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'', folio 234, s mini-|V|e}} ou {{s-|VI|e, L?expression Antiquité tardive est utilisée pour désigner une période historique qui commence à la fin du s|III|e mais dont la date de fin est beaucoup plus floue. Elle n?est employée qu?en référence aux pays ayant appartenu au monde romain, c?est-à-dire aux régions d?Europe occidentale et méridionale, d?Asie et d?Afrique autour du bassin méditerranéen mais se prolonge bien au-delà de la fin de l?Empire romain d?Occident en 476. L?Antiquité tardive se caractérise par un mélange de traditions antiques ? ce que les historiens appellent la « romanité », d?apports chrétiens et d?influences « barbares ». Les débats théologiques, les difficultés causées par les relations entre l?empereur et l?Église, le développement des bâtiments chrétiens caractérisent la période. L?Antiquité tardive constitue une période cruciale pour la transmission de la culture, de la science, et plus généralement de toutes les connaissances accumulées par les différentes civilisations antiques. Elle intéresse donc au plus au haut point les historiens qui ont d?abord vu en elle une période de décadence pour la considérer désormais comme une période charnière entre Antiquité et Moyen-Âge. L?Antiquité tardive commence avec l?avènement de DioclétienLançon (1997), p. 4., lorsque l?Empire, tout en gardant son unité, est dirigé par deux empereurs pour faire face aux menaces d?invasion. Au début du s|V|e, les invasions germaniques entraînent dans l?ancien Empire d?Occident la création d?éphémères royaumes barbares'', mais les anciennes structures économiques et sociales subsistent. À l?est, la ''pars orientalis'' de l?Empire romain continue à exister. Ce n?est qu?après le règne d?Héraclius qu?elle revêt un caractère nouveau qui la fait entrer de plain-pied dans la période médiévaleAprès les invasions arabes et slaves, l?Empire se replie sur l?aire de civilisation hellénique. Georges Ostrogorsky, ''Histoire de l?État byzantin, Payot, 1977.. Un sujet d'études récentDans la division traditionnelle de l?histoire en périodes, l?Antiquité s?achevait avec les invasions germaniques et la destitution du dernier empereur romain d?Occident, Romulus Augustule en 476. Au Haut Empire considéré comme l?apogée de la civilisation romaine, succédait à partir du s-|IV|e}} le , considérée depuis le } comme une période de décadenceL?idée d?une décadence de la civilisation romaine est exposée dans deux ouvrages célèbres, les de Montesquieu en 1734 et, en 1776, le Decline and fall of the roman Empire d?Edward Gibbon.. Dans cette optique, les invasions germaniques aux {{sp|IV|e|et|V|e passaient pour un changement décisif, balayant la société romaine et instaurant un nouveau système social., 879-882, Bibliothèque nationale de France (Ms grec 510) Au milieu du s-|XIX|e}}, l?historien français est le premier à voir une continuité entre le } et les siècles suivantsDans La Cité antique'', {{lire en ligne|lien=http://remacle.org/bloodwolf/livres/Fustel/intro.htm}} rompant ainsi avec la périodisation traditionnelle.. En 1901, dans un livre étudiant l?artisanat de l?Empire romain tardif''Die spätrömische Kunstindustrie nach den Funden in Österreich''., l?historien de l?art autrichien réhabilite la période en affirmant qu?elle n?est pas décadente et possède son unité propre. Au }, les historiens continuent de revisiter les siècles marquant le passage de l?Antiquité classique au Moyen Âge. Dans un livre paru en 1937, le médiéviste belge (1862-1935), défend la thèse d?une continuité en Méditerranée du }Dans son ?uvre monumentale ''Mahomet et Charlemagne {{lire en ligne|lien=http://classiques.uqac.ca/classiques/pirenne_henri/mahomet_et_charlemagne/mahomet.html.. Cette thèse est d?abord critiquée par la majorité des historiens de l?Antiquité romaine. Ceux-ci restent très attachés à l?idée de déclin et de décadence et voient encore dans le Haut Empire un âge idéal corrompu par l?absolutisme impérial du s-|IV|e, le et les invasions barbares. Le parcours d?Henri-Irénée Marrou (1904-1977) illustre cependant l?évolution des historiens sur ce sujet : en 1937, il soutient l?idée d?une décadence de la culture antique se moulant ainsi dans les schémas de son époqueDans sa thèse Saint Augustin et la fin de la culture antique'', Paris, De Boccard, 1937 (dernière édition chez De Boccard, 2003).. Après la Seconde Guerre mondiale, dans une nouvelle édition de sa thèse, il remet en cause les notions de décadence et même de fin de la culture antique. Son livre posthume, ''Décadence romaine ou Antiquité tardive ?Publié au Seuil, collection Points Histoire. fait le point sur les continuités et les ruptures du monde romain. Aujourd?hui l?étude de l?Antiquité tardive exige le recoupement de diverses disciplines afin de mieux appréhender ses éléments constitutifs : la mise en place de grands codes juridiques comme le code Théodose et le code Justinien, la permanence de la culture antique et le développement du christianisme comme religion d?ÉtatLançon (1997), p. 18 et 21.. Si les historiens conviennent pour la plupart que l?Antiquité tardive commence avec la fin de la crise du s-|III|e}} et l?avènement de Pierre Grimal écrit ainsi : « L?Empire subsiste matériellement, mais Constantin crée une seconde capitale Constantinople (330), installée au centre de l?Orient où s?est formée et rayonne la pensée chrétienne, nourrie de l?hellénisme et du judaïsme. La civilisation romaine n?est pas morte, mais elle donne naissance à autre chose qu?elle-même, appelé à assurer sa survie »,La Civilisation romaine'', Flammarion, Paris, 1981, réédité en 1998, }, p 63., différentes thèses s?affrontent sur la date de sa fin. Les historiens s?accordent à dire que les invasions germaniques ne furent pas la rupture radicale que beaucoup avaient cru voir. Comme l?a montré l?historien Peter Brown, certains traits de la culture antique se perpétuent au-delà du }. L?invasion lombarde de l?Italie en 568 est parfois retenue. Elle correspond à la fin du règne de Justinien (565) qui a longtemps marqué pour les spécialistes de l?histoire byzantine, le passage de l?Empire romain d?Orient à l?Empire Byzantin. Toutefois, selon les spécialistes contemporains, la tradition romaine se perpétue assez bien dans l?Empire d?Orient jusqu?au }, époque à laquelle il est amputé d?une grande partie de son territoire sous les coups de boutoir des invasions arabes et slaves, se repliant alors sur son identité grecque. En outre, les situations locales varient grandement dans l?ancien Empire d?Occident : alors que les îles Britanniques plongent dans les « Âges sombres » (« ''dark ages » en anglais) dès le }, les bases de la civilisation antique subsistent dans la , en France, en Italie et en Allemagne jusqu?au {{s|VII|e. D?un monde uni à une romanité éclatéeLes empereurs du Bas Empire (284-395)Les historiens font habituellement commencer le Bas Empire avec le règne de Dioclétien (284-305). Son action s?inscrit certes dans la lignée des empereurs Aurélien et Probus, ces empereurs énergiques du s-|III|e, mais il a posé avec Constantin les bases d?une monarchie forte caractéristique de la période.Dioclétien et la tétrarchies, sculpture en porphyre du s-|IV|e, provenant du palais impérial de . Aujourd'hui à l'angle de la basilique Saint-Marc de Venise . Quelques mois après son arrivée au pouvoir, Dioclétien comprend qu?il ne peut diriger seul l?Empire et confie à Maximien le soin de s?occuper de l?Occident en tant que César puis d?Auguste. En 293, il donne à Maximien un adjoint qui porte le titre de César, Constance Chlore et s?en choisit lui-même un, Galère. C?est ainsi que les besoins de l?Empire donnent naissance à la tétrarchie, c?est-à-dire au pouvoir à quatre où Dioclétien conserve la prééminenceMichel Christol et Daniel Nony, Des Origines de Rome aux invasions barbares'', Hachette, 1974, p. 206.. La stabilité de cette équipe pendant vingt ans permet le redressement et la profonde réforme de l?Empire. Il n?y a pas de partage territorial de l?Empire romain, mais les quatre hommes se répartissent le commandement des troupes et les secteurs dans lesquels ils interviennent. Ils délaissent Rome comme capitale. Cette nouvelle organisation permet d?éliminer les usurpateurs qui semaient le trouble en Gaule, de repousser les Francs et les Alamans toujours en Gaule, les Maures en Afrique, les Iazyges et les Carpes sur le Danube, les Perses en Orient. La victoire sur les Sassanides renforce la présence romaine en Mésopotamie avec la constitution de cinq nouvelles provincesPaul Petit et Yann Le Bohec, « L?Antiquité tardive », ''Encyclopædia universalis, DVD 2007.. La politique intérieure de Dioclétien est dans la lignée de celle des empereurs du s-|III|e. Comme Aurélien, il renforce la divinisation de la fonction impériale. Comme Valérien, il veut favoriser le retour aux religions polythéistes traditionnelles dont les dieux ont toujours protégé l?Empire, même s?il est personnellement un adepte du culte de MithraLe site Memo précise : « Seuls Dioclétien et les tétrarques, en 305, revendiqueront du dieu un appui qui sera sans lendemain. » [http://www.memo.fr/article.asp?ID=THE_REL_025 Les religions à mystères]. Le site Educnet précise : « Vers 307 ou 308, Dioclétien, Galère et Licinius attribuent à Mithra le nom de fautor imperii sui'', c?est-à-dire protecteur de l?Empire à Carnuntum en Pannonie ». Ils espèrent ainsi s?assurer la fidélité des légions. [http://www.educnet.education.fr/musagora/religion/religionfr/mithra.htm Mithra à Rome].. À la fin de son règne, en 297, il déclenche une persécution contre les manichéens, puis en 303 la dernière des persécutions contre les chrétiensPetit, ''Histoire générale de l?Empire romain, Seuil, 1974, p. 554-556.. En 305, les deux Augustes abdiquent le même jour pour laisser la place à leurs Césars, Galère et Constance Chlore, qui deviennent à leur tour Augustes. Dioclétien choisit deux nouveaux Césars, Maximin II Daïa et Sévère, écartant délibérément de la succession les fils de Maximien et de Constance Chlore. Ce faisant, il renoue avec la pratique des Antonins consistant à choisir les meilleurs comme héritiers et, en allant à contre-courant de la logique héréditaire, il cause la ruine de son système. Dioclétien se retire dans son palais à Split. Les Constantiniens, 260 cm, IVe siècle, Palais des Conservateurs, musées du Capitole La seconde tétrarchie se heurte aux ambitions de Maxence et de Constantin, fils respectifs de Maximien et de Constance Chlore. Une période d?instabilité s?ensuit avec jusqu?