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Benito Mussolini

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« Mussolini » redirige? ici. Pour les autres significations, voir Mussolini (homonymie).
Benito Mussolini
Benito Mussolini

Benito Amilcare Andrea Mussolini dit Il Duce ?le chef? (né le 29 juillet 1883 à Dovia di Predappio dans la province de Forlì-Césène dans la région Émilie-Romagne en Italie, mort le 28 avril 1945 à Giulino di Mezzegra), est un journaliste et homme politique italien.

Fondateur du Fascisme, il est premier ministre du Royaume d'Italie avec des pouvoirs dictatoriaux du 31 octobre 1922 au 25 juillet 1943, premier maréchal d'empire du 30 mars 1938 au 25 juillet 1943 et président de la République sociale italienne de septembre 1943 à avril 1945.

Il est membre du Parti socialiste italien et directeur du quotidien socialiste Avanti! depuis 1912. Anti-interventionniste convaincu lors des années qui précèdent la première guerre mondiale, en 1914, il change d'opinion se déclarant favorable à l'entrée en guerre de l'Italie. Expulsé du PSI, il crée son propre journal Il Popolo d'Italia (Le peuple d'Italie) qui prend des positions nationalistes proches de la petite bourgeoisie. Dans l'immédiat après-guerre, profitant du mécontentement de la « victoire amputée », il crée le Parti national fasciste (PNF) en 1921 et il se présente au pays avec un programme politique nationaliste et autoritaire, anti-socialiste et anti-syndical ce qui lui vaut l'appui de la petite bourgeoisie et des classes moyennes industrielles et agraires.

Dans le contexte de forte instabilité politique et sociale qui suit la Grande Guerre, il vise la prise du pouvoir, en forçant la main aux institutions avec l'aide des actions de squadristi et l'intimidation qui culminent le 28 octobre 1922 avec la Marche sur Rome. Mussolini obtient la charge de constituer le gouvernement le 30 octobre 1922. En 1924, après la victoire contestée des élections et l'assassinat du député socialiste Giacomo Matteotti, Mussolini assume l'entière responsabilité de la situation et engage l'Italie dans la dictature.

Après 1935, il se rapproche du national-socialisme allemand d'Hitler, avec qui il établit le Pacte d'Acier (1939). Convaincu d'un conflit rapide, il entre dans la Seconde guerre mondiale au côté de l'Allemagne nazie. Après la défaite italienne et sa mise en minorité par le Grand conseil du fascisme le 24 juillet 1943, il est arrêté par ordre du Roi. Libéré par les Allemands, il instaure en Italie septentrionale la République sociale italienne. Le 25 avril 1945, alors qu'il tente de fuir en Suisse déguisé en soldat allemand, il est capturé par les partisans qui le fusillent avec sa maîtresse Clara Petacci.

Sommaire

[] La jeunesse, les premières activités politiques et la grande guerre

[] La naissance et l'origine du prénom

Fils du forgeron Alessandro Mussolini et de l'institutrice Rosa Maltoni, il naît le 29 juillet 1883 dans une petite maison à Varani dei Costa, un hameau de la commune de Dovia di Predappio dans la province de Forlì-Césène en Émilie-Romagne.

Le prénom de « Benito Amilcare Andrea » lui est donné par son père [1] socialiste à la limite de l' anarchisme désireux de rendre hommage à Benito Juarez héros de l'indépendance républicaine et ex-président du Mexique, d'Amilcare Cipriani patriote italien et socialiste et d'Andrea Costa premier député socialiste élu au parlement italien.

[] L'instruction

Le jeune Mussolini fréquente les deux premières classes élémentaires à Dovia puis à Predappio (1889-1891). Il entre au collège des salésiens de Faenza (1892-1894). C'est un élève turbulent, voire violent : il manque de peu le renvoi en 1893 lorsqu'il blesse un de ses camarades avec un couteau et il est expulsé pour une autre dispute. Il poursuit ses études au collège Carducci de Forlimpopoli où il obtient en septembre 1898 le diplôme technique inférieur.

C'est à Forlimpopoli, sous l'influence de son père que Mussolini se rapproche du militantisme socialiste et s'inscrit en 1900 au parti socialiste italien. Il finit ses études obtenant en 1901 le baccalauréat. Le 13 février 1902, il est nommé maitre suppléant à l'école élémentaire de Pieve Saliceto, hameau de Gualtieri.

Le 9 juin 1902, il termine l'année scolaire et pour fuir le service militaire il s'établit à Lausanne où il s'inscrit auprès du syndicat des maçons et des man?uvriers dont il devient le secrétaire et il publie son premier article sur L'avvenire del lavoratore (L'avenir du travailleur).

[] La Suisse

Jusqu'en novembre, il vit en Suisse, se déplaçant de ville en ville et occupant des emplois occasionnels. Il est expulsé deux fois, le 18 juin 1903, il est arrêté comme agitateur socialiste, maintenu en prison douze jours et expulsé le 30 juin, le 9 avril 1904 il est emprisonné pendant sept jours à Bellinzone à cause d'un faux permis de séjour. Il surmonte ses difficultés grâce à l'aide de socialistes et anarchistes du canton du Tessin. Au cours de ces années, il collabore comme journaliste à des périodiques locaux d'inspiration socialiste parmi lesquels le Proletario et il étudie à la faculté des sciences sociales de Lausanne, il semble avoir fréquenté les cours de Vilfredo Pareto. Il se range dans l'aile révolutionnaire du parti socialiste dirigée par Arturo Labriola et il envoie des articles au journal milanais l'Avangardia socialista. C'est au cours de cette période qu'il fait preuve de la plus grande affinité idéologique avec le syndicalisme révolutionnaire.

En 1904, il a une relation sentimentale avec l'activiste socialiste Angelica Balabanoff. Il discute avec le pasteur évangélique Alfredo Taglialatela sur le thème de l'existence de Dieu, les opinions exprimées par Mussolini seront recueillies par lui dans l'opuscule L'uomo e la divinità (L'homme et la divinité).

[] Le retour en Italie

En novembre 1904, en raison de l'amnistie accordée lors de la naissance de l'héritier du royaume, Mussolini revient en Italie alors qu'il est sous le coup d'une condamnation pour refus du service militaire. Il réalise son service militaire, affecté le 30 décembre 1904 au dixième régiment bersaglier de Vérone et il obtient une certificat de bonne conduite. Entre temps, sa mère décède le 19 janvier 1905. Libéré, Mussolini rentre à Dovia di Predappio le 4 septembre 1906 et il est maitre suppléant à Tolmezzo du 15 novembre jusqu'à la fin de l'année scolaire. En novembre 1907, il obtient l'habilitation pour l'enseignement du français et en mars 1908 il obtient la charge de professeur de français au collège de Oneglia où il enseigne aussi l'italien, l'histoire et la géographie. À Oneglia, il dirige l'hebdomadaire socialiste La lima sous le pseudonyme de « Vero Eretico » (vrai hérétique).

