Boston
Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
| Boston | |
|---|---|
| Pays | |
| État | |
| Surnom : Bean town (« La ville des fêves »), The Hub of the Universe (« Le centre de l'univers »), The City of Higher Learning (« La ville de l'enseignement supérieur »), The Athens of America (« L'Athènes de l'Amérique »), Puritan City (« La ville puritaine ») | |
| Fondation | 1630 |
| Comté | Suffolk |
| Maire | Thomas Menino (Démocrate) |
| Superficie | 232,1 km² |
| Population (2000) | 589 141 hab. |
| Densité | 4 696,9 hab./km² |
| Fuseau horaire | Est (UTC ? 5) |
| Latitude | 42.3577° N |
| Longitude | 71.0595° O |
| www.cityofboston.gov | |
La ville de Boston est la capitale et la ville principale de l?État du Massachusetts, au nord-est des États-Unis d?Amérique. Elle constitue le centre économique et culturel de la Nouvelle-Angleterre. La commune, dirigée par le maire Thomas Menino, comptait 589 141 habitants en l?an 2000, alors que la zone métropolitaine concentrait environ 5,8 millions d?habitants.
Boston est connue pour son excellence culturelle mise en ?uvre par ses universités, ses bibliothèques et ses festivals. Fondée en 1630 par des puritains anglais fuyant les persécutions religieuses de leur pays, elle s?est rapidement développée dès le XVIIe siècle sur un site particulier, dont elle a su tirer profit.
Son économie a longtemps reposé sur les activités portuaires et textiles, avant sa reconversion dans les industries de haute technologie. Aujourd?hui, les secteurs les plus dynamiques sont l?enseignement, la santé et la finance.
Enfin, la ville ne ressemble pas aux autres métropoles américaines : son centre a gardé de nombreux édifices de l?époque coloniale, ses rues ne sont pas rectilignes et la cité réserve de nombreux axes aux piétons ou aux vélos.
[] Histoire
Avant l?arrivée des colons européens, les Amérindiens algonquins occupent la région de l?actuelle Boston. Fondée en 1630, la cité reprend le nom d?une ville anglaise du Lincolnshire (Nord-Est) dont sont originaires ses fondateurs anglais. Aux XVIIe et XVIIIe siècle, elle se développe et s?enrichit grâce à son port, par les relations commerciales maritimes avec la Grande-Bretagne et les Antilles. Boston devient le chef-lieu de la colonie de la baie du Massachusetts. Elle s?impose aussi comme la capitale intellectuelle de la Nouvelle-Angleterre, notamment avec l?ouverture d?Harvard en 1636 et la naissance de plusieurs journaux. La culture bostonienne est alors très influencée par les valeurs du puritanisme et la théologie. Mais la cité acquiert également une réputation d?intolérance religieuse lorsqu?elle condamne Mary Dyer, une quaker en 1660.
Vers 1750, Boston compte 15 000 habitants[1] ; elle est alors la troisième ville la plus peuplée des treize colonies britanniques d?Amérique du Nord. L?activité industrielle est florissante (la construction navale, la métallurgie, le textile, la pêche et la distillerie) et le trafic transatlantique est placé sous le monopole anglais. Le port exporte du bois, de la farine, de l?huile de baleine, de la viande et du poisson ; les marchands bostoniens reviennent des Antilles avec du sucre, du rhum, des mélasses et du tafia[2]. L?essor économique enrichit la bourgeoisie marchande qui contrôle les affaires de la cité.
Boston joue un rôle central avant et pendant la Révolution américaine contre la Grande-Bretagne. Lorsque Londres impose une série de taxes et renforce sa présence militaire dans la deuxième moitié du XVIIIe siècle, les Bostoniens entrent en rébellion et réclament une représentation politique des colonies au Parlement anglais.
En 1770, le massacre de Boston alimente la ranc?ur des habitants. En 1773, ces derniers s?emparent de la cargaison de thé d?un navire britannique et la jettent par dessus bord : cet épisode, appelé la partie de thé de Boston (Boston Tea Party), est l?un des événements les plus célèbres de la Révolution américaine. L?année suivante, le gouvernement anglais fait bloquer le port et envoie des soldats.
La guerre d?indépendance commence en 1775 avec la bataille de Lexington et Concord qui se déroule à une trentaine de kilomètres de Boston. Le 17 juin 1775 s?engage la bataille de Bunker Hill (Charlestown) qui se solde par la défaite des insurgés américains. En 1776, George Washington conquiert Boston, tenue jusqu?ici par les troupes du général britannique William Howe. Pendant cette période, Paul Revere, le fils d?un huguenot (son nom de naissance était Paul Rivoire), fait sa fameuse chevauchée. Boston est surnommée le berceau de la Liberté et plusieurs de ses sites historiques restent des attractions touristiques populaires à ce jour. La guerre se termine en 1783 par le traité de Versailles et la création des États-Unis d?Amérique. Le Massachusetts devient un État fédéré de l?Union en 1788 et son gouverneur siège à Boston.
