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Besançon

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47° 14? 35? N 6° 01? 19? E / 47.24306, 6.02194

Besançon



Vue aérienne de Besançon
Pays
drapeau de la France
     France
Région Franche-Comté (Chef-lieu)
Département Doubs (Préfecture)
Arrondissement Besançon (Chef-lieu)
Canton chef-lieu de 6 cantons
Besançon-Est
Besançon-Nord-Est
Besançon-Nord-Ouest
Besançon-Ouest
Besançon-Planoise
Besançon-Sud
Code Insee 25056
Code postal 25000
Maire
Mandat en cours
Jean-Louis Fousseret (PS)
2008-2014
Intercommunalité Grand Besançon
Coordonnées
géographiques
47° 14? 35? Nord
         6° 01? 19? Est
/ 47.24306, 6.02194
Altitudes moyenne : 281 m
minimale : 235 m
maximale : 610 m
Superficie 65,05 km² (6 505 ha)
Population sans
doubles comptes
116 100 hab,
aire urbaine : 222 000 hab.
(2005)
Densité 1 810 hab./km²
Gentilé Bisontins, Bisontines
Site Ville de Besançon
Carte de localisation de Besançon

Besançon est une ville de l'Est de la France, sur le Doubs, préfecture du département du Doubs et de la région Franche-Comté. Elle est également siège d'académie et de province ecclésiastique. Ses habitants sont appelés les Bisontins et les Bisontines.

Établie dans un méandre formé par le Doubs, la cité joue un rôle important dès l'époque gallo-romaine sous le nom de Vesontio. Sa géographie et son histoire spécifique ont fait d'elle tour à tour une place forte militaire, une cité de garnison, un centre politique et une capitale religieuse.

Proclamée première ville verte de France[1], la capitale comtoise jouit d'une qualité de vie reconnue soulignée par ses innovations sociales et environnementales. Grâce à son riche patrimoine historique et culturel et à son architecture unique, Besançon est classée Ville d'Art et d'Histoire et figure sur la liste du patrimoine mondial de l'UNESCO depuis 2008.

Sommaire

[] Toponymie

Vue générale sur la vieille ville
Vue générale sur la vieille ville

Une première mention écrite de la ville est faite par Jules César dans ses Commentaires sur la Guerre des Gaules sous le nom de Vesontio. Au IVe siècle, un B remplace le V de Vesontio et le nom de la ville devient Besontio ou Bisontion, puis subit plusieurs transformations pour donner Besançon en 1243. Les recherche sur l'origine de l'appellation Vesontio ont donné lieu à plusieurs interprétations mais aucune ne s'impose avec certitude. La plus « satisfaisante » évoque la racine celtique wes- qui désignerait une montagne et que l'on retrouverait notamment dans les noms de Vésuve, Vesoul ou encore Vézelay.

Durant le Moyen Âge, plus précisément entre le IXe siècle et le XIIe siècle, la ville est parfois surnommée Chrysopolis[2] (« la ville d'or »). L'origine de cette appellation, qui apparait dans un écrit de 821[3], n'est pas non plus bien établie : présence d'or dans le lit du Doubs, présence de nombreux édifices romains, plaisanterie « besan sum » (« je suis une pièce d'or »), rapprochement entre Byzance et Besançon, Chrysopolis ayant été dans l'Antiquité le nom d'un quartier de Byzance...

Aussi, à la Belle Époque, lorsque la ville connaît une intense activité thermale, elle est parfois appelée Besançon-les-Bains.

[] Géographie

[] Situation

[] Localisation

Situation de Besançon dans le département
Situation de Besançon dans le département
Le site de Besançon vu par le satellite Landsat 7 de la NASA
Le site de Besançon vu par le satellite Landsat 7 de la NASA
Besançon vu par le satellite Spot
Besançon vu par le satellite Spot

La ville de Besançon jouit d'une situation privilégiée sur l'axe structurant européen dit « Rhin-Rhône »[4], voie de communication entre Mer du Nord et Méditerranée, Europe du Nord et Europe du Sud. Elle est située plus précisément à la jonction de la région montagneuse d'élevage du Massif du Jura (plateaux du Haut-Doubs) et des vastes plaines cultivables fertiles franc-comtoises, dans la zone préjurassienne délimitée par les zones plissées dites des Avant-Monts au nord et du faisceau bisontin au sud[5].

