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D'une superficie d'environ 1 542 000 km², le Québec pourrait contenir trois fois la France métropolitaine ou cinq fois le Japon. Du sud au nord, le Québec s'étend sur un peu plus de 17 degrés de latitude et de l'est à l'ouest, sur plus de 22 degrés de longitude. La densité de sa population est très faible avec 4,9 habitants par kilomètre carré (parce que le nord du Québec est presque inhabité), 80 % de la population vivant près des rives du fleuve Saint-Laurent. La population compte environ 7,6 millions d'habitants et parle en majorité le français, faisant du Québec le seul territoire où la langue française est majoritaire en Amérique du Nord. Parlée par plus de 600 000 anglophones, la langue anglaise est toutefois la seconde langue parlée au Québec. La capitale provinciale (souvent appelée capitale nationale) est la ville de Québec. Comptant près de la moitié de la population, l'agglomération la plus importante est Montréal.
[] Géographie du QuébecArticle principal : Géographie du Québec Image:Parc Omega.jpg Parc Oméga, près de Montebello Cette province, la plus grande du Canada, est un vaste territoire dont la majeure partie est très peu peuplée. Plus de 90 % de la superficie du Québec fait partie du bouclier canadien. Lors de la colonisation française et de l'établissement de la Nouvelle-France, le territoire du Québec consistait seulement en une bande de terre de quelques dizaines de kilomètres de largeur longeant les deux rives du fleuve Saint-Laurent où les premiers colons s'installèrent pour y cultiver la terre après l'avoir défrichée. Le Québec est constitué d'un ensemble géographique très varié. Il se subdivise en trois grandes régions géologiques, du nord au sud. Le plateau laurentien occupe près de 95 % de la superficie du Québec et fait partie du Bouclier canadien; c'est l'une des plus anciennes formations géologiques au monde. Sa frontière sud est constituée par les Laurentides, chaîne de montagnes présentant des collines arrondies, des forêts et de nombreux lacs. Les Basses-terres du Saint-Laurent sont une plaine formée par les terres qui bordent les deux rives du fleuve du même nom. Au sud, s'élèvent les Appalaches, une chaîne de montagnes aux sommets arrondis et boisés, entrecoupée de plaines cultivées. Le versant sud des Appalaches jouxte les États-Unis d'Amérique. Enfin, les Basses-terres de l'Arctique ceinturent la baie d'Hudson. L'extrême nord du Québec est formé d'une région subarctique appelée le Nunavik, la terre de la nation inuite. En 1912, le district de l'Ungava des Territoires du Nord-Ouest fut intégré au Québec par le Parlement canadien. Cette vaste région nordique comprend aujourd'hui le Nunavik, au nord du 55e parallèle, et la région de la Baie-James, avec son potentiel hydroélectrique qui a donné naissance au Complexe hydroélectrique La Grande. Le territoire du Québec est extrêmement riche en ressources naturelles avec ses forêts de conifères et de feuillus et ses nombreux lacs et rivières. Les industries du papier, du bois et de l'hydroélectricité sont parmi les plus importantes de la province. La région la plus peuplée est la vallée du Saint-Laurent, dans le sud, où sont situées la capitale, Québec, et la métropole Montréal. Au nord de Montréal se trouvent les Laurentides (montagnes), la plus vieille chaîne de montagnes au monde, et à l'est, les Appalaches qui s'étendent jusqu'aux Cantons de l'Est (l'Estrie). La péninsule gaspésienne s'étend dans le golfe du Saint-Laurent à l'est. Le fleuve Saint-Laurent est l'un des plus importants d'Amérique du Nord. Il prend sa source dans les Grands Lacs, aboutit à un vaste estuaire et au golfe du Saint-Laurent, pour finalement se jeter dans l'Atlantique. Long d'environ 1 200 kilomètres, c'est l'une des plus grandes voies navigables du monde et le principal axe fluvial du continent nord-américain. La vallée du Saint-Laurent est une région fertile où dominent les élevages laitiers et de bovins, les cultures céréalières et maraichères. L'acériculture (à base de sève d'érable), dont le Québec est le plus important producteur du monde, est une activité accessoire. Quatre saisons très contrastées se succèdent au Québec, dont un printemps doux et bref et un automne coloré. Les saisons les plus marquées restent l'été et l'hiver. Les étés sont chauds et souvent humides. Les hivers sont froids, plutôt longs et neigeux. Ces saisons sont très contrastées, les températures pouvant atteindre parfois les 35 °C en été, et descendre parfois sous la barre des -30 °C par endroits en hiver. La période d'enneigement a une durée d'environ cinq à six mois. La quantité de neige tombée à Québec ou à Montréal est quand même supérieure à celle de villes nordiques comme Moscou, Helsinki ou encore Oslo. En général, c'est le vent qui refroidit davantage les températures et provoque parfois de la « poudrerie » (neige très fine emportée par le vent). Les villes de la péninsule gaspésienne profitent de l'effet modérateur de l'océan sur les températures excessives et jouissent d'un hiver un peu plus doux et d'un été plus frais. [] Histoire du QuébecArticle principal : Histoire du Québec Avant l'arrivée des Français, le Québec était habité par des tribus amérindiennes plus connues aujourd'hui sous le nom de Premières Nations. En effet, le gouvernement québécois reconnaît onze nations autochtones sur son territoire : les Inuits, les Mohawks, les Innus, les Cris, les Algonquins, les Atikamekw, les Micmacs, les Hurons-Wendat, les Abénaquis, les Malécites et les Naskapis. Ils totalisent aujourd'hui environ 75 000 personnes. [] La Nouvelle-France (1534-1763)Parti de Saint-Malo le 20 avril 1534 avec 61 hommes sur deux navires, Jacques Cartier est considéré comme le premier explorateur européen en terre canadienne. Il planta une croix à Gaspé en 1534 et navigua sur le fleuve Saint-Laurent dès son second périple en 1535. Cartier s'aventura jusqu'au village iroquois d'Hochelaga (futur Montréal) où l'équipage passa l'hiver : 20 personnes moururent du scorbut avant que Cartier n'obtienne des Amérindiens une recette (à base de feuilles de cèdre blanc) contre cette maladie. Décidé à établir une colonie, le Royaume de France donna le commandement d'une nouvelle expédition à Roberval. La nouvelle colonie connut un hiver difficile qui coûta la vie à plus de 50 individus. Ayant d'autres préoccupations, en particulier les guerres européennes, la France cessa de s'intéresser au Canada pendant plus d'un demi-siècle. Cette période est communément appelée les « vaines tentatives ». En 1603, les colons français, menés par Samuel de