adolescents sélectionnés. Les classes de danse classique et de danse contemporaine délivrent, chacune dans leur domaine, un Certificat d'Etudes Musicales et un Diplôme d'Etudes Musicales, diplômes nationaux reconnus par le ministère de la Culture. Outre les classes pour chaque instruments, le conservatoire musical offre une classe de musique ancienne et une classe de composition. Les études sont sanctionnées par un Certificat de Fin d'Etudes Musicales et un Diplôme d'Etudes Musicales, pareillement reconnus. Une classe d'ingéniérie du son141, accessible sur concours, délivre un certificat non reconnu par l'Education Nationale mais reconnu, et très recherché, par la profession, le "certificat Boulogne".

Manifestations culturelles et festivités

Salon du livre

Trois éditions à ce jour, à l'Espace Paul Landowski.

BBMIX

Boulogne Billancourt Mix, un festival annuel, dans la dernière semaine d'octobre, de musique rock, pop, folk, électroniques et de la scène artistique qui l'accompagne, danse, lumières... C'est l'occasion de découvrir les nouveaux talents et les nouvelles pratiques acoustiques ou scénographiques. BBMIX est résolument d'avant garde mais sait être aussi nostalgique.

Jeux en Fêtes

le Centre National du Jeu organise tous les ans fin novembre à l'l'Espace Paul Landowski un festival des jeux et des jouets, au cours duquel se déroule la Nuit du Jeu de Rôle.

Fêtes locales

  • Carnaval des enfants, tous les mardi gras à la mairie.
  • Forum des associations, foire aux inscriptions à chaque rentrée, à la mairie.
  • Feu d'artifice la veille du 14 juillet.
  • Bal des pompiers le 14 juillet à la caserne, 55 rue Galliéni.
  • Fête des familles, organisée une fois par an par la mairie.
  • Marché du Ramadan, une fois par an selon le calendrier lunaire, au Forum Bas.
  • Fête de la musique, animations musicales par quartier au solstice d'été.

Santé

L'hôpital Ambroise Paré, appartenant à l'Assistance Publique - Hôpitaux de Paris.

Boulogne-Billancourt est adhérent et membre du Conseil d'administration du Réseau français des Villes-Santé de l'OMS142 et participe à la mise en œuvre de projets de santé comme le Programme national de nutrition santé (PNNS initié par l'INPES) et le Plan national de lutte contre le cancer143.

La ville possède depuis 1969 un hôpital de l'Assistance publique - hôpitaux de Paris, l'hôpital Ambroise Paré (468 lits), situé à l'extrême nord de la commune (avenue Charles-de-Gaulle)144. Dans le cadre d'une refonte des 37 hôpitaux AP-HP en 13 groupes hospitaliers, Ambroise-Paré devrait s'allier d'ici 2012 avec l'hôpital Raymond-Poincaré de Garches et l'hôpital Sainte-Périne-Paris XVIe145. Un dispensaire, 233 boulevard Jean Jaurès, sert en outre aux médecins libéraux de permanence de soins. Elle compte également diverses cliniques et cabinets pluridisciplinaires comme la clinique Montevideo (spécialisée dans la recherche et le traitement des addictions)146, l'Institut européen de chirurgie esthétique et plastique (IECEP)147 ou encore le Centre de rééducation et d’exploration médico-sportive de l’Ouest parisien (CREMSOP)148.

Depuis la fermeture de la clinique du Belvédère, en 2003, il n'existe plus de maternité à Boulogne-Billancourt. En mai 2009, la municipalité dit réfléchir à la construction d'une maternité publique sur le terrain vacant situé à l'angle de la rue Thiers et de l'avenue Édouard Vaillant149.

Sports

Boulogne a deux clubs sportifs, l'ACBB, club municipal, et le COB.

ACBB

L'Athlétic Club de Boulogne Billancourt, doté par la municipalité, accueille les enfants dans le cadre d'une pratique extra scolaires. Depuis sa création, le club joue un rôle d'intégration social essentiel. Il participe profondément aux développements des relations sociales entre boulonnais. Ce club est pour cette raison composé d'une multitude de sections, répondant aux attentes des familles.

