{feed}

{revue}

{rsscontent}
{librairie} {mediayou}

Années 1920 
extracted from Wikipedia, the Free Encyclopedia


 

AnnĂ©es :
1917 1918 1919  1920  1921 1922 1923

DĂ©cennies :
1890 1900 1910  1920  1930 1940 1950
Siècles :
XIXe siècle  XXe siècle  XXIe siècle
MillĂ©naires :
Ier millĂ©naire  IIe millĂ©naire  IIIe millĂ©naire


Chronologie mensuelle :
Jan - Fév - Mar - Avr - Mai - Juin
Juil - Aoû - Sep - Oct - Nov - Déc


Chronologies thĂ©matiques :
Aéronautique • Architecture • Automobile • Bande dessinée • Chemins de fer • Cinéma • Droit • Économie • Football • Littérature • Musique • Musique classique • Parcs d'attractions • Photographie • Santé et médecine • Science • Sociologie • Sport • Théâtre •


Calendriers :
Romain • Chinois • Grégorien • Hébreu • Hindou • Musulman • Persan • Républicain

Les années 1920 couvrent la période de 1920 à 1929.

Sommaire

La désorganisation généralisée des années 1920

À la suite de la Première Guerre mondiale (1914-1918), certains pays connaissent une crise de régime immédiate (Italie, Allemagne, pays de l'Europe orientale), d'autres non. De ce décalage et de ces difficultés naît une instabilité internationale qui met à mal les plans de cohésion avancés par les nouveaux organismes de paix et de coordination, telle la récente Société des Nations. Contre toute attente, ce sont les démocraties parlementaires qui s'adaptent le mieux dans les années 1920. Bien que leur fonctionnement traditionnel ait été mis en sommeil pendant le conflit, leur souplesse institutionnelle leur permet d'adopter un exécutif fort à l'issue du conflit, tout en restant – tant bien que mal – ancrées dans un modèle républicain et démocratique. À l'inverse, les régimes forts et les empires connaissent plus de difficultés.

En Russie, la révolution qui survient pendant la guerre vise à instaurer une dictature renversant les classes possédantes traditionnelles. Il s'agit donc de prendre le contre-pied du modèle de démocratie libérale. Pour se protéger de ce revirement et de la montée rapide de l'extrême gauche, les pays géographiquement proches de l'Union soviétique envisagent le recours ou l'affirmation de l'autoritarisme, si bien que la victoire des démocraties en 1918 ne sera que de courte durée. Toutefois, les crises puissantes à venir ont des causes multiples, qui dépassent la simple opposition politique internationale.

Le conflit meurtrier laisse un hĂ©ritage socio-Ă©conomique dĂ©sastreux. Les populations sont marquĂ©es par un effort de guerre considĂ©rable, et dans le mĂŞme temps, dĂ©stabilisĂ©es par l'Ă©mergence de libertĂ©s originales, telle l'Ă©galitĂ© des droits politiques entre les sexes et les diffĂ©rentes classes sociales. Surtout, les questions internationales des rĂ©parations prĂ©occupent les citoyens comme les gouvernements, qui ressentent une grande dĂ©ception Ă  la sortie de la guerre : rivalitĂ©s, tensions, ruine de l'Ă©conomie mondiale, autant de rĂ©alitĂ©s quotidiennes qui font de la coopĂ©ration internationale une rĂ©alitĂ© mort-nĂ©e dans les opinions publiques. Il est vrai que, si de larges efforts sont entrepris par les deux blocs naissants – rĂ©gimes rĂ©publicains et rĂ©gimes autoritaires – Ă  travers notamment de nombreuses confĂ©rences internationales, les diffĂ©rents profonds que la guerre a exacerbĂ©s ou créés vont rapidement mener Ă  l'Ă©chec de toutes les nĂ©gociations. La question cruciale du dĂ©sarmement oscille de fiasco en fiasco tout au long de la dĂ©cennie, 1933 marquant le tournant vers la dynamique inverse : un rĂ©armement assumĂ© et rapide. Le problème des rĂ©parations financières et Ă©nergĂ©tiques mine les relations internationales dès la sortie de la guerre, jusqu'Ă  1929 ; le plan Young de 1930, puis la confĂ©rence de Lausanne de 1932, qui fixe « dĂ©finitivement Â» les clauses de remboursement par l'Allemagne, dĂ©rivent d'une longue suite d'Ă©checs depuis 1921. Le second accord est par ailleurs caduc, la crise de 1929 survenue. La SociĂ©tĂ© des Nations traverse l'ensemble de ces circonvolutions historiques sans y apposer sa marque et sa dynamique.

