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Un exemple de l'intrusion de la langue anglaise dans le français européen : people pour personnalités, célébrités, vedettes. Exemple qu'on retrouve dans l'hebdomadaire français Le Nouvel Observateur 1. Autres anglicismes dans cette même revue : Newsletters, Blogs, Espace Business, Coaching, , Formation marketing, Ré by night, le Top 30, Hitech, les compacts flashies, Playlist, cafés design, Équipement Fitness, Tout le High Tech, Les concept-cars, Un peu de Shopping, l'ancienne playmate, bonnes actions fashion, food-victims, breaking news, Podcasts audio, opérations frauduleuses du trader, Buzz sur le web, etc.
Un anglicisme est un emprunt fait à la langue anglaise par une autre langue. L'anglicisme naît, soit de l'adoption d'un mot anglais par suite d'un défaut de traduction, même si un terme équivalent existe dans la langue du locuteur, soit d'une mauvaise traduction, comme le mot à mot. On parle dans certains cas de calque, c'est-à-dire d'une traduction mot à mot d'une tournure ou d'un sens n'existant pas en français : réaliser au sens de « prendre conscience » ou encore celle d’initier pour « entreprendre, débuter, mettre en œuvre ». La perception des anglicismes n'est pas la même partout dans la francophonie et d'une institution à l'autre. Ainsi, selon l'Office québécois de la langue française, spam devrait se traduire par pourriel, néologisme qu'a rejeté l'Académie française2, mais qui est tout de même utilisé au Québec et qui se répand ailleurs. Les catégories d'anglicismesSelon le Colpron, dictionnaire des anglicismes publié au Québec 3, on peut classer les anglicismes en six catégories 4 :
Usage des anglicismesL'usage du français contemporain est marqué par de nombreux anglicismes. Il ne faut pas oublier que, si la tendance s'est inversée ces dernières décennies, avant le XVIIIe siècle la langue anglaise avait plus emprunté à la langue française que le contraire; ce qui fait que certains des anglicismes actuels du français furent des gallicismes en anglais à une certaine époque (ex. : obsolète). Étiemble rappelle dans Parlez-vous franglais ? 5 que le mot manager vient de ménager, comme notre « ménagère ». (Il faut dans les deux cas veiller aux affaires courantes, gérer un budget, déléguer, etc.) Beaucoup d'anglicismes utilisés il y a un siècle (on en trouve chez Alphonse Allais) sont tombés aujourd'hui en désuétude ou dans l'oubli. Des anglicismes plus récents comme computer ou software ont disparu, chassés par ordinateur (plus précis, computer désignant n'importe quel type de calculateur, même analogique) ou logiciel (qui fait parfaitement pendant à matériel). Le nombre et la fréquence des anglicismes varient selon les locuteurs et selon les domaines de spécialité. Certains domaines en regorgent, comme l'économie, mais surtout l'informatique. Celle-ci est en effet sujette à de nombreux emprunts à l'anglais (au jargon informatique anglo-américain) comme dans le reste du monde la musique l'est à l'italien ou la cuisine… au français; ainsi, la lingua franca de fait entre les informaticiens du monde entier est l'anglais. De plus, la plupart des langages de programmation ont un vocabulaire inspiré de l'anglais, ce qui fait que les programmeurs ont une tendance naturelle à penser en anglais. Le français contribue cependant à des termes qui s'internationalisent : Informatique, néologisme inventé en 1962 par Philippe Dreyfus6, a été acclimaté en Informatics vers la fin des années 1970 dans les pays anglo-saxons, où il unifie les disciplines jadis cloisonnées qui s'y nommaient respectivement Computer Science et Data Processing. Un autre néologisme bien français, télématique (apparu vers 1982), désignant la synergie de l'informatique et des télécommunications, a fait naître là-bas compunication ou compucation (contractions de computer communication, 1/ communication entre ordinateurs; 2/ télématique). De nombreux anglicismes possèdent des équivalents français. Leur emploi