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Revue de presse Autriche-Hongrie
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Autriche-Hongrie

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.

K.u.K. Österreich-Ungarn (de)
Osztrák?Magyar Monarchia (hu)

(Empire austro-hongrois)
1867 ? 1918
Monarchie
Drapeau Armoiries
L'Autriche-Hongrie en 1913.
L'Autriche-Hongrie en 1913.

Compromis de 1867 29 mai 1867
Indep. Tchèques et Slovaques 28 octobre 1918
Indep. Slaves du Sud 29 octobre 1918
Dissolution 31 octobre 1918
Traité de Saint-Germain 10 septembre 1919
Traité de Trianon 4 juin 1920

Capitale Vienne et Budapest
Langue(s) Allemand et langues minoritaires (Autriche)
Hongrois et latin (Hongrie)
Religion }}
Superficie 676 615 km² (1910)
Population 51 390 223 hab. (1910)

PIB }}
PIB/hab. {{{pib hab}}}
Monnaie Florin (1867-1892)
Couronne (1892-1918)
Fuseau horaire {{{fuseau horaire}}}
Domaine internet {{{domaine internet}}}
Indicatif téléphonique {{{indicatif téléphonique}}}
Devise
Hymne }}

Entité précédente
Empire d'Autriche
Entités suivantes
République d'Autriche allemande
République soviétique hongroise
Première République tchécoslovaque
État des Slovènes, Croates et Serbes
Deuxième République de Pologne
République nationale ukrainienne
Royaume de Serbie
République du Banat
Royaume d'Italie
Royaume de Roumanie


L'Autriche-Hongrie est le nom d'un pays d'Europe centrale, formée par une double monarchie (Empire d'Autriche, et Royaume de Hongrie) de 1867 à 1918, unis par la famille des Habsbourg et créé par le « compromis austro-hongrois » (en allemand : Ausgleich) à la place de l'Empire d'Autriche, pour juguler les vélléités d'indépendance des peuples de cet empire. Le projet politique de cet ensemble consistait en la création d'une hégémonie des peuples allemands d'Autriche et des peuples magyars de Hongrie sur une majorité de peuples slaves . Chemin faisant, ce projet donnait satisfaction à la noblesse hongroise en pérennisant les liens féodaux qui se maintinrent dans ce pays jusqu'à ce que l'ensemble du projet s'écroule suite à la défaite de la première guerre mondiale.

En 1867, François-Joseph Ier, empereur d'Autriche, est couronné roi de Hongrie. Autocrate, il maintient la cohésion de l'État plurinational grâce à la noblesse, à l'église catholique, à l'armée et à la bureaucratie.

La « Double Monarchie » est une expression que l'Autriche-Hongrie possédait en propre. L'aigle à deux têtes est un symbole bien antérieur à la constitution de cette double monarchie mais qui lui convenait parfaitement. On emploie aussi l'expression « monarchie danubienne ».

La maison régnante des Habsbourg, dont les membres avaient le titre d'archiduc, était parfois qualifiée d'Archi-Maison (Erzhaus).

Les deux parties de l'Empire étaient séparées par un affluent du Danube, la Leitha, la partie autrichienne étant la Cisleithanie (« en-deçà de la Leitha »), et la partie hongroise la Transleithanie (« au-delà de la Leitha »).

L'Autriche-Hongrie ne survécut pas à sa défaite de la Première Guerre mondiale, et fut démantelée par les décisions majoritaires émises par les assemblées représentatives des Etats-Nations qui se constituèrent à l'occasion de cette défaite.

Sommaire

[] Histoire

[] Naissance de l'Empire

L?Autriche-Hongrie en 1914 est un ensemble politique bâti par une dynastie qui a plusieurs siècles d?histoire.

[] Les Habsbourg

Article détaillé : Habsbourg.

La dynastie des Habsbourg prend naissance au Xe siècle avec Gontran le Riche, comte d?Alsace et d?Argau, l?actuel canton d?Argovie en Suisse (elle tire son nom du château de Habsbourg, en Argovie).

Gontran le Riche (920-973) est le fils de Hugues Ier (940), comte d?Alsace et divers autres territoires, dont l?Argovie, héritier de la première dynastie de Lorraine, remontant au IVe siècle, jusqu?à Hortar, duc des Alamans, décédé en 350.

Du Xe siècle au XIIIe siècle les Habsbourg se sont cantonnés dans leurs possessions de Haute Alsace et de Suisse. Ils ne sont que de grands seigneurs sous la suzeraineté de plus puissants, comme le roi de France ou l?empereur du Saint Empire Romain Germanique.