Après la Guerre d?indépendance, la ville continue à se développer en même temps que le port de commerce international, exportant du rhum, du poisson, du sel et du tabac. Une charte lui octroie son autonomie municipale en 1822, et au cours des années 1850 Boston devient l?un des plus grands centres manufacturiers des États-Unis, célèbre pour la confection, l?industrie du cuir, la construction navale et la fabrication de machines. La Guerre de Sécession stimule la production industrielle destinée au ravitaillement des troupes.
La ville reste longtemps dominée par de riches familles dont plusieurs sont toujours présentes à Boston. Leur généalogie remonte aux premiers colons et certaines sont surnommées les « brahmanes de Boston », en allusion au système de castes indien. À partir des années 1840, de nombreux immigrants Européens arrivent à Boston, en particulier des Irlandais, qui fuient la Grande Famine. Ils sont employés dans l?industrie textile[3]. Avec les Italiens, ils forment une importante population catholique qui inquiète les WASPs.
Malgré la concurrence de New York, Boston reste un foyer intellectuel et culturel de premier ordre au XIXe siècle. La ville accueille de nombreux écrivains américains (Ralph Waldo Emerson, Nathaniel Hawthorne, Henry James, etc.).
L?Entre-Deux-Guerres est une période de crises pour la ville : en septembre 1919, une grande grève touche la police de Boston. Le 23 août 1927, les anarchistes italiens Nicola Sacco et Bartolomeo Vanzetti sont exécutés. Pendant la Seconde Guerre mondiale, Boston reconvertit son économie pour les besoins de l?industrie de guerre. Mais après le conflit, l?économie connaît une récession, qui touche en particulier le secteur halieutique. Les usines ferment et les entreprises vont s?établir dans le Sud du pays où la main-d??uvre est meilleur marché. Les quelques atouts de Boston, d?excellentes banques, ses hôpitaux, ses universités, son savoir-faire technique, comptent alors peu à l?échelle de l?économie des États-Unis. La crise économique entraîne une crise sociale et urbaine. Dans les années 1960, 13 femmes sont assassinées par le tueur en série Albert Henry DeSalvo.
Boston connaît un renouveau économique depuis les années 1970. À ce moment, l?importance des institutions financières dans l?économie américaine s?accroît, beaucoup de particuliers plaçant leur épargne en bourse et Boston se développe dans le secteur financier. Alors que le poids des dépenses de santé augmente aux États-Unis, de nombreux hôpitaux de la ville dégagent des bénéfices. Les universités attirent des dizaines de milliers d?étudiants et des fonds très importants sont investis par le gouvernement dans la recherche. L?agglomération devient le deuxième pôle américain pour les hautes technologies (informatique, biotechnologies), derrière la Silicon Valley californienne. La construction de nouveaux gratte-ciel dans le quartier des affaires témoigne du réveil économique de Boston.
[] Géographie de Boston
[] Situation et site
Boston se situe au nord de la mégalopole du Nord-est des États-Unis appelée BosWash. Elle est la ville la plus importante de la Nouvelle-Angleterre et se trouve sur la côte orientale de l?État du Massachusetts. Elle est entourée par les villes de Revere, Chelsea, Everett, Somerville, Cambridge, Watertown, Newton, et Quincy. Plusieurs autres villes en périphérie constituent le Grand Boston.
Boston a longtemps profité d?une situation très favorable sur la côte de l?Océan Atlantique : plus proche de l?Europe occidentale que sa rivale New York, elle a développé son trafic maritime et son industrie jusqu?au XIXe siècle. La baie du Massachusetts offrait un abri en eaux profondes pour les navires et son site péninsulaire lui donnait une défense naturelle. La ville du XVIIe siècle s?étalait sur la péninsule de Shawmut, reliée au continent par un isthme étroit. À l?ouest s?étendaient des marais envahis par la marée : de nos jours, cette partie correspond au quartier de Back Bay. Le centre de la Boston coloniale se trouvait autour de l?Old State House. Enfin, la ville était entourée à l?origine par trois collines, les Trimoutains, dont il ne reste aujourd?hui que celle de Beacon Hill ; les autres ont été arasées pour combler le port de Boston et le secteur de Back Bay. La physionomie de la ville a donc été considérablement transformée entre sa fondation et le XXe siècle (voir le paragraphe urbanisme plus bas). Tout comme San Francisco, Boston est aujourd?hui en grande partie implantée sur des terre-plein artificiels qui ont fait disparaître son caractère péninsulaire.
