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Algérie 
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Tagduda tamegdayt taÉŁerfant tazzayrit (ber)
République algérienne démocratique et populaire (fr)
Drapeau de l'Algérie Armoiries de l'Algérie
(Détails) (Détails)
Devise nationale : La révolution par le peuple et pour le peuple
carte
Langue officielle Arabe classique1
Le tamazight est langue nationale depuis 20022.
La darija est la langue utilisée par la majorité de la population.
MĂȘme si le français n'a pas de statut officiel, l'AlgĂ©rie est le deuxiĂšme pays francophone au monde en termes de locuteurs34.
L'espagnol est répandu dans l'Oranie.
Capitale Alger
36°46' N, 03°03' E
Plus grande ville Alger
Forme de l’État RĂ©publique
 - PrĂ©sident de la RĂ©publique
 - Premier ministre
Abdelaziz Bouteflika
Ahmed Ouyahia
Superficie
 - Totale
 - Eau (%)
Classé 11e
2 381 741 km2
Chiffre inconnu. L'Algérie mise sur les stations de dessalement d'eau de mer
Population
 - Totale (Janvier 2009)
 - DensitĂ©
Classé 35e
35 157 029(2) hab.
14,0 hab./km2
Indépendance
 - Date
De la France
5 juillet 1962


Gentilé Algérien(ne)


IDH (2007) Augmentation 0,761 (moyen) (79e5)
Monnaie Dinar algérien (DZD)
Fuseau horaire UTC +1
Hymne national Kassaman
Domaine internet .dz
Indicatif
téléphonique
+213
Voir la carte physique
Voir la carte administrative

L’AlgĂ©rie (arabe : Ű§Ù„ŰŹŰČۧۊ۱, tamazight: Dzayer), officiellement la RĂ©publique algĂ©rienne dĂ©mocratique et populaire, est un État d’Afrique du Nord qui fait partie du Maghreb. Sa capitale, Alger, est situĂ©e au nord, sur la cĂŽte mĂ©diterranĂ©enne. Avec une superficie de 2 381 741 kmÂČ, c'est le plus grand pays bordant la MĂ©diterranĂ©e et le deuxiĂšme plus Ă©tendu d'Afrique aprĂšs le Soudan. Il partage des frontiĂšres terrestres au nord-est avec la Tunisie, Ă  l'est avec la Libye, au sud avec le Niger et le Mali, au sud-ouest avec la Mauritanie et le territoire contestĂ© du Sahara occidental, et Ă  l’ouest avec le Maroc.

L’AlgĂ©rie est membre de l'Organisation des Nations unies (ONU), de l’Union africaine (UA) et de la Ligue des États arabes pratiquement depuis son indĂ©pendance, en 1962. Elle a intĂ©grĂ© l'Organisation des pays exportateurs de pĂ©trole (OPEP) en 1969. En fĂ©vrier 1989, l'AlgĂ©rie a pris part, avec les autres États maghrĂ©bins, Ă  la crĂ©ation de l'organisation de l’Union du Maghreb arabe (UMA).

La Constitution algĂ©rienne dĂ©finit « l'islam, l’arabitĂ© et l’amazighitĂ© Â» comme « composantes fondamentales Â» de l'identitĂ© du peuple algĂ©rien et le pays comme « terre d’Islam, partie intĂ©grante du Grand Maghreb, mĂ©diterranĂ©en et africain Â»6.

Sommaire

Toponymie

Vue sur le port de la capitale Alger (Icosium, puis Al Jazair qui donnera le nom Algérie) avec le boulevard du front de mer (boulevard Che Guevara) et la Casbah en arriÚre plan.

L'appellation AlgĂ©rie provient du nom de la ville d'Alger. Étendu pour dĂ©signer l'ensemble du pays conquis depuis Alger, le nom AlgĂ©rie, utilisĂ© pour la premiĂšre fois en 1686 par Fontenelle dans Entretiens sur la pluralitĂ© des mondes, est officiellement adoptĂ© le 14 octobre 1839 par Antoine Virgile Schneider, ministre de la Guerre7. Selon l'historien EugĂšne Guernier8 : « Il n'est pas sans intĂ©rĂȘt de noter que cette appellation consacrait la conquĂȘte arabe et on peut se demander pourquoi les hommes politiques français du moment, tenant mieux compte du passĂ©, n'ont pas adoptĂ© les noms de Numidie ou de Kabylie. Â».

Le nom d'Alger est une dĂ©formation française du catalan AlguĂšre9, lui-mĂȘme tirĂ© de DjezaĂŻr du nom donnĂ© par Bologhine ibn Ziri9, fondateur de la dynastie ziride, lorsqu'il bĂątit la ville en 960 sur les ruines de l'ancienne ville romaine Icosium ; DjezaĂŻr Beni Mezghanna10. Plusieurs explications cependant sont donnĂ©es quant Ă  la signification du nom donnĂ© par Bologhine ibn Ziri.

Une Ă©tymologie rattache le nom aux iles qui faisaient face au port d’Alger Ă  l'Ă©poque et qui furent rattachĂ©es Ă  sa jetĂ©e actuelle ; en arabe Al-Djaza’ir (Ű§Ù„ŰŹŰČۧۊ۱), « Les Îles Â»9, en français "Les Îles des Mezghanna" (DjezaĂŻr Beni Mezghanna). Le terme d'ile pourrait selon des gĂ©ographes musulmans du Moyen Âge dĂ©signer la cĂŽte fertile de l’actuelle AlgĂ©rie, coincĂ©e entre le vaste Sahara et la MĂ©diterranĂ©e, apparaissant alors comme une Ăźle de vie, Al-Jaza’ir.

Une autre Ă©tymologie situe son origine dans le nom du pĂšre de Bologhine, Ziri ibn Menad : DjezaĂŻr alors de Dziri, du berbĂšre Tiziri qui signifie « clair de lune Â»11. Les AlgĂ©rois se dĂ©signent eux-mĂȘmes sous le vocable de Dziri, et le langage populaire a conservĂ© par ailleurs la formule Dzayer pour dĂ©signer Alger et l'AlgĂ©rie.

Enfin, le nom DjazaĂŻre est formĂ© de deux mots arabes : Dja-ZaĂŻre qui signifient « venu se recueillir Â» ou « venu en pĂšlerin Â» ou « venu en visiteur Â» ou « il est venu rendre visite Ă  un saint mort et enterrĂ© dans son mausolĂ©e pour demander bĂ©nĂ©diction Â» ou « il est venu voir un saint pour solliciter la rĂ©alisation d'un vƓu ou tout autre bĂ©nĂ©fice (chasser le mauvais sort, avoir de la richesse, retrouver sa santĂ©, trouver mari Ă  sa fille, avoir de la chance...) Â».

En ce qui concerne Mezghanna, Tassadit Yacine rapporte l'hypothĂšse d'une forme arabisĂ©e d'Imazighen, ou « BerbĂšres Â», donnant au pays le nom originel Tiziri n At Imezghan, « Ziri des BerbĂšres Â»11. Et, selon Ibn Khaldoun, les Beni Mezghenna est une tribu berbĂšre qui appartient aux Sanhadjas.

Histoire

Article dĂ©taillĂ© : Histoire de l'AlgĂ©rie.
Le Medracen, Ă  Batna, l'un des plus anciens monuments d'AlgĂ©rie (300 av. J.-C.) ; il porte le nom de l'ancĂȘtre de tous les BerbĂšres

L’AlgĂ©rie, de par sa tradition de terre d’accueil et les multiples civilisations qui l’ont traversĂ©e, a hĂ©ritĂ© d’une histoire trĂšs riche qui s’exprime par des vestiges d'Ă©poques variĂ©es. C’est ainsi que l'Afrique, la MĂ©diterranĂ©e, l’Europe et l’Orient marquĂšrent de leurs influences spĂ©cifiques le cheminement historique de l’AlgĂ©rie.

Les BerbÚres ont laissé les premiers vestiges archéologiques notables, comme le parc national du Tassili, que l'on considÚre comme le plus grand musée naturel au monde. Plus tard, ils ont construit plusieurs sites berbÚres comme Medracen, Mausolée royal de Maurétanie, Mausolée de Béni Rehnane à Siga dans la Wilaya d'Aïn Témouchent, ou encore le site de Sauma (El-Khroub) prÚs de Cirta qui se trouve dans la ville de Constantine, etc. De plus, plusieurs Tumuli, Dolmens, grottes, Djedars à Frenda, etc., attestent les pratiques funéraires berbÚres12.

L’époque romaine a laissĂ© un nombre impressionnant de vestiges, dont les plus importants se trouvent Ă  Tipaza, Timgad, LambĂšse, N'Gaous, Zana, Calama, M'daourouch, Thagaste, Djemila, Cherchell, Tamentfoust, Djemila, Tiddis, Tigzirt, Hippone, TĂ©bessa, Biskra, Tlemcen, etc.

L'influence de la religion en AlgĂ©rie a bouleversĂ© la rĂ©gion pendant l'AntiquitĂ© et au Moyen Âge. Plusieurs villes importantes en AlgĂ©rie comme Hippone, BaghaĂŻ, Tobna, Tlemcen, BĂ©jaĂŻa, Alger, etc., se sont dĂ©veloppĂ©es. Ainsi que plusieurs dynasties se sont succĂ©dĂ©, Ă  travers le temps, pour prendre le pouvoir dans les divers rĂ©gions de l'AlgĂ©rie.

Enfin, l'Algérie est prise par les Ottomans et ensuite par la France. Elle devient indépendante en 1962.

Préhistoire

Article dĂ©taillĂ© : PrĂ©histoire de l'AlgĂ©rie.


Localisation du noyau à l’origine de la culture capsienne

Des sites archĂ©ologiques ont livrĂ© des ossements d’hominidĂ©s datĂ©s par archĂ©omagnĂ©tisme de 2 millions d’annĂ©es. Les chercheurs y ont vu la prĂ©sence d'Homo habilis et d'Homo erectus (appelĂ© auparavant Atlanthrope) et d'AcheulĂ©en au dĂ©but du PalĂ©olithique Ă  Mostaganem (site Errayah)13, Ă  Tighennif14,15, Ă  Tabelbala-Tachenghit16, Ă  N'Gaous17. Le site de AĂŻn El Ahnech (« la source du serpent Â») Ă  El Eulma dans la Wilaya de SĂ©tif a livrĂ© des industries trĂšs anciennes18.

Au PalĂ©olithique moyen, les industries lithiques atĂ©riennes sont caractĂ©risĂ©es par la prĂ©sence de piĂšces Ă  pĂ©doncule. L'Ă©volution des formes humaines depuis l’Homo erectus a abouti Ă  l'apparition de l'Homo sapiens de type archaĂŻque, ancĂȘtre de la forme humaine actuelle.

Le PalĂ©olithique finit avec l'IbĂ©romaurusien, connu en particulier par les fouilles menĂ©es dans la grotte d'Afalou, en Kabylie, qui ont rĂ©vĂ©lĂ© l'existence Ă  cette pĂ©riode (il y a 20 000 ans Ă  10 000 ans environ) d'un art mobilier (petites statuettes zoomorphes) et d'enterrements.

Les derniers chasseurs-cueilleurs sont reprĂ©sentĂ©s dans le nord de l'AlgĂ©rie par les Capsiens, attestĂ©s jusqu'Ă  il y a 8 000 ans. Les modalitĂ©s de passage Ă  l'Ă©conomie de production (et donc au NĂ©olithique) sont trĂšs mal connues dans le nord.

Dans le sud Sahara, le NĂ©olithique est une pĂ©riode florissante en raison d'un climat globalement plus humide que l'actuel et donc d'une flore et d'une faune beaucoup plus riche. Les ĂȘtres humains de cette pĂ©riode ont gravĂ© et peint les parois de leurs abris. La chronologie exacte de cet art est trĂšs discutĂ©e et notamment la date de son apparition (il n'existe pas de moyen de le dater directement). Certains chercheurs pensent qu'il est apparu dĂšs la fin du PlĂ©niglaciaire, au PalĂ©olithique, tandis que d'autres ne le pensent pas antĂ©rieur au NĂ©olithique.

Les AurÚs comprennent plusieurs sites datant de l'Úre préhistorique à la période protohistorique19. Plusieurs recherches anthropologiques ont été entreprises dans les régions des AurÚs dont l'ouvrage les Chaouis de l'AurÚs par Barret en 1938.

Plusieurs grottes étaient habitées par les hommes troglodytes à Maafa, Takarbourst dans les AurÚs20 et Ghoufi21.

Antiquité

Extension du territoire carthaginois avant la PremiĂšre Guerre punique vers 264 av. J.-C.

Les BerbĂšres, formĂ©s de plusieurs confĂ©dĂ©rations dont les GĂ©tules, les Garamantes, les Lybiens, etc., dispersĂ©s dans le vaste territoire de l'actuelle AlgĂ©rie depuis les temps anciens, vont connaitre des relations culturelles avec les PhĂ©niciens ( ce qui donnera la civilisation carthaginoise), l' Afrique noire, l'Égypte ancienne, la GrĂšce antique, etc. Le monument Madracen date de 300 av.J-C22. Il appartiendrait donc Ă  la grande archĂ©ologie mĂ©diterranĂ©enne de l'Ă©poque hellĂ©nistique, manifestant un goĂ»t archaĂŻsant, mais aussi une trĂšs bonne connaissance du vocabulaire architectural le plus rĂ©cent comme en tĂ©moigne la prĂ©sence d'une gorge Ă©gyptienne23.

Timgad, vue d'ensemble, construite en 100 ap. J.-C par les Romains

Sous les Phéniciens, plusieurs ports sont construits dont Icosium (Alger), Cherchell, TénÚs, etc.

Durant l'Ăšre prĂ©romaine, plusieurs États indĂ©pendants se succĂ©dĂšrent (Massaesyles, Massyles, Maures, etc.). La rivalitĂ© entre Rome et la ville phĂ©nicienne de Carthage se traduit par trois guerres puniques. C'est alors que Massinissa forme le premier État dont le nom est la Numidie. La MaurĂ©tanie dĂ©signe le territoire des Maures (BerbĂšres nomades) dans l'AntiquitĂ©. Elle s'Ă©tendait sur le nord-ouest et central de l'actuelle AlgĂ©rie. Sous Rome, le territoire fut divisĂ© en provinces :

Ensuite, les Romains pĂ©nĂštrent dans l'actuelle AlgĂ©rie. LambĂšse fut la premiĂšre capitale romaine, avant Timgad construite au temps de Trajan. L'agriculture se dĂ©veloppe grĂące Ă  la plantation de plusieurs milliers d'oliviers pour faire de l'huile d'olive en AlgĂ©rie. La civilisation berbĂšre est Ă  son apogĂ©e, plusieurs grandes villes sont construites au Nord au Sud dans le dĂ©sert. La nationalitĂ© romaine est offerte aux BerbĂšres, ce qui facilite leur intĂ©gration dans le monde romain24. Des mariages mixtes entre Romains et BerbĂšres naturalisĂ©s sont cĂ©lĂ©brĂ©s dans les grandes villes. La pratique des cultes berbĂšres est reprĂ©sentĂ©e dans les fresques romaines. De mĂȘme, les jeux romains sont source de distraction et de joie pour la plupart des BerbĂšres et les bains publics sont un luxe pour tout le monde. À Timgad, il y avait vingt-sept bains24. Il n'y avait pas de remparts autour des villes. Les arts sont dĂ©veloppĂ©s par les artisans berbĂšres (la cĂ©ramique, la poterie, etc). Plusieurs amphithéùtres sont construits. Le théùtre de Timgad pouvait contenir 4000 personnes de l' AurĂšs24. La population globale de l'AurĂšs Ă©tait estimĂ©e entre huit Ă  dix-mille habitants, pendant les premiĂšres annĂ©es de l'Empire romain en Afrique du Nord24.

Par la suite les Vandales et les Byzantins pénÚtrent en Algérie.

La Numidie

Article dĂ©taillĂ© : Numidie.

Références aussi en liens externes

Les État indĂ©pendants
Carte représentant la Numidie Occidentale (en vert) et la Numidie Orientale (en jaune) gouvernées respectivement par Syphax et Gaïa en -220 avant notre Úre
Maurétanie Tingitane (à l'ouest), Maurétanie Césarienne (au centre-ouest), Numidie (au centre-est), Gétulie au Sud et Africa (à l'est) au premier siÚcle de notre Úre

L’histoire de la Numidie commence avec l’émergence des tribus massyles, massaessyles, Maures25 (GĂ©tules, Garamante, Libyens et Musulames). La premiĂšre est Ă  l’origine de la Numidie Orientale et la seconde de l’Occidentale. Ces deux tribus s'affrontĂšrent durant la seconde guerre punique, oĂč Massinissa, chef des Massyles, contribua de façon dĂ©cisive Ă  la victoire de l'Empire romain sur Carthage.

RĂšgne de Massinissa
Le roi berbĂšre Massinissa, fondateur du royaume de Numidie (vers 201 av. J.-C.)
Syphax reçoit Scipion l'Africain. Fresque d'Alessandro Allori

Massinissa parvint à unifier la Numidie, qui s'étendit alors du fleuve Moulouya à l'Ouest jusqu'à la Cyrénaïque à l'Est26. AprÚs avoir capturé et vaincu Syphax, Massinissa réussit à préserver l'indépendance de son royaume en jouant habilement de la rivalité régionale qui prévalait à l'époque, tout en lui garantissant une prospérité économique certaine, grùce au remarquable développement de l'agriculture et de l'élevage.