En 1273, Rodolphe Ier, comte d?Alsace, est élu Roi des Romains : il est suffisamment puissant pour être digne de l?élection mais pas assez pour porter ombrage aux autres dynasties allemandes, telles que les Welf, les Wettin et les Hohenstaufen, qui se partagent habituellement la dignité impériale.

[] Acquisition du duché d'Autriche

Histoire de l'Autriche
Antiquité
Civilisation de Hallstatt
Norique (Noricum)
Margraviat de l'Autriche
Maison de Babenberg
Privilegium Minus
Ère Habsburg
Habsbourg
Saint Empire romain germanique
Archiduché d'Autriche
Guerre de Succession d'Autriche
Joséphisme
Empire d'Autriche
Congrès de Vienne
Confédération allemande
Autriche-Hongrie
Première Guerre mondiale
Attentat de Sarajevo
Première Guerre mondiale
Entre-deux-guerres
République d'Autriche allemande
Traité de Saint-Germain
Première République d'Autriche
Austrofascisme
Seconde Guerre mondiale
Anschluss
Seconde Guerre mondiale
Après-guerre
Occupation alliée
Staatsvertrag
Deuxième République d'Autriche
Cette boîte: voir ? disc. ? mod.

En 1282, il persuade les Électeurs de ratifier la cession du duché d?Autriche, laissé libre par l?extinction de la dynastie des Babenberg, et de celui de Styrie à son fils Albert.

C'est le début de la présence des Habsbourg en Autriche.

[] Archiduché d'Autriche

Le titre d?Archiduc d?Autriche est créée pour Rodolphe IV (1339-1365) en 1363.

Dès lors la dynastie des Habsbourg accroit sa puissance territoriale et politique par une série de grands mariages, justifiant la devise Bella gerant alii, tu felix Austria nube (« Les autres font la guerre, toi, heureuse Autriche, tu te maries »).

[] Première réunion de l'Autriche et de la Hongrie - 1437-1457

En 1421, Sigismond Ier, empereur, roi de Bohême et de Hongrie, donne sa fille unique, Elisabeth, en mariage à Albert V (1397-1439), duc d?Autriche, puis empereur. Albert est donc duc d'Autriche, roi de Bohême et de Hongrie de 1437 à sa mort en 1439.

Albert et Élisabeth n?ont que des filles. Si la couronne impériale échoit à son cousin, Frédéric de Habsbourg, les terres vont à son fils posthume Ladislas Ier (après le court règne de Ladislas III Jagellon en Hongrie de 1439 à 1444).

Ladislas Ier meurt adolescent, le duché d'Autriche revient à Frédéric III, les royaumes de Bohême et de Hongrie sortent de la maison des Habsbourg.

[] Acquistion dynastique du royaume de Hongrie

Maximilien Ier, à qui l'on doit la devise AEIOU (Austria Est Imperare Orbi Universo, « il appartient à l?Autriche de régner sur le monde ») réussit à conclure des mariages importants pour ses descendants.

Il marie son fils unique, Philippe avec Jeanne, future reine de Castille et d?Aragon, unique héritière du royaume d?Espagne.

Il marie son petit-fils Ferdinand, second fils de Philippe et de Jeanne, avec Anne Jagellon héritière de la Bohême et de la Hongrie.

En 1519, l?Empereur Maximilien laisse pour héritiers son premier petit-fils, Charles Quint, empereur du Saint Empire, archiduc d?Autriche, roi d?Espagne, duc de Bourgogne, souverain des Pays-Bas, et son deuxième petit-fils, Ferdinand, roi de Bohême et de Hongrie.

En 1521, Charles Quint confie l?administration des duchés autrichiens à son frère Ferdinand. Lors de son abdication en 1556, Charles Quint divise son empire en deux : la partie espagnole, y compris les Pays-Bas, échoit à son fils Philippe II, et la partie allemande, y compris les droits à l?Empire, à son frère Ferdinand. Les Habsbourg se divisent alors en deux branches : Les Habsbourg d?Espagne et les Habsbourg d?Autriche, unis par de multiples mariages consanguins.

Les couronnes ceintes par les Habsbourg, celle du Saint Empire, de la Hongrie, de la Bohême sont donc réunies sous la dynastie des Habsbourg d?Autriche.

L?agrandissement des possessions Habsbourg se fait par diverses conquêtes militaires, essentiellement au cours des siècles suivants.

Sous le règne de Léopold Ier (1640-1705), les Ottomans assiègent Vienne. À la suite de leur défaite, le Traité de Karlowitz, en 1699, accorde aux Habsbourg la Croatie, la Hongrie et la Transylvanie.