Il revient à Predappio où il dirige la grève des journaliers agricoles. Le 18 juillet 1908, il est arrêté pour menaces envers un dirigeant des organisations patronales. Jugé, il est condamné à trois mois de prison mais il est laissé en liberté provisoire. En septembre, il est de nouveau incarcéré pendant dix jours pour avoir tenu à Meldola une réunion non autorisée. En novembre, il s'installe à Forlì où il vit avec son père qui crée avec sa compagne Anna Lombardi (veuve de Guidi, mère de la future femme du duce) le restaurant Il bersagliere. Au cours de cette période, Mussolini écrit dans sur Pagine libere (Pages libres), revue du syndicalisme révolutionnaire éditée à Lugano et dirigée par Angelo Oliviero Olivetti, l'article La filosofia della forza (La philosophie de la force) où il fait référence à la pensée de Nietzsche.

En février 1909, il s'établit à Trente où il est secrétaire de la chambre du travail et il dirige L'avvenire del lavoratore (L'avenir du travailleur). Le 7 mars, il tient une joute journalistique avec Alcide De Gasperi d'orientation catholique, directeur du périodique Il Trentino. Le 10 septembre, il est emprisonné à Rovereto pour diffusion de journaux instigateurs de violences envers l'Empire d'Autriche et le 29 il est expulsé et retourne à Forlì.

[] Au parti socialiste

À partir de janvier 1910, il est secrétaire de la fédération socialiste livournaise et il dirige le périodique officiel L'idea socialista rebaptisé par Mussolini Lotta di classe.

En 1910, dans le journal de Trente de l'irrédentiste Cesare Battisti Il popolo, avec qui Mussolini avait collaboré en 1909, est publié son roman Claudia Particella, l'amante del cardinale Madruzzo contenant une satyre anti-cléricale.

Le 17 janvier, il commence à vivre avec Rachele Guidi, sa future femme. Il commence en outre à collaborer à la revue socialiste Soffitta. Le 23 août il participe au congrès socialiste de Milan.

Le 11 avril 1911, la section socialiste de Forlì emmené par Mussolini vote l'autonomie du PSI. En mai, il fait publier son essai Il trentino veduto da un socialista (Le trentino vu par un socialiste) sur le journal Quaderni della Voce.


Il est arrêté le 14 octobre, jugé et condamné (23 novembre) à un an de réclusion pour avoir participé le 25 septembre, avec son ami républicain Pietro Nenni, à une manifestation contre la guerre de l'Italie avec l'empire Ottoman pour la possession de la Cyrénaïque et de la Tripolitaine qui se termine par des affrontements violents avec la police. Mussolini définit l'aventure coloniale africaine du gouvernement de Giovanni Giolitti d'"acte de brigandage international". Le 19 février 1912, la cour d'appel de Bologne réduit la peine à cinq mois et demi et le 12 mars suivant, Mussolini est relâché. Le 8 juillet 1912,au congrès du PSI de Reggio d'Émilie, il présente une motion d'expulsion contre les réformistes Leonida Bissolati, Ivanoe Bonomi, Angiolo Cabrini et Guido Podrecca qui est acceptée, les quatre exclus donnèrent vie au Parti Socialiste Réformiste et il entre donc dans la direction nationale du parti. Il collabore à Folla, journal de Paolo Valera signant sous le pseudonyme de "L'homme qui cherche" [2]. Grâce aux évènements de 1912 et à sa qualité d'orateur, Mussolini monte au sommet de la scène politique nationale: en novembre 1912, il devient le membre principal de l'aile maximaliste du socialisme italien et directeur de l'Avanti!, quotidien officiel du Parti socialiste italien. En novembre 1913, il crée la revue Utopia.

Au congrès socialiste du PSI d'Ancône de 1914, il présente avec Giovanni Ziboldi une motion qui sera reçue par laquelle l'incompatibilité de la franc-maçonnerie et du socialisme est reconnue. Le 9 juin, il est élu conseiller municipal à Milan et il est un des acteurs de la Semaine Rouge.

Lors de la déclaration de la première guerre mondiale, il s'aligne sur les positions de l'Internationale socialiste se déclarant ouvertement opposé à l'intervention de l'Italie qui d'après lui, ne sert pas les intérêts des prolétaires italiens mais seulement ceux des entrepreneurs. À la fin de 1914, Mussolini démissionne de l'Avanti (20 octobre) et il est expulsé du PSI (29 novembre) suite à la publication (18 octobre) de l'article Dalla neutralità assoluta alla neutralità attiva ed operante (de la neutralité absolue à la neutralité active et agissante) dans lequel Mussolini lance un appel aux socialistes sur le danger d'une position de neutralité qui les condamnent à l'isolement politique. Il préconise désormais une politique militariste et est favorable à l'entrée en guerre de l'Italie en 1915 aux côtés de l'Entente.

Le 15 novembre 1914, il crée Il Popolo d'Italia (le peuple d'Italie) et en décembre, il prend part à Milan à la création des faisceaux d'action révolutionnaire, participant à leur premier congrès le 24 et le 25 janvier 1915.

[] Mussolini soldat

En août 1915, il est affecté au 11 bersaglier et le 2 septembre, il part pour le front dans les Alpes. Il tient un journal de guerre dans lequel il raconte sa vie dans les tranchées et il s'imagine comme un héros charismatique dans une communauté nationale guerrière et obéissante. Le 1er mars 1916, il est nommé caporal. Dans son fascicule militaire on peut lire : « Activité exemplaire, qualité de combattant, esprit de sérénité, volontaire, zélé, régularité dans la réalisation de ses devoirs » . Le 23 février 1917, il est blessé par l'explosion d'un mortier pendant un exercice et il est réformé. De retour du front, en décembre, il publie dans Il Popolo d'Italia l'article Trincerocrazia dans lequel il revendique pour les anciens combattants ayant connu les tranchées le droit de gouverner l'Italie après la fin de la guerre.

[] Le fascisme et la "révolution fasciste"

Mussolini crée les Faisceaux de combat, futur noyau de son Parti national fasciste, le 23 mars 1919 à Milan. À partir de cet instant sa vie est liée à l'évolution de son parti. Les faisceaux de combat sont un amalgame de syndicalistes révolutionnaires dont Benito Mussolini était lui-même proche et de nationalistes déçus par la non-satisfaction de certaines revendications territoriales à la fin de la guerre. Le 12 septembre 1919, Mussolini promeut devant le siège de Il Popolo d'Italia une souscription en faveur de l'entreprise de Fiume de Gabriele D'Annunzio après avoir rencontré ce dernier pour la première fois à Rome en juin. Le 7 octobre, il est à Fiume où il discute avec D'Annunzio, les rapports sont extrêmement fugaces en raison d'une réciproque méfiance et peut être rivalité.

Le 9 octobre, à Florence, le premier congrès des Faisceaux de combat se tient et aux élections politiques du 16 novembre, les fascistes, malgré les candidatures de Mussolini et de Filippo Tommaso Marinetti à Milan et dans la province de Milan ne recueillent que 4 795 voix. En outre, le 18 novembre, Mussolini est arrêté pour quelques heures pour détention d'armes et d'explosifs et il est relâché grâce à l'intervention du sénateur libéral Luigi Albertini qui deviendra quelques temps après un de ses principaux opposants. Le 24 et le 25 mai 1920, Mussolini participe au second congrès des Faisceaux de combat qui se tient au théâtre lyrique de Milan.

