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Alphabet copte

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Pour les articles homonymes, voir Copte (homonymie).
Copte

Lettres de l'alphabet copte
Lettres de l'alphabet copte

Caractéristiques
Type Alphabet
Langue(s) Copte
Historique
Époque vers 300 av. J.-C. - XIVe siècle (usage rare de nos jours)
Système(s)
parent(s)

Phénicien et hiéroglyphes
 Grec et démotique
  Copte

Système(s)
apparenté(s)
Cyrillique, latin, arménien, ancien nubien
Encodage
Unicode U+2C80 à U+2CFF
U+03E2 à U+03EF
ISO 15924 Copt

L'alphabet copte est l'alphabet utilisé pour écrire la langue copte. Cette langue est l'héritière moderne de l'égyptien, écrit auparavant avec les hiéroglyphes, qui a cessé d'être une langue vivante au Xe siècle de l'ère chrétienne mais continue d'être utilisée comme langue liturgique de l'Église copte orthodoxe. L'alphabet copte est donc maintenant une écriture « sacrée ».

Sommaire

[] Histoire

L'écriture hiéroglyphique antique a cédé la place, pour écrire la langue copte, à un alphabet dérivé du grec, dont les lettres ont été empruntées vers la fin du Ier siècle de l'ère chrétienne. La mère de cet alphabet est donc le grec oncial. La langue copte différant de la langue grecque en terme de phonèmes, il a fallu compléter l'alphabet de vingt-quatre lettres par sept signes supplémentaires, qui ont été empruntés à la démotique, écriture d'origine hiéroglyphique qui a précédé l'alphabet copte et a cessé d'être utilisée pendant le Ve siècle. Inversement, certaines lettres grecques se sont avérées inutiles mais ont été conservées pour la notation de terme empruntés au grec biblique.

L'alphabet copte est aujourd'hui réservé aux textes chrétiens. Cependant, il servait à ses débuts pour des écrits au contenu varié, comme des textes « magiques ». Pour W. V. Davies (cf. bibliographie), l'importation de lettres grecques dans cette langue ? qui pouvait utiliser une écriture ancestrale mais phonétiquement imprécise ? s'expliquerait par la nécessité de représenter le plus fidèlement possible les sons des formules magiques. L'alphabet dans ses versions les plus anciennes n'est pas normalisé et contient, selon les lieux et les dialectes, de nombreuses lettres issues de la démotique qui n'ont pas été conservées dans la version définitive, laquelle est bien attestée à partir du IVe siècle. Au cours des siècles, les documents religieux ont pris le pas sur les écrits profanes, parmi lesquels on pouvait trouver lettres, correspondance commerciale et textes de lois.

Fait notable, l'alphabet nubien dérive de l'alphabet copte bien que les langues n'aient aucun lien entre elles.

[] Lettres

Note : toutes les transcriptions phonétiques suivent les usages de l'API.

[] Liste des graphèmes

Les lettres sont données pour l'alphabet bohaïrique.

Les lettres sont aussi utilisées ? à partir du bohaïrique ?, comme en grec, en tant que nombres (d'où la présence dans l'alphabet d'un signe non littéral et purement numéral, soou, issu du digamma grec, et d'une ligature abréviative, le r? barré valant 900, en remplacement du sampi grec) ; consulter numération copte pour plus de détails. Le sa'idique semble ignorer une telle pratique et note les nombres au long.

