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André Comte-Sponville

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André Comte-Sponville, né en 1952, est un philosophe français.

Sommaire

[] Biographie

Philosophe matérialiste, rationaliste et humaniste. Ancien élève de l'École Normale Supérieure de la rue d'Ulm (où il fut l'élève et l'ami de Louis Althusser), André Comte-Sponville fut longtemps maître de conférences à la Sorbonne (Université Paris I), dont il démissionna en 1998 pour se consacrer exclusivement à l'écriture et aux conférences qu'il donne en dehors de l'Université. Ses philosophes de prédilection sont Epicure, les stoïciens, Montaigne et Spinoza. Parmi les contemporains, il se sent proche surtout de Claude Lévi-Strauss, Marcel Conche et Clément Rosset, en Occident, Prajnanpad et Krishnamurti en Orient. Il veut renouer avec l'idéal ancien de sagesse, tout en assumant les défis de la modernité (tels qu'on les voit apparaître chez Nietzsche, Marx et Freud).

"Philosopher, écrit Comte-Sponville, c'est penser sa vie et vivre sa pensée" (L'amour la solitude, Albin MIchel, p. 18). Il propose une métaphysique matérialiste, une éthique humaniste et une spiritualité sans Dieu, le tout voulant constituer "une sagesse pour notre temps" (Traité du désespoir et de la béatitude, PUF, Avant-Propos). Qu'est-ce que la sagesse ? "Le maximum de bonheur, dans le maximum de lucidité" (voir "Le bonheur, désespérément", éd. Pleins Feux ou Librio, qui est sans doute la meilleure introduction à son ?uvre). Le bonheur se trouve "de l'autre côté du désespoir" : là où plus rien n'est à croire (puisque tout est à connaître), ni à espérer (puisque tout est à faire, pour ce qui dépend de nous, ou à aimer, pour ce qui n'en dépend pas). C'est ce que Comte-Sponville appelle "le gai désespoir", qui n'est pas sans évoquer certaines sagesses orientales, mais qui doit sans doute davantage aux Grecs (surtout Epicure et les stoïciens) et à Spinoza. Beaucoup le disent proche du bouddhisme (voir par exemple Luc Ferry, dans le livre qu'ils ont écrit ensemble, "La sagesse des Modernes"). D'autres y voient "un chrétien athée" (comme l'a dit Michel Onfray). Lui se définit comme "athée fidèle" ("L'esprit de l'athéisme", chap. 1). "La fidélité, explique-t-il, c'est ce qui reste de la foi quand on l'a perdue." (ibid.) Chez lui, il en reste en l'occurrence une morale, qui est gréco-judéo-chrétienne, et une spiritualité laïque, qui débouche sur une mystique de l'immanence : "Nous sommes déjà dans le Royaume ; l'éternité, c'est maintenant" ("L'esprit de l'athéisme", Albin Michel, 2006, p. 217). C'est dire que nous sommes déjà sauvés, mais aussi déjà perdus : "L'enfer et le paradis sont une seule et même chose ; c'est ce qu'on appelle le monde ou le tragique". Ni optimisme, donc, ni pessimisme : il s'agit de voir les choses comme elles sont, plutôt que s'illusionner sur elles. Fidèle à la tradition matérialiste, il dénonce les illusions ou espérances spontanées de l'homme, qui selon lui nous éloignent de la sagesse. La connaissance et l'action doivent nous guider sur le chemin de ce que les anciens nommaient ataraxie ou béatitude. Il s'agit de connaître et de vouloir, sans prendre la connaissance pour une volonté ni la volonté pour une connaissance : "comprendre la réalité de nos désirs, plutôt que prendre nos désirs pour la réalité." (Valeur et vérité, passim}

D'un point de vue épistémologique, Comte-Sponville se sent proche du rationalisme critique de Karl Popper. Il sépare radicalement ce qu'il appelle l'ordre pratique (les valeurs) et l'ordre théorique (la connaissance). C'est ce qu'il appelle le cynisme, qui doit à Diogène (cynisme moral) autant qu'à Machiavel (cynisme politique), et à Montaigne autant qu'à Pascal. Cela débouche sur ce qu'il appelle la "distinction des ordres" : le vrai n'est pas le bien ; le bien n'est pas le vrai. Il convient d'être fidèle aux deux, mais sans les confondre (voir "Valeur et vérité", PUF, 1994).

Politiquement, Comte-Sponville se définit comme social-démocrate ou libéral de gauche ("Le capitalisme est-il moral ?, p. 154 à 159). Il ne compte pas sur l'Etat pour créer de la richesse, ni sur le marché pour créer de la justice (voir "Le capitalisme est-il moral ?", Albin Michel, 2004, rééd. Le Livre de Poche). Il ne se définit pas comme "intellectuel engagé" (qui soumettrait sa pensée à une cause déjà constituée par ailleurs), mais comme "philosophe citoyen" (qui participe, dans la mesure de ses compétences, au débat public). Il a beaucoup écrit dans la presse grand-public (Le Monde, Libération, Le Nouvel Observateur, L'Evénement du Jeudi, L'Express, Psychologies...), mais aussi dirigé trois numéros de la Revue Internationale de Philosophie, consacrés respectivement à Montaigne (n° 181, 1992), à Pascal (n° 199, 1997) et à Alain (n° 215, 2001).