Champlain, s'allièrent aux tribus amérindiennes des Hurons et des Algonquins contre les Iroquois. À cette époque, on comptait environ 30 000 Hurons et 15 000 Iroquois mais une série d'épidémies abaissa la population des Hurons à 12 000 tandis que celle des Iroquois demeura inchangée. En 1608, le père de la Nouvelle-France, Samuel de Champlain, fonda la Ville de Québec qui devint un simple comptoir de traite. En 1627, la création par Richelieu de la Compagnie de la Nouvelle-France (ou des Cent-Associés) permit à cent actionnaires de développer le Canada. L'année suivante, la première expédition, qui comptait 400 personnes, tomba entre les mains des Britanniques et ne parvint jamais à destination. De 1629 à 1632, les Anglais occupèrent le Québec et l'Acadie. Champlain fut fait prisonnier et s'ensuivit la faillite de la compagnie des Cent-Associés. Suite au traité de Saint-Germain-en-Laye, le Royaume de France reprit possession de la colonie en 1632. La ville de Trois-Rivières fut fondée en 1634. En 1640, la Nouvelle-France ne comptait que 500 personnes. Les guerres iroquoises et les maladies furent les causes principales de mortalité dans la colonie française. En 1642, Paul de Chomedey de Maisonneuve fonda Ville-Marie (futur Montréal) qui n'était, à l'époque, qu'un fort servant de protection aux attaques des Iroquois (la première grande guerre iroquoise dura de 1642 à 1667). En 1663, le ministre des finances Colbert mit en place un gouvernment royal en Nouvelle-France. Le territoire devait être administré comme une province française sous l'égide d'un gouverneur. En 1665, le régiment de Carignan-Salières (régiment d'élite) arriva dans la colonie pour vaincre les Iroquois. En 1666, l'intendant de la Nouvelle-France Jean Talon organisa un premier recensement qui dénombra 3215 habitants. Grâce aux politiques d'encouragement des naissances de Talon ainsi qu'à l'envoi par Louis XIV de 750 jeunes filles à marier (surnommées les filles du roi), la population de la colonie passa à 6700 habitants en 1672. En 1684, encouragés par les Britanniques, les Iroquois dirigèrent une seconde série d'attaques contre les établissements français. En 1686, les Français s'emparèrent de trois forts anglais de la baie d'Hudson. Sous la gouvernance de Frontenac, les Français menèrent une série de raids contre les postes de la Nouvelle-Angleterre et chassèrent les Anglais de l'Acadie, de Terre-Neuve et de la baie d'Hudson. Cependant, en 1687, la France et l'Angleterre signèrent le traité de Ryswick qui mit fin à la première guerre intercoloniale. En 1701, la paix fut signée avec les Iroquois. La colonie comptait moins de 15 000 habitants. Avec la signature des Traités d'Utrecht, en 1713, la France céda à l'Angleterre l'Acadie (Nouvelle-Écosse), Terre-Neuve et la baie d'Hudson. De toute l'activité économique de la colonie, la traite des fourrures demeura l'activité dominante avec 70 % des exportations contre 20 % pour les produits agricoles. La guerre de Sept Ans (1756?1763), entre l'Angleterre et la France, prit un tournant décisif en Amérique du Nord. En effet, les colonies anglaises s'unirent pour en finir avec la Nouvelle-France. En 1755, ils déportèrent plus de 7000 acadiens vers la côte américaine, le gouverneur de la Nouvelle-Écosse (Lawrence) craignant leur intervention dans le conflit. En 1756, le gouverneur Louis-Joseph de Montcalm arriva en Nouvelle-France avec trois mille hommes. En 1759, le général Anglais James Wolfe et son armée assiègèrent pendant dix semaines la Ville de Québec qui capitula après une célèbre bataille sur les plaines d'Abraham (durant laquelle Montcalm et Wolfe furent blessés mortellement). L'année suivante, en 1760, les Anglais s'emparèrent de Montréal : la Nouvelle-France était conquise. La plus grande colonie française ne comptait plus que 55 000 habitants alors que la population était de près d'un million de colons avant la guerre. La population amérindienne, quant à elle, représentait alors environ 600 000 individus. Image:1867.jpg Le Québec (brun) en 1867 Image:Can2002.jpg Le Québec (brun) aujourd'hui [] Le régime anglais (1763-1867)La Grande-Bretagne prit possession de la Nouvelle-France proclamée par le traité de Paris en 1763 qui mit fin à la guerre de Sept Ans. Le roi Louis XV et ses conseillers choisirent de conserver la Guadeloupe pour son sucre plutôt que le Canada, alors considéré comme un vaste territoire de glace sans importance pour le royaume de France. Seules les îles Saint-Pierre et Miquelon restèrent françaises (pour permettre aux Français de pêcher en Amérique). Suite à ce traité, la plupart des aristocrates retournèrent en France. L'Angleterre, alors souveraine, rédigea une constitution (la Proclamation Royale) pour la Nouvelle-France qui devint la «Province of Quebec» (qui se traduit en français par «Colonie de Québec», car le terme Province de Québec désignera plus tard la province dans le Canada). Cette constitution prévoyait l'assimilation à plus ou moins long terme des Canadiens français. Près de 2000 d'entre eux retournèrent en France entre 1760 et 1770. Jusqu'en 1766, les Britanniques luttèrent contre des tribus amérindiennes (tels que les Abénakis) alliées à la France qui se révoltèrent sous la direction du chef Pontiac. Pour éviter que les troubles dans les colonies américaines ne se répandent jusqu'au Canada, le gouvernement britannique décida d'être plus ouvert face aux Canadiens français et révoqua la Proclamation Royale qui, entre autres, faisait de la religion protestante la seule religion officielle. En 1774, on rédiga l'Acte de Québec qui venait atténuer les vélléités d'assimilation exprimées 11 ans plus tôt et établissait les droits des francophones et qui agrandissait le territoire de la province (elle s'étendit jusqu'aux Grands Lacs). On reconnut les lois civiles françaises et on accorda aux catholiques le droit de pratiquer leur religion. Les Américains (avec à leur tête Montgomery et Arnold) décidèrent de rallier les Canadiens par la force à leur lutte pour l'indépendance. Ils commencèrent l'invasion de la province du Québec (toute la région de Montréal passa entre leurs mains) mais, l'année suivante, ils échouèrent dans leur tentative de prendre la Ville de Québec. Des renforts britanniques arrivèrent en grand nombre et les Américains furent forcés de quitter la province. Les Canadiens français restèrent plutôt neutres dans le conflit, suivant les recommandations de l'Église catholique qui prenait le parti des Britanniques. Suite à l'indépendance américaine, des Loyalistes américains s'installèrent au Québec. Insatisfaits des nombreux privilèges accordés