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La notion de blasphème désigne une faute définie par une religion, comme étant une injure ou un manque de respect envers les croyances que cette religion pose comme dogme. La faute n'existe que dans un cadre religieux, pour une religion, qui considère une idée ou une croyance commune remise en cause d'une croyance religieuse, et considérée, par les religieux, comme un crime décidé par les autorités religieuses. Quelle que soit la religion concernée, le recours à cette notion dépend du degré d'extrémisme religieux des autorités qui décrètent qu'il y a blasphème et lancent l'accusation. D'autres trouvent cela naturel. Peut être considérée comme un blasphème toute libre pensée qui ne se soumet pas au dogme que les autorités religieuses veulent faire respecter et imposer. Les libertins, au sens du XVII° siècle, soit les libres penseurs, illustrent dans l'histoire de la chrétienté la notion de ce que l'Eglise catholique a pu considérer comme relevant du blasphème. La figure de Don Juan de Molière illustre particulièrement ce "défi au ciel" et ce refus des autorités religieuses au nom de la raison, la seule profession de foi de Don Juan étant résumée par "je crois que deux et deux font quatre" lors que lui est demandé s'il croit en Dieu. A l'époque où la croyance en Dieu est obligatoire, une telle déclaration est blasphématoire. Peuvent être, par exemple, considérés comme des blasphèmes :
Blasphème viens du latin blasphemia qui vient lui-même du grec blasphêmia qui signifie « médisance » ou « calomnie ». Dans les sociétés où le pouvoir est entre les mains des religieux, le blasphème, qui par définition met en danger leur pouvoir, est sévèrement réprimé, parfois même par la torture, la privation de sépulture ou la mort. C'est le cas aujourd'hui de la République islamique d'Iran par exemple, ou le blasphème est réprimé par la peine de mort. On a là le cas d'un Etat islamiste, qui s'est décrété un Etat religieux, où les lois de l'Etat sont les seules loisde la religion et doivent y être conformes :la charia. Dans les sociétés démocratiques, la notion de blasphème n'existe plus. En France, elle a été abolie par la Révolution française (en 1791)reconnaissant et garantissant ainsi la liberté d'expression,comme dans toutes les sociétés laïcisées aujourd'hui que sont les démocraties reconnaissant ce principe essentiel faisant partie des droits de l'homme. [voir Déclaration universelle des droits de l'homme]. Toutefois, dans ces même sociétés, le blasphème existe sous une forme non religieuse, il est alors dirigé contre le pouvoir. Il se matérialise sous la forme des sujets tabous ou des sujets qui fâchent, à savoir les sujets qu'il est interdit d'aborder.
[] Les cas limites[] ReligionsLes religions ont parfois toléré - à la différence des pouvoirs - des blasphèmes dérivés qui avaient été neutralisés par substitutions de syllabes ou de mots : Jarnibleu! pour J'renie Dieu! (le confesseur d'Henri IV, l'abbé Coton, avait tout de même obtenu qu'il dise Jarnicoton!), Palsambleu! pour Par le sang d'Dieu!. Certaines provocations ont un sens plus ambigu : une croix la tête en bas est-elle un blasphème ou un rappel du supplice de l'apôtre Pierre ? Trois croix côte à côte constituent-elles un détournement à la manière d'Andy Warhol, ou une représentation symbolique du Golgotha, etc. Que penser d'un foulard islamique qui serait taillé dans un drapeau des États-Unis, ou qui représenterait un cochon (animal impur selon cette religion) ? Est-il blasphématoire vis à vis de la religion juive que le pape et les cardinaux portent des calottes sur la tête semblables à des kippas ? Autant de cas d'école... [] PolitiqueEn Chine impériale, il était considéré comme attentatoire à la personne (sacrée) de l'empereur, et donc blasphématoire, d'utiliser les couleurs réservées de la famille impériale, qui étaient le jaune et le rouge. Représenter ou afficher le swastika hitlérien est considéré par certaines personnes comme blasphématoire. Le swastika indien (orientée dans l'autre sens) ne pose pas de problème... sauf chez les personnes qui ne voient pas la différence. Le représenter dans d'autres couleurs que celles de base (noir sur rond blanc encadré de rouge) aurait sans doute été considéré blasphématoire par des nazis convaincus. C'est aujourd'hui, en particulier si les couleurs sont fluorescentes, un symbole ambigu. Bref, le blasphème réside parfois plus dans l'?il du censeur que dans la chose représentée elle-même. [] Citations"J'aime mieux l'athée qui blasphème que le sceptique qui ergote !"
[] Voir aussi[] Lien interne
[] Lien externe
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