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{revue}
La Banque mondiale (parfois abrégée BM) désigne deux institutions internationales : la Banque internationale pour la reconstruction et le développement (BIRD) et l’Association internationale de développement (AID, ou IDA), créées pour lutter contre la pauvreté en apportant des aides, des financements, des conseils, aux États en difficulté1. Le groupe de la Banque mondiale désigne quant à lui un ensemble de cinq établissements. Son siège est à Washington. Le président est élu pour cinq ans par le Conseil des Administrateurs de la Banque. Elle fait partie des institutions spécialisées du système de l'Organisation des Nations unies (ONU).
Histoire
Bâtiment du Groupe de la Banque mondiale à Washington
Elle fut créée le 27 décembre 1945 sous le nom de Banque internationale pour la reconstruction et le développement après signature de l'accord Bretton Woods du 1er au 22 juillet 1944. Le 9 mai 1947, elle approuva son premier prêt, qui fut accordé à la France pour un montant de 250 millions de dollars (en valeur actualisée, il s'agit du plus gros prêt consenti par la Banque)2. La Banque mondiale a été créée principalement pour aider l'Europe et le Japon dans leur reconstruction, au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, mais avec le mouvement de décolonisation des années soixante, elle se fixa un objectif supplémentaire, celui d'encourager la croissance économique des pays en voie de développement africains, asiatiques et latino-américains. L'appellation Groupe de la Banque mondiale désigne depuis juin 2007 cinq institutions3 :
Les objectifs de la Banque mondiale ont évolué au cours des années. Elle a récemment mis l'accent sur la réduction de la pauvreté, en délaissant l'objectif unique de croissance économique. Elle favorise aussi la création des très petites entreprises. Elle a soutenu l'idée que l'eau potable, l'éducation et le développement durable sont des facteurs essentiels à la croissance économique, et a commencé à investir massivement dans de tels projets. En réponse aux critiques, la Banque mondiale a adopté une série de politiques en faveurs de la sauvegarde de l'environnement et du social, visant à s'assurer que leurs projets n'aggravaient pas le sort des populations des pays aidés. En dépit de ces politiques, les projets de la Banque mondiale sont souvent critiqués par les organisations non gouvernementales (ONG) pour ne pas lutter efficacement contre la pauvreté, et négliger les aspects sociaux et environnementaux. Selon la charte fondatrice, les prêts sont versés en fonction de considérations purement économiques, le régime politique du pays bénéficiaire n'étant pas pris en compte. Ce dernier point a cependant évolué depuis les années 2000: « L'idée selon laquelle des aides ne devraient être accordées à un pays en difficulté que sous certaines conditions relatives à l’utilisation de cette aide (en termes de bonne gestion, mais aussi de respect des droits de l’homme, par exemple) est maintenant largement admise4. » La BIRD compte actuellement 185 pays membres5. Chaque année, elle publie un Rapport sur le développement dans le monde chargé de rendre compte des résultats obtenus. En février 2009, un rapport d'audit interne a indiqué que des employés de la banque avaient autorisé l'injection de fonds dans un projet immobilier en Albanie, mais que les informations qu'ils avaient utilisées étaient incomplètes ou sciemment faussées. Ce rapport a mis à jour différentes procédures fautives de la banque6. RôlesSon action est aujourd'hui principalement orientée vers les pays en voie de développement (PVD), et en particulier les pays les moins avancés (PMA), sur des axes comme l'éducation, l'agriculture, l'industrie, … Elle accorde des prêts à des taux préférentiels à ses pays membres en difficulté. En contrepartie, elle réclame que des dispositions politiques (appelées « politiques d'ajustement structurel ») soient prises pour, par exemple, limiter la corruption, maintenir un équilibre budgétaire ou faciliter l'émergence d'une démocratie. En plus des prêts accordés, elle finance également (directement ou indirectement) des projets d'ONG, et conduit de nombreuses recherches en rapport avec le développement de chaque pays. Ainsi, c'est la Banque mondiale qui mesure l'Indicateur de développement humain (IDH) dans différents pays et zones géographiques, ou qui conduit avec l'Unicef des études thématiques sur l'eau et l'assainissement. FonctionnementLa Banque mondiale compte environ 10 000 employés. Elle fonctionne en cycles triennaux (campagnes de trois ans) et distribue ses fonds sous forme de dons à hauteur de 20%, le reste prenant la forme de prêts