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Miam-miam-dodo du chemin d'Arles : Destiné aux pèlerins à pied, à bicyclette, à cheval ou avec un âne, sur le chemin de Compostelle (GR 653) d'Arles au col du Somport
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Arles

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.

Arles
Carte de localisation de Arles
Pays France France
Région Provence-Alpes-Côte d'Azur
Département Bouches-du-Rhône
(sous-préfecture)
Arrondissement Arrondissement d'Arles
(chef-lieu)
Canton chef-lieu de 2 cantons : Canton d'Arles-Est et canton d'Arles-Ouest
Code Insee 13004
Code postal 13200
Maire
Mandat en cours
Hervé Schiavetti
2001-2008
Intercommunalité Communauté d'agglomération Arles-Crau-Camargue-Montagnette
Latitude
Longitude
43° 40? 36? Nord
4° 37? 40? Est
/ 43.676650, 4.627803
Altitude 0 m (mini) ? 57 m (maxi)
Superficie 758,93 km²
Population sans
doubles comptes
52 600 hab.
(2004)
Densité 66,0 hab./km²

Arles (en occitan provençal : Arle [?a?le] selon la norme classique ou la norme mistralienne) est une commune française, située dans le département des Bouches-du-Rhône et la région Provence-Alpes-Côte d'Azur, située sur un axe Nîmes (à 27 km à l'ouest) - Marseille (à 80 km à l'est).
Cette ville, dont les habitants sont appelés Arlésiens, a plus de 2500 ans. Aujourd'hui, la commune d'Arles présente la particularité d'avoir la plus grande superficie de France métropolitaine.

Sommaire

[] Géographie

[] Situation

Vue générale d?Arles, prise des arènes en direction du nord
Vue générale d?Arles, prise des arènes en direction du nord

La ville

Arles est sur le Rhône, là où commence son delta, et constitue donc la porte de la Camargue. On l'appelle la capitale camarguaise. La ville initiale construite au VIe siècle av. J.-C. sur un rocher dominant la rive gauche du Grand Rhône (coordonnées géographiques : 43°40?41?N 4°37?46?E / 43.67806, 4.62944) s'est développée ensuite à l'ouest, sur la rive droite (quartier de Trinquetaille) puis au Sud (quartiers du Vieux-Bourg, de la Roquette et de Barriol) et au Nord (quartiers Montplaisir et du Trébon). La présence de marais à l'Est a limité son développement dans cette direction. La ville d'Arles est fortement marquée par la présence du Rhône qui coupe la ville en deux et qui reste encore même de nos jours, une menace lors des crues.

La commune

La commune d'Arles est la plus étendue de toutes les communes de France métropolitaine. Avec environ 759 km², elle est plus étendue que le Territoire de Belfort (102 communes), et autant que Paris et les trois départements de sa proche banlieue réunis (124 communes).

Son territoire comprend trois espaces naturels remarquables :

  • au nord, les Alpilles,
  • au sud, la Camargue dont elle possède la plus grande partie de la superficie (avec les Saintes-Maries-de-la-Mer, deuxième plus vaste commune de France métropolitaine, moitié moins étendue qu'Arles),
  • et à l'est, la Crau.

Outre la ville proprement dite située au nord du territoire, la commune d'Arles inclut de nombreux bourgs et hameaux éloignés, notamment Salin-de-Giraud et Raphèle-lès-Arles ainsi que Saliers, Gimeaux, Moulés et Mas-Thibert.

[] Climat

Un climat méditerranéen

Arles est soumis au climat méditerranéen avec une longue période estivale, chaude et sèche, des hivers doux, un ensoleillement important et des précipitations irrégulières. Son climat comporte des particularités liées à la situation géographique de la ville au sud du couloir rhodanien entre Cévennes et Alpes du Sud. Ainsi les automnes, et dans une moindre mesure les périodes avril-début mai, sont arrosés avec des précipitations brèves mais importantes et les hivers parfois rigoureux à cause du mistral, vent violent et froid qui donne aux paysages arlésiens leur luminosité exceptionnelle.

Les pluies méditerranéennes sont liées à des dépressions qui se forment sur le golfe de Gênes ou au large des Baléares. Des vents d'est à sud-est chauds, chargés d'eau puisque traversant la Méditerranée, rencontrent l'obstacle des Cévennes, ou moins souvent, des Alpes, s'élèvent au contact de l'air froid d'altitude en cumulo-nimbus parfois énormes et éclatent en orages brutaux. Ces orages, qui se produisent généralement en automne, peuvent provoquer des précipitations de 200 mm par jour et parfois plus. La pluviométrie mensuelle présente également une grande variabilité. La localisation des pluies varie selon l'implantation respective de l'anticyclone et de la dépression et leur intensité dépend du volume de nuages créé par l'humidité des vents et bien sûr des différences de températures.