n'est donc plus motivé par une lacune du lexique français, mais l'unification du vocabulaire permet de faciliter la transmission sans ambigüité de connaissances pointues et en rapide évolution. Ainsi, dans d'autres domaines comme la zoologie et la botanique, l'usage du latin est généralisé pour nommer plantes et animaux. Propagation des anglicismesCertains journalistes de la télévision française, dont la fonction exige une grande maîtrise du français, introduisent néanmoins dans celui-ci des anglicismes 7. Lexicaux, syntaxiques ou phonétiques, ces calques jouissent auprès des téléspectateurs d’un fort effet de mode qui garantit leur rapide acclimatation dans la langue française, par le simple fait qu'il s'agit de termes inhabituels et ressentis comme nouveaux donc avantageux 8. Acclimatation des anglicismesSi certains des mots anglais qui sont passés en masse dans le français aux XVIIIe et XIXe siècles ont conservé leur graphie d'origine, d'autres avec le temps se sont conformés aux habitudes de l'orthographe française. Ainsi « redingote », qui vient de riding-coat, « paquebot », qui vient de packet-boat, et « boulingrin », qui vient de bowling green, exemples cités par Etiemble dans Parlez-vous franglais ?9. C'est aussi le cas de « bol », issu de bowl (orthographié ainsi en 1826), de « partenaire », issu de partner (orthographié de la sorte en 1836), et de « névrose », issu de neurosis 10. Au XXe siècle, l'orthographe reste inchangée dans la plupart des cas. Dans les formes dérivées des emprunts, en revanche, la francisation est de règle :
Anglicismes passés de modeIl arrive que le mouvement de la mode balaye hors du discours quotidien des mots anglais naguère en vogue. Dans L'aventure des mots français venus d'ailleurs, Henriette Walter donne des exemples de ce qu'elle nomme « anglicismes "ringards" » 11 : ainsi on ne parle plus de kids et de teenagers mais d' enfants et d' ados (troncation d'un mot bien français), prendre un drink fait penser à une époque révolue et l'adjectif smart (au sens d'« élégant ») n'a plus cours du tout. Politiques en matière d'anglicismes en Belgique et au QuébecLes anglicismes sont plus nombreux dans les pays où le français est en contact quotidien avec l'anglais. C'est le cas des pays bilingues comme le Canada (notamment à Montréal, où l’on utilise de très nombreux anglicismes, surtout dans les domaines de la mécanique et de la construction), la Belgique, où le gouvernement utilise parfois des anglicismes (d'une part, cela évite d'utiliser des termes néerlandais ou français qui pourraient favoriser l'une ou l'autre communauté, d'autre part, certains ministres ne maîtrisant pas bien l'autre langue, l'anglais est censé leur permettre de s'exprimer plus facilement). Dans certaines régions du Québec, l’emploi d’anglicismes est fréquent. Mais dans une région où le français est en constante interaction avec l’anglais, cette utilisation est toutefois en régression, notamment du fait d’un combat de langue mené depuis plusieurs siècles. La création de néologismes par l'Office québécois de la langue française (OQLF) est fréquente et leur utilisation est obligatoire. Par exemple, dans une production écrite scolaire en français, on écrira « courriel » et non « email », sous peine de perdre des points12. Les pays francophones créent les néologismes qu'ils jugent appropriés, particulièrement dans le domaine informatique (Toile pour Web, abréviation de World Wide Web, courriel pour e-mail, pourriel pour spam, etc.). Une institution très active sur le plan néologique est l'Office québécois de la langue française. L'expérience montre cependant qu'une traduction n'est universellement acceptée que si elle est correctement choisie : avant la (demi-)création du couple matériel et logiciel, aujourd'hui d'usage universel, des organismes avaient essayé d'imposer quincaille et mentaille, apparemment trop hâtivement calqués sur hardware et software pour avoir du succès. Faux anglicismesArticle détaillé : faux anglicisme.