aux Canadiens, les Canadiens français demandèrent des réformes et on leur répondit par l'Acte constitutionnel de 1791 qui divisait le territoire depuis la rivière des Outaouais, créant le Haut-Canada (l'Ontario d'aujourd'hui) et le Bas-Canada (le Québec d'aujourd'hui). Le Haut-Canada anglophone et peu peuplé devenait donc l'égal du Bas-Canada francophone fort peuplé, ce qui satisfaisait les intentions assimilationnistes des Anglais. Le parlementarisme britannique fut adopté mais les limites du système colonial furent très vites critiquées et contestées. En 1834, les radicaux du Parti Patriote (tels les Papineau, Elzéar Bédard et Augustin-Norbert Morin) rédigèrent et présentèrent, à titre de programme politique et de revendications, 92 résolutions qui exprimaient une véritable perte de confiance dans les institutions monarchiques anglaises. En 1835, Lord Gosford arriva à Québec pour tenter de se lier rapidement avec les patriotes, ayant reçu le mandat de se concilier l'Assemblée. Mais en 1837, une rébellion survint. Les Canadiens (français et anglais) réclamèrent des gouvernements responsables (c'est-à-dire des gens élus qui prendraient les décisions à la place d'un gouverneur imposé par Londres). Le Bas-Canada prit les armes, avec à sa tête Louis-Joseph Papineau (député nationaliste et chef du Parti Patriote). Le Haut-Canada se révolta sous les ordres de William Mackenzie. Ces deux soulèvements furent écrasés par Londres. La déroute des Patriotes marqua la fin de l'emprise des esprits libéraux sur la société québécoise, le clergé reprenant désormais les commandes et étendant son pouvoir. Lord Durham fut envoyé par Londres pour faire enquête. Dans son célèbre rapport (le rapport Durham), il recommanda qu'il fallait procéder à l'assimilation intégrale de la collectivité canadienne-française par une unification des deux Canada et l'adoption d'un gouvernement responsable. L'Acte d'Union de 1840 fut voté à Londres. Il donna au Haut-Canada le même nombre de députés qu'au Bas-Canada et fit de l'anglais la seule langue officielle. Le Canada-Uni comptait alors 500 000 anglophones et 600 000 francophones. Lord Durham prévoyait que les anglophones seraient bientôt plus nombreux et qu'ils domineraient ainsi l'Assemblée. Graduellement, les anglophones adoptèrent le nom de « Canadians » (que les habitants d'origine française se réservaient depuis le XVIIe siècle). En réaction, ceux-ci commencèrent donc à s'appeler les « Canadiens français ». Ce n'est toutefois qu'en 1849 que s'établit le gouvernement responsable par le parti réformiste. Les francophones n'étant plus majoritaires, le parti réformiste fut alors dirigé par Robert Baldwin dans le Haut-Canada et Louis-Hippolyte Lafontaine dans le Bas-Canada, ces deux divisions territoriales formant le Canada-Uni. Grâce à l'obtention du gouvernement responsable, un certain calme régna sur la scène politique canadienne. En 1864, les élites politiques entamèrent des discussions concernant une potentielle confédération canadienne. Londres donna alors son appui au projet d'union fédéral et fit même pression sur les gouverneurs en poste dans les colonies pour qu'ils l'acceptent. [] La confédération canadienne (1867)Voir aussi Confédération canadienne et Fédéralisme canadien. Suite à un accord de principe conclu entre le parti conservateur de John Alexander MacDonald et le parti libéral de George Brown, appuyé par George-Étienne Cartier, l'Acte de l'Amérique du Nord britannique créa la confédération canadienne qui fut proclamée le 1er juillet 1867 et à laquelle se joignirent le Nouveau-Brunswick et la Nouvelle-Écosse. Elle résulta en une seconde division administrative qui forma les provinces de Québec et de l'Ontario. Cet Acte de l'Amérique du Nord britannique (la Loi constitutionnelle de 1867, de son nouveau nom) définit la répartition fondamentale des pouvoirs entre le gouvernement fédéral et les gouvernements provinciaux. Les fondateurs du Canada étaient déterminés à créer un gouvernement central fort tout en attribuant d'importants pouvoirs aux assemblées législatives des provinces. On attribua au parlement fédéral la responsabilité de la défense et de la politique étrangère, du commerce, des transports, des communications et des terres réservées aux Indiens ainsi que des pouvoirs extraordinaires, notamment les pouvoir résiduaires (la responsabilité de tous les secteurs qui n'ont pas été expressément assignés aux assemblées législatives provinciales), le pouvoir de désaveu (qui lui permet de désavouer des lois provinciales) ainsi qu'un [[pouvoir de taxation illimité (ne laissant aux provinces que le pouvoir de percevoir des impôts directs dans les limites du territoire provincial). Les assemblées législatives provinciales reçurent compétence dans les domaines tels que l'éducation, les hôpitaux, la propriété, les droits civils, les ressources naturelles et les « travaux et entreprises d'une nature locale ». Dans deux secteurs, l'immigration et l'agriculture, la compétence fut partagée entre les deux paliers de gouvernement. La Loi constitutionnelle de 1867 renfermait des dispositions et des clauses spécialement conçues pour préserver le caractère distinct du Québec. Elle consacrait la reconnaissance du Code civil du Québec en ce qui a trait au droit privé comparativement à la Common law britannique en vigueur dans les autres provinces, prévoyait l'utilisation du français et de l'anglais au Parlement ainsi qu'au sein de la Législature et des tribunaux du Québec, et établissait des écoles séparées financées par les fonds publics pour les minorités protestantes et catholiques du Québec. [] Le pouvoir religieux (1867-1960)Au Québec, dès les premières années du fédéralisme, la législature provinciale fit face à des pressions de trois types : ceux du gouvernement fédéral (dont plusieurs députés siégeaient en même temps au provincial), ceux de la minorité anglophone (qui plaça longtemps aux finances un ministre anglophone) et ceux de l'Église catholique (qui faisait exclure des cabinets les hommes aux idées trop progressistes et qui veillait à minimiser le nombre d'interventions de l'État dans les affaires publiques pour ne pas perdre son pouvoir dans les domaines comme l'éducation et la santé). Dans ces conditions, le gouvernement du Québec fut longtemps en situation de faiblesse. Le 15 juillet 1867, Pierre-Joseph-Olivier Chauveau, du Parti conservateur, devint Premier ministre. Dès 1868, il créa le ministère de l'Instruction publique dont il devint titulaire. Mais ce ministère fut vite dénoncé par le clergé qui rejetait ainsi l'école neutre, gratuite et obligatoire, qu'il