Ensuite, Hannibal s'allia Ă  Vermina, le fils et successeur de Syphax pour envahir le royaume des Massyles. Massinissa et Scipion les rejoignirent Ă  Zama, oĂč ils les vainquirent dans une grande bataille (202 av. J.-C.).

Sur le plan de l'organisation politique, Massinissa plaça Ă  la tĂȘte de chaque province un gouverneur et Ă  la tĂȘte de chaque tribu un « Amokrane Â» (le chef). Son conseil, formĂ© de dix personnes, le seconda efficacement dans sa politique et son administration gĂ©nĂ©rale. Au nombre de ces dix conseillers il avait trois de ses fils : Micipsa qui le supplĂ©ait en plusieurs affaires, Gulussa, chargĂ© de la conduite des armĂ©es et Mastanabal chargĂ© du trĂ©sor royal. Il mit en circulation une monnaie frappĂ©e Ă  son effigie, « avec des traits rĂ©guliers, un Ɠil largement ouvert sous un sourcil assez Ă©pais, des cheveux abondants et bouclĂ©s, une barbe allongĂ©e et bien taillĂ©e Â». Massinissa rĂ©gna jusqu'Ă  sa mort en 148 av. J.-C..

AprĂšs Massinissa
L'effigie de Jugurtha

AprĂšs la mort de Massinissa, une crise de succession, vue d'un bon Ɠil par Rome, provoqua des troubles en Numidie. Micipsa, fils de Massinissa, succĂšda finalement Ă  son pĂšre sur le trĂŽne 148 av. J.-C.. Pour l'Ă©loigner du pouvoir, Micipsa fit envoyer le trĂšs populaire Jugurtha, petit-fils de Massinissa27, comme reprĂ©sentant en IbĂ©rie, oĂč il se distingua aux cĂŽtĂ©s des romains au siĂšge de Numance. AprĂšs le rĂšgne de Micipsa, ses deux fils Adherbal et Hiempsal anĂ©antirent le travail d'unification de leur grand-pĂšre en divisant Ă  nouveau la Numidie en Numidie orientale et occidentale. La crise politique larvĂ©e entre Rome et la Numidie finit par Ă©clater lorsque Jugurtha revint en Numidie et se saisit du pouvoir en 117 av. J.-C. en tuant Hiempsal et en expulsant Adherbal, qui s'enfuit Ă  Rome. La Numidie Ă©tait Ă  nouveau unifiĂ©e.

Article dĂ©taillĂ© : Jugurtha.

Rome, qui ne voit pas d'un bon Ɠil la reconstitution d'un Ă©tat puissant, lui offre la reconnaissance diplomatique sur la Numidie occidentale, Ă  condition de remettre Adherbal sur le trĂŽne de Numidie orientale. Jugurtha accepte cet arrangement, mais envahit Ă  nouveau la Numidie orientale en 112 av. J.-C., faisant exĂ©cuter plusieurs commerçants romains qui y opĂ©raient. AprĂšs l'exĂ©cution d'Adherbal, Rome engage finalement les hostilitĂ©s en envoyant le consul Quintus Caecilius Metellus Numidicus en Numidie Ă  la tĂȘte de plusieurs lĂ©gions. Jugurtha parvint Ă  rĂ©sister plusieurs annĂ©es, en combinant des manƓuvres et politiques avec son beau-pĂšre, le roi BocchusIer de MaurĂ©tanie, jusqu'au remplacement de Metellus par son adjoint, Caius Marius, Ă©lu consul Ă  sa place. Le questeur de celui-ci, Lucius Cornelius Sulla, rĂ©ussit Ă  convaincre Bocchus Ier de trahir Jugurtha28 : il aide les Romains Ă  le capturer dans un guet-apens. EnvoyĂ© Ă  Rome, Jugurtha est enfermĂ© dans le Tullianum, oĂč il est exĂ©cutĂ© tout de suite aprĂšs la cĂ©rĂ©monie du triomphe en 104 av. J.-C.. DĂšs lors, la Numidie est partagĂ©e : sa partie occidentale est attribuĂ©e Ă  Bocchus, roi de MaurĂ©tanie, le reste Ă©tant laissĂ© sous l'autoritĂ© d'un roi vassal de Rome.

Juba et Rome
Buste du roi érudit Juba II exposé au musée de Cherchell.

La situation dure jusqu'Ă  la guerre civile entre Jules CĂ©sar et PompĂ©e. Juba Ier, partisan de PompĂ©e29, perd son royaume en -46 aprĂšs la dĂ©faite de Thapsus contre CĂ©sar. CĂ©sar accorde Ă  Sittius un territoire vaste autour de Cirta (Constantine). La Numidie devient alors la province d’Africa nova, jusqu'Ă  ce qu'Auguste rĂ©unisse les deux provinces en un seul ensemble, l'Afrique proconsulaire. Cette derniĂšre est dirigĂ©e par un proconsul, qui conduisit un moment l'armĂ©e d'Afrique. Auguste rend son royaume Ă  Juba II, fils du prĂ©cĂ©dent, aprĂšs la bataille d'Actium (-31). En -25, Juba II reçoit le trĂŽne de MaurĂ©tanie, et la Numidie est partagĂ©e entre la MaurĂ©tanie et la province d'Afrique. La partie intĂ©grĂ©e Ă  la province d'Afrique en constitue une rĂ©gion et, en thĂ©orie, n'a pas d'autonomie administrative, puisqu'elle dĂ©pend du proconsul assistĂ© de lĂ©gats.

Les révoltes contre Rome
Articles dĂ©taillĂ©s : BerbĂšres et Romains.

Les populations se rebellent de nombreuses fois, surtout les ZĂ©nĂštes, vers le dĂ©but du premier siĂšcle. Les Maghraoua auraient Ă©tĂ© trĂšs nombreux dans les environs d'Icosium (Alger)et PtolĂ©mĂ©e de MaurĂ©tanie devait les contenir. Il fait transfĂ©rer une partie des Maghraoua vers le chlef 30, ce qui provoque une succession d'actions militaires de Rome, soldĂ©es parfois par de graves dĂ©faites romaines. Sept ans durant, Tacfarinas rĂ©siste aux Romains, malgrĂ© TibĂšre qui transfĂšre une seconde lĂ©gion pour appuyer la troisiĂšme lĂ©gion Auguste (seule ensuite). DĂšs 39 apr. J.-C., Caligula confie la conduite de la rĂ©gion de Numidie Ă  un reprĂ©sentant personnel — « lĂ©gat de l'empereur Â» — chargĂ© de commander la troisiĂšme lĂ©gion Auguste. C'est ainsi qu'il met fin Ă  une exception politique : celle d'une armĂ©e importante placĂ©e sous les ordres d'un proconsul et non d'un lĂ©gat. Le SĂ©nat perd la derniĂšre lĂ©gion qui Ă©tait sous ses ordres.

Bien que toujours officiellement intĂ©grĂ©e Ă  la province d'Afrique proconsulaire, la Numidie en constitue une rĂ©gion Ă  part, placĂ©e sous l'autoritĂ© de son lĂ©gat qui dirige la troisiĂšme lĂ©gion Auguste et ne rend de compte qu'Ă  l'empereur. C'est une province de fait, mais non de droit, statut relativement unique dans l'empire. AprĂšs 193, sous Septime SĂ©vĂšre, la Numidie est officiellement dĂ©tachĂ©e de la province d'Afrique et constitue une province Ă  part entiĂšre, gouvernĂ©e par un lĂ©gat impĂ©rial. Sous DioclĂ©tien, elle constitue une simple province dans la rĂ©organisation tĂ©trarchique, puis est briĂšvement divisĂ©e en deux : Numidie militaire et Numidie cirtĂ©enne.

De 256 Ă  640, christianisme, invasion vandale

Articles dĂ©taillĂ©s : Saint Augustin, Vandale et BaghaĂŻ.
Le philosophe et théologien Saint Augustin
Invasion Vandales

Le christianisme fait son entrĂ©e en l'an 256, et durant le siĂšcle suivant, dans une atmosphĂšre de dĂ©clin grandissant, les populations des villes cĂŽtiĂšres algĂ©riennes, ainsi qu'une minoritĂ© de la population dans les campagnes se convertissent Ă  la nouvelle religion. En 313, avec les crises politiques et Ă©conomiques romaines qui s'Ă©ternisent, la nouvelle religion devient l'alibi religieux d'une nouvelle rĂ©volte qui sera encore une fois Amazigh. En effet, le culte donatiste se dĂ©veloppa en AlgĂ©rie Ă  BaghaĂŻ31 dans les AurĂšs et en Tunisie comme un dĂ©fi politique Ă  Rome. Les Donatistes, refusant d'accepter l'autoritĂ© religieuse de l'Empereur, et exigeant la sĂ©paration de l'État et de la religion, finiront par dĂ©clarer que l'empereur est le diable en personne, Ă  l'opposĂ© de JĂ©sus. Ils rejetĂšrent aussi le rite catholique. L'Empereur envoie ses troupes pour les rĂ©duire, dans ce qui est communĂ©ment appelĂ© la premiĂšre persĂ©cution des ChrĂ©tiens par d’autres ChrĂ©tiens. La rĂ©pression ne fit qu'accroĂźtre le soutien populaire des Donatistes. Et en 321, les lĂ©gions romaines venues rĂ©primer les Donatistes se retirĂšrent.

Toutefois, vers l'an 340, l'idĂ©ologie donatiste donne naissance Ă  une secte populaire, celle des Circoncellions, littĂ©ralement ceux qui encerclent les fermes. Comme le culte donatiste cĂ©lĂ©brait les vertus du martyre, les Circoncellions devinrent des extrĂ©mistes qui considĂ©raient le martyre comme Ă©tant la vĂ©ritable vertu chrĂ©tienne et laissĂšrent de cĂŽtĂ© toutes les autres valeurs de leur religion telles que l'humilitĂ©, la charitĂ©, etc. Ils se munirent de matraques de bois, refusant de porter des armes en fer, car dans les Évangiles JĂ©sus avait dit Ă  Pierre de poser son Ă©pĂ©e. Ainsi, munis de leurs matraques, ils se mirent Ă  attaquer les voyageurs sur les routes du pays, puis les fermes des propriĂ©taires terriens. Le but des Circoncellions Ă©tait de mourir au combat en martyrs. Ces extrĂ©mistes tuĂšrent, violĂšrent, volĂšrent plusieurs propriĂ©taires terriens, ainsi que les voyageurs, et lorsqu'ils n'arrivaient pas Ă  se faire tuer, ils finissaient par se suicider en sautant du haut des falaises. La secte des Circoncellions, violemment rĂ©primĂ©e, finit par disparaĂźtre vers le IVe siĂšcle. Ce dĂ©rapage du culte donatiste eut pour consĂ©quence de noircir encore plus leur rĂ©putation Ă  Rome.

Alors qu'en l'an 395 l'Empire romain fait face Ă  de sĂ©rieux problĂšmes internes, qui rĂ©duisent le contrĂŽle qu’exerçait Rome sur l'Afrique du Nord, les Donatistes saisissent cette conjoncture favorable pour tenter Ă  nouveau de dominer la scĂšne politique et religieuse. Finalement, excĂ©dĂ©, l'empereur les dĂ©clare hĂ©rĂ©tiques en 409 et leur enjoint de restituer toutes les Ă©glises en leur possession en Afrique du Nord. Il envoie plusieurs lĂ©gions qui sont d'une fĂ©rocitĂ© terrible envers les responsables religieux du culte, et parfois mĂȘme envers la population locale. Saint Augustin, qui Ă©tait alors l'Ă©vĂȘque catholique d'Annaba, essaya de calmer la colĂšre de l'administration romaine, en plaidant pour un traitement plus humain des Donatistes. MalgrĂ© les appels pressants de plusieurs parties, les Donatistes disparurent presque complĂštement de la scĂšne religieuse, une minuscule communautĂ© survivant seule dans la clandestinitĂ© jusqu'au VIe siĂšcle. Quelques annĂ©es plus tard, en 430, c'est tout l'Empire romain qui se retire de l'AlgĂ©rie sous la pression des Vandales qui envahissent le pays. Le 28 aoĂ»t 430, Saint Augustin, l'un des derniers symboles de l'intĂ©gration de la population au sein de l'Empire romain, trouve la mort durant le siĂšge d'Annaba par les Vandales.

Les Byzantins

Articles dĂ©taillĂ©s : Byzantins et BerbĂšres.
L'apogĂ©e de l'Empire byzantin avec les conquĂȘtes de Justinien.

En 544, les Byzantins exerceront un pouvoir jusque dans la province de Constantine. Cependant, l'Ă©mergence d'insurrection berbĂšre contre les Byzantins provoque l'organisation de plusieurs États puissants dont les Dejrawa, les Banou Ifren, les Maghraouas, les Awarbas, et les ZĂ©nĂštes32.

À la veille de la conquĂȘte musulmane du Maghreb, quelques tribus berbĂšres pratiquaient le judaĂŻsme 33, ainsi que le christianisme. Le reste de la population demeure PaĂŻen comme le cas des Banou Ifren34.

Moyen Âge

Islamisation de l’AlgĂ©rie

Article dĂ©taillĂ© : ConquĂȘte musulmane du Maghreb.
EntrĂ©e de la ville de Sidi Okba Ă  Biskra (1962) oĂč Oqba Ibn Nafaa est enterrĂ©
La ville de Tlemcen fut fondĂ©e par les Banou Ifren au VIIIe siĂšcle35

La chute de Rome, puis des Vandales, et l’instabilitĂ© durant la pĂ©riode byzantine entraine la reconstitution de plusieurs principautĂ©s berbĂšres. Certaines, notamment dans les AurĂšs, vont rĂ©sister Ă  l’arrivĂ©e des musulmans entre 665 et 708.

De 644 Ă  656, la premiĂšre tribu berbĂšre algĂ©rienne Ă  se convertir Ă  l'islam fut les Maghraoua. Leur chef, Ouezmar Ibn Saclab, fut sollicitĂ© par le calife Uthman ben Affan Ă  embrasser la religion musulmane36,37. Les Maghraouas se convertissent en masse Ă  la nouvelle religion lors du retour de leur chef. En 665, les Omeyades lancent leur premiĂšre attaque sur le Maghreb. C’est en 683 que Oqba Ibn Nafaa entreprend la conquĂȘte. Si la rĂ©sistance des Byzantins les arrĂȘte peu, il en va diffĂ©remment de celle des BerbĂšres. Par contre, les Maghraoua s'allient au tour des Omeyades dĂšs le dĂ©but.

L'unitĂ© politique et administrative de la BerbĂ©rie orientale et centrale les AurĂšs Ă©tait en grande partie rĂ©alisĂ©e par Kusayla et alliĂ© des Omeyades. Le conflit entre Kusayla et Oqba Ibn Nafaa amĂšne une autre guerre. Et au dĂ©cĂšs de Kusayla en 688, Dihya, dites la Kahina, prend la tĂȘte de la rĂ©sistance. Elle venge Kusayla en donnant l'ordre de tuer Oqba Ibn Nafaa38. Dihya est issue de la tribu des Dejrawa, une tribu zĂ©nĂšte implantĂ©e dans les AurĂšs, elle a Ă©tĂ© Ă©lue ou nommĂ©e Ă  cette charge par le conseil de la confĂ©dĂ©ration des tribus.

De 688 Ă  708, Dihya procĂ©da ainsi Ă  la rĂ©unification de nombreuses tribus de l'Afrique du Nord orientale et du Sud. Dihya dĂ©fait par deux fois la grande armĂ©e des Omeyades grĂące Ă  l'apport des cavaliers Banou Ifren. Elle rĂšgnera sur tout l'Ifriqiya pendant cinq annĂ©es. Dihia sera vaincue dans la derniĂšre bataille contre les Omeyyades. Elle sera la seule femme de l'histoire Ă  combattre l'empire omeyyade. Les Omeyyades demandent, en contrepartie, aux diffĂ©rentes tribus alliĂ©es Ă  Dihia de fournir 12 000 hommes de combat. Les fils de la Kahina rĂ©unissent ces 12 mille hommes 39 . AprĂšs avoir rĂ©islamisĂ© ou islamisĂ© les diverses tribus berbĂšres situĂ©es Ă  l'Ouest (ou Ă  l'occident) de sa province (l'Ifriqiya), Musa ben Nusayr nomma son affranchi Tariq ibn Ziyad gouverneur de Tanger et le plaça Ă  la tĂȘte de l'armĂ©e berbĂšre. Tariq Ă©tait selon un auteur inconnu citĂ© par Ibn Idhari dans son ouvrage " Al Bayan Al Moghrib" ,un berbĂšre de la branche des Ulhasa de la tribu des Nefzaouas (information reprise par Ibn Khaldoun) 40.