En 1700, le dernier Habsbourg d'Espagne, Charles II d'Espagne meurt sans héritier. À la suite des traités d'Utrecht (1713) l'Espagne passe alors au Bourbon Philippe V d'Espagne, petit-fils de Louis XIV, les Habsbourg d'Autriche, quant à eux, récupèrent les Pays-Bas et le royaume de Sicile.

[] La Pragmatique Sanction

Au début du XVIIIe siècle, les Habsbourg se trouvent dans une situation dynastique difficile. Comme leur cousin espagnol, les deux fils de Léopold Ier, Joseph (1678-1711) et Charles (1685-1740) n?ont pas d?héritier mâle. À la mort de Joseph Ier, les couronnes échoient à son frère cadet, Charles VI.

Charles VI a deux filles, Marie-Thérése et Marie-Anne. Son souci est d?organiser une succession dynastique au profit de l'aînée. Par la Pragmatique Sanction, en 1713, il est décidé à la fois l?union indéfectible des couronnes d?Autriche, de Hongrie et de Bohême, et leur dévolution à son héritier quel qu?en soit le sexe.

Cet accord signé par tous les grands états de l?époque ne règle toutefois pas les problèmes de la Couronne Impériale du Saint Empire, sur la dévolution de laquelle Charles VI n?a aucun pouvoir, puisqu?elle est théoriquement élective et que jamais une femme n'a été élue à la tête du Saint Empire. À la mort de son père en 1740, Marie-Thérèse voit son héritage immédiatement contesté par tous les autres souverains.

[] Les Habsbourg-Lorraine

En 1736, elle avait épousé François Ier, duc de Lorraine. La dynastie prend alors le nom de Habsbourg-Lorraine. Sous la pression du roi de France, qui craint de voir les Habsbourg trop près de son territoire, il avait fallu que le duc de Lorraine renonçât à son duché au profit de la France. En compensation, il reçut le duché de Toscane, où le dernier Médicis, Jean Gaston, venait de mourir sans héritier. La Toscane, bien qu?État souverain, fut alors considérée comme partie de l?Héritage Habsbourg, et ce jusqu?en 1860, date de son annexion par le nouveau royaume d'Italie.

Marie-Thérèse gagne la guerre de Succession d?Autriche et peut régner jusqu?en 1780, en organisant de façon remarquable l?ensemble de ses états.

En 1765, à la mort de son père, François Ier de Lorraine, Joseph (1741-1790) est élu empereur, alors que sa mère reste « roi » de Bohême et de Hongrie. Ils assurent ensemble la direction des affaires.

En 1772, elle annexe la Galicie, au sud-est de la Pologne, après son premier partage. Elle s?est laissée entraîner dans cette guerre, injustifiable, par Frédéric II de Prusse et Catherine II de Russie.

À la mort de Marie-Thérèse, Joseph II hérite d?une situation financière saine et d'une armée mieux organisée que ne l?avait jamais connu l?empire hétérogène.

Joseph II, souverain éclairé, désireux du bonheur de ses peuples, selon la conception rationaliste du XVIIIe siècle, veut réorganiser l?empire sous une forme plus centralisée. Il impose la langue allemande comme langue unique d?administration, par souci d?efficacité, ce qui heurta les diverses nationalités de l?Empire. Il s?attaque également au pouvoir de l?Église et organise une école publique gratuite, ouverte à tous, la première en Europe, qui fonctionne parfaitement et sait créer les élites de la monarchie jusqu?en 1918. Elle permet notamment l?ascension sociale des classes populaires tout au long du XIXe siècle.

À sa mort, sans enfant, son frère Léopold II (1747-1792), jusqu?alors grand-duc de Toscane par heritage de son père, monte sur le trône pour une courte période.

Son fils, François (1768-1835), mène, à partir de 1792, la guerre contre les révolutionnaires. Il y gagne la Lombardie et la Vénétie, en Italie du nord, mais y perd la Belgique, par les traités de Campoformio en 1797 et de Lunéville en 1801.

[] Fin du Saint Empire et création de l'Empire d'Autriche

Napoléon Ier proclame la fin du Saint Empire Romain Germanique, en créant de nouveaux royaumes et principautés, comme la Bavière, le Wurtemberg, la Saxe, la Hesse, le grand-duché de Bade et bien d?autres. François II, de dernier Empereur Romain, devint le premier empereur d'Autriche sous le nom de François Ier, en 1804.

Le Congrès de Vienne en 1814 consacre cet état de choses. En Allemagne, la Confédération Germanique est créée, dont l?empereur d?Autriche prend la présidence, qui lui est rapidement contestée par la Prusse.

Les territoires de l?Empire de François Ier comprennent près de 900 000 kilomètres carrés répartis sur :

En outre, son frère Ferdinand règne en Toscane, et son influence sur les royaumes d?Espagne et de Naples est majeure.