En hiver les températures descendent fréquemment sous zéro sur des périodes pouvant dépasser parfois plusieurs semaines. On peut rappeler les hivers 1929, 1944, 1956, 1963, 1986 avec des records autour de ?15°/-18°.

Températures

Températures moyennes mensuelles : min, max (en °C)
Janv Févr Mars Avril Mai Juin Juil Août Sept Octo Nove Déce
3 4 6 8 12 16 19 19 15 12 7 4
11 12 16 18 23 27 31 30 26 20 14 11
Station d'Arles

Nombre de jours de gel :
Au niveau des extrêmes : le 1er août 2001, à la station Arles Tour de Valat, 38,7°C

Pluviométrie

Hauteur annuelle : 524 mm/an, une des plus faibles de France
Nombre de jours de pluie (+ 1 mm/jour) : environ 60 jours/an

Pluviométrie moyenne mensuelle (en mm)
Janv Févr Mars Avril Mai Juin Juil Août Sept Octo Nove Déce
56 33 23 49 36 31 27 34 66 70 58 41
Station d'Arles

La variabilité des pluies est très importante : ainsi les chiffres vont de 344 mm en 1945 à 1063 mm en 1960, soit des variations de plus de 200%; de même les statistiques révèlent que les périodes sèches ou très sèches peuvent s'étendre sur deux ou trois ans, comme entre 1945 et 1947[1].
Au niveau des extrêmes :

  • le 8 septembre 2005, 111 mmm d'eau[2],
  • le 22 septembre 2003 à la station Arles Trinquetaille, 265 mm (RRmax en 24h de 6hTU-6hTU).

Ensoleillement

Ensoleillement : > 2900h /an

[] Histoire

Article détaillé : Histoire d'Arles.

[] Etymologie, héraldique et devises

Origine

Le nom d?Arles dérive d?Arelate, mot d?origine celte signifiant lieu situé près de l'étang[3], par référence aux terrains marécageux qui entourent la cité. Vers 50 av. J.-C., Jules César appelle encore la cité Arelate dans le Bellum Civile (I, 36, 4) :

Naves longas Arelate numero XII facere instituit
(Il fit construire à Arles douze vaisseaux de guerre)

On suppose qu'Arles dans la légende fut crée par le grand Titan Cyril demi fils caché de Chronos[réf. nécessaire].

Héraldique

Blasonnement
D'azur au léopard d'or assis, la queue remontant entre les jambes, la patte dextre élevée tenant un labarum de Constantin du même chargé d'une inscription de sable CIV.AREL.

Signification

Le blason d?Arles comporte plusieurs références historiques. Le passé romain de la cité est rappelé par l?étendard tenu par le lion en souvenir de la fondation de la colonie en 46 av. J.-C. et par l?inscription CIVitas ARELatensis évoquant l?époque de Constantin Ier qui fit d'Arles une des capitales de l'Empire. C?est le premier âge d?or de la petite Rome des Gaules qui deviendra un grand centre religieux aux premiers temps de la Chrétienté. De cette période, le blason de la ville a gardé le monogramme du Christ (XP) au sommet de la bannière portée par le lion. Enfin avant de perdre son autonomie en 1251, Arles s?était rapproché de Venise. Le lion d'Arles[4] aurait donc pour origine le fameux lion de Saint Marc, emblème de la Sérénissime[5].

Devises

Caesar de Nostradamus[6] dans son Histoire et chronique de Provence[7], parle d'un sceau de cette ville figurant dans une ancienne charte. Ce sceau de plomb porte d'un côté la figure d'un lion contourné, avec cette devise : NOBILIS IN PRIMIS DICI SOLET IRA LEONIS ; de l'autre côté, un château à trois tours, celle du milieu plus élevée, avec cette autre devise : URBS ARELATENSIS EST HOSTIBUS HOSTIS ET ENSIS[8].
Il semble que la devise la plus connue : AB IRA LEONIS fut une devise de défi ; la ville menaçait ses ennemis de la colère du lion qui la personnifiait. Certains auteurs admettent que la devise : AB IRA LEONIS doit se compléter ainsi : DEFENDE NOS DOMINE ! (de la colère du lion [c'est-à-dire de nos ennemis], défendez-nous Seigneur !) Elle devient, dans ce cas, devise d'invocation; cette interprétation est toutefois minoritaire.
On trouve également

  • ALMA LEONIS URI ARELATENSIS HOSTIBUS EST, NISI AB IRA LEONIS.
  • SENATUS POPULUSQUE FLORENTINUS.