à sept augustes au même moment. En 313, deux empereurs restent en lice, Constantin, et Licinius. Ce dernier est vaincu une première fois en 316. Un compromis est trouvé entre les deux hommes semblant donner naissance à une nouvelle tétrarchie avec deux Augustes et trois Césars. Mais les Césars sont les fils de deux Augustes, ce qui remet à l?honneur le principe d?hérédité que Dioclétien voulait éviter. Les deux Augustes s?opposent sur la question religieuse. Constantin est le premier empereur ouvertement favorable au christianisme alors que Licinius, sans renouer avec les persécutions, défend la religion traditionnelle. Il est définitivement éliminé en 324. Constantin reste alors le seul souverain. Cette même année, il choisit l?ancienne colonie grecque de Byzance, installée sur la rive européenne du détroit du Bosphore pour fonder une nouvelle capitale qui portera son nom, Constantinople. Organisée sur le modèle de Rome, elle est inaugurée en 330. Quand Constantin meurt en 337, il n?a pas réglé sa succession. Ses trois fils se proclament Augustes après avoir assassiné leurs oncles qui auraient pu être des concurrents. Ils se partagent l?Empire mais finissent par se brouiller. Finalement l?Empire est réuni sous l?autorité du second fils de Constantin, Constance II (337-361) qui nomme deux césars aux pouvoirs très réduits. Le long règne de cet empereur pérennise la politique de son père. Son cousin Julien, César en Gaule, est proclamé empereur en 360. La mort de Constance II l?année suivante évite une guerre civile. Julien, qui a renoncé au christianisme par amour de la pensée grecque, d?où son surnom d'apostat, tente de restaurer les anciennes religions. Sa mort après 18 mois de règne, en 363 rend vaine cette tentative. Les Valentiniens, les Théodosiens et la fin de l?unité territoriale, or, v. 377, Trèves. Avers : effigie de l?empereur Valens. Revers : Valens et Valentinien Ier en trône, tenant l'orbe ensemble. Ses successeurs, Jovien (363-364), Valentinien Ier}} en Occident (364-375) et Valens en Orient (364-378), tous chrétiens, reviennent à la neutralité religieuse. Valentinien } doit faire face aux troubles aux frontières de l?Empire : les Alamans dans les régions rhénanes ; les Quades et les Sarmates sur le limes'' danubienAmmien Marcellin, ''Res gestæ'', 28, 2 ; 28, 5 ; 29, 4 ; 29, 6 et 30, 3.. La Perse reste une menace malgré les guerres menées par les empereurs Julien et Jovien. En outre, dès le début de son règne, l?empereur d?Orient Valens, frère de Valentinien I} doit gérer les difficultés engendrées par la présence au-delà du Danube des Goths convertis au christianisme arienPhilostorge, ''Histoire ecclésiastique'', 2 ; Catherine Lheureux-Godbille, « Barbarie et hérésie dans l??uvre de saint Ambroise de Milan (374-397) », ''Le Moyen Âge, 2003/3-4.. À la mort de Valentinien I{{er, le pouvoir échoie à ses deux jeunes enfants Gratien et Valentinien II. Trop jeunes pour réellement gouverner, ils laissent le pouvoir aux mains de leur entourage, famille impériale et grands personnages de l?État. Après la mort de Valens lors de la bataille d?Andrinople en 378, Gratien, qui ne peut administrer l?Empire à lui seul, se choisit un nouveau collègue pour l?Orient, Théodose. Gratien adopte une politique résolument hostile aux païensLe terme paganus'' pour désigner un ''païen'' pose problème : « comment un terme qui à l?origine désigne l?intégration (membre d?un pagus) en vient à signifier l?exclusion du non-chrétien. Plusieurs thèses s?opposent. Dans le cas de ''paganus = civil'', les chrétiens se seraient considérés comme des soldats du Christ, les ''païens'' seraient alors ceux qui sont exclus de cette armée. Dans le second cas, ''paganus = paysan'', les chrétiens se seraient identifiés à des citadins. Il est vrai que le christianisme s?est d?abord répandu en ville. ''Paganus'' ferait son apparition dans la langue littéraire à la fin du s-|IV|e, le premier auteur à l?utiliser étant . » [http://crm.revues.org/document268.html B. Ribémont, « Impies et païens entre Antiquité et Moyen Âge », ''Cahiers de recherches médiévales'', Comptes rendus].. Il s?efforce, entre autre, de dégager de la vie publique toute influence polythéiste. Il supprime ainsi toute aide publique aux cultes païens. Il doit faire face à l?hostilité de la ''nobilitas'' de Rome attachée à la religion traditionnelle. Il est assassiné par Maxime en 383. Ce dernier est reconnu Auguste pour l?Occident mais est vaincu par Théodose après avoir envahi l?Italie dévolue à Valentinien II, le jeune frère de Gratien. Le jeune homme reste alors seul Auguste de l?Occident sous la protection du général franc, Arbogast, ''magister militum mis en place par Théodose. Valentinien II est retrouvé étranglé en 392 et Arbogast proclame empereur le rhéteur païen Eugène. En 394, Théodose vainc cet usurpateur à la Bataille de la Rivière Froide où les deux armées perdent l?essentiel de leurs forces. Alors que le danger barbare est de plus en plus pressant, les défenses de l?Empire sont affaiblies par ces guerres civiles. , en violet la pars orientalis'' qui revient à l?aîné Arcadius. Le long des frontières de l?Empire, les traits noirs correspondent au ''limes En 395, Théodose meurt, après avoir partagé l?Empire entre ses deux filsCe partage est considéré traditionnellement comme la séparation définitive de l?Empire en deux entités mais en réalité la séparation est plus ancienne puisqu?en 364 l?empereur Valentinien se voit adjoindre, sous la pression de ses soldats, un collègue, son propre frère Valens. À partir de ce moment plus jamais l?Empire ne sera réuni si l?on excepte trois mois à la fin du règne de Théodose, de fin septembre 394 à janvier 395.. Arcadius, l?aîné, reçoit l?Orient et Honorius l?Occident. Ce partage est dans la continuité des règnes précédents. Il se veut purement administratif. L?unité théorique de l?Empire est préservée. Mais l?Occident d?Honorius est bientôt affaibli par la lutte contre les barbares et les usurpations. Il a perdu une grande partie de ses troupes. L?économie de l?Occident demeure fragile alors que celle d?Orient est florissante. Mais l?éloignement définitif des deux parties de l?Empire résulte surtout de la mésentente entre les deux cours impériales, qui entérine les différences d?évolution économique et démographique. Ceci explique pourquoi la date de 395 est restée symbolique de la division de l?Empire romain. Pourtant, c?est plutôt vers 408 qu?on peut dater la partitio définitive de l?Empire. Cette année-là, Stilicon, tuteur des deux jeunes empereurs, dissuade Honorius de prendre la tête de la partie orientale de l?Empire à la mort de son frère Arcadius. C?est le fils de ce dernier, Théodose II qui règne sur l?Orient de 408 à 450Lançon (1997), p. 36.. Invasions ou migrations germaniques en Occident ?Article détaillé|Grandes invasions En 376, repoussés par les Huns, les Wisigoths demandent asile à l?Empire. Deux cent mille d?entre eux sont établis au sud du Danube, en MésieCharles Diehl, Histoire de l?Empire Byzantin'', P., Picard, 1920,1;2 dans [http://www.mediterranee-antique.info/Diehl/HB_001.htm]. en échange de levée de recrues. Exploités par les fonctionnaires romains, ils ne tardent pas à se révolter et ravagent la Thrace. L?empereur Valens est tué lors de la bataille d?Andrinople en 378. Le nouvel empereur de la partie orientale de l?Empire, Théodose réussit à conclure un nouveau ''f?dus'' avec les Goths en 382 Hydace, ''Chronique'', an. 382 ; É. Demougeot, ''De l?unité à la division de l?Empire romain, 395-410. Essais sur le gouvernement impérial, Paris, 1951, p. 22-24.. Les Goths ont le droit de s?installer en Thrace. Ils conservent leurs propres lois et ne sont pas soumis aux impôts romains. Ils sont donc quasi-indépendants même s?ils s?engagent à servir dans l?armée romaine comme fédérés, c?est-à-dire sous le commandement de leurs propres chefsChristol et Nony, p. 248. La paix a été conclue en 389 ou 390.. Après la mort de Théodose (395), les Wisigoths dirigés par Alaric pillent la Macédoine, la Thessalie, la Grèce. Arcadius négocie à prix d?or leur retrait vers l?ouest. Stilicon est empêché de les combattre par le souverain d?Orient. En 402, alors que les Ostrogoths envahissent les provinces danubiennes, les Wisigoths pénètrent en Italie. En 410, ils saccagent Rome. Cet épisode est ressenti comme une catastrophe par les Romains. Les païens y voient la conséquence de l?abandon des dieux traditionnels. Saint Jérôme y voit le châtiment des pêchés des hommesSaint Jérôme, Lettres'', 60, 17.. Saint Augustin affirme, lui, qu?il n?y a aucun lien entre le christianisme et l?EmpireSaint Augustin, ''Sermons, 81, B.. L?établissement définitif des Wisigoths en Aquitaine seconde et en Espagne met fin à leurs raids.. Chronologie associée. Mais entre temps, le 31 décembre 406, les Vandales, les Sarmates, les Suèves, les Alains et les Alamans franchissent le Rhin bientôt suivis par les Burgondes. Ils ravagent la Gaule et menacent l?île de Bretagne. Cette dernière est définitivement abandonnée par les troupes romaines qui partent défendre la Gaule. Le puissant parti anti-barbare présent à la cour impériale obtient une épuration de l?armée et de l?administration en Italie, la privant des défenseurs efficaces et fidèles, dont StiliconChristol et Nony, p. 251.. L?empereur, installé à Ravenne, est contraint d?accepter l?installation de nouveaux royaumes barbares en GauleMemo, le site de l?histoire, Hachette Mutimédia dans [http://www.memo.fr/article.asp?ID=ANT_ROM_007]. En 429, les Vandales envahissent l?Afrique dont ils font la conquête en 10 ans. Ils privent l?Italie d?un de ses greniers à blé, leur flotte contrôlant la Méditerranée occidentale. Ils sont en outre des ariens fanatiques et persécutent les Romains orthodoxesDucellier, Kaplan et Martin, p. 19.. En 435, les Vandales obtiennent à leur tour le statut de fédérés en Afrique orientaleBalard, Genêt et Rouche, p. 17.. Le roi suève Herméric crée un véritable royaume autour de sa capitale Braga en obtenant un f?dus en 437-438. Les provinces danubiennes restent fidèles à l?Empire mais passent sous l?autorité de Constantinople. L?Empire romain d?Occident se réduit à l?Italie, la Dalmatie, une partie de la Gaule et la Tarraconaise (actuelle Catalogne). Aetius, général de Valentinien III, continue à lutter contre les Barbares. Il repousse les Francs vers le nord, les Wisigoths vers le sud de la Gaule et l?Espagne. Il bat les Burgondes grâce à ses contingents hunsAetius a été otage à la cour des Huns pendant son enfance. Il y est devenu un ami du jeune Attila. et les transfère en Sapaudia où en 443, Valentinien III les autorise à s?installer en tant que peuple fédéré. En 451, grâce à une armée plus barbare que romaine, ? elle comprend un fort contingent wisigoth, des Francs, des Alains ?, il parvient à repousser Attila à la bataille des champs Catalauniques. Mais il est égorgé en 454 par Valentinien III lui même, jaloux de ses succès. L?empereur est à son tour assassiné par d?anciens officiers d?Aetius. L?Empire romain d?Occident connaît alors une instabilité politique avec des empereurs impuissants, contestés par des usurpateurs. En 455, Rome est pillée pendant plus d?un mois par les Vandales de Genséric. Les Barbares s?