Elle se trouve dans la pointe nord-ouest du département du Doubs et est distante d'environ 90 kilomètres de Dijon en Bourgogne, de Lausanne en Suisse et de Belfort aux portes de l'Alsace et de l'Allemagne. Sa distance avec la capitale nationale, Paris, est de 327 kilomètres à vol d'oiseau pour un cap de 304°[6]. Il est à remarquer également que Besançon se situe presque exactement au milieu d'un segment Lyon - Strasbourg, chacune de ces villes étant distante de 190 kilomètres environ.

Besançon fait partie de la Métropole Rhin-Rhône[7] constitué en 2004 avec les villes de Dijon, Mulhouse, Belfort et Montbéliard et associant également depuis cette date, l'agglomération trinationale de Bâle, la communauté urbaine de Le Creusot-Montceau-les-Mines, Chalon-sur-Saône et Neuchâtel.

[] Climat

Besançon est soumise à une double influence climatique, océanique d'une part (précipitations importantes tant en quantité qu'en fréquence) et une forte influence continentale d'autre part avec des hivers rudes (fortes gelées, neige) et des étés chauds et secs. D'une manière générale, le climat de Besançon se caractérise par une forte variabilité, tant au cours d'une saison que d'une année sur l'autre. La tableau suivant donne une idée du climat bisontin en comparaison avec la moyenne nationale et quelques villes symboliques[8]:

Ville Ensoleillement Pluie Neige Orage Brouillard
Paris 1 797 h/an 642 mm/an 15 j/an 19 j/an 13 j/an
Nice 2 694 h / an 767 mm / an 1 j / an 31 j / an 1 j / an
Strasbourg 1 637 h/an 610 mm/an 30 j/an 29 j/an 65 j/an
Besançon 1 872 h/an 1 108 mm/an 29 j/an 28 j/an 22 j/an
Moyenne nationale 1 973 h/an 770 mm/an 14 j/an 22 j/an 40 j/an

Avec 1 108 millimètres de précipitations par an, la ville est une des plus arrosées du pays en compagnie de Brest (1 109 mm/an) et Biarritz (1 483 mm/an). Ces précipitations ont lieu en moyenne 141 jours par an, dont une trentaine de jours avec chutes de neige. Elle bénéficie malgré cela d'un bon ensoleillement de 1 872 heures par an, variant de 55 heures en décembre à 246 heures en août. Il gèle en moyenne 67 jours par an. Le secteur de Besançon n'est pas très venté, la vitesse du vent atteignant en moyenne 2,2 m/s, avec une seule journée par an où l'on relève des rafales d'au moins 100 km/h.

Les records de température maximale et minimale sur Besançon sont respectivement de 40,3 °C le 28 juillet 1921 et -20,7 °C le 1er janvier 1985[9]. La température moyenne annuelle est de 10,2 °C.

Mois J F M A M J J A S O N D Année
Températures (sous abri, normales) °C 1,6 3,3 6,1 9,4 13,3 16,5 18,9 18,3 15,7 11,3 5,6 2,1 10,2
Précipitations (hauteur moyenne en mm, période 1961-1990) 91,1 81,8 83,5 91,6 111,4 100,1 80,5 86,9 93,2 85,8 103,7 99,0 1108
Source: Météo France

[] Transports et communications

Desserte routière de l'agglomération bisontine
Desserte routière de l'agglomération bisontine

Dès l'Antiquité, Besançon était située sur la route de Rome, voie romaine reliant Rome à la Mer du Nord, appelée Via Francigena[10] à partir du Moyen Âge et passant par Calais, Reims, Lausanne et Aoste.

De nos jours, les transports à Besançon, comme dans de nombreuses autres villes européennes, sont dominés par l'automobile dont le trafic augmente continuellement depuis plusieurs années. L'autoroute A 36 Beaune - Mulhouse, qui passe au nord de l'agglomération, est l'axe principal la reliant aux autres villes françaises et étrangères. Deux routes nationales, la N 57 reliant Metz et Nancy à la frontière suisse et la N 83 Lyon - Strasbourg constituent les deux autres axes principaux. Au niveau local, des efforts sont entrepris depuis plusieurs années pour décongestionner la ville avec la construction d'un contournement[11] dont le maillon nord-ouest (voie des Montboucons) a été ouvert en 2003 et le maillon sud-ouest (voie des Mercureaux) ouvrira fin 2010.