En juin, il se range au coté de Giolitti, avec lequel en octobre, il se rencontre pour la résolution de la question de Fiume. Le 12 novembre, avec l'article Rapallo, il commente assez favorablement le traité italo-yougoslave signé par Giolitti qui permet à Fiume de devenir une ville libre. Le 28 mars 1921, il défile avec les squadristi en chemise noire à l'occasion des funérailles des victimes[3] de l'attentat [4][5] anarchiste du théâtre Diana qui visait le commissaire de police Gasti. En témoignage du rapprochement entre Mussolini et Giolitti, le futur duce se présente comme allié du parti d'État à Mondovì aux élections du 15 mai 1921 sur la liste "blocs nationaux" anti-socialistes, il obtient 35 sièges et il est élu député.

[] Vers le pouvoir

À partir de ce succès, les chemises noires se rendent coupable de nombreux épisodes de violences et d'agressions physiques et verbales contre les adversaires politiques du fascisme, surtout contre les socialistes, les communistes et les syndicalistes qui organisent les grèves, il se font ainsi connaître et bien voir des milieux d'affaires et du patronat (Confindustria et Confagricoltura). Ce phénomène prend le nom de squadrismo (de squadre (escouades), les squadristi se constituent en milices et ils sont issues en grande partie des rangs des arditi, venant des troupes d'élite démobilisées en 1918, dont l'uniforme est la chemise noire ? qui deviendra un des symboles du fascisme. De 1919 à 1922, l'Italie est secouée par une grave crise sociale et économique.

Le 22 juillet 1921, Mussolinni invite les socialistes, dans un article du Il Popolo d'Italia a un pacte de réunification pour la cessation des violences squadristes, signé le 21 août grâce à la médiation du président de la Chambre Enrico De Nicola; la violence ne cesse pas parce que l'exécution de l'accord est laissée à la discrétion des ras [6] locaux.

À propos de l'autonomie dont bénéficient les groupes squadristi, Renzo De Felice rapporte que le futur duce entra en désaccord avec certains membres qui mettaient en doute son rôle de guide du mouvement et qui n'acceptaient pas la volonté mussolinienne de présenter celui-ci comme "normalisateur" de l'ordre public. Emblématique de ce point de vue, selon De Felice, lorsque Mussolini écrit « Le fascisme peut faire sans moi? mais moi aussi, je peux faire sans le fascisme. »

Les divergences sont surmontées et le 7 novembre se tient à Rome le troisième congrès des faisceaux de combat qui sont transformés en Parti national fasciste avec Michele Bianchi comme premier secrétaire.

Le 1er janvier 1922, Mussolini crée le mensuel Gerarchia dans lequel sa maitresse Margherita Sarfatti collabore.

En août 1922, la gauche lance une grève contre les violences des chemises noires qui interviennent provoquant l'échec du mouvement. Entre temps, entre le 3 août et le 5 septembre, les squadristi fascistes occupent les mairies d'Ancône, Milan, Gênes, Livourne, Parme, Bolzano, Trente, après de violents combats armés. Certaines villes résistent comme Parme.

Il s'agit du début de la "révolution fasciste" avec lequel Mussolini tente un ambitieux coup de main pour prendre possession du pouvoir. Le 24 octobre défilent à Naples 40 000 chemises noires affirmant le droit du Fascisme à gouverner l'Italie.

[] La marche sur Rome

Entre le 27 et le 31 octobre 1922, la "révolution fasciste" atteint son apogée avec la "marche sur Rome", opération des groupes de chemises noires provenant de différentes régions d'Italie et commandés par un "quadriumvirat" (Italo Balbo, Cesare Maria De Vecchi, Emilio De Bono et Michele Bianchi). Le nombre de personnes n'a jamais été établi avec précision, il oscille entre 30 000 et 100 000.

Mussolini ne prend pas part directement à la marche. La décision en est la crainte d'une intervention répressive de l'armée qui aurait provoqué l'échec de l'opération. Il reste à Milan en attendant le développement de l'opération et il se rend à Rome seulement plus tard quand il apprend le bon résultat de l'action. À Milan, le soir du 26 octobre, Mussolini affiche sa tranquillité auprès de l'opinion publique en assistant au Cigne de Molnàr au théâtre Manzoni. Au cours de ces jours, il traite directement avec le gouvernement de Rome sur les concessions que celui-ci est prêt à faire au fascisme et le futur duce nourrit des incertitudes sur le résultat de la man?uvre.

Le Roi, en raison de l'opposition de Mussolini à un compromis (le 28 octobre, il refuse le ministère des affaires étrangères) et en raison du soutien dont bénéficie le fascisme auprès des officiers supérieurs et des industriels qui voient en Mussolini l'homme fort qui peut ramener l'ordre dans le pays en "normalisant" la situation sociale italienne, ne proclame pas l'état de siège proposé par le président du conseil Luigi Facta et donne au contraire la charge à Mussolini d'un nouveau gouvernement de coalition (29 octobre).

[] Mussolini président du Conseil

Le 16 novembre Mussolini se présente à la Chambre et obtient la confiance avec 316 voix en sa faveur, 116 contres et sept abstentions et il tient son premier discours comme président du Conseil dans lequel il déclare :

« Je me suis refusé de remporter une victoire éclatante, et je pouvais remporter une victoire éclatante. Je me suis imposé des limites. Je me suis dit que la meilleure sagesse est celle qui ne s'abandonne pas après la victoire. Avec trois cent mille jeunes armés, décidés à tout et presque mystiquement prêts à un de mes ordres, moi, je pouvais punir tous ceux qui ont diffamé ou tenté de salir le fascisme. Je pouvais faire de cette salle sourde et grise un bivouac de pantins: je pouvais barrer le Parlement et constituer un gouvernement exclusivement de fascistes. Je pouvais : mais je n'ai pas, au moins dans ce premier temps, voulu. »

Le 24 novembre 1922, il obtient les pleins pouvoirs en matière économique et administrative jusqu'au 31 décembre 1923 afin de rétablir l'ordre. Le 15 décembre 1923, le Grand conseil du fascisme se réunit pour la première fois. Le 14 janvier 1923, les chemises noires sont institutionnalisées par la création de la Milice Volontaire pour la Sécurité Nationale. Le 9 juin, il présente la nouvelle loi Acerbo en matière électorale, approuvée le 21 juillet. Toujours en juillet, grâce à l'appui britannique, à la conférence de Lausanne, la présence italienne en Dodécanèse, occupée depuis 1912 est reconnue.

Le 28 août, le carnage de Ioannina se vérifie : l'expédition militaire Tellini, dont l'objectif est de définir la frontière entre la Grèce et l'Albanie est massacrée. Mussolini envoie un ultimatum à la Grèce pour demander réparation et suite au refus du gouvernement grec, la marine italienne reçoit l'ordre d'occuper Corfou. Avec cette action le nouveau président du Conseil démontre vouloir poursuivre une politique extérieure forte et il obtient, grâce à la Société des nations les réparations demandées après l'abandon de l'île occupée.

Le 19 décembre, il préside à la signature de l'accord entre la Confindustria et la Confédération des Corporations fascistes. Le décret royal du 30 décembre 1923 numéro 284 établit la création des agences communales d'assistance (ECA) avec pour objectif la « coordination de toutes les activités, publiques et privées, destinées au secours des indigents, et promouvant l'éducation, l'instruction et l'accès aux métiers et aux arts». Ceux ci seront unifiés dans deux agences territoriales au sein de l'assistance sanitaire et matériel des pauvres et de l'enfance abandonné par le décret royale du 31 mars 1933 numéro 383.