Image Majuscule Minuscule Valeur numérique Nom Translittération Prononciation
Image:Coptic Alpha-min.svg ? ? 1 alp?a a [a, ?, ?]
Image:Coptic Beta-min.svg ? ? 2 b?ta b [b, v, w]
Image:Coptic Gamma-min.svg ? ? 3 gamma g [k] / [g, ?, ?]
Image:Coptic Dalda-min.svg ? ? 4 dalda d [d] / [d, ð]
Image:Coptic Ei-min.svg ? ? 5 ei [e]
Image:Copte soou.png ? ? 6 sou ? ?
Image:Coptic Zeta-min.svg ? ? 7 z?ta z [s] / [z]
Image:Coptic Eta-min.svg ? ? 8 ?ta ? [e?] / [??, i]
Image:Coptic Theta-min.svg ? ? 9 t??ta t? [t?] / [t?, ?]
Image:Coptic Iota-min.svg ? ? 10 i?ta i [i, j]
Image:Coptic Kappa-min.svg ? ? 20 kappa k [k]
Image:Coptic Laula-min.svg ? ? 30 laula l [l]
Image:Coptic Me-min.svg ? ? 40 m? m [m]
Image:Coptic Ne-min.svg ? ? 50 n? n [n]
Image:Coptic Kxi-min.svg ? ? 60 k?i k? [ks]
Image:Coptic Ou-min.svg ? ? 70 ou o [o]
Image:Coptic Pi-min.svg ? ? 80 pi p [p]
Image:Coptic Ro-min.svg ? ? 100 r? r [r]
Image:Coptic Semma-min.svg ? ? 200 s?mma s [s]
Image:Coptic Tau-min.svg ? ? 300 tau t [t] / [t, d]
Image:Coptic He-min.svg ? ? 400 he u [u, w] / [u, w, i, v]
Image:Coptic Phi-min.svg ? ? 500 p?i p? [p?] / [p?, f]
Image:Coptic Khi-min.svg ? ? 600 k?i k? [k?] / [k?, ?, ?]
Image:Coptic Pxi-min.svg ? ? 700 p?i p? [ps]
Image:Coptic O-min.svg ? ? 800 ? ? [o?]
Image:Coptic Sai-min.svg ? ? ?ai ? [?]
Image:Coptic Fai-min.svg ? ? 90 fai [f]
Image:Coptic Hai-min.svg ? ? ?ai ? [x]
Image:Coptic Hori-min.svg ? ? hori h [h]
Image:Coptic Dandia-min.svg ? ? ?an?ia ? [?] / [?, g]
Image:Coptic Cima-min.svg ? ? ?ima ? [q] / [?]
Image:Coptic Ti-min.svg ? ? ti ti [ti]
Image:Copte r barre.png ? ? 900 p?is ?n?e ? ?

[] Origine

Les premières lettres de l'alphabet copte possède un étymon grec oncial évident. On notera la présence attendue du sigma lunaire.

Grec Copte
Nom Image Nom Image
Alpha Image:Grechttp://upload.wikimedia.org/wikipedia/fr/7/72/Grec_oncial_a.png alp?a Image:Coptic Alpha-min.svg
Bêta Image:Grechttp://upload.wikimedia.org/wikipedia/fr/e/e5/Grec_oncial_b.png b?ta Image:Coptic Beta-min.svg
Gamma Image:Grechttp://upload.wikimedia.org/wikipedia/fr/e/ec/Grec_oncial_g.png gamma Image:Coptic Gamma-min.svg
Delta Image:Grechttp://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/5/5c/Grec_oncial_d.png dalda Image:Coptic Dalda-min.svg
Epsilon Image:Grechttp://upload.wikimedia.org/wikipedia/fr/3/30/Grec_oncial_e.png ei Image:Coptic Ei-min.svg
Zêta Image:Grechttp://upload.wikimedia.org/wikipedia/fr/a/a8/Grec_oncial_z.png z?ta Image:Coptic Zeta-min.svg
Êta Image:Grechttp://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/1/18/Grec_oncial_h.png ?ta Image:Coptic Eta-min.svg
Thêta Image:Grechttp://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/c/c1/Grec_oncial_th.png t??ta Image:Coptic Theta-min.svg
Iota Image:Grechttp://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/8/86/Grec_oncial_i.png i?ta Image:Coptic Iota-min.svg
Kappa Image:Grechttp://upload.wikimedia.org/wikipedia/fr/6/60/Grec_oncial_k.png kappa Image:Coptic Kappa-min.svg
Lambda Image:Grechttp://upload.wikimedia.org/wikipedia/fr/5/53/Grec_oncial_l.png laula Image:Coptic Laula-min.svg
Mu Image:Grechttp://upload.wikimedia.org/wikipedia/fr/5/59/Grec_oncial_m.png m? Image:Coptic Me-min.svg
Nu Image:Grechttp://upload.wikimedia.org/wikipedia/fr/4/40/Grec_oncial_n.png n? Image:Coptic Ne-min.svg
Xi Image:Grechttp://upload.wikimedia.org/wikipedia/fr/3/31/Grec_oncial_ks.png k?i Image:Coptic Kxi-min.svg
Omicron Image:Grechttp://upload.wikimedia.org/wikipedia/fr/0/03/Grec_oncial_o.png ou Image:Coptic Ou-min.svg
Pi Image:Grechttp://upload.wikimedia.org/wikipedia/fr/a/af/Grec_oncial_p.png pi Image:Coptic Pi-min.svg
Rhô Image:Grechttp://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/3/39/Grec_oncial_r.png r? Image:Coptic Ro-min.svg
Sigma Image:Grechttp://upload.wikimedia.org/wikipedia/fr/6/62/Grec_oncial_s.png s?mma Image:Coptic Semma-min.svg
Tau Image:Grechttp://upload.wikimedia.org/wikipedia/fr/7/76/Grec_oncial_t.png tau Image:Coptic Tau-min.svg
Upsilon Image:Grechttp://upload.wikimedia.org/wikipedia/fr/f/f2/Grec_oncial_u.png he Image:Coptic He-min.svg
Phi Image:Grechttp://upload.wikimedia.org/wikipedia/fr/c/cb/Grec_oncial_ph.png p?i Image:Coptic Phi-min.svg
Chi Image:Grechttp://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/3/30/Grec_oncial_x.png k?i Image:Coptic Khi-min.svg
Psi Image:Grechttp://upload.wikimedia.org/wikipedia/fr/b/b7/Grec_oncial_ps.png p?i Image:Coptic Pxi-min.svg
Oméga Image:Grechttp://upload.wikimedia.org/wikipedia/fr/e/e5/Grec_oncial_w.png ? Image:Coptic O-min.svg