étendent alors irrésistiblement en Gaule malgré la défense d?Ægidius puis de son fils SyagriusBalard, Genêt et Rouche, p. 19.. En 476, Odoacre dépose le tout jeune empereur Romulus Augustule et envoie les insignes impériaux à Constantinople. Cette vision classique de la fin de l?Empire romain d?Occident est aujourd?hui battue en brèche par certains historiens. Ils avancent l?idée que ces « invasions » dans la région du Danube sont d?abord des migrations massives des Goths poussés par les Huns suivies d?une intégration bâclée. Même en Gaule et en Afrique, la transhumance des peuples germaniques n?est destructrice que dans un premier temps. Bertrand Lançon, s?inspirant de l?histoire des Boers en Afrique du Sud parle de « trek ». Il souligne la volonté d?intégration des GothsLançon (1997), p. 110.. L?établissement des nations barbares se fait sur un principe romain en usage de puis le s|IV|e , celui de deux nations distinctes, les Romains et un peuple germain, établies sur le même sol avec des lois différentes appliquées pour chaque peuple. En 488, Théodoric, roi des Ostrogoths conquiert l?Italie, alors aux mains d?Odoacre à la demande de l?empereur d?Orient ZénonDucellier, Kaplan et Martin, p. 18. qui se considère comme le seul maître de l?Empire. Après la prise de Ravenne en 493, la puissance des Ostrogoths s?étend en Italie, Sicile et Dalmatie[http://aleph2at.free.fr/index.html?http://aleph2at.free.fr/hommes/ostrogoth/general.htm « Le peuple Ostrogoth » sur De l?Aleph à l?@]. En sa qualité de représentant du pouvoir impérial, Théodoric tente d?étendre son pouvoir sur les autres royaumes barbares, ariens comme lui. Pour Théodoric, les Goths sont les protecteurs des Romains. L?administration romaine subsiste donc. La politique et la culture romaines ont une grande influence sur les Goths. L?empereur romain confère même à Théodoric le titre de roi. Le royaume ostrogoth d?Italie est un excellent exemple de la collaboration entre Constantinople et les rois barbares. En Occident, l?affaiblissement progressif des structures politiques et administratives romaines aboutit à une ascension des structures chrétiennes, qu?elles soient épiscopales ou monachistes. Au s-|VI|e, les s occupent les pouvoirs administratifs, financiers et politiques qui revenaient auparavant aux magistrats laïcs. Cette préservation de la cité avec à sa tête l?évêque est à l?origine de la cité médiévaleLançon (1997), p. 107.. La romanité en Orient. En rouge, l?Empire romain d?Orient à l?avènement de Justinien. En orange les conquêtes de Justinien Au s-|V|e}}, l?Orient connaît une longue période de prospérité économique. Le trésor impérial regorgent de numéraires en orLançon (1997), p. 39. Sous le règne de Théodose II (408-450), la ville de Constantinople continue à s?agrandir et reçoit une nouvelle enceinte, le mur de Théodose. Un code juridique est publié, le code Théodose, applicable dans toutes les parties de l'Empire. Cependant l?Empire est déstabilisé par des conflits religieux violents, entre nicéens et ariens et à partir de 430 entre nestoriens et monophysites. À partir de 440, les Huns menacent l?Empire d?Orient. Un tribut et l?octroi d?une dignité romaine à Attila permettent d?éloigner le danger. Marcien, époux de Pulchérie, la s?ur de Théodose II règne de 450 à 457. Léon I{{er est le premier empereur d?Orient à recevoir la couronne des mains du patriarche de Constantinople. son petit-fils Léon II ne règne que quelques mois. C?est donc son gendre Zénon qui revêt la pourpre impériale pendant quinze ans de 476 à 491. C?est sous son règne que le dernier empereur romain d?Occident Romulus Augustule est destitué par Odoacre. Il reste donc le seul empereur du monde romain mais son autorité sur l?Occident n?est que théoriqueDucellier, Kaplan et Martin, p. 20.. Sous le règne d?Anastase (491-518), la guerre contre les Perses reprend. Le sénat choisit ensuite un officier macédonien, Justin (518-527) dont le neveu, Justinien gravit tous les échelons de la carrière administrative. (détail), avant 547 Justinien (527-565) consacre une grande partie de son règne à reprendre aux Barbares les terres de la romanité. Il pense que toute terre qui a été romaine reste inaliénablement romaine. L?Occident est le premier objectif de Justinien. Il conquiert l?Afrique sur les Vandales en quelques mois. Il profite de l?affaiblissement de l?Italie après la mort de Théodoric pour intervenir dans la péninsule en 535. La conquête est plus difficile que prévu et n?est définitive qu?au terme d?une guerre dévastatrice entre 552 et 554. En 554, les Byzantins font la conquête une partie de l?Espagne wisigothique jusqu?à Cordoue. Les conquêtes de Justinien sont fort coûteuses. Elles l?amènent aussi à négliger la menace perse qu?il écarte momentanément par le paiement d?un tribut et celle des Slaves qui apparaissent au nord de l?Empire d?Orient. Il sacrifie ainsi l?avenir de régions vitales pour l?Empire d?Orient ou byzantin pour poursuivre le rêve d?un empire universel. Il n?arrive pas non plus à réconcilier les tenants de l?orthodoxie romaine et les monophysites. Cette reconquête épuise Rome et l?Italie et n?est guère durable. En 568, seules les régions de Ravenne, de Rome et quelques points en Italie du Sud sont encore aux mains des Byzantins. Le reste de l?Italie est partagé en principautés lombardes, l'Italie est morcelée pour plus de mille ans. Les derniers territoires romains en Occident sont organisés en exarchat de Ravenne et exarchat de Carthage. Sous le règne d?Héraclius (610-641) l?Empire d?Orient prend un caractère grec inéluctable. Le titre de Basileus'' remplace celui d?Auguste, les provinces deviennent des ''thèmes. C?est aussi l?époque des premières conquêtes arabes. Après la Bataille du Yarmouk en 636, la Syrie, Jérusalem, l?Égypte, la Mésopotamie sont définitivement perdues après six siècles de romanité. L'Afrique romaine passe sous la domination arabe après la chute de Carthage en 698. Le monde byzantin et le monde arabo-mulsulman remplacent définitivement le monde romain oriental. Les instruments du pouvoirIdéologie et pouvoir), 313, Cabinet des médailles (Beistegui 233) Idéologie solaire : Constantin, est au côté de Sol Invictus, dont il reprend le qualificatif INVICTUS ; son bouclier est décoré du quadrige solaire La crise du {{s- a transformé le pouvoir impérial qui est devenu absolu. Le Sénat n?a plus aucune influence. On est passé de principat au dominat. Les empereurs de l?Antiquité tardive bénéficient aussi d?une construction idéologique qui a peu à peu assimilé les empereurs à des divinités vivantes et justifient ainsi leur pouvoir absolu. Pour Constantin comme pour Dioclétien, l?autorité impériale est de nature divineChristol et Nony, p. 212.. Dioclétien et Galère, son fils adoptif, se prétendent descendants de Jupiter. Ils prennent le surnom de Jovien'', son collègue Maximien ainsi que son co-césar Constance celui d'''Herculien. Cette sacralisation du pouvoir impérial a aussi pour but d?enlever toute légitimité aux usurpateurs éventuels puisque seul l?empereur est élu des dieux, et que seul son successeur est légitime. Cette idéologie n?empêche pas Constantin puis Maxence, fils des Augustes mais écartés de pouvoir, de contester la nouvelle tétrarchie après la mort de Constance en 306. Constantin, quoique affilié à la lignée herculienne des tétrarques, s?en écarte dès qu?il se débarrasse de Maximien en 310, au profit de la théologie solaire d?Apollon et de Sol Invictus. Celle-ci implique un pouvoir unique et suprême et a la faveur des armées occidentales, ce qui aide ses ambitions. Les monnaies de Constantin témoignent de cette idéologie solaire pendant quelques années (voir l?image du solidus). En 312, Constantin intègre le christianisme à son idéologie, et les deux principes monothéistes solaires et chrétiens vont cohabiter jusqu?en 324, lorsque Constantin devient le maître unique de l?Empire. Selon Paul Petit, la persistance des symboles solaires sur les monnaies de Constantin, et le vocabulaire neutre mais monothéiste des panégyriques païens de 313 et 321, indépendamment d?une attitude impériale très favorable aux chrétiens, répondaient au souci de ménager toutes les factions tant que la victoire sur Licinius n?était pas acquise. Après sa victoire de 324, Constantin échange dans sa titulature le INVICTUS à connotation solaire par VICTOR, tandis qu?une monnaie de cette date le représente avec l?emblème du Christ transperçant un serpent.Petit, Histoire générale de l?Empire romain, Seuil, 1974, p. 575-579 et 582.. Du fait de sa conversion[http://aphgcaen.free.fr/conferences/moderan.htm Yves Modéran, « La conversion de Constantin et la christianisation de l?empire romain », Association des professeurs d?histoire et de géographie Caen]., Constantin ne cherche pas à affirmer une filiation divine. Il prétend plutôt avoir été investi par le Dieu des chrétiens pour gouverner l?Empire. Des monnaies de 330 montrent une main sortant du ciel qui lui tend une couronne. La conversion de Constantin pose aussi le problème du césaropapisme. L?empereur agit comme un clerc dans sa manière d?exercer le pouvoir. À Constantinople, il construit son palais comme si c?