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{revue}
Bertrand Delanoë, né le 30 mai 1950 à Tunis (Protectorat français en Tunisie, aujourd'hui Tunisie), est un homme politique français. Membre du Parti socialiste, conseiller de Paris depuis 1977, député de Paris de 1981 à 1986 puis sénateur entre 1995 et 2001, il est maire de Paris depuis mars 2001 (réélu en mars 2008).
BiographieOrigines familiales, enfance et vie privéeBertrand Delanoë naît le 30 mai 1950 à Tunis d'un père géomètre athée et d'une mère infirmière catholique1. Ses arrières-grands-parents paternels quittent la baie de Saint-Malo d'où ils sont originaires pour s'installer à Saint-Pierre-et-Miquelon où son grand-père paternel, Auguste, naîtra et passera son enfance2. La famille reviendra s'installer dans la région de Saint-Malo et Auguste part alors en Tunisie pour devenir capitaine du port de la Goulette. Il y épousera Anita, une Italienne1. La mère de Bertrand Delanoë est elle d'origine périgourdine par son père et anglaise par sa mère1. Son père, Auguste Delanoë, et sa mère Yvonne Delord étaient tous les deux nés à Carthage3. Bertrand Delanoë grandit à Bizerte4. À six ans, il devient membre des Petits Chanteurs à la Croix des Sables, une chorale affiliée aux Petits Chanteurs à la croix de bois. Il racontera plus tard que cette expérience a été « son plus beau souvenir d'enfance ». Il était présent, à l'âge de onze ans, lors de la crise de Bizerte5. À l'âge de treize ans, sa famille éclate au moment de la fermeture de la base de Bizerte. Sa mère vient s'installer à Rodez (Aveyron) avec son fils. Bertrand Delanoë y fait ses études secondaires à l'Institution Sainte-Marie. Il part pour l'université de Toulouse pour faire des études en droit 5. Le Who's Who indique qu'il est diplômé de sciences économiques de l'université de Toulouse, sans donner plus de précisions. Le 22 novembre 1998, dans l'émission Zone Interdite de la chaine M6, il fait son coming-out. En effet, il est un des rares politiciens qui aient parlé de leur homosexualité . Carrière politiqueDébutsIl fait ses premiers pas en politique dès l'âge de 23 ans, à Rodez, en tant que secrétaire de la fédération socialiste de l'Aveyron. Il est remarqué pour ses talents d'orateur par François Mitterrand, Premier secrétaire du Parti socialiste qui le fait monter à Paris au début des années 1970. Il est élu député (PS) de Paris en 1981 dans la circonscription de Montmartre (18e arrondissement). Il devient alors porte-parole du PS, soit numéro trois national. Aux élections municipales de 1977, il est élu au Conseil de Paris en compagnie de Lionel Jospin, Claude Estier, Daniel Vaillant sur la liste de gauche emmenée par le député communiste Louis Baillot. Aux élections municipales de 1983 et 1989, il est candidat sur la liste du 18e arrondissement de Paris conduite par cette fois-ci par le socialiste Lionel Jospin, toujours aux côtés de Claude Estier et Daniel Vaillant ; mais la « bande du 18e » (surnom de ce groupe dont il fait partie) est battue, en 1983 comme en 1989, par le RPR Alain Juppé (la droite réalisant d'ailleurs le « grand chelem » sur la capitale à chacun de ces deux scrutins). Les membres de la « bande du 18e » trouvent plus tard leur apogée, où en 2001 Bertrand Delanoë devient Maire de Paris, Lionel Jospin est Premier Ministre, Daniel Vaillant Ministre de l'Intérieur, et Claude Estier président du groupe socialiste au Sénat. À l'occasion des élections législatives de 1986 qui ont lieu à la proportionnelle départementale, il tente de quitter Paris pour s'implanter électoralement à Avignon, mais son parachutage est refusé par les militants locaux. Il s'investit alors davantage dans ses activités professionnelles, le conseil en communication, tout en conservant sa place au Conseil de Paris. En 