La ville bénéficie d'une bonne desserte par le train, notamment grâce à des liaisons directes par TGV avec Paris et à la ligne classique nationale Lyon - Strasbourg. La desserte ferroviaire est complétée par des lignes TER vers Belfort et Montbéliard, vers Dole et Dijon ainsi que vers le Haut-Doubs et la Suisse. Une première branche de la LGV Rhin-Rhône[12] est actuellement en cours de construction qui desservira une nouvelle gare d'agglomération à partir de fin 2011 et raccourcira les temps de parcours vers Paris, Lyon et surtout Strasbourg. Les branches est (entre l'est de Dijon et la LGV sud-est) et sud (entre Besançon et Dijon vers Lyon) sont en cours d'étude et ne devraient pas être mises en service avant 2015-2020.

Besançon est une des seules grandes villes françaises à ne pas disposer d'aéroport, mais bénéficie de la proximité de ceux de Genève, Lyon-Saint-Exupéry et l'EuroAirport Bâle-Mulhouse et de deux aérodromes sur les communes voisines : l'aérodrome de Besançon-La Vèze (avec un service d'avion taxi sur toute l'Europe) et l'Aérodrome de Besançon-Thise.

Les transports urbains sont représentés principalement par la compagnie de bus Ginko (société Kéolis) qui dessert 18 lignes urbaines et 30 lignes périurbaines. Des efforts ont été entrepris d'un point de vue environnemental puisqu'un quart des bus roulent au gaz naturel, soit 59 véhicules.

Aussi, la capitale franc-comtoise a désormais lancé un projet similaire à ceux de Paris ou Lyon : son propre système de vélos en libre-service baptisé Vélocité. Mis en service depuis le 25 septembre 2007, il rencontre le même succès que dans les autres villes ayant fait ce choix.

La ville fût pionnière dans la création d'un secteur piétonnier dès 1974.

Enfin, la ville est traversée par le canal du Rhône au Rhin, emprunté par des bateaux-mouches et des embarcations touristiques. Après plusieurs années de tergiversations et de contestation, sa mise à grand gabarit permettant une utilisation commerciale a été abandonnée en 1997[13], quoique sa relance refasse parfois surface[14].

[] Site

Bonnay Vieilley, Merey-Vieilley Braillans
Serre-les-Sapins, Pirey, Ecole-Valentin, Chatillon-le-Duc, N Thise, Chalezeule, Montfaucon
O    BESANCON    E
S
Avanne-Aveney, Franois Beure Morre, Fontain
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Carte du site de Besançon
Carte du site de Besançon


La ville de Besançon s?inscrit également dans un site géographique naturel particulièrement remarquable. En effet, la cité s'est d'abord développée dans un important méandre du Doubs de près d'un kilomètre de diamètre, prenant la forme d'une boucle presque parfaite fermée et surplombée par le mont Saint-Étienne, un haut plateau ouvert sur le Jura et abrupt du côté de la ville, dont la pointe est intégralement coiffée de l'imposante citadelle de Vauban. Puis la ville a débordé de ce cadre initial (d'une altitude moyenne de 250 mètres) pour s'étendre dans une cuvette entourée de sept collines dont la plupart est coiffée de forts : Chaudanne (422 m), Bregille (458 m), Saint-Étienne (371 m), la Roche d'Or (316 m), Planoise (490 m), Rosemont (466 m), Fort-Benoit (360 m). Cette configuration amène parfois à faire la comparaison avec le site de la ville de Rome qui est également dominée par sept collines.

Ce site particulier a donc pendant longtemps constitué un emplacement idéal de développement urbain, tant d'un point de vue stratégique et militaire (site défensif) qu'économique et commercial (débouché fluvial, forêts, agriculture et élevage).

Le centre historique, correspondant au quartier installé à l'intérieur du méandre du Doubs, dit quartier de la Boucle, et au quartier de Battant, première excroissance historique sur l'autre rive, constitue le site exclusif (ou site primitif) de développement de la ville jusqu?à la Révolution industrielle.