était une église ; il affirme avoir reçu une vision du Christ comme s?il était un apôtre, il porte d?ailleurs comme les empereurs à sa suite le titre d'isopostole'', égal aux apôtresPouvoir de la religion et politique religieuse dans les premiers siècles du christianisme, l?exemple de deux empereurs : Constantin et Justinien, Anne Fraïsse dans [http://mshm.univ-montp3.fr/article.php3?id_article=90] ; il se présente comme « l?évêque de ceux du dehors » (c'est à dire ceux qui ne sont pas clercs) lors du Concile de Nicée mais il n'a pas cette qualité d'évêqueGilbert Dagron, ''Empereur et prêtre, étude sur le césaropapisme byzantin'', Gallimard, 1996.. Constantin affirme qu?il est le représentant de Dieu sur la terre. En son intelligence se reflète l?intelligence suprême. Il s?entoure d?un faste incroyable pour exalter la grandeur de la fonction impériale. Désormais la romanité et la religion chrétienne sont liées. Eusèbe de Césarée, reprenant les thèses de Méliton de Sardes''Christianisme et stoïcisme'', X-Passion, 2001 dans [http://www.polytechnique.fr/eleves/binets/xpassion/article.php?id=42&page=3], élabore la théologie de l?empire chrétien dans plusieurs ouvrages, dont son panégyrique de 335. Pour lui, l?unification politique a permis l?unification religieuse. L?empereur est dans ce cadre, le serviteur de Dieu et comme l?image de fils de Dieu, maître de l?universEusèbe de Césarée, ''La théologie politique de l?empire chrétien, Cerf, 2001.. L?empereur reçoit aussi la mission de guide vers le salut et la foi chrétienne. Son intervention grandissante dans les questions religieuses se trouve ainsi légitimée de même que le césaropapisme. , hippodrome de Constantinople, s-|IV|e En Occident, le pouvoir spirituel s?engage vers une autonomie plus grande face au pouvoir politique. Ambroise pose les bases de la théorie médiévale de la séparation des deux pouvoirsChristol et Nony, p. 233. esquissant même l?idée d?une subordination du pouvoir politique au pouvoir spirituel. Il contraint ainsi Théodose à faire pénitence et à marcher pieds nus dans la cendre pour expier le massacre de dix mille personnes après la révolte de Thessalonique en 390Christianisme et stoïcisme'', X-Passion, 2001 dans [http://www.polytechnique.fr/eleves/binets/xpassion/article.php?id=42&page=3]. En Orient, les empereurs naviguent entre césaropapisme et subordination au pouvoir spirituel. Ainsi, en 450, l?empereur Marcien est couronné empereur par l?évêque de Constantinople Anatolius. Son successeur Léon fait de même. C?est donc l?évêque qui au nom de Dieu fait le souverain. Une des conséquences de cette idéologie et la soumission du roi aux dogmes de l?Église. Les empereurs ne renoncent cependant pas à intervenir dans les affaires de l?Église. Zénon publie en 482, l?édit de l'''Henotikon, de nature doctrinale, qui vise à apaiser les conflits religieux sur la nature du Christ. Cette volonté du souverain de dire le dogme soulève une opposition en Orient comme en OccidentLançon (1997), p. 64.. Justinien, au s-|VI|e}}, va jusqu?à enlever et séquestrer pendant sept ans le pape Vigile pour l?obliger à souscrire aux positions défendues par le II{{e concile de Constantinople condamnant le monophysisme. Constant II en 653 fait appréhender et juger le pape Martin Ier, et Justinien II tente la même action contre Serge Ier en 692 pour imposer les canons du concile in Trullo. Mais cette fois, les milices romaines défendirent le pape. Le principe dynastique mis en place par Constantin a pour conséquence un affaiblissement du pouvoir impérial. En effet, à plusieurs reprises, des enfants sont arrivés au pouvoir à la mort de leur père. C?est le cas de Gratien et de Valentinien II, d?Arcadius et d?Honorius, de Théodose II et de Valentinien III en 423. Les mères de ces jeunes empereurs occupent alors un rôle politique important ainsi que certains préfets du prétoire. L?armée, symbole de Trèves, ville impériale dans l?Antiquité tardive Le nombre de soldats par légion est passé de formatnum:6000}} à } sous le Haut Empire à probablement } au début du règne de DioclétienLançon (1997), p. 40.. Celui-ci augmente le nombre d'unités. On suppose que l?armée romaine du } compte entre } et {{formatnum:300000 hommes. Une nouveauté de taille est le recrutement de soldats d?origine barbare pour garder le , les frontières de l?Empire. Ils complètent l?armée de man?uvre. Les légions de man?uvre sont de taille plus réduite ? formatnum:1000 légionnaires ? mais sont plus nombreuses que sous la période précédente. Elles passent de 39 à 60. Elles sont chargées d?intercepter les Barbares qui ont réussi à franchir une frontière de plus en plus fortifiée. La nécessité de la défense de l?Empire justifie l?abandon de Rome comme résidence impériale au profit de villes plus proches des frontières : Trèves, Milan, Sirmium, Nicomédie. Constantin achève la transformation de l?armée et met en place le comitatus'', l?armée de campagne. Son commandement est confié à un ''magister peditum'' pour l?infanterie et un ''magister equitum'' pour la cavalerieChristol et Nony, p. 214.. En cas de besoin, des maîtres des milices peuvent être créés pour une région particulière comme en Illyricum. Dans les provinces et les diocèses exposés, les troupes peuvent être dirigées par un ''comes'' ou un ''dux. Cette armée est particulièrement soignée par les empereurs. , Constantinople, début du VIe s., style théodosien tardif, musée du Louvre Pour pallier les difficultés de recrutement, Dioclétien impose de nouvelles règles. Les propriétaires doivent désormais fournir des recrues à l?armée romaine. Au cours du s-|IV|e, ils obtiennent le droit de remplacer les recrues par une somme en or, l'aurum tironicumLançon (1997), p. 41.. Ce système est supprimé en 375, mais uniquement pour l?Orient. Un nombre significatif de citoyens cherche à fuir l?enrôlement dans l?armée en partant dans le désert, en se coupant le pouce ou en devenant . Les lourdes condamnations envers les déserteurs, l?hérédité du métier de soldat n?évitent pas les difficultés de recrutement, ce qui pousse les empereurs à faire appel aux barbares. Outre les soldats de l?armée de man?uvre, Dioclétien et Constantin Ier}} recrutent des auxiliaires d?origine barbare pour veiller sur le limes'', les ''limitanei''. Ils ont peu à voir avec l?esprit romain. La distinction entre ''comitatus'' et ''limitanei donne naissance à l?armée romaine du Bas-Empire. Sous Théodose, la présence barbare se renforce, y compris dans les postes du haut commandement, exercé par des barbares romanisés tels que Arbogast, Stilicon, Gaïnas. Au début du }, l?armée d?Occident comprend théoriquement } hommes aux frontières, presque tous d?origine barbare, et {{formatnum:50000 hommes dans l?armée de man?uvre. Les frontières sont alors défendues par des soldats issus de peuples qui cherchent à envahir l?EmpireBalard, Genêt et Rouche, p. 16.. Au s-|V|e, l'Empire romain d'Orient connait plusieurs réactions anti-germaniques qui aboutissent à l'élimination des chefs barbares ( en 400, assassinat d?Aspar en 471) et à exclure les Germains des cadres de l?armée. En même temps en 466, les empereurs d?Orient leur substituent une source de recrutement autochtone, avec les montagnards isauriens, sujets de l?Empire, commandés par Zénon, qui devient le gendre de l?empereur Léon Ier et lui succèdeOstrogorsky, op. cit., p 91.. Les derniers fédérés en Orient, dirigés par Théodoric, sont envoyés sur l?Italie en 489, ce qui libère l?Orient de leur pression. Néanmoins, les Germains demeurent un élément important de l?armée impériale, jusqu?au s-|VII|e, mais ils sont recrutés individuellement comme mercenaires, et encadrés par des officiers impériauxOstrogorsky, op. cit., p. 82.. L?abandon du système des fédérés et la reprise de contrôle des forces armées permet la survie de l?Empire d?Orient. Au début du s-|VII|e}}, la crise financière de l?Empire d?Orient et l?occupation des Balkans par les Slaves et de l?Asie Mineure par les Perses tarissent les capacités de recrutement de mercenaires. Héraclius réorganise alors le recrutement par l'institution de paysans-soldats''. Les territoires encore sous domination impériale sont progressivement organisés en circonscriptions militaires, commandées par un stratège, et reçoivent l?appellation des thèmes, du nom grec de l?unité qui y stationne (''thema''). On y crée des biens militaires, qui sont attribués à titre héréditaire et inaliénable à des familles, contre un service militaire également héréditaire. Cette institution rappelle et généralise celle des anciens ''limitanei'' frontaliers, donne enfin les moyens d?une puissante armée indigène et dispense de recruter des mercenaires étrangers, coûteux et peu sûrs. Le soldat-paysan s?équipe et se dote d?un cheval lui-même et ne perçoit qu?une solde minime, ce qui allège encore les charges de l?armée. L?armée ne manque alors plus de soldats, la résistance du réduit byzantin est assurée pour les siècles à venirOstrogorsky, ''op. cit.'', p. 121 et 124-127. Toutefois, Paul Lemerle signale des critiques de cette vue, qui considèrent qu?il n?y a pas de preuve décisive que le système des biens militaires se soit ainsi élargi dès le }. Paul Lemerle, ''Histoire de Byzance, Que sais-je }107, 4{{e édition, 1960, p 73.. L?administrationSous Dioclétien, les distinctions entre provinces sénatoriales et provinces impériales sont supprimées. En 297, l?empereur les divise en entités plus petites, les faisant passer de 47 à plus de 100. Ces nouvelles provinces sont regroupées en 12 diocèses dirigés par des vicaires équestres qui obéissent directement aux empereurs. Cette multiplication des circonscriptions administratives et des échelons administratifs est perçue comme étant plus efficace pour lutter contre les maux de l?Empire. En 312, on compte 108 provinces, 116 en 425Lançon (1997), p. 32.. Constantin opère une réforme de la préfecture du prétoire qui ne s?occupe plus de l?administration centrale. Il divise l?Empire en grandes circonscriptions dont les limites sont fluctuantes, les préfectures régionales avec à leur tête un préfet du prétoire. Les préfets y ont de grandes prérogatives civiles et judiciairesChristol et Nony, p. 213.. Chaque niveau administratif ? préfecture régionale, diocèse, province ? a sa capitale, ses bureaux, ses fonctionnaires. Le pouvoir impérial est ainsi plus présent à chaque échelon, mais la masse salariale des fonctionnaires est multipliée par quatre et les grands pouvoirs qu?ils possèdent sont des facteurs d?autonomie et de corruptionLançon (1997), p. 33.. Constantin transforme aussi l?organisation du pouvoir central qui était demeurée sensiblement la même depuis le Haut Empire. Le préfet du prétoire est remplacé par le questeur du Palais sacré qui rédige les édits. Celui-ci dirige le consistoire sacré, qui remplace le conseil de l?empereur. Le maître des offices dirige le personnel administratif, les fabriques d?armes et les scholæ'' de la garde ; le maître des milices, l?infanterie et la cavalerie ; le comte des largesses sacrées, le fisc ; le comte de la fortune privée, la ''res privata'', c?est-à-dire la caisse privée de l?empereur, les revenus personnels de ce dernier étant issus essentiellement du revenu de ses immenses domaines. La grande nouveauté est cependant la grande augmentation des fonctionnaires travaillant dans les bureaux centraux. Une foule de notaires, d?agents secrets (les ''agentes in rebus''), près de 1000 fonctionnaires au s-|V|e}}Ducellier, Kaplan et Martin, p. 22., et d?employés divers font de l?Empire romain une véritable bureaucratieChristol et Nony, p. 214.. Cette administration centrale pléthorique contribue à l?isolement de l?empereur du reste de la société. Toutes ces institutions demeurent à peu près les mêmes jusqu?au début du {{s-|VII|e. Pendant longtemps, les empereurs s?efforcent de maintenir la séparation des pouvoirs civils, confiés à un gouverneur, et les pouvoirs militaires confiés à un ''comes'' ou un ''dux, ce dernier s?occupant de plusieurs provinces. Mais à l?