À sa mort en 1835, il laisse une situation politique stable en apparence, que la montée des nationalismes, issus des idées de la Révolution française, va bouleverser. Son fils Ferdinand Ier, bien que faible d?esprit, monte sur le trône, soutenu par le chancelier Metternich qui voit en la personne du monarque non un individu, mais un principe auquel rien ne doit déroger.

Le "Printemps des Peuples" de 1848 voit les nationalités de l'Empire réclamer l'autonomie de leurs territoires : c'est ce que feront les Tchèques en Bohême-Moravie, les Polonais en Galicie, les Croates en Croatie-Slavonie, les Roumains au Banat, en Transylvanie et en Bucovine. Les Italiens du Royaume Lombard-Vénitien et les Hongrois du royaume de Hongrie par contre réclament l'indépendance et proclament des républiques. La révolte prend de l'ampleur, les Hongrois sont victorieux mais, en vertu de la Sainte-alliance, les Autrichiens font appel aux troupes russes qui écrasent dans le sang la république hongroise dirigée par Kossuth. A Vienne, la révolution gronde également et les évènements de Vienne et de Budapest obligent les dirigeants habsbourgeois, après la fuite de Metternich, à un changement dans le chef des personnes royales. L?archiduchesse Sophie(1805-1872), l?Impératrice douairière, Augusta, demi-s?ur de Sophie, et l?épouse de Ferdinand, née Marie-Anne de Savoie, décident, dans ce qu?il est convenu d?appeler le « Complot des dames », qu?il faut donner à l?empire d?Autriche un nouveau souverain, jeune. François-Joseph, fils de l?Archiduc François-Charles d'Autriche (1802-1878) et de l?Archiduchesse Sophie, neveu et héritier légitime de Ferdinand Ier, monta sur le trône en 1849, après l?adbication de ce dernier et la renonciation de son père.

[] L'Autriche-Hongrie

Autriche (rouge) et de Hongrie (vert) vers 1900. La Bosnie-Herzégovine (jaune) est occupée à partir de 1878, puis annexée en 1908 et gouvernée conjointement.
Autriche (rouge) et de Hongrie (vert) vers 1900. La Bosnie-Herzégovine (jaune) est occupée à partir de 1878, puis annexée en 1908 et gouvernée conjointement.

Cette accession n'est toutefois pas admise par tous les Hongrois, qui considèrent Ferdinand Ier comme leur souverain. La prééminence de la Maison d'Autriche est contestée aussi en Allemagne, par la Prusse, qui à la suite de l'affaire des Duchés et de la bataille de Sadowa, y met fin. La création de l'Empire allemand, à la suite de la défaite de la France à Sedan, consacre la première place des Hohenzollern en Allemagne. Au sud-ouest, l'unité italienne, menée par Victor-Emmanuel II, Cavour et Garibaldi, avec l'aide de Napoléon III, met fin à la présence autrichienne en Italie du Nord, à l'exception du Tyrol du Sud et de Trieste. L'Empire doit donc se réorganiser pour survivre.

Après la défaite de Sadowa en 1866, les options fédérale à six (Autriche, Bohême, Galicie, Hongrie, Croatie et Transylvanie) ou à trois (Autriche, Hongrie, Croatie) sont abandonnées, et en 1867 l'empire d'Autriche devient une « double monarchie » (impériale et royale) rassemblant l'empire d'Autriche et le royaume de Hongrie. Ce compromis fait accepter François-Joseph par les Hongrois, et il est solennellement couronné roi de Hongrie à Budapest.

En apparence, les Habsbourg ont donc reserré les rangs, mais en fait, si l'accord austro-hongrois, en donnant naissance à la double monarchie d?Autriche-Hongrie, rééquilibre le rôle de la Hongrie (Transleithanie) au sein de l?Empire d'Autriche (Cisleithanie), il marginalise et dresse contre les Habsbourg les autres peuples de l'Empire (notamment slaves et Roumains). La Croatie et la Transylvanie sont réunies à la Hongrie, qui fait l'erreur d'y pratiquer une politique centralisatrice et de réprimer les autonomistes. La Dalmatie, façade méditerranéenne de l'empire, la Bohême, la Galicie et la Bucovine demeurent autrichiennes, Vienne pratiquant là une politique de germanisation tout aussi étouffante pour les populations locales. L'Autriche-Hongrie devient alors pour ses sujets autres que les Autrichiens et les Hongrois (c'est à dire pour 55 % d'entre eux) une prison des peuples.