  • L'aréoclub est installé à l'aérodrome de Saint Cyr, prés de Versailles;
  • la section aviron est basée sur l'autre rive de la Seine, à Sèvres dans l'île Monsieur;
  • la section escrime utilise comme salle d'arme une salle du stade du groupe scolaire Thiers, rue du Dôme.
  • la section équitation dispose d'une partie du parc du château Rotschild;
  • la section natation s'entraine sur les lignes qui lui sont réservés à certaines heures dans le bassin de vingt cinq mètre de la piscine municipale;
  • les sections de patinage et de hockey se partagent la patinoire olympique;
  • la section judo dispose d'un dojo au stade Paul Souriau, rue de Seine;
  • la section hand ball occupe se même stade;
  • la section basket s'entraine dans le stade du lycée Jacques Prévert;
  • la section athlétisme utilise le stade Le Gallo, rue de Sèvres;
  • Le tennis utilisent les cours du starde Le Gallo et ceux de Longchamp, 19 boulevard Anatole France;
  • le gymnase des Dominicaine, 11 rue de Clamart, est équipé d'une salle d'escalade;
  • la section cyclisme a ses bureaux rue Yves Kermen
  • le ping pong dispose de salles dans le sous sol de la piscine
  • le rugby se pratique au stade de Mortemart en bordure du bois de Boulogne, sur le territoire parisien de Longchamp

Il y a bien d'autres sections à l'ACBB, triathlon, musculation, pétanque, gymnastique, sports adaptés aux handicapés, danse, yoga, pëche... Les inscriptions se font sur place.

L'ACBB a en outre des objectifs de résultats en compétition qui l'ont fait conduire plusieurs fois certains de ses adolescents sélectionnés au sommet. L'ACBB s'est distingué au cours de compétitions olympiques ou internationales, en particulier dans le cyclisme et le patinage, le hockey et le judo. C'est dans sa section judo qu'une méthode d'enseignement, aujourd'hui imitée par les maîtres japonais, a été mise au point, permettant la popularisation de ce sport en France.

COB

Le Club Olympique de Boulogne était à l'origine le club sportif des policiers de Boulogne.

Sport hors club

On trouve également à Boulogne plusieurs salles privées d'arts martiaux ainsi que des clubs de tennis privés, des salles de gymnastiques de "mise en forme".

Des tennis et tables de ping pong en ciment sont en libre service parc de la glacière, à côté de la patinoire. Le terrain de sport 58 avenue Édouard Vaillant aussi en libre service.

Footing, parcours de santé et sports de plein air se pratiquent dans les espaces verts voisins de Boulogne, Bois de Boulogne, parc de Saint-Cloud, et île Saint-Germain. Cette dernière n'est pas ouvete aux cyclistes. Ceux ci se retrouvent, sans formalité et avec beaucoup de chaleur, tous les dimanches matin sur la piste entourant l'hippodrome de Longchamp.

Médias

Les sièges de TF1 et de Canal+ se trouvent à Boulogne-Billancourt.

Cultes

L'église catholique Sainte-Thérèse de l'Enfant-Jésus

Tous les cultes de tradition biblique sont représentés à Boulogne.

  • Catholique

Le doyenné de Boulogne-Billancourt, rattaché au diocèse de Nanterre, regroupe quatre paroisses portant chacune le nom de leur église.


  • Protestant

La ville compte trois églises protestantes


  • Orthodoxe

L'église orthodoxe russe Saint-Nicolas156, 132 bis rue du Point du Jour, est rattachée au Patriarcat œcuménique de Constantinople. Les vigiles sont chantées en slavon le samedi à dix huit heures et l'office liturgique dominical a lieu le matin.

La synagogue de Boulogne-Billancourt.


  • Musulman

La ville accueille depuis 1981 le centre culturel et cultuel musulman de Boulogne-Billancourt (CCCMBB). Installé depuis 2004 dans un ancien atelier de l'usine Renault, il comprend deux salles de prières, une pour les hommes et une pour les femmes, des salles de cours d'arabe littéraire et de soutien scolaire, ainsi que diverses structures d'accueil157. En 2009, un nouveau centre culturel et cultuel musulman de 2 000 m² verra le jour158.