Mais le texte : AB IRA LEONIS, URBS ARELATENSIS EST HOSTIBUS HOSTIS ET ENSIS, plus complet, correspond à la devise généralement admise de la ville. Frédéric Mistral la commente et en critique la prétention.

[] Avant les Romains

La province romaine de Narbonnaise créée en 118 av. J.-C.
La province romaine de Narbonnaise créée en 118 av. J.-C.

Oppidum Celto-Ligure, le site d?Arles est fréquenté par des commerçants méditerranéens. Avec la fondation de Marseille (600 av. J.-C.), la ville s'organise à la fin du Ve siècle av. J.-C. d'abord en emporion grec puis en colonie appelée Théliné.

Lors de la poussée celte du début du IVe siècle av. J.-C., la cité revient sous domination autochtone et reprend son patronyme d'Arelate. Au cours du IIe siècle av. J.-C., les conflits qui opposent Marseille et la confédération salyenne occasionnent à la cité d?importants dégâts.

Après l'écrasement de la confédération en 122 av. J.-C., les Romains s'installent en Provence. Arles se trouve probablement rattachée à la Gaule narbonnaise fondée en 118 av. J.-C., bien que certains historiens incluent dès cette époque la cité arlésienne dans la zone d'influence de Marseille.

[] Epoque romaine

Carte de l'Europe en 476 avec la Provence wisigothique, après la chute de l'Empire romain
Carte de l'Europe en 476 avec la Provence wisigothique, après la chute de l'Empire romain

Soutenant en 49 av. J.-C. Jules César contre Marseille, Arles en est récompensée et devient une colonie romaine dès 46 av. J.-C.. Sa fortune initiale date de cette époque.

Elle bénéficie pendant presque trois siècles de plusieurs plans d?urbanisme successifs au cours desquels elle s?embellit de ses nombreux monuments et se protège avec ses remparts. Le christianisme s?installe dans la cité et son premier évêque historiquement connu, Marcianus, est mentionné dès 254 dans une lettre de saint Cyprien.

Après les destructions des années 250-270, que la tradition historique impute aux Alamans, le développement urbain ne reprend qu'au début du IVe siècle, sous l'empereur Constantin, avec une nouvelle croissance politique et administrative, la cité devenant alors une résidence de l'empereur. Il y séjourne à plusieurs reprises et y organise le concile de 314.

Probablement en 407, l'administration impériale déplace la préfecture du prétoire des Gaules située jusqu'alors à Trèves, sur Arles qui connaît en conséquence une véritable renaissance politique puis ecclésiastique un siècle exactement après Constantin Ier. Toutefois, ce nouveau rôle n?exclut pas les menaces d?invasions des fédérés Wisigoths installés en Aquitaine depuis 418. Finalement, après de nombreuses tentatives, Arles est prise par Euric et devient ville wisigothique en 476.

[] Haut Moyen Âge

Royaume de Théodoric le Grand, annexant la Provence
Royaume de Théodoric le Grand, annexant la Provence

Arles, ville mérovingienne

Après une situation confuse au début du VIe siècle, Arles passe sous protectorat Ostrogoth en 508, puis devient ville franque en 536. Elle subit la peste de Justinien dès 543 ainsi que de nombreux sièges. Elle est investie à plusieurs reprises notamment en 570, 574, 587 et la population se regroupe alors dans une enceinte réduite. On signale également une crue dévastatrice en 580 et des famines, en particulier celle de 585.

Le siècle suivant, la cité est administrée par les représentants des branches mérovingiennes, soit dans le cadre d'une Provence unifiée, soit de manière individualisée par un duc. Dès la fin du VIIe siècle, le commerce entre l'Occident et l'Orient ne se fait plus que par les négociants juifs, probablement des Radhanites, seuls liens entre l'Islam et la Chrétienté qui utilisent les ports francs d'Arles et de Marseille.

Reprise en mains carolingienne

Vers le milieu des années 710, des troubles sont signalés[9], suivis à partir des années 720 par des raids sarrasins. Après la révolte en 735-739 du duc Mauronte allié aux Maures, Arles et Avignon sont pillées et mises au pas avec rigueur par le pouvoir carolingien. Toutefois à la fin du siècle, apparaît la Renaissance carolingienne qui se traduit dans la cité par le développement du commerce et la remise en culture du territoire.

Les voyages des Normands : celui de 859-860 en Méditerranée
Les voyages des Normands : celui de 859-860 en Méditerranée

Création du royaume de Provence

Mais dès la mort de Charlemagne, l?histoire d?Arles s?inscrit dans le processus de désagrégation de l'Empire carolingien. Au grè des successions apparaît un territoire autonome appelé royaume de Provence. Des ducs turbulents dirigent alors successivement la région d?Arles pillée en 842 et 850 par les Sarrasins puis en 859 par les Normands. Finalement le 15 octobre 879, Boson se fait sacrer Roi de Provence.