Ayant abandonné toute idée d'expansion au sud et à l'ouest, François-Joseph tentera de compenser les tensions internes créées par le compromis de 1867, en inaugurant le Drang nach Osten (expansion vers le sud-est, vers les Balkans). Suite à la guerre Russo-turque de 1877, le traité de Berlin en 1878 confie à l'Autriche-Hongrie l'administration de la Bosnie-Herzégovine ottomane, devenue autonome par le traité de San Stefano. L'Empire annexe ce territoire en 1908, dernière annexion des Habsbourg, malgré l'opposition de la Russie et de la France. La politique slave de François-Joseph s'oppose aux visées de l'Empire Russe dans les Balkans dans le démembrement envisagé de l'Empire ottoman. Leurs ambitions antagonistes sont l'une des causes de la Première Guerre mondiale.

[] Organisation en 1910

Subdivisions de l'Autriche-Hongrie
Subdivisions de l'Autriche-Hongrie

Source : Grande Géographie Bong Illustrée, Tome II, Onésime Reclus, 1912.

L'Empire d'Autriche-Hongrie est le deuxième d'Europe en superficie. Il est formé de l'empire d'Autriche, du royaume de Hongrie et de la Bosnie-Herzégovine qui n'est rattachée ni à l'Autriche, ni à la Hongrie.

[] L'Empire d'Autriche

L'Empire d'Autriche a une superficie de 300 193 km² pour une population de 28 567 898 habitants (recensement de 1910). Il est constitué de 17 provinces :

Province Capitale Superficie Population
Basse-Autriche Vienne 19 854 km² 3 530 698 hab.
Haute-Autriche Linz 11 994 km² 852 667 hab.
Bohême Prague 51 967 km² 6 774 309 hab.
Bukovine Czernowitz (Cernanti) 10 456 km² 891 364 hab.
Carinthie Klagenfurt 10 333 km² 394 737 hab.
Carniole Laibach (Ljubljana) 9 965 km² 525 083 hab.
Comté de Goritz et Gradiska Goritz 2 927 km² 261 721 hab.
Dalmatie Zara 12 863 km² 646 062 hab.
Galicie Lemberg (Lviv) 78 532 km² 8 022 126 hab.
Istrie Parenzo 4 951 km² 403 261 hab.
Moravie Brünn (Brno) 22 231 km² 2 610 914 hab.
Salzbourg Salzbourg 7 163 km² 214 997 hab.
Silésie Troppau 5 153 km² 756 590 hab.
Styrie Graz 22 449 km² 1 441 604 hab.
Territoire de Trieste Trieste 95 km² 229 475 hab.
Tirol Innsbruck 26 690 km² 946 498 hab.
Vorarlberg Bregenz 2 570 km² 145 794 hab.

[] Le Royaume de Hongrie

Le royaume de Hongrie a une superficie de 324 857 km² et une population de 20 840 678 habitants. Il est constitué :

  • de la Hongrie proprement dite (282 323 km²),
  • de la Croatie-Slavonie (encore appelée Croatie-Esclavonie), avec pour capitale Agram (ou Zagreb), 42 534 km².
  • et du territoire de Fiume (20 km²).

[] La Bosnie-Herzégovine

La Bosnie-Herzégovine a une superficie de 51 199 km² et une population de 1 898 044 habitants. Elle est constituée de deux provinces :

  • la Bosnie, capitale Sarajevo
  • l'Herzégovine, capitale Mostar

L'empire d'Autriche-Hongrie comprenait en 1914 les régions suivantes (présentées ici avec leur date de rattachement à l'empire et leurs situations actuelles approximatives) :

[] Les différentes nationalités

Les nationalités (se définissant alors lors des recensements par la déclaration d?usage de la langue) sont, en 1910, réparties ainsi [1] :

  • Les Allemands sont 12 006 591 (23.36 %) dont 9 millions en Autriche et 2 millions en Hongrie. Le groupe germanique forme une masse compacte dans la zone de l'actuelle Autriche, encercle la Bohême sur trois côtés (sud-ouest, nord-ouest et nord-est) dans les Sudètes. Un certain nombre sont éparpillés dans d'autres régions (villes de Moravie et de Slovaquie, Transylvanie, Bucovine en particulier).
  • Les Magyars sont (essentiellement en Pannonie et dans l'est de la Transylvanie), quelque 10 056 315, soit 19.57 % de la population de la Double-couronne.

Quoique sociologiquement disparate, l'élément slave comptant pour près de 45 % du total, vit mal sa subordination aux Austro-allemands (23.36 %) et Magyars (19.57 %). Important en Bohème-Moravie et chez les Serbes et Croates, le sentiment panslave souffre en Galicie de l'attitude de l'Empire tsariste face à ses Polonais et Ukrainiens.