1988, il est candidat aux élections législatives dans la 18e circonscription de Paris. Il est alors battu par le candidat RPR Alain Juppé, conseiller du 18e arrondissement, adjoint au maire de Paris et ancien ministre du Budget (1986-1988). En 1993, il succède à Georges Sarre (démissionnaire suite à son départ pour le Mouvement des citoyens de Jean-Pierre Chevènement), comme président du groupe socialiste, devenant ainsi le chef du principal groupe de l'opposition municipale. En 1995, il mène la campagne municipale de la gauche parisienne contre Jean Tiberi, candidat RPR successeur de l'ancien maire Jacques Chirac (élu président de la République). Les listes de gauche remportent alors six arrondissements (IIIe, Xe, XIe, XVIIIe, XIXe et XXe arrondissements) sur les vingt que détenait la droite depuis 1983 (monopole alors surnommé le « grand chelem »). En septembre 1995, il est élu sénateur (PS) de Paris et devient secrétaire de la Commission des Affaires étrangères et de la Défense. Au moment des débats sur le PACS, il défend ce dispositif mais s'oppose à toute idée de mariage entre personnes de même sexe, au nom de la lutte contre le communautarisme. Il changera d'avis, une fois élu maire de Paris, lorsqu'il participera à la première Gay pride de son mandat, demandant l'instauration du mariage entre personnes de même sexe. Élection à la mairie de Paris (mars 2001)
Bertrand Delanoë au meeting du Parti socialiste à Paris, mai 2005.
ContexteLa droite se présente divisée aux élections municipales de mars 2001, avec deux candidats : Jean Tiberi, maire RPR dissident et sortant et Philippe Séguin, ancien député RPR des Vosges, ancien ministre, ancien président de l'Assemblée nationale et ancien président du RPR, allié à l'UDF et DL. De leur côté, les socialistes organisent des primaires entre Jack Lang, alors maire de Blois, et Bertrand Delanoë, chef de l'opposition municipale depuis 1993, mais peu connu du grand public. Les débats sont vifs ; Lyne Cohen Solal, partisane de Lang, parle par exemple d'« erreur de casting » à propos de la candidature de Delanoë. Mais contre toute attente, Jack Lang abandonne la compétition pour devenir ministre de l'Éducation nationale dans le gouvernement de Lionel Jospin, permettant à Bertrand Delanoë de remporter l'investiture, de rassembler les socialistes, la gauche (PCF, MRC…) et de nouer des contacts avec les Verts dans le but de rassembler la gauche au second tour. Premier tourLa gauche (communistes, chevènementistes du MDC et socialistes) est rassemblée derrière la candidature de Bertrand Delanoë. La gauche sait pouvoir compter sur une fusion au second tour avec Les Verts dont la tête de liste est Yves Contassot, les écologistes présentant des listes dans tous les arrondissements comme ils l'ont toujours fait à Paris depuis le rétablissement de la capitale comme commune de plein exercice en 1977. Au soir du premier tour, face à cette liste de gauche et à celle des écologistes, la droite est majoritaire de quelques milliers de voix dans la capitale mais ses candidats sont irréconciliables (dans tous les arrondissements sauf le IXeoù Pierre Lellouche déroge à la règle émise par Philippe Seguin excluant toute fusion avec les listes de Jean Tiberi). Les Verts, eux, fusionnent comme prévu avec les listes de Bertrand Delanoë dans tous les arrondissements. Second tourAu soir du second tour le 18 mars 2001, Bertrand Delanoë est élu maire de Paris avec 49,63% des voix, contre 50,37% à la droite divisée (32,32% pour les listes Seguin, 15,20% pour les listes Tiberi et 2,85% pour des listes divers droites). Ce sont les IXe, XIIe et XIVe arrondissements qui lui ouvrent les portes de la municipalité parisienne quand il est avéré que le candidat de gauche bénéficie de plus de voix d'avance sur celui de droite.