Ire dynastie des comtes de Provence

Au siècle suivant, Hugues d'Arles s'installe dès 911 à Arles dont il fait la capitale de son royaume. Après la mort d'Hugues en 948, on voit apparaître sous l'autorité distante de Conrad, la Ire dynastie des comtes de Provence, avec le comte Guillaume Ier, qui en chassant les Sarrasins en 973, s'émancipe de la suzeraineté du roi de Bourgogne et fonde la féodalité arlésienne. Dès 980, la paix revenue apporte les conditions d'un renouveau économique et la renommée du comte, un éphémère rayonnement politique. Arles, capitale du comté de Provence, entre dans le Moyen-Âge.

[] Moyen Âge

XIe siècle : affaiblissement du pouvoir comtal

Dès les premières années du XIe siècle, les comtes de Provence[10] ne sont plus en mesure de tenir les grands lignages en respect et à la mort de Roubaud[11] s'ouvre une période de troubles[12], aggravée par la puissance des grandes familles[13], la militarisation de la société arlésienne[14] et le rattachement, en 1032, au Saint Empire romain germanique[15]. Autre facteur d'affaiblissement : la Réforme grégorienne. Suivant la Paix de Dieu[16], elle conduit après 1078 à une véritable crise politique[17], entre le comte affaibli[18] et l'archevêque d'Arles Aicard[19] excommunié mais soutenu par la cité et le comte de Toulouse, qui ne sera réglée qu'après 1096[20]. Sur le plan économique, le mouvement de reprise amorcé dès la fin du Xe siècle continue après l'an 1000. Des terres sont remises en culture et la cité se développe à l'extérieur des murs[21]. Après 1050[22], les défrichements[23] reprennent et la ville s'ouvre aux commerçants italiens[24].

Arles, le faubourg des Templiers encore mentionné sur une carte du début du XXe siècle (en haut et à droite de l'image)
Arles, le faubourg des Templiers encore mentionné sur une carte du début du XXe siècle (en haut et à droite de l'image)

XIIe siècle : création du consulat et essor économique

Le XIIe siècle arlésien est occupé par des péripéties complexes où s'affrontent Gènes et Pise et où s'opposent les familles de Barcelone et de Toulouse soutenues par leurs alliés arlésiens respectifs[25]. Dans ce contexte d'instabilité politique lié en partie à l'installation contestée en 1112[26] de la 2e dynastie des comtes de Provence qui sera une des causes des guerres Baussenques, Arles voit naître dès 1131 un mouvement d'émancipation urbaine appelé consulat[27]. Préoccupation de l'empereur Frédéric Barberousse[28] qui s'y fait sacrer Roi d'Arles en 1178, la ville en contrepartie perd vers 1180 son rôle de capitale comtale au profit d'Aix jugée moins turbulente. En prolongement de la prospérité précédente Arles bénéficie durant ce siècle d'un développement économique avec notamment l'essor de ses activités maritimes et le commerce du sel et du vermillon qui enrichit la caste des chevaliers urbains. Sur le plan juridique, de nouvelles techniques apparaissent[29] et au niveau religieux, la ville accueille dès les années 1140 les ordres militaires et s'embellit de nombreuses églises romanes.

Fra Angelico, Saint Dominique de Guzmàn, fondateur de l'ordre des Dominicains qui s'installent à Arles en 1231
Fra Angelico, Saint Dominique de Guzmàn, fondateur de l'ordre des Dominicains qui s'installent à Arles en 1231

XIIIe siècle : avènement de la 1re dynastie d'Anjou et fin des velléités d'autonomie

Le mouvement d'émancipation urbaine se poursuit au XIIIe siècle toujours favorisé par l'empereur germanique et contrarié par de nouveaux acteurs tels l'Église confrontée aux Albigeois, les princes franciliens et la royauté française. Ainsi après les conflits de 1203-1218 liés au contexte de la première croisade des Albigeois, la cité s'oriente en 1220 vers un type de gouvernement particulier, la podestarie qui encourage l'extension territoriale de la communauté[30]. En 1235-1238 avec la confrérie des bailes puis en 1246-1250 lorsque la cité alliée à Avignon, Marseille et Barral des Baux fonde une ligue[31], Arles revendique une autonomie à tendance anti-cléricale[32] avant de capituler en 1251[33] devant Charles d'Anjou[34]. Les Capétiens après avoir mis en place une administration efficace et tatillonne[35], partent en Italie accompagnés de la noblesse arlésienne en 1265. Sur le plan politique, 1251 marque une rupture. La ville perd ses consuls remplacés par des fonctionnaires comtaux[36], ainsi que tous ses biens[37] et sa noblesse, autrefois fière, va désormais rechercher les honneurs en Italie, centre du nouveau pouvoir comtal. Le XIIIe siècle arlésien est également celui des ordres mendiants qui s'installent en nombre dans la ville[38]. Enfin, sur le plan économique la prospérité continue et à la fin du siècle Arles atteint son optimum démographique du Moyen Âge avec environ 15.000 habitants.