Les sept dernières lettres de l'alphabet ne sont pas d'origine grecque mais empruntées à la démotique égyptienne. Elles permettent de noter des sons que le grec de l'époque ne connaissait pas et ne savait donc pas écrire. Leur origine est bien connue : on peut en effet remonter des hiéroglyphes jusqu'à la lettre copte en passant par le tracé démotique :

Hiéroglyphe Démotique Copte
Valeur Image Valeur Image Nom Image
SA
M8
? Image:demotique sh.png ?ai Image:Coptic Sai-min.svg
F
I9
f Image:demotique f.png fai Image:Coptic Fai-min.svg
M12
? Image:demotique kh.png ?ai Image:Coptic Hai-min.svg
F18
Y1
h Image:demotique h.png hori Image:Coptic Hori-min.svg
U29
? Image:demotique j.png ?an?ia Image:Coptic Dandia-min.svg
K
V31
? Image:demotique tsh.png ?ima Image:Coptic Cima-min.svg
TI
D37
X1
ti Image:demotique ti.png ti Image:Coptic Ti-min.svg

[] Capitales

L'alphabet copte peut être considéré bicaméral : chaque lettre possède une majuscule et une minuscule. Dans les faits, sauf dans certains styles particulièrement ornés, les capitales ne sont rien d'autre que des minuscules de grand format et elles ne nécessitent pas un apprentissage séparé. Il n'y a là rien de comparable au cas du grec actuel, dont la minuscule de ? est ?, par exemple. La lettre ?ai est vraisemblablement la seule dont les deux variantes sont différentes quel que soit le style : ? en capitale, ? en minuscule.

[] Nom des lettres

On a retenu dans ce tableau l'un des nombreux noms possibles pour chaque lettre, ceux donnés grosso modo par la grammaire de Plumley (cf. bibliographie). On peut considérer que ce sont les noms anciens.

Les noms des lettres ne sont en effet pas réellement normalisés et l'on trouve dans ce domaine d'importantes variations selon les textes, minimes (la lettre fai peut être nommée fei) ou plus notables (he est souvent désignée par le nom ep?ilon dans les textes récents). L'hellénisation de la prononciation (voir plus bas) a bien sûr joué un rôle non négligeable, de même que des contraintes liées à la langue copte elle-même : l'apparition d'une voyelle épenthétique en début de mot dans une syllabe qui débuterait sinon par deux consonnes est visible dans des cas comme k?i souvent nommé ek?i.

[] Translittération et codage

À partir de maintenant, les mots codés en alphabet grec en italique sont à lire comme s'ils étaient écrits en copte. En effet, Unicode ne distingue pas encore les deux blocs de caractères (voir plus bas). Les mots écrits en grec en romaine (contraire de l'italique) doivent bien être compris comme du grec. Noter qu'il serait maintenant possible de coder toute la page en copte (consulter la section « Codage informatique »).

Pour des raisons de simplicité, on a choisi de représenter le s?mma (sigma grec) par la lettre latine c : en effet, le copte ayant emprunté le sigma lunaire grec, il ne connaît pas de variante finale ?. Écrire ? en fin de mot serait trop dérangeant pour l'?il habitué à lire le grec. Il est aussi plus prudent de coder le sigma lunaire par un c plutôt que par le caractère grec prévu par Unicode (? U+03F2), qui n'est pas toujours présent dans les polices de caractères courantes.