  • Israélite

Une synagogue est implantée depuis 1911 à Boulogne-Billancourt et depuis 2009 un centre Loubavitch.

Économie

Répartition des entreprises localisées à Boulogne-Billancourt dans les différents secteurs, hors agriculture et administration, en janvier 2005159

Boulogne-Billancourt est un des principaux pôles économiques de la région parisienne. Après son passé fortement marqué par plusieurs aventures industrielles, Boulogne-Billancourt s'est tourné résolument vers le secteur tertiaire (9 entreprises sur 10 en font partie, 85% des emplois localisés dans la commune y sont concentrés)160, et notamment les services aux entreprises, comme le montre le graphique ci-contre. De manière plus générale, une entreprise sur deux dans la commune est une société de services, tout comme plus d'un tiers des emplois s'y concentrent161.

Entreprises

Avec 936 nouvelles entreprises créées en 2006, Boulogne se place comme la ville des Hauts-de-Seine la plus attractive en termes de créations d'emplois, devant les communes de Neuilly-sur-Seine (690 entreprises nouvelles en 2006) et d'Asnières-sur-Seine (534 entreprises)162. Bien que placée en deuxième position des villes les plus attractives en Île-de-France163, elle reste très loin derrière Paris, où 28 917 entreprises sont apparues en 2006. La même année, la ville accueillait plus de 12 000 entreprises, soit le deuxième plus grand parc francilien, après la capitale française160 (295 420 établissements162). Parmi ces entreprises, on compte de nombreux sièges sociaux ou principaux établissements de grands groupes.

Industrie

Chimie et pharmaceutique

Informatique et formation

Communication

Commerce, finance et services


A la différence de La Défense, Boulogne offre aux employés de ces entreprises un cadre vivant et familial.

Boulogne-Billancourt possède également une antenne de la Chambre de commerce et d'industrie de Paris.

Dans les années à venir, l'économie de Boulogne-Billancourt devrait profiter du réaménagement de l'île Seguin.

Revenus de la population et fiscalité

Le revenu fiscal médian par ménage était en 2006 de 27 340 €, ce qui place Boulogne-Billancourt au 193e rang parmi les 30 687 communes de plus de 50 ménages en métropole164.

La population boulonnaise est, en moyenne, une des plus aisées de la région parisienne, voire de France. Elle se place en effet, au regard du nombre de résidents payant l'impôt de solidarité sur la fortune, en 5e position parmi les villes françaises de plus de 20 000 habitants (derrière Neuilly-sur-Seine, Saint-Cloud, Versailles et Saint-Germain-en-Laye)165.

En 2005, les moyennes des revenus nets imposables par foyer fiscal :

Emploi

En juin 2005, le chômage était de 8%, soit près de deux points de moins que dans le reste de la France.

Commerces

Le marché Escudier, dans le nord de Boulogne, alterne deux fois par semaine avec celui de Billancourt, les mardis, vendredis et dimanches mâtin pour le premier, les mercredis et le samedis matin pour le second. Les deux sont couverts mais seul celui de Billancourt bénéficie d'un garage souterrain (payant).

L'axe principal de Boulogne, le boulevard Jean Jaurès, qui parcourt en ligne droite la ville en son centre du nord au sud, offre deux kilomètres et demi de commerce continu, en particulier de commerce de vêtements. Le centre commercial Les Passages, presqu'au centre géographique de la ville, à mi distance des stations de métro Marcel Sembat et Rue du Château, abrite un peu plus d'une cinquantaine de boutiques sur deux étages aérés.

Tourisme

Les touristes sont acceuillis par un office de tourisme municipal, BBT, 204 boulevard Jean Jaurès, près du métro Marcel Sembat.

Entre Paris et Versailles, Boulogne offre un bon compromis, à la fois en termes de transport et en termes de prix, pour les organisateurs de circuits touristiques.