Les deux cours d?eau de la Charles River et de la Mystic River permettent une communication facile avec l?intérieur des terres. Avec le percement du canal Érié au début du XIXe siècle, Boston perd son avantage au profit de New York. La croissance du trafic dans le bassin du Mississippi et des Grands Lacs éclipse également l?influence de Boston. Aujourd?hui, la Charles River sépare Boston de Cambridge et Charlestown. À l?est de la ville se trouvent le port de Boston et ses îles. La rivière Neponset délimite la frontière entre Boston et les villes voisines de Quincy et Milton, au sud-est. Plus du quart[4] du territoire de la commune est sous le niveau de la mer, qu?il s?agisse de la Charles River ou du quartier du port.
[] Climat
Le climat de Boston est à l?image de celui de la Nouvelle-Angleterre : il s?agit d?un climat tempéré de façade orientale, qui se caractérise par une amplitude thermique relativement importante (25°C). La Nouvelle-Angleterre ne bénéficie pas du rôle de régulateur thermique de l?Océan Atlantique, ni des effets du Gulf Stream. La position de Boston expose la ville aux flux méridiens froids en hiver et chauds en été, qui apportent des perturbations. Le total annuel des précipitations, sous forme de pluie ou de neige, est de 1 054 mm. La région est assez régulièrement arrosée tout au long de l?année, avec un maximum des précipitations en novembre. Les températures sont contrastées entre l?hiver et l?été, celui-ci se prolonge jusqu?en septembre et octobre : on désigne cette période par l?expression « été indien ». Lorsque les masses d?air tropical chaudes et humides remontent du golfe du Mexique, les Bostoniens connaissent alors des périodes de canicule, comme celle de l?été 2006. En leur temps, les colons anglais s?étaient trouvés désemparés lorsqu?ils virent leurs récoltes de céréales pourrir en juillet[5]. Les hivers sont quant à eux froids et venteux, les tempêtes de neige sont fréquentes : par exemple, le blizzard de février 2006 a paralysé les infrastructures de transport de toute la région.
| Mois | Jan | Fev | Mar | Avr | Mai | Jui | Jui | Aou | Sep | Oct | Nov | Dec | Année |
|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|
| Temp moyennes °C | -1,9 | -0,9 | 3,7 | 8,9 | 14,6 | 19,8 | 23,1 | 22,2 | 18,2 | 12,7 | 7,4 | 0,9 | |
| Précipitations moyennes (mm) | 91,2 | 91,9 | 93,7 | 91,4 | 82,6 | 78,5 | 72,1 | 82,3 | 77,7 | 83,8 | 107,2 | 101,9 | |
| Insolation journalière (h) | 5,3 | 6,0 | 6,9 | 7,6 | 8,6 | 9,6 | 9,7 | 8,9 | 7,9 | 6,7 | 4,8 | 4,6 | |
| Moyenne sur 1961?1990 des relevés de Boston (alt. 4 m)[6]. | |||||||||||||
[] Quartiers, paysage urbain et urbanisme
Tout au long de son histoire, l?urbanisme de Boston a connu d?importants bouleversements, liés à la croissance démographique et économique de la cité. Ces mutations peuvent être résumées en trois phases : poldérisation au XIXe siècle, suburbanisation et construction de gratte-ciel au XXe siècle. La capitale du Massachusetts a su préserver son patrimoine historique et s?adapter aux besoins de la modernité.
Boston est l?une des plus anciennes villes des États-Unis. Sa prospérité économique au XIXe siècle permet aux élites enrichies de se faire construire de belles demeures victoriennes à Beacon Hill. L?urbanisme des premières décennies du XIXe siècle est marqué par les réalisations de l?architecte Charles Bulfinch : celui-ci transforme la ville coloniale en une cité américaine moderne. Il dessine plusieurs maisons en briques, notamment à Louisburg Square, ainsi que la Massachusetts State House, en style néoclassique. De nouvelles rues sont percées comme la Commonwealth Avenue, large de 60 mètres[7].
Avec la croissance économique et l?immigration, la ville ne cesse de s?étendre : enserrée au nord d?une péninsule, la ville coloniale se trouve vite à l?étroit. Le comblement et l?assèchement des marécages tout au long du XIXe siècle permet d?aménager de nouveaux quartiers. À la fin du XIXe siècle, le quartier de Back Bay est complètement poldérisé ; la hauteur des maisons est limitée par une législation stricte. Entre 1630 et 1890, la superficie de Boston est multipliée par trois. La ville crée de nouveaux parcs et jardins publics : le Boston Common, acheté par la ville en 1634, est agrandi dans les années 1830. L?architecte-paysager Frederick Law Olmsted (1822-1903) fait aménager le Fenway Park à West Roxbury. Les magnats de l?industrie, de la finance et du commerce fondent les grandes institutions culturelles et sociales, ce qui entraîne le déplacement du centre de gravité de la ville vers l?ouest.