Les Latins (Italiens au sud-Tyrol, en Istrie et en Dalmatie, Roumains en Hongrie orientale, en Transylvanie et en Bucovine) représentent quelque 7.77 %. Par ailleurs 2 313 569 sujets de l'Empire (4.57%) appartiennent à d'autres ethno-cultures ; il s'agit principalement des Juifs (souvent yiddishophones en Galicie, leur principale zone d'implantation, mais étaient germanophones à Vienne ou Prague et hungarophones dans les pays magyars) et des Rroms.

[] Langues

Langues Diffusion Population Pourcentage
Allemand Autriche, Bohème urbaine (Austro-allemands et Juifs), Silésie, ilôts au Banat, en Galicie, Panonnie, Bucovine, Carniole et Transylvanie (Saxons) 12 006 591 23.36 %
Hongrois Pannonie, Slovaquie, Banat, Transylvanie (Magyars et Sicules) 10 056 315 19.57 %
Tchèques Bohème-Moravie, Silésie 6 442 133 12.54
Slovaque Slovaquie, Silésie 1 967 970 3.83 %
Polonais Galicie occidentale, villes de Galicie orientale, Silésie 4 976 804 9.68 %
Ruthène (continuum russino-ukrainien) Galicie orientale, Bucovine 3 997 831 7.78 %
Parlers serbes, croates et bosniaques Dalmatie, Croatie-Slavonie, Bosnie-Herzogovine, Banat 4 380 891 8.52 %
Slovène Carniole, Istrie, Trieste 1 350 000 2.44 %
Roumain Hongrie orientale, Banat, Transylvanie, Bucovine 3 200 000 6.27 %
Italien Istrie, Trentin, Trieste, Dalmatie 768 422 1.50 %
Yiddish Galicie, Slovaquie, Bucovine, Transylvanie 1 000 000 environ 2 % environ


Il existe alors quatorze langues officielles dans l'Empire, ainsi que de nombreux sous-groupes linguistiques. Et si l'allemand est la langue du commandement, les officiers doivent pouvoir parler les langues majeures afin d'être compris de leurs hommes.

Si l'Empire habsbourgeois connaît un essor économique lié à la révolution industrielle (Vienne est alors une capitale économique très prospère) et une vie intellectuelle animée, il ne peut cependant pas échapper au problème posé par l'hétérogénéité de ses populations, qui emporte l'Empire lors de la défaite de 1918 face aux Alliés.

[] Effondrement de l'Empire

L'Autriche-Hongrie en 1918Légende : - en couleurs, l'Empire en 1914 ; - les traits rouges représentent les frontières de 1920.
L'Autriche-Hongrie en 1918
Légende :
- en couleurs, l'Empire en 1914 ;
- les traits rouges représentent les frontières de 1920.

Le dernier souverain d'Autriche-Hongrie fut Charles Ier d'Autriche. Monté sur le trône le 22 novembre 1916, à la mort de son grand-oncle François-Joseph, il tenta avec son épouse Zita de Bourbon-Parme les voies de la paix auprès de la France. La négociation entamée au printemps 1917 avec le gouvernement français, présidé alors par Aristide Briand par l'intermédiaire de Xavier et Sixte de Bourbon, frères de l'impératrice Zita, n'aboutit pas.

L'effondrement de l'empire austro-hongrois, après la fin de la guerre, en 1918-1919 aboutit à la création de nouveaux États au centre de l'Europe, et à un partage du territoire de l'ancien empire d'Autriche-Hongrie - divisé par huit - entre de nouveaux pays :

Ces nouveaux et anciens pays sont appelés les États successeurs de l'Autriche-Hongrie. On appelle révisionnisme l'attitude de la Hongrie indépendante qui réclamait le retour de ses anciennes frontières, ainsi que des Hongrois incorporés dans les nouveaux états successeurs. Le traité de Trianon est encore aujourd'hui mal vécu dans la société hongroise, mais sa révision supprimerait deux états européens (Slovaquie et Croatie) et en amputerait six autres Slovénie, Autriche, Pologne (dans les Tatras), Ukraine (en Ruthénie), Roumanie et Serbie.

Après 1867 les Habsbourg ont suscité un rejet, dans une partie de la classe politique et intellectuelle de bon nombre des pays sujets, qui préféraient l'idée de nation comme source de la souveraineté, issue de la Révolution française, à l'idée d'un empire supranational dont la souveraineté s'incarnait en une dynastie, les Habsbourg. Il faut noter que ce rejet n'a ni pris la forme d'une révolution sanglante comme en France ou en Russie, ni fait l'objet d'une consultation populaire comme lors du rattachement de Nice et de la Savoie à la France en 1860, ou lors de la proclamation de la République italienne en 1945. Le principe de la souveraineté nationale avait déjà été exprimé lors des révolutions de 1848, dite du Printemps des Peuples. C'est sur cette légitimité que les leaders des différentes composantes de l'Empire se sont appuyés en 1918 lorsque le président américain Woodrow Wilson proposa à l'Europe le principe du droit des peuples à disposer d'eux-mêmes.