Deux hôtels de luxe se sont installés à la lisière de Paris. Quatre hôtels trois étoiles, douze hôtels deux étoiles et un hôtel bon marché accueillent en sus les touristes, en particulier lors des évènements sportifs du Parc des Princes, de Roland Garros ou de Pierre de Courbertin et lors des manifestations du Parc des expositions de la porte de Versailles ou du CNIT.

Deux restaurants, qui ne sont pas ceux de ces deux hôtels de luxe, ont obtenus une étoile.

Culture et patrimoine

Monuments

Église Notre-Dame de Boulogne

2 rue de l'église, XIVe siècle (classée MH) 168. C'est ancien lieu important de pélérinage.

Château Buchillot

Folie du XVIIIème siècle, autrefois annéxée au château Rotschild, les bâtiments ont été aménagés pour accueillir le musée Paul-Belmondo.

Synagogue de Boulogne

La Synagogue de Boulogne Billancourt, l'une des plus anciennes de France, située rue des Abondances et de l'Abreuvoir, par l'architecte Emmanuel Pontremoli, avec des peintures de Gustave Jaulmes (1911) (inscrite MH)

Hôtel de ville de Boulogne

Tony Garnier (inscrit depuis 1975 à l'inventaire des monuments historiques)

Eglise Sainte-Thérèse

Consacrée à Saint Thérèse de l'Enfant-Jésus l'année de la canonisation de Thèrèse d'Avila, c'est une illustration d'une architecture aux préoccupations sociales d'avant guerre, comme en attestent les peintures édifiantes de Jean Lambert-Rucki

Dôme de Boulogne

L'église de l'Immaculée Conception a été construite en 1960 pour remplacer l'église de la rue du Dôme, qui doit son nom à la perspective qu'elle offrait sur le dôme des Invalides. Elle s'intègre dans le projet de village nouveau et avant gardiste de Fernand Pouillon. En béton, elle est une curiosité pour les spécialistes de l'architecture moderne, tant pour sa structure que pour la conception de son aménagement.

Église Saint Nicolas

Saint Nicolas le Thaumaturge, 132 bis rue du Point du Jour, est une des dix minuscules églises orthodoxes construites entre les deux guerres par les russes blancs fuyant la Révolution de 1917. Élevée en 1927 grâce aux fonds collectés auprès des ouvriers russes des usines Renault, elle a été le centre culturel actif des quelques quatre mille russes de "Billancoursk" désireux de perpétuer en exil la Sainte Russie anéantie sur son territoire. Détruite par les bombardements alliés d'avril 1843, elle n'a été reconstruite qu'en 1960, la seconde génération s'étant dispersée et mariée dans la société française. Son iconoclaste est l'œuvre du peintre Valentin Zvetchinsky.

Restaurée en 2003, l'église abrite depuis la chorale Saint Nicolas (discographie sur place).

Fontaines et statues

  • Statue apparemment gothique du lion couché, square Farman;
  • Fontaine aux lions du square Farman, répliques des figures du pylône est du temple de Nectanébo Ier à Saqqara en Egypte et récupérés de de la façade de l'Académie française;
  • Fontaine des Nymphes, square Léon Blum, réalisé par Peyre à la fin du XIXe siècle, du temps que ce parc était celui de la mairie;
  • Fontaine du Rire, ibidem, céramique du sculpteur boulonnais Paul Moreau-Vauthier;
  • Fontaine en pierre d'Echaillon, ibidem, commande en 1928 de la mairie à Eugène Molineau pour son parc;
  • Statues de Saint François d'Assise et de Sainte Claire d'Assise, sculptées par Paul Landowski, visibles dans le Jardin Landowski;
  • Signal des Cimenteries, des frères Martel, à l'entrée de l'Espace Paul Landowski, prouesse de béton réalisée pour l'Exposition universelle de 1937, reproduite ici par Chemetoff;
  • Monument au maréchal Juin, au débouché du mail sur la rue de Sèvres;
  • Statue de Chaim Jacob Lipchitz fondue sur commande de la municipalité par son ami Arbit Blatas, visible dans le jardin de l'aile sud de l'Hôtel de Ville;
  • Fontaine de la place des Ailes, improbable décor de cinéma;
  • La Pierre Qui Tourne, fontaine du square des Longs Prés.