On a choisi une translittération et non une transcription pour les mots coptes. Cette translittération est bijective : à chaque symbole ou digramme symbolique choisi ne peut correspondre qu'une seule lettre copte et inversement, d'où la notation des consonnes aspirées par un ?. Ainsi, p? (?) ne peut être confondu avec la suite de lettres ph (??). Noter que ? peut facilement être remplacé par j. La présence d'un ?inkim (voir plus bas) est indiquée par un ? en exposant : ?? est translittéré ?r.

[] Valeur des lettres

Les différentes sources consultées donnent pour certaines lettres des valeurs très différentes, selon qu'on se place dans une optique historique (le copte tel qu'il a été parlé dans le passé ; encore faut-il savoir de quel dialecte l'on parle) ou actuelle (tel qu'il est maintenant prononcé lors des cérémonies religieuses). De plus, il faut distinguer la prononciation sa'idique (dialecte maintenant éteint) de la bohaïrique (seul dialecte encore « vivant »). Les textes récents consacrés au copte insistent généralement plus sur la prononciation bohaïrique liturgique actuelle. Deux ouvrages, cependant, s'appuient surtout sur la prononciation ancienne : l'article de Ritner et la grammaire de Plumley (cf. bibliographie).

D'autre part, selon Emile Maher Ishak (cf. bibliographie), la prononciation bohaïrique de la langue copte aurait été rapprochée artificiellement de celle du grec moderne au milieu du XIXe siècle, afin de permettre une fusion entre l'église orthodoxe grecque et l'église copte orthodoxe d'Égypte, fusion qui ne s'est finalement pas faite. Ce mouvement d'hellénisation, placé sous l'égide du pope Cyrille IV et d'Arian Girgis Moftah, enseignant de copte liturgique, a cependant été globalement et graduellement accepté : actuellement, sauf dans de rares églises, le copte est lu « à la grecque ». Cette prononciation est pourtant réputée factice et artificielle (d'autant plus qu'elle ne s'applique pas forcément à tous les mots : pour ne pas trop contrevenir aux usages établis, les noms propres, par exemple, sont souvent prononcés « à l'ancienne »). On considère alors qu'appartient au « vieux bohaïrique » une prononciation plus hypothétique restituée et datant d'avant l'hellénisation, prononciation parfois ? à tort ou à raison ? désignée comme étant celle du sa'idique.

Dans le tableau ci-dessus, on a indiqué en première valeur celle probable du sa'idique (ou du « vieux bohaïrique »), restituée à partir de l'égyptien ancien, des pratiques scripturales anciennes et de la valeur des lettres grecques à l'époque de l'emprunt de l'alphabet. La deuxième valeur est celle du bohaïrique hellénisé actuel. On décrira ci-dessous ces deux systèmes.

[] Consonnes aspirées et consonnes doubles

[] Prononciation ancienne / sa'idique

Les consonnes apirées grecques ont été utilisées au départ comme des raccourcis permettant de noter une consonne occlusive suivie de /h/. Ainsi, ? correspondait à la suite de consonnes ??, soit /th/. De telles lettres transcrivaient alors deux consonnes et non une seule (en grec ancien, ? valait /t?/). On trouve par exemple les graphies équivalentes ?? ou ??? /the/ (et non /t?e/ puisque les consonnes aspirées n'existent pas en copte) pour le mot « chemin ». L'utilisation de ces lettres, en sa'idique, est bien plus limitée qu'en bohaïrique (elle se cantonne la plupart du temps aux mots d'origine grecque quand elles ne servent pas de raccourci, c'est-à-dire de lettre doubles), de même pour ? et ?, qui peuvent remplacer ?? et ??.

Le cas est similaire avec les deux consonnes doubles grecques ? et ?, qui, dans les textes anciens, servent parfois de raccourci à ?c et ?c, sans pour autant que l'usage soit obligatoire (au contraire du grec). Par exemple, le nombre 9 peut s'épeler ?c?c ou ??c.

[] Prononciation hellénisée

Actuellement, dans la prononciation bohaïrique hellénisée les consonnes aspirées se prononcent soit comme des simples (? vaut donc ?, ? se lit ? et ? comme ?) soit d'une manière similaire à la prononciation du grec moderne (mais adaptée à une population majoritairement arabophone).

