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Attila [v. 406 (?) – 4531,2 fut le roi des tribus hunniques, peuplades originaires d'une région allant de l'Europe de l'Est aux steppes d'Asie centrale. Selon l'historiographie romaine, il régna de 434 à 453 sur l'Empire hunnique (une grande partie de l'Europe centrale et de l'Asie centrale).
BiographieAttila est fils du roi d'une tribu hunnique, Moundzouk, qui meurt à la guerre en 408. Orphelin, il est adopté et élevé avec son frère aîné Bleda par son oncle, le roi hun Ruga (ou Rua/Ruas). En 434, Ruga partage l'Empire hunnique entre ses deux neveux, Attila et Bleda, avant de mourir. De 435 à 440, le règne de Bleda est marqué par le triomphe des Huns face à l'Empire romain d'Orient. Ce triomphe est avant tout diplomatique et la politique de Bleda à l'égard des Romains est pacifique. Un doublement du tribut versé par l'empire romain d'Orient de Constantinople et la promesse impériale de ne plus s'allier aux Barbares ennemis des Huns (aux peuples germaniques restés indépendants) laissent les mains libres à Bleda. Aussi les Huns étendent-ils leur empire jusqu'aux Alpes, au Rhin et à la Vistule.[réf. nécessaire] La prise de pouvoir d'AttilaPourtant, dès 440, profitant de l'occasion qu'offre l'invasion de l'Arménie romaine par les Perses sassanides, invasion qui détourne momentanément l'attention de Constantinople des Huns, Bleda attaque à nouveau l'empire romain d'Orient. À ce moment, Attila n'aide son frère qu'en dernier recours, ayant entamé de son côté des pourparlers avec l'Empire. Il ne le fait sans doute que pour éviter d'être lésé sur le partage du butin. La politique séparée d'Attila lors de la guerre de 441-442 s'explique principalement par sa volonté de négocier avec les Romains la remise des princes héritiers huns qui s'étaient réfugiés dans l'empire à la mort de Ruga, dès 435. Ceux-ci auraient hérité du royaume en cas de décès de son frère. Fin 444 ou début 445, le frère aîné d'Attila, Bleda, disparaît et laisse son cadet seul roi des Huns. Ce frère aîné menait une vie très dissolue ; il aurait succombé aux excès de boisson dont il était un fervent adepte. On a suggéré qu'une intervention d'Attila l'avait fait disparaître, mais aucun élément de preuve ne confirme cette supposition. Les rapporteurs et auteurs de l'époque n'en font pas état, même si s'est fait jour une certaine propagande visant à discréditer Attila aux yeux de Rome et des autres peuples hunniques. Cela dit, l'événement tombait sans doute fort à propos pour le nouveau roi.[réf. nécessaire] Son règne durera huit ans. Il s'achèvera, à sa mort, par un effondrement de la puissance des Huns, jusque-là patiemment bâtie sur des alliances militaires entre l'empire hunnique et l'empire romain d'Orient et sur la manne financière des tributs et rançons versés par Constantinople. Suite à la disparition de Bleda, les alliés germaniques d'Attila auraient influencé celui-ci en favorisant la propension qu'il avait de se croire destiné à régner sur l'univers tout entier. Ainsi, avec le concours d'une vache et de son gardien, ils découvrent pour Attila l'épée du dieu de la guerre, Mars, pointant hors de terre. Or, dans l'engrenage qui va mener les Huns à acquérir plus de puissance, Attila se trouve rapidement contraint à de nouvelles guerres pour récompenser et surtout conserver l'alliance des Germains. Aussi Attila s'empare-t-il dès 445-446 de la province romaine de Pannonie-Savie (le reste de la Pannonie étant déjà tenu par les Huns). Pour maintenir la fiction d'une administration romaine, il est nommé maître de la milice par l'empereur romain Valentinien III. Attila et l'empire romainDepuis la cuvette danubienne où il est durablement installé, Attila menace alors l'empire romain. Mais, le 27 janvier 447, un tremblement de terre détruit une grande partie de la muraille théodosienne de Constantinople et provoque une famine