Ibn Khaldoun Ă©crit que le commandant Musa ben Nusayr augmenta son contingent militaire en exigeant 12 000 BerbĂšres de l'Ifriqiya (dont les AurĂšs faisait partie intĂ©grante) pour rĂ©islamiser les autres populations situĂ©es Ă  l'Ouest de sa province (Ifriqiya); Il faut prĂ©ciser qu'en arabe l'Ouest ou Occident ou Pays du soleil couchant se disent Maghreb comme cela est indiquĂ© dans la traduction des Ă©crits de Ibn Khaldoun par le Baron de Slane. Il est Ă©galement nĂ©cessaire de rappeler d'une part que l'islamisation du Maghreb avait dĂ©jĂ  dĂ©butĂ© sous son prĂ©dĂ©cesseur Oqba et que, d'autre part, il y a des milliers de kilomĂštres entre les AurĂšs du Moyen Âge ou Kairouan (capitale de la province d'Ifriqiya de Musa ben Nusayr) et Tanger, ce qui implique pour cette Ă©poque des mois de marche (Ă  pied ou Ă  cheval) et de nombreuses autres tribus berbĂšres Ă  convertir ou Ă  reconvertir comme le mentionne Ibn Khaldoun 41. Ibn Khaldoun n'Ă©crit Ă  aucun moment que les 12 000 hommes exigĂ©s ont servis Ă  la conquĂȘte de l'Andalousie, de l'Espagne ou de l'occident chrĂ©tien. Ibn Khaldoun Ă©crit qu'aprĂšs la conquĂȘte du Maghreb par les troupes de Musa ben Nusayr, Tariq (Ă©crit Tarec dans l'ouvrage), gouverneur de Tanger, y stationna avec 12 000 berbĂšres fraĂźchement convertis accompagnĂ©s de 27 Arabes chargĂ©s de leur formation coranique, sans aucune autre prĂ©cision, en particulier sur l'origine des ethnies prĂ©sentes42.

En 708, les Omeyyades restent les maĂźtres de l’AlgĂ©rie. La pĂ©riode prĂ©islamique se termine. L'AlgĂ©rie s’islamise, tandis que les langues latine et punique disparaissent. AprĂšs la conquĂȘte musulmane, les citadins adoptĂšrent progressivement la langue arabe. BerbĂšre, phĂ©nicien, latin, arabe, espagnol, turc, français : le brassage des langues, le « mĂ©tissage linguistique Â», est intense, donnant lieu Ă  un arabe algĂ©rien trĂšs hĂ©tĂ©rogĂšne, variant sensiblement d'une rĂ©gion Ă  une autre, et qui s’est perpĂ©tuĂ© jusqu’à nos jours.
En 711, la premiĂšre partie de la conquĂȘte musulmane de l’Espagne fut menĂ©e par un contingent arabo-berbĂšre sous le commandement de Tariq ibn Ziyad, d'oĂč le nom de la colline de Gibraltar (arabe : ŰŹŰšÙ„ Ű·Ű§Ű±Ù‚, « Djebel Tariq Â»).

Dynasties islamiques

Article dĂ©taillĂ© : Histoire de l'AlgĂ©rie.

Vers le VIIIe siĂšcle, les Omeyyades Ă©tendront leur empire jusqu'au Maghreb. Il s'en suit une importante rĂ©volte des sufrites berbĂšres sous le commandement d'Abou Qurra43. Cette rĂ©volte durera presque un siĂšcle, plusieurs dynasties Kharidjites( Nakarites, Ibadites, rostĂ©mides, etc.) berbĂšres se rassemblent pour se rebeller contre le pouvoir Arabe.

‎Minaret de la KalĂąa des BĂ©ni Hammad prĂšs de M'Sila

Ibn Rustom fonde en 76144 un royaume ibadite dans le nord du Maghreb avec Tahert pour capitale45. Celui-ci, comme l'Ă©mirat de Cordoue depuis sa crĂ©ation en 75646, conserve son indĂ©pendance du califat des Abbassides, malgrĂ© les pressions diplomatiques et militaires ainsi que les pertes de territoires44. Par la suite, les Idrissides prennent le pouvoir sur une partie de l'AlgĂ©rie de l'ouest. Au IXe siĂšcle, les Aghlabides alliĂ©s des Abbassides, prendront le pouvoir sur une partie de l'AlgĂ©rie. Au Xe siĂšcle, le dai ismaĂ©lien Ubayd Allah al-Mahdi fonda la dynastie Fatimide, en Basse Kabylie oĂč il trouva un Ă©cho favorable Ă  ses prĂȘches millĂ©naristes. Les Fatimides Ă©tablirent leur autoritĂ© en Afrique du Nord entre 909 et 1171 et fondĂšrent un califat dissident des Abbassides de Bagdad. Leur rĂšgne est marquĂ© par de nombreuses rĂ©voltes Kharijites, notamment celle d’Abu Yezid de la tribu Banou Ifren, en 944, Ă  la tĂȘte de tribus berbĂšres ZĂ©nĂštes, qui infligĂšrent la plus sĂ©vĂšre dĂ©faite Ă  l’armĂ©e Fatimide, affaiblie et rendue vulnĂ©rable, en prenant Kairouan. Les Fatimides transfĂšreront alors leur capitale de Kairouan Ă  Mahdia puis vers l' Égypte. Les Zirides s'allient avec les Fatimides et lancent une attaque contre les ZĂ©nĂštes. Mais, les Omeyades les repoussent, ainsi les ZĂ©nĂštes regagnent leurs territoires. Les Hammadides fondent une dynastie aprĂšs une divergence entre les souverains Zirides. Ainsi, la rĂ©volte kharidjite fut vaincue par Ziri ibn Manad, Ă  la tĂȘte de tribus Sanhadjas, qui en sauvant l’empire reçut le poste de gouverneur du Maghreb central. Ainsi en 972, lorsque les Fatimides, aprĂšs l’annexion Ă©gyptienne, eurent moins d’intĂ©rĂȘt pour le Maghreb, c’est son fils, Bologhine ibn Ziri, qui hĂ©rita du contrĂŽle de l’Ifriqiya. Les Zirides y rĂšgneront pendant environ deux siĂšcles
. Hammad Ibn Bologhine, le fils de Bologhine, gouvernera indĂ©pendamment des Zirides. Son État comprend la ville d'Achir, le nord-est de l’actuelle AlgĂ©rie. À partir de 1014, les Hammadides reconnaissent comme califes lĂ©gitimes les Abbassides sunnites de Bagdad, ils fondent ainsi la dynastie des Hammadides. Les Zirides reconnaĂźtront, Ă  leur tour, en 1046, les califes Abbassides, montrant ouvertement aux Fatimides leur abandon du chiisme. Alors que les Ifrenides et les Maghraouides gouverneront dans l'Ouest algĂ©rien et sur une partie du sud d'AlgĂ©rie et au Maroc actuel. Ces derniers rejettent l'autoritĂ© des Fatimides et des Omeyyades Ă  la fois 47 , 48.

C’est Ă  partir de 1048, dans certaines rĂ©gions du Sud, que des tribus arabes, principalement les BanĂ» HilĂąl et les Banu Sulaym, immigrent en Afrique du Nord. Ces « terribles bĂ©douins Â» hilaliens furent envoyĂ©s par le pouvoir fatimide afin de rĂ©primer les Zirides et les Hammadides. Par vagues successives, Les Hilaliens menaient des incursions et des batailles dans les grandes villes, pillant puis dĂ©truisant tout sur leur passage. À la fin, ils s'imposeront. Pour l’AlgĂ©rie, leur nombre ne dĂ©passant pas quelques dizaines de milliers de personnes, l’immigration arabe en Afrique du Nord fut peu importante, sauf dans deux rĂ©gions extĂ©rieures Ă  l’AlgĂ©rie, celles de Kairouan et de Tanger. Si bien qu’au total, le peuplement de l’AlgĂ©rie n’a reçu qu’une contribution dĂ©mographique arabe limitĂ©e, et qu’une grande partie des populations arabophones est berbĂšre. L’AlgĂ©rie est alors, sur une petite partie Ă  l’ouest, sous le contrĂŽle des Almoravides, aprĂšs avoir Ă©vincĂ© les Banou Ifren et les Maghraouas. Les Hammadides sont au centre et seront Ă©vincĂ©s partiellement au sud par les Hilaliens. Les Zirides restent en Ifriqiya et sont cernĂ©s par les Hilaliens au sud.

En 1152, toutes les forces locales sont dĂ©finitivement vaincues par une nouvelle dynastie berbĂšre, les Almohades, dirigĂ©s par Abdelmoumen Ibn Ali et dont le chef spirituel est Muhammad ibn Tumart. Les Almohades formeront un des plus puissants empires mĂ©diterranĂ©ens, unifiants le Maghreb et le pays d’Al-Andalus jusqu’en 1269. Avec les grandes villes du littoral (BĂ©jaĂŻa, Annaba, Alger, etc.), le Maghreb central s'ouvre Ă  l'Occident chrĂ©tien en entretenant un commerce actif, apportant notamment les fameux chevaux barbes, de la cire49 ou encore du cuir de qualitĂ©.

Mosquée Zianide à Tlemcen

La chute des Almohades marque un tournant dans les relations avec les puissances chrĂ©tiennes du nord, qui s'organisent pour la Reconquista alors que le mythe de l'invincibilitĂ© musulmane prend fin. Au Maghreb, des dynasties ZĂ©nĂštes s'imposent, comme les MĂ©rinides de FĂšs dans le Maghreb occidental, les Abdelwadides de Tlemcen du Maghreb central. Les Hafsides s'imposent en Tunisie et Ă  l'est de l'AlgĂ©rie. Ces dynasties, qui rayonnent sur l'Afrique du Nord d'abord entre le XIIIe siĂšcle et le XIVe siĂšcle, subissent de plus en plus, vers la fin du XVe siĂšcle, la pression de l'essor des puissances espagnole et portugaise, ce qui, conjuguĂ© aux luttes intestines pour l'accĂšs au trĂŽne, conduit alors Ă  des reculs successifs de leur pouvoir et Ă  l'Ă©miettement de leur empire.

Les Mérinides prennent la Tunisie et font tomber les Hafsides. En effet, Abou el Hassen souverain Mérinides de Constantine et de Béjaïa s'empare de la Tunisie. Ibrahim abou Fadhel sera le souverain de la Tunisie, mais l'histoire ne révÚlera pas tous les noms des souverains mérinides en Tunisie50.

Plusieurs juifs de l'Andalousie sont envoyés vers l'Algérie en 1492. Dans cet état de fait, la dynastie Zianides résiste fortement jusqu'à l'attaque décisive des ottomans. Ces derniers prennent la ville de Tlemcen en 155451. Ainsi s'achÚvent les dynasties autochtones en Algérie.

L'arrivée des Andalous et des Morisques

Boabdil remettant les clés de Grenade à Ferdinand et Isabelle (tableau de Francisco Pradilla y Ortiz)

Les musulmans ont rĂ©gnĂ© prĂšs de huit siĂšcles (de 711 Ă  1492) en Andalousie, une tĂȘte de pont musulmane s'est maintenue durant une pĂ©riode en Provence dans le massif des Maures et Ă  Ramatuelle, dans le Sud de la France, jusqu'Ă  la fin du Xe siĂšcle59. La Sicile fut Ă©galement sous domination musulmane pendant prĂšs de 250 ans, et l’islam y devint la religion majoritaire principalement Ă  cause de l’immigration musulmane jusqu’à ce que les armĂ©es chrĂ©tiennes et normandes ne rĂ©cupĂšrent l’üle, fondant le royaume de Sicile60.

Plusieurs dynasties Nord Africaines sont intervenues dans l'histoire d'Al-Andalus: Ifrenides, Zirides, Hammadides, Almoravides, Almohades, Zianides et Mérinides.

Les Rois Catholiques vont achever la Reconquista en 1492, suite Ă  cela, une partie des Juifs sera refoulĂ©s vers l'Afrique du Nord. À partir de cette date, les Espagnols vont diffuser des Ă©lĂ©ments de la culture maure qu'ils ont intĂ©grĂ©s en AmĂ©rique comme les techniques d'irrigation, le sucre et le cafĂ©61

Débarquement des Morisques au port d'Oran (1613, Vicente Mestre), Fundación Bancaja de Valencia

L'arrivée des Andalous et des Mudéjars coïncidera avec la progression de la Reconquista jusqu'à son achÚvement. AprÚs 1502, tous les musulmans qui arriveront en Algérie seront appelés Morisques, ces derniers seront définitivement expulsés de la péninsule Ibérique à partir de 1609 sous Philippe III, suite au décret d'expulsion des Morisques62. Une partie d'entre eux s'installera ailleurs en Europe, plusieurs se convertirent aux christianisme, le reste se réfugiera en Afrique du Nord62.

Ainsi, des milliers de familles d'Espagne et de Sicile partent en Afrique du Nord, dont la majeure partie s'installe en AlgĂ©rie. Ils viennent en masse dans les villes de nord du pays, dont : Oran, Tlemcen, Nedroma, Blida, Alger, etc63. Ces grandes familles, qui ont fait tout ce qu'elles pouvaient pour rester dans leur pays d'origine, sont forcĂ©es Ă  vivre dans une terre qui leur est tout Ă  fait inconnue. Leur apport sera trĂšs important dans la sociĂ©tĂ©, la culture sera en premier plan, ainsi que la construction des villes et l'Ă©conomie. Ces familles vont changer pour beaucoup le dĂ©cor de la scĂšne sociale de l'Ă©poque64.

Époque moderne

Les présides espagnols au XVIe siÚcle

Articles dĂ©taillĂ©s : Histoire de l'Espagne et prĂ©side.

Au mois de juillet 1501, les Portugais lancent une expĂ©dition pour tenter d'accoster sur la plage des Andalouses. Il faudra attendre le dĂ©barquement de Mers-el-KĂ©bir, en 1505, pour voir l'Espagne s'engager dans la premiĂšre expĂ©dition organisĂ©e contre Oran. La citĂ© comptait alors environ 25 000 habitants. La prise de la ville par l'armĂ©e du cardinal Francisco JimĂ©nez de Cisneros, commandĂ©e par Pedro Navarro, eut lieu le 17 mai 1509. AprĂšs l’occupation du port de Mers-el-KĂ©bir (1505), et celui de la ville d’Oran (1509), la ville fut dĂ©sertĂ©e, puis totalement occupĂ©e par les troupes Espagnoles. DĂšs 1509, le Cardinal Ximenes entreprit la construiction sur les ruines de la mosquĂ©e Ibn El Beitar de l'Ă©glise Saint Louis, qui domine la vieille ville des deux cĂŽtĂ©s. En 1554, le gouverneur comte d'Alcaudete fit alliance avec le sultan marocain Mohammed ech-Cheikh contre les Ottomans alors installĂ©s Ă  Alger, et parvint Ă  maintenir encore la prĂ©sence espagnole. Les Espagnols procĂ©dĂšrent Ă  des travaux de restauration de la forteresse destinĂ©e Ă  loger les gouverneurs de la ville. « Les fortifications de la place se composaient d'une enceinte continue, surmontĂ©e de fortes tours espacĂ©es entre elles, du chĂąteau proprement dit, ou casbah Â». Le gouverneur espagnol « Ă©tablira son quartier gĂ©nĂ©ral dans ce donjon Â»65. Longues de plus de deux kilomĂštres et demi, ces fortifications comprenaient de nombreux forts, bastions et tours-vigies. Au XVIe siĂšcle, les Espagnols font ainsi d’Oran une place forte et construisent une prison sur un Ă©peron rocheux prĂšs de la rade de Mers El Kebir. Ce lieu Ă©tait peuplĂ© par de nombreux singes (los monos en espagnol) qui donnĂšrent son nom Ă  la forteresse. Les dĂ©portĂ©s espagnols enfermĂ©s Ă  La Mona pouvaient apercevoir leur famille une fois par an, le dimanche de PĂąques. La mona Ă©tait le nom du gĂąteau qu’emportaient avec eux les pĂšlerins Ă  la Vierge et les visiteurs au Murdjajo. En 1563, Don Álvarez de BazĂĄn y Silva, marquis de Santa-Cruz, fit construire au sommet du pic de l'AĂŻdour le fort de Santa-Cruz. En 1568, Don Juan d’Autriche visita Mers-el-KĂ©bir puis Oran. Les juifs d’Oran n’eurent pas la vie facile avec les Espagnols, considĂ©rĂ©s comme des ennemis de la religion. Les juifs qui habitaient Ras El Ain et le Ravin Blanc furent expulsĂ©s hors d’Oran par les Espagnols Ă  partir de 1669 et durent habiter la montagne de La Corniche SupĂ©rieure (Misserghin). MalgrĂ© ces fortifications, la ville Ă©tait l'objet d'incessantes attaques jusqu'au pied mĂȘme des remparts. En 1701, Le Rozalcazar, ou Bordj Lahmar, ou encore ChĂąteau Neuf, Ă©tait considĂ©rĂ© comme la plus grande des fortifications de la ville d’Oran. C'est ainsi qu'en 1707, Moulay IsmaĂŻl, sultan du Maroc ayant tentĂ© d'en forcer la dĂ©fense, vit son armĂ©e dĂ©cimĂ©e. La ville, dĂšs lors, connaĂźt une croissance continue : il lui faut gagner de l'espace et de l'air au-delĂ  des remparts. La dĂ©molition des murailles est menĂ©e Ă  bien sur plusieurs annĂ©es. C`Ă©tait en cette pĂ©riode que les espagnols s'enferment Ă  l’intĂ©rieur du fort, par manque de ravitaillement, ils se nourrissaient pour la premiĂšre fois de la fameuse calentica (en Espagnols caliente veut dire chaud) ou Garantita.En 1770, Oran est une ville de 532 maisons particuliĂšres et 42 Ă©difices, une population de 2 317 bourgeois et 2 821 dĂ©portĂ©s libres se livrent au nĂ©goce. Sous le roi d’Espagne, Carlos III et les partisans de la conservation de la ville s’affrontent. Entre 1780 et 1783, le ministre Floridablanca proposa a l’Angleterre d’échanger Oran contre Gibraltar.