[] Morphologie urbaine

[] Quartiers

Localisation et délimitation des 14 grands quartiers
Localisation et délimitation des 14 grands quartiers

Selon l'agence d'urbanisme de l'agglomération de Besançon (AudaB)[15], la commune est composée de quatorze grands quartiers présentant une étonnante diversité, de Velotte (2 000 habitants) aux allures de village champêtre à la vaste ZUP de Planoise (20 000 habitants) en passant par Battant, ancien quartier de vignerons.

[] Tissu urbain

Icône de détail Article détaillé : Voies de Besançon.

Le centre historique présente principalement un plan en damier tel qu'on peut le retrouver dans la plupart des cités romaines. Le cardo maximus correspondait plus ou moins à l'actuelle Grande Rue qui débouchait au nord sur l'unique pont de la ville, le Pont Battant, et au sud sur la Porte Noire, un arc de triomphe. Une deuxième artère nord-sud d'importance est constituée par l'actuelle rue des Granges. L'habitat y est très dense et les rues étroites.

Au XIXe siècle, les quartiers voisins de la première couronne, tels que les Chaprais, la Butte, la Viotte... connaissent un essor important. Ces quartiers présentent aujourd'hui un tissu dense d'immeubles ne dépassant pas cinq ou six étages et de zones pavillonnaires.

Après la Seconde Guerre mondiale et durant tout le baby boom, les besoins en logements sont importants : de grands ensembles sont construits le long d'un axe est-ouest, avec notamment Planoise, Montrapon, Orchamps, Palente, Clairs-Soleils. La plupart de ces quartiers connaissent à la fin du XXe siècle et au début du XXIe siècle des opérations de démolition-reconstruction et de réhabilitation importantes.

L'essentiel de la croissance démographique au début du XXIe siècle s'effectue dans les quartiers limitrophes de la commune, les Tilleroyes, les Montboucons ou encore les Torcols, à dominante pavillonnaire.

Globalement, l'étalement urbain s'est opéré selon un axe préférentiel sud-ouest - nord-est du fait notamment du faisceau de collines créant un effet de barrière au sud. L'urbanisation s'opère sur une distance maximale nord-sud de six kilomètres environ[16] tandis que de l'est à l'ouest, cette distance est quasiment double avec douze kilomètres[17].

[] Architecture

Pierre de Chailluz
Pierre de Chailluz
Grille de fenêtre, ornement courant à Besançon.
Grille de fenêtre, ornement courant à Besançon.

Le centre ancien constitue un ensemble architectural homogène et dense constitué de vieux immeubles d'habitation et d'édifices publics bien préservés.

La majorité des bâtiments y sont construits en pierre de Chailluz, pierre calcaire extraite de carrières proches de Besançon et dont la particularité et de présenter deux teintes : ocre avec de grandes taches de couleur bleue-grise. Cette pierre a été imposée en 1569 afin de mettre un terme aux incendies destructeurs qui sévissaient régulièrement et détruisaient des quartiers entiers. L'habitat y est très serré, laissant néanmoins la place à une multitude d'arrière-cours et leurs somptueux escaliers à cage ouverte, une des spécificités de Besançon, dont la plus célèbre est celle de l'Hôtel de Champagney.

Une des particularités des immeubles de Besançon est également la présence de grilles arrondies en fer forgé fixées aux fenêtres des rez-de-chaussée, évoquant les rejas d'origine espagnole.

[] Urbanisme

[] Logement

Selon le dernier recensement, la ville comptait en 1999 un total de 61 507 logements[18] dont 55 159 étaient des résidences principales, 5 260 des logements vacants, 755 logements occasionnels et 333 résidences secondaires. On trouve une large majorité de logements en immeubles collectifs qui représentent 84,8 % de l'ensemble du parc de logements tandis que la part des logements individuels s'élève à 15,2 % en 1999 : cependant, entre 1990 et 1999, le nombre de logements individuels a progressé plus vite (+30,7 %) que celui de logements collectifs (+13,9 %)[19].

Le parc des résidences principales est globalement vieillissant puisque 24,6 % de celles-ci datent d'avant 1949, 45,3 % ont été achevées entre 1949 et 1974, 17,7 % de 1975 à 1989 et enfin 12,4 % en 1990 ou après[20].

En ce qui concerne les logements sociaux[21], la ville en compte 14 598 sur un total de 55 159 résidences principales, soit une proportion de 26,5 % qui dépasse largement le seuil de 20 % exigé par la loi SRU. La localisation de ces logements sociaux est concentrée au sud-ouest de la commune (Planoise, Rosemont et Grette) avec 45,8 % de l'ensemble et à l'est (Palente, Orchamps, Clairs-Soleils) qui représente 14,2 % du parc communal.