Tout au long du XIXe siècle, la ville se dote des infrastructures et des institutions d?une ville moderne : les premiers égouts sont aménagés à partir de 1823. Une police en uniforme est organisée en 1845. Le métro est mis en place en 1896, avant celui de New York et fut ainsi le premier métro d?Amérique du Nord. En 1910, l?achèvement d?un barrage crée le bassin de la Charles River, au nord-ouest. L?apparition de l?omnibus, du métro puis de l?automobile, entraîne un processus de périurbanisation. Une partie des classes moyennes quittent le centre pour s?installer en banlieue. Les quartiers dégradés sont laissés aux immigrants récents. L?étalement urbain s?accompagne de l?annexion de communes périphériques telles que Dorchester, Roxbury, West Roxbury, Brighton et Charlestown. Un organisme de coopération entre les municipalités de l?agglomération est mis en place : c?est la Metropolitan District Commission (1919).
Dans les années 1960, le code de l?urbanisme est modifié et autorise les tours de bureaux. Jusque là, Boston n?avait aucun édifice très élevé, à part les bâtiments administratifs et les clochers des églises. Dès lors, l?allure de la skyline se transforme avec l?apparition de gratte-ciel. Le premier est la Prudential Tower (1964, 229 mètres). D?autres buildings sortent de terre dans les années 1970 : le One Boston Place (183 m.), la John Hancock Tower (241 m.) ou encore le Federal Reserve Bank Building (196 m.). En 2006, 18 bâtiments dépassent les 150 mètres.
Aujourd?hui, le plan des rues présente des singularités par rapport à ceux des autres métropoles américaines : la configuration du site a entraîné l?élaboration d?un plan circulaire. À la différence des autres centres-villes du pays, le quartier des affaires n?est pas organisé selon un plan en damier. Le réseau des rues et des routes forme plutôt un plan radioconcentrique. Ce dessin accentue la centralité et provoque des embouteillages à l?intersection des principaux axes. La municipalité tente de pallier ces difficultés de circulation en faisant la promotion des moyens de transports en commun, mais aussi en perçant des tunnels comme le Big Dig. Une partie des activités industrielles et tertiaires se sont installées en périphérie et se sont implantées à proximité des échangeurs autoroutiers. Malgré le grand incendie de 1872 et plusieurs destructions, le centre a su garder et rénover les édifices de l?époque coloniale. On peut en parcourir une partie à pied grâce à des rues piétonnes ainsi qu?au Freedom Trail. Les opérations de réhabilitation urbaine lancées depuis quelques années ont pour but de revitaliser le centre.
[] Démographie
|
|
||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
| (*) Estimation | |||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
Au début du XVIIIe siècle, Boston était l?une des villes les plus peuplées des treize colonies britanniques. Malgré sa croissance démographique spectaculaire, elle n?a cessé de reculer dans le classement des villes américaines. Elle est notamment dépassée par New York dans la deuxième moitié du XVIIIe siècle. En 1690, Boston compte 7 000 habitants, en 1742, environ 16 000[9]. Dans les années 1830, la population augmente de 52 %, grâce à l?immigration[10].
La crise des années 1950-1970 a fait partir une partie des Bostoniens. Mais depuis les années 1990, l?agglomération gagne à nouveau des habitants, notamment grâce aux rénovations urbaines, aux reconversions industrielles et à la gentrification. Le retournement de situation reste fragile car, entre 2000 et 2005, la commune de Boston a perdu 30 107 résidents[11]. Cependant, trois quartiers se distinguent par leur croissance démographique : il s'agit de Central Boston, East Boston et North Dorchester. L?aire métropolitaine de Boston, soit un territoire allant jusqu?à Lawrence, Salem, Nashua et Worcester, compte aujourd?hui près de six millions d?habitants.
L?originalité de la commune vient de sa petite taille (232 km²) comparée à celle de villes américaines d?importance semblable. La densité y est relativement élevée (4 696 hab./km² contre 3 127 hab./km² à Washington DC par exemple), ce qui la rapproche des villes européennes[12].
[] Répartition ethnique
Boston est devenue une ville cosmopolite au XIXe siècle. Elle est alors avec New York l?une des portes d?entrée aux États-Unis pour de nombreux Européens (Irlandais, Italiens, Allemands et Russes). Une partie des immigrants ne reste pas à Boston, comme le montre le film Horizons Lointains : ils deviennent les pionniers de la conquête de l?Ouest. Après la Guerre de Sécession, de nombreux Noirs migrent vers les cités industrielles du Nord-Est des États-Unis. À Boston, ils s?établissent dans le quartier de Roxbury, au sud du centre-ville ainsi qu'à Mattapan et North Dorchester[13]. De nos jours, la part de la population afro-américaine est relativement importante : elle représente environ 1/4 des habitants. Les minorités de Latinos les plus nombreuses sont dans le quartier de Roxbury[14].