[] Moyen Âge tardif

Commencé en 1306 avec l'accueil des juifs chassés du Languedoc[39], le Moyen Âge tardif arlésien se termine par le pogrom de 1484[40] suivi de l'expulsion des juifs de la cité[41], après le rattachement de la ville au Royaume de France en 1483. Entre ces deux dates, Arles va vivre un profond déclin avec un plus bas démographique de 5.000 habitants à la fin des années 1430 avant que n'apparaisse une lente reprise dans la seconde moitié du XVe siècle.

Carte de diffusion de la peste noire, 1347-1351
Carte de diffusion de la peste noire, 1347-1351

Les difficultés : la trilogie du Moyen Âge tardif

Après l'installation de la Ire dynastie Angevine en 1250, la cité subit un reflux général : d'abord politique au profit d'Aix, capitale du Comté, puis ecclésiastique au profit d'Avignon[42] et enfin commercial au profit d'Avignon et de Marseille. Ce phénomène se trouve amplifié à compter des années 1340-1350 par un effondrement démographique lié à la trilogie célèbre : guerres, pestes et disettes. Pour Arles, la disette est un accident, la peste un mal périodique[43] et la guerre une menace permanente, venant du continent au XIVe siècle [44] puis de la mer jusqu'à la fin des années 1460[45]. Ainsi Arles est assiégée en 1368 par Duguesclin représentant les intérêts du capétien Louis d'Anjou, prise en 1384 par les Tuchins lors de la guerre de succession de la reine Jeanne et menacée à plusieurs reprises au XVe siècle par les galères catalanes. Le 4 juin 1365, entre deux conflits, Charles IV roi de Bohême, voulant restaurer le Royaume d?Arles, s'y fait couronner roi dans la cathédrale Saint-Trophime.

Les transformations

Cette période difficile entraîne une solidarité communale plus grande, qui exclut toutefois les juifs[46], avec la multiplication des confréries, sortes d'associations laïques, charitables et funéraires qui structurent au quotidien la vie des arlésiens. Sur le plan politique, les guerres liées à l?installation de la seconde dynastie Angevine, permettent à la ville de retrouver en 1385[47] une partie de ses droits aliénés en 1251. Et paradoxalement dans ce contexte déprimé, le pays d'Arles fort demandeur en main d'?uvre devient un centre d'immigration[48]. Ces flux migratoires seront à l'origine de la reprise et du repeuplement des années 1470. La crise démographique de la fin du XIVe siècle, transforme toutefois l'économie arlésienne avec une agriculture qui décline au profit de l'élevage et du commerce des peaux et de la laine. Attirés par ce commerce, la présence de la papauté à Avignon et les fermes fiscales, des négociants italiens s'installent dans la cité et certains y fondent de puissantes familles[49].

À la fin du Moyen Âge, quand la Provence est rattachée au Royaume de France, la société arlésienne est devenue une société pastorale, avec une noblesse nombreuse et riche qui va dominer la ville jusqu'à la Révolution.

[] Ancien régime

Buste d?Adam de Craponne et bassin de distribution de son canal à Lamanon, Bouches-du-Rhône
Buste d?Adam de Craponne et bassin de distribution de son canal à Lamanon, Bouches-du-Rhône

XVIe siècle

L'annexion d'Arles à la France se fait sans difficulté et en 1536 les Arlésiens témoignent de leur attachement à leur récente patrie en arrêtant la seconde invasion de la Provence de Charles Quint. La paix revenue, Arles s'enrichit grâce à son vaste terroir progressivement remis en culture. C'est de cette époque que datent les premières tentatives modernes de dessèchement des marais et d'irrigation avec notamment le canal de Craponne creusé dans les années 1550[50]. Cette période de prospérité se traduit par le développement artistique de la cité. Plusieurs monuments publics[51] et des hôtels particuliers de style Renaissance sont alors édifiés. Toutefois cette prospérité s'achève au début des années 1560 avec les guerres de religion[52]. Ces troubles religieux et politiques, ponctués par la visite royale de Charles IX et de sa mère Catherine de Médicis en automne 1564 ne prendront fin qu'avec le couronnement d'Henri IV[53]. À cette guerre civile se rajoutent des calamités naturelles, pestes[54] et inondations. Après toutes ces épreuves la situation financière d'Arles est catastrophique et la cité doit dès lors se résoudre à vendre une partie des biens communaux.