Musées

Jardin japonais du musée Albert-Kahn

Bibliothèque Marmottan

Aménagée à l'actuel 7 place Denfert Rochereauau au début du XXe siècle dans un style Premier Empire par Paul Marmottan, collectionneur passionné de cette époque, également légataire du musée Marmottan à Paris, le musée, accessible au public, ouvre occasionnellement aux chercheurs et aux historiens les archives del'Europe napoléoniennes pour lequel il a été conçu. Il met à leurs disposition un auditorium pour leurs conférences, qui sert aussi de salle de concerts pour une école de musique169.

Musée Albert Kahn

Le Musée départemental Albert Kahn comprend

  • les jardins Albert Kahn, collection de sept jardins paysagers évoquant les quatre coins du monde;
  • les Archives de la Planète, la plus grande collection mondiale de 180 000 m de films et 72 000 documents photographiques autochromes, recueillis avant guerre par des chasseurs d'images rémunérés par des bourses offertes par Albert Kahn. Les films et les autochromes peuvent être visionnés sur place;

Des expositions temporaires se tiennent dans ses locaux.

Jardin Paul Landowski

Le Musée - Jardin Paul Landowski, édifié en souterrain sur ce qui reste des jardins de l'atelier du sculpteur Paul Landowski, présente une centaine de petites sculptures, des maquettes de ses grands monuments comme le Christ de Corcovado ou le mausolée de Sun Yat Sen, et des dessins.

Musée des Années Trente

Musée des Années Trente170

Musée Renault

Le musée, 27 rue des Abondances, retrace l'histoire des usines automobiles et de l'entreprise Renault à travers des films, des documents, des objets.

Musée Paul Belmondo

Le musée Paul Belmondo présente dans les bâtiments du château Buchillot les deux cent cinquante neuf sculptures et huit cent soixante dix huit dessins légués par ses enfants à la municipalité. Celui ci avait son atelier à Paris. Un cabinet des médailles expose quatre cent quarante quatre oeuvres fondues par le sculpteur. Le visiteur est acceuilli par la célèbre "Jeune Fille en Marche".

Expositions

Bibliothèques

L'ensemble des catalogues, excepté celui du centre Henri Piéron, est accessible librement par internet

  • Médiathèque de l'Espace Paul Landowski.
  • Bibliothèque Marmottan, fonds d'archives relatives à l'administration et la vie politique des territoires conquis par le Ier Empire
  • Bibliothèque du Conervatoire à Rayonnement régional
  • Bibliothèque du Musée des Années Trente
  • Bibliothèque du Centre Henri Piéron
  • Bibliothèque enfantine, rue de Clamart.
  • Ludothèque - bibliothèque de réglements de jeu sous la sauvegarde du Centre National du Jeu.

Musée à ciel ouvert

L'espace Landowski

Les immeubles de Boulogne constituent une véritable leçon offerte par leurs architectes, tant d'avant guerre que d'après guerre. Leur faible hauteur et leur relatif isolement, contrairement aux patés parisiens, permet de les admirer dans leur individualité. Des visites sont organisées pour les adultes ou pour les enfants par l'agence municipale BBT, Boulogne Billancourt Tourisme.

Un "parcours des années trente"171 guide le promeneur principalement à travers le fond des Princes. Parmi les résidences, villas et hôtels particuliers des années 1930172 se distinguent:

  • Réalisations de Le Corbusier : immeuble 24 rue Nungesser-et-Coli et 23 rue de la Tourelle (inscrit MH), comprenant son atelier et appartement (classé MH), Maison Cook rue Denfert-Rochereau (inscrite MH), Atelier Lipchitz 9 allée des Pins et Atelier Miestchaninoff, 7 rue des arts (inscrits MH)
  • Maison Collinet, 8 rue Denfert-Rochereau par Robert Mallet-Stevens (inscrite MH)
  • Atelier Dora-Gordine par Auguste Perret, 21 rue du belvédère (inscrit MH)

A l'opposé, géographiquement et socialement, il faut admirer, ne serait ce que par contraste, celui des matériaux par exemple, l'architecture à vocation sociale qui s'exprime à la même époque dans le square de l'Avre, 2 avenue Pierre Grenier, et l'ensemble scolaire Ferdinand Buisson qui le prolonge, 85 rue du Point du Jour, au travers d'architectes moins renommés mais non moins talentueux.