croyait une menace maçonnique. Boucherville abolit le ministère en 1875 et le système de 1867 fut rétabli. En 1876, un candidat libéral de Charlevoix, qui fut défait aux élections à cause de la pression de l'Église sur les électeurs, réussit, à l'aide d'une nouvelle loi fédérale, à faire annuler l'élection. L'année suivante, le pape envoya son représentant pour forcer l'Église québécoise à minimiser ses interventions dans le domaine électoral. En effet, en 1887, les religieux représentaient 48 % des instituteurs des écoles catholiques. En 1910, le petit-fils de Louis-Joseph Papineau, Henri Bourassa fonda le journal « Le Devoir » qu'il consacra à la défense des Canadiens français. Il s'opposa vigoureusement à la conscription de 1917 qui força les Canadiens à participer à la première guerre mondiale. Des 400 000 militaires canadiens envoyés outre-mer, plus de 60 000 Canadiens moururent au combat. Son « successeur » en tant que défenseur des droits des francophones fut l'historien et chanoine Lionel Groulx, considéré par plusieurs comme le père spirituel des indépendantistes québécois. En 1931, s'étant gagné une grande crédibilité en participant à la première guerre et aux négociations qui suivirent, le Canada se vit accorder par l'Angleterre une pleine autonomie par le Statut de Westminster (formation du Commonwealth). En 1936, l'Union Nationale, fondée en 1935, prit le pouvoir au Québec. Son chef, Maurice Duplessis, fut au pouvoir jusqu'en 1939, puis de nouveau de 1944 à 1959. Il se voulut autonomiste, protégeant son esprit conservateur sous le couvert du nationalisme. Duplessis maintint le Québec en retard sur le reste du Canada en matière d'éducation, d'économie et dans les lois sociales. Le pouvoir religieux occupa une place prépondérante dans les affaires sociales, économiques et politiques du Québec. En effet, l'Église catholique, en étroite collaboration avec le gouvernement, usa de son influence pour convaincre les citoyens de la nécessité de préservation du gouvernement conservateur de Maurice Duplessis, qui prit, en outre, des mesures contre les réformes sociales et le syndicalisme. Après sa mort, le pouvoir de l'Église s'affaiblit rapidemment sous le gouvernement libéral de Jean Lesage. Durant les années 1960, le Québec entra dans une grande phase de modernisation accélérée, grâce notamment à une série de réformes d'ordre économique entreprises par le gouvernement de Lesage. Cette période est souvent qualifiée par les historiens, sociologues ou politologues de Révolution tranquille. [] Modernisation et contestation (1960 à aujourd'hui)La modernisation du Québec raviva l'idée de l'indépendance et le mouvement souverainiste prit corps. Ces revendications indépendantistes se firent plus nombreuses et une Maison Québécoise ouvrit ses portes à Paris en 1961, faisant office de Délégation officielle. Ce mouvement prit une ampleur sans précédent dans la seconde moitié des années 60, les revendications indépendantistes se faisant largement entendre et s'organisant sous des formes diverses, comme le Rassemblement pour l'indépendance nationale qui lanca le slogan : « le Québec libre ». Le 23 juillet 1967, le Général Charles De Gaulle débarqua à Québec et prononça un discours dans lequel il insistait sur l'identité des Français et des Canadiens francophones. Le lendemain, il emprunta le Chemin du Roy qui sépare la ville de Québec de celle de Montréal. A chaque étape, il fut salué comme un libérateur par une foule qui agitait des pancartes sur lesquelles était inscrit : "France libre", "Québec libre", "Vive le Canada français !". Arrivé à Montréal, il fut reçu par le maire, Jean Drapeau, et s'adressa du balcon de l'hôtel de ville à une foule débordante d'enthousiasme, terminant son discours par les mots célèbres : « Vive Montréal ! Vive le Québec ! Vive le Québec libre ! Vive le Canada français et vive la France ! » Une groupe de séparatistes extrémistes, le Front de Libération du Québec (FLQ) avait eu recours depuis le début des années 1960 à des attentats terroristes sur le sol québécois contre plusieurs intérêts canadien anglais et symboles de l'Angleterre. Le climat social de la fin des années 1960 dégénéra en fréquentes manifestations ouvrières et parfois en émeutes. En octobre 1970, le FLQ enleva un diplomate britannique puis un ministre du gouvernement québécois, Pierre Laporte, qui fut assassiné dans des circonstances nébuleuses. Cet assassinat entraîna l'intervention de l'armée canadienne dans les rues mêmes de Montréal, à la demande du premier ministre Robert Bourassa et du maire de Montréal Jean Drapeau prétextant une insurrection appréhendée. Plus de 500 leaders d'opinions québécois furent arrêtés, parmi lesquels des syndicalistes, des artistes et des étudiants. Des commissions d'enquête subséquentes (entreprises par la Gendarmerie royale du Canada et le juge Keable) conclurent que l'action des gouvernements fédéral et provincial, illégale sur le plan moral, visait essentiellement à rallier l'opinion publique et à abattre une opposition légitime plutôt qu'à réprimer une insurrection appréhendée. Ces événements marquèrent la fin de l'extrémisme au sein du mouvement indépendantiste. C'est en 1968 que se forma le Parti Québécois, parti souverainiste dirigé par René Lévesque. Ce parti gagna les élections provinciales de 1976 et instaura une série de lois faisant la promotion et la défense de la langue française. C'est avec la mise en place de la Loi 101 que le français devint la langue officielle du Québec en 1977. En 1980, le projet de René Lévesque, appelé souveraineté-association, fut appuyé par 40 % de la population lors d'un référendum. Le gouvernement canadien de Pierre Elliott Trudeau rapatria unilatéralement la constitution en 1982, mais l'accord ne fut pas ratifié par le gouvernement du Québec suite aux événements controversés de la Nuit des longs couteaux. De 1985 à 1994, le Parti Libéral du Québec gouverna le Québec sous Robert Bourassa et Daniel Johnson. La problématique constitutionnelle fut une fois de plus discutée et un consensus fut approuvé avec l'Accord du lac Meech en (1987). Cependant, celui-ci s'effondra en 1990. Une troisième entente, l'Accord de Charlottetown, qui devait spécifier juridiquement le statut du Québec avec le reste du Canada, fut rejetée par un référendum pancanadien et un référendum québécois en 1992. Le Parti Québécois, mené par Jacques Parizeau, revint au pouvoir en 1994 avec la promesse de tenir un nouveau référendum sur la souveraineté du Québec. Tenu le 30 octobre 1995, ce référendum vit la proposition souverainiste rejetée à 50,6 %. Jacques Parizeau quitta