Arles, la place de la République avec l'Hôtel de ville et l'obélisque
Arles, la place de la République avec l'Hôtel de ville et l'obélisque

XVIIe siècle

La vente par la ville d'une partie de son immense territoire à la suite des Guerres de Religion, fait apparaître en Camargue de vastes domaines fonciers qui participent à la reconquête agricole de ce terroir déserté depuis des décennies. Vers 1625, des conditions climatiques favorables permettent un accroissement de la production et relancent l'idée de l'assèchement des marais[55]. En retour à l'enrichissement des classes nobles et bougeoises, les arts se développent[56] et la ville se pare d?un grand nombre d?hôtels particuliers. De même, des modifications notables sont apportées aux établissements religieux[57]. Dans ce renouveau architectural émerge le nouvel hôtel de ville[58] achevé en 1675[59], puis à compter de 1679, les consuls entreprennent une politique d?alignement qui modifie considérablement l?aspect du centre-ville. Déchue de tout rôle politique, Arles ne brille plus que par l'éclat de son archevêché. L'élan pastoral impulsé par le Concile de Trente est relayé dans la cité par des archevêques actifs. Il en résulte une multiplication de congrégations religieuses tandis que la poussée démographique incite à une rénovation des paroisses.

Fin de l'ancien régime

Au tournant du siècle, Arles va renouer avec un épisode de tensions et de catastrophes avec les risques d'invasion des troupes du duc de Savoie[60], l'hiver 1709, les intempéries et les inondations des années 1700 et 1710 et surtout la peste de 1721 qui emporte plus de 40 % de la population[61]. Toutefois, à partir de 1725 l'agriculture bénéficie de conditions plus clémentes et la ville continue son embellissement architectural. La noblesse fait un accueil favorable aux modèles parisiens et les hôtels de grandes familles arlésiennes sont alors construits tels que ceux de Quiqueran de Beaujeu ou du Roure. Cet embellissement se retrouve également dans la construction publique[62]. Cette richesse s'accompagne de quelques crises de subsistance comme celle du 2 janvier 1752 qui éclate à la suite d'une pénurie de blé générée par la spéculation. Dans les dernières années de l'Ancien régime, la ville se tourne vers l'industrie[63][64]. L'activité portuaire liée pour l'essentiel au trafic de bois, pierres, charbon, fourrages et blés, assure également la prospérité de la ville. En conséquence la ville s'étend et des travaux communaux significatifs, pour la première fois depuis le début du XIVe siècle, sont réalisés à l'extérieur de l'enceinte médiévale avec notamment en 1775 le comblement des fossés de la Lice et en 1781, le transfert des cimetières urbains à l'extérieur de la cité.

[] Révolution

Article détaillé : Histoire d'Arles sous la Révolution.

En 1788-1789, un rude hiver plonge dans une profonde misère une population accablée par l?impôt. Des émeutes éclatent, et après avoir récusé leurs députés aux États Généraux, les Arlésiens se rendent maîtres de la municipalité. Le 4 août ils déposent leurs consuls et un nouveau conseil est formé, composé de représentants de la noblesse, du clergé, de la bourgeoisie et de diverses corporations.
Dès les premiers mois de la Révolution, Pierre-Antoine Antonelle, d?origine aristocratique et chef mythique des Monnaidiers (partisans de la Révolution) devient le plus important protagoniste de la Révolution française à Arles. Élu le 15 février 1790 maire de la ville, grâce aux voix des artisans et des marins, et farouchement anti-clérical, il s?oppose dans la cité à l?archevêque Monseigneur du Lau et à ses partisans, les Chiffonistes. Au cours de son mandat, le village de Fontvieille devient commune autonome par déduction du territoire arlésien.
Dans ce climat de violence quotidienne, les deux clans s?affrontent. Les élections de novembre 1791 donnent la victoire à la Chiffone emmenée par le nouveau maire Pierre Antoine Loys. Les monnaidiers pourchassés quittent la ville pour se cacher en Camargue et les vainqueurs transforment la ville en camp retranché royaliste.
Le 21 mars 1792, Arles est déclarée en état de rébellion contre la République. Une armée de Marseillais se met alors en route et entre le 27 mars dans une ville désertée durant la nuit par les chiffonistes. En punition des sentiments légitimistes de la cité, la Convention nationale condamne la ville d'Arles à raser ses remparts, ce qui ne sera réalisé que partiellement.