En 1900, près de la moitié des Bostoniens est d?origine irlandaise[15]. Aujourd?hui, les descendants d'Irlandais ne représentent plus que 16 % de la population[16] et se concentrent essentiellement dans le quartier de South Boston. La plus célèbre famille d?origine irlandaise, les Kennedy, vient d?ailleurs de l?agglomération de Boston.
[] Disparités sociales
Le revenu moyen des ménages bostoniens s?élève à 55 183 $ en 2004[17] : il est inférieur à celui de San Francisco mais plus élevé que celui de New York. Les dépenses affectées au logement sont importantes, en partie à cause de la gentrification. Le taux de chômage s?établit à environ 5 %[18] et se situe dans la moyenne nationale. La part des actifs est supérieure à la moyenne de l'État et du pays. Boston souffre des mêmes maux que les autres villes-centres américaines : certains quartiers connaissent une grande pauvreté, en particulier dans la communauté afro-américaine de Roxbury. L'importante présence d'étudiants (Allston et Brighton) et de populations défavorisées peuvent expliquer en partie la relative faiblesse du revenu moyen par foyer.
| Classe d?âge | Boston | Massachusetts | États-Unis |
|---|---|---|---|
| < 18 ans | 19,8 % |
|
|
| 18 - 65 ans | 69,8 % |
|
|
| > 65 ans | 10,4 % |
|
|
Répartition de la population par groupe ethnique en 2000[20]
| Groupe | Boston | Massachusetts | États-Unis |
|---|---|---|---|
| Blancs | 54,5 % |
|
|
| Noirs | 25,3 % |
|
|
| Asiatiques | 7,5 % |
|
|
| Amérindiens | 0,4 % |
|
|
| Autres | 12,3 % |
|
|
Quelques indicateurs socio-économiques pour l?année 2000[21] :
| Indicateur | Boston | Massachusetts | États-Unis |
|---|---|---|---|
| Niveau bac[22] ou plus | 78,9 % |
|
|
| Deux ans d?études[23] ou plus | 35,6 % |
|
|
| Pauvres[24] | 19,5 % |
|
|
| Taux de chômage | 4,6 % |
|
|
| Revenu moyen par foyer | 39 629 $ |
|
|
[] Culture
[] Festivals et événements
Chaque année plusieurs festivals de cinéma se tiennent à Boston : le plus important est le festival du film de Boston (Boston Film Festival) qui dure une semaine, en général au début du mois de septembre. Le festival du film français (Boston French Film Festival) est organisé chaque année depuis 1996 : il a lieu en juillet en coopération avec les services culturels de l?ambassade française. Le festival du film juif (Boston Jewish Film Festival) a été mis en place en 1989[25]. Enfin, le festival du film underground (Boston Underground Film Festival) et celui du film gay et lesbien (Boston Gay & Lesbian Film/Video Festival) existent depuis quelques années et représentent le cinéma indépendant.
Dans le domaine de la musique, Boston organise un festival de musique baroque (The Boston Early Music Festival) depuis 1980 qui attire les spécialistes du monde entier.
Tout au long de l?année, de nombreuses parades défilent dans les rues de la ville et témoignent de sa diversité culturelle : Gay pride et parade haïtienne en juin, fête porto-ricaine en juillet, dominicaine en août, etc.
[] Cinéma et télévision
Boston a inspiré de nombreux réalisateurs de cinéma : plusieurs films reprennent les caractères originaux de la ville. Ainsi, les personnages principaux de Mystic River, réalisé par Clint Eastwood (2003), ont été élevés dans la communauté irlandaise. The Departed (Martin Scorsese, 2006) évoque le quartier irlandais de South End. Will Hunting (Gus Van Sant, 1997) met en valeur l?importance de l?enseignement supérieur et de la recherche dans l?agglomération. Dans Terrain d?entente des Frères Farrelly (2005), l?héroïne tombe amoureuse d?un fan des Red Sox de Boston. Récemment, dans Gone Baby Gone, réalisé par Ben Affleck avec son frère cadet Casey dans le rôle principal, on retrouve les mêmes quartiers "durs" de Boston que dans Mystic River : pas de hasard, l'auteur est le même Dennis Lehane.