le poste de premier ministre le 29 janvier 1996 et fut remplacé par le chef du Bloc Québécois fédéral, Lucien Bouchard. Bouchard et son successeur péquiste, Bernard Landry, laissèrent de côté l'accession à la souveraineté, privilégiant l'assainissement des finances publiques, la dette québécoise n'ayant cessé de croître ces derniers années. [] Développements politiques actuelsLe 14 avril 2003, le Parti Québécois fut battu par le Parti Libéral, dirigé par Jean Charest. Devenu premier ministre, Charest mène jusqu'à présent une politique de désengagement de l'État, notamment en favorisant les partenariats public-privé, dans le but de contenir la dette de plus de 119 milliards de dollars du gouvernement québécois. En 2004, le scandale des commandites rendit le gouvernement fédéral de moins en moins populaire auprès des québécois. En effet, la vérificatrice générale du Canada affirma qu'une caisse noire avait été utilisée à partir de 1995 pour promouvoir l'unité canadienne pendant et après le référendum sur la souveraineté du Québec. Elle révéla également que, malgré les lois référendaires québécoises, neuf fois plus d'argent avait été utilisé par le camp du « Non » (appuyé par le gouvernement fédéral), au détriment du camp du « Oui ». De plus, différents témoignages mirent en lumière que le gouvernement fédéral avait accéléré le processus de naturalisation des immigrants pour contrer le référendum. Ces révélations, ainsi que le scandale d'Option Canada révélé fin 2005, mettent en doute, aux yeux des souverainistes, les résultats du référendum de 1995 au Québec rejeté par une marge extrêmement mince. Le 15 novembre 2005, André Boisclair est devenu le nouveau chef du parti québécois après une course à la chefferie du parti politique l'opposant, entre autres, à Pauline Marois. En février 2006 un nouveau parti politique est fondé. Né de la fusion de l'Union des forces progressistes (UFP) et d'Option citoyenne, Québec Solidaire est représenté par Françoise David et Amir Khadir. Le parti de gauche regroupe écologistes, féministes, démocrates, altermondialistes et indépendantistes. Même si le Québec n'a toujours pas ratifié la Constitution canadienne, celle-ci est implicitement en vigueur sur le territoire, le Québec faisant parti de la Fédération canadienne. [] Économie québécoiseArticle principal : Économie québécoise Depuis quelques années, le Québec enregistre une bonne performance sur le plan économique. Première province canadienne en superficie, le Québec possède un produit intérieur brut (PIB) de plus de 250 milliards de dollars canadiens dont 70 % provient du secteur des services (ce PIB équivaut à 145 milliards de dollars américains ou 162 milliards d'euros). Bien qu'il ne soit pas un Etat, le Québec possède une économie dont l'envergure se compare à celle de la Suisse et de la Suède. Quant au PIB par personne, il peut être comparé à celui de l'Allemagne ou du Japon et surpasse même celui du Royaume-Uni et de la Suède. L'importance du produit intérieur brut québécois classe la province parmi les 20 pays les plus industrialisés de l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE). Les principales forces de l'économie québécoise sont les nouvelles sciences technologiques, l'importation et l'exportation, le tourisme, le transport et les ressources naturelles. [] Science et technologieLa science et la technologie sont des facteurs déterminants dans le positionnement économique du Québec. Étant l'un des chefs de file mondiaux dans des secteurs de pointe tels que l'aérospatiale, les technologies de l'information, les biotechnologies et l'industrie pharmaceutique, le Québec joue un rôle significatif dans la communauté scientifique et technologique. [] Exportation et importationGrâce à l'Organisation mondiale du commerce (OMC) et à l'Accord de libre-échange nord-américain (ALENA), le Québec connaît une augmentation de sa capacité à concurrencer le marché international. À la suite de ces accords, ses relations commerciales avec les autres pays se sont dynamisées. Par conséquent, le Québec a vu ses exportations s'accroître de manière importante. Ces échanges internationaux contribuent à la vigueur de l'économie québécoise, notamment en matière d'emploi. Près des deux tiers de ses exportations sont réalisées ailleurs qu'au Canada. En 2003, les exportations québécoises internationales totalisaient 133 640 millions de dollars canadiens (soit 35 % de son PIB) et était destinés aux États-Unis d'Amérique (83,2 %), à l'Europe (9,6 %), à l'Asie (4,4 %) et à l'Amérique latine (1,5 %). En 2003, le Québec importait pour 130 691 millions de dollars canadiens de biens et de services. Ils provenaient principalement des États-Unis (37,4 %), de l'Europe (29,3 %), de l'Asie (18,6 %), de l'Amérique latine (7,4 %) ainsi que de l'Afrique et du Moyen-Orient (6,0 %). La proximité géographique du Québec avec les États-Unis explique le fait qu'une partie non négligeable de ses exportations soit destinée au territoire américain. [] Le tourismeL'industrie touristique est l'un des piliers économiques majeurs au Québec. Près de 330 000 travailleurs de cette industrie s'efforcent de rendre le séjour des visiteurs des plus agréables. Ces employés ?uvrent dans plus de 34 000 entreprises touristiques québécoises. On estime en moyenne à 27,5 millions le nombre de touristes qui visitent la province. En 2003, 76 % provenaient du Québec, 13 % du Canada, 8 % des États-Unis et 3 % d?autres pays. Annuellement, les visiteurs dépensent près de 6,7 milliards de dollars dans les différentes sphères de l'industrie touristique québécoise. Les 20 régions touristiques de la province offrent des activités très variées. Les intervenants touristiques savent tirer profit de la personnalité typique de Dame nature. L'offre se diversifie et on visite le Québec en été, comme en hiver. Les arts et musées, casinos, lieux de culte et du patrimoine, parcs et réserves ainsi que les jardins sont autant de choix d?attractions. La qualité de la table attire également les visiteurs. La richesse des aliments du terroir, la diversité des produits marins et l'abondance des récoltes colorent les menus et donnent une saveur particulière aux créations culinaires québécoises. Enfin, plus de 400 événements (festivals; célébrations) ont lieu chaque année. [] Les transportsLe Québec possède des infrastructures de transport modernes, aménagées pour desservir efficacement l'ensemble de son territoire. Son réseau de transports est très bien développé. Il comprend environ 185 000 km de réseaux routiers, 8 ports, plus de 6 640 km de voies ferrées et 43 aéroports. Le réseau routier