Errements socio-économiques

Oncle Sam et le trésor vide, 1920, par James Montgomery Flag. Référence à la situation économique des États-Unis au sortir de la guerre.

La dĂ©sorganisation s'incarne très nettement dans le champ Ă©conomique, nerf de l'après-guerre. L'Ă©conomie mondiale semble en effet ne s'ĂŞtre jamais remise du premier conflit mondial. Dès le dĂ©but de la guerre, on avait renoncĂ© Ă  la convertibilitĂ©-or et le recours aux billets avait Ă©tĂ© rendu obligatoire pour empĂŞcher panique et augmentation excessive des cours. Mais pendant la guerre, si les cours restent relativement stables, les prix augmentent ; certes de façon limitĂ©e, car les commerçants redoutaient la mise en place d'un marchĂ© noir, mais suffisamment pour engendrer une thĂ©saurisation des monnaies mĂ©talliques. Cet ensemble de fait prend une importance dĂ©terminante une fois la paix revenue : un retour Ă  la situation d'avant-guerre est exclu, car il y a alors bien plus de billets en circulation que d'or, ce qui rend le gage impossible. La non convertibilitĂ© est donc conservĂ©e, dans l'espoir d'un retour Ă  une situation classique qui ne reviendra en fait jamais. Une grande partie de l'instabilitĂ© Ă©conomique des annĂ©es 1920 trouve sa source dans cette situation totalement inĂ©dite mĂŞlant cours forcĂ©s, endettement rapide et surĂ©valuation intrinsèque des monnaies. Les consĂ©quences les plus Ă©videntes et les plus rapides sont une contraction des Ă©changes, accentuĂ©e par les ruines provoquĂ©es par le conflit, et un dĂ©ficit chronique de confiance dans l'Ă©conomie, notamment de la part des chefs d'entreprises.

Ă€ l'Ă©chelle nationale, tous les belligĂ©rants en dehors des États-Unis sont endettĂ©s (on notera tout de mĂŞme un endettement de l'État amĂ©ricain vis-Ă -vis des grandes banques privĂ©es amĂ©ricaines : pour ĂŞtre crĂ©anciers des pays d'Europe occidentale, les États-Unis ont Ă©galement dĂ» emprunter). En plus de susciter des tensions ouvertes, la question des rĂ©parations, c'est-Ă -dire des remboursements, souligne la faiblesse potentielle des Ă©conomies : la machine est grippĂ©e et c'est la première fois qu'un ensemble si large de pays se trouve confrontĂ© Ă  un problème de consommation nationale. En effet, pour rembourser les dettes, les États n'ont pas d'autres choix que de se rĂ©signer Ă  lever des fonds sous la forme d'impĂ´ts et d'emprunts, coupant prĂ©maturĂ©ment tout espoir de reprise Ă©conomique par la consommation. (toutefois, l'analyse d'une sortie de crise par la consommation n'Ă©tait pas, Ă  cette Ă©poque, communĂ©ment admise, aussi la voie de « l'effort financier Â» sera-t-elle majoritairement suivie par les gouvernements de tous bords). Grâce aux cours forcĂ©s des billets, qui sous-Ă©value les valeurs restituĂ©es par les États Ă  leurs voisins, les sommes remboursĂ©es restent limitĂ©es et les dĂ©ficits extĂ©rieurs plongent ; mais cette astuce, involontaire, aggrave la situation de la dette intĂ©rieure : pour payer les rĂ©parations concrètes, les reconstructions, l'obscuritĂ© ambiante vis-Ă -vis des dettes et de leurs montants poussent Ă  en demander toujours plus aux citoyens, comme en France dans le cadre des rĂ©parations allemandes.