  • ? : après c, ?, ?, et ? ? /t/, sinon ? /?/ ;
  • ? : dans un nom propre ? /f/, sinon ? /v/ ;
  • ? : dans un mot copte ? /k/, sinon (principalement dans des mots grecs) ? /x/ après ?, ? et ?, /?/ après ?, ?, ? et ? (par imitation du grec [ç]).

L'utilisation des aspirées ainsi que des consonnes doubles (dont la prononciation ne soulève aucun problème) est plus fréquente en bohaïrique que dans les textes plus anciens.

[] Occlusives sonores et z?ta

[] Prononciation ancienne / sa'idique

Les lettres grecques ?, ? et ?, prononcées /g/, /d/ et /z?/ en grec ancien, font partie de celles dont le copte aurait pu faire l'économie puisque les sons en question ne sont pas des phonèmes du copte ancien (alors que le ? grec, déjà passé à /v/ à l'époque médiévale, s'avérait utile). Dans les textes anciens, on note une grande propension à la confusion avec des sourdes plus ou moins équivalentes : ainsi, ? alterne avec ? ou ? (qui, en sa'idique, ne vaut pas /?/ mais vraisemblablement /q/), ? avec ?, ? avec c.

En règle générale, ces consonnes sont utilisées principalement (mais pas exclusivement) dans des mots d'emprunt au grec.

[] Prononciation hellénisée

Celle du bohaïrique actuel est très éloignée de la prononciation ancienne. Ces lettres apparaissent aussi surtout dans des mots d'emprunt au grec :

  • ? : à la fin d'un mot ou dans un nom propre ? /b/ ; sinon ? /v/ ;
  • ? : devant ?, ?, ? et ? ? /g/ ; devant ? et ? ? /?/ (comme en grec depuis l'Antiquité) ; sinon ? /?/ ;
  • ? : dans un nom propre ? /d/ ; sinon ? /ð/.

[] Voyelles

Noter que l'on entend ici voyelle au sens de « voyelle graphique » et non phonologique : en effet, les voyelles du copte peuvent aussi servir à noter des consonnes.

[] Prononciation ancienne / sa'idique

Il semble que la quantité vocalique (différence entre voyelles brèves et voyelles longues) soit pertinente en copte ancien. La langue connaît trois timbres phonologiques fondamentaux, /a/, /e/ et /o/. Ceux-ci sont notés par ? /a/, ? /e/ et ? /o/ pour les brèves, ? /i/ (ou ? /e?/), ? /?/ et ? /o?/ (ou ?? /u?/) pour les longues : les timbres ne correspondent donc pas exactement (à cause vraisemblablement d'une apophonie) et il ne semble pas que ? soit forcément une voyelle longue.

La voyelle /u?/ ainsi que la consonne /w/ sont régulièrement écrites grâce au digramme ??, la lettre ? seule étant réservée aux mots grecs ou comme second élément de diphtongue. Par exemple, ????? /nu?te/, « dieu » et ????? /waab/, « saint ». La voyelle /i/ et la consonne /j/ sont écrites différemment : ? sert pour la voyelle, ?? pour la consonne en début de syllabe (parfois ?, forme plus commune en bohaïrique), ? en fin de syllabe. Ainsi : ??c /psis/, « 9 », ????? (plus rare : ????) /jo?he/ « champ », ?? /e?j/, « maison ».

[] Prononciation hellénisée

[] Autres détails

  • les lettres ? et ? sont, à la manière grecque, susceptible d'être voisées après ? ou ? ? /b/ et /d/ ;
  • la lettre ? se comporte comme un g français : il se prononce « doux » devant ?, ?, ? et ? ? /?/ (parfois réalisé [?]), « dur » ailleurs ? /g/.

[] Diacritiques

[] ?inkim

Ce signe (plus souvent transcrit jinkim), très fréquent, indique que la consonne sonante qui le porte est vocalisée. Dans la pratique, on la prononce avec un schwa [?] ou un [e] léger (représenté ici par ? dans la translittération). Le ?inkim se trace différemment selon les dialectes : en sa'idique, c'est un macron, un accent grave en akhmimique et fayoumique, un accent grave ou un point suscrit en bohaïrique. Actuellement, c'est le macron qui semble préféré dans les éditions récentes.