importante. Cette faiblesse de l'empire romain d'Orient permet à l'empire romain d'Occident d'être momentanément épargné par les visées d'Attila. La perte de l’empire romain d’OrientAttila, profitant de l'événement, jette son armée sur l'empire romain d'Orient. Il s'y embourbe. L'empire ne paie plus son tribut et les versements des sommes précédemment dues sont interrompus. Les négociations de paix durent plusieurs années, sans aucun bénéfice pour les Huns. Au moment où elles allaient aboutir, les tributs versés par l'Orient se tarissent définitivement. L'empereur Théodose II meurt dans un accident de cheval et le « parti des bleus » (parti des sénateurs et des aristocrates) triomphe : or il est farouchement opposé à l'idée d'acheter la paix avec les barbares. N'ayant pu soumettre l'Orient faute de pouvoir prendre Constantinople, Attila retourne dans le jeu diplomatique de l'Occident en 450. La co-impératrice romaine HonoriaL'épisode concerne Honoria, co-impératrice d'Occident. Elle veut épouser Attila pour s'allier à lui. Mais son frère cadet Valentinien III la force à prendre le voile pour préserver l'unité impériale. En 449, un scandale éclate et Honoria est envoyée à Constantinople dans un couvent chrétien pour que sa « virginité » soit bien gardée. Honoria avait envoyé autour de 440 sa bague à Attila pour lui demander de l'aide. Quelque 10 ans plus tard, Attila feint de prendre l'affaire au sérieux et accepte le bijou comme « dot », avant de demander la Gaule en tant qu'héritage impérial dû à sa « fiancée ». Ses exigences se heurtent naturellement à un refus poli (Honoria a été mariée de force récemment à un officier et les femmes ne sont pas détentrices des biens impériaux). Il propose alors aux Romains de s'attaquer aux Wisigoths qui affaiblissent l'empire et l'ont insulté, et parallèlement aux Wisigoths de se partager l'empire, mis au courant les deux protagonistes seront contraints à l'union sacrée. Bloqué en Orient, et arrêté dans son ambition par le refus de Valentinien et la disparition d'Honoria, Attila se trouve contraint à l'automne 450 de déclarer la guerre à l'empire romain d'Occident, ce qui met un terme au versement du tribut par l'Occident. L’invasion de la GauleArticles détaillés : Grandes invasions et invasions barbares.
À la tête d'une armée coalisée hunno-germanique, Attila se lance au printemps 451 dans une campagne contre la Gaule. Cette armée réunit les peuples Gépides (les plus nombreux), Ostrogoths (dirigés par trois rois frères dont le père du futur Théodoric Ier (Théodoric le Grand)), Skires, Suèves, Alamans, Hérules, Thuringes, Francs, Burgondes, Alains, Sarmates. Elle est majoritairement germanique et les Huns n'en composent qu'une infime partie. Les tactiques qui ont précédemment fait leur succès contre les « civilisés » ne sont donc plus à l'ordre du jour. Le 7 avril, Attila brûle Metz. La Gaule lui résiste, d'abord à Paris sous l'impulsion de sainte Geneviève, puis à Orléans, à l'instigation de saint Aignan d'Orléans avec l'appui des légions romaines de Flavius Aetius. À Orléans, où il compte franchir la Loire, Attila combat les Wisigoths de Théodoric Ier et les légions romaines de Flavius Aetius, en réalité composées de tous les peuples établis en Gaule à cette époque : Alains, Francs, Burgondes, Sarmates, Saxons, Lètes (colons barbares), Armoricains et même des Bretons venus d'outre-Manche… Moins d'une quinzaine de jours après Orléans, Attila est tenu en échec lors de la bataille des Champs catalauniques. Certains auteurs localisent cette bataille à cinq milles romains (7,5 km) de Troyes en un lieu appelé campus mauriacus, champs mauriaques. D'autres, plus anciens, la situent près de Châlons-en-Champagne, l'antique Catalaunum d'où dérive l'épithète attribué aux « champs catalauniques », à l'emplacement de l'oppidum gaulois de La Cheppe, improprement appelé « le camp d'Attila ». Cela marque alors la fin