[] Projets d'aménagement

De nombreux projets sont en cours d'élaboration ou de finalisation dans la ville au début du XXIe siècle. Le projet de restructuration de l'îlot Pasteur, dans le quartier de la Boucle, a été adopté en 2004 et devrait être livré en 2014 : il s'agit de créer un ensemble immobilier intégrant 15 000 m2 environ de surfaces commerciales et 8 400 m2 de logements et de réaménager la place Pasteur. Un autre secteur en pleine restructuration et celui concernant les friches du port fluvial et de l'usine Rhodia qui est voué à devenir un "campus culturel": construction de la SMAC (salle de musiques actuelles) pour 2009, de la Cité des Arts et de la Culture (intégrant le nouveau conservatoire et le Fonds Régional d'Art Contemporain) dessinée par l'architecte japonais Kengo Kuma.

[] Démographie

Icône de détail Article détaillé : Démographie de Besançon.
Icône de détail Article connexe : Sociologie de Besançon.

La commune de Besançon comptait 116 100 habitants d'après l'estimation de l'INSEE[22] au 1er juillet 2005, ce qui la place au 29e rang national. Le dernier chiffre définitif de la population date de 1999 et faisait état de 117 733 habitants. Un pic démographique a été atteint en 1975 avec 120 315 habitants.

Besançon est la première unité urbaine de la région Franche-Comté avec environ 134 000 habitants répartis sur onze communes, devant celles de Montbéliard, 113 000 habitants, et de Belfort, 82 000 habitants. Son aire urbaine, qui compte quant à elle 222 000 habitants et couvre 234 communes, n'arrive par contre qu'au second rang régional derrière celle de Belfort-Montbéliard qui totalise 285 000 habitants[23].

Évolution démographique
1954 1962 1968 1975 1982 1990 1999 2005
73 445 95 642 113 220 120 315 113 283 113 828 117 733 116 100
Nombre retenu à partir de 1962 : population sans doubles comptes

[] Histoire

Icône de détail Articles détaillés : Histoire de Besançon et Chronologie de Besançon.

Classée ville d'Art et d'Histoire, la ville de Besançon possède un riche passé historique dont son patrimoine architectural est un témoin fort. Depuis la fondation d'un oppidum gaulois, la cité n'a cessé de se développer et de s'agrandir avant de devenir un centre culturel, militaire et économique de premier ordre. Tantôt germanique tantôt française, la capitale Comtoise a gardé de nombreuses traces des différentes périodes de son histoire de l'Antiquité au XIXe siècle.

[] Devises et héraldique

Utinam - Place Jean Cornet
Utinam - Place Jean Cornet
Icône de détail Articles détaillés : Blason de Besançon et Drapeaux de Besançon.
  • Utinam (« Plaise à Dieu ») : devise « officielle » de la ville[24] que l'on retrouve notamment sur la fontaine de la place Jean Cornet, sur les frontons de l'école de Rivotte et du Palais de Justice, sur le monument aux morts.
  • Deo et caesari fidelis perpetuo (« Fidélité éternelle à Dieu et César »). Cette devise à été substituée à la précédente en 1815 mais ne fût employée que peu de temps avant que la devise Utinam soit reprise[25].

[] Préhistoire

Aux origines, un site idéal de peuplement

La passage de chasseurs-cueilleurs remontant à 50 000 ans, durant la période du paléolithique moyen, a été attestée.

Les fouilles menées au cours des derniers siècles ont permis de révéler des traces d'occupation du site dès le néolithique le long du Doubs, notamment au pied des collines de la Roche d'Or et de Rosemont[26], ces traces d'habitat étant datées de 4 000 ans avant J.-C. environ.

[] Antiquité

L'oppidum gaulois de Vesontio

Au IIe siècle avant notre ère, l'oppidum est la possession des Séquanes, peuple gaulois (voir Celtes) qui contrôle un vaste territoire s'étendant entre le Rhône, la Saône, le Jura et les Vosges[27]. La présence d'aménagements publics à cette époque est attestée par des campagnes de fouilles ; les plus anciens ont été découverts lors des fouilles préventives réalisées sur le site des remparts dérasés en 2001. La ville était ceinturée par un mur de berge (murus gallicus) dont des vestiges ont été mis au jour sur ce même site. À l'extérieur se trouvait un quartier d'artisans.