époque de Justinien, les réformes portent en germe la réunion des pouvoirs civils et militaires dans les thèmes ou les exarchats de la période byzantine. Justinien regroupe les provinces, seulement pendant quinze ans, il est vrai, entre les mains de proconsuls ou de propréteurs en leur donnant des pouvoirs militaires, civils et parfois fiscaux. Son objectif est d?enrayer la puissance grandissante de la noblesse. La fiscalitéLes finances sont avant tout destinées à soutenir l?armée. L?annone militaire a été progressivement mise en place à partir de la dynastie des Sévères. Pour faire face aux dépenses accrues, l?empereur ordonne en 298 que soient recensées, toutes les ressources de l?Empire, hommes, bétails et autres richessesRoger Remondon, La crise de l?Empire romain'', PUF, collection « Nouvelle Clio ? l?histoire et ses problèmes », Paris, 1964 (2e édition 1970), p. 129-130.. Ce recensement, qui a lieu tous les cinq ans En 312, Constantin fait passer le cycle de recensement à 15 ans (période nommée l'indiction) ; Remondon, ''op. cit.'', p. 292., sert de base pour établir l?assiette d?un nouvel impôt, la capitation. En outre, ils doivent payer la ''jugatio sur les biens fonciers. Le paiement se fait soit en nature, soit en espèces selon une correspondance préétablie régionalement par un barème de prix. Cette fiscalité basée sur la propriété terrienne pèse essentiellement sur les habitants des campagnes. Elle est complétée d?une réforme agraire, par l?attribution forcée des terres abandonnées à des particuliers, qui en deviennent les colons imposables. Constantin accroît les dépenses de l?Etat par son administration nombreuse, ses multiples constructions, les dons à ses protégés et à l?Eglise, les dépenses luxueuses de la cour. Il se procure l?or nécessaire en imposant ceux que la capitation épargne : le chrysargyre'' est levé tous les cinq ans sur les commerçants et les artisans, les curiales sont assujettis à offrir tous les cinq ans l?or coronaire (couronnes en or), les sénateurs doivent s?acquitter de l?or oblatice (''aurum oblaticium'', or offert à chaque anniversaire impérial) et de la ''collatio glebalis tous les quatre ansPetit, p. 589-590.. Ces réformes alignent les finances publiques sur la circulation de l'or, et les restaurent pour tout le IVe siècle malgré l?augmentation considérable des dépenses, au prix d?une collusion entre le pouvoir et les classes supérieures, thésaurisatrices d?or, et de la ruine des classes inférieuresPetit, p. 591.. Sous le règne de Théodose, la fiscalité se durcit encore provoquant des révoltes (Antioche en 387). En théorie, les revenus de la res privata'' doivent subvenir à la cour et à la famille impériale, mais une part grandissante de cette caisse est dévolue aux immenses besoins de l?État. Anastase détache une partie des domaines de la ''res privata'' dont les revenus rejoignent ceux du fisc. Il abolit le ''chrysargyre qui frappait le commerce et l?industrie des villes, et confie la perception de l?impôt des villes à des fonctionnaires, soulageant les curiales ruinées. Alors que la circulation monétaire ralentit considérablement en Occident du fait des grandes invasions, elle augmente en OrientDucellier, Kaplan et Martin, p. 23. : Anastase impose définitivement aux campagnes le payement de l?annone (capitatio'' et ''jugatio'') en espèces, et achète les approvisionnements nécessaires à l'État à des prix imposés par le gouvernement. La sévérité fiscale provoqua des révoltes populaires, mais à la mort d?Anastase, les caisses impériales renfermaient une réserve considérable de 320 000 livres d?or Georges Ostrogorsky, traduction française de J. Gouillard, ''Histoire de l?état byzantin, Payot, 1977, pp 94-95. Le coût des conquêtes de Justinien provoquent un nouveau tour de vis fiscal jusqu?en 550. Le mécontentement est grand. En effet, l?empereur prélève dans des campagnes orientales affaiblies par les ravages de la peste des impôts très lourdsDucellier, Kaplan et Martin, p. 19.. Les provinces nouvellement reconquises ont perdu l?habitude de payer de lourds impôts sous l?administration barbare incapable de les prélever régulièrement. Elles doivent se soumettre de nouveau à cette obligation alors qu?elles sortent complètement ruinées des guerres de conquête. Après 550, du fait de l?augmentation de la population dans l?Empire de Justinien, les prélèvements fiscaux tendent à diminuerDucellier, Kaplan et Martin, p. 24.. Le christianisme dans le monde romainLes questions posées par la christianisation de l?Empire romain, mosaïque du s-|IV|e, Basilique patriarcale d? La progression du christianisme dans l?Empire est sujette à de nouveaux débats. En effet, les sources à la disposition des historiens rendent ardue la quantification du développement du christianisme Pour le problème des sources voir [http://aphgcaen.free.fr/conferences/moderan.htm Yves Modéran, La conversion de Constantin et la christianisation de l?Empire romain, conférence pour la Régionale de l?APHG en juin 2001.]. Pendant longtemps a prévalu l?idée qu?au début du s-|IV|e}}, les provinces d?Orient sont majoritairement acquises au christianisme. En Occident, les provinces méditerranéennes sont plus touchées par la nouvelle religion que les autres. Mais partout dans cette partie de l?Empire romain, les campagnes restent profondément polythéistesChristol et Nony, p. 233. Aline Rousselle dit que « les chrétiens étaient une puissante minorité présente dans des lieux et positions clés (en 312). » in Nouvelle histoire de l?Antiquité'', tome 9, Seuil, 1999.. Dans cette optique, la conversion de Constantin en 312 n?aurait été qu?un couronnement, et non un tournant de l?histoire de l?EmpireC?est entre autres le point de vue que le cardinal Daniélou développe dans la ''Nouvelle histoire de l?Église'' parue au Seuil en 1963. Il écrit : « Au début du }, les forces vives de l?Empire étaient en grande partie chrétiennes? En dégageant l?Empire de ses liens avec le , Constantin ne sera pas un révolutionnaire. Il ne fera que reconnaître en droit une situation déjà réalisée dans les faits ».. Aujourd?hui l?ampleur de la christianisation de l?Empire est remise en questionEntre autres par Alan Cameron et Robin Lane Fox aux États-Unis, et Pierre Chuvin et Claude Lepelley en France.. Robin Lane Fox pense que le paganisme est toujours très bien implanté au début du {{s-|IV|e et que le christianisme est encore un phénomène très minoritaireRobin Lane Fox, ''Païens et chrétiens : La religion et la vie religieuse dans l?Empire romain de la mort de Commode au Concile de Nicée, Presses Universitaires du Mirail, 1997.. Selon lui les chrétiens ne représentent en 312, que 4 à 5 % de la population totale de l?Empire. Le débat est d?autant plus délicat que, derrière les chiffres, il y a un enjeu idéologique fort. Certains points semblent néanmoins établis. L?inégalité de la christianisation selon les régions et le retard de la Gaule en particulier sont admis par tous. À un moindre degré, la situation est la même en Espagne et en Italie, mais avec en plus de fortes différences régionales. On pense qu?à Rome, la ville la plus christianisée d?Italie, peut-être un peu moins de 10 % des habitants sont chrétiens en 312. L?étude des papyrus égyptiens permet le chiffre de 20 % de chrétiens en 312 en ÉgypteRoger S. Bagnall, Egypt in Late Antiquity, Princeton, Princeton University Press, 1993.. En Asie Mineure, une proportion d?1/3 de chrétiens est envisageable, 10 à 20 % en Afrique. En 312, les chrétiens ne sont donc qu?une minorité dans l?Empire. La question du développement du christianisme a longtemps été posée en termes d?affrontement avec la culture antique. Le Bas Empire est, dans cette perspective, vu comme une période de triomphe de la foi nouvelle face aux religions traditionnelles ou aux cultes à mystères. Aujourd?hui, l?examen des sources pousse à ce point de vue. Le christianisme s?est nourri de la culture antique et s?en est servi pour se développer : il n?a donc pas détruit la culture antiqueLançon (1997), p. 60.. G. Stroumsa explique le passage du paganisme au christianisme dans l?Empire romain par un processus d?intériorisation du culte. Une partie significative des habitants de l'empire, ne se reconnaît plus dans les religions ritualistes et cherchent une croyance qui soit plus personnelle. L?essor des religions du livre'' grâce à la généralisation du codex sert d?accélérateur à un nouveau souci de soi présent dans l?ascèse et la lecture, au passage de la religion civique aux religions communautaires et privéesG. Stroumsa, ''La Fin du sacrifice. Les mutations religieuses de l?Antiquité tardive, Odile Jacob, 2005, p. 182.. Cette thèse ne fait pas l?unanimité parmi les historiensLire le compte rendu de Bruno Delorme sur l?ouvrage de G. Stroumsa en pages 3 et 4 dans [http://64.233.183.104/search?q=cache:Xx7zDinArQ8J:bsa.biblio.univ-lille3.fr/cr-stroumsa.pdf+Guy+Stroumsa&hl=fr&ct=clnk&cd=13&gl=fr&client=firefox-a]. Le christianisme, en devenant la religion de l?Empire romain au s-|IV|e, sert à justifier un ordre politique autoritaire qui s?exerce au nom de Dieu. Il permet aussi, aux yeux des empereurs d?assurer la cohésion de l?Empire. Il devient un élément essentiel de la civilisation de l?Antiquité tardive. La conséquence en est l?exclusion de toutes les autres convictions religieuses. Les non-chrétiens sont désormais désolidarisés de l?idéal romainA. Momigliano, The Disadvantages of monotheism for an universal state, Classical Philology, t. 81, 1986, p. 285-297.. Pour l?