de son incursion en Gaule romaine. Même si cette défaite interdit aux Huns toute implantation sur ces terres et les contraint à se replier au-delà du Rhin, elle ne représente qu'un échec stratégique mineur face à l'Empire. Le potentiel militaire d'Attila n'est pas sérieusement entamé alors que son principal adversaire voit ses forces se disperser aussitôt l'affrontement terminé. Attila aux portes de RomeAu printemps 452, il reprend l'offensive, cette fois-ci en Italie. Son armée prend Aquilée, Padoue, Vérone, Milan, Pavie et se dirige vers Rome. Aetius ne parvient qu'avec peine à le maintenir au nord du Pô. L'empereur Valentinien III décide de négocier. Conduite par le pape Léon Ier, par le préfet Trigetius qui a déjà traité avec les Vandales de Genséric, et par le consul Aviennus, une délégation romaine va au-devant du roi des Huns et obtient une trêve. Le pape parlera avec Attila toute la nuit sans que personne ne puisse pénétrer dans la tente du roi. Personne ne sait ce que les deux hommes se sont dit, mais le lendemain Attila repartira sans mot dire. Ce « miracle » a plusieurs explications rationelles : son armée était décimée par les maladies et n'était plus en mesure d'écraser définitivement son adversaire dans sa globalité et la puissance hunnique était en grande partie due à une forte troupe de cavaliers, ce qui implique la présence de paturages abondants et donc interdit la possibilité d'une campagne étalée sur plusieurs saisons sur le sol italien. De plus, un examen attentif de la situation politique induit qu'Attila ne pouvait escompter mettre main basse sur l'Italie seulement qu'après avoir écrasé l'empire d'Orient. Enfin les objectifs à court terme, à savoir la qualité du butin et le maintien de la coalition barbare, étaient remplis. Léon Ier a peut-être aussi garanti le soutien de l'Église pour la prochaine incursion.[réf. nécessaire] La fin du règneEntre temps, les troupes de Marcien, nouvel empereur d'Orient, ont franchi le Danube et menacent le cœur de l'empire hunnique. Aussi Attila se retire-t-il en Pannonie et consacre ses derniers efforts à raffermir ses frontières orientales (notamment au Caucase) en vue de futures campagnes contre Marcien. De retour dans son ordu, le grand roi meurt subitement, au printemps 453, après un festin donné à sa cour lors de ses noces avec une nouvelle épouse nommée Ildico. Celle-ci peut être une version hunnisée d'une princesse franque « Hildegonde » ou même une princesse bactriane capturée lors de la dernière incursion au Caucase (à noter qu'Attila avait un nombre impressionnant d'épouses et de concubines : les Huns étaient polygames et un homme du statut d'Attila épousait une héritière de chaque roi passé sous sa domination).)[réf. nécessaire] Selon l'historien ostrogoth Jordanès (ch XLIX). La cause du décès est selon lui « une perte de sang » qui s'écoule malencontreusement dans les voies respiratoires et les obstrue (Attila avait abondamment bu ce soir là). Ildico, la dernière épouse de son harem, est retrouvée au matin, prostrée près du cadavre du roi. Selon le même auteur, Attila fut honoré de funérailles royales et fut inhumé dans un triple cercueil d'or, d'argent et de fer, en un lieu tenu secret (les esclaves participant aux travaux de sépulture furent tués). Jordanès mentionne pour les funérailles d'Alaric le détournement d'une rivière en Calabre, mais n'indique pas qu'une même pratique ait eu lieu pour Attila. Sa succession dégénère en conflit entre les nombreux fils (Ellac, Dengizich et Ernakh pour les principaux) et petits-fils de ses nombreuses épouses (bataille de la Nedao en 454). Son empire se disloque. Les tribus Huns se désunissent et reprennent pour chefs des membres de leurs aristocraties. Son second nommé Oreste aura pour fils Romulus Augustule, qui sera le dernier empereur romain d'Occident, ironie qui montre que les campagnes d'Attila n'étaient pas uniquement des