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Aliisia, francisé en Alésia est un oppidum du peuple gaulois des Mandubiens, théâtre de la bataille décisive de la guerre des Gaules qui opposa Jules César à la coalition gauloise menée par l'Arverne Vercingétorix en 52 av. J.-C..
[] LocalisationSelon l'historiographie dominante et à la suite des fouilles initiées par Napoléon III, c?est à Alise-Sainte-Reine (en Côte-d?Or) qu'est situé officiellement le site d'Alésia. Toutefois, la localisation d'Alésia en Bourgogne a toujours été contestée en raison des incompatibilités entre la topographie du site d'Alise-Sainte-Reine, le résultat des fouilles et le récit de César. C'est en se basant sur le texte précis de César, que l'archéologue André Berthier découvrit le site de Chaux-des-Crotenay aux portes des montagnes du Jura. Des recherches archéologiques préliminaires permirent, entre autres, d'identifier le système complet de fortifications construit par les légions romaines, du mobilier contemporain de la bataille, les vestiges du mur d'enceinte d'une ville importante au sommet de l'oppidum. Cependant des fouilles approfondies seront nécessaires pour définitivement confirmer la localisation d'Alésia. [] PréludeAprès son échec au siège de Gergovie en avril 52 av. J.-C. César remonte au nord rejoindre les 4 légions de son lieutenant Labiénus. Il stationne ensuite dans la région de Langres, le temps de recruter une cavalerie de mercenaires germains capable d'assurer sa retraite vers la province romaine. La vallée de la Saône étant militairement bouchée, il choisit de rejoindre la province romaine à Genève en passant par le pays des Séquanes. Voyant les légions romaines battre en retraite, Vercingétorix abandonne sa stratégie de terre brûlée et décide d'anéantir l'armée de César avant qu'elle n'ait pu franchir le Jura. L'attaque de la cavalerie gauloise est un échec et Vercingétorix se replie dans Alésia des Mandubiens. Vercingétorix s?enferme sur la hauteur d?Alésia avec une armée composée, d?après Jules César, de 12 000 cavaliers et de 80 000 fantassins et juste 1 mois de ravitaillement. L?armée romaine, qui assiège les Gaulois, compte 10 à 12 légions, soit seulement 40 à 50 000 hommes. L'oppidum d'Alésia contrôle la route vers la province et César est forcé d'en faire le siège. [] Travaux de siègeL'oppidum est établi sur un éperon barré inaccessible. L'escarpement mesure plusieurs dizaines de mètres. Étant de plus en infériorité numérique, César doit renoncer à un assaut. Il met alors en ?uvre le génie romain pour les travaux de siège, afin d'affamer les Gaulois et de réduire la ville à la reddition. Il établit une double ligne de fortification. Autour de la ville, une ligne de travaux défensifs de plus de 16 km, la contrevallation, est édifiée pour empêcher les sorties des assiégés. Dans les parties planes de la ligne de défense, le système de fortification est constitué d'un fossé de 4,50 m de largeur et de même profondeur ("vallum"), dont la terre sert à construire un remblai ("agger") de 3,50 m de haut, surmonté d'une palissade avec pieux (pluteus). Ce système était ponctué de tours (tous les 24 mètres). En avant du fossé sont enterrés des petits pieux équipés de pointes de fer (stimuli). En avant des stimulis sont disposés sur 8 rangs et en quinconce, des trous coniques de 90 cm de profondeur au fond desquels ont été calés des pieux acérés dissimulés par des broussailles : ce sont les « lilia », dénommés ainsi en raison de leur ressemblance avec la fleur de lys. Ensuite vient un second fossé de 4,50 m de profondeur/largeur suivi d'un autre fossé de 1,50 m de profondeur et 6 m de largeur, comblé de troncs dont les branches ont été taillées de manière à former des pointes acérées (cippi). Vingt-trois fortins renforcent cette ligne de défense. Une reconstitution de cette fortification était visible à l'Archéodrome de Beaune. Les mêmes travaux sont effectués pour une deuxième ligne de défense de 21 km, la circonvallation, tournée vers l'extérieur et destinée à protéger les assaillants d'une éventuelle armée de secours. Lors de l'établissement de ces lignes de défense, les Romains se sont servis au maximum du relief accidenté du site d'Alésia, afin de minimiser les travaux. Il aurait fallu 35000 hommes 24h/24 pour réaliser les travaux de fortifications sur 37 km en plaine, comme à Alise-sainte-Reine. Image:Archeodrome Beaune 2.JPG Archéodrome de Beaune, reconstitution siège Alésia [] Premières bataillesDès le début du siège, Vercingétorix tente de sortir en envoyant sa cavalerie. Celle-ci bouscule la cavalerie romaine et César doit masser son infanterie devant le camp romain et faire donner la cavalerie germaine. Les Gaulois cèdent et se replient en désordre dans leur camp. Le lendemain, Vercingétorix renvoie sa cavalerie en la chargeant de revenir avec une armée de secours. L'armée de secours arrive devant Alésia 6 semaines plus tard, avec, selon César, un contingent de 250 000 