Bertrand Delanoë s'exprimant à une réunion en faveur de Ségolène Royal, le 6 février 2007
Minoritaire d'environ 4 000 voix mais majoritaire en nombre d'arrondissements gagnés et en nombre de conseillers de Paris (163 élus en tout, qui sont à la fois conseillers municipaux et conseillers généraux, Paris étant à la fois Ville et département), la gauche gagne douze arrondissements sur vingt, certains d'entre eux de justesse avec 220 voix d'avance dans le IIe arrondissement pour la liste mené par le Vert Jacques Boutault, 878 voix dans le IVe arrondissement au profit de Dominique Bertinotti ou encore 1013 voix d'avance dans le XIIe, alors que la droite ne gagne de justesse que dans le Ier arrondissement avec 285 voix d'avance pour le candidat tibériste Jean-François Legaret. L'alliance de la gauche et des Verts conserve les six arrondissements déjà gagnés en 1995 et remporte les IIe, IVe, IXe, XIIe, XIIIe et XIVe arrondissements. La géographie électorale confirme la traditionnelle fracture géographique droite/gauche de Paris, tous les arrondissements gagnés par la gauche se situent à l'est et au centre-est, alors que les quartiers aisés du centre et de l'ouest de la capitale (les « beaux quartiers ») ont comme à l'habitude massivement voté pour les candidats de droite (72,98% dans le VIIe arrondissement ou 80% dans le XVIe arrondissement, où deux candidats de droite se maintenaient pour le second tour). Sur ces douze arrondissements gagnés par la gauche, un est dirigé par un maire Vert (IIe), un autre par un MRC (le XIe, dirigé par le chevènementiste Georges Sarre), les dix autres le sont par des élus PS (dont deux femmes maires pour les IVe et XIIe). Bertrand Delanoë est ainsi élu maire de Paris et succède à Jacques Chirac (dont le mandat aura duré 18 années, de 1977 à 1995), et à Jean Tiberi (six années, de 1995 à 2001). C'était la première fois depuis 1871 - lors de la Commune de Paris - que la gauche (grâce à son alliance avec les écologistes) prenait, hors contexte révolutionnaire, la tête du conseil municipal (il n'y a pas eu de maire de Paris de 1871 à 1977, année d'élection de Chirac, mais le conseil municipal avait toujours été dominé par la droite). Suite à son élection à la mairie, Bertrand Delanoë décide de démissionner du mandat de Sénateur de Paris qu'il occupait depuis 1998. Analyse de la victoire de la gauche et des Verts à ParisLa victoire de la gauche et des Verts aux élections municipales de 2001 a été notamment expliquée par les divisions exacerbées au sein de la droite parisienne, majoritaire à Paris depuis cent ans et qui l'ont conduite à présenter deux listes concurrentes dans chaque arrondissement. Ce serait donc grâce à cette conjoncture exceptionnelle d'une droite fracturée et d'une gauche unie et alliée avec les écologistes au second tour que Delanoë aurait gagné. L'image négative véhiculée par des affaires politico-financières, auxquelles Jean Tiberi et plusieurs autres membres de la majorité municipale étaient alors soupçonnés d'avoir participé, aurait également profité aux listes de gauche. Plusieurs journaux (L'Express, Le Figaro, Le Point, Le Monde, Le Nouvel Observateur) ont en outre partiellement expliqué la victoire de Delanoë par le vote d'une nouvelle catégorie sociale surnommée « bobos » (bourgeois-bohème), qui aurait fait la différence en faisant basculer à gauche certains arrondissements « traditionnellement » de droite (IIe, IVe, IXe et XIIe)6. Réélection à la mairie de Paris (2008)Bertrand Delanoë annonce, le 4 septembre 2007 dans un entretien au journal Le Parisien, sa candidature pour un second