comprend environ 185 000 km d'autoroutes, de routes nationales, régionales, de rues et de chemins locaux, et près de 12 000 ponts, tunnels, murs de soutènement, ponceaux et autres constructions. Elément essentiel de l'économie québécoise, le réseau routier relie toutes les régions et facilite le transport de millions de travailleurs et de marchandises. Les ports contribuent à l'économie québécoise en rendant possible l'importation et l'exportation de matières premières et produits de toutes sortes. On trouve au Québec huit ports en eau profonde destinés au transbordement des marchandises. En 2003, 3 886 cargos et 9,7 millions de tonnes de marchandises ont transité par la portion québécoise de la Voie Maritime du Saint-Laurent. Les revenus générés par ce trafic se chiffrent à plus de 90 millions de dollars. Le port de Montréal est le plus important port à conteneurs au Québec. Il est situé sur l'une des plus grandes voies navigables au monde, le fleuve St-Laurent. Il est également le troisième en importance de la portion nord-est de l?Amérique du Nord. Grâce à ses 17 600 emplois, directs et indirects, il génère des revenus annuels d'environ deux milliards de dollars. Le port de la Ville de Québec, situé à l'intérieur du continent à quelque 1 370 kilomètres de l'océan Atlantique, a vu sa croissance augmenté d'une façon fulgurante. Avec l'augmentation du niveau de l'eau, l'accès à celui de Montréal deviendra moins accessible à cause des ponts. Aussi, le Port de Québec en eau profonde (15,5 mètres) peut accueillir des navires excédant 150 000 tonnes, et ce, tout au long de l'année. On trouve également des ports en eau profonde à Trois-Rivières, Bécancour et Sorel ainsi qu'à Baie-Comeau, Port-Cartier et Sept-Îles. Ces derniers sont spécialisés dans la manutention des cargaisons en vrac et des marchandises lourdes. Le Québec dispose également de 6 645 km de voies ferrées qui s?intègrent au grand réseau ferroviaire nord-américain. Bien que principalement destiné au transport des marchandises, le réseau ferroviaire québécois joue un rôle important dans le transport des passagers. Au cours de l'année 2000, plus de 4 000 employés y travaillaient. Au Québec, on trouve deux types de réseau aérien: le réseau supérieur et le réseau local. Le réseau supérieur comprend 43 aéroports qui offrent des services réguliers sur une base quotidienne. Trois aéroports sont situés dans les grands centres urbains, sept autres desservent les centres régionaux éloignés et 33 assurent les services dans les localités enclavées ou éloignées. En 2003, les aéroports internationaux Pierre-Elliot-Trudeau (Dorval) et Mirabel de la région de Montréal ont vu transiter 8,9 millions de passagers et 242 641 tonnes métriques de marchandises. L'Aéroport international Jean-Lesage transite plus d'un million de personne. [] Les ressources naturellesL'abondance de ses ressources naturelles confère au Québec une position avantageuse sur le plan mondial. Le Québec se distingue notamment dans le secteur minier en se classant parmi les dix principaux producteurs mondiaux. Il se démarque également par l'exploitation de ses ressources forestières. Actuellement, 60 % du papier journal consommé dans le Nord-Est des États-Unis provient du Québec. Le territoire québécois est un des plus grands réservoirs d'eau potable de la planète. Les nappes d'eau douce recouvrent 10 % de sa superficie. Cette ressource permet de produire de l'électricité à faible coût et de façon écologique. Le Québec est remarquable par la richesse de son vaste territoire encore peu exploité. Il compte environ 30 mines, 158 entreprises d'exploration et une quinzaine d'industries de première transformation. Une trentaine de substances diverses y sont exploitées, dont les plus importantes sont l'or, le fer, le titane, l'amiante, le cuivre, le zinc et l'argent. À peine 40 % du potentiel minéral du sous-sol québécois est actuellement connu. En 1999, la valeur des expéditions minérales du Québec a atteint quelque 3,6 milliards de dollars. On dénombre près de 18 000 emplois directs dans l'industrie minière, dont les investissements atteignent un milliard de dollars. Au Québec, plus de 90 % du sous-sol est constitué de roches précambriennes, un ensemble géologique fort réputé pour ses gisements d'or, de fer, de cuivre et de nickel. Depuis son essor en 1920, l'industrie minière québécoise a su maintenir une croissance continue. C'est la région de l'Abitibi-Témiscamingue qui a connu la première flambée minière. Par la suite, les activités d'exploration se sont développées dans d'autres régions du Québec, dont Matagami, Chibougamau, Saguenay-Lac-Saint-Jean, Grand-Nord et Côte-Nord. L'immense majorité (90,5 %) des forêts du Québec sont de propriété publique. Les forêts recouvrent plus de la moitié du territoire québécois, soit 757 900 km². Le domaine forestier québécois s'étend sur sept degrés de latitude; il n'est donc pas étonnant d'y trouver trois grandes zones bioclimatiques fort différentes. La plus nordique de ces zones est celle de la forêt boréale de conifères, qui couvre 73,7 % du Québec forestier. Elle renferme presque uniquement des sapins baumiers, des épinettes noires et blanches, des pins gris et des mélèzes. Les seuls feuillus qui y croissent sont le bouleau à papier, le peuplier faux-tremble et le peuplier baumier. La forêt boréale est suivie, au sud, de la forêt méridionale de bois franc, dominée par des feuillus. Les plus abondants sont l'érable à sucre, le bouleau jaune et le hêtre; on y trouve aussi des cerisiers tardifs, des tilleuls, trois espèces de chênes, trois de frênes, deux de caryers, trois autres espèces d'érables et deux de peupliers. Les forêts du sud renferment aussi certaines essences résineuses, tels les pins blanc et rouge, la pruche et le thuya. Les espèces qui croissent dans cette zone sont plus longévives que les essences caractéristiques de la forêt boréale et elles atteignent de plus grandes dimensions. Le bilan énergétique du Québec a connu de grands bouleversements en 20 ans. À la suite de la crise du pétrole des années 1970, on a assisté à une transformation rapide des modes de consommation et d'approvisionnement en énergie. L'électricité occupe maintenant au Québec le premier rang parmi les formes d'énergie, suivie du pétrole et du gaz naturel. Elle est presque entièrement produite par Hydro-Québec, une société d'état provinciale qui gère 83 centrales réparties sur tout le territoire québécois. En 2000, le Québec était le quatrième producteur mondial d'électricité hydroélectrique, derrière les États-Unis, le Brésil et la Russie. Le parc de production de