Boulogne a bénéficié de l'intérêt d'un nombre exceptionnel de pionniers de l'architecture moderne, dont:

Hôtel particulier, au 62 route de la Reine, dessiné par Alexandre Barret, significatif de l'architecture boulonnaise de la fin du XIXe siècle

Leurs élèves ne sont pas en reste:

  • - Frank Gehry, architecte choisi pour construire la Conque, opéra de l'Ile Seguin
  • - Jean Nouvel, architecte du "Château Aventureux" allée de l'île Seguin
  • - Christian de Portzamparc, architecte de l'Espace Lumière, siège de Canal+ à l'angle boulevard de la République et le quai du Point du jour
  • - Fernand Pouillon, architecte de la résidence Salmson Le Point du Jour (1960), entre la rue du Dôme et l'avenue Pierre Grenier

Ce style moderne international a succédé à une mode dite du "style Bois de Boulogne", où la meulière et le ciment supportent des décorations forestières et de faux colombages (cf. illustration).

Des époques antérieures est conservée une partie des cinq maisons construites, vers 1760, rue de Montmorency, pour Paul Joseph Foucart, greffier des Bâtiments. De 1860 à 1863, Eugène Millet, disciple de Viollet Leduc, a conduit la restauration de Notre Dame de Boulogne. L'hôtel Escudier, au Petit Parchamp, oeuvre de Jules Sédille, est aujourd'hui le siège d'une école privée.

Spectacles et conférences

*C'est dans la ville de Boulogne que se déroule l'histoire de Code Lyoko, d'après les plans de la ville vu dans l'animé173.

Le Théâtre de l'Ouest parisien.

TOP

Le Théâtre de l'Ouest Parisien174, 1, place Bernard-Palissy, occupe un bâtiment qui fut successivement mairie puis salle des fêtes.

Théâtres privés

- La Compagnie des Hauts de Scène - Théâtre175 se produit sur différentes scèns mais en particulier à l'Espace Paul Landowski. Elle propose des ateliers à l'Espace Ozanam, 55 rue de Silly.

- Le Théâtre de la Clarté à une double programmation. La première est composée d'artistes en tournée. La seconde s'adresse spécifiquement aux enfants. Le Théâtre de la Clarté peut être loué pour des fêtes familiales ou des séminaires d'entreprises, la compagnie proposant éventuellement ses services. Le théâtre abrite également un salon de thé. Enfin, le directeur de la mise en scène dispense une formation en trois ans au métier de comédien.

Cinémathèque Henri Alekan

La salle de cinéma Henri Alekan de l'Espace Paul Landowski rediffuse aussi bien des films récents que des classiques.


SMAC BB

La Scène de Musique Actuelle de Boulogne Billancourt est une combinaison conconctée par une équipe municipale dédiée de trois éléments au profit de l'émergence de nouveaux talents musicaux locaux:

  • Le Carré Bellefeuile, salle de spectacles d'avant garde, soutenus par un public d'abonnés. Les anciens locaux du TOP construits par Tony Garnier 60 rue de la Belle-Feuille, ont été réaménagés par la municipalité en deux salles de spectacles dédiées au jazz, au music hall, aux chanteurs et danseurs contemporains. La programmation est d'un ou deux spectacles par semaine.
  • Un studio municipal de répétition, entièrement équipé, 3 rue Carnot à la disposition des musiciens amateurs de la ville;
  • BBMIX, un festival annuel, dans la dernière semaine d'octobre, de musique rock, pop, folk, électroniques et de la scène artistique qui l'accompagne.