Le 27 janvier 1924, le traité de Rome entre L'Italie et la Yougoslavie est signé dans lequel celle-ci reconnait l'"italianité" de Fiume annexé le 16 février. Le Roi confère à Mussolini le collier de l'Ordre Suprème de la très Sainte Annunziata. À partir du 7 février, le gouvernement italien établit des rapports diplomatiques avec l'URSS. Un accord avec le Royaume-Uni permet à l'Italie d'acquérir l'autre rive du fleuve Jubba, région qui est annexée à la Somalie italienne.

Aux élections du 6 avril 1924, la liste nationale (désignée comme "Listone") obtient 60,1% des voix et 356 députés et à ceux-ci s'ajoutent 4,8% de voix et 19 sièges correspondant à la "liste bis". Les deux listes gouvernementales recueillent au total 64,9% des votes élisant 375 parlementaires dont 275 inscrit au parti national fasciste. Dans le "Listone" est entrée la majorité des membres libéraux et démocrates parmi lesquels Vittorio Emanuele Orlando, Antonio Salandra et Enrico De Nicola qui retire sa candidature peu avant les élections, et de nombreuses personnalités de la droite italienne.

Le consultations se déroulent dans un climat de violence et d'intimidation, et les abus perpétrés par les fascistes sont dénoncés le 10 mai par le député socialiste Giacomo Matteotti qui par un discours virulent à la chambre demande d'annuler les résultats des élections.

Le 11 juin 1924, Matteotti est enlevé et assassiné par des squadristi fascistes. L'évènement provoque la "sécession sur l'Aventin" , c'est-à-dire le départ des députés d'opposition du parlement pour protester contre l'assassinat. Tout cela n'affecte pas le pouvoir de Mussolini car n'est suivi d'aucune action politique concrète. Fort de l'indécision des opposants, le 3 juin 1925, le Duce tient un discours au parlement dans lequel l'équilibre effectif des forces présentes dans le pays devient manifeste: afin de démontrer sa propre force, il déclare assumer « toutes les responsabilités historiques, politiques et morales » de l'assassinat. Le discours du 3 juin 1925 est considéré comme le début du régime fasciste dictatorial.

[] Une série d?attentats

Après être devenu chef du gouvernement, Mussolini est l?objet d?une série d?attentats. Le premier est conçu, le 4 novembre 1925, par le député socialiste et adhérent à la chambre maçonnique Tito Zaniboni, mais l'OVRA[7] écarte la menace.

Le 7 avril 1926 Violet Gibson, une irlandaise présentée comme déséquilibrée tire un coup de feu en direction de Mussolini, le manquant de peu.

Le 11 septembre 1926 l'anarchiste Gino Lucetti lance un engin explosif vers la voiture du premier ministre. La bombe rebondit sur la portière de la voiture et explose dans la rue blessant huit personnes.

La soir du 31 octobre 1926 à Bologne, pendant la commémoration de la marche sur Rome, Anteo Zamboni âgé de 15 ans tire un coup de pistolet vers le chef du gouvernement, effleurant la poitrine. Identifié par les fascistes, il est lynché sur place par les chemises noires de Leandro Arpinati. Selon certaines récentes recherches, l?attentat aurait été le résultat d?une conspiration des fascistes opposés à la «normalisation» mise en ?uvre par Mussolini, hostile aux excès révolutionnaires et au pouvoir des formations squadristi.

Mussolini échappe à d?autres attentats en 1931 et en 1932, respectivement de la part des anarchistes Michele Schirru et Angelo Pellegrino Sbardellotto, qui sont condamnés à la peine de mort pour avoir comploté contre le chef du gouvernement.

[] Mussolini premier ministre: la dictature fasciste

Mussolini discourant.
Mussolini discourant.

Avec la loi du 17 avril 1925 n.473 sont établies les nouvelles normes d?hygiène pour les entreprises et l?obligation de pourvoir au service sanitaire dans l?établissement, de ne pas faire porter des poids excessifs par les femmes et les enfants et signaler et surveiller les substances nocives. Les conventions collectives du travail ont force de loi et les «patrons» peuvent utiliser des contrats individuels différents des conventions collectives seulement si les conditions sont meilleures pour les travailleurs. L?application de ces règles est surveillée par un inspecteur corporatiste.

Par le décret royal du 1er mai n.582 naît l'?uvre nationale du temps libre (Opera Nazionale Dopolavoro - OND) avec l?objectif de "promouvoir le sain et profitable emploi du temps libre des travailleurs intellectuels et manuels pour développer leur capacité physique, intellectuelle et morale ". L'organisme promeut, au coté des autres organismes concernés, la lutte contre l?alcoolisme et la «bataille contre la malaria», il organise des concerts publiques, des représentations théâtrales populaires et des colonies de vacances à la mer et à la montagne pour les enfants de familles nécessiteuses.

Le 11 juin 1925, le Président du Conseil annonce la bataille du grain. La campagne a pour objectif d'atteindre l?autosuffisance de l?Italie envers l?étranger en ce qui concerne la production des produits agricoles et particulièrement du blé dont l?importation est à l?origine à 50% du déficit de la balance des paiements. Le programme qui se termine en 1931 n?a pas le succès escompté, l?objectif n?étant pas atteint. Le projet est réalisé surtout grâce à la bonification, entre 1928 et 1932 des terres paludéennes présentes dans la péninsule italienne parmi lesquelles les Marais Pontins. La bonification permet la mise en ?uvre d?un programme sanitaire qui permet de vaincre la malaria ainsi que l?obtention de résultats significatifs contre la tuberculose, la variole et la rage. De nouvelles communes naissent souvent appelées de la destination économique qui justifie leur création par exemple Carbonia pour l?exploitation des gisements de charbon.

Le 21 juin 1925 a lieu le quatrième et dernier congrès du PNF. Mussolini invite les chemises noires à abandonner définitivement la violence. Par la réforme du système policier renforçant ainsi le pouvoir exécutif, à la fin de l?année 1925, les éléments squadristi sont rendus inopérants[réf. nécessaire]. Le 18 juillet, l?Italie et la Yougoslavie signent le traité de Neptune qui définit les respectives frontières de la zone dalmatienne.

Le 30 août, l?arme de l?aéronautique est créée.

Le 20 octobre Mussolini nomme Cesare Mori préfet de Palerme, avec des pouvoirs extraordinaires et des compétences étendues à toute le Sicile, afin de freiner le phénomène mafieux dans l?île. Le «préfet de fer» obtient des résultats significatifs et son action continue pendant les années 1926-1927. Rapidement, les enquêtes montrent des rapports entre la mafia et les hommes d?État, ainsi Mori est rappelé à Rome par Mussolini et nommé sénateur le 16 juin 1929, alors que la propagande déclare orgueilleusement que la mafia a été vaincue.

Entre 1925 et 1926, les lois fascistissime inspirées par le juriste Alfredo Rocco sont approuvées.