Par ailleurs, Boston a été rendue célèbre dans le monde grâce à la télévision. Trois séries judiciaires créées par David Edward Kelley ont pour cadre Boston : The Practice : Bobby Donnell & Associés, Boston Justice et Ally McBeal. Cette dernière montre à chaque épisode des plans de la skyline et du palais de justice. La série Cheers raconte le quotidien d?un bar de Boston. La Vie de palace de Zack et Cody a pour décor un palace de la ville. Les intrigues de deux séries policières, Preuve à l?appui et Banacek se déroulent également dans les rues de Boston. La série Sabrina, l?apprentie sorcière joue sur la proximité de Salem.
[] Littérature
[] Les écrivains de Boston
L?évolution de la littérature à Boston est le reflet de l?histoire de la ville. Les premières formes de littérature se manifestent dans les écrits des pasteurs de la colonie de la baie du Massachusetts. Cotton Mather (1663-1728) est représentatif de ces premiers auteurs : il laissa une ?uvre écrite de plus de 450 livres et pamphlets.
Le mouvement des Lumières inspire les écrits politiques du Bostonien Samuel Adams et la presse de la ville (Independant Advertiser, Boston Gazette, Massachusetts Spy, etc.) se fait l?écho des revendications des patriotes. The Power of Sympathy (en français : Le Pouvoir des affinités, Boston, 1789), écrit par William Hill Brown (1756 - 1793) est considéré comme le premier roman américain. Il fit d?ailleurs scandale dans la bonne société bostonienne et dut être publié anonymement pendant plusieurs années.
Le courant abolitionniste se développe parmi les auteurs résidant à Boston : Samuel Sewall (1652 - 1730) ou William Ellery Channing (1780 ?1842) ont écrit contre l?esclavage.
Phyllis Wheatley, (1753-1784) a vécu à Boston ; elle est considérée comme la première poétesse afro-américaine des États-Unis. En 1770, elle écrivit un hommage poétique au calviniste George Whitefield, qui eut une large audience à Boston. Dans les années 1830, Boston est l?un des foyers du transcendantalisme : la ville est en effet le berceau du Transcendental Club qui entendait s'opposer à l?intellectualisme de Harvard. La première réunion, auquel assistait notamment Ralph Waldo Emerson, eut lieu à la maison de George Ripley, le 8 septembre 1836.
Au XIXe siècle, de nombreux écrivains américains (Ralph Waldo Emerson, Nathaniel Hawthorne, Henry James, etc.) habitent dans l?agglomération de Boston. Le poète et romancier Edgar Allan Poe (1809-1849) est né à Boston. Au XXe siècle, la ville accueille des écrivains européens réfugiés comme le Libanais Khalil Gibran (1883-1931), l?Espagnol Pedro Salinas (1891-1951) ou le Roumain Elie Wiesel (né en 1928).
[] Les ?uvres littéraires sur Boston
En 1850, Nathaniel Hawthorne (1804 - 1864), publie La lettre écarlate qui raconte le sort d?Hester Prynne, une jeune femme vivant dans une communauté puritaine à Boston. L'action du livre se situe entre 1642 et 1649. The Bostonians, un roman d'Henry James (1843-1916), aborde le thème du rôle des femmes dans la société de la fin du XIXe siècle. Dans l?une des nouvelles de Jacques Futrelle (1875-1912) la ville de Boston est le lieu de résidence de la Machine à Penser et accueille des championnats du monde d'échecs. Une partie du roman Le Bruit et la fureur (1929) de William Faulkner (1897-1962), se déroule à Boston. Stephen King choisit la capitale du Massachusetts pour faire évoluer les personnages de son roman Cellulaire (2006). Enfin, l'ensemble des romans policiers de Dennis Lehane, dont Mystic River adapté au cinéma par Clint Eastwood, et Gone Baby Gone réalisé par Ben Affleck avec son frère cadet Casey dans le rôle principal, se déroulent à Boston.
[] Musique
L?académie de musique de Boston (The Boston Academy of Music) est la compagnie d?opéra la plus célèbre de la ville. Le conservatoire de musique de Boston (The Boston Conservatory of Music) est un lieu important de la vie culturelle. Il programme des spectacles de danse, de théâtre ou de musique. L?orchestre symphonique de Boston (The Boston Symphony Orchestra) est une autre institution dynamique de l?agglomération. Il est considéré comme l?un des dix meilleurs du monde[26]. La société Handel et Hayden (The Handel and Hayden Society) propose depuis 1815 des concerts de musique classique. Depuis 1996, le Boston Modern Orchestra Project organise des concerts dans différents endroits de la ville, tout comme le Berklee College. En été des orchestres de rue se produisent à Faneuil Hall, Copley Square ou sur l?esplanade de la Charles River.