Église d?Occident, romanité et christianisme sont tellement indissociables que les évêques trouvent normal de défendre l?Empire face aux barbaresBalard, Genêt, Rouche.. La grande persécutionflagellé en présence de l?empereur Dioclétien. Fresque byzantine, milieu du s-|VIII|e, musée national de Rome Au début du s-|IV|e}}, avec la Tétrarchie, la lutte contre la religion des chrétiens, en expansion mais encore très minoritaire, donne lieu à une dernière persécution généralisée. En 303, et ses collègues lancent plusieurs édits contre les chrétiens donnant naissance à la grande persécution'', après la quarantaine d?années de tranquillité relative qui suivirent le règne de Gallien (260-268). Les gouverneurs et les magistrats municipaux doivent saisir et faire brûler le mobilier et les livres de culte. Au début de l?année 304, un édit ordonne à tous les citoyens de faire un sacrifice général pour l?Empire, sous peine de mort ou de condamnation aux travaux forcés dans les mines. La persécution est très inégalement appliquée sur l?Empire, assez vite abandonnée en Occident après 305, plus longue et sévère en Orient. En 311 juste avant sa mort, Galère décrète l?arrêt de la persécution, demandant aux chrétiens de prier pour son salut et celui de l?EmpireLactance, ''De la mort des persécuteurs'', XXXIII, 1.. Cet appel est dans le droit fil de la tradition religieuse romaine, et admet l?utilité civique des chrétiensRobert Turcan, ''Constantin en son temps, Edition Faton, 2006, {{ISBN|2-87844-085-4, p. 138.. Une des conséquences de la grande persécution pour le monde chrétien est le schisme donatiste à partir de 307. Les donatistes refusent la validité des sacrements délivrés par les évêques qui avaient failli lors des persécutions de Dioclétien, position condamnée en 313 au concile de Rome. Le schisme se poursuit en Afrique romaine jusqu?à la fin du siècle. Cette dernière persécution marque plus que les autres la tradition chrétienne orientale : l?hagiographie positionne lors de la persécution de Dioclétien et ses successeurs le martyre de saints d?existence légendaire Par exemple saint Catherine, saint Georges ou encore la légion thébaine.. Une autre trace de l?impact significatif sur la mémoire chrétienne, est le choix de l?ère copte ou « ère des Martyrs » qui débute à la date d?avènement de Dioclétien. Les empereurs chrétiensConstantin, au départ adepte de Sol invictus (le Soleil Invaincu), se convertit au christianisme lors de sa campagne contre Maxence en 312. Certains historiens pensent que Constantin a pu, entre 312 et le début des années 320, passer dans ses convictions personnelles par une phase intermédiaire et essayer de concilier le christianisme et une divinité d'où émaneraient tous les dieux, La Divinité'', identifiée à partir de milieu du s|III|e au Soleil. En effet, dans la période 312-325, des monnaies représentent le Soleil, compagnon de l'empereur, ou confond son image avec la sienne. Peu de monnaies montrent des symboles chrétiens (, labarum) à la fin ce laps de temps. On peut se demander pourquoi Constantin se convertit à une religion encore minoritaire dans l?Empire : pour des raisons personnellesC?est la thèse avancée par André Piganiol dans son livre, ''L?empereur Constantin'' publié aux éditions Rieder en 1932., ou pour des raisons idéologiques. En 313, l?édit de Milan proclame la liberté de culte et prévoit de rendre aux chrétiens les biens qui leur avaient été confisqués pendant la grande persécution de Dioclétien. Cette conversion pose le problème des relations entre l?Église et le pouvoirGilbert Dagron ,''Empereur et prêtre, étude sur le césaropapisme byzantin'', Gallimard, 1996.. Sollicités par les d?évêques africains sur la querelle donastique, Constantin organise en 313 (ou 314) le premier concile pour que les évêques décident entre eux. Il convoqueEusèbe de Césarée, ''Vie de Constantin'', III, 6-7. et préside le concile de Nicée en 325 qui reconnaît le Christ comme Dieu et homme à l?unanimité, même Arius acquiesçant à cette doctrine''Christianisme et stoïcisme'', X-Passion, 2001 dans [http://www.polytechnique.fr/eleves/binets/xpassion/article.php?id=42&page=3]. Mais ce dernier continue sa prédication et est excommunié. Constantin le fait exiler, puis le rapelle quelques années plus tard. Les ariens adoptent des positions très favorables au pouvoir impérial, lui reconnaissant le droit de trancher les questions religieuses d?autorité. Constantin finit par se rapprocher de cette forme de christianisme et se fait baptiser sur son lit de mort par un prêtre arien. Cette conversion à l?arianisme est contestée par l?Église catholique et par certains historiens. Son fils, Constance II est un arien convaincu. Il n?hésite pas à persécuter les chrétiens nicéens plus que les païens. Malgré ses interventions dans de nombreux conciles, il échoue à faire adopter un credo qui satisfait les ariens et les chrétiens orthodoxes. A l'exception de Valens, ses successeurs, soucieux de paix civile, observent une stricte neutralité religieuse entre les ariens et les nicéens. La défaite d?Andrinople face aux Wisigoths ariens permet aux catholiques orthodoxes de passer à l?offensive. Ambroise de Milan, voulant défendre le credo de Nicée contre les ariens qualifie l?hérésie de double trahison, envers l?Église et envers l?EmpireAmbroise, ''Lettres, 10, 9-10.. , s-|IV|e, Real Academia de la Historia, '' Gratien finit par s?orienter vers une condamnation de l?arianisme sous l?influence conjuguée de son collègue ThéodoseL?empereur d?Orient promulgue des lois qui interdisent les doctrines s?opposant à la foi de Nicée : Code Théodose, 16, 1, 2 et 16, 5, 4. et d?Ambroise. L?empereur de la pars orientalis'' a, en 380, dans l?édit de Thessalonique, fait du Christianisme une religion d?État. Comme son collègue, il promulgue des lois anti-hérétiquesCode Théodose, 16, 5, 5.. Il convoque un concile à Aquilée, en 381, dirigé par Ambroise. Deux évêques ariens sont excommuniés. À ce moment, l?Église catholique est devenue assez forte pour résister à la cour impériale. Après la mort de Gratien, le parti arien est de nouveau très influent à la cour. À son instigation, est promulguée une loi, le 23 janvier 386, qui prévoit la peine de mort pour toute personne qui s?opposerait à la liberté des consciences et des cultesCode Théodose, 16, 1, 4.. Ambroise refuse de concéder une basilique ''extra muros aux ariens fort du soutien du peuple et des hautes sphères de Milan. La cour impériale est obligée de céder. Grâce à des hommes comme Ambroise, l?Église peut ainsi s?émanciper de la tutelle impériale, surtout en Occident et même revendiquer la primauté du pouvoir spirituel sur le temporel en rappelant à l?empereur ses devoirs de chrétien. Cependant, les chrétiens ont aussi besoin de la force publique pour faire prévaloir leur point de vue. Ainsi Porphyre de Gaza obtient de l?impératrice Eudoxie, qu?elle fasse fermer par son époux Arcadius les temples polythéistes de Gaza. Les païens, les hérétiques et les Juifs deviennent des citoyens de seconde zone, grevés d?incapacités juridiques et administrativesHistoire du droit, 1re}} année de DEUG, Université Paris X - Nanterre dans [http://www.balde.net/formations/droit.cours/hist-droit1.3.1.html] . Dans une loi, Théodose précise : « Nous leur enlevons la faculté même de vivre selon le droit romain. »Code Théodose,XVI, V, 7 et XVI, VII, 2 . Il faut cependant noter que le Judaïsme est la seule religion non-chrétienne à demeurer licite en 380Esther Benbassa, article antisémitisme'', Encyclopaedia Universalis, DVD, 2007.. Sur le vieux fond de judéophobie gréco-romainMaurice Sartre, « Des rites abominables et des m?urs effrénées », ''L?Histoire'', }269 (octobre 2002), p. 32-35. se greffe un antijudaïsme proprement chrétien, accusant les Juifs d?être déicides et d?avoir rejeté le message évangélique. Cela n?empêche pas Théodose de vouloir imposer à l?évêque de Callinicum en Mésopotamie de reconstruire à ses frais, la synagogue que ses fidèles ont détruite, à la grande indignation d?Ambroise de MilanGiovani Miccoli, « Ils ont tué le Christ? », ''L?Histoire {{numéro269 (octobre 2002), p. 36. Christianisation et romanitéAprès la conversion de Constantin, le christianisme progresse rapidement dans l?Empire romain mais toujours de manière inégale suivant les provinces. Il s?agit aussi dans bien des cas d?une christianisation superficielle où se mêlent un grand nombre de pratiques païennes. L?évangélisation des campagnes d?Occident ne progresse que très lentement. En Gaule, l?action de missionnaires déterminés joue un rôle non négligeable dans l?adoption de la religion du Christ. Saint Martin reste la figure de proue de l?évangélisation de la Gaule. En Occident, le latin remplace le grec comme langue liturgique à la même époque, signe de la perte de l?usage du grec dans cette partie de l?Empire. L?Égypte n?est considérée comme chrétienne qu?à la fin du s-|V|e.L?organisation de l?Église, évêque de Constantinople L?Église s?organise en suivant le modèle administratif de l?Empire. Le diocèse où officie l?évêque, correspond à la cité, sauf en Afrique et en ÉgypteChristol et Nony, p. 236.. Celui-ci est désigné par les membres de la communauté et les évêques voisins. L?aristocratie christianisée occupe souvent les fonctions d?évêque. Du fait de la défaillance des élites municipales, fuyant des responsabilités trop lourdes et trop coûteuses, ils deviennent les premiers personnages de la cité aux sp-|V|e|et|VI|e|s.En Orient, ils deviennent ainsi des partenaires du pouvoir impérial. Ils reprennent pour l?Église une part de l? décurional pour l?aide aux pauvres et aux malades. En cas de besoin, ils s?érigent en défenseur de leur cité menacée face aux barbares. À Rome, ils prennent le pas sur les préfets urbainsLançon (1997), p. 62.. En Égypte, par contre, les évêques sont le plus souvent choisis parmi les moines. Certains cumulent le rôle d?