La loi du 26 novembre 1925, n. 2029, oblige les organismes collectifs ?uvrant en Italie, associations, instituts, sur demande de l?autorité publique de sécurité (autorità di pubblica sicurezza), à déclarer leurs statuts, leurs actes collectifs, leurs règlements intérieurs et la liste des associés et des dirigeants sous peine, en cas de déclaration omise ou incorrecte, de dissolution, de sanctions pénales avec emprisonnement d?une durée indéterminée et de sanctions financières de 2 000 à 30 000 lires. De cette manière, le gouvernement dispose d?une cartographie du type et du nombre d?associations non gouvernementales présentes sur le sol italien.

La loi du 24 décembre 1925, n. 2300, établie que tous les fonctionnaires qui refusent de jurer fidélité à l?état italien seront destitués.

La loi du 24 décembre 1925, n. 2263, prévoit que le titre «président du conseil» est transformé en «chef du gouvernement, premier ministre et secrétaire d?état»; le «chef du gouvernement » est nommé et révoqué seulement par le roi et il n?est responsable qu?envers lui. Les ministres deviennent responsables aussi bien envers le roi qu?envers Mussolini.

La loi sur la presse du 31 décembre 1925 indique que les journaux ne peuvent être dirigés, écris et imprimés seulement s'ils ont un responsable accrédité par le préfet et donc indirectement par Mussolini.

La loi du 31 janvier 1926, n. 100, attribue à Mussolini, en sa qualité de chef du gouvernement, la possibilité de promulguer des règles juridiques.

Avec la loi du 4 février, n. 237, les conseillers municipaux et les maires sont supprimés et remplacer par des podestà nommé par décret royal, qui exerce les fonctions de maire et du conseil municipal.

Le 3 avril 1926 le droit de grève est supprimé et il est établi que les conventions collectives ne peuvent être négociées que par les syndicats légalement reconnus par l?état; pour cela, le 8 juillet 1926, le ministère des corporations est créé et Mussolini en assume la direction.

Dans le même temps, Mussolini impose à l?Albanie de Ahmet Zogu une forme non officielle de protectorat. De plus, l'Italie adhère au Pacte de Locarno qui garantit les frontières et la sécurité. En avril 1926, dans un discours à Tripoli, Mussolini avance l?idée d?une mer mare nostrum, avec une thalassocratie italienne sur la Méditerranée, et oppose pour la première fois fascisme et démocratie. Toujours en 1926, les frontières de la Libye sont redéfinies en faveur de l?Italie qui acquièrt ainsi le Fezzan.

Toujours le 3 avril L'Opera Nazionale Balilla ("ONB") est créée, avec l?objectif de «réorganiser la jeunesse d?un point de vue moral et physique», ainsi qu?à l?éducation spirituelle et culturelle et à l?instruction pré-militaire, des jeunes italiens de 8 à 18 ans. En 1927, toutes les autres organisations sont dissoutes par décret à l?exception de la jeunesse italienne catholique ( Gioventù Italiana Cattolica). En 1937, l? ONB sera remplacé par la Gioventù Italiana del Littorio ("GIL").

Le 18 août, le duce tient à Pesaro un discours dans lequel il proclame que pour combattre la dévaluation, le taux de change lire-sterling est fixé à la fatidique «côte 90», objectif qui sera atteint avec de grandes difficultés.

Le 8 octobre le Grand Conseil promulgue un nouveau statut du PNF par lequel sont abolies les élections internes des membres du parti. Le 12 octobre Mussolini assume la direction de la MVSN.

Le 5 novembre 1926 tous les partis hors du PNF sont dissouts et la presse est placée sous le contrôle de la censure. La peine de mort[8] et le confinement policier sont introduits [9] pour les attentats perpétrés ou organisés à l?encontre des principaux personnages de l?état [10] et le tribunal spécial pour la sécurité de l?État (Tribunale Speciale per la sicurezza dello Stato) est créé.

Le 30 décembre le fascio est déclaré symbole de l?état.

Le 15 janvier 1927 Winston Churchill, alors Chancelier de l'Échiquier, est reçu à Rome par Mussolini. Entre temps, Mussolini lance la campagne de soutien de la croissance démographique: les célibataires doivent payer une taxe spéciale et à l?occasion des mariages, l?état offre une prime de mariage aux époux et s?ils prévoient des prêts, des facilités économiques leur sont accordées ainsi que des exemptions de taxes pour les familles nombreuses. Les Gruppi Universitari Fascisti ("GUF") sont créés, pour la formation de la future classe dirigeante.

Toujours en 1927, le Comité olympique national italien ("CONI") est créé avec l?objectif d?améliorer la compétitivité, précédemment la gestion de l?activité sportive était confiée à l?initiative privée.

Le 21 avril le Grand Conseil crée la carte du travail. Le 5 juin, s'adressant au sénat, Mussolini affirme la ligne du révisionnisme en matière de politique étrangère, déclarant que les traités signés après la première guerre mondiale sont valides mais qu?ils ne sont pas considérés éternels et immuables.

Avec la loi du 9 décembre 1928, n. 2693, le Grand conseil du fascisme est institutionnalisé comme l?organisme principal du PNF, présidé en personne par la duce qui est reconnu comme organisme constitutionnel suprême de l?état.

Le 15 janvier 1928 l'agence italienne des diffusions radiophoniques (Ente Italiano Audizioni Radiofoniche - EIA) est créée et est seule compétente pour la gestion publique du service radiophonique sur le territoire national. En 1944, elle sera rebaptisée RAI ("Radio Audizioni Italiane").

Le 14 mars, Mussolini présente à la chambre un projet de loi de réforme qui sera approuvé dans lequel il propose la réduction à 400 le nombre de députés lesquels seront élus dans un unique collège national; la confédération nationale des syndicats fascistes et les associations culturelles habilitées ont la charge de présenter les candidatures.

Le 11 février 1929, Mussolini propose de mettre fin à la question romaine en signant avec le cardinal Pietro Gasparri les accords du Latran, ratifiés par la chambre en mai.

Les élections du 24 mars 1929 pour le renouvèlement de la chambre des députés, se transforme en plébiscite en faveur de Mussolini. Les électeurs sont appelés à voter "sì" ou "no" pour approuver un "listone" de députés fixé par le Grand conseil du fascisme. La consultation se tient dans un climat d?intimidation; la carte pour le oui est tricolore, celle pour le non simplement blanche rendant identifiable le vote exprimé. La participation du vote est de 90% et les votes favorables au "listone" atteignent 98,4%.

Le 2 avril, le duce rencontre le ministre des affaires extérieures anglais Neville Chamberlain . Vers la fin de l?année, le siège du gouvernement est transféré du palazzo Chigi au palazzo Venezia.

En 1930, l'Italie signe un traité d?amitié avec l?Autriche. En janvier 1931, Mussolini, dans une interview au Daily Mail, affirme la nécessité d?une révision du traité de paix de la grande guerre. Le 9 juillet il reçoit le secrétaire d?état américain Henry Lewis Stimson, et en octobre il accueille le Mahatma Gandhi au palais Venezia. Entre le 23 mars et le 4 avril 1932, le duce rencontre plusieurs fois Emil Ludwig qui écrira Colloqui con Mussolini. Durant cette période, il s?éloigne de sa maîtresse Margherita Sarfatti en raison de sa liaison avec Clara Petacci.