Pour rĂ©pondre aux besoins massifs de liquiditĂ©s engagĂ©es dans les diverses dettes et rĂ©parations, tous les États produisent massivement de la monnaie. Cette hausse soudaine de la circulation fiduciaire engendre mĂ©caniquement une inflation. Pour limiter ses rĂ©percussions sur les Ă©conomies nationales, il est dĂ©cidĂ© de dĂ©coupler les indices de prix du taux d'inflation : artificiellement maintenus bas, mais en mĂŞme temps tirĂ©s vers le haut par les commerçants, les prix se dĂ©sorganisent totalement et ne reflètent ni la valeur des cours, ni la valeur intrinsèque des produits. Rapidement, les entreprises n'ont plus de produits Ă  vendre, ou trop cher ; les consommateurs ont Ă©puisĂ© leurs propres liquiditĂ©s ; les terres sont remises en culture : finalement, une chute spectaculaire des prix achève la dĂ©sorganisation des marchĂ©s en 1920, dans les secteurs industriels et agricoles. Mais les mouvements erratiques des prix ne s'arrĂŞtent pas lĂ . Pour tenter de relancer l'Ă©conomie, nombre de pays europĂ©ens ou sud-amĂ©ricains, Ă©galement touchĂ©s par la voie des Ă©changes coloniaux, dĂ©cident d'augmenter les taux d'escompte. En d'autres termes, le crĂ©dit est rendu plus cher. Le principal bĂ©nĂ©fice de l'opĂ©ration est d'augmenter les prix des entreprises et d'amoindrir la quantitĂ© de monnaie en circulation, ce qui doit redonner confiance aux investisseurs et aux consommateurs – c'est effectivement le cas pendant quelque temps. Cependant, ce comportement prĂ©cipitĂ© consolide un Ă©tat d'esprit nouveau qui ressort de la dĂ©sorganisation ambiante : la manipulation monĂ©taire.

L'exemple le plus probant est l'effondrement monĂ©taire en Allemagne et dans ses satellites. L'État allemand inaugure la « dĂ©valuation de combat Â», ie. manipule sa monnaie pour favoriser ses exportations. Pour ce faire, le mark est dĂ©prĂ©ciĂ© Ă  plusieurs reprises, ce qui est rendu possible par le jeu de monnaies conservĂ©es flottantes depuis l'abandon de tout rĂ©fĂ©rentiel externe en or. En augmentant Ă  outrance la masse de monnaie en circulation, l'Allemagne s'adapte en pratiquant une « politique du pire Â» qui vise Ă  rendre impossible tout remboursement envers les vainqueurs : en janvier 1919, 1 mark « papier Â» valait 1,3 mark en or ; en dĂ©cembre 1921, ce rapport Ă©tait d'un pour 46 ; en aoĂ»t 1923, d'un pour un trillion. Cette implosion monĂ©taire est ainsi Ă  la fois volontaire et dĂ©sastreuse ; elle existera dans plusieurs autres pays, dans des proportions moindres il est vrai. Globalement, le recours Ă  la manipulation des monnaies et l'adaptation dĂ©sorganisĂ©e au nouveau contexte Ă©conomique expliquent beaucoup d'Ă©lĂ©ments intervenant dans la future crise de 1929, point de dĂ©part incontournable des sombres annĂ©es 1930.