[] ?uvres musicales sur Boston
Le premier mouvement des Three places in New-England composé par Charles Ives, et intitulé The "Saint-Gaudens" in Boston Common, fait référence à un bas-relief situé au nord-est du parc Boston-Common, sculpté par Augustus Saint-Gaudens qui rend hommage au colonel nordiste Robert Gould Shaw et à son bataillon de soldats noirs volontaires.
[] Groupes de rock originaires de Boston
Le fameux groupe de Funk metal des années 1980-1990 Extreme, avec Gary Cherone et Nuno Bettencourt notamment, est originaire de Boston. C'est également le cas du groupe de punk celtique Dropkick Murphys, des groupes de rock Aerosmith, Boston et The Cars popularisés au courant des années 1980 par leur mélodies électro-pop accrocheuses. Enfin, sont aussi de Boston les Dresden Dolls sans oublier le groupe de Punk The Unseen.
[] Arts du spectacle
Le bâtiment du Huntington Theatre abrite depuis 1925 le premier théâtre public américain. Les Bostoniens le connaissent sous le nom de Boston University Theatre. Le Majestic Theatre propose des spectacles divers (opéra, danse, théâtre ...) dans un bâtiment du début du XXe siècle en style Beaux-Arts. La ville compte de nombreux autres lieux de représentation comme le Boston Center for the Arts, le Virginia Wimberly Theatre, le Nancy and Edward Roberts Studio Theatre, le Shubert Theater (1910) ou encore le Wang Theater (1925), l?Orpheum, etc.
[] Bibliothèques
La Bibliothèque publique de Boston conserve environ 14,9 millions de livres[27], et des centaines de milliers d?autres documents (photographies, cartes anciennes, manuscrits, dessins ?) couvrant tous les domaines du savoir. En 1895, l?architecte Charles Follen McKim, se voit confier le projet de la bibliothèque sur le Copley Square. À cette époque, la première bibliothèque de Mason Street, ouverte en 1854, était devenue trop petite. En 1972, le site est encore agrandi grâce aux travaux de Philip Johnson. Aujourd?hui, l?institution compte 27 bibliothèques de quartier dans toute l?agglomération. L?intérieur est décoré par les fresques du Français Pierre Puvis de Chavannes et de l?Américain John Singer Sargent. Le Boston Athenæum sert de lieu d?exposition et de bibliothèque : elle conserve plus de 500 000 documents, parmi lesquels de vieux livres, des manuscrits et des photographies. L?édifice, construit au milieu du XIXe siècle et agrandi en 1913-1914, a été classé monument historique. Il est l?un des hauts lieux de la culture et de la recherche bostonienne. Les bibliothèques universitaires, la Massachusetts Historical Society, la bibliothèque d?État (State Library) participent également au prestige culturel de la ville.
[] Musées
Musées d?art et d?histoire, vieux bateaux, ateliers d?artistes, les musées de Boston réunissent des collections exceptionnelles et variées. Certains organisent chaque année des expositions prestigieuses.
Fondé en 1870 et ouvert au public en 1876, le Musée des Beaux-Arts de Boston est le principal musée de la ville. Il présente un large choix d??uvres (peintures, objets d?art, photographies) provenant de tous les continents. Situé dans un petit palais de style renaissance vénitienne, le musée Gardner a été inauguré en 1903. Ses collections, riches de plus de 2 500 ?uvres et objets, illustrent différentes époques de l?art, de l?Antiquité au XIXe siècle. L?Institut d?Art Contemporain de Boston propose des expositions temporaires dans une ancienne station de police et de pompier.
D?autres musées reflètent l?intérêt des Bostoniens pour l?histoire (musée et bateau de la Boston Tea Party, musée d?Histoire afro-américaine, Bibliothèque Kennedy, Boston Historical Society and Museum), la mer et les activités portuaires (aquarium de Nouvelle-Angleterre, Boston National Historical Park, Charlestown Navy Yard, USS Constitution) ou les sciences et techniques (musée de la science, musée des transports). Le Boston Children?s Museum propose des activités ludiques et pédagogiques. D?autres musées attendent les visiteurs sur le Freedom Trail.