évêque et de supérieur du monastère comme Abraham d?Hermonthis, vers l?an 600. De nombreux papes chrétiens coptes viennent du monastère de saint Macaire situé à Wadi El-Natroun. Aujourd?hui, la hiérarchie de l?Église copte se recrute toujours parmi les moinesAnne Boud?hors dans [http://www.mondedelabible.com/article/index.jsp?docId=2300670].. À partir du s-|IV|e}}, un personnage nouveau se détache de l?, le prêtre. Il obtient peu à peu le droit de baptiser, de prêcher et d?enseigner. Alors que les cités d?Occident se vident de leur population à cause des difficultés de ravitaillement et de l?insécurité, une nouvelle cellule religieuse rurale se développe au {{s-|VI|e, la dans laquelle il officie. La paroisse finit par forcer le maillage administratif de base du Moyen ÂgeLes royaumes barbares : culture et religion, dans [http://www.cliohist.net/framesmic.php3?orig=http://www.cliohist.net/medievale/europe/hmed/cours/chap7.html].. Au-dessus des évêques se trouve l?évêque métropolitain qui siège dans le chef-lieu de la province et dont l?autorité s?entend à l?ensemble de celle-ci. À partir de concile de Constantinople de 381, apparaissent des primats qui regroupent sous leur autorité plusieurs provinces ; en Occident, Rome et Carthage ; en Orient, Constantinople, Alexandrie et Antioche. Au cours du s-|IV|e}}, le siège de Rome commence à établir sa primauté sur l?ensemble de l?Empire. En 370, Valentinien I{{er déclare irrévocable les décisions du pape à Rome. Le pape Damase (366-384) est le premier prélat à qualifier son diocèse de siège apostoliqueLançon (1997), p. 84. car il a été créé par l'apôtre, Pierre, considéré comme le chef des apôtres. L?autorité pontificale n?est véritablement devenue souveraine qu?à partir de Léon le Grand vers 450, ce qui n'empêchera pas les empereurs d'Orient d'user de force pour imposer à plusieurs papes leurs vues théologiques. Mais cela ne doit pas faire oublier que durant l?Antiquité tardive, l?Église n?est pas un ensemble homogène. Chaque cité a ses rites, ses saints, sa langue liturgique, reflet de la diversité de l?Empire. Les empereurs donnent aux membres du clergé de nombreux privilèges. Ils sont dispensés des prestations fiscales imposées aux citoyens. Les évêques se voient reconnus des pouvoirs de juridiction civile. Les personnes poursuivies par le pouvoir bénéficient du droit d?asile, ce qui permet de les soustraire à la justice impériale. Enfin les clercs échappent progressivement aux juridictions ordinaires et se trouvent ainsi placés au dessus du droit commun. Constantin donne à l?Église une personnalité juridique qui lui permet de recevoir des dons et des legs. Ceci lui permet d?accroître sa puissance matérielle. Au s-|V|e, elle possède d?immenses domaines dont certains dépendent des institutions charitables de l?Église. Le développement de ses institutions lui permet d?occuper un vide laissé par les systèmes de redistributions païens, en s?intéressant aux pauvres en tant que tels et non en tant que citoyens ou que clientsPeter Garnsey et Caroline Humfress, L?Évolution du monde de l?Antiquité tardive, chapitre 4, La Découverte, 2005.. En Orient comme en Occident, l?Église se retrouve cependant confrontée à un paradoxe ; elle est riche, mais prône la pauvreté comme idéal. Le monachismeDurant l?Antiquité tardive, le monachisme, né au s-|III|e}} connaît un premier essor. Les premiers moines apparaissent en Égypte, au sud d?Alexandrie. Le retrait radical du monde que prônent les premiers s, Antoine La légende raconte qu?Antoine s?est retiré dans le désert égyptien comme ermite pendant la persécution de Maximien en 312. Sa renommée attire auprès de lui un grand nombre de disciples imitant son ascétisme afin d?approcher la sainteté de leur maître. Plus il se replie dans une région reculée et sauvage, et plus des disciples accourent. Ils construisent leurs huttes autour de celle de leur père spirituel rompant ainsi son isolement. C?est ainsi que serait née la première communauté monastique, composée d?anachorètes vivant chacun dans leur propre maison. et Pacôme, est une véritable rupture politique et sociale avec l'idéal gréco-romain de la cité. Ceci n?empêche pas l?érémitisme puis le cénobitisme de se développer dans les déserts d?Orient. Pourtant il semble que le vrai fondateur du mode de vie cénobitique soit Pacôme. Au début du }, il établit première une communauté à Tabennae, une île sur le à mi-chemin entre Le Caire et Alexandrie. Il fonde huit autres monastères dans la région au cours de sa vie, totalisant {{formatnum:3000 moines. Les clercs occidentaux qui se rendent en Orient propagent à leur retour l?idéal monachiste. Les premiers établissements religieux apparaissent à l?Ouest de l?Empire à partir de la fin du s-|IV|e}} : l'abbaye Saint-Martin à Marmoutier, Honorat à Lérins et de multiples fondations à partir du {{s-|VI|e. A partir des premières expériences s'élaborent de nombreuses règles monastiques. Parmi celles-ci, la règle de Saint Benoît est destinée à un grand avenir en Occident. Avec le soutien de Justinien Ier, le monachisme prend une grande importance en Orient. Refuge moral, son pouvoir d'attraction est tel qu'il détourne de l'impôt et des fonctions publiques une partie des forces de l'Empire, et devient un véritable contre-pouvoir qui se manifestera lors de la crise de l'iconoclasme. En Occident, le monachisme recevra une impulsion décisive sous la dynastie carolingienne. Dans toutes les contrées anciennement romaines, les monastères joueront un rôle précieux de conservateurs de la culture antique.Mentalités et pratiques religieuses(Égypte) C?est pendant l?Antiquité tardive qu?est fixée l?organisation du calendrier chrétien. Constantin choisit de fêter la naissance du Christ, Noël, le 25 décembre, jour de la célébration du dieu Sol Invictus'', le ''Soleil InvaincuLançon (1997), p. 67.. On peut y voir là une tentative de syncrétisme religieux. Pâques reste une fête mobile à l?instar de Pessah. Sa date de célébration est différente d?une communauté chrétienne à l?autre. Pendant le jeûne de Carême qui la précède, les catéchumènes, des adultes, se préparent au baptême célébré durant la nuit de Pâques. Constantin interdit aussi un grand nombre d?activités le dimanche, jour consacré au culte chrétien. Le calendrier chrétienOn ignore à partir de quand les chrétiens prennent l?habitude de fixer le calendrier de leurs fêtes. Le chronographe de 354, communément appelé « calendrier de 354 », juxtapose la liste des saints à célébrer, Pâques, la Nativité, la Natalice de Saint Pierre aux fêtes romaines traditionnelles. Voir [http://aedilis.irht.cnrs.fr/liturgie/01_2.htm]. avec ses fêtes chrétiennes, le découpage du temps en semaine supplante définitivement le calendrier romain à la fin du s-|V|e}}Lançon (1997), p. 69.. Par contre, pendant toute l?Antiquité tardive, le décompte des années se fait à partir d?un critère antique : la fondation de Rome (753 av. J.-C.), les premiers jeux olympiques (776 av. J.-C.) ou même l?ère de Dioclétien. Au }, élabore un décompte chrétien à partir de l?année de naissance du Christ. Ce nouveau comput n?entre en action qu?au {{s-|VIII|e. Sur le plan des mentalités, le christianisme introduit un grand changement dans la vision du monde divin. Les Romains avaient toujours accepté sans grande résistance les divinités non romaines. Le christianisme, religion monothéiste, s?affirme comme étant la seule vraie foi qui professe le seul vrai Dieu. Les autres divinités et religions sont ramenées au rang d?idoles ou d?erreurs. Cette position a comme corollaire la montée de l?intolérance religieuse chrétienne au s-|IV|e}}, qui serait due aux discours apocalyptiques de certaines communautés chrétiennes et à leurs attentes eschatologiques, ainsi qu?au pouvoir politique impérialG. Stroumsa, op. cit.'', p. 167.. L?Église multiplie les adjectifs pour se définir : ''katholicos'', c?est-à-dire universelle, ''orthodoxos, c?est-à-dire professant la seule vraie foiSans doute s?agit-il aussi d?un legs de la philosophie platonicienne et de la volonté du penseur grec d?imposer en politique la Vérité philosophique comme norme absolue, idée reprise par le christianisme et sa théologie.. De ce fait, l?Église chrétienne est amenée à combattre non seulement les païens, mais aussi les chrétiens professant une foi contraire aux affirmations des conciles, qui sont considérés à partir du {{s-|V|e comme des hérétiques. Les historiens se posent la question des changements moraux induits par le christianisme. La morale chrétienne de l?Antiquité tardive se concentre avant tout sur la sexualité et la charité et ne remet pas en cause la hiérarchie familiale en place, insistant au contraire sur le nécessaire respect de l?autorité du pater familias''Garnsey et Humfress, ''op. cit., chapitre 5.. Le discours religieux est donc en général conservateur. Grégoire de Nysse est le seul auteur chrétien à avoir condamné l?esclavage, mais non en raison du triste sort des esclaves. Il est en fait préoccupé par le salut des propriétaires d?esclaves, coupables, selon lui, du péché d?orgueil. Augustin dénonce la torture en raison de son inefficacité et de son inhumanité. Les disputes christologiquesLes premiers siècles du christianisme sont ceux pendant lesquels s?élabore la doctrine chrétienne. Cette élaboration ne va pas sans divisions et conflits. Outre les conflits de primauté, les querelles dogmatiques sont nombreuses. Le donatisme africain, l?arianisme, le priscillianisme, le pélagianisme, le nestorianisme, le monophysisme sont autant de doctrines condamnées comme des hérésies par les premiers conciles ?cuméniques. Contre l?arianisme, deux conciles sont réunis. En 325 à l?issue du premier concile de Nicée, le Symbole de Nicée, que les latins appellent credo'' est rédigéAujourd?hui, ce credo, à une nuance près, est toujours partagé par les trois confessions chrétiennes.. C?est la première expression solennelle de l?orthodoxie. Il définit Dieu comme un être unique, en trois personnes éternelles, le Père, le Fils et le Saint Esprit. C?est l?affirmation du dogme de la Trinité, réitéré lors du concile de Constantinople de 381. Jésus-Christ est défini comme : « fils unique de Dieu, engendré du Père, lumière de lumière, vrai Dieu de vrai Dieu, engendré, non créé, de la même substance (''homoousios'') que le PèreSymbole de Nicée de 325. Le concile de Constantinople de 381 ajoute que le Christ à été « engendré du Père ''avant tous les siècles, ceci pour montrer qu?il est incréé ». » Les ariens pensent, eux, que le Père est antérieur au Fils et au Saint Esprit et qu?il est donc leur créateurLançon (1997), p. 82.. L?arianisme a de nombreux partisans en Orient comme en Occident. Les missionnaires ariens convertissent les Goths et les Vandales. Ceci pose des problèmes de cohabitation religieuse avec les peuples romanisés majoritairement nicéens. Voilà pourquoi l?