Il est l'auteur d'une vingtaine d'ouvrages de philosophie. Parmi les plus abordables, il faut citer les "Présentations de la philosophie" (Albin Michel, rééd. Le Livre de Poche), "L'amour la solitude" (Albin Michel, rééd. Le Livre de Poche), "Le bonheur, désespérément" (Pleins Feux, rééd. Librio) et "L'esprit de l'athéisme" (Albin Michel). Parmi les plus difficiles : le "Traité du désespoir et de la béatitude" (PUF), "Valeur et vérité" (PUF) et "L'être-temps" (PUF). Les autres livres sont d'une difficulté intermédiaire : ils s'adressent, avec succès, au grand public cultivé. C'est le cas spécialement du "Petit traité des grandes vertus" (vendu à 300 000 exemplaires en France, traduit en 24 langues) et de son "Dictionnaire philosophique" (ces deux livres aux PUF).

Dans Le capitalisme est-il moral ?, qui est en fait la transcription d'une conférence, il démontre l'amoralité du capitalisme (ni moral ni immoral) en ce qu'en tant que technique (comme la météorologie, la physique...), l'économie est extérieure à toute préoccupation morale. Comte-Sponville en vient alors à définir quatre ordres, au sens pascalien du terme :

  1. l'ordre technico-[économico]-scientifique,
  2. l'ordre politico-juridique,
  3. l'ordre de la morale,
  4. l'ordre de l'éthique, de l'amour.

Il évoque la possible existence d'un cinquième ordre, celui du divin, mais n'y souscrit pas et démontre même en athée que l'on peut très bien s'en passer. Chaque ordre a sa cohérence propre sans pour autant fonctionner en autarcie. Il faut les distinguer tout en comprenant leur nécessité absolue de complémentarité. On ne peut se satisfaire d'un seul ordre, ou vouloir que l'un devienne hégémonique. On ne peut, encore, demander à un ordre de trouver sa cohérence, de s'expliciter, grâce à un autre. Ainsi le capitalisme, l'économie de marché, appartenant à l'ordre n° 1, ne saurait se préoccuper de morale, l'ordre n° 3. Toutefois, chaque ordre est directement limité par l'ordre supérieur : le droit du commerce (limitation de l'économie par le « juridico-politique »), la déontologie politique (limitation du politique par la morale) etc.

[] Anecdote

André Comte-Sponville est souvent passé à la télévision, notamment chez Michel Polac, Bernard Pivot, Guillaume Durand, Frédéric Ferney et Serge Moati.

[] ?uvre

Principaux ouvrages publiés :

  • Traité du désespoir et de la béatitude, PUF, 2 vol.(le mythe d'Icare / Vivre), rééd. en poche en un volume, coll. Quadrige ;
  • Une éducation philosophique, PUF ;
  • Pourquoi nous ne sommes pas nietzschéens (en collaboration), Grasset, rééd. Le Livre de poche ;
  • L'Amour la solitude, Albin Michel ; rééd. Le Livre de Poche
  • Valeur et vérité, PUF ;
  • Camus de l'absurde à l'amour (en collaboration avec Laurent Bove et Patrick Renou), éd. Paroles d'Aube, réed. La Renaissance du Livre ;
  • Petit Traité des grandes vertus, PUF ;
  • Impromptus, PUF ;
  • La Sagesse des modernes (avec Luc Ferry), Robert Laffont ;
  • L'Être-temps, PUF ;
  • Le Gai Désespoir, éd. Alice (Lièges) ;
  • Lucrèce, poète et philosophe, éd. La Renaissance du livre ;
  • Dictionnaire philosophique, PUF ;
  • Le capitalisme est-il moral ? Albin Michel ;
  • La Philosophie, PUF. coll « Que sais-je ? » ;
  • La Vie humaine (avec des dessins de Sylvie Thybert), éd. Hermann ;
  • Le bonheur, désespérément, Pleins Feux, rééd. Librio, texte intégral ;
  • Présentations de la philosophie, Albin Michel ;
  • L'esprit de l'athéisme, Albin Michel, 2006, (ISBN 9782226172730) ;
  • Le miel et l'absinthe, Éditions Hermann, 2008.

[] Liens externes

http://perso.Dromadaire.com/gauthiervanhouwe/photos.html

Conference Toutes les cultures se valent-elles, La Sorbonne 10 Novembre 2007 (mindmap)

[] Notes

 

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La source est wikipedia http://fr.wikipedia.org/wiki/ André Comte-Sponville
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