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L'altruisme est un terme quelquefois employé pour désigner l'amour désintéressé d'autrui (définition du Petit Larrousse). Ce terme est également employé dans la langue anglaise (altruism). Le terme altruisme peut être considéré comme antinomique d'égoïsme.
[] Origine de l'expressionLe mot altruisme a été inventé par Auguste Comte pour désigner, dans son esprit, une attitude d'attachement, de bonté, voire même de vénération envers autrui, qui résulte d'un sentiment d'amour instinctif ou réfléchi pour l'autre. Cette expression apparaît dans le "Catéchisme" positiviste" écrit par Auguste Comte en 1854, c'est-à-dire pendant la phase dite "religieuse" du positivisme (comme le système de politique positive et la synthèse subjective). La psychanalyste argentine Raquel Capurro, également philosophe de formation (elle a fait ses études de philosophie en France), décrit précisément dans quelles conditions Auguste Comte a élaboré la "religion" positiviste : Comte tombe très amoureux de Clotilde de Vaux en 1845, c'est alors qu'elle attrape la tuberculose, et meurt un an plus tard. Auguste Comte a du mal à faire son deuil : se recueillant dans l'église saint Paul près de l'appartement de Clotilde de Vaux, il invente une espèce de "religion" de l'humanité, qu'il qualifie de fétichisme : l'ethnologie était à la mode à cette époque, et on découvrait ces pratiques dans les cultes africains. Cette "religion" comporte :
Auguste Comte se considérait comme une sorte de "grand-prêtre" de l'humanité (considérée comme Grand-Etre, voir Culte de l'Être Suprême), les "prêtres" de la "religion" étant les scientifiques. Raquel Capurro parle, au sujet de cette "religion", d'un culte des morts. D'autres termes ont été inventés par Auguste Comte dans cette période de sa vie :
La "religion" positiviste comporte des "temples" en Argentine et au Brésil. La devise du Brésil, ordre et progrès, figure sur le drapeau. Selon Émile Maximilien Paul Littré, qui a développé la doctrine positiviste, l'altruisme provient « de la nécessité d'aimer, qui lui est imposée fondamentalement par l'union des sexes pour qu'elle subsiste comme espèce ». [] Questions posées par l'altruisme (vs égoïsme)[] En philosophieL'altruisme attache en fait soit à une personne déterminée et choisie, comme l'amour et l'amitié, soit à un groupe plus ou moins étendu de personnes unies par des liens naturels. Selon Comte et Littré, l'altruisme provient de l'appétit sexuel qui, « croissant en complexité et en raffinement », peut devenir l'un des éléments essentiels du sens moral et la source des plus nobles actions des humains. Certaines conceptions "éthiques" peuvent faire appel au terme d'altruisme, pour désigner une attitude qui prend en compte les besoins et les souhaits des autres avant soi-même, et parfois même contre soi-même. Ces conceptions sont assez fréquentes dans le « positivisme anglais », où l'on n'a pas peur de mêler l'altruisme et la religion. Voir en:altruism. Dans les termes de la philosophie utilitariste, un acte « altruiste » est un acte où on cherche à maximiser le bénéfice d'autrui, tandis que le bénéfice ou la perte pour l'auteur n'est pas pris en compte (qu'il existe ou non). La théorie des jeux a facilement construit des exemples où l?altruisme peut fournir de meilleurs résultats pour les protagonistes d?une situation que l?égoïsme (voir dilemme du prisonnier). Sur cette base, elle a pu mettre en évidence que, bien que les conditions pour voir l'altruisme apparaître soient assez faibles, les bénéfices de l'altruisme peuvent être grands pour l'individu, tandis que les bénéfices pour autrui de l'égoïsme peuvent être tout aussi importants ! C'est l'effet du hasard. On voit mal pourtant comment une attitude qui n'examine pas en profondeur, pour une organisation, le contexte et les intérêts, tant moraux, familiaux, que financiers des parties prenantes, peut réussir, ce qui pose la question des fondements éthiques. On peut aussi se demander si cette façon de présenter les rapports avec autrui ne pervertit pas la notion de devoir, comme elle apparaît par exemple chez Emmanuel Kant. [] En géopolitiqueOn voit mal comment le comportement d'un responsable politique qui ne tiendrait pas compte des intérêts des parties en présence pourrait avoir un quelconque crédit :
[] Dans le commerceL'altruisme est quasiment inimaginable dans le commerce. Il est incompatible avec la recherche du profit d'une société commerciale. On voit mal comment une notion qui ignore la notion d'intérêt peut s'appliquer au commerce. Pour qu'une relation client-fournisseur soit pérenne, il faut qu'il y ait des gains équilibrés entre le client et le fournisseur (win-win). [] Par rapport aux problèmes écologiquesLe désir que les êtres humains, écologistes ou non, peuvent avoir d'agir d'un façon conforme aux exigences d'environnement (voir les devoirs qu'implique la charte de l'environnement en France, ou la Green Charter signée en Australie), conduit à des situations qui peuvent être contraires aux intérêts des personnes qui s'engagent dans cette voie. En réalité, si des individus s'engagent, c'est bien par solidarité avec leurs semblables, en vue d'aboutir à des résultats conformes à des intérêts qui ne sont pas seulement financiers, mais également moraux : quel patrimoine naturel laisser à ses enfants (d'une façon générale