incursions sans lendemains sans objectif autre que la dévastation. La terreur était un moyen de dissuasion pour imposer sa puissance politique. L’image légendaire et mythologique d’AttilaAttila est surtout connu dans l'historiographie et dans la tradition chrétienne occidentale pour avoir été le « fléau de Dieu3 » et le « dévastateur de la province d'Europe4 », ce qui lui a conféré une image des plus sombres. En réalité, ce fils du roi Moundzouk, souverain d'un des peuples les plus puissants de son temps, est devenu aux yeux des Européens occidentaux l'image emblématique du souverain-guerrier nomade, se confondant dans l'imaginaire populaire avec les traits que l'on prêtera plus tard à Gengis Khan : sanguinaire, aimant la guerre et les pillages par dessus tout, cruel et rusé. Or, cette vision est en grande partie inexacte : non seulement les Huns d'Attila étaient un peuple turc qui accueillait de nombreux Germains en son sein, à tel point que ces derniers étaient largement majoritaires dans la coalition qui l'assistait lors de la bataille des Champs catalauniques, mais aussi la cour d'Attila était sans doute l'une des plus raffinées de son temps, ayant repris nombre d'usages romains. On sait qu'Attila maîtrisait parfaitement le latin et même le grec qu'il avait appris du temps ou il était otage d'honneur à la cour romaine. Il entretenait de plus un entourage d'érudits et d'artisans dont la plupart étaient issus des terres d'empire, et ses plus proches collaborateurs étaient d'origine romaine ou grecque (Oreste, Onégèse, Edecon, Constant...). Cependant, l'époque à laquelle vécut Attila – vers la fin de l'empire d'Occident –, son opposition au général Flavius Aetius, souvent appelé le dernier des Romains, et l'origine de son peuple ont frappé l'imaginaire collectif et contribué à faire d'Attila la figure stéréotypée du barbare s'opposant à la civilisation, ce qui ressort des nombreux films ou œuvres dans lesquels ce dernier apparaît. Dans le chant des Nibelungen (fondé sur l'écrasement des Burgondes par les Romains et popularisé au XIXe siècle par Richard Wagner), connu dans une version du XIIe siècle, Attila apparaît sous le nom de Etzel, noble et généreux allié. Il est aussi dépeint dans la mythologie germanique sous les traits de Atli, cruel et assoiffé d'or. Ces deux aspects montrent quelles peuvent être les différentes facettes de la vérité. Enfin, en raison de l'historiographie nationale, il ne faut pas oublier qu’Attila, nom d'origine germanique et plus précisément d'origine gothique, a disparu partout sauf en Hongrie et en Turquie, où ce prénom est toujours très populaire. Attila est le titre d'une des dernières tragédies de Pierre Corneille alors sur le déclin. La faiblesse de cette pièce par rapport à ses plus grands chefs-d’œuvre suscita le commentaire suivant de Nicolas Boileau (la précédente tragédie de Corneille avait pour titre Agésilas) :
Inspiré par les travaux récents des historiens, Le Chamane d'Attila, roman de l'écrivain hongrois Tibor Fonyodi (paru en français aux éditions Pygmalion en 2005), dépeint la civilisation des Huns de manière nouvelle. Il souligne le rôle fondamental de la spiritualité dans leur culture, une civilisation au vrai sens du terme, dont les Hongrois furent les héritiers et qui est encore sans doute celle des peuples vivants dans les steppes eurasiennes aujourd'hui. L'auteur a déclaré dans une interview que son but avait été, avec Le Chamane d'Attila, d'écrire un roman fantasy, une sorte de Seigneur des anneaux puisant dans la mythologie des Huns. La monture favorite d'Attila avait pour nom Balamer. Selon la légende, c'est ce cheval, guidé par le vent, qui emmena son maître jusqu'à l'épée de Tengri ; Attila aurait dit : « Là où passe mon cheval, l'herbe ne repousse pas. » Filmographie
Bibliographie
Notes
Voir aussiLiens internesLiens externes
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