....

[] Après la Révolution

Le pont de Trinquetaille construit en 1875 et peint par van Gogh en 1888.
Le pont de Trinquetaille construit en 1875 et peint par van Gogh en 1888.
L'ancien Hôtel des Postes, édifié en 1898.
L'ancien Hôtel des Postes, édifié en 1898.

XIXe siècle : la mutation en ville ouvrière

Au XIXe siècle, Arles est marquée par les épidémies de choléra[65]. La cité subit également de profondes mutations : elle redécouvre son passé historique et se transforme de gros bourg agricole et portuaire, en ville ouvrière.

Vers 1824 le baron de Chartrouse, maire d'Arles entreprend de remettre en valeur la patrimoine bâti en dégageant les Arènes, puis le théâtre antique. Port encore important[66] au début du XIXe siècle, Arles perd dès 1848 son monopole de la navigation sur le Bas-Rhône à cause des chemins de fer (ligne PLM) et se vide ainsi de ses marins qui représentaient avec leurs familles près du tiers de la population. La ville trouve cependant un second souffle dans l?industrie. Les ateliers des chemins de fer qui recouvrent les Alyscamps attirent dès 1848 une nouvelle population. Un peu plus tard, des ateliers de construction navale apparaissent à Barriol. La population rurale, qui constituait encore 40% des habitants de la ville vers 1850, quitte la cité. En moins d?un demi-siècle Arles devient une ville ouvrière. En parallèle, dès les années 1830, la cité se transforme en se dotant de nouveaux équipements[67]. La ville se développe également en périphérie par extension de faubourgs et son territoire est mis en valeur. En 1856, des industriels bâtissent Salin-de-Giraud au sud de la commune pour l'exploitation du sel puis en 1892, deux lignes de chemin de fer sont créées pour le développement de la Camargue[68].

XXe siècle

Le début du XXe siècle, marqué par les crises vinicoles et la guerre de 14-18, voit un retrait des cultures sur le territoire arlésien au bénéfice de l?élevage. La ville qui célèbre le poète du félibre Frédéric Mistral et son musée Arlaten, se dote de quelques grands hôtels, notamment sur la place du Forum, qui préfigurent l?orientation touristique de la cité. Au sud de la ville le quartier Chabourlet, un nouveau quartier à l?architecture inspirée du style Art Floral, apparaît.
En 1944, les bombardements de la Seconde Guerre mondiale[69] détruisent plus d?un quart de son habitant, principalement dans les quartiers de Trinquetaille, de la Cavalerie et du Trébon, c?est-à-dire autour des ponts et de la gare ferroviaire. La reconstruction est dirigée par les architectes Pierre Vago et Jacques Van Migom. Au niveau agricole, la riziculture se développe en Camargue dès la fin des années 40.
Très éprouvée dans les années 1980 par des suppressions d?emplois industriels, la ville s?oriente vers des activités culturelles et acquiert une forte notoriété dans les domaines liés à l?image. Les Rencontres Internationales de la Photographie, créées en 1970 deviennent une manifestation internationale et des maisons d?éditions, littéraires et musicales, s?installent dans la cité[70].

[] Ville et quartiers

[] Urbanisme

Tout en subissant de nombreux plans d'urbanisme, de l'antiquité à l'époque contemporaine, le centre ville de la cité, fixé géographiquement dès la fin du XIIe siècle, a su conserver une richesse patrimoniale qui en fait un des lieux touristiques les plus fréquentés de Provence. Les quartiers périphériques de la cité plus récents, hormis celui de Trinquetaille, reflètent les aménagements entrepris aux XIXe et XXe siècles et les transformations sociales de la cité.

Antiquité

La ville est un des principaux sites de la Celtique méditerranéenne[71]. Elle a été aménagée dès l'époque grecque, mais le premier plan d'urbanisme connu remonte au Ier siècle av. J.-C., sous l'empereur Auguste. Il structure encore de nos jours le centre ville. Remaniée plusieurs fois sous les flaviens, le Haut Empire à l'époque des Antonins, l'empereur Constantin et les empereurs de l'Antiquité tardive, la cité garde une incomparable trace de son riche passé romain, puisqu'elle devint résidence impériale. La ville se dote aussi dès les IVe et Ve siècles de lieux cultuels chrétiens qui se substituent aux temples romains. Au plus fort de son expansion, vers le premier quart du Ve siècle la ville est probablement plus peuplée que de nos jours.