mandat aux élections municipales de 2008. Il présente au début de l'année 2008 ses têtes de listes. Le maire sortant de Paris a face à lui l'UMP Françoise de Panafieu. Il se présente en 3e position sur la liste PS du 18e arrondissement conduite par Daniel Vaillant. Il viendra en personne soutenir sa tête de liste dans le 5e arrondissement, Lyne Cohen-Solal, contre le maire sortant UMP depuis 1983, Jean Tibéri (sauf la parenthèse 1995-2001 durant laquelle celui-ci fut maire de l'ensemble de la ville). Bertrand Delanoë se fixe en effet pour objectif de faire basculer plusieurs arrondissements de droite, le Ve considéré comme le plus susceptible de tomber dans son escarcelle, mais aussi le 1er et le 15e. Le 9 mars 2008, soir du premier tour, les listes « Un temps d'avance » soutenues par Bertrand Delanoë arrivent largement en tête avec 41,6 % et Anne Hidalgo, tête de liste PS dans le 15e arrondissement, devance l'UMP Philippe Goujon de deux points. Le 16 mars suivant, ses listes sont largement victorieuses (57,7 %) et la gauche se renforce au Conseil de Paris, où le groupe PS-PRG-MRC gagne 21 sièges, alors que les Verts n'obtiennent que 9 élus, contre 23 lors de la précédente mandature. Pourtant, malgré cette large victoire, aucun arrondissement ne bascule à gauche (souhait du maire de Paris confié à ses proches). En mai 2008, Bertrand Delanoë annonce sa candidature au poste de premier secrétaire du Parti socialiste en vue du congrès de Reims de novembre de la même année. À cette occasion, il publie un livre d'entretiens avec Laurent Joffrin, intitulé De l'audace et dans lequel il s'affirme « libéral et socialiste », affirmation qui lui vaut de s'attirer l'ire de sa principale concurrente dans cette compétition, Ségolène Royal, qui déclare alors que « le libéralisme est une valeur défendue par [les] adversaires [du Parti socialiste] » Prises de position
Bertrand Delanoë avec Yann Wehrling secrétaire national des Verts, à la Paris Gay Pride, le 25 juin 2005.
Bertrand Delanoë est favorable au droit de vote des étrangers aux élections locales, au raccourcissement de tous les mandats électifs à cinq ans, à l'interdiction d'enchaîner un troisième et même mandat consécutif, au mariage homosexuel, à la limitation stricte du cumul de mandats (partisan d'un mandat exécutif ou parlementaire renouvelé une seule fois) et à l'euthanasie[réf. nécessaire]. Il fut un membre actif, comme parlementaire, de la Ligue des droits de l'homme (LDH). Il a aussi consacré plusieurs interventions (discours, chapitre de livre…) à défendre le droit à l'eau potable dans le monde, et a fait en sorte que la société Eau de Paris (SAGEP) finance des projets concrets d'accès à l'eau dans des pays pauvres [réf. nécessaire]. Depuis des décennies, il se déclare très vigilant contre l'antisémitisme, contre tous les racismes et le sexisme, invoquant son enfance à Bizerte, en Tunisie, où musulmans, juifs et catholiques vivaient plutôt en bonne entente[réf. nécessaire]. Dès son élection, s'interdisant tout cumul de mandat et voulant être « maire à temps plein », il démissionne de son mandat de sénateur de Paris. Il choisit en 2001 de ne nommer aucun maire d'arrondissement parmi ses 33 adjoints, leur préférant des élus issus de la plupart des arrondissements, y compris des arrondissements où la droite est restée majoritaire (ainsi Anne Hidalgo est élue Première Adjointe, Jean-Yves Mano devient adjoint chargé du Logement, Lyne Cohen-Solal s'occupe du Commerce de l'Artisanat des Métiers d'Art & Professions libérales et la jeune féministe médiatique Clémentine Autain -apparentée PCF- à la