En 1510, Ferdinant le Catholique attaque la ville d'Alger. Les Espagnols l'assiĂ©gĂšrent et bĂątirent sur un Ăźlot de la baie d'Alger une forteresse, le Peñón d'Alger, destinĂ©e Ă  bombarder la ville et Ă  empĂȘcher son approvisionnement. Salem ben Toumi chef des Beni Mezghenna demande l'aide des Turques66.

Pedro Navarro prend BĂ©jaia en 151067 Ă  1555. Il y arrive le 5 janvier 1510 avec 5 000 hommes et attaque la ville. Abderrahmane oppose 10 000 soldats, qu'il lance immĂ©diatement contre les Espagnols en cours de dĂ©barquement. En mĂȘme temps, il les bombarde de la ville. L'assaut est nĂ©anmoins repoussĂ©, grĂące notamment Ă  l'artillerie de marine. La riposte espagnole commence immĂ©diatement, avec des bombardements maritimes et terrestres. L'essentiel de la bataille se dĂ©roule dans la ville. À la fin, Abderrahmane rĂ©ussit Ă  prendre la fuite et il y aura plusieurs morts. La renommĂ©e de Navarro et le rĂ©cit de ses exploits militaires incitent les rois d'Alger, de Tunis et de Tlemcen Ă  prĂȘter l'hommage au roi d'Espagne et Ă  libĂ©rer tous leurs prisonniers chrĂ©tiens.Cependant en 1514, grĂące a une attaque combinĂ©e des Kabyles menĂ©e par Sidi Ahmed ou el Kadhi Ă  la tĂȘte de 20 000 hommes et des Turcs par la mer la ville de Bejaia sera libĂ©rĂ©e de la prĂ©sence espagnole temporairement. Les Espagnols en seront ensuite dĂ©finitivement expulsĂ© en 1555 par les ottomans dirigĂ© par Salah RaĂŻs pacha.

Selon d'autres sources, Abdel Aziz fils du Saint Sidi Abderhamen (maßtre de la Kalaù des Béni AbbÚs et fondateur de la Zaouia et descendant des Idrissides) fait sa soummision aux Espagnols et il était opposé aux Zwawas (allié au royaume Koukou) par le passé68. Pedro Navarro fait construire le Fort Moussa à l'Est de Béjaia69.

Période ottomane (1515 à 1830)

Progression de l’Empire ottoman
Le corsaire Arudj Barberousse, aßné de Khayr ad-Din, qui chassa les Espagnols d'Alger en 1518.

AprÚs les tensions entre chrétiens et musulmans en Europe, les Portugais partent en expédition en Afrique du Nord occidentale, suivis des Espagnols qui occupent des ports méditerranéens (Mers el Kebir, Oran, Béjaïa, etc). L'Espagne décide d'assiéger le port d'Alger. Les Algérois font alors appel aux corsaires turcs. Les frÚres Barberousse, forts de plusieurs succÚs dans la navigation, parviennent en 1518, aprÚs plusieurs échecs, à chasser les Espagnols d'Alger (en partie avec l'appui des tribus kabyles) et a étendre progressivement leur état sur le reste du pays (Cherchell, TénÚs, Tlemcen, etc.).

En 1556, les Ottomans attaquent les Zianides et prennent Tlemcen 70. Le frĂšre aĂźnĂ© de Khayr ad-Din Barberousse tue les derniers rois Zianides en les noyant dans l'eau au XVIe siĂšcle71. Enuite, les Espagnols lancĂšrent depuis leur possession d’Oran une offensive victorieuse contre les troupes Barberousse Ă  Tlemcen dans laquelle Aroudj perdit la vie.

C’est dans ce contexte que Khayr ad-Din Barberousse, qui se trouvait Ă  Alger lorsqu’il apprit la mort de son frĂšre, sollicita le soutien du Sultan Soliman le Magnifique et plaça son nouvel État sous la protection de l'empire ottoman, recevant de la Sublime Porte le titre de beylerbey (gouverneur de province) ainsi qu'un contingent de 2 000 janissaires.

Cet état nouvellement fondé prendra le nom de: Régence d'Alger. La régence fut successivement gouvernée - pour le compte de l'Empire ottoman - par des beylerbeys de 1518 à 1587, des pachas de 1587 à 1659, des aghas de 1659 à 1671 et des deys de 1671 à 1830. En 1609, les musulmans d'Andalousie sont envoyés vers les cÎtes algériennes.

Au fil des siĂšcles la RĂ©gence d’Alger, comme sa voisine tunisienne, finit par prendre une large indĂ©pendance vis-Ă -vis du Sultan Ottoman. Si bien qu’en 1711, sur insistance du Dey Ali-Chaouch, le Sultan Ottoman renonce dĂ©finitivement Ă  y envoyer les Pachas que la Sublime Porte imposait jusqu’à cette date pour reprĂ©senter son autoritĂ© Ă  Alger72.

La rĂ©gion de l’AlgĂ©rois, appelĂ©e Dar el Sultan, Ă©tait placĂ©e sous autoritĂ© directe du chef de la RĂ©gence. Le reste du pays Ă©tait divisĂ© en 3 provinces nommĂ©es « beylics Â» administrĂ©es chacune de maniĂšre autonome par un bey nommĂ© par le Dey d'Alger. On distinguait:

  • Le Beylic de l’Ouest (capitales successives basĂ©es Ă  Mazouna, Mascara puis dĂ©placĂ©e Ă  Oran aprĂšs le dĂ©part des Espagnols).
  • Le Beylic du Titeri au centre (capitale basĂ©e Ă  MĂ©dĂ©a).
  • Le Beylic de l‘Est (capitale basĂ©e Ă  Constantine), le plus puissant des trois.

Chaque Beylic Ă©tait divisĂ© en « outan Â» (cantons) avec Ă  sa tĂȘte un kaĂŻd, relevant directement du bey.

Pour administrer l’intĂ©rieur du pays, les Turcs s’appuyaient sur les tribus Makhzen, tribus indigĂšnes au service de l’État et dotĂ©es de larges prĂ©rogatives militaires. Ces tribus Ă©taient chargĂ©es d’assurer l’ordre au nom de l’autoritĂ© beylicale et de lever l’impĂŽt sur les rĂ©gions tributaires du pays73.

C’est par ce systĂšme que durant 3 siĂšcles l’État ottoman d’Alger Ă©tendit son autoritĂ© sur le nord de l’AlgĂ©rie actuelle. Mais dans les faits, plusieurs rĂ©gions du pays bravaient de maniĂšre rĂ©guliĂšre l’autoritĂ© des Beys. Ainsi Ă  l'est du pays, dans les AurĂšs, plusieurs tribus s'unissent et dĂ©clenchent des luttes contre les Ottomans. Cependant, plusieurs luttes internes entre fractions Chaouis s'enflamment dans les zones montagneuses des AurĂšs. Les Ouled Daoud ainsi que plusieurs tribus empĂȘcheront les Ottomans Ă  pĂ©nĂ©trer dans leurs territoires 74.Saleh Bey tenta sans y parvenir de les soumettre en dirigeant contre eux une expĂ©dition 74. En somme, la grande union des Chabias se divise, cela provoque l'indĂ©pendance de plusieurs tribus Ă  l'Ă©gard des Ottomans entre XVIIe siĂšcle et XVIIIe siĂšcle75..

En Kabylie, le contrĂŽle territorial direct des gouverneurs d’Alger Ă©tait limitĂ© aux grands centres urbains de la rĂ©gion (Tizi Ouzou, Bouira, Boghni, etc.) dans lesquels ils y Ă©difiĂšrent des bordjs (forts) et y stationnaient en permanence un nombre limitĂ© de troupes. L’administration de l'arriĂšre-pays se faisait donc indirectement par le biais d’alliĂ©s, personnages ou tribus76.

Cependant, deux royaumes tribaux s'opposeront rĂ©guliĂšrement aux Turcs: Ceux de Koukou alliĂ© aux Espagnols77 et des Ait Abbas. Dans la Haute Kabylie, le royaume de Koukou est fondĂ© au XVIe siĂšcle par Sidi Ahmed ou el Kadhi. Ce dernier, d'abord alliĂ© au Turcs notamment lors de la rĂ©sistance face aux Espagnols, deviendra ensuite un rival pour le contrĂŽle du nord de l'AlgĂ©rie. En 1520, Khayr ad-Din Barberousse dĂ©cide de mener une expĂ©dition contre Sidi Ahmed ou el Kadhi. La bataille aura lieu dans la plaine des Issers. La victoire des Kabyles sera sans Ă©quivoque et c’est avec beaucoup de chance que Khayr ad-Din Barberousse aura la vie sauve en ayant pris la fuite au bon moment. Victorieux, Sidi Ahmed ou el Kadhi s’empare d’Alger et rĂšgnera sans difficultĂ© jusqu’en 1527, date Ă  laquelle Khayr ad-Din Barberousse le dĂ©fait et rĂ©tablit son autoritĂ© Ă  Alger avec l'aide Abd-el-Aziz, chef kabyle des AĂŻt Abbas et rival de Sidi Ahmed ou el Kadhi. Le royaume de Koukou perdurera plus de deux siĂšcles, jusqu'Ă  son extinction vers 175078.

En Basse Kabylie, les AĂŻt Abbas, eux aussi se soulevĂšrent frĂ©quemment contre l'autoritĂ© Ottomane. En 1823, ils entrĂšrent en rĂ©volte contre l'autoritĂ© de la RĂ©gence et coupĂšrent les voies de communication entre Alger et Constantine. Ce n'est qu'aprĂšs plusieurs mois de combats que l'agha Yahia put nĂ©gocier la soumission des tribus rĂ©voltĂ©es79. Le royaume de AĂŻt Abbas survivra Ă  l'Ă©poque ottomane et ne tombera qu'en 1871 lors de la conquĂȘte française.

Dans ces régions, les beys connurent d'énormes difficultés à gouverner et à faire rentrer les impÎts, certains d'entre eux qui osÚrent pénétrer dans ces massifs montagneux ou à travers le désert y laissÚrent leur vie80.

Partie méridionale de l'Algérie (1515 à 1830)

cérémonie religieuse à Adrar

Les Ottomans n'étaient pas en mesure d'étendre leur autorité aux régions sahariennes du pays. Le Sahara était l'axe principal aux échanges commerciaux entre l'Afrique noire et le Nord.

La relation entre les Saadiens et les Ottomans se dĂ©grade, cela amĂšne Ahmad al Mansour Ă  contrĂŽler Gourara et Touat (rĂ©gion)81. Ensuite, Mulay M'hammed prend le pays de la Gourara avec l'aide des tribus locale. Par la suite, il rattache Tlemcen, Laghouat et plusieurs villes de l'Ouest et du Sahara Ă  son autoritĂ©81. Et, il se dĂ©clare indĂ©pendant. Mais, par la suite Tlemcen et plusieurs villes furent rattachĂ©es Ă  la RĂ©gence d'Alger. À l'arrivĂ©e du pouvoir des Alaouites, ces derniers abandonnent les rĂ©gions du Sahara Gourara, Touat, etc. Alors, les Ă©mirs locaux prennent en charge la gouvernance de leurs territoires. L'impĂŽt Ă©tait prĂ©levĂ© par les CaĂŻds envoyĂ©s par les Alaouites, et celui qui ne voulait pas payer Ă©tait emmenĂ© comme esclave81.

À Ouargla, les habitants Ă©taient gouvernĂ©s par l'autoritĂ© des ZaouĂŻas 81. Les mouvements des Marabouts Ă©taient fort implantĂ©s dans toutes les rĂ©gions du sud et dans une partie des AurĂšs.

Au sud le Sultanat de Touggourt pris son indĂ©pendance en 1414. À la constitution du Beylic de Constantine, Touggourt devient rapidement tributaire de celui-ci. Les refus rĂ©currents des Sultans de Touggourt de s'acquitter du tribut imposĂ© par les turcs provoqua de nombreuses expĂ©ditions des autoritĂ©s de la RĂ©gence Ă  leur encontre (Salah RaĂŻs en 1552, Salah-Bey 1788, Ahmed el Mamlouk en 1821) 82.

Enfin dans l'extrĂȘme sud, une confĂ©dĂ©ration targuie, les Kel Ahaggar, fut formĂ©e dans le Sahara algĂ©rien vers l'annĂ©e 1750.

Contemporain

ConquĂȘte française

Article dĂ©taillĂ© : ConquĂȘte de l'AlgĂ©rie.
Abd-El-Kader à Damas, portant le grand cordon de la Légion d'honneur, 1860.
Lalla Fatma N’Soumer, figure de la rĂ©sistance Ă  l’armĂ©e coloniale française

La conquĂȘte de l’AlgĂ©rie fut longue et particuliĂšrement violente puisqu’elle s’est traduite par la disparition de prĂšs du tiers de la population algĂ©rienne83. Des mĂ©thodes singuliĂšres ont Ă©tĂ© utilisĂ©es, telles que les enfumades, les massacres de prisonniers et de civiles, les razzias, les destructions de cultures et de villages - couramment employĂ©es par les militaires français84. L’armĂ©e française l’a conquise village aprĂšs village, mais il faut prĂ©ciser que ce qui caractĂ©rise la colonisation de l’AlgĂ©rie et tient lieu de particularitĂ© est qu’il s’agit d’une colonie de peuplement.

Tout d'abord, ce qu'il faut savoir c'est que les relations franco-algĂ©riennes Ă©taient bonnes, puisque l'on peut lire en juin 1793 "tandis que l'Europe se coalise contre la France libre, une puissance africaine (Alger) plus loyale et fidĂšle; reconnait la rĂ©publique et lui jure amitiĂ©." Comment apprĂ©hender la dĂ©gradations des rapports franco-algĂ©riens ?

En 1794, la France rĂ©volutionnaire est attaquĂ©e par les puissances europĂ©ennes coalisĂ©es, et Ă©prouve des difficultĂ©s Ă  nourrir sa population et ses soldats. Le dey d’Alger Hussein offre alors Ă  la Convention toutes facilitĂ©s pour faire ses achats de blĂ©, consentant aussi par la suite sous le directoire un prĂȘt d’argent sans intĂ©rĂȘts. La guerre terminĂ©e, les rĂ©gimes qui se succĂšdent n’honorent pas la dette, et quand la France redevient royaliste la dette est revue Ă  la baisse et payĂ©e, mais Ă  Paris, Ă  la Caisse des DĂ©pĂŽts et Consignations. Cependant, un nombre important de crĂ©anciers vrais ou supposĂ©s, des commerçants livournais qui avaient servi d’intermĂ©diaires se manifestent alors. Ainsi, sous couvert de satisfaire leurs rĂ©clamations, on avait « rendu lĂ©gale sa spoliation Â»85. Le dey est donc en froid avec le consul de France car il comprend qu’il ne rĂ©cupĂ©rera pas son argent, et que les livraisons de blĂ© ne lui seront jamais payĂ©es.

En 1827, le dey d’Alger dĂ©couvre que la France avait fortifiĂ© Ă  l’extrĂ©mitĂ© est de la RĂ©gence Ă  La Calle un entrepĂŽt dont elle avait la concession pour faire du commerce, et qu’elle s'Ă©tait engagĂ©e Ă  ne pas fortifier85. N’obtenant pas d’explications de la part du gouvernement français, le 30 avril 1827 le dey en demanda verbalement au consul de France. Le consul ignorant ouvertement sa demande, celui-ci s’emporta alors, injuria, et finalement donna au « reprĂ©sentant de la France Â» un coup de son Ă©ventail. Si l’on s’en rĂ©fĂšre Ă  Robert Louzon, militant anticolonialiste engagĂ©, c’est donc bien l’affaire des fortifications de La Calle et non simplement la dette restĂ©e impayĂ©e qui Ă©tait Ă  l’origine de la colĂšre du dey d’Alger86,87. Le gouvernement de la Restauration et Charles X, soucieux de redorer l’image de la France Ă  l’étranger et de renforcer l’autoritĂ© royale en France, trouvĂšrent alors dans cet incident – un outrage Ă  la France par le biais de son « reprĂ©sentant Â», le consul – un prĂ©texte pour intervenir militairement88.

Entre le 11 et le 18 mai 1830, quelque 37 000 hommes rĂ©partis dans 675 bĂątiments affrĂ©tĂ©s par l’entreprise SeilliĂšre, c’est-Ă -dire toute la marine française de l’époque, embarquĂšrent pour conquĂ©rir la bande cĂŽtiĂšre de l’ancienne rĂ©gence, par la suite unifiĂ©e sous le nom d’AlgĂ©rie. Le dĂ©barquement eut lieu le 14 juin 1830 Ă  Sidi-Ferruch et, le 5 juillet, les troupes françaises commandĂ©es par Louis Auguste Victor de Ghaisne de Bourmont, gĂ©nĂ©ral en chef de l'expĂ©dition, firent leur entrĂ©e dans la forteresse d’Alger, le dey capitula le jour mĂȘme.