fantassins. La concentration d?hommes réunis dans cet affrontement décisif est extraordinaire : environ 400 000 combattants sont en présence, auxquels s?ajoutent la masse des civils emmenés avec les armées, les serviteurs et esclaves de l?armée romaine. L'infanterie romaine a pris position sur les lignes de contrevallation et circonvallation. César ordonne à sa cavalerie d'engager le combat contre la cavalerie gauloise renforcée par des archers et de l'infanterie légère. Les combats durent de la mi-journée jusqu'à la tombée de la nuit. La cavalerie germaine finit par mettre les cavaliers gaulois en fuite et massacre les archers. La cavalerie romaine finit de poursuivre les fuyards jusqu'à leur camp. Le jour suivant, les gaulois de l'armée de secours fabriquent passerelles, échelles et harpons puis, au milieu de la nuit lancent l'assaut. Ils se servent de flèches et pierres pour bousculer les défenseurs romains. Ceux-ci avec des frondes, des casse-têtes, des épieux repoussent les attaquants. L?obscurité entraîne des pertes lourdes des deux côtés. L?artillerie lance une grêle de projectiles. Les Romains renforcent systématiquement les points faibles à l'aide de troupes empruntées aux fortins situés en arrière. Les pièges ralentissent l'avancée des gaulois au pied des palissades et n'ayant pu percer nulle part ils finissent par se replier au petit matin craignant d'être pris sur leur flanc droit si l'infanterie romaine du camp supérieur tentait une sortie. Vercingétorix, bien qu'alerté dès les premiers combats par les clameurs, perd trop de temps à man?uvrer ses engins d'assaut et à combler les premiers fossés. Il apprend la retraite des siens avant même d'arriver aux retranchements et regagne la ville. [] La bataille décisiveSuite à ces deux échecs, une troupe d'élite de 60 000 hommes est constituée et mise sous le commandement de Vercassivellaunos, un cousin de Vercingétorix. Après une longue marche de nuit et une matinée de repos, Vercassivellaunos attaque le camp supérieur depuis la montagne nord. En même temps, la cavalerie gauloise s?approche des fortifications de la plaine et le reste des troupes se déploie en avant du camp gaulois. Vercingétorix sort de la ville avec tout son matériel d'assaut. Les Romains attaqués de toute part commencent à céder, d'autant que les Gaulois réussissent à combler les obstacles. César envoie Labiénus en renfort pour le camp supérieur. Les assiégés, désespérant de venir à bout des fortifications de la plaine, tentent l?escalade des abrupts ; ils y portent toutes les machines qu?ils avaient préparées. Ils chassent les défenseurs des tours sous une grêle de traits, comblent les fossés réussissent à faire une brèche dans la palissade et le parapet. César envoie d?abord des renforts puis il amène lui-même des troupes fraîches. Ayant refoulé l?ennemi, il rejoint Labiénus avec quatre cohortes et une partie de la cavalerie tandis que l?autre partie de cette dernière contourne les retranchements extérieurs et attaque l?ennemi à revers. Voyant la cavalerie derrière eux et de nouvelles cohortes approchant, les Gaulois prennent la fuite. Les cavaliers romains leur coupent la retraite et les massacrent. Vercassivellaunos est capturé. Voyant ce désastre, Vercingétorix ordonne le repli de ses troupes. Au signal de la retraite, les troupes de secours quittent leur camp et s?enfuient. Les fuyards sont en partie rattrapés par la cavalerie romaine ; beaucoup sont pris ou massacrés ; les autres, ayant réussi à s?échapper, se dispersent dans leurs cités. Le lendemain, Vercingétorix décide de se rendre. Après la reddition des gaulois, 70 000 personnes seront déportées par les Romains, la plupart pour être données ou vendues comme esclaves, la reddition ayant permis d'épargner la vie des Gaulois réfugiés à Alésia. Chaque soldat de César reçut un gaulois comme esclave. Du côté gaulois, le nombre des morts et des disparus est estimé à environ 10 000. [] Informations complémentairesLa Guerre des Gaules n?est pas celle de tous les gaulois. Seuls les grands propriétaires terriens, qui voyaient Rome menacer leurs privilèges, souhaitent se débarrasser des Romains. Commerçants et artisans qui s?enrichissent de plus en plus au contact de Rome, espèrent ainsi se libérer de la tutelle de l?aristocratie. L?ensemble du mobilier archéologique découvert sur le site d'Alise lors des fouilles de Napoléon III est déposé au musée des Antiquités nationales de Saint-Germain-en-Laye. La présentation des collections provenant de ce site est l?une des toutes premières à avoir été mise en ?uvre à Saint-Germain : ainsi, dès l?origine des collections, la salle Alésia a constitué, à proprement parler, le c?ur du musée des Antiquités nationales. [] Liens externes
<span class="AdQ" id="en" style="display:none;" /><span class="AdQ" id="en" style="display:none;" /> DernierMirror La source est wikipedia http://fr.wikipedia.org/wiki/Bataille d\'Alésia |
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