Moyen Âge

Le Haut Moyen Âge est une période d'insécurité et d'épidémies. La cité se réorganise dans une enceinte réduite en exploitant comme carrières les monuments de la ville et en transformant l'amphithéâtre en place forte lotie. La fin du Xe siècle marque le début d'un renouveau économique au cours duquel Arles va se développer hors de ses murailles; de nouveaux quartiers appelés bourgs se construisent ainsi à proximité immédiate de la ville qui va à la fin du XIIe siècle les intégrer dans de nouveaux remparts entourant une cité agrandie, dont les limites sont encore visibles de nos jours au travers des vestiges de l'enceinte médiévale et des boulevards entourant la vieille ville. La fin du XIIe siècle se caractérise également par un embellissement urbain avec de nombreuses églises romanes. Après l'installation en 1251 de la première dynastie Angevine en Provence, le déclin de la cité et surtout la terrible peste de 1348 stoppent brutalement le développement de la communauté. Pendant plus de deux siècles, la ville va vivre enfermée dans ses murs avec comme principales préoccupations urbanistiques, l'amélioration du bâti religieux et l'entretien des remparts sollicités jusqu'aux guerres de religion.

Temps modernes

La ville se transforme initialement dans la qualité du bâti et le réaménagement du centre ville, avec les premières restructurations de la Renaissance[72], les hôtels particuliers des XVIe et XVIIe siècles de nobles et de bourgeois enrichis par l'exploitation de domaines agricoles en Camargue et en Crau, la rénovation du bâti diocésain lors de la Contre-Réforme et en 1675, l'édification de l'hôtel de ville. À compter de 1679, une politique d?alignement est entreprise par les consuls. Cette politique d?alignement qui se poursuit jusqu?à la Révolution, modifie considérablement l?aspect du centre-ville.

Les quais du Rhône édifiés après l'inondation de 1856.
Les quais du Rhône édifiés après l'inondation de 1856.

Depuis la Révolution

La ville redécouvre ses monuments qui sont progressivement dégagés. Elle s'agrandit au delà de son enceinte médiévale, s?industrialise et se dote de nombreux équipements publics lui permettant de se transformer de gros bourg agricole en une ville ouvrière, puis touristique. Le XIXe siècle voit ainsi la réalisation d'importants travaux d'aménagement urbain : dégagement et restauration des monuments romains[73] dès les années 1820-1830, construction d'édifices publics[74] et de nouveaux ponts sur le Rhône, aménagement de lieux publics[75], réalisation des infrastructures ferroviaires de la ligne PLM vers 1845-1850, édification des quais après les inondations catastrophiques de 1841 et 1856 et percement de voies nouvelles [76]. Au XXe siècle, l'urbanisme arlésien se concentre sur l'amélioration de la voirie, le lotissement de nouveaux quartiers résidentiels à la périphérie de la ville médiévale (Trébon, Montplaisir, Alyscamps, Barriol?) et les travaux de reconstruction à la suite des bombardements de 1944[77]. Des infrastructures sont également réalisées à partir des années 1970[78] afin d'améliorer la vie des arlésiens et le transit automobile urbain et interurbain.

Situation actuelle et projets

Arles, plan de la ville au début du XXe siècle
Arles, plan de la ville au début du XXe siècle

Situation actuelle

On distingue traditionnellement les quartiers de la vieille ville (Cité, Hauture, Méjan, Roquette et Cavalerie/Portagnel), c'est-à-dire ceux situés à l'intérieur de l'enceinte médiévale, des quartiers périphériques pour la plupart d'un développement plus récent, réalisé en deux vagues principales : fin du XIXe siècle et années 1960-1970. Ainsi sur le plan ci-contre du début du XXe siècle, seuls les quartiers du centre-ville et celui de Trinquetaille sur la rive droite du Rhône apparaissent.

Projets

À la date du 29 avril 2003, les projets définis par la municipalité s?articulent autour d?une meilleure adaptation de la cité aux voies de circulation automobiles, d?un développement des activités et des zones d'habitation, et d?une amélioration des équipements[79].

[] Le quartier de l'Hôtel de ville

Quartier de la Cité - La place du Forum
Quartier de la Cité - La place du Forum
Article détaillé : La Cité (quartier d'Arles).

L?ancien quartier de la Cité est situé au centre de la ville, entre les quartiers du Méjan et de la Roquette à l?ouest, de l?Hauture à l'est et de Portagnel et de la Cavalerie au nord-est. Au nord, il s?étend jusqu?au Rhône et au sud il est limité par le boulevard des Lices.

Le quartier de la Cité est le centre politique et religieux de la cité depuis l?Antiquité. Cette dénomination, d?origine médiévale, est désormais rarement utilisée; on l'appelle maintenant quartier de l'hôtel de ville en référence à l?un de ses édifices les plus connus.

Aujourd?hui, c?est un quartier qui se distingue à la fois par sa richesse architecturale et par son animation notamment