Mais la France se heurte Ă  l’ouest Ă  l’émir Abd el-Kader et Ă  l’est aux tribus berbĂšres dont celles de Kabylie menĂ©es par Lalla Fatma N’Soumer. La France entame des nĂ©gociations avec l’émir Abd el-Kader en 1834 et en 1837, date Ă  laquelle est signĂ© le traitĂ© de Tafna. Mais en 1839, Abd el-Kader dĂ©clare la guerre Ă  la France, considĂ©rant l’expĂ©dition aux "Portes de fer" (dans la chaĂźne des Bibans en Kabylie) par l’armĂ©e française comme une violation de traitĂ©. En mai 1843, la smala et le fameux trĂ©sor d’Abd el-Kader sont aux mains des Français.

En 1847, Abd el-Kader dĂ©posa les armes et se rendit. L’armĂ©e française d’Afrique contrĂŽle alors tout le nord-ouest de l’AlgĂ©rie. À l’issue de la bataille de Zaatcha, dans les AurĂšs, en 1848, le Constantinois est conquis. Entre 1849 et 1852, la domination s’étend Ă  la Petite Kabylie. En juillet 1857, les tribus de Grande Kabylie se rendent, et la capture de Lalla Fatma N’Soumer met un terme Ă  la rĂ©sistance; mais les Kabyles se soulĂšveront encore jusqu’au dĂ©but des annĂ©es 1870. La conquĂȘte du nord de l’AlgĂ©rie est alors achevĂ©e. Dans le sud, la prise de Laghouat et de Touggourt, la capitulation des Beni-M’zab du Mzab (1852) et celle du Souf reculent les limites de l’AlgĂ©rie jusqu’au grand dĂ©sert.

Ce n’est qu’aprĂšs un ultime soulĂšvement, en 1871, des tribus de Kabylie, lors de la RĂ©volte des Mokrani, que la mission de « pacification Â» s’achĂšve. Elle a fait prĂšs d’un million de morts, civils pour la plupart, la perte dĂ©mographique se concentrant en particulier sur les six derniĂšres annĂ©es de la conquĂȘte comme le fait remarquer le dĂ©mographe R. Ricoux89.

Il s'en suit une grande guerre entre l'Armée française et les troupes du Cheikh Bouamama et des Ouled Sidi Cheikh.

Époque coloniale

Article dĂ©taillĂ© : AlgĂ©rie française.

AprĂšs la conquĂȘte, l'AlgĂ©rie connut un afflux important de colons europĂ©ens (essentiellement français) que l'on appellera bientĂŽt Pieds noirs et qui contribuĂšrent Ă  mettre en valeur le pays : par la construction d'infrastructures (routes, ponts, chemins de fer, ports, aĂ©roports,...), par l'amĂ©nagement et la crĂ©ation de villes modernes, par le dĂ©veloppement de l'agriculture et l'industrie, par l'instauration de systĂšmes sanitaires et Ă©ducatifs performants, etc ... tout ceci Ă  tel point que le territoire algĂ©rien fut presque assimilĂ© Ă  la mĂ©tropole, disposant d'une organisation administrative et judiciaire calquĂ©e sur cette derniĂšre (dĂ©partements français d'AlgĂ©rie, arrondissements, communes, tribunaux,...).
Cependant, ce développement ne profita guÚre aux autochtones musulmans (les israélites bénéficiÚrent des dispositions du Décret Crémieux dÚs 1870) qui furent victimes d'une certaine discrimination et qui ne tardÚrent pas revendiquer leurs droits.

Naissance du mouvement national

Au dĂ©but du XXe siĂšcle, plusieurs leaders algĂ©riens revendique Ă  la France le droit Ă  l'Ă©galitĂ© ou Ă  l'indĂ©pendance . plusieurs partis vont ĂȘtre créés et plusieurs pamphlets seront Ă©crits pour dĂ©fendre le droit pour les algĂ©riens. Plusieurs penseurs algĂ©riens vont vilipender les plus importantes personnalitĂ©s du rĂ©gime colonial français. La plupart des figures du mouvement algĂ©rien vont ĂȘtre surveillĂ©es de prĂšs par les services policiers français, d'autres seront exilĂ©es vers d'autres pays comme l' a Ă©tĂ© l'Ă©mir Khaled El-Hassani Ben El-Hachemi en Égypte puis en Syrie.

Messali Hadj90, Malek Bennabi91, Mohamed Hamouda Bensai, Saleh Bensai, Ben Badis92, Mohamed Bachir El Ibrahimi, Fodil El Ouartilani, Larbi TĂ©bessi, Ferhat Abbas, ChĂ©rif SaĂądane93, Omar Ouzeggane, etc., tous vont diverger entre-eux sur la question algĂ©rienne, cela provoquera l'Ă©mergeance de plusieurs associations et partis algĂ©rien: Parti de la rĂ©forme ou mouvement pour l'Ă©galitĂ©, Association des oulĂ©mas musulmans algĂ©riens, association de l' Étoile nord-africaine, le parti Parti du peuple algĂ©rien, Amis du Manifeste des LibertĂ©s fondĂ© par Ferhat Abbas et dont ChĂ©rif SaĂądane est membre du comitĂ© directeur, 94 Parti communiste algĂ©rien, etc.

Les Algériens pendant la PremiÚre Guerre mondiale

Au cours de la PremiĂšre Guerre mondiale, les tirailleurs et spahis algĂ©riens ont menĂ©, avec courage, les mĂȘmes combats que les soldats français. Les AlgĂ©riens ont laissĂ© 26000 des leurs sur les champs de bataille d'Orient et d'Occident de la PremiĂšre Guerre mondiale. De la nĂ©cropole nationale de Notre Dame de Lorette aux champs de bataille de l'Hartmannswillerkopf, en passant par l'ossuaire de Douaumont, le sacrifice consenti par les troupes d'Afrique du Nord et plus particuliĂšrement par les AlgĂ©riens, est encore de nos jours perceptible. Les AlgĂ©riens ont Ă©tĂ© de toutes les grandes batailles de l'armĂ©e française de la PremiĂšre Guerre mondiale. Ils se sont distinguĂ©s notamment dans l'enfer de Verdun, sur la Somme en 1916, ou encore au chemin de Dames en 1917. De par leur ardeur au combat, ils ont toujours suscitĂ© l'admiration. Les tirailleurs et spahis algĂ©riens ont Ă©tĂ©, pendant ces quatre annĂ©es de guerre, mĂȘlĂ©s Ă  toutes les batailles de l'armĂ©e française. La devise du 2e rĂ©giment de tirailleurs algĂ©riens rĂ©sume bien, Ă  elle seule, l'esprit des AlgĂ©riens de 1914, soldats de la libertĂ© «Dieu est avec nous, pour notre drapeau et pour la France». L' Ă©mir Khaled participera Ă  la PremiĂšre Guerre mondiale au cĂŽtĂ© des Français95.

la Seconde Guerre mondiale

Articles dĂ©taillĂ©s : Seconde Guerre mondiale et opĂ©ration Torch.
La prise d'Alger par les alliées se fait en un jour
Carte des opérations

AprĂšs le coup d'État du 8 novembre 1942 Ă  Alger, dans le cadre de l'opĂ©ration Torch(dĂ©barquement des alliĂ©s Ă  Oran, Ă  Alger et Ă  Annaba96), de nombreux algĂ©riens furent engagĂ©s dans les forces alliĂ©es au sein de l'armĂ©e française de la LibĂ©ration et engagĂ©s sur les fronts italiens et français. En AlgĂ©rie, la conscription engagea environ autant d'AlgĂ©riens que de pieds-noirs (europĂ©ens) dans l'armĂ©e française. Les futurs prĂ©sidents de l'AlgĂ©rie Ahmed Ben Bella97 et Mohammed Boudiaf, engagĂ©s volontaires et dĂ©corĂ©s. Mostefa Ben BoulaĂŻd, l'artisan du dĂ©clenchement de la rĂ©volution algĂ©rienne 1954, fut, pendant la campagne d'Italie, en 1944, distinguĂ© par son courage, ce qui lui vaut la mĂ©daille militaire et la croix de guerre. Krim Belkacem se retrouve mobilisĂ© en 1943 dans le 1er RĂ©giment des Tirailleurs AlgĂ©riens oĂč il est promu caporal-chef.

En revanche, durant l'Occupation en France métropolitaine, plusieurs centaines de Nord-Africains s'engagÚrent dans la Milice française, constituant la Légion nord-africaine.

Le massacre du 8 mai 1945

Article dĂ©taillĂ© : Massacres de SĂ©tif et Guelma.
George Marshall son plan prévoit l'indépendance algerienne

AprĂšs la fin de la seconde Guerre Mondiale, le plan Marshall prĂ©voit l'indĂ©pendance de l'AlgĂ©rie. Le 8 mai 1945 ont lieu des manifestations d’AlgĂ©riens dans plusieurs villes de l’Est du pays (SĂ©tif, et le Constantinois), qui devaient permettre de rappeler leurs revendications nationalistes, de maniĂšre concomitante avec la liesse de la victoire. À SĂ©tif, aprĂšs des heurts entre policiers et nationalistes, la manifestation tourne Ă  l’émeute et la colĂšre des manifestants se retourne contre les « Français Â» : une centaine trouveront la mort dans les jours suivants98. La rĂ©pression de l’armĂ©e française est brutale.

Officiellement, elle fait 1 500 morts parmi les autochtones, chiffre potentiellement sous-estimĂ© et probablement plus proche des 20 000 Ă  30 000 selon l’historien Benjamin Stora. Le Parti du peuple algĂ©rien (PPA) estime qu'il y a eu 45 000 morts99. De par la radicalisation qu'ils ont engendrĂ©e dans les milieux nationalistes algĂ©riens, certains historiens considĂšrent ces massacres comme le vĂ©ritable dĂ©but de la guerre d'AlgĂ©rie100.

A la suite de ce massacre, le jour mĂȘme et alors qu'ils venaient prĂ©senter leurs vƓux Ă  Yves Chataigneau Ă  l'occasion de la dĂ©faite de l'Allemagne Nazie ; Mohammed Bachir, Ferhat Abbas et Hadj Ahmed ChĂ©rif SaĂądane seront arrĂȘtĂ©s Ă  10h30 car accusĂ©s d'avoir " port[Ă©] atteinte Ă  la souverainetĂ© française " par fomentation des sanglants Ă©vĂ©nements de SĂ©tif du jour mĂȘme. Ils seront incarcĂ©rĂ©s Ă  la maison d'arrĂȘt d'Alger puis transfĂ©rĂ©s Ă  celle de Constantine101.

La révolte algérienne de 1945 à 1954

Suite Ă  la mort de Ben Badis en 1940 et Ă  l'emprisonnement de Messali Hadj et l'interdiction du Parti du peuple algĂ©rien, le parti Mouvement pour le triomphe des libertĂ©s dĂ©mocratiques revendique aprĂšs le statut de l'Ă©galitĂ© ou de l'indĂ©pendance des AlgĂ©riens en 1948. Aussi, l'Association des oulĂ©mas musulmans algĂ©riens fut interdite. Alors, l'Organisation spĂ©ciale (AlgĂ©rie) apparait et elle a pour but de rassembler les armes pour le combat. Mohamed Belouizdad fut le premier chef de l'organisation clandestine. Ensuite, Hocine AĂŻt Ahmed prend la tĂȘte de l'Organisation et continua Ă  Ɠuvrer pour l'achat des armes. La poste d'Oran fut attaquĂ©e par les membres de l'OS.

Ferhat Abbas et Chérif Saadane, à leur sortie de prison en avril 1946 de Constantine, créent l'UDMA ( Union Démocratique du Manifeste Algérien )93

Ahmed Ben Bella 102 prend la place de Hocine AĂŻt Ahmed en 1949. Le plan de l'organisation est dĂ©voilĂ© et une chaine d'arrestation est entamĂ©e par les autoritĂ©s françaises en 1950. Le Mouvement pour le triomphe des libertĂ©s dĂ©mocratiques niait toute relation avec l'Organisation spĂ©ciale pour arrĂȘter les arrestations.

Le CRUA est fondé en mars 1954, il organisera la lutte armée. Le parti du Mouvement national algérien est fondé en juillet 1954 par les messalistes103. Par la suite, le Front de libération nationale (Algérie) est fondé en octobre 1954 par la branche du CRUA (Comité révolutionnaire d'unité et d'action).

Le Front de libération nationale (Algérie) et le Mouvement national algérien seront rivaux pour le contrÎle du pouvoir de la révolution. Messali Hadj sera libéré de la prison en 1958 et il sera assigné à une résidence surveillée en France.

De 1954 Ă  1962

Remarque historiographique

Les archives officielles ne sont encore que partiellement disponibles et accessibles aux chercheurs. Une loi devrait permettre en France l'accĂšs aux archives classifiĂ©es « secret dĂ©fense Â» postĂ©rieures Ă  1948 Ă  l'horizon 2012, malgrĂ© la proposition d'un amendement par le sĂ©nat français visant Ă  prescrire un dĂ©lai de 75 ans concernant les piĂšces « susceptibles de porter atteinte Ă  la vie privĂ©e Â»104. Cet amendement vivement critiquĂ© par les historiens amĂšne le Parlement français Ă  se prononcer Ă  nouveau pour un dĂ©lai rĂ©duit Ă  cinquante ans105, texte qui doit Ă  nouveau passer au SĂ©nat106.

La guerre d'Algérie
Article dĂ©taillĂ© : Guerre d'AlgĂ©rie.
Rassemblement de troupes (ALN)
« Groupe des six Â», chefs du FLN. Photo prise juste avant le dĂ©clenchement des hostilitĂ©s le 1er novembre 1954. Debout, de gauche Ă  droite : Rabah Bitat, Mostefa Ben BoulaĂŻd, Didouche Mourad et Mohamed Boudiaf.Assis : Krim Belkacem Ă  gauche, et Larbi Ben M'Hidi Ă  droite.

En 1954, l’AlgĂ©rie compte huit millions d'autochtones et un million de « Français d'AlgĂ©rie Â» (Pieds-Noirs et Juifs d'AlgĂ©rie naturalisĂ©s).

La Guerre d'AlgĂ©rie commence ainsi le 1er novembre 1954 dans les AurĂšs, dans un village prĂšs d' Arris appelĂ© Ouled Moussa non loin de Batna, et s'Ă©tendra rapidement Ă  tout le pays. Le dĂ©clenchement de la guerre est connu sous le nom de Toussaint Rouge par les historiens107.

À partir de 1954, le combat armĂ© pour l’indĂ©pendance de l’AlgĂ©rie se traduit par des exactions rĂ©pĂ©tĂ©es contre les populations civiles d’origine musulmane et europĂ©enne. Il s'ensuit une guĂ©rilla, des maquis et des affrontements avec l’armĂ©e française, qui comprend Ă©galement des unitĂ©s de supplĂ©tifs "musulmans" appelĂ©s « Harkis Â». Le FLN organise son combat sur deux fronts. Sur le plan interne, il met en place une rĂ©sistance Ă  travers sa branche armĂ©e, l’ALN, tandis que sur le front diplomatique, il chapeaute ses activitĂ©s sous la banniĂšre du GPRA, qui orchestre une campagne tous azimuts en vue de plaider la cause algĂ©rienne ; il rĂ©ussit en 1958 Ă  introduire pour la premiĂšre fois dans l’agenda des Nations unies la question algĂ©rienne, ce qui reprĂ©senta un franc succĂšs pour la diplomatie algĂ©rienne. Ce conflit fut inscrit dans le cadre du processus de dĂ©colonisation qui se dĂ©roule aprĂšs la fin de la Seconde Guerre mondiale. Pour la France, cela concerne entre autres l’Indochine française, Madagascar, le Maroc, l’AlgĂ©rie, la Tunisie, l’Afrique-Équatoriale française et l’Afrique occidentale française. Le cas de l’AlgĂ©rie se diffĂ©rencie des autres en ce sens qu’elle appartenait officiellement au territoire français, avec un million de citoyens dits "du Premier CollĂšge" (les « Pieds-Noirs Â»), dont certains, les Juifs d'AlgĂ©rie et de huit millions de citoyens du DeuxiĂšme CollĂšge (dit les musulmans), avant l'arrivĂ©e du gĂ©nĂ©ral de Gaulle. Ce dernier nĂ©gociera directement avec les chefs du FLN lors des Accords d'Évian et le gĂ©nĂ©ral de Gaulle organise le rĂ©fĂ©rendum pour l'indĂ©pendance de l'AlgĂ©rie. Cette fois-ci les AlgĂ©riens voteront massivement pour l'indĂ©pendance de l'AlgĂ©rie.