Besançon gallo-romaine jadis Vesontio
Besançon gallo-romaine jadis Vesontio

L'oppidum, du nom de Vesontio (en latin), était alors le centre économique de la Séquanie et c'est à ce titre qu'il est convoité par les Germains puis par les Éduens avant que Jules César n'en fasse la conquête en 58 av. J.-C..

Vesontio, cité gallo-romaine

Jules César, impressionné par ce site stratégique qu'il décrit dans ses Commentaires sur la Guerre des Gaules, décide d'en faire la capitale de la tribu gauloise des Séquanes (Civitas Maxima Sequanorum[28]) ainsi qu'une citadelle militaire et un carrefour d'échanges de la Gaule romaine. La ville connaît alors un âge d'or, elle devient l'une des plus grandes villes de la Gaule belgique, puis de la province de Germanie supérieure.

En 68 après J.C, elle est le théâtre de la Bataille de Besançon opposant Lucius Verginius Rufus, fidèle de l'empereur Néron, à Gaius Julius Vindex, un rebelle qui est vaincu et finit par se suicider[29]. Les Romains agrandissent la cité et l'embellissent en y construisant de nombreux édifices de part et d'autre du cardo (actuelle Grande Rue) et même sur la rive droite du Doubs où ils élèvent un amphithéâtre (Arènes de Besançon) pouvant accueillir jusqu?à 20 000 spectateurs. Le sous-sol de la ville regorge de témoins de cette époque[30], on dénombre en effet non moins de 200 points de découverte dans la La Boucle et les quartiers situés aux abords immédiats.

Sous la Tétrarchie, la cité devient la capitale de la « Provincia Maxima Sequanorum ». Parmi les vestiges les plus importants, on peut citer la Porte Noire érigée sous Marc-Aurèle en 175 ap. J.-C. pour célébrer la répression des troubles de 172 à 175 apr. J.-C. les colonnades du Square Castan, les conduites de l'aqueduc romain qui alimentait Vesontio en eau, les restes de l'amphithéâtre et la domus du palais de justice et celle du collège Lumière où a été retrouvée une impressionnante mosaïque dite de la Méduse en très bon état de conservation[31]. En 360, l'empereur Julien, de passage à Vesontio, décrit une « bourgade ramassée sur elle-même », une cité sur le déclin qui n'est guère plus qu'un village.

[] Moyen-Âge

De par son héritage, Henri II rattacha la ville au Saint-Empire en l'an 1032.
De par son héritage, Henri II rattacha la ville au Saint-Empire en l'an 1032.

Peu après la chute de Rome, Clovis Ier, roi mérovingiens des Francs, entreprend de réunir les peuples gaulois sous son ordre. Les Séquanes sont ainsi rattachées au royaume en même temps que les Burgondes et les Alamans. L'histoire de Besançon au début du Moyen-Âge est très mal connue, les documents et indices étant largement insuffisants. En 821, on trouve trace d'un premier texte[32] mentionnant la ville sous l'appellation Chrysopolis. De 843 à 869, le diocèse de Besançon est rattaché à la Lotharingie, puis, à la mort de Lothaire II, devient possession de Charles le Chauve en vertu de la signature du Traité de Meerssen (870) et est donc intégré au royaume de France jusqu'en 879[33].

Besançon, métropole ecclésiastique

C'est en 888 que Eudes Ier de France, dans sa féodalisation du royaume, fonde les duchés et comtés de Bourgogne. Ce dernier ayant pour capitale Dole est rattaché au Comté de Varais dans lequel se trouve Besançon. Ce comté aura pour premier comte (dit "comte palatin de Bourgogne") Otte-Guillaume de Bourgogne (982-1026)[34]. Besançon devient également siège épiscopal en tant qu'archevêché indépendant. Le dernier roi de Bourgogne, Rodolphe III, n'ayant pas de descendants mâles, lègue ses biens bourguignons à son neveu Henri II du Saint-Empire.