Jeunesse). L'accord passé avec les Verts au soir du premier tour de l'élection de 2001 imposait tant au niveau de la mairie centrale que des conseils d'arrondissement un nombre d'élus et d'adjoints Verts proportionnel au résultat des écologistes par rapport à ceux de la gauche, c'est ainsi que certaines des plus importantes délégations furent donnés à des Verts dont Yves Contassot et Denis Baupin. Bertrand Delanoë a dévoilé son homosexualité lors d'une interview télévisée en novembre 1998 sur M6, bien avant les élections municipales de 2001. Il ne prend pas une part active dans la « communauté » homosexuelle mais soutient ouvertement nombre des actions et revendications des associations homosexuelles pour l'égalité des droits et le respect. Il a augmenté les subventions municipales à celles-ci comme le Centre Lesbien Gay Bi et Trans (Centre LGBT Paris - Ile de France), SOS Homophobie, le Festival de Films Gays & Lesbiens ou encore augmenté de manière notable celles aux organisations de lutte contre le sida (Aides, Sida Info Service, Sol en Si, Solidarité sida, le CRIPS, Act-Up, Ikambéré...), Paris étant depuis le début des années 1980 la ville la plus touchée par l'épidémie en Europe. En 2004, Bertrand Delanoë se prononce comme la majorité du Parti socialiste en faveur du « oui » au référendum sur le Traité établissant une Constitution pour l'Europe. Au soir du 29 mai 2005, alors que la France rejette le traité constitutionnel, le « oui » obtient un score de 65% à Paris comme dans toutes les villes de sociologie similaires. La coupure géographique droite gauche de la ville qui recoupe celles des quartiers les plus favorisés des autres est là encore visible. Si le « Oui » l'emporte dans les 20 arrondissements d'une capitale devenue au cours des décennies de plus en plus inaccessible aux catégories populaires, les arrondissements du centre et de l'ouest, aux populations de classes moyennes et aisées, ont voté très massivement dans ce sens (avec des records à près de 80% dans certains d'entre eux); ceux du centre (60-70%) alors que les arrondissements plus populaires de l'est et nord-est, quoique de plus en plus peuplés par la « classe moyenne » n'ont donné que 55% au « Oui ». En juin 2006, comme d'autres conseils généraux de tous bords et avec le soutien de l'Association des départements de France (ADF), il réclame à l'État le remboursement « à l'euro près » de 52 millions d'euros dus pour 2005 au titre du RMI, dorénavant géré et versé par les conseils généraux, les nouvelles lois de décentralisation introduites dans la Constitution prévoyant que l'État rembourse ces sommes aux collectivités. Le 5 juillet 2006, Bertrand Delanoë inaugure la place Theodor Herzl, dans le 3e arrondissement, à l'intersection des rues Turbigo et Réaumur. Le 3 septembre 2006, le parvis de la cathédrale Notre-Dame est rebaptisé « Parvis Notre-Dame-Place Jean Paul II, 1920-2005, pape (1978-2005) » par Bertrand Delanoë, sur proposition du groupe UMP de la municipalité de Paris en dépit de l'opposition d'une partie des élus verts. Toujours en juillet 2006, il soutient la décision du bureau national du PS de retenir la candidature de George Pau-Langevin (avocate et ancienne présidente du MRAP) sur la 21e circonscription de Paris au détriment de Sophia Chikirou, candidate d'origine kabyle et proche assistante du député PS sortant Michel Charzat. En octobre 2007, il appelle les socialistes à ratifier le traité modificatif ou « mini traité européen », négocié par Nicolas Sarkozy au lendemain de son élection à la présidence de la république et approuvé par le conseil