Le bilan de la guerre d’AlgĂ©rie108 fait Ă©tat de 25 000 tuĂ©s chez les soldats français et 2 000 morts de la lĂ©gion Ă©trangĂšre, un millier de disparus, et 1 300 soldats morts des suites de leurs blessures. Environ 450 000 AlgĂ©riens sont morts durant le conflit (les historiens algĂ©riens avancent le chiffre de 1,5 million de morts), mais c’est sans compter les 8 000 villages incendiĂ©s, un million d’hectares de forĂȘts incendiĂ©s avec le napalm, 2,1 millions de musulmans dĂ©placĂ©s dans des camps de regroupement et les dizaines de milliers de harkis massacrĂ©s, au lendemain de la proclamation de l'indĂ©pendance. C'est sans compter non plus la torture pendant la guerre d'AlgĂ©rie qui a laissĂ© de profonds traumatismes, l'armĂ©e française l'ayant pratiquĂ©e dans des proportions qui concerneraient des centaines de milliers d'AlgĂ©riens109.

Les Ă©vĂšnements de la guerre d'AlgĂ©rie, la dĂ©claration d'indĂ©pendance - qui consomme la dĂ©colonisation -, le climat de violence gĂ©nĂ©rale qui rĂ©gnait dans les derniers mois de la guerre110 ou encore des Ă©vĂšnements traumatisants comme le massacre d'Oran111 amĂšneront la plupart des pieds-noirs Ă  quitter le pays : sur prĂšs d'un million112, cent cinquante mille partent avant 1962, six cent cinquante et un mille au cours de cette annĂ©e. L'histoire des deux cent mille pieds noirs encore prĂ©sents aprĂšs 1962 reste Ă  Ă©crire, selon l'historien Benjamin Stora113.

Algérie indépendante (depuis 1962)

Article dĂ©taillĂ© : Histoire de l'AlgĂ©rie depuis 1962.
Population en liesse aprĂšs la proclamation officielle de l’indĂ©pendance (5 juillet 1962)
carte d'Algérie

AprĂšs la guerre d'indĂ©pendance et la nĂ©gociation des accords d'Évian, le Front de libĂ©ration nationale (FLN) prend le pouvoir et devient parti unique. Il engage l'AlgĂ©rie sur une voie socialiste sous Houari Boumedienne. Puis, confrontĂ© Ă  d'importants mouvements de protestation et Ă  la crise Ă©conomique, le pouvoir engage la dĂ©mocratisation du rĂ©gime Ă  la fin des annĂ©es 1980, sous la direction de Chadli Bendjedid. Le processus est toutefois interrompu suite Ă  la dĂ©mission du prĂ©sident, l'AlgĂ©rie plongeant alors dans une guerre civile brutale durant plus d'une dĂ©cennie. En 1999, Abdelaziz Bouteflika est Ă©lu prĂ©sident, et entame alors une politique de rĂ©conciliation nationale. Il est critiquĂ© pour ses maniĂšres autocratiques, tandis que le chĂŽmage affecte encore plus d'un tiers de la population. En 2009, il est réélu pour un troisiĂšme mandat aprĂšs avoir fait amender la Constitution.

Géographie

Article dĂ©taillĂ© : GĂ©ographie de l'AlgĂ©rie.
Carte de l’AlgĂ©rie
Relief du Nord de l'Afrique
Données synthétiques
Indicateur Valeur
Superficie 2 381 741 kmÂČ
ExtrĂ©mitĂ©s d’altitude −40 m < +3 003 m
Littoral 1 622 km
Longueur des frontiĂšres terrestres 6 343 km
Liste des frontiĂšres terrestres 1 559 km avec le Maroc
1 376 km avec le Mali
982 km avec la Libye
965 km avec la Tunisie
956 km avec le Niger
463 km avec la Mauritanie
42 km avec le Sahara Occidental
Source : CIA World Factbook114115.

L’AlgĂ©rie est de par sa superficie, le plus grand pays du pourtour mĂ©diterranĂ©en et le second au niveau africain, aprĂšs le Soudan. Dans sa partie sud, il comprend une part notable du Sahara.

Au nord, l'Atlas tellien forme avec l’Atlas saharien, plus au sud, deux ensembles de relief parallĂšles se rapprochant en allant vers l’est, et entre lesquels s'intercalent de vastes plaines et hauts plateaux. Les deux Atlas tendent Ă  se confondre dans l'est de l'AlgĂ©rie. Vers l'intĂ©rieur de l'est algĂ©rien. les vastes chaines montagneuses des (AurĂšs)( Batna, Khenchela, Oum-El-Bouaghi, AĂŻn M'lila, Souk-Ahras, Guelma, Biskra, etc.) et de la Nememcha (Tebessa) occupent la totalitĂ© de l'est algĂ©rien et elles sont dĂ©limitĂ©es par la fontiĂšre tunisienne. Les AurĂšs occupent une surface 500 000 km2. Le point culiminant est le mont ChĂ©lia 2 328 mĂštres d'altitude.

Montagnes enneigées de Kabylie

La bande du Tell, large de 80 km Ă  190 km, s'Ă©tend sur prĂšs de 1 622 km de cĂŽte mĂ©diterranĂ©enne. Elle est formĂ©e de chaĂźnes de montagnes (l'Ouarsenis, le Chenoua, le Djurdjura, les Babors et les Bibans, 
) longeant le littoral et souvent sĂ©parĂ©es par des vallĂ©es, riches par leur flore et leur faune, abritant des cours d'eau comme la vallĂ©e du Chelif ou la vallĂ©e de la Soummam. Le mont Lalla-KhadĂźdja, en Kabylie oĂč les montagnes sont recouvertes de neige en hiver, en est le point culminant et s'Ă©lĂšve Ă  2 308 mĂštres d'altitude. Les plaines du Tell abritent avec les vallĂ©es adjacentes la grande majoritĂ© des terres fertiles du pays.

Entre les massifs de Tell et l'Atlas saharien, un grand ensemble de plaines et de hauts plateaux semi-arides sont creusĂ©s par de nombreuses Ă©tendues d'eau salĂ©e, les chotts, assĂ©chĂ©es en fonction des saisons. Le point le plus bas d'AlgĂ©rie, atteint au Chott Melrhir, descend Ă  –40 m. L'ensemble court depuis les frontiĂšres marocaines Ă  l'Ouest jusque dans la vallĂ©e du Hodna dont les monts relient parfois les Atlas tellien et saharien.
L’Atlas saharien, relie le Haut Atlas marocain jusqu'Ă  la frontiĂšre tunisienne en passant, d'Ouest en Est, par les massifs du Ksour, Djebel Amour, des Ouled-NaĂŻl, des Zibans et les monts Hodna, qui rejoint la bande du Tell, et continue dans les AurĂšs culminant Ă  plus de 2 300 m. Il est limitĂ© au sud par plusieurs oasis constituant ce qui est souvent appelĂ© La porte du dĂ©sert.

La partie saharienne qui couvre plus de 80 % de la superficie de l’AlgĂ©rie soit environ 2 millions de kmÂČ, est constituĂ© principalement de regs, d'ergs, d'oasis et de massif montagneux.

Cirque dunaire de Moul n'Aga, dans la Tadrart (Parc national du Tassili)

Au nord du Sahara algĂ©rien, les grands ergs, Occidental Ă  l'ouest, et Oriental Ă  l'est, sĂ©parĂ©s par des plateaux rocheux telle que la rĂ©gion du Mzab et bordĂ©s au sud par le plateau de TademaĂŻt, constituent d'immenses mers de sable ponctuĂ©es d'oasis donnant parfois vie Ă  d'importantes palmerais. Au sud-ouest, s’étendent les ergs Iguidi et Chech, immensitĂ© de dunes sableuses linĂ©aires largement espacĂ©es les unes des autres.
Plus au sud, au cƓur du Sahara, le massif du Hoggar, dont le point culminant est le plus haut sommet de l'AlgĂ©rie avec 3 003 mĂštres au mont Tahat116, est constituĂ© de roches volcaniques formant des pics, des « aiguilles volcaniques Â» et de hauts plateaux dĂ©sertiques. À l'est du Hoggar, le Tassili n'Ajjer, haut plateau aride perchĂ© Ă  plus de 1 000 mĂštres d'altitude, dressent des formations rocheuses fortement Ă©rodĂ©es Ă©mergeant des dunes de sables, donnant parfois au relief un aspect de paysage lunaire.

Climat

(température et précipitation de l'année)

Le centre de climatologie de l'Algérie est sous la responsabilité de l'Office national de météorologie 117.

Un climat mĂ©diterranĂ©en couvre le Nord, tandis qu’un climat dĂ©sertique rĂšgne sur le Sud. Durant l’étĂ©, le mois le plus chaud, Ă  Alger, est aoĂ»t118.

Températures

Les températures sont variables entre le jour et la nuit dans le Sahara au Sud. Le baromÚtre indique des variables entre 40° le jour et 5° la nuit. Par contre, le Nord a un climat méditerranéen. En été, les températures sont élevées118.

Au nord, dans les villes cĂŽtiĂšres, les tempĂ©ratures hivernales varient entre 8 Â°C et 15 Â°C. Elles grimpent Ă  25 Â°C au mois de mai pour atteindre une moyenne de 28 Â°C Ă  30 Â°C en juillet et aoĂ»t (28 Â°C Ă  Skikda, 29,5 Â°C Ă  Alger). Toujours au Nord, dans les montagnes de Kabylie, la tempĂ©rature avoisine les 3 Â°C voire −7 Â°C en hiver. La neige y est frĂ©quente en hiver.

Au centre, dans les AurĂšs ainsi que dans les hauts plateaux de la rĂ©gion de Djelfa, la tempĂ©rature estivale varie de 30 Â°C Ă  38 Â°C.

Quant au sud, dans le Sahara, la tempĂ©rature est de 15 Ă  28 Â°C en hiver, pour atteindre 40 Ă  45 Â°C, voire plus en Ă©tĂ©.

La forĂȘt de Bouhmama (ChĂ©lia), AurĂšs

Précipitations

Les rĂ©gions du Sahara sont caractĂ©risĂ©es par un climat aride et sec. Au Nord, la quantitĂ© de pluie indique 100 mm de moyenne annuelle et au Sud, elle est de 20 mm. Dans les rĂ©gions cĂŽtiĂšres, la moyenne annuelle est 200 mm. Cependant, des pluies diluviennes sont constatĂ©es en AlgĂ©rie dans plusieurs villes. Les dĂ©gĂąts sont considĂ©rables. En 2008, la ville de GhardaĂŻa, qui fait partie du patrimoine mondial, a Ă©tĂ© inondĂ©e par une grande quantitĂ© de pluie diluvienne119.

Facteur vent

TrĂšs variable au Nord et au Sud. Les forces Ă©oliennes ne dĂ©passent pas les 120 km/h. Au Sud, Ils dĂ©placent chaque annĂ©e entre 60 et 200 millions de tonnes de poussiĂšres dans l'air. ils soulĂšvent de 10 Ă  20 millions de tonnes de sable120.

Ensoleillement

3 650 heures de soleil par annĂ©e 121.

Faune et flore

Article dĂ©taillĂ© : Liste de la faune algĂ©rienne.
Dromadaire en déplacement
Cartographie des parcs

Il y a plusieurs parcs protĂ©gĂ©s en AlgĂ©rie dont ChrĂ©a, Parc national de Belzma, Parc national de l’Ahaggar, Parc national de ChrĂ©a, Parc national du Tassili, Parc national de Gouraya, Parc national du Djurdjura, etc. Aussi, le pays dispose d’énormes variĂ©tĂ©s animales et vĂ©gĂ©tales.

L'espĂšce vĂ©gĂ©tale est formĂ©e en 313 catĂ©gorie dont 314 genre assez rares, 30 rares, 330 trĂšs rares et 600 endĂ©miqes, dont 64 vivent au Sahara. En tout, 226 espĂšces sont menacĂ©es d’extinction122.

L’AlgĂ©rie compte 107 espĂšces de mammifĂšres dont 47 sont protĂ©gĂ©s et 30 menacĂ©s de disparition. Elle dĂ©nombre aussi 336 oiseaux dont 107 sont protĂ©gĂ©s122.

Le Sud algérien, abrite une faune composée pour l'essentiel de fennecs, gazelles, gerboises, chats des sables, guépards, porcs-épics et lézards. Sur les hauteurs, dans les escarpements du Hoggar, on peut retrouver le mouflon à manchette. Au Nord du pays, les campagnes sont peuplées de hyÚnes rayées, de renards, de belettes, de chats sauvages, de liÚvres, de chacals et de sangliers. Le singe macaque préfÚre quant à lui les zones forestiÚres. En hiver, l'Algérie devient la terre d'accueil de certains oiseaux migrateurs européens, dont les cigognes. Enfin, les animaux que l'on croise le plus souvent en Algérie sont le dromadaire, localement appelé baùir ou maheri, le mouton, la chÚvre et le cheval.

Villes principales

Le taux d'urbanisation de l'AlgĂ©rie avoisine les 60 %123, et continue d'augmenter (avec une croissance plus soutenue dans le sud algĂ©rien) en dĂ©pit des efforts du gouvernement pour freiner la migration vers les villes. L'AlgĂ©rie compte plus d'une trentaine d'agglomĂ©rations urbaines de plus de 100 000 habitants, presque toutes concentrĂ©es dans le nord du pays. La plus grande ville est Alger, mĂ©gapole de plus de six millions d'habitants124, soit plus du dixiĂšme de la population globale, ce qui en fait la premiĂšre agglomĂ©ration du Maghreb.

Il y a Ă©galement parmi les principales villes algĂ©riennes, en termes de population, d'influence culturelle ou d'importance Ă©conomique :

  • Oran, sur la cĂŽte ouest, deuxiĂšme ville du pays ;
  • Batna,ville industrielle commerciale et culturelle,capitale des Aures ;
  • Constantine, important pĂŽle culturel, industriel et universitaire ;
  • Annaba Ă  l'Est, pole touristique et economique abritant ArcelorMittal qui est le plus grand complexe sidĂ©rurgique d'Afrique ;
  • BĂ©jaĂŻa, important port pĂ©trolier et commercial mĂ©diterranĂ©en ;
  • SĂ©tif, ville industrielle et universitaire, capitale des Hauts plateaux ;
  • Tizi-Ouzou, capitale de la haute Kabylie, pĂŽle culturelle ;
  • Skikda a un important port et c'est une ville touristique et industrielle ;
  • Chlef, ville culturelle et industrielle ;
  • Mostaganem, ville industrielle abritant le premier port d'AlgĂ©rie ;
  • Biskra, ville culturelle et industrielle, capitale du Ziban ;
  • Batna,ville industrielle commerciale et culturelle,capitale des Aures ;
  • Tlemcen,ville culturelle artistique economique et industrielle .
  • Tiaret,ville industrielle ;
  • Sidi-Bel-AbbĂšs,ville industrielle et Ă©conomique ;
  • Blida,ville culturelle et industrielle ;
  • Ouargla,ville culturelle et industrielle.

Politique

Articles dĂ©taillĂ©s : Politique de l'AlgĂ©rie et Histoire de l'AlgĂ©rie.

Politique intérieure

Abdelaziz Bouteflika, président de la République algérienne.

Sur le plan politique, l’AlgĂ©rie a adoptĂ© un rĂ©gime rĂ©publicain depuis l’avĂšnement de son indĂ©pendance en 1962125. La Constitution actuelle confĂšre au chef de l’État un rĂŽle central dans la gestion des affaires du pays, c’est ainsi qu’en vertu de ses articles, le prĂ©sident de la RĂ©publique est le chef de l’exĂ©cutif, chef suprĂȘme des forces armĂ©es et ministre de la DĂ©fense. Le chef de l’État dĂ©tient Ă©galement le pouvoir de nommer son premier ministre et les membres du gouvernement sur proposition de ce dernier125. L’élection du prĂ©sident de la RĂ©publique se fait au suffrage universel direct, tous les cinq ans. L'actuel prĂ©sident en exercice est Abdelaziz Bouteflika. Élu pour un premier mandat de 1999 Ă  2004, il est réélu la mĂȘme annĂ©e pour un second mandat qui s'achĂšvera en 2009.En 2008 les parlementaires algĂ©riens ont votĂ© massivement pour la rĂ©vision de la loi ils ont dit oui Ă  5 modifications de la loi fondamentale, la principale Ă©tant bien sur, la levĂ©e de la limitation du nombre de mandats prĂ©sidentiels125.

Par ailleurs, le pouvoir lĂ©gislatif est de type bicamĂ©ral depuis la rĂ©forme constitutionnelle de 1996125. Il est Ă  noter cependant que les pouvoirs qui lui sont attribuĂ©s sont fortement diminuĂ©s par la prééminence du pouvoir exĂ©cutif. La rĂ©partition des diffĂ©rents Ă©lus au niveau des deux chambres du Parlement rĂ©vĂšle la composition suivante: le Conseil de la Nation (Chambre haute) : composĂ© de 144 membres dont le tiers est dĂ©signĂ© par le prĂ©sident de la RĂ©publique125; l’AssemblĂ©e populaire nationale (Chambre basse) : ComposĂ©e de 389 membres Ă©lus au suffrage universel direct pour une mandature de cinq ans125.