l'électricité comprend pour l'essentiel des centrales hydroélectriques (94 % de la puissance disponible), le reste étant constitué de centrales thermiques fournissant l'électricité à partir de produits pétroliers et de la centrale nucléaire Gentilly-2. Pour transporter et distribuer l'électricité qu'elle produit, Hydro-Québec a mis en place un réseau d'une grande complexité (30 000 km), l'un des plus vastes en Amérique du Nord. Les prix de l'électricité sont des plus avantageux. Ainsi, dans le secteur industriel, le prix de vente moyen était inférieur en 2000 d'au moins 10 % à celui de tous les autres pays étudiés, à l'exception de la Norvège. Le Québec demeure un importateur de pétrole brut. Les activités d'exploration qui ont cours au Québec et qui demeurent limitées portent sur la recherche de pétrole et de gaz naturel de même que sur la mise en valeur des structures géologiques aux fins de stockage de gaz naturel. La majeure partie des dépenses d'exploration a été consentie par la Société québécoise d'initiatives pétrolières (SOQUIP). Plus des trois cinquièmes du pétrole brut acheté par le Québec provient des gisements de la Mer du Nord (Royaume-Uni et Norvège). Le reste est acheté au Venezuela, en Algérie, au Mexique et au Moyen-Orient. Le pétrole canadien ne contribue plus que de façon marginale aux approvisionnements en pétrole brut du Québec, après en avoir constitué, au début des années 1980, la source la plus importante. Les deux tiers des livraisons de pétrole arrivent au Québec par oléoduc et le reste par voie maritime. La principale infrastructure de transport utilisée est l'oléoduc Portland-Montréal, qui permet l'acheminement vers les raffineries montréalaises du pétrole brut livré au port de Portland dans le Maine. Le Québec importe de l'Ouest canadien (Alberta) la quasi-totalité du gaz qu'il consomme. Au cours des trente dernières années, deux gisements ont été exploités au Québec, soit à Pointe-du-Lac, près de Trois-Rivières, et à Saint-Flavien, au sud de Québec. Depuis 1980, le Québec a considérablement étendu son réseau gazier. [] Culture québécoiseArticles détaillés : Culture québécoise, Cinéma québécois, et Français québécois (sur la langue française au Québec) Image:Quebecfml1.JPG Ville de Québec Seule société d'expression française en Amérique du Nord, le Québec nourrit un attachement profond à sa culture. Symbole même de son identité, la culture québécoise jumelle des racines françaises à un héritage autochtone, tout en étant influencée par son passé britannique, son positionnement dans la fédération canadienne, sa proximité avec les États-Unis et la population multiethnique qui compose son visage démographique. [] La langueSur le plan linguistique, le Québec se distingue de ses voisins immédiats principalement par l'officialisation de la langue française. Les Québécois défendent la francophonie face à la prépondérance de la langue anglaise. Dans cette optique, ils défendent également une « norme québécoise », dont « l'académie » est l'Office québécois de la langue française. La réalité culturelle, sociale et matérielle de l'Amérique, dont fait partie le Québec, fait du français québécois un véritable dialecte. La Ville de Québec est surnommée le berceau de l'Amérique française puisqu'elle est la plus vieille ville francophone en Amérique du Nord. En effet, de nos jours, plus de 80% de la population du Québec a pour langue maternelle le français. Dans la province, il y a environ 8% d'anglophone (qui, en général, parlent ou comprennent le français), 9% d'allophone (dont la langue maternelle n'est ni le français ni l'anglais mais qui parlent ou comprennent au moins une des deux langues officielles du Canada), 1% d'autochtone. Voir Démographie linguistique du Québec. [] Le sportComme dans le reste du Canada, le hockey sur glace est considéré comme le "sport national" et fait parti de la culture populaire des québécois. Le Club de Hockey "Canadien" (ou les Canadiens de Montréal) est un club de hockey sur glace professionnel faisant partie de la Ligue Nationale de Hockey (LNH). Ce club, qui fut fondé en 1909, fut l'un des principaux clubs fondateurs de la LNH qui réunissaient à l'époque six équipes. Aujourd'hui, 30 équipes venues du Canada et des États-Unis s'affrontent pour la Coupe Stanley. Le club profite d'une patinoire à domicile (le Centre Bell, dont la capacité est de 21 273 personnes). Les Canadiens de Montréal participèrent 34 fois à une finale de la Coupe Stanley et la remportèrent 24 fois. Aussi, les Nordiques de Québec (assit au Colisée de Québec, dont la capacité est de 15 399) ont marqué l'histoire du Québec et du Canada, par la rivalité naturelle Montréal-Québec. Les soirées enflammées étaient au rendez-vous. Les Nordiques ont été déménagé depuis, mais le projet de les ramener est toujours sur la table par l'imprésario de cette équipe, Marcel Aubut qui a n'en fait l'annonce à la fin de 2005. Jusqu'en 2004, les Expos de Montréal formaient l'équipe de baseball de Montréal. Créée en 1968, elle évoluait au stade olympique de Montréal (capacité de 43 739 places). Franchisée le 27 mai 1968, elle doit son nom à l'Exposition universelle de Montréal (Terre des Hommes) qui eut lieu l'année précédente. Les couleurs symboliques de cette équipe de baseball montréalaise (bleu, blanc et rouge) rappelaient ainsi l'origine française de la ville de Montréal. Le premier match fut joué le 8 avril 1969 contre les Mets au Stade Shea à New York. Le 3 octobre 2004, les Expos jouèrent le dernier match de leur histoire au Shea Stadium et perdirent (8-1). En 2005, la franchise déménagea à Washington DC où elle devient "les Nationals de Washington". Le Grand Prix du Canada est un événement sportif de course automobile de Formule 1 qui a lieu chaque année au Canada depuis 1967. Dans les premières années, son domicile se localisait à Bowmanville en Ontario puis à Saint-Jovite au Québec. En 1978, Montréal devint le domicile régulier de ce rendez-vous sportif international. Le premier gagnant fut un pilote d'origine québecoise, Gilles Villeneuve, qui mourut en 1982 au dernier tour de qualification au Grand Prix de Belgique. Quelques semaines après sa mort, le circuit de Montréal fut nommé le Circuit Gilles-Villeneuve en son honneur. En 2004, à cause d'une loi anti-tabac interdisant la publicité commanditaire de ce produit, le Grand Prix a failli être annulé par le gouvernement canadien. Finalement, les écuries s'entendirent avec l'organisateur de la course pour ne pas diffuser de publicité sur les cigarettes. Le Québec offre une saison hivernale qui s'étend sur la moitié de l'année, de novembre à