Le 12 avril au salon international de l?automobile de Milan est présentée la nouvelle FIAT Balilla, qui, dans les intentions de Mussolini, doit être l?automobile de tous les italiens; à partir de cette année, l'attribution des voitures se fait par préférence et n?atteindra jamais les résultats espérés (Adolf Hitler adoptera la même initiative avec la Volkswagen). Le 23 octobre Mussolini participe aux célébrations de la Fiat avec Giovanni Agnelli et Vittorio Valletta.

En juin, sur l'encyclopédie Treccani, un article Fascismo signé par Mussolini et écrit en collaboration avec Giovanni Gentile est publié ; on y trouve l'explication de la doctrine propre au parti fasciste. A l?occasion du dixième anniversaire de la révolution fasciste, la Via dell'Impero est inaugurée et les inscriptions au PNF sont réouvertes après leurs fermetures de 1928. Le 18 décembre Mussolini inaugure Littoria la première ville neuve construite dans les marais Pontins.

Le 29 mars 1933 Mussolini rencontre à Rome le ministre allemand de la propagande Joseph Goebbels. Sur l'initiative de Mussolini, le 7 juin, le Pacte à quatre est signé à Rome par l?Italie, la France, le Royaume-Uni et l?Allemagne, les états qui assument la responsabilité de la paix et de l?organisation de l?Europe dans le respect des principes et des procédures prévues par le statut de la Société des nations.

Toujours en 1933 l'Institut nationale fasciste de la prévoyance sociale (INFPS) est créé, qui prendra en 1943 le nom de INPS, une agence de droit public doté d?une gestion autonome avec l?objectif de garantir la prévoyance sociale aux travailleurs. C'est le premier vrai système italien de pension qui est créé: l'INFPS a , à sa charge, l?assurance obligatoire étendue des employés publics à ceux du privé. La même année, les caisses d?accidents du travail dont dépendent les travailleurs, et dont les cotisations sont obligatoires dans certains secteurs depuis 1919, sont unifiés dans l'institut national fasciste pour l?assurance contre les accidents du travail (Istituto Nazionale Fascista per l'Assicurazione contro gli Infortuni sul Lavoro - INFAI), rebaptisé INAIL en 1943.

Le 5 février 1934 sont instituées les 22 corporations. Le 14 mars Mussolini rencontre à Rome le chancelier autrichien Dollfuss et le chef du gouvernement hongrois Gyula Gombos pour discuter d?une révision de l?organisation territoriales dans les Balkans. Le 17 mars un pacte à trois, anti-allemand et anti-français, est conclut avec la Hongrie et l?Autriche (Protocole de Rome).

Les élections du 25 mars 1934 pour le renouvèlement de la chambre des députés, - tenues suivant le schéma du "listone" unique déjà adopté en 1924, avec carte tricolore pour le oui et blanche pour le non ? se transforme en un nouveau plébiscite : le nombre de participants augmente et les votes négatifs atteignent 15 201 voix soit 0,15% des votants.

Les loi du 22 mars 1934 n.654 et du 26 avril 1934 n.653 pour le travail des femmes et des enfants donnent le droit à la conservation du poste de travail pour les travailleuses enceintes, une période d?arrêt avant et après l?accouchement et les permissions obligatoires pour l?allaitement (pour les entreprises de plus de 50 ouvrières, il y a l?obligation de disposer d?un local adapté à cet usage).

La loi 24 décembre 1934 n.2316 établie la création de l?'ONMI ("?uvre nationale pour la protection de la maternité et de l?enfance (Opera Nazionale per la Protezione della Maternità e dell'Infanzi); l'agence peut financer des institutions privées travaillant dans le même champ d'activité. En 1935, il y a l?instauration du samedi fasciste.

Le 14 et le 15 juin Mussolini et Hitler se rencontrent à Stra et Venise, les réunions concernent essentiellement la question autrichienne, le chancelier allemand envisage l?annexion de l?Autriche. Les rapports entre les deux dirigeants restent tendus : le 25 juillet, suite à l?échec du coup d?état en Autriche par lequel l?Allemagne national socialiste espère annexer le pays (Dollfuss est assassiné), Mussolini envoie deux divisions au Brennero (retirées le 16 août) pour défendre l?indépendance autrichienne[11]. La situation se résout lorsque Hitler abandonne la partie.

Le 21 août Mussolini rencontre Kurt von Schuschnigg, successeur de Dollfuss.

Le 6 septembre, à Bari, il prend position sur la politique extérieure du national socialisme et la doctrine raciste hitlérienne, proclamant que «trente siècles d?histoire nous permettent de regarder avec une souveraine pitié certaines doctrines venues de l?autre coté des Alpes».

[] La guerre d'Éthiopie et le rapprochement avec l'Allemagne national-socialiste

« L'Italie a finalement son empire »
    ? lors de la constitution de l'Afrique Orientale italienne

Le 5 décembre 1934, il se produit un incident près de Ual Ual, localité entre la Somalie italienne et l'Éthiopie: 1 500 soldats éthiopiens agressent un poste frontière italien composé de 200 militaires. Mussolini demande des excuses officielles en plus du paiement d'une indemnité de la part du gouvernement éthiopien, conformément à ce qui est prévu dans un traité signé en 1928 entre l'Italie et l'Éthiopie, cependant le Negus Haile Selassie a la possibilité en vertu du même accord de faire appel à la Société des nations (SDN) (2 janvier). Pour faire la lumière sur l'évènement, celle-ci s'affaire dans l'arbitrage, temporisant: Les rapports italo-éthiopiens sont irrémédiablement compromis et Mussolini fait référence à cet épisode pour déclarer la guerre. Des franchissements de frontière de troupes abyssiniennes se sont déjà produits, par exemple, le 14 novembre 1934, quand le consulat italien à Gondar s'est fait attaquer par un groupe armé éthiopien. La tension italo-éthiopienne est du au dessein italien d'unifier territorialement l'Érythrée et la Somalie et le désir éthiopien de conquérir un débouché sur la mer.

Entre le 4 et le 7 janvier 1937, Mussolini rencontre à Rome le ministre français des affaires étrangères Pierre Laval: des accords en vertu de quoi la France cède à l'Italie la Somalie française (actuellement Djibouti) sont signés ainsi que la reconnaissance de la minorité italienne présente en Tunisie (qui avait été l'objet de revendications de la part de l'Italie) et à appuyer diplomatiquement l'Italie en cas de guerre contre l'Éthiopie [12]. Laval espère ainsi rapprocher Mussolini de la France afin de donner naissance à une alliance anti-nazie.

Le 16 janvier Mussolini prend la direction du ministère des colonies. Le 19 janvier, la SDN reconnait la « bonne foi » de l'Italie et de l'Éthiopie dans l'incident de Ual Ual et décide que le cas doit être traité par les deux parties, le 17 mars, les abyssiniens présentent un nouveau recours, faisant appel à l'article XV de l'organisation.

Lors de la conférence de Stresa qui se déroule du 11 au 14 avril, l'Italie, le Royaume-Uni et la France condamnent conjointement les violations allemandes du traité de Versailles.

Le 8 juin à Cagliari, Mussolini revendique le droit de l'Italie à avoir sa propre politique coloniale ce qui indispose la Grande Bretagne. Le 18 septembre, dans un article publié dans le Morning Post, Mussolini garantit que les intérêts français et anglais en Afrique orientale ne seront pas touchés.