Centre National du Jeu

Le CNJ dispose d'une ludothèque municipale, 624 rue Yves Kermen. On y trouve les matériels de jeu, des joueurs et le règlement de tous les jeux. Sont organisés en permanence des tournois de bridge, d'échecs, de go, de scrabble, ainsi que des jeux de rôles et des jeux pour les tout petits. Enfin les amateurs de jeux de société spécifiques ou de figurines y trouvent leurs partenaires.

Forum Universitaire

Le Forum Universitaire, également 60 rue de la Belle Feuille, est une association qui organise des conférences et des débats animés par les plus éminents spécialistes parisiens. Elle propose à ses adhérents des activités annexes, telle que des visites relatives au sujet des conférences.

Autres salles de loisirs

  • Cinéma commercial de la Grand Place
  • Salle de concert du Conservatoire
  • Grand auditorium de l'Espace Paul Landowski
  • Petit auditorium de la Bibliothèque Marmottan
  • Salle polyvalente du Forum Haut
  • Salle des fêtes de la maison Waleska
  • Salle des Fougères, sous la Grand Place

Personnalités liées à la commune

Écrivains et philosophes

Pédagogues

  • Gabriel Cohn-Bendit, ancien professeur d'allemand, ancien éducateur, fondateur du Lycée expérimental de Saint-Nazaire, fondateur de Réseau éducation pour tous en Afrique élévé à Boulogne du temps que sa mère était intendante du lycée Rambam.
  • Lady Lydia Detterding, née Pavlovna, épouse d'un magnat du pétrole et promotrice en France et en Russie d'écoles de jeunes filles, dont le gymnase russe de Boulogne
  • Princesse Zénaïde Youssoupoff, fondatrice du gymnase176 russe, aujourd'hui collège Dupanloup, dans l'hôtel Chauveau devenu son hôtel particulier en 1917


Peintres et photographes

Plasticiens


Musiciens


Artistes du spectacle musical


Comédiens et chansonniers


Journalistes


Politiciens


Scientifiques, industriels et entrepreneurs

Sportifs


Héros

Héraldique

Blason de Boulogne-Billancourt

Taillé de gueules et d’azur à la barque à l’antique d’argent voguant sur des ondes du même brochant sur la partition, accompagnée en chef à dextre d’un poisson posé en pal et à sénestre d’une fleur de lis, le tout d’argent.

Compléments

Bibliographie

  • Jean Grenet (ill. Trichon, préf. Jules Mahias), Boulogne-Billancourt : son histoire et ses institutions, Le livre d'histoire - Lorisse, coll. « Monographies des villes et villages de France », 1990,168 pp. (1re éd. Charles Schiller, Paris, 1869, 135 pp.), (ISBN 9782877604529)
  • M. Penel-Beaufin, Histoire complète et inédite, religieuse, politique, sociale et descriptive de Boulogne-Billancourt depuis les origines jusqu'à nos jours, Imprimerie A. Doizelet, Boulogne-sur-Seine, 1904, 2 vol., 279 et 413 pp.
  • Collectif, Boulogne : Notice historique et renseignements administratifs, Imprimerie typographique de l'école d'Alembert, sér. « État des communes à la fin du XIXe siècle », Montévrain, 1905, 247 pp.
  • André Morizet, Du vieux Paris au Paris moderne, Haussmann et ses prédécesseurs, Hachette, Paris, 1932, 395 pp.
  • Eugène Couratier, Boulogne en 1870-1871, Société historique de Boulogne-Billancourt, Boulogne Billancourt, 1953, 46 pp.
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Références

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  42. L'hypothèse est a tester avec les autres toponyme "Menu"
  43. "Neugent" est une reconstitution, le lieu dit n'ayant jamais été connu que sous son appellation latine, à la différence de Nigeon, manoir des Penthièvre au XIVème siècle
  44. L'évêque de Paris n'est qu'un suffragant et le diocèse est administré par le celui de Sens, siégeant en son hôtel de Sens à partir du XVIème siècle
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  173. - comparaison des cartes de Lyoko et Boulogne-Billancourt
  174. - Théâtre de l'Ouest Parisien
  175. Compagnie des Hauts de Scène - Théâtre
  176. Ensemble scolaire allant de la maternelle au lycée
 
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