européen de Lisbonne du 19 octobre 2007, afin de faire avancer l'Europe et sortir de l'impasse provoqué par les « non » français et néerlandais au traité établissant une Constitution pour l'Europe. Le 4 septembre 2007, Bertrand Delanoë annonce sa candidature pour un second mandat à la mairie de Paris dans une interview au journal Le Parisien. Il annonce ensuite qu'il s'appuiera sur Patrick Bloche, député de la 7e circonscription de Paris et premier secrétaire de la fédération parisienne du PS, qui est nommé directeur de campagne. Les deux porte-parole de la campagne qui a pour slogan « Un temps d'avance » seront Anne Hidalgo, sa première adjointe, et Annick Lepetit, députée de la 17e circonscription de Paris7. Il présente ses listes en décembre 2007 comprenant notamment en position éligibles de nouvelles têtes issues de la société civile comme le sociologue Jean-Louis Missika, le comédien Philippe Torreton, l'actrice Firmine Richard, la réalisatrice Yamina Benguigui, l'ex-président de l'UNEF, Bruno Julliard, ou l'avocat Patrick Klugman 8. Le 14 février 2008, il signe, avec 16 autres personnalités politiques de tous bords, l'« Appel du 14 février » pour une vigilance républicaine lancé par l'hebdomadaire Marianne9. Le 6 mai 2008, un an après la défaite de la gauche à l'élection présidentielle, il est le premier signataire d'un texte intitulé Clarté, courage, créativité : pour un grand congrès socialiste dans la perspective du Congrès de Reims du Parti socialiste en novembre 2008. En mai 2008, il a publié un ouvrage intitulé De l'audace, dans lequel il s'est affiché comme « libéral et socialiste », faisant allusion aux thèses défendues depuis quelques années par Monique Canto-Spêrber et par Vincent Peillon. Cettre déclaration a suscité des polémiques au sein du parti socialiste avec les oppositions de Ségolène Royal, de Julien Dray, de Benoît Hamon ou de Jean-Marc Ayrault. À propos du terrorisme, il écrit « l’expliquer serait l’excuser ». Paris sous Bertrand Delanoë (2001-2008)Les projets pharesRéduction de la circulation automobile et de la pollution
Logements sociaux et espaces verts
Petite enfanceEn janvier 2002, dans un discours intitulé « Communication l'enfant dans la ville », Bertrand Delanoe remarquait qu'un enfant de moins de trois ans sur trois à Paris ne bénéficiait d'aucune solution de garde financée par les pouvoirs publics (tous modes de garde confondus, que ce soit en crèche, en halte-garderie, à domicile, en milieu scolaire ou auprès d'une assistante maternelle). Plusieurs mesures furent alors prises dans le domaine de la petite enfance.
Le rapport de la chambre régionale des comptes d'Ile de France observe en décembre 2006 que la proportion d'enfants gardés par un employé à domicile était plus élevé à Paris qu'au niveau national mais qu'entre 2001 et 2005, en se basant sur les chiffres fournis par la ville de Paris, le taux de service public en termes d'accueil de la petite enfance était passée de 65,27 % en 2001 à 64,67 % en 2005 et était estimé pour l'année 2006 à 67,10 % 30. Culture et évènements festifs
Autres réalisations et projets
En 2002, au nom d'une certaine conception de la lutte contre la peine de mort et contre la discrimination raciale, la majorité municipale de la Ville de Paris fait citoyen d'honneur Mumia Abu-Jamal, condamné à mort en 1982 aux États-Unis pour le meurtre d'un policier. La franco-colombienne Ingrid Betancourt, ex-otage de la guérilla d'extrême gauche des FARC, a aussi été faite citoyenne d'honneur de Paris. Pablo Picasso et Marie Curie étaient jusque là les seuls à avoir reçu cette distinction.