sans intérêt, mais avec une commission de 0,75 %7. Pour le cycle 2005-2008, la Banque mondiale a versé 17,7 milliards de dollars (soit 12,2 milliards d’euros) aux pays en développement7. Les bailleurs de fonds les plus importants étaient les États-Unis (13,8 % du total), le Royaume-Uni (13,2 %), le Japon (12,2 %), l'Allemagne (8 %) et la France (7,1 %)7. Le cycle 2008-2011, le 15e, baptisé « IDA 15 » doit verser 41,6 milliards de dollars (soit 28,8 milliards d'euros)7. Pour la première fois, la Chine est devenue contributeur, et le Royaume-Uni est passé devant les États-Unis comme premier bailleur de fonds. L'argent doit permettre de construire de nouvelles infrastructures (routes, égouts, réseaux électriques, écoles) ou encore financer des opérations de microcrédit. Les prêts s'adressent aux pays dont le PIB/hab. est inférieur à 1085 dollars. Pour le cycle IDA 14, les cinq premiers emprunteurs étaient l’Inde, le Pakistan, le Nigeria, le Viêt Nam et l’Éthiopie. Au total, en 2008, 45 États sont donateurs (dont la Chine et l’Afrique du Sud) alors que 80 États peuvent emprunter des fonds à l’Association Internationale de Développement. PrésidenceSelon une règle tacite, le directeur du FMI est désigné par les gouverneurs européens alors que le président de la Banque mondiale est désigné par le gouvernement américain, les États-Unis étant le principal actionnaire de la Banque mondiale. Il est élu pour un mandat de 5 ans, renouvelable, par le conseil d'administration. Depuis le 1er juillet 2007, Robert Zoellick est le président de la Banque mondiale. Liste des présidents
CritiquesL'action de la Banque mondiale est souvent critiquée, en particulier par les gouvernements en place qui rebutent à prendre des mesures anticorruption et organiser de véritables élections, et par les mouvements altermondialistes qui accusent la Banque mondiale de répondre plus aux exigences des multinationales qu’à celles des populations locales. « Des crises de légitimité engendrent des projets de réforme, tant à l’ONU qu’au Fonds monétaire international et à la Banque mondiale. Elles ont pour point commun une demande de transparence et de démocratie, d’une part, et une remise en cause des finalités et des modes d’intervention de ces organisations, d’autre part. »4 Influence des États-UnisUne critique[réf. nécessaire] considère la Banque mondiale comme étant sous l'influence politique des États-Unis, qui en profiteraient pour faire avancer leurs propres intérêts. Ce fut le cas lorsque le premier prêt de la Banque mondiale à destination de la France avait été retardé sous la pression américaine jusqu’à ce que les communistes quittent le gouvernement de De Gaulle8. La nomination en juin 2005 de Paul Wolfowitz qui a suscité de nombreux commentaires, de sa nomination jusqu'à sa chute9 en serait une autre illustration. Selon ses détracteurs, Paul Wolfowitz, « architecte » de la Guerre en Irak10, projetait d'imposer par la paix ce qui n'a pas pu l'être par la guerre11. Par ailleurs, la règle tacite du choix du président de l'Institution par le gouvernement américain est critiquée. Joseph Stiglitz a reproché aux pays européens d'être responsables de la mauvaise période traversée par la Banque mondiale.12. Retrait du VenezuelaLe 1er mai 2007, le président du Venezuela, Hugo Chavez a annoncé son intention de retirer son pays de la Banque mondiale et du Fonds monétaire international13 avec ces mots: « Il vaut mieux que nous en sortions avant qu'on nous ait pillés » et après avoir procédé en 2006 au remboursement total de la dette extérieure vénézuélienne. Au 30 juin 2007, ce retrait n'est pas effectif14. Affaire WolfowitzArticle détaillé : Affaire Wolfowitz.
Héros de la lutte anticorruption dans les pays en développement, Paul Wolfowitz a été impliqué dans une affaire de favoritisme au sein de la Banque mondiale concernant Shaha Riza, une collaboratrice avec laquelle il entretenait une liaison, et a dû démissionner en juin 2007, deux ans après sa nomination. Nomination de Robert ZoellickJoseph Stiglitz, Prix Nobel d'économie et ancien responsable de la Banque mondiale, estime que la nomination de Robert Zoellick « est dans la continuité de celle de Paul Wolfowitz, dont le mandat a été "une catastrophe" »15. Pascal Lamy souligne cependant « son talent d'artisan du consensus et sa capacité de tendre la main aux pays en développement »16. Zoellick est considéré comme plus pragmatique que son prédécesseur, conservateur mais pas néo-conservateur16, et un fervent partisan de l'ouverture des marchés. Il demeure « la bête noire » des altermondialistes17. Voir aussiArticles connexesLiens externes
Notes et références
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