Le retour a l'ordre ancien a été revendiqué par la Hongrie sous le gouvernement de Horthy, mais n'a jamais été envisagé même lors des arbitrages de Hitler en 1939 et 1940 en faveur de son allié hongrois. La Hongrie ne put alors récupérer que la moitié des territoires perdus par le traité de Trianon, Hitler voulant également ménager ses alliés Croates, Slovaques et Roumains. En 1946 le traité de Paris rétablit les frontières de Trianon et depuis, la Hongrie ne conteste plus ces traités, mais seulement leur légitimité morale, considérant qu'ils ont force de loi internationale supérieure à sa loi nationale.

La nostalgie de l'époque habsbourgeoise est toutefois récurrente dans la littérature majeure du XXe siècle de Joseph Roth à Stefan Zweig, chantres de la période impériale et royale.

[] Société

Les 49,425 millions d'Austro-Hongrois (1905) étaient sujets d'une monarchie pluri-ethnique.

Il est à noter qu'initialement la déclaration d'appartenance à une nationalité n'était pas l'expression d'une revendication politique, ni d'une quelconque souveraineté, mais simplement l'affirmation d'une langue et d'une culture. Jusqu'en 1917 seule une minorité contestait aux Habsbourg leur statut de souverains légitimes des États sur lesquels ils régnaient, dans le respect des langues, des cultures et des religions de chacun d'entre eux - et notamment des Juifs reconnus comme sujets à part entière, bénéficiant de la sympathie de l'Empereur François-Joseph. La majorité des sujets réclamait l'autonomie dans le cadre de l'Empire, et non la séccession.

Le dualisme austro-hongrois, issu du Compromis de 1867, a singulièrement tendu la situation en donnant aux Hongrois le pouvoir de bloquer toute modification constitutionnelle et toute évolution politique de l'Empire. Sollicité pour créer un trialisme en donnant aux Slaves une part égale, François-Joseph recula à plusieurs reprises, car il se sentait lié par son serment au sacre de Budapest, comme le fut ensuite son héritier Charles. Or ce serment impliquait l'unité de toutes les terres de la Couronne de Saint Étienne, c'est à dire la supression des Diètes de Croatie et de Transylvanie. De plus, le système électoral hongrois laissait des peuples aussi importants, au sein de la Monarchie, que les Slovaques ou les Croates, hors de la représentation parlementaire hongroise. François-Joseph reconnaissait qu'il eût fallu créer une troisième force slave, et rendre au grand-duché de Transylvanie sa Diète. Mais les aristocrates hongrois s'y refusèrent, car ils craignaient de voir voter des réformes (notamment foncières et linguistiques) qui auraient soustrait à leur pouvoir absolu des parties du territoire comme la Slovaquie, la Croatie, la Transylvanie ou la Ruthénie subcarpatique - toutes régions aujourd'hui perdues pour la Hongrie. Dans la partie autrichienne, la peur de voir les Slaves accroître leur influence dans la société au dépens de la culture allemande fut aussi un frein à l'acceptation de la transformation du dualisme en trialisme.

Les situations économiques et sociales étaient très différentes entre l'Autriche et la Hongrie. Dans les deux parties de la Monarchie, la noblesse conservait une influence réelle, en raison de l'immensité des terres possédées par elle et de sa présence dans la haute administration et au gouvernement. Mais l'Autriche, avec une bourgeoisie active et un taux de croissance de 1,45% avant 1914 - équivalent à celui de l'Allemagne- se rapprochait des états de l'Europe occidentale, la grande noblesse n'ayant pas hésité à investir dans les entreprises industrielles. Le suffrage y était universel depuis 1907 et toutes les nationalités étaient proportionnellement représentées au Parlement de Vienne. Un système d'assurances sociales avait été créé au profit des travailleurs. Et François-Joseph n'hésita pas à anoblir la grande bourgeoisie, y compris juive, en reconnaissance de ses mérites. D'ailleurs les Juifs austro-hongrois découvriront après 1918 que les "états successeurs" de l'Empire allaient se montrer (surtout à partir des années 1930) généralement moins tolérants à leur égard, que ne l'avaient été les Habsbourg. La Hongrie, par contre, restait très féodale dans sa structure (un héritage de l'écrasement de la révolution de 1848), et un tiers des terres appartenait à moins de 1000 familles.