avril, avec des conditions de neige exceptionnelles (de 3 à 5 mètres de neige par hiver selon les régions). En ce sens, il existe une centaine de stations de ski ou de centres pour la pratique du ski et du surf des neiges (snowboard) à travers les différentes régions du Québec. Plus de 4000 km de sentiers balisés pour le ski de fond et le ski de randonnée et près de 44000 km de sentiers aménagés pour la motoneige sont disponibles aux amateurs de sports d'hiver. [] La gastronomieL'art culinaire québécois est réputé dans toute l'Amérique du Nord. En effet, les québécois vouent un véritable culte à tout ce qui entoure la nourriture. La renommée internationale de certains de ses chefs mais surtout la finesse de ses produits du terroir font du Québec une des régions les plus variées et les plus créatives en termes de gastronomie. Les premiers habitants du Québec, majoritairement paysans, préparaient des repas consistants pour mieux affronter les rigueurs du climat et du labeur quotidiens. Une cuisine familiale, basée sur la tradition française, s'est développée au fil des siècles, intégrant poissons, gibier, légumes et fruits frais. La tourtière, le cipaille, les fèves au lard, le rôti de porc, les cretons, la tarte au sucre et les galettes de sarrasin sont quelques exemples de ces mets traditionnels. Certains demeurent au menu de restaurants alors que d'autres sont servis en de grandes occasions, comme les repas traditionnels de la période des fêtes. Au printemps, ces plats peuvent être servis dans les cabanes à sucre. Les recettes traditionnelles sont également réinterprétées au goût du jour par les chefs des grands restaurants québécois qui proposent également une foule de produits fins du Québec comme le foie gras, le magret de canard, le caviar de corégone (un poisson des eaux de l'Abitibi) et le vin de glace. Ces produits régionaux confèrent à la gastronomie québécoise une identité propre. En Montérégie, dont le territoire est recouvert à 30 % de vergers, on fabrique une grande variété de cidres qui accumulent les honneurs dans les concours internationaux. Dans le Bas-Saint-Laurent, qui borde le fleuve, on maîtrise l'art ancien de fumer le saumon, la truite, l'esturgeon et l'anguille. Aux Îles-de-la-Madeleine, on concocte un savoureux pot-en-pot (une préparation de fruits de mer ou de poissons et de pommes de terre en croûte). Au Saguenay-Lac-Saint-Jean, on prépare une tourtière (sorte de tarte à la viande) et une soupe aux gourganes renommées. La région de Charlevoix produit des fromages d'excellente qualité. La Gaspésie est reconnu, quant à elle, pour son pâté au saumon. Sur la Côte-Nord, la plupart des mets mettent en valeur les poissons, mollusques et crustacés qui y sont pêchés, comme la crevette nordique, le crabe des neiges et le pétoncle. En Mauricie, on apprête la viande de bison et d'autruche, animaux qui sont élevés sur place. La Ville de Québec est reconnue internationalement pour sa fine cuisine. En matière de gastronomie populaire, la poutine est un met typiquement québécois. Elle se compose de frites, de fromages en grains frais ainsi que d'une sauce chaude et onctueuse (dite "sauce brune" du fait de sa couleur brûnatre). La poutine aurait été inventé au début des années soixante dans la petite ville de Drummondville, dans la région des Bois-Francs. Tout commença lorsqu'un client du restaurant « Le Roy Jucep » demanda au restaurateur de lui servir une assiette de frites avec du fromage en grains. Le restaurateur, un peu surpris, lui aurait dit: « Ça va faire une maudite belle poutine ! ». A cet époque, le mot poutine était souvent employé pour désigner un mélange culinaire étrange. Comme plusieurs clients refaisaient cette même demande, le restaurateur décida de l'inclure à son menu sous le nom de poutine. Comme tout mets, sa présentation est variable et diverse. [] ReligionLes religions amérindiennes et inuits précédèrent le christianisme. Elles survécurent à l'arrivée des Européens et, encore aujourd'hui, certaines manifestations persistent. Les premiers colons qui s'établirent en Nouvelle-France étaient majoritairement catholiques, mais on comptait parmi eux un certain nombre de protestants. Pendant le régime anglais, le nombre d'anglophones protestants augmenta. Dès 1777, la première synagogue s'implanta sur le territoire de l'actuel Montréal mais c'est surtout à partir du XIXe siècle que des groupes relativement importants de Juifs s'établissèrent au Québec. Au XXe siècle, des vagues successives d'immigrants venant d'Irlande, d?Italie, de Grèce, d'Asie et d'Afrique s'établirent au Québec, apportant avec eux leurs coutumes culturelles et religieuses. Certains d'entre eux créèrent des communautés religieuses qui firent bâtir des établissements religieux. Ainsi, on retrouve au Québec une mosaïque religieuse impressionante : catholiques, anglicans, protestants, orthodoxes, musulmans, bouddhistes, sikhs ou encore shintoïstes composent le paysage religieux de la société québécoise. Selon certains organismes religieux, ce pluralisme religieux traduit un véritable bouleversement culturel favorable à la prolifération de religions minoritaires et des sectes. De nos jours, cette diversité culturelle entraîne plusieurs réactions au sein de la société québécoise. La banalisation est le phénomène de réduction du religieux au folklore culturel ou son attribution à des facteurs psychologiques. Le rejet est le phénomène de repliement sur ses positions tandis que l'accueil est le phénomène de syncrétisation, où chaque individu tend à apprivoiser un ensemble de croyances. Enfin, l'athéisme est un renforcement de l'incroyance où l'individu, du fait des nombreux itinéraires religieux proposés et de l'explication rationnel offert par la science, remet en doute ses propres croyances. Néanmoins, le Québec reste majoritairement d'obédience catholique. Lors du dernier recensement en 2001, 83,4% des québécois se désignaient eux-même comme tel. La Charte des droits et libertés de la personne au Québec (Article 3) protège la liberté de religion pour chaque citoyen québécois dans la mesure où elle ne viole pas l'ordre public ou le bien-être général des citoyens du Québec (Article 9.1). [] Symboles du QuébecImage:Montreal-cathedral.jpg Montréal [] La deviseLa devise du Québec, qui figure officiellement au bas des armoiries du Québec depuis 1939, fut le fruit de l'imagination et de l'initiative du concepteur de l'Hôtel du Parlement, Eugène-Étienne Taché. En effet, Taché avait prévu de placer les armes de la province au-dessus de la porte principale de l' | |||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||