[] Ponctuation

[] Autres signes

[] ?ai

Le phonème /x/ ne se rencontre pas en sa'idique. La lettre ?ai n'y est donc pas utilisée. La forme usuelle, image:Coptic Hai-min.svg, est propre au bohaïrique. On la trace en akminmique image:copte_x_akhminique.png ; cette seconde graphie ne provient pas de la démotique image:demotique kh.png mais d'un hori, image:Coptic Hori-min.svg barré.

[] Soou

Cette « lettre », image:copte soou.png, n'est utilisée que dans la numération (avec la valeur 6), ce qui explique qu'on l'ait représentée ici avec sa barre suscrite. Elle remonte clairement au digamma grec dans sa graphie ancienne, ?, lettre qui, déjà en grec, n'avait plus de valeur littérale (sauf quand elle a été confondue avec un stigma).

[] Abréviations et ligatures

À l'instar du grec, qu'il a copié, le copte a développé nombre de ligatures et de signes d'abréviation. Les plus notables sont les caractères composés et la ligature abréviative suivants :

Signe image:copte_stauros.png image:copte_kh_r.png et image:copte_r_m.png image:copte_r_barre.png image:copte_tsh_s.png
Se lit... c?????c
stauros
?????c ????????
k?ronos martur?n
??c ????
p?is ?n?e
???c
??is
Sens « croix »  « temps des martyrs » (ère de Dioclétien) 900 « Seigneur »
  • image:copte_r_barre.png n'est utilisé que comme signe numérique et correspondrait au sampi grec ;
  • c?????c et ?????c ???????? sont des mots empruntés au grec ;
  • image:copte_tsh_s.png est une ligature abréviative de ? et c (noter le trait de surlignement, la barre indiquant une contraction).

Les autres abréviations concernent surtout les noms propres bibliques grecs et sémitiques : ils sont contractés et représentés par deux ou trois lettres du mot, lettres qui sont la plupart du temps surlignées. Ainsi, ??c? représente ???c??c, Christ. Les usages sont semblables à ceux suivis dans les manuscrits grecs.

[] Signes didactiques

Le signe ci-contre, un double trait d'union, sert, dans les ouvrages didactiques, à indiquer qu'un mot est à l'état pronominal (suivi d'un suffixe pronominal). C'est le trait d'union simple qui sert à indiquer l'état construit du verbe ou de la préposition (lorsque la forme est suivie d'un complément nominal). La forme absolue, le cas échéant, est présentée sans trait d'union. Quand la typographie éditoriale s'adapte au style des lettres coptes, ce double trait d'union prend des allures plus penchées. Dans les faits, il est possible de le remplacer par le signe = (ce qu'on fera ici). Unicode prévoit de lui consacrer un emplacement.

On peut ainsi, dans les grammaires et les dictionnaires, savoir que telle préposition ou tel verbe doit être suivi d'un complément nominal, que telle autre forme doit être suivie d'un suffixe personnel :

  • ???= kot= « construire » ? état pronominal (exemple : ???=?? kot=?f « le construire », comme dans « il faut le construire ») ;
  • ???- ket- : « construire » ? état construit (comme dans ???-??? ket-p?ï, « construire [une] maison »).

Dans un dictionnaire, on pourrait trouver les indications suivantes :

?- e-, ???= ero=, préposition, « pour ».

Il faudrait alors comprendre que la préposition signifiant « pour, à » a la forme ? e quand elle a pour régime un nom, la forme ??? ero quand c'est un suffixe personnel : ???? ep?ï « à la maison », ???? erof « pour lui ».

Ces usages sont identiques à ceux qu'on trouve en égyptologie.

Icône de détail Article connexe : Transcription des hiéroglyphes.

[] Sens de lecture

Fait notable, alors que la démotique se lisait de droite à gauche, le copte, par imitation du grec, se lit exclusivement de gauche à droite.

[] Codage informatique

Unicode, jusque sa version 4.1, n'a pas distingué les lettres grecques des lettres coptes, considérant que le copte n'était qu'une variante graphique et « stylistique » du grec. Plusieurs demandes ont été déposées pour que les deux graphies soient séparées (« désunifiées ») et plusieurs propositions retenues. L'alphabet copte est désormais intégré à Unicode (bloc U+2C80..U+2CFF)

Les lettres démotiques situées dans le bloc « Grec et copte » ne pouvant pas être déplacées, les lettres du copte sont donc codées sur deux blocs :

[] Lettres démotiques du bloc bloc « Grec et copte »

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[] Lettres grecques en tracé copte dans le bloc « Copte »

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