aux générations futures), dans une optique de responsabilité par rapport à des exigences de développement durable. De telles attitudes peuvent conduire à des comportements et à des philosophies telles que le consensalism (dans le mode anglo-saxon), qui ne prennent pas forcément en compte tous les aspects de l'éthique. La notion d'altruisme montre ses limites, car il y a bien des intérêts, qui certes ne sont pas seulement financiers, mais également moraux (ou éthiques). [] En biologie et sociobiologieBien que ce type de comportement semble a priori être contradictoire par rapport à des principes énoncés au sujet de la sélection naturelle, un examen plus fin par la sociobiologie des mécanismes à l'?uvre, des niveaux de sélection génétique, et d'expression des individus, montre qu'un comportement qui tient compte d'autrui peut être "sélectionné". D'autre part,
Ainsi, si on oppose généralement l'altruisme à l'égoïsme, il apparaît que souvent la distinction entre les deux est assez difficile à percevoir... [] En éthologie et en biologieVoir l'article Sélection de parentèle [] Dans l'éducationOn voit mal comment un père de famille pourrait être totalement désintéressé par rapport à l'avenir de ses enfants. La notion d'altruisme s'applique mal dans ce cas. Voir : Éthique et éducation. [] Une situation : la parabole des petits vieux« Un vieil homme évoque avec sa femme un souvenir. Le premier jour de leur rencontre, ils ont partagé le pain. C'est lui qui a coupé, sans y penser, comme il faisait à son habitude : la croûte d'un côté, la mie de l'autre. Il a laissé le meilleur à sa (future) femme, qui l'a pris avec joie. Ils ont continué à partager ainsi le pain. Et bien tu vois, dit l'homme, pendant tout ce temps ça m'a fait bien plaisir de manger le morceau que je détestais, rien que pour le plaisir de te voir profiter de mon morceau préféré. Et la femme de sourire en pensant : je comprends, c'était la même chose pour moi... » [] Altruisme et religion[] Dans la religion chrétienneLa question de l'attitude à adopter par rapport à autrui relève de l'amour. Aimez vous les uns les autres comme je vous ai aimés (extrait du discours de la cène dans l'évangile de Jean, sorte de testament de Jésus avant la crucifixion, voir surtout Jn 15, 9-17, et les chapitres 13 à 17 de saint Jean). Certaines attitudes chrétiennes peuvent faire penser à de l'altruisme : saint Martin, saint Vincent de Paul, Frédéric Ozanam, Abbé Pierre, Mère Teresa, s?ur Emmanuelle,... Ces personnalités chrétiennes ont adopté dans leur vie une attitude de charité. On peut remarquer qu'elles n'ont en fait pas eu d'enfants. Deux exemples permettent de montrer que des chrétiens ont pris des décisions radicalement différentes en fonction du contexte et de leur situation personnelle, dans laquelle intervient la notion de famille : Première Guerre mondiale : Au Chemin des Dames, un catholique fervent refuse de monter à l'assaut (égoïsme ?) : il est considéré comme mutin et exécuté. Seconde Guerre mondiale : Dans un camp de concentration, le père Maximilien Kolbe demande qu'on l'exécute à la place d'un père de famille (altruisme ?) : il sera canonisé. Maurice Genevoix a montré que les témoignages de la première guerre mondiale ont été filtrés en fonction de critères positivistes. D'autres textes des évangiles qui se rapportent ltrès bien aux rapports avec autrui sont les suivants : "Jésus lui dit : Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton c?ur, de toute ton âme et de tout ton esprit : voilà le plus grand et le premier commandement. Le second lui est semblable. Tu aimeras ton prochain comme toi-même" (Mt 22, 37-39). Ce commandement est l'aboutissement des commandements de l'Ancienne Alliance recueillis par Moïse (Dix commandements). "Celui qui aime son père ou sa mère plus que moi n'est pas digne de moi ; celui qui aime son fils ou sa fille plus que moi n'est pas digne de moi" (Mt 10, 37). Ceci signifie que l'amour de Dieu est le plus important. Il ne faut pas placer les intérêts de sa famille au-dessus de Dieu. En revanche, le prochain est au même niveau que soi. Dans la tradition de l'Église, qui a été formalisée dans l'Histoire, on considère qu'il existe trois vertus théologales : foi, espérance, et charité. Il existe aussi quatre vertus cardinales : prudence, tempérance, force, justice. Le terme altruisme ne figure pas dans le Catéchisme de l'Église catholique, ni dans le vocabulaire des prêtres catholiques. En revanche, on trouve les termes : charité, amour, social, société, citoyens, choix. [] Dans les autres religions(à compléter)
[] Une éthique dans les religions ?On voit qu'il est difficile d'appliquer la notion d'altruisme, sans biaiser certains intérêts particuliers, notamment moraux. Il n'empêche qu'il est possible d'appliquer certains critères éthiques, notamment lorsqu'il est question de devoirs, dans l'éducation par exemple, ce qui engage les générations futures, et que ce n'est pas nécessairement incompatible avec les religions. [] Autre terme plus approprié ?Il existe un autre terme pour désigner un mode de connaissance intuitive d'autrui : l'empathie, qui est la capacité à se mettre à la place de l'autre (définition du Petit Larrousse). [] Liens internesSur l'éthique et la religion : Sur les mouvements positivistes et utilitaristes : [] Pour approfondir
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