La situation des minorités non plus, n'était pas la même en Autriche et en Hongrie. Les Slaves, notamment, participaient davantage à la vie politique de l'Empire en Autriche qu'en Hongrie. Le club polonais au Parlement de Vienne faisant souvent varier les majorités, au gré de ses intérêts. Edvard Bene? (et Hugh Seton-Watson, journaliste anglais ardent défenseur avec Lord Northcliffe de l'indépendance tchèque), ont reconnu que les Tchèques avaient une certaine liberté politique sous l'Empire, même si c'était dans le cadre autrichien. En Hongrie, en revanche, les Slaves et les Roumains n'avaient aucun droit politique réel, par défaut de représentation possible en application du système électoral. La vie politique était essentiellement réservée aux Magyars, qui avec 48% de la population de la "Grande-Hongrie" occupaient 407 des 413 sièges au Parlement de Budapest.

En terme de classes sociales la société austro-hongroise était parmi les plus inégalitaires d'Europe, avec une aristocratie toute-puissante et imbue de ses privilèges: la légitimité du régime reposait sur une assise sociale extrêmement étroite faisant la part trop belle à la haute noblesse, et au clergé qui en était issu. En 1914, par exemple, moins de 1% de la population possédait 40% du territoire. Une des revendications des nationalités était la réforme agraire, qui eut effectivement lieu après le partage de l'Empire. Pour toutes ces raisons, les peuples qui subissaient l'oppression austro-hongroise ? parfois depuis des siècles ? ont vu avec bonheur cet Empire s'effondrer. Aucun des États successeurs, même aux époques les plus troublées n'a souhaité que renaisse cette société privilégiant par trop les aristocrates. On peut citer à cet égard le mot du président tchécoslovaque Bene? qui, dans l'entre-deux-guerres disait : « Pour nous Hitler n'est pas pire que les Habsbourg ».

[] Alliances

L'Empire allemand et l'Autriche-Hongrie constituaient les « Empires centraux ». L'Allemagne et l'Autriche-Hongrie avaient constitué une alliance sous le nom de Duplice (Zweibund) qui devint la Triplice (Dreibund) ou Triple-Alliance quand l'Italie vint rejoindre l'alliance. Toutefois, l'Italie n'avait souscrit à cette alliance que dans l'optique d'une alliance défensive : elle ne devait fonctionner que dans la mesure où l'un des signataires aurait été agressé. Comme ce n'est pas ce qui s'est passé en 1914 ? puisque c'est l'Autriche-Hongrie qui a déclaré la guerre à la Serbie ? l'Italie choisit finalement d'entrer en guerre aux côté des Alliés occidentaux en 1915, en signant un traité aux clauses secrètes d'attribution du Tyrol du Sud, du Trentin, de Trieste et de la Dalmatie en cas de défaite de l'Autriche.

[] Liste des empereurs d?Autriche

[] Empereurs d?Autriche

[] Empereurs d?Autriche et rois de Hongrie

[] Culture

Pour l'écrivain de langue allemande Robert Musil (dans son roman L'Homme sans qualités), qui a dû être officier dans l'armée « cacanienne », l'Autriche-Hongrie était la Cacanie, du préfixe apposé partout K. und K. : Kaiserlich und Königlich (« impérial et royal »).

La terminologie exacte semble avoir été la suivante :

  1. « impérial et royal » pour les services communs (armée, finances, diplomatie) : la KuK Marine était la marine de guerre
  2. « impérial-royal » pour les services propres à la Cisleithanie : le souverain y était empereur d'Autriche mais aussi roi de Bohême
  3. « royal » pour les services propres à la Transleithanie où le souverain régnait à titre de roi de Hongrie.

Le puissant rayonnement culturel de la monarchie habsbourgeoise à la fin du XIXe siècle et au début du XXe siècle, a été stimulé notamment par sa richesse multinationale et le dynamisme de sa minorité juive : Broch, Freud, Kraus, Mahler, Popper, Roth, Schnitzler, Schönberg, Weininger et Zweig en étaient issus. Vienne fut peut-être la capitale de la modernité. Son influence s'étendit tout au long du XXe siècle dans le domaine des arts, peinture, architecture, musique, littérature et le domaine médical, avec l'école psychanalytique, qui révolutionna la perception du monde.

Il est à noter, que malgré un conservatisme certain, la Cour de Vienne et notamment l'empereur François-Joseph, ont toujours soutenu les artistes contemporains et le groupe Sécession, par la commande officielle. Ainsi, entre autres, Otto Wagner participa à la construction du métro de Vienne, en réalisant diverses de ses stations, réalisa l'immeuble de la Caisse d'Épargne et de la Poste et Gustav Klimt se vit confier la fresque du hall d'entrée du Kunsthistorisches Museum à Vienne, ainsi que celles de la Villa Hermès offerte par François-Joseph à son épouse Elisabeth, dite