[] Patrimoine historique
Le chemin de la Liberté (Freedom Trail) est une ligne rouge peinte dans les rues de Boston et qui permet aux touristes de suivre un circuit de découverte des principaux monuments et hauts-lieux de la ville, sur environ six kilomètres. Les 16 sites officiels de ce parcours sont :
- Boston Common, un jardin public fondé au XVIIe siècle
- Massachusetts State House, qui abrite les assemblées législatives de l?état
- Park Street Church, une église édifiée au début du XIXe siècle
- Granary Burying Ground, cimetière du XVIIe siècle
- King?s Chapel, église anglicane du XVIIe siècle
- Le cimetière de la King?s Chapel, le plus ancien de Boston
- Statue de Benjamin Franklin et site de la première école publique de Boston
- Old Corner Bookstore, maison du début du XVIIIe siècle
- Old South Meeting House, siège d?assemblées politiques et religieuses au XVIIIe siècle
- Old State House, le premier parlement de la ville
- Site du Massacre de Boston
- Faneuil Hall et Quincy Market, anciens marchés et halles
- Maison de Paul Revere, la plus ancienne des maisons bostoniennes (XVIIe siècle)
- Old North Church, église construite au début du XVIIIe siècle
- USS Constitution, navire de guerre du XVIIIe siècle
- Site de la bataille de Bunker Hill
[] Enseignement supérieur et recherche
La forte concentration d?établissements d?enseignement supérieur et de recherche explique le surnom de Boston, l? « Athènes de l?Amérique ». L?agglomération compte une centaine d?institutions publiques ou privées qui concourent à sa réputation d?excellence depuis la période coloniale. Parmi elles, les 65 colleges et universités[28] font de Boston une ville étudiante. Cependant, le Massachusetts Institute of Technology (MIT) et Harvard ne se trouvent pas dans les limites de la commune, mais sont installés à Cambridge, sur l?autre rive de la Charles River.
Le Boston College fut créé en 1827 dans le South End avant de déménager à Chestnut Hill. L?université de Boston, fondée en 1869, est aujourd?hui la quatrième plus grande université du pays avec environ 30 000 étudiants et le second employeur de la ville[29]. L?université du Massachusetts est un établissement d?enseignement supérieur public situé dans le quartier de Dorchester. Le collège Emerson (3 700 étudiants) est situé non loin du Boston Common et propose des formations dans les arts et la communication. La Northeastern University dispose d?un grand campus sur l?avenue Huntington dans le quartier de Fenway. Le Wentworth Institute of Technology propose plusieurs formations de haut niveau en architecture ou en informatique par exemple. L?université Suffolk (4 600 étudiants) est une école de droit qui garde un campus sur Beacon Hill. Il existe bien d?autres établissements d?enseignement supérieur : le Simmons College (1899), l?Emmanuel College (1919)? Boston compte également de nombreux lieux de formation aux arts du spectacle, à la musique (New England Conservatory of Music, Boston Conservatory, Berklee College of Music).
Les publications médicales de Boston sont deux fois plus nombreuses que celles de la France entière[30]. La ville dispose d?une importante concentration de laboratoires et de lieu de formation en relation avec la santé : les écoles de médecine de Harvard et de l?Université de Tufts ne sont pas à Cambridge mais bien à Boston. C?est à Boston qu?eut lieu, en 1954, la première greffe de rein.
[] Religion
L?histoire de l?immigration à Boston permet d?expliquer la diversité des confessions présentes dans la ville. Depuis le XIXe siècle, la capitale du Massachusetts est un centre majeur du catholicisme aux États-Unis : le Boisi Center for Religion and American Public Life, qui fait partie du Boston College, demeure la plus ancienne université jésuite du pays. Boston est le siège d?un archevêché catholique. L?archidiocèse métropolitain rassemble six diocèses. L?archevêque de Boston porte le titre de cardinal, ce qui l?autorise à participer aux élections pontificales. En 2002, la ville est secouée par le scandale des abus sexuels dans le clergé catholique, qui a mené à la destitution de l?archevêque Bernard Law. Les descendants des migrants d?Europe de l?Est forment une communauté orthodoxe importante encadrée par deux métropolites (Mgr Ephraim et Mgr Moses). Le judaïsme est également bien représenté. Par ailleurs, la ville a été le lieu de création de plusieurs Églises au rayonnement mondial, notamment la Science chrétienne et l'Église internationale du Christ.
[] Gouvernement municipal et administration
[] Institutions
Les institutions municipales de Boston sont réglementées par une charte. La municipalité a un système de « maire fort » : celui-ci dispose d?un droit de veto[31] et de prérogatives importantes. Le maire est élu pour quatre ans au suffrage universel. Il est secondé par un administrateur en chef pour la gestion des affaires courantes.
Le conseil municipal est élu tous les deux ans dans le cadre des neuf arrondissements. Les habitants de chaque arrondissement élisent un conseiller. Il y a quatre sièges pour les conseillers qui représentent la ville entière. Le Comité des écoles est nommé par le maire, de même que les chefs de service de la ville.
[] Tendances politiques
Dans le passé, Boston a montré à la fois son attachement aux valeurs conservatrices des puritains, mais aussi sa capacité d?ouverture et de non-conformisme : pendant la guerre de Sécession, Boston fut le foyer le plus actif de la lutte antiesclavagiste[28]. La ville a souvent été le lieu de la contestation pacifique, pendant la guerre du Viêt Nam ou la guerre en Irak. La tradition
Revue de presse Boston