Le 2 octobre, il annonce la déclaration de guerre à l'Éthiopie du balcon du palais Venezia. En attaquant ce pays, membre de la SDN, Mussolini viole l'article XVI de l'organisation: « si un membre de la ligue recourt à la guerre, enfreignant ce qui est indiqué dans les articles XII, XIII et XV, il sera jugé ipso facto comme s'il avait commis un acte de guerre contre tous les membres de la ligue, qui, ici prennent l'engagement de le soumettre à la rupture immédiate de toutes les relations commerciales et financières, à l'interdiction des relations entre les citoyens et ceux de la nation qui enfreint le pacte, à l'abstention de toutes relations financières, commerciales et personnelles entre les citoyens de la nation violatrice du pacte et les citoyens de n'importe quel autre pays, membre de la ligue ou non».

Entre temps, il inaugure dans les marais Pontins les nouvelles villes de Guidonia (27 avril) et Pontinia (13 novembre).

Le 18 novembre l'Italie est frappée par les sanctions économiques de la SDN que 52 états approuvent, l'Autriche, la Hongrie et l'Albanie votent contre, en riposte l'Italie met en ?uvre des programmes économiques autarciques. Les sanctions se montrent en fait inefficaces, parce que de nombreux pays les ayant voté officiellement maintiennent de bons rapports avec l'Italie l'approvisionnant en matières premières. L'Allemagne nazie est un de ceux-ci et la guerre d'Éthiopie est le point de départ du rapprochement entre Mussolini et Hitler.



[] La conduite du conflit et les crimes de guerre commis sur ordre de Mussolini

Carte d'Éthiopie
Carte d'Éthiopie

La défaite subie par les troupes italiennes à Adoua est toujours en mémoire et conscient des forces et des armements à disposition des abyssiniens fournis depuis des années, notamment par l'Allemagne, Mussolini suit en personne les préparatifs ainsi que le déroulement des opérations militaires qui en seulement sept mois conduisent à la destruction des forces armées du dernier état indépendant d'Afrique, l'antique empire éthiopien[13].

Pour s'assurer d'une rapide victoire, Mussolini, examinant les demandes des état-majors militaires, triple les moyens en homme: en mai 1936, presque un demi million d'hommes est engagé sur le théâtre des opérations dont 87 000 askari, 492 tankettes, 18 932 véhicules et 350 avions. Dans l'arsenal à disposition des italiens, il y a aussi des armes chimiques et bactériologiques interdites par la convention de Genève et débarquées en grand secret à Massaoua: 60 000 grenades à l'arsine pour l'artillerie, 1 000 tonnes de bombes à ypérite pour l'aéronautique et 270 tonnes de produits chimiques agressifs pour l'emploi tactique [14].

Dès le début des opérations, le 3 octobre, Mussolini prend la direction des opérations et envoie presque quotidiennement des ordres radiotélégraphiés à ses généraux présents sur le champ de bataille (Rodolfo Graziani sur le front Sud, Emilio De Bono puis Pietro Badoglio sur celui Nord). Parmi ses ordres, ceux relatifs à l'emploi des armes chimiques[15][16].

Le premier ordre qui concerne l'emploie des armes chimiques arrive de Mussolini à Graziani: le 27 octobre 1935, Graziani prépare l'assaut de la place forte de Gorrahei, les six tonnes de grenades conventionnelles sont insuffisantes pour avoir raison des défenseurs, le 29, Graziani demande à Mussolini l'autorisation d'utiliser des armes chimiques pour des "opérations défensives" et il l'obtient rapidement avec le mandat d'exterminer l'entière formation ennemie[17].

Dans la même période, entre le 22 décembre 1935 et les premiers jours de 1936, sur le font nord, Badoglio reçoit l'ordre d'employer les bombes chimiques contre les abyssiniens passés à l'offensive dans le Sciré. L'ordre, déjà en cours d'exécution, soumet les civils, le bétail et les récoltes à une importante pluie de gaz, le bombardement est suspendu pour des raisons politiques en vue d'une réunion de la SDN prévue à Genève le 5 janvier mais Badoglio l'ignore et poursuit les bombardements chimiques jusqu'au 7 puis de nouveau les 12 et 18 janvier[18]..

Le 9 janvier, Mussolini autorise la guerre totale avec ces paroles:

« J'autorise Votre Excellence à employer tous les moyens de guerre, je dis tous, qu'ils soient aériens comme de terre. Décision maximum.  »
    ? Télégramme secret de Mussolini à Pietro Badoglio [19]

Les bombardements chimiques d'artillerie et par avions se poursuivent aussi bien sur le font Nord (jusqu'au 29 mars 1936) que sur le font Sud (jusqu'au 27 avril), employant un total de 350 tonnes d'armes chimiques. Dans ce contexte, fin janvier, malgré l'emploi massif d'armes chimiques, les armées italiennes du front Nord sont en graves difficultés (harcelé par les troupes du ras Cassa, Badoglio est sur le point d'ordonner l'évacuation de Mékélé) , Mussolini n'hésite pas à proposer à son général l'emploi d'armes bactériologiques. Badoglio exprime sa nette divergence d'opinion mettant en évidence auprès de Mussolini les réactions internationales que ce choix provoquerait et sa propre crainte sur les conséquences incontrôlables d'une arme jamais essayée jusque là: Le duce reçoit ces observations et le 20 février retire sa proposition[20].

L'utilisation des armes chimiques dont Mussolini est directement et pleinement responsable est cachée à l'opinion publique italienne et le duce ordonne le démenti lorsque leur emploi est évoqué dans la presse internationale[21]. La conduite d'une vraie politique d'extermination envers les éthiopiens ne se limite pas à l'emploi des armes chimiques mais est conduit avec d'autres moyens, comme l'ordre de ne pas respecter les marquages de la Croix rouge ennemie ce qui conduit à la destruction d'au moins 17 hôpitaux (dont un suédois) et installations médicales abyssiniennes ou par l'emploi de troupes askari (libyens de religion musulmane) contre les armées et la population christiano-copte abyssinien. Les troupes libyennes se rendent coupables de massacres envers les civils et les prisonniers au point que le général Guglielmo Nasi instaure une prime de cent lires pour tout prisonnier vivant qui lui est confié[22].

Les crimes envers les rebelles, la population et les moines abyssiniens dans les sanctuaires christano-coptes (ils sont tués par centaine à Debra Libanos et ailleurs) se poursuivent même lorsque la guerre est finie et au moins jusqu'en 1940.[23]

[] La victoire en Éthiopie, l'apogée de Mussolini et du fascisme

Victor-Emmanuel III
Victor-Emmanuel III


Le 7 mai 1936 Mussolini reçoit de Victor-Emmanuel III la Grande Croix de l?Ordre Militaire de Savoie. Le souverain, par l?attribution de la plus haute décoration militaire du royaume, reconnaît l'implication de Mussolini: «Ministre des Forces armées, il prépara, conduisit et gagna la plus grande guerre coloniale dont l?histoire se souvienne».