On retrouve dans la langue française ce qu'on appelle de faux anglicismes, c'est-à-dire des lexèmes pris dans la langue anglaise (ils en ont l'orthographe et la prononciation), mais ne sont pas utilisés de cette façon dans la langue d'origine, au point que certains n'existent pas.
Liste d'anglicismes courants en françaisLa qualité d'anglicisme des exemples qui suivent est vérifiable dans les ouvrages donnés en bibliographie.
« L'anglicisme tue l'anglicisme » : il peut arriver qu'il n'ait plus du tout de raison d'être car il devient superflu à force d'utilisation (exemple « système(s) de transport » pour « les transports »).
Anglicismes dans des langues autres que le françaisAnglicismes (et faux anglicismes) en allemand
Anglicismes en chinoisL'expression « anglicisme en chinois » s'applique à l'incorporation de mots, d'expressions et de concepts anglais dans la langue chinoise et ne doit pas être confondue avec le terme de « Chinglish », qui désigne l'anglais approximatif ou hésitant employé par des locuteurs chinois. On distingue :
Anglicismes en espagnolEn Espagne, l'adoption de termes anglais est répandue dans les domaines économique et informatique, phénomène que les puristes voient d'un très mauvais œil. Certains de ces emprunts sont intégrés phonétiquement et ont même donné des dérivés :
Un autre type d'anglicisme est le calque sémantique, en voie d'intégration, ainsi oportunidad qui, sous l'influence de l'anglais opportunity, tend à remplacer ocasión. Egalement le dérivé d'un mot authentique (castizo), fabriqué à l'aide d'un suffixe en -ción ou en -miento et calquant l'anglais, comme posicionamiento, formé sur posición (calque de l'anglais positioning). Enfin le calque morphologique (ou crypto-anglicisme), consistant à traduire la forme étrangère par son équivalent autochtone, ainsi articulo-lider pour leader product (produit-phare). Anglicismes en finnoisLes anglicismes en finnois relèvent de quatre types :
La langue officielle rejette l'usage des anglicismes, partant du principe que la langue finnoise, écrite comme parlée, a suffisamment de ressources propres. Cela n'empêche pas les intrusions. Le jargon informatique abonde en imitations phonétiques, ainsi svappi pour « swap ». Les autres domaines également touchés sont la musique pour ados, l'anticipation scientifique, les jeux sur écran, la mode, l'auto et, dans une certaine mesure, les spécialités scientifiques. Le calque lexical consiste par exemple à prendre l'expression anglaise « killer application » (désignant une application supplantant toutes les autres du même genre) et à en faire tappajasovellus, c'est-à-dire littéralement une « application tueuse ». Certains locuteurs, surtout ceux fréquentant assidûment la langue anglaise, ont créé un calque grammatical finnois du pronom personnel anglais « you » employé avec le sens d'un pronom indéfini comme dans la phrase « You can't live for ever » (Nul n'est éternel). En finnois, les éléments d'un mot composé ne sont pas séparés sauf lorsqu'ils comportent un sigle ou un numéral, auquel cas le trait d'union s'impose. L'individualisation des éléments constitutifs par une espace ou un trait d'union est un exemple de contamination de l'orthographe anglaise. Un autre exemple de contamination orthographique est l'adoption de l'orthographe anglaise même lorsque le mot anglais est prononcé à la finnoise. Ainsi « to chat » (bavarder par clavier interposé, tchatcher) sera noté chattailla au lieu de sättäillä, sa prononciation. Anglicismes en italienSi l'on s'efforça, sous le régime de Benito Mussolini, de « purifier » l'italien en écartant les anglicismes et autres « polluants » de la langue, aujourd'hui ce n'est plus le cas et des termes anglais sont adoptés sans adaptation, ainsi en informatique :
Anglicismes en polonaisDu fait de l'influence accrue de l'anglais au XXe siècle et en ce XXIe siècle, le polonais lui a emprunté nombre de mots.
Notes et références
Bibliographie
Voir aussiArticles connexes
Liens externes
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