En avril 2006, Bertrand Delanoë a confirmé depuis San Francisco sa volonté de doter Paris d'un réseau Wi-Fi gratuit sur plus de 400 bornes reparties sur 260 sites municipaux (jardins, bibliothèques, Maisons des associations, etc.). Le réseau Paris Wi-Fi a été inauguré en septembre 2007 et est en service depuis. Il a également signé avec Gavin Newsom la convention dite des « Villes Numériques Sœurs » qui comprend déjà San Francisco, Toronto, Singapour, Prague, Mexico et Madras38.
En janvier 2006, Bertrand Delanoë a aussi souhaité équiper Paris en très haut débit (jusqu'à 100 fois plus rapide que le réseau haut débit ADSL qui couvre alors déjà 100% de la capitale). Il présente à l'été un plan pour réaliser ce projet : comme impulsion clef, la ville baisse dès lors fortement les droits de passage dans son réseau d'égouts, ce qui évite de creuser des tranchées dans toutes les rues, par exemple pour déployer de la fibre optique. Plusieurs opérateurs, dès 2006, annoncent qu'ils commencent le déploiement de ce réseau, avec des zones tests dans plusieurs arrondissements la même année.
En mai 2006, il propose au président de Bolivie, Evo Morales, un proche d'Hugo Chavez et de Fidel Castro, d'accroître l'aide de la capitale française au pays, notamment par une aide d'urgence destinée à favoriser l'accès à l'eau potable dans la région de Cochabamba. Bertrand Delanoë travaille aussi sur l'importance des collectivités locales à l'échelle mondiale. Comme maire de Paris il préside l'Association internationale des maires francophones (AIMF), principalement active pour la coopération (subventions, aides techniques sur l'urbanisme, les transports et l'eau potable, etc.) et les échanges avec des villes d'Afrique et d'Asie. En octobre 2007, il devient président de l'organisation Cités et gouvernements locaux unis (CGLU). Cette organisation se donne pour objet la coopération internationale grâce à l'échelon administratif local et de faire reconnaître par l'ONU le rôle des collectivités locales. Gestion de la mairie
Recrutement de 8 000 nouveaux agents portant à 50 000 le nombre de fonctionnaires de la mairie (et du département) -notamment pour appliquer la loi sur la RTT que la Ville ne prenait pas en compte jusqu'en 2001- répartis en plus de 120 métiers et vingt-deux directions administratives. La majorité des nouveaux emplois créés sont affectés aux nouveaux équipements municipaux (petite enfance, sports, culture...) et aux services de la propreté. En décembre 2007, Bertrand Delanoë annonce refuser d'appliquer le décret relatif au rachat des jours de RTT au personnel de l'hôtel de ville de Paris, décret qu'il estime injuste socialement, annonçant un dispositif significatif en faveur du pouvoir d'achat du personnel parisien qu'il présentera au vote lors du prochain Conseil de Paris39.
Comme son prédécesseur, Jean Tibéri, il obtiendra pour la ville la meilleure note financière de l'agence Standard & Poors: AAA, qui juge de la capacité de la Ville à rembourser ses emprunts et qui lui permet entre autres d'emprunter aux meilleurs taux40. Ainsi, si le recours à l'emprunt a doublé la dette par habitant pour financer 1 milliard d'euros de dépenses (contre 450 millions les années précédentes), Paris est restée l'une des villes les moins endettées de France grâce notamment à la richesse de son tissu économique, et son important potentiel fiscal. En dépit d'un niveau de dépenses d'équipement élevé en partie financé par l'emprunt et des marges de manœuvre modestes sur les dépenses de gestion, la non-augmentation des impôts locaux durant la mandature a pu se réaliser grâce aux rentrées exceptionnelles engrangées par le boom de l'immobilier. En effet, les droits de mutation atteignaient, en 2006, 870 millions d'euros (deux fois plus qu'au début de la mandature), soit 15 % des recettes de fonctionnement 41. Néanmoins, en octobre 2006 et au cours de la campagne municpale de mars 2008, Bertrand Delanoë a dit clairement la possibilité d'augmenter de manière « mesurée », pendant 2 années de suite en début de mandature (2009 & 2010), les impôts locaux dans l'hypothèse d'un second mandat afin de financer, selon ses propos, l'augmentation des dépenses sociales (plus de 70 % depuis 2001) et les dépenses d'investissement42. En novembre 2008, conformément à ses promesses de campagne, il annonce pour l'année 2009 une augmentation de 9 % des impôts locaux à laquelle il ajoute une nouvelle taxe foncière départementale portant cette augmentation fiscale à 12 % pour les propriétaires fonciers à Paris (soit 50 % des particuliers parisiens). Une augmentation similaire est également annoncée pour 2010 par son adjoint aux finances, Bernard Gaudillère lequel insiste sur le fait que les impôts n'avaient pas augmenté durant la première mandature de Bertrand Delanoê et que les revenus des droits de mutation étaient en baisse, suite au ralentissement des ventes dans l'immobilier43.