Le 9 mai, toujours du balcon du Palais Venezia, il annonce la fin de la guerre d?Éthiopie et proclame la naissance de l?empire, le roi d?Italie prend le titre d?empereur d?Éthiopie. La campagne abyssinienne représente le moment du plus fort consensus du peuple italien envers le fascisme. Mussolini impose, pour indiquer la date sur les documents officiels et sur les journaux, qu?il faut écrire l?année en commençant le 28 octobre 1922 (une telle mesure est déjà utilisée depuis le 31 décembre 1926) accompagnée de celle de la fondation de l?empire (par exemple,1936 est indiqué comme «année1936, XIV de l'ère Fasciste, I de l?Empire»).

Le 4 juillet, la SDN décrète la fin de l?application de l?article XVI et les sanctions cessent le 15 (l?unique pays qui s?y oppose est l?Afrique du Sud); Mussolini obtient le titre de maréchal d?Italie le 30 mars 1938.

Le 9 juin, il confie à son gendre Galeazzo Ciano le ministère des affaires étrangères.

Le 24 juillet 1936 Il se met d?accord avec Hitler pour l?envoi de contingents militaires en Espagne en soutien à Franco dont le coup d?état du 18 juillet a déclenché la guerre civile espagnole. Le fils de Mussolini Bruno participe à la guerre comme chef d?une escadrille aérienne. Le 1er novembre, il annonce dans un discours la création (signé le 24 octobre) de l'Axe Rome-Berlin (il ne s?agit pas encore d?une vrai alliance militaire qui sera scellé seulement avec le pacte d?acier).

Ailleurs en Europe, d'autres partis fascisants voient le jour, notamment le Parti populaire français de Jacques Doriot en 1936. En 1937 Mussolini obtient un Doctorat Honoris Causa décerné par l'Université de Lausanne.

Le 2 janvier 1937 le gentlemen's agreement est signé entre l?Italie et le Royaume-Uni par lequel sont définis les droits d?entrée et de sortie de la Méditerranée et il se décide d?éviter de le «statu quo relatif à la souveraineté nationales des territoires du bassin méditerranéen» y compris l?Espagne. Cet accord est confirmé par la Pacte de Pasqua du 16 avril 1938.

Le 20 mars, dans l?oasis de Bugàra près de Tripoli, Mussolini reçoit du chef berbère Yusuf Kerbisc, l?"épée de l?islam", symbole de l?approbation d?une partie de la société libyenne envers le régime mussolinien.

Le 21 avril il inaugure Cinecittà, conçut comme le siège de l?industrie cinématographique italienne, largement financée par le gouvernement (le premier péplum Scipion l'Africain date de 1937).

Le 22 avril, il rencontre à Venise le chancelier autrichien Schuschnigg et se déclare opposé à l?Anschluss de l?Autriche avec l?Allemagne. Toujours en avril, il rencontre le ministre allemand de l?aéronautique Hermann Göring et le ministre des affaires étrangères Von Neurath.

Le 25 et le 29 septembre, il rencontre Hitler, d?abord à Munich puis à Berlin. Le 6 novembre l'Italie adhère au pacte anti-soviétique, dont l?Allemagne et le Japon sont déjà signataires.

Le 3 décembre 1937 il signe un traité d?amitié, de commerce à Bangkok avec le Siam, l?actuelle Thaïlande. Le 11 décembre, il annonce la sortie de l?Italie de la Société des nations. Il accueille du 3 au 9 mai 1938 Hitler, lequel est en visite en Italie. Grâce à la médiation mussolinienne, face à l?éventualité d?un conflit entre le bloc anglo-français et l?Allemagne, le 29 septembre se tient la conférence de Munich. A celle-ci sont présents Mussolini, Hitler, Daladier per la France et Chamberlain pour la Grande Bretagne: la légitimité sur la politique en Tchécoslovaquie est reconnue à l?Allemagne. Mussolini est fêté comme «le sauveur de la paix».

Entre le 11 et le 14 janvier 1939, à Rome, il rencontre Chamberlain et le ministre anglais des affaires étrangères Frederik Halifax. Le 19 janvier 1939 la Chambre des députés est supprimé et remplacé par la Camera dei Fasci e delle Corporazioni. En avril, le duce ordonne l?occupation et l?annexion de l?Albanie, l?Italie bénéficie déjà d?un protectorat non officiel depuis de nombreuses années et l?«invasion» est certainement due à la volonté mussolinienne de montrer à son allié allemand sa propre force.

[] La création du consensus

La stabilité de la dictature fasciste s?inscrit en grande partie dans la capacité de Mussolini à créer autour de sa personne un fort consensus. L'habileté dont il fait preuve pour faire de sa personnalité l'objet d?un véritable culte se reflète non seulement dans l?approbation que la société italienne lui montra longtemps mais aussi dans l?admiration qu?il réussit à gagner auprès de nombreux chefs d?état étrangers, d?intellectuels et auprès de l?opinion publique internationale surtout aux États-Unis et au Royaume-uni. De ce point de vue Mussolini devient un modèle d?inspiration pour beaucoup de futurs dictateurs, parmi lesquels Hitler et Staline.

La popularité de Mussolini trouve certainement son origine dans l?insatisfaction du peuple italien envers les classes dirigeantes libérales en raison des traités de paix, jugés par beaucoup défavorables, que l?Italie a du accepter à la fin de la première guerre mondiale malgré les 650 000 morts et les sacrifices énormes supportés par le pays, Gabriele D'Annunzio parle de «victoire mutilée». L'Italie gagne du terrain territorial, seul engagement qui avait été pris par le pacte de Londres et le mécontentement général ainsi que la terrible crise économique de l?après-guerre font croître le désir d?un gouvernement fort.

Mussolini est habile pour profiter de cette situation: il se présente comme le restaurateur de l?ordre et de la paix sociale. De ce point de vue, beaucoup de [[squadrismo|squadristi] fascistes intransigeants critiquent la collaboration (en 1922-1924) du PNF, au niveau gouvernemental, avec les vieux partis. A partir de 1925, avec la promulgation des lois fascistissime et le début de la dictature, toute forme de collaboration avec les vieux partis est abandonnée. Le consensus est alors alimenté grâce au contrôle de la presse et du monde culturel italien. En outre, tout forme active de divergence d?opinion est réprimée à travers l'OVRA, le Tribunal Spécial, et l'institut juridique du confinement.

Mussolini démontre une personnalité charismatique, comme en témoignent les discours tenus face aux foules et à une importante habileté oratoire qui puise ses origines en partie chez Dannunzio. Mussolini augmente sa popularité en se présentant comme «le fils du peuple», recourant à l?organisation et à l?embrigadement des masses, appelées en permanence à participer à des initiatives de nature variée, mais grâce aussi à l?appui d?intellectuels (Gabriele D'Annunzio, Mario Sironi, le futuriste, Giovanni Gentile). Mussolini profite habilement, comme personne avant lui, des nouveaux moyens de communications (la radio, le cinéma et le cinéjournal) ainsi que les succès sportifs de l'Italie fasciste (comme les Coupe du monde de football de 1934 et de 1938, et le titre mondial de poids lourds conquis par Primo Carnera), qui sont largement utilisés à des fins de propagande.

Mussolini réussit souvent à interpréter correctement la volonté de la majorité du peuple italien, réalisant d?importantes réalisations de type sociales, sanitaires, économiques et culturelles.

Il faut souligner que la ?politique de puissance? inaugurée par l?Italie fasciste est vue favorablement par un