Église catholique a accordé un tel poids à la conversion et au baptême de Clovis, roi des Francs, à la fin du s-|V|e. C?est le premier roi barbare à embrasser la foi catholique et à bénéficier ainsi du soutien de l?Église romaine. Au s-|V|e}} les disputes théologiques portent sur la nature du Christ, humaine et/ou divine. Le nestorianisme défendu par le patriarche de Constantinople, Nestorius privilégie la nature humaine du Christ. Il est condamné par le concile d?Éphèse de 431 réuni à l?instigation du patriarche d?Alexandrie Cyrille. À Antioche, on insiste sur le fait que Jésus est certes Dieu parfait mais aussi homme parfait. Il est rappelé que son incarnation, qui maintient la dualité des natures, est la condition du salut du genre humain et que c?est parce que le Verbe de Dieu'' (le Christ) s?est fait homme, que l?on peut dire que Marie est mère de DieuJacques-Noël Pérès dans ''Historia'', disponible sur [http://www.historia.presse.fr/data/thematique/82/08205601.html]. Les monophysites, suivant les idées du moine Eutychès, nient la nature humaine du Christ. Eutychès prêche que dans l?union en Jésus-Christ, la nature divine absorbe en quelque sorte la nature humaine. Dioscore d?Alexandrie neveu et successeur de Cyrille le soutient. Les monophysites sont condamnés par le concile de Chalcédoine de 451 réuni à l?initiative du pape Léon le Grand. Celui-ci reprend la thèse, défendue par le concile de Nicée d?une double nature du Christ, à la fois tout à fait homme et tout à fait Dieu. Dans le canon du concile, le Christ est reconnu « en deux natures sans confusion, sans mutation, sans division et sans séparation, la différence des natures n?étant nullement supprimée à cause de l?union »''Dictionnaire universel et complet des conciles du chanoine'' Adolphe-Charles Peltier, publié dans ''L?Encyclopédie théologique de l?abbé Jacques-Paul Migne (1847), tomes 13 et 14.. Le pape retrouve la première place dans le débat religieux. Mais le monophysisme est très bien implanté en Égypte, en Syrie et dans une partie de l?Asie Mineure. Il résiste pendant deux siècles en se repliant sur les langues locales, le copte en Égypte et le Syriaque en Syrie. Justinien échoue lui aussi à mettre fin aux divisions religieuses de l?Orient malgré la réunion du concile des « trois chapitres ». Le rôle des hérésies, n?est pas à minorer. Les querelles religieuses se poursuivent en Orient jusqu?au {{s-|VII|e. Le monophysisme des Égyptiens suscite une prise de conscience nationale. La conquête musulmane est acceptée favorablement tant le pays détestait l?emprise impériale, qui superposait un patriarche et des évêques byzantins à la hiérarchie copte La religion copte dans [http://eocf.free.fr/print_copte_arabe.htm].. Paganisme, superstition et syncrétisme dans un Empire chrétienPendant tout le s-|IV|e, les cultes polythéistes traditionnels continuent à être pratiqués, de même que les cultes à mystère d?origine orientale comme ceux de , de Cybèle, d?Isis et de Sérapis malgré des restrictions progressives. Les textes chrétiens qui les dénoncent violemment, les dédicaces, les ex-voto, les attestations de travaux dans les temples en sont autant de témoignages. Chenouté, mort vers 466 et abbé du monastère Blanc en Haute-Égypte, rapporte dans ses ?uvres sa lutte contre les païens, qu?il appelle « les Grecs »Le Monde de la Bible, entretien avec Anne Boud?hors dans [http://www.mondedelabible.com/article/index.jsp?docId=2300670].. L?historien païen Zosime nous apprend lui aussi que la nouvelle religion n?était pas encore répandue dans tout l?Empire romain, le paganisme s?étant maintenu assez longtemps dans les villages après son extinction dans les villes. Constantin n?intervient guère que pour interdire les rites qui relèvent de la superstitio'', c'est à dire des rites religieux privés, comme les sacrifices nocturnes, les rites d?haruspice privés et autres pratiques identifiées à la sorcellerie et la magie. Il manifeste en général la plus grande tolérance vis-à-vis de toutes les formes de paganisme. En 356, Constance II interdit tous les sacrifices, de nuit comme de jour, fait fermer des temples isolés et menace de la peine de mort tous ceux qui pratiquent la magie et la divinationAndré Chastagnol, ''Le Bas-Empire'', Armand Colin, 1999.. L?empereur Julien, acquis au paganisme, promulgue en 361 un édit de tolérance permettant de pratiquer le culte de son choix. Il exige que les chrétiens qui s?étaient emparés des trésors des cultes païens les restituent. Ses successeurs sont tous chrétiens. En 379, Gratien abandonne la charge de Grand Pontife. À partir de 382, à l?instigation d?Ambroise, évêque de Milan, l?autel de la Victoire, son symbole au Sénat, est arraché de la Curie, tandis que les Vestales et tous les sacerdoces perdent leurs immunités. Le 24 février 391, une loi de Théodose interdit à toute personne d?entrer dans un temple, d?adorer les statues des dieux et de célébrer des sacrifices, « sous peine de mort » Pierre Chuvin, ''Chronique des derniers païens'', Les Belles Lettres, 1994.. En 392, Théodose interdit les Jeux olympiques liés à Zeus et à Héra, mais aussi à cause de la nudité du corps des compétiteurs, le culte du corps et la nudité étant dénigrés par le christianisme. Peu à peu, les temples abandonnés tombent en ruines. En 435, un décret renouvelant l?interdiction des sacrifices dans les temples païens ajoute : « si l?un de ceux-ci subsiste encore ». Le renouvellement du décret prouve que les sacrifices n?ont certainement pas disparu. Ramsay MacMullen pense que les païens restent malgré tout très nombreux''Christianisme et paganisme du sp|IV|e|au|VIII|e|s'', les Belles Lettres.. En , en Anatolie, les paysans s?accrochent à leurs anciennes croyances. Certaines communautés chrétiennes font parfois preuve de fanatisme destructeur vis à vis du paganisme. Elles sont désavouées par les grands esprits de leur époque, comme saint AugustinHenri Lavagne, « La tolérance de l?Église et de l?État à l?égard des ?uvres d?art du paganisme dans l?Antiquité tardive », ''Études littéraires, 2000.. L?exemple le plus frappant est celui de la philosophe néoplatonicienne Hypatie, mise en pièces dans une église, puis brûlée par une foule de fanatiques menée par le patriarche Cyrille, en 415, à Alexandrie. Des temples sont détruits comme le Sérapéum d?Alexandrie dès 391, le temple de Caelestis, la grande déesse carthaginoise héritière de Tanit en 399. Pourtant l?État ne pas fait ?uvre de destruction systématique des temples païens et de leurs objets d?art. Au contraire, des décrets officiels témoignent de la volonté de l?État de conserver ce patrimoine artistique. Plusieurs édits du règne de Justinien enlèvent aux païens le droit d?exercer des fonctions civiles ou militairesCode Justinien 1, 5, 12 : « Il est juste de priver de biens terrestres ceux qui n?adorent pas le vrai Dieu. » et d?enseigner, ce qui a comme conséquence la fermeture de l?école philosophique d?Athènes. Un édit de 529 aggrave encore leur situation en leur imposant la conversion au christianisme« S?ils désobéissent, qu?ils sachent qu?ils seront exclus de l?État et qu?il ne leur sera plus permis de rien posséder, bien meuble ou immeuble ; dépouillés de tout, ils seront laissés dans l?indigence, sans préjudice des châtiments appropriés dont on les frappera. » Code Justinien 1, 11, 10.. Par ailleurs, le christianisme lui-même se trouve imprégné des anciens rites païens. Certaines fêtes traditionnelles romaines sont toujours fêtées à la fin du s-|V|e}}, comme la fête de consacrée à la fécondité et aux amoureux. Pour l?éradiquer, le pape Gélase I} décide en 495 de célébrer la fête de Saint Valentin, le 14 février, un jour avant la fête des Lupercales pour célébrer les amoureux. Il s?agit donc bien d?une tentative de christianisation d?un rite païen. Les Africains continuent de célébrer des banquets aux jours anniversaires des morts directement sur les tombes. Au {{s-|VI|e, Césaire d?Arles dénonce dans ses sermons à ses fidèles les pratiques païennes qui subsistent dans le peuple. Le port d?amulettes, les cultes aux arbres et aux sources n?ont pas disparu de la Gaule méridionale. Les plaintes des clercs sont nombreuses jusqu?à la fin de l?Antiquité tardive. En Orient, les attendus du concile in Trullo (Constantinople, 691-692) flétrissent des coutumes qui subsistent : célébrations d?anciennes fêtes païennes, chants en l?honneur de Dionysos lors des vendanges, bûchers allumés à la nouvelle lune, etc. Georges Ostrogorsky, ouvrage précité, p 167 Pour les populations christianisées, l?inefficacité de la médecine antique favorisait les croyances dans les miracles produits par les saintsLançon (1997), p. 77.. Les pèlerinages se multiplient dans tout l?Empire romain. Au s-|VI|e, le tombeau de draine des foules considérables. Cette foi naïve en une guérison miraculeuse correspond bien aux mentalités de campagnes et favorise son adhésion au christianisme. Les évêques y voient un moyen d?assurer le rayonnement de leur diocèse. Les guérisons miraculeuses sont utilisées comme un argument pour convaincre les foules simples de la véracité de la foi nicéenne. Les miracles censés avoir été accomplis par les saints après leur mort sont donc soigneusement répertoriés et diffusés comme un instrument de propagande. Autour du culte des saints, toute une série de croyances proches des superstitions anciennes se développe. Les gens cherchent à se faire enterrer près des saints car ils pensent que leur sainteté se diffuse à travers la terre sous laquelle ils reposentLançon (1997), p. 112.. Le culte des saints donne naissance aux pèlerinages porteurs de prospérité pour les villes d?accueil. L?évolution de l?économieArticle détaillé|Économie romaineen Turquie. L?économie romaine est une économie essentiellement agricole. La trilogie méditerranéenne domine la production : blé, vigne (vin), olivier (huile). La |