Les réajustements politiques

Dans ce contexte d'emballement Ă©conomique, le Royaume-Uni cherche Ă  asseoir une vision pragmatique de l'Europe, Ă  savoir celle d'un espace d'Ă©quilibre concurrentiel – oĂą elle jouerait Ă©ventuellement un rĂ´le d'arbitre. Ă€ ce titre, le pays s'efforce de convaincre la France de participer au redressement de l'Allemagne, mais essuie un net refus illustrĂ© par l'Ă©chec diplomatique de la ConfĂ©rence de GĂŞnes. En 1922 est créé le Gold Exchange Standard (GES), initiative visant Ă  rĂ©soudre un problème gĂ©nĂ©ral de couverture or des monnaies. En effet, si le couple franco-allemand bloque tout retour Ă  l'Ă©quilibre au cĹ“ur de l'Europe, un dĂ©sordre plus large menace : pendant et après la guerre, la RĂ©serve fĂ©dĂ©rale amĂ©ricaine (FED) a accumulĂ© une très grande quantitĂ© d'or par rapport aux dĂ©tenteurs historiques europĂ©ens. Il s'agit lĂ  d'une menace en ce que cela peut conduire Ă  des politiques inflationnistes non volontaires en Europe, c'est-Ă -dire, Ă  une atonie gĂ©nĂ©rale des moyens de transactions nationales et donc, internationales — ce qui toucherait finalement Ă©galement les États-Unis, en un cercle vicieux. Pour apporter une solution Ă  ce problème, le GES consiste en une double couverture or et dollar, la FED jouant le rĂ´le d'arbitre monĂ©taire mondiale, et le dollar, celui de monnaie de rĂ©serve. De sorte que les monnaies françaises, anglaises… se retrouvent gagĂ©es Ă  la fois sur le dollar et sur l'or amĂ©ricain. Les transactions internationales se rĂ©alisent trivialement en dollars, les transactions nationales en monnaies locales. Ce mĂ©canisme durera jusqu'Ă  la crise de 1929 et permettra le retour Ă  une certaine stabilitĂ© des monnaies europĂ©ennes, notamment du Mark, l'Allemagne voyant ses exportations facilitĂ©s au-delĂ  de toute espĂ©rance. Toutefois, le principal problème en Europe, le paiement des rĂ©parations de la part de l'Allemagne, demeure.

Les États-Unis sont une nouvelle fois les artisans du redressement allemand. En collaboration avec Hjalmar Schacht, le « magicien de la finance Â», les AmĂ©ricains concèdent des prĂŞts importants Ă  l'Allemagne. Pour les assurer, Schacht gage sa nouvelle monnaie, le Rentenmark, sur l'ensemble des bĂ©nĂ©fices du chemin de fer du pays, en octobre 1923. Il s'agit donc uniquement de pouvoir recevoir les sommes prĂŞtĂ©es, pas d'importer ; cette solution originale, risquĂ©e, va toutefois fonctionner. Une fois la stabilitĂ© revenue, une seconde monnaie est créée en aoĂ»t 1924, le Reichsmark, bĂ©nĂ©ficiant d'une double couverture avec celle du GES. Dans le couple amĂ©ricano-allemand, la confiance a Ă©tĂ© la clĂ© de la reprise, mais la contre partie Ă©vidente est la très forte dĂ©pendance de l'Ă©conomie allemande face au dollar. Cela ne sera pas sans consĂ©quence Ă  moyen terme. Pendant ce temps, la France connaĂ®t deux problèmes majeurs sur le plan Ă©conomique. En premier lieu, le pays dĂ©pense un argent qui ne sera jamais perçu Ă  hauteur suffisante : les rĂ©parations allemandes. Par ailleurs, les Anglais spĂ©culent contre le franc. Ă€ la fin des annĂ©es 1920, Raymond PoincarĂ© fait en sorte de redresser et d'assainir la monnaie nationale, en faisant jouer la confiance, les mĂ©canismes d'Ă©pargne et la dĂ©valuation. Comme en Allemagne, la dĂ©valuation change de statut auprès des classes dirigeantes : d'Ă©chec politique, il devient un outil – voire une arme – Ă©conomique.

Ainsi, Ă  l'aube des annĂ©es 1930, la stabilitĂ© apparente de l'Ă©conomie mondiale masque difficilement nombre de dĂ©sorganisations et de dĂ©sĂ©quilibres nationaux ou internationaux : fortes dĂ©pendance et dĂ©sĂ©quilibre entre le mark et le dollar, Ă©changes internationaux plus que modestes, politiques Ă©conomiques et sociales de circonstances, tensions latentes et un certain esprit de revanche…

Voir aussi

Cinéma

 
Le Texte ci-dessus est disponible sous GNU Free Documentation License.
La source est wikipedia http://fr.wikipedia.org/wiki/{title}
Base de liens  |  Ajouter lien  |  Contact Rss
On est 34 visiteur(s) en ligne
Server 2.0