En 1032, comme tout le Comté de Bourgogne, Besançon est donc rattachée au Saint Empire romain germanique. L'Archevêque de Besançon, Hugues de Salins, grâce à l'appui de l'Empereur, devient le seigneur de la ville, qui prospère sous son impulsion. Après la mort de celui-ci en 1066, une lutte pour sa succession plonge Besançon dans une longue période de crise. Aussi, pendant tout le Moyen Âge, Besançon restera une ville directement soumise à l'autorité impériale et indépendante du Comté de Bourgogne, dont Dole est la capitale.

Besançon, ville libre impériale

Au cours des XIIe et XIIIe siècles, les Bisontins luttent contre l'autorité des archevêques et obtiennent finalement leurs libertés communales en 1290. Tout en restant soumise à l'Empereur, Besançon se gouverne par elle-même, grâce à un conseil de vingt-huit notables élus au suffrage universel masculin à plusieurs degrés et à un conseil de quatorze gouverneurs désignés par les notables. Besançon restera ainsi une « ville libre » pendant près de 400 ans.

Les Ducs de Bourgogne, devenus maîtres de la Franche-Comté, sont les « protecteurs » de la ville libre impériale que reste toujours Besançon. C'est pour la cité une période de prospérité.

[] Époque moderne

Besançon, possession des souverains du Saint Empire
Besançon, possession des souverains du Saint Empire

À l'époque de la Renaissance, la Franche-Comté appartient de nouveau à l'Empire Germanique suite au décès de Charles le Téméraire. L'empereur Charles Quint fortifie considérablement Besançon qui devient un des boucliers de son Empire. Un Comtois, Nicolas Perrenot de Granvelle, devient Chancelier de l'Empire en 1519 puis Garde des Sceaux en 1532. Toute la région bénéficie des faveurs de Charles Quint et Besançon devient la cinquième ville impériale et s'embellit de monuments, en particulier le Palais Granvelle et l'Hôtel de Ville dont la façade est ornée d'une statue de Charles Quint. La ville compte alors de 8 000 à 9 000 habitants en 1518, population qui serait passée entre 11 000 et 12 000 habitants en 1608[35]. L'économie de la ville est profondément rurale, notamment par la présence des vignerons à Battant qui représentaient la moitié voir les trois quarts de la population et faisaient donc de la viticulture l'activité principale de la ville[36].

Le "siècle souffrant" et la conquête française

Alors que la ville avait vécu une époque de progrès au XVIe siècle, le XVIIe siècle est marqué par les guerres et une grande misère[37].

En 1631, la ville accueille à deux reprises le duc Gaston d'Orléans, frère du roi et ennemi personnel du cardinal de Richelieu[38]. La guerre de Dix Ans (1635-1644), épisode bourguignon de la guerre de Trente Ans, apporte dans la région les fléaux de la peste, de la famine et de la misère. Besançon, qui a échappé plusieurs fois à un siège, souffre néanmoins des mêmes fléaux que son arrière-pays dévasté : la peste fait son apparition en 1636 tandis qu'une période de famine s'étend de 1638 à 1644[39].

Un traité d'échange entre la ville allemande de Frankenthal (appartenant au roi d'Espagne) et Besançon (relevant de l'Empire), suggéré à partir de 1651, est finalement accepté par les Bisontins en 1664[40]. Pendant une courte période (1664-1674), Besançon perd alors son statut de ville libre et devient possession de la couronne d'Espagne. La trêve n'est que de courte durée et le 8 février 1668, l'armée de Condé se voit ouvrir les portes de la ville après que les autorités locales aient capitulé. L'occupation française est plutôt mal vécue et les troupes françaises rebroussent chemin dès le 9 juin[41]. La défense de la cité ayant été mal assurée, on entreprend alors l'amélioration des fortifications : la première pierre de la citadelle est posée au Mont Saint-Étienne le 29 septembre 1668 et à l'autre extrémité, d'importants travaux sont entrepris autour de Charmont (sur les hauteurs de Battant)[42].

Siège de Besançon par Louis XIV en 1674
Siège de Besançon par Louis XIV en 1674

Le 26 avril 1674, le duc d'Enghien est de retour et prend position devant la cité à la tête d'une armée composée de 15 000 à 20 000 hommes[43]. Vauban participe également au siège. Afin d'écourter la prise de la ville, ce dernier décide de faire monter de nuit, quasiment à dos d'homme, sur le mont Chaudanne une « grande artillerie » de 36 bouches à feu[44]. Au terme d'un siège de vingt-sept jours auquel assistent Louis XIV et