Tenus dans chaque arrondissement, ces réunions pendant lesquelles le maire présente les actions de la municipalité permettent aussi aux résidents du quartier de questionner le maire sur des problèmes locaux, liés aux différents services publics municipaux ou d'État, aux transports, etc. Certains de ces compte rendus sont parfois chahutés (notamment celui qui s'est déroulé en octobre 2005, dans le 19e arrondissement). Polémiques avec l’opposition
La candidature de Paris aux Jeux olympiquesParis avait déjà connu deux échecs pour des candidatures malheureuses aux JO (sous les mandats de Jacques Chirac pour les JO de 1992, puis sous Jean Tiberi pour les JO de 1998), et connut son troisième échec en 2005 avec Bertrand Delanoë. Encore candidate aux Jeux olympiques d'été de 2012, la ville de Paris est battue en finale par la ville de Londres le 6 juillet 2005, après avoir battu Madrid, New York et Moscou aux tours de vote précédents. Bertrand Delanoë, qui n'avait pas ménagé ses peines sur ce projet de candidature, accuse publiquement Tony Blair et la direction du comité de candidature de Londres de ne pas avoir respecté trois des règles édictées par le Comité olympique international (CIO), et ce dernier d' « avoir franchi la ligne jaune ». Le journal Le Monde, en avril 2006, évoquera le rôle d'influence de l'ancien président du CIO Juan Antonio Samaranch (qui aurait rabattu des votes de pays de l'Est) et une coalition « anti-Chirac » de la part des Premiers ministres britannique (Tony Blair) et italien (Silvio Berlusconi). Tentative d'assassinatIl est poignardé le 5 octobre 2002, pendant les festivités de la première Nuit Blanche en plein hôtel de ville. Son agresseur, Azedine Berkane, un marginal au chômage, aurait affirmé à la police qu'il haïssait les politiciens, le Parti socialiste et les homosexuels. La justice le déclarera irresponsable mentalement, et le fera interner en hôpital psychiatrique. Polémique avec le maire de RomeAprès une déclaration au théâtre de l'Odéon où Delanoë aurait affirmé qu'il aura difficilement des bonnes relations avec Gianni Alemanno (le maire de Rome) qui a été reçu au Capitole53 avec des saluts fascistes, Alemanno, élu de l'Alliance nationale, un parti qualifié de post-fasciste, réplique durement : « ce qu'a dit le maire de Paris à mon sujet est faux, offensif et intolérable » et « il ne faut pas inventer des faits qui n'existent pas ni interrompre les relations institutionnelles entre Rome et Paris qui sont liées par un jumelage très ancien ». Ce dernier a demandé l'intervention de l'ambassadeur d'Italie à Paris pour savoir ce qui s'est réellement dit au théâtre de l'Odéon54. Liste des fonctions et des mandatsFonctions politiques
Mandats nationauxMandat locaux
Autres
Distinctions
Ouvrages
Notes et références de l'article
Voir aussiBibliographie
Articles connexesLiens et documents externes
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