La Constitution algĂ©rienne a Ă©tĂ© adoptĂ©e le 10 septembre 1963125. Elle a par la suite Ă©tĂ© rĂ©visĂ©e Ă  trois reprises. D'abord en 1976, cette premiĂšre rĂ©vision constitutionnelle fut initiĂ©e sous l'impulsion de Houari BoumediĂšne, elle visait en premier lieu le parachĂšvement des institutions de l'État algĂ©rien en le dotant d'une AssemblĂ©e lĂ©gislative, et en crĂ©ant Ă©galement le poste de PrĂ©sident de la RĂ©publique, soumis au suffrage universel direct et ce, en remplacement de la fonction de PrĂ©sident du Conseil de la RĂ©volution. La deuxiĂšme rĂ©vision de la Constitution fut menĂ©e le 28 fĂ©vrier 1989125, date Ă  laquelle le multipartisme et la libertĂ© d’expression furent instaurĂ©s, c’est donc dans le sillage de cette rĂ©forme que le rĂ©gime du parti unique fut dissous et que beaucoup de partis politiques furent créés par la mĂȘme occasion. La troisiĂšme et derniĂšre rĂ©vision constitutionnelle fut menĂ©e en 1996 avec comme principal objectif l'instauration d'un Parlement bicamĂ©ral. Ces institutions furent Ă©lues le 5 juin 1997, et constituent le premier Parlement pluraliste de l’AlgĂ©rie indĂ©pendante. Le Conseil constitutionnel (AlgĂ©rie) est la magistrature suprĂȘme de la rĂ©publique, il est composĂ© d'un prĂ©sident et de membres125.

Actuellement l'AlgĂ©rie compte plus de 40 partis politiques en activitĂ©125. Cependant, ces mĂȘmes partis ne peuvent en vertu de l'article 42 de la Constitution « ĂȘtre fondĂ©s sur une base religieuse, linguistique, raciale, de sexe, corporatiste ou rĂ©gionale Â»125, ils doivent aussi recevoir l'agrĂ©ment du ministĂšre de l'IntĂ©rieur et des collectivitĂ©s locales pour ĂȘtre en mesure de se prĂ©senter aux diffĂ©rentes Ă©chĂ©ances Ă©lectorales. Les plus importants d'entre eux demeurent ceux de l’alliance prĂ©sidentielle qui est composĂ©e de trois partis majoritaires Ă  l’AssemblĂ©e et au SĂ©nat, il s’agit du Front de libĂ©ration nationale (FLN), le Rassemblement national dĂ©mocratique (RND) et le Mouvement de la sociĂ©tĂ© pour la paix (MSP)126 , 127. Les principaux partis d'opposition sont le Rassemblement pour la culture et la dĂ©mocratie (RCD), le Mouvement pour la rĂ©forme nationale (MRN), le Parti des Travailleurs (PT) et le Front des forces socialistes (FFS).

Politique extérieure

Sur le plan extĂ©rieur, l’AlgĂ©rie inscrit son positionnement par rapport aux diffĂ©rentes questions internationales sur la base de la doctrine qu’elle a puisĂ©e du combat libĂ©rateur qui a permis Ă  son peuple de recouvrer sa pleine souverainetĂ©. C’est aussi au nom de cette morale que ce pays soutint durant les annĂ©es soixante et soixante-dix un nombre important de mouvements rĂ©volutionnaires de par le monde, ce qui lui valut d’ĂȘtre considĂ©rĂ© comme « le phare du tiers monde Â» et au mĂȘme « Le phare de tiers monde arabe Â» 128 notamment en diplomatie lorsqu'ils ont Ă©changĂ© les otages amĂ©ricains Ă  TĂ©hĂ©ran129. Par extension et grĂące Ă  ses richesses sur le plan Ă©nergĂ©tique ainsi qu’à sa position particuliĂšrement privilĂ©giĂ©e dans le flanc sud de la MĂ©diterranĂ©e, l’AlgĂ©rie jouit d’une influence certaine au niveau des ensembles rĂ©gionaux auxquels elle appartient (Union africaine, Ligue arabe, dialogue euro-mĂ©diterranĂ©en, etc.). Aussi, l'AlgĂ©rie a su montrer son importante puissance d'influence parfois supĂ©rieure Ă  son « potentiel propre Â» (Ă©conomique, militaire, population)130. Elle a en effet contribuĂ© avec succĂšs au rĂšglement d’un certain nombre de crises comme la libĂ©ration des otages amĂ©ricains en 1981, et plus rĂ©cemment en 2000 avec la signature de l’accord de paix entre l’ÉrythrĂ©e et l’Éthiopie.

Les organisations internationales auxquelles participe l’AlgĂ©rie sont recensĂ©es dans le tableau ci-dessous :


Drapeau algérien Relations internationales de l'Algérie Drapeau algérien

AIEA · APPA · BAD · BADEA · BAFD · BIRD · BIsD · CCD · CIO · CMT · CNUCED · CICR · FADES · FAO · FMA · FMI · FIDA · G-15 · G-19 · G-24 · G-77 · HCR · IFRCS · ISO · Inmarsat · Intelsat · Interpol · LA · MNA · MONUC · OACI · OCI · OEA (observateur) · OIAC · OIM (observateur) · OHI · OIT · OMC (candidat) · OMI · OMM · OMPI · OMS · OMT · OPAEP · OUA · ONU · ONUDI · OPEP · OSCE (partenaire) · UA · UIT · UMA · UPU · UNESCO

Puissance militaire

Article dĂ©taillĂ© : ArmĂ©e nationale populaire.
Insigne de l'armée nationale populaire
Corvette lance-missiles de fabrication algérienne

L’ArmĂ©e algĂ©rienne est appelĂ©e ArmĂ©e nationale populaire (ANP). Elle est composĂ©e des commandements des forces terrestres, navales, aĂ©riennes et de la DĂ©fense aĂ©rienne du territoire (DAT). Le sommet de la hiĂ©rarchie militaire aboutit au chef de l'État, constitutionnellement chef suprĂȘme des Forces armĂ©es et ministre de la DĂ©fense nationale. La composition de l'armĂ©e algĂ©rienne rĂ©vĂšle un effectif d'environ 150 000 hommes (appelĂ©s au service militaire) et d'actifs 131. Elle est Ă©galement assistĂ©e par le corps de la Gendarmerie nationale composĂ© de 60 000 membres, ainsi que d'un corps d'Ă©lite de 5 000 gardes rĂ©publicains, dĂ©pendant du ministĂšre de la DĂ©fense.

En 2006, le budget algĂ©rien de la dĂ©fense occupait 3,3 % du PIB, soit environ 3,8 milliards USD. Son principal fournisseur d'armes depuis l'indĂ©pendance a Ă©tĂ© l’Union soviĂ©tique. Cependant, depuis la chute de cette derniĂšre Ă  l'issue de la guerre froide, l’AlgĂ©rie a procĂ©dĂ© Ă  une diversification de ses approvisionnements en armes, en se tournant notamment vers des pays comme les États-Unis d’AmĂ©rique, la Chine et l’Afrique du Sud. Mais il reste que le matĂ©riel russe occupe toujours une place prĂ©pondĂ©rante au sein du parc militaire algĂ©rien, cette position a Ă©tĂ© davantage renforcĂ©e par la signature en 2006 d’un contrat trĂšs important de livraisons militaires132.

Par ailleurs, l’armĂ©e algĂ©rienne construit certains types d’armements, cela va des patrouilleurs et corvettes pour la Marine de guerre, jusqu’aux vĂ©hicules blindĂ©s de transport de troupes pour l’armĂ©e de Terre. Elle s’est en outre lancĂ©e depuis l'annĂ©e 2000 dans un processus de professionnalisation, qui vise Ă  terme Ă  adapter l’organisation de cette institution aux standards internationaux (notamment ceux de l’OTAN), le corollaire de cette transformation Ă©tant l’intĂ©gration de l’AlgĂ©rie au sein du dispositif de l’OTAN en MĂ©diterranĂ©e.

Découpage administratif

Article dĂ©taillĂ© : Wilayas d'AlgĂ©rie.

L'AlgĂ©rie est divisĂ©e sur le plan administratif en 48 wilayas. La wilaya constitue une circonscription administrative, sorte de prĂ©fecture, dotĂ©e d'une assemblĂ©e Ă©lue, l' APW (« AssemblĂ©e populaire de wilaya Â») et placĂ©e sous l'autoritĂ© d'un wali (prĂ©fet)133 nommĂ© par le prĂ©sident de la RĂ©publique. Elles sont divisĂ©es en daĂŻras, lesquelles sont divisĂ©es Ă  leur tour, en communes (1541). Chaque commune possĂšde sa propre instance dĂ©libĂ©rante, l'APC (« AssemblĂ©e populaire communale Â») qui Ă©lit elle-mĂȘme son prĂ©sident, faisant office de maire. Chaque wilaya et daĂŻras porte le nom de son chef-lieu et a un budget indĂ©pendant rĂ©coltĂ© au niveau local. Le dernier dĂ©coupage administratif algĂ©rien date de 1985. Les wilayas, classĂ©es par leur indicatif, sont :

Carte des wilayas d'Algérie


1 Adrar
2 Chlef
3 Laghouat
4 Oum El-Bouaghi
5 Batna
6 Béjaïa
7 Biskra
8 Béchar
9 Blida
10 Bouira
11 Tamanrasset
12 Tébessa


13 Tlemcen
14 Tiaret
15 Tizi-Ouzou
16 Alger
17 Djelfa
18 Jijel
19 Sétif
20 Saida
21 Skikda
22 Sidi Bel AbbĂšs
23 Annaba
24 Guelma


25 Constantine
26 Médéa
27 Mostaganem
28 M'Sila
29 Mascara
30 Ouargla
31 Oran
32 El-Bayadh
33 Illizi
34 Bord-Bou-Arréridj
35 BoumerdĂšs
36 El-Taref


37 Tindouf
38 Tissemsilt
39 El Oued
40 Khenchela
41 Souk Ahras
42 Tipaza
43 Mila
44 AĂŻn Defla
45 NaĂąma
46 Aïn Témouchent
47 GhardaĂŻa
48 Relizane

Économie

Présentation

À partir de 1962, le gouvernement algĂ©rien a optĂ© pour une Ă©conomie planifiĂ©e fortement centralisĂ©e, les premiers objectifs consistaient Ă  donner Ă  l’AlgĂ©rie une indĂ©pendance sur le plan Ă©conomique par la rĂ©cupĂ©ration notamment des richesses nationales. Une sĂ©rie de nationalisations est menĂ©e Ă  ce titre, touchant notamment des entreprises Ă©trangĂšres. Par la suite un effort considĂ©rable d’industrialisation est dĂ©ployĂ©. Mais cette politique est aussitĂŽt contredite par la nouvelle donne qu'introduit le choc pĂ©trolier de 1986, l’État ne pouvant plus supporter durant cette pĂ©riode l’investissement financier qu’il consentait au profit des entreprises nationales, et n’était pas non plus en mesure de rĂ©pondre favorablement Ă  la nouvelle vague des demandes d'emploi qui ont largement crĂ» avec l’augmentation dĂ©mographique, que le pays a connue depuis l’indĂ©pendance. L’AlgĂ©rie recourt Ă  partir de 1988 au FMI afin de rĂ©aliser un ajustement structurel, un vaste programme de rĂ©formes est engagĂ© afin d’assurer une transition de l’économie socialiste vers une Ă©conomie de marchĂ©.

Aujourd’hui l’AlgĂ©rie prĂ©sente une situation Ă©conomique extrĂȘmement favorable tant sur le plan interne qu’au niveau externe, suite notamment Ă  l’augmentation trĂšs soutenue des prix du pĂ©trole, la croissance Ă©conomique du pays a suivi une progression constante et stable, passant de 2,1 % en 2001 Ă  5,3 % en 2005, avec un pic de 6,8 % en 2003, les projections pluriannuelles associĂ©es Ă  la loi de finances 2005 tablent sur un taux moyen de croissance de 5,3 % par an pour la pĂ©riode 2005-2009. MalgrĂ© la prĂ©sence de surliquiditĂ©s liĂ©e Ă  l’abondance des ressources pĂ©troliĂšres, l’inflation est maĂźtrisĂ©e grĂące au strict contrĂŽle qu’exerce la Banque d’AlgĂ©rie, le taux d’inflation Ă  la fin 2005 Ă©tait de 1,5 % contre 3,6 % pour 2004. Sur le plan externe, l'AlgĂ©rie est la troisiĂšme puissance Ă©conomique du continent africain avec un PIB de 171,3 milliards USD, derriĂšre l'Afrique du Sud avec 300,4 milliards USD et le Nigeria avec 220,3 milliards USD, le montant du PIB par tĂȘte d'habitant est estimĂ© en 2008 Ă  5,073 USD. D’aprĂšs The World Factbook, le classement de 2008 par produit intĂ©rieur brut (PIB) des principales puissances Ă©conomiques du continent africain rĂ©vĂšle l'ordre suivant :

MinistĂšre des Finances Ă  Alger
État PIB
Afrique du Sud Afrique du Sud 300,4 milliards de dollars US
Nigeria Nigeria 220,3 milliards de dollars US
AlgĂ©rie AlgĂ©rie 171,3 milliards de dollars US
Égypte Ă‰gypte 158,3 milliards de dollars US
drapeau de la Libye Libye 108,5 milliards de dollars US
Maroc Maroc 90,497 milliards de dollars US
Source: Dernier classement The World Factbook des pays par PIB (2008).

Production et investissement

L’AlgĂ©rie est un important producteur et exportateur de gaz naturel (5e producteur et 4e exportateur134) et de pĂ©trole (13e producteur et 9e exportateur135), et dispose aussi de rĂ©serves importantes de fer au Sud-Ouest, ainsi que d’or, d’uranium et de zinc Ă  l’extrĂȘme Sud. Le pĂ©trole et le gaz naturel, exploitĂ©s par la sociĂ©tĂ© nationale Sonatrach, sont les principales sources de revenus. L’AlgĂ©rie a su diversifier son Ă©conomie en rĂ©formant son systĂšme agraire et en modernisant son industrie lourde, mais les hydrocarbures constituent encore la quasi-totalitĂ© des exportations. En outre, mĂȘme si parmi les productions agricoles de l'AlgĂ©rie, le pays est dans le monde le 1er producteur de fĂšve verte, 5e de figue, 6e de datte, 9e d'abricot ou encore 10e d'amande136, il est le 5e pays qui exporte le moins sa production agricole137. La dette extĂ©rieure de l’AlgĂ©rie s’élevait en dĂ©cembre 2007 Ă  880 millions USD contre 4,7 milliards USD en 2006 – le pays est en train de rembourser par anticipation de vastes parts de ses dettes, utilisant ainsi l’afflux de devises inattendues liĂ©es Ă  la hausse du prix du pĂ©trole avant la chute de fin 2008 (voir : Pic pĂ©trolier).

Parts des différents secteurs dans le PIB (2006)

Avec la libĂ©ralisation progressive de son Ă©conomie138, l’AlgĂ©rie commence Ă  sĂ©duire de plus en plus d’investisseurs Ă©trangers, notamment aprĂšs la promulgation de la loi n° 02-01 du 5 fĂ©vrier 2002 qui pose les principes de base de la libĂ©ralisation des marchĂ©s de l’électricitĂ© et de la distribution du gaz par canalisations et la crĂ©ation de la Commission de rĂ©gulation de l’électricitĂ© et du gaz (CREG).

L’AlgĂ©rie vient en tĂȘte de la rĂ©gion MEDA en termes de « flux d’investissements Â», souligne une Ă©tude sur l’investissement direct Ă©tranger en 2004 dans la rĂ©gion MEDA, du rĂ©seau euro-mĂ©diterranĂ©en des agences de promotion des investissements (Anima)139. Le document prĂ©cise que la reprise « trĂšs nette Â» observĂ©e en 2004 est largement due au secteur de l’énergie. Les IDE commencent cependant Ă  s’élargir Ă  d’autres domaines que les hydrocarbures tels que les tĂ©lĂ©communications, le tourisme, l’industrie, etc. Autant de projets qui font qu’aujourd’hui, note le document d’Anima, l’AlgĂ©rie devient une destination pour les IDE, malgrĂ© un climat d’investissement qui reste Ă  amĂ©liorer. Le montant des investissements annoncĂ© par le Mediterranean Investiment Project Observatory (MIPO) pour l’AlgĂ©rie est de 5,857 milliards d’euros pour 59 projets contre 2,519 milliards d’euros en 2003 pour 31 projets.

La croissance Ă©conomique a Ă©tĂ© obtenue en premier lieu par le secteur du bĂątiment et des travaux publics (+7,1 %), suivi de celui des hydrocarbures (+5,8 %) et des services (+5,6 %), alors que l’agriculture n’a progressĂ© que de 1,9 %.

L'Algérie possÚde les plus importantes réserves de lithium au monde. Cette matiÚre étant le combustible indispensable à la composition des moteurs de voitures électriques futures. Les réserves sont situées dans le Bassin sédimentaire Méditerranéen et risque de poser des problÚmes de concurrences et de conflits entre les différents pays avoisinants pendant l'aprÚs-pétrole140. , 141142. De plus, l'Algérie possÚde également de nombreux grands lacs salés. Majoritairement des Chotts et des Sebkhas ( de superficie plus petite ) .

Principaux indicateurs économiques
Indicateur valeur
PIB 171,3 milliards USD (2008)
PIB/habitant nominal 5,073 USD (2008)
PIB/habitant PPA 7,952 USD (2008)
Croissance hors hydrocarbure 6,5 % (2007)
Inflation 3,5 % (2007)
ChĂŽmage 11.3% (quatriĂšme trimestre 2008)143
Réserves de change 146 milliards USD (fin Novembre 2009)143144
Dette extérieure 486 millions USD (fin Septembre 2009)145146
Dette publique 11 milliards USD (fin Décembre 2009)147
Solde budgĂ©taire +3,9 % du PIB (2003)
Exportations 63,3 milliards USD (2007) )148
Importations 26,13 milliards USD (2007)
Production pétroliÚre 1,450 million de barils par jour (2004)
Réserves pétroliÚres 43 milliards bep (2006)
Réserves de gaz 4 500 milliards de mÚtres cubes
Investissements directs Ă©trangers : 5,25 milliard USD (2008)
Source : PrĂ©sidence de la RĂ©publique AlgĂ©rienne149

Commerce extérieur

Évolution du commerce extĂ©rieur de l'AlgĂ©rie de 1999 Ă  2006

La balance commerciale de l’AlgĂ©rie demeure fortement tributaire des revenus que gĂ©nĂšre la vente du pĂ©trole et du gaz qui constituent Ă  eux seuls plus de 97 % du volume global des exportations en 2007150 - . Ainsi, Ă  la faveur de l’envolĂ©e des prix des matiĂšres premiĂšres depuis le dĂ©but du XXIe siĂšcle, l’AlgĂ©rie et Ă  l’instar des autres pays producteurs de pĂ©trole et de gaz, a dĂ» enregistrer un renflouement exceptionnel de ses recettes en devises, permettant ainsi une trĂšs nette amĂ©lioration des indicateurs macro-Ă©conomiques. En 2007, le volume des exportations s’élĂšve Ă  63,3 milliards de dollars contre 26,13 milliards pour les importations, permettant ainsi de totaliser un excĂ©dent commercial record de 37,17 milliards $. Le principal partenaire commercial de l’AlgĂ©rie est l’Union europĂ©enne, avec qui elle rĂ©alise plus de la moitiĂ© de son commerce extĂ©rieur; Au niveau des clients, les États-Unis viennent en tĂȘte avec un volume d'Ă©changes de 19 milliards $, suivis par l'Italie et l'Espagne.

Les échanges entre la Chine et l'Algérie s'élÚvent à plus de 3.8 millirads de dollars151.

L’Alliance d’Affaires Canada-AlgĂ©rie (AACA) s'occupe des investissements. Le taux d'Ă©change dĂ©passe les 3 millirads de dollars152.

Finances

Évolution des rĂ©serves de change de 1999 Ă  2007

À partir de 1966, toutes les banques ont Ă©tĂ© nationalisĂ©es. Les fonctions monĂ©taires et bancaires du gouvernement algĂ©rien sont centralisĂ©es dans le cadre de la Banque d’AlgĂ©rie, qui procĂšde Ă  partir de 1986, Ă  la libĂ©ralisation du secteur bancaire ainsi qu’à la constitution de banques privĂ©es. Soutenu dans cette entreprise par le FMI et la Banque mondiale, l’État algĂ©rien a entrepris des efforts d’assainissement de ses finances et a vu sa dette extĂ©rieure diminuer Ă  partir de la fin des annĂ©es 1990. L’AlgĂ©rie a achevĂ© Ă  ce titre le remboursement anticipĂ© de la totalitĂ© de sa dette rééchelonnĂ©e. En effet, des accords ont Ă©tĂ© signĂ©s sur le remboursement par anticipation de dettes notamment avec la Pologne, l’Arabie saoudite, la Turquie, l’Inde, la SlovĂ©nie et le Portugal, selon la presse locale. Avec ses crĂ©anciers publics du Club de Paris, l’AlgĂ©rie a clos Ă  la mi-novembre tout le processus de remboursement anticipĂ© pour un montant global de 7,75 milliards de dollars. Elle avait Ă©galement remboursĂ© par anticipation sa dette rééchelonnĂ©e avec le Club de Londres en septembre dernier pour un montant de 800 millions de dollars.L’encours de la dette extĂ©rieure est passĂ© de plus de 33 milliards de dollars en 1996 Ă  moins de 4,5 milliards de dollars en 2007. Le service de la dette en pourcentage des exportations de biens et de services est en outre passĂ© de 73,9 % en 1991 contre seulement 500 millions de dollars sur un volume global de 63,3 milliards de dollars. Les rĂ©serves en devises sont passĂ©es quant Ă  elles de moins de 5 milliards de dollars en 1999 Ă  plus de 110,18 milliards de dollars en 2007153.

Télécommunication

Le réseau des télécommunications en Algérie était peu développé, et l'inégalité des services en fonction des régions était trÚs importante. En dehors des zones urbanisées du nord de l'Algérie, le réseau était encore largement sous-développé, et les téléphones fixes et les ordinateurs y étaient trÚs limités. Mais, depuis 2000 avec la privatisation du marché des télécommunications, le secteur est cependant en nette amélioration154. Dans le cadre de cette libéralisation des marchés, une Autorité de régulation de la poste et des télécommunications (ARPT), assurant la régulation du secteur, a été créée. Le gouvernement a engagé en outre de nombreuses mesures dans le but de développer et d'améliorer les technologies et le réseau des télécommunications. Mais, les problÚmes de surfacturation demeurent en Algérie155.

Ainsi, le secteur de la tĂ©lĂ©phonie mobile est passĂ© pour la pĂ©riode 2001-2006 de 100 000 Ă  plus de 20 millions d'abonnĂ©es, et connaĂźt de 2005 Ă  2006 un taux de pĂ©nĂ©tration de 67,8 %156. L'Ă©volution du marchĂ© de tĂ©lĂ©phone fixe est toutefois relativement stagnante et l'accĂšs Ă  Internet est encore peu rĂ©pandu malgrĂ© l'important dĂ©ploiement de nouvelles technologies (dont le rĂ©seau de fibre optique de 23 457 km). Selon la Banque mondiale, en 2005, l'AlgĂ©rie avait en moyenne 494 lignes tĂ©lĂ©phoniques pour 1 000 personnes et environ 58 pour les utilisateurs Internet. En AlgĂ©rie, l'opĂ©rateur privĂ© Djezzy, en partenariat avec RIM, a lancĂ© en avant-premiĂšre au Maghreb, le 15 novembre 2006, la premiĂšre offre BlackBerry. L'opĂ©rateur Djezzy (Orascom TĂ©lĂ©com AlgĂ©rie) a lancĂ© le BlackBerry en 2007 suivi par l'opĂ©rateur historique Mobilis(AlgĂ©rie TĂ©lĂ©com).

Indicateur Valeur
TĂ©lĂ©phonie mobile 28 millions d’abonnĂ©s (fĂ©vrier 2008)
Lignes de téléphone 5 millions (2007)
Connexions Internet 6,80 millions d’utilisateurs (2006)
Source : AutoritĂ© de rĂ©gulation (ARPT) (AlgĂ©rie)154.

Transport

Article dĂ©taillĂ© : Transport en AlgĂ©rie.
Métro d'Alger
Tracé de l'Autoroute Est-Ouest
Rocade Sud d'Alger au niveau de la sortie d'El Harrach

MĂȘme si quelques rĂ©gions algĂ©riennes demeurent encore isolĂ©es en raison de l'absence d'infrastructure routiĂšre, le rĂ©seau routier algĂ©rien est le plus dense du continent africain157, sa longueur est estimĂ©e Ă  108 302 km de routes (dont 76 028 km goudronnĂ©es) et plus de 3 756 ouvrages d'art. Ce rĂ©seau devrait ĂȘtre complĂ©tĂ© par un important tronçon de 1 216 km qui est en voie de rĂ©alisation, et qui devrait Ă  terme relier la ville d'Annaba de l'extrĂȘme Est jusqu'Ă  la ville de Tlemcen Ă  l'extrĂȘme Ouest 158. Le rĂ©seau ferroviaire est quant Ă  lui estimĂ© Ă  4 200 km, il connaĂźt depuis peu une Ă©lectrification au niveau de certains tronçons, ce qui doit conduire incessamment Ă  l'installation de trains Ă  grande vitesse qui devraient relier les villes les plus importantes du pays 159. L'ouverture attendue pour fin 2009 du mĂ©tro d'Alger, d'une longueur de 14 km et desservant 16 stations, fera d'Alger la premiĂšre ville du Maghreb Ă  ĂȘtre Ă©quipĂ©e d'un mĂ©tro souterrain (Tunis disposant depuis 1985 d'un mĂ©tro lĂ©ger). Pour l'activitĂ© portuaire, elle est principalement dominĂ©e par les exportations d'hydrocarbures. Le premier port d'AlgĂ©rie est de loin celui d'Arzew, par lequel transite la plus grande part des exportations de pĂ©trole brut d'AlgĂ©rie, et avec un trafic annuel de 40 millions de tonnes de cargaisons.
L'Algérie compte 35 aéroports, dont 13 internationaux. Le plus important est l'Aéroport d'Alger avec une capacité, depuis 2006, de 6 millions de passagers par an. Air Algérie, la compagnie aérienne nationale, domine quant à elle le marché du transport aérien qui compte depuis son ouverture à la concurrence 8 autres compagnies privées. Elle s'occupe de plusieurs lignes vers l'Europe, l'Afrique, le Canada, la Chine, le Moyen-Orient. Plusieurs compagnies aériennes étrangÚres ont des vols vers l'Algérie(Tunisair, Royal Air Maroc, Air France, Alitalia, Aigle Azur, Lufthansa, Turkish Airlines, British Airways, etc.).

L'AlgĂ©rie est traversĂ©e du Nord au Sud par la route transsaharienne, qui est maintenant goudronnĂ©e sur sa quasi-totalitĂ© et est mĂȘme une autoroute sur le dĂ©but de sa partie Nord. Cette route est poussĂ©e en avant par le gouvernement pour accroĂźtre le commerce entre les six pays traversĂ©s par la route transsaharienne (AlgĂ©rie, Mali, Niger, Nigeria, Tchad et Tunisie).

La Compagnie nationale algérienne de navigation (CNAN) et l'Entreprise nationale de transport maritime de voyageurs sont des acteurs du transport maritime en Algérie. Plusieurs transbordeurs (navire traversier) font la liaison des passagers vers les cÎtes européennes ainsi que le transport de marchandises à travers le monde160.

Plusieurs grandes villes (Alger, Batna, Constantine, Oran, etc.) se doteront du tramway 161.

Dans la majoritĂ© des villes, les bus privĂ©s et de l'État possĂšdent des lignes qui deservent la plupart des quartiers. Ainsi Ă  Alger la compagnie nationale Entreprise de transport urbain et suburbain d'Alger Ă©prouve des difficultĂ©s face Ă  la demande des citoyens162. Les mĂ©gabus ont Ă©tĂ© ajoutĂ©s au transport pour amĂ©liorer les services163. Mais, la modernisation des trains de banlieue et l'ouverture de nouveau tĂ©lĂ©fĂ©riques faciliteront le dĂ©placement des gens dans la capitale et aussi dans certaines villes.

Avec 4314 morts sur 16 282 accidents de la route recensĂ©s par la Direction gĂ©nĂ©rale de la SĂ»retĂ© nationale en 2003, l’AlgĂ©rie serait le quatriĂšme pays le plus dangereux au niveau mondial en ce qui concerne la circulation automobile164. La raison principale est « l’extraordinaire banalisation d’une conduite suicidaire sur les routes du pays Â»164.

Indicateur Valeur
Routes 108 302 km (dont 76 028 km goudronnĂ©es) (2004)
Nombre d’aĂ©roports 35 (dont 13 internationaux) (2005)
Voies ferrĂ©es 4 200 km (dont 283 km Ă©lectrifiĂ©es) (2005)
Nombre de ports 40 ports, 11 mixtes, 2 destinés aux hydrocarbures
Nombre de voitures 5,5 millions de véhicules (2009)
Source : PrĂ©sidence de la RĂ©publique algĂ©rienne165 et CIA World Factbook.

Sciences

Université Abderrahmane Mira de Béjaïa

L'AlgĂ©rie est avancĂ© dans la recherche dans le domaine Ă©nergĂ©tique et spatial. L'Ă©nergie solaire et Ă©olienne a fait un bon en avant depuis les derniĂšres annĂ©es. En effet, l'AlgĂ©rie possĂšde le potentiel solaire le plus important de tout le pourtour du bassin mĂ©diterranĂ©en. Ce potentiel est ainsi estimĂ© Ă  169, 440 tĂ©rawatts heure/an (TWH/an) pour le solaire thermique, et de 13,9 TWH/an pour le solaire photovoltaĂŻque. l’AlgĂ©rie lance plusieurs projets dans la crĂ©ation d’un technopĂŽle solaire Ă  Hassi R'Mel, douĂ© d’une capacitĂ© de 150 MW/an, et opĂ©rationnel Ă  la fin de l’annĂ©e 2008. Ce projet aura une capacitĂ© de production 6000 MW d'Ă©lectricitĂ© d’ici 2015, soit 5% de la production globale d’électricitĂ© d’ici 2010. L’AlgĂ©rie se classe comme le futur premier fournisseur de l’Europe en Ă©nergie solaire166. Dans le domaine spatial et satellitaire, l'Agence spatiale algĂ©rienne s'occupe de tous les programmes pour satisfaire la demande de la population notamment dans les tĂ©lĂ©communications. Le plus important projet fut le Programme Alsat. Le nuclĂ©aire algĂ©rien a un but pacifique. Depuis les annĂ©es 1980, le RĂ©acteur de AĂŻn Oussara et de Draria produisent de l'Ă©nergie atomique. Le rĂ©acteur nuclĂ©aire NUR (lumiĂšre) situĂ© Ă  Draria prĂšs d'Alger, est d'une puissance de 1 mĂ©gawatt, fonctionnant Ă  l'eau lĂ©gĂšre. Il s'agit d'un rĂ©acteur de recherche. Construit en collaboration avec l'Argentine, il a Ă©tĂ© inaugurĂ© officiellement en 1989 167. Mais la premiĂšre centrale nuclĂ©aire verra le jour en 2020, un accord a Ă©tĂ© signĂ© avec la France, les États-Unis, etc 168 , 169. Actuellement, l'AlgĂ©rie dĂ©veloppe l'Ă©nergie durable aprĂšs le pĂ©trole et le gaz.

Société

La sociĂ©tĂ© algĂ©rienne est en majoritĂ© composĂ©e de jeunes. Plusieurs associations caritatives et organismes sont prĂ©sidĂ©s par des femmes, elles travaillent pour donner des soins et pour aider les gens surtout dans les rĂ©gions rurales et dans les hĂŽpitaux 170. Le cas de Mounib atteint de spinabifida a fait intervenir toute la communautĂ© algĂ©rienne de l'extĂ©rieur(diaspora algĂ©rienne) et de l'intĂ©rieurs pour qu'il ait des soins d'urgence aux États-Unis en 2008171,172.

Au cours d'une enquĂȘte entre 2006 et 2007, la Fondation nationale pour la promotion de la santĂ© et le dĂ©veloppement de la recherche (FOREM) a dĂ©couvert que 38,3 des mariages du pays sont consanguins173. Bir el-Ater prĂšs de TĂ©bessa vient en tĂȘte du classement avec un taux de 88% de cas de consanguinitĂ©, alors que le taux le plus faible est enregistrĂ© Ă  Oran avec seulement 18,5%174.

Démographie

Article dĂ©taillĂ© : DĂ©mographie de l'AlgĂ©rie.
Jeunes Algérois dans les rues de la Casbah
Plage du Club des pins Ă  Alger

L'AlgĂ©rie comptait 33,8 millions d'habitants en janvier 2007 avec un taux de croissance annuel de 1,21 % contre 7,4 %175 durant les annĂ©es 1970. Cette baisse sensible de la natalitĂ© s'explique en partie par le recul de l'Ăąge du mariage et Ă  l'amĂ©lioration du niveau d'instruction des filles. Cependant, avec 50 millions d'habitants en 2050, les prĂ©visions dĂ©mographiques placent l'AlgĂ©rie parmi les 40 pays les plus peuplĂ©s du monde176. Environ 90 % des AlgĂ©riens vivent sur un peu plus de 10 % du territoire, concentrĂ©s le long des cĂŽtes mĂ©diterranĂ©ennes. La densitĂ© de la population moyenne du pays est de 14 habitants/kmÂČ. Cependant, ce chiffre reflĂšte mal une rĂ©partition inĂ©gale, elle dĂ©passe en effet les 100 habitants/kmÂČ pour les rĂ©gions du nord, principales rĂ©gions peuplĂ©es de l'AlgĂ©rie. PrĂšs de la moitiĂ© des AlgĂ©riens a moins de 19 ans. Le pays connaĂźt aussi un taux important d’émigration. La France abrite la plus importante communautĂ© algĂ©rienne Ă  l'Ă©tranger, estimĂ©e Ă  900 000 personnes, dont prĂšs de 450 000 binationaux177. Le taux de migration est nĂ©gatif (-0,33‰), car le taux d'Ă©migration n'est qu'en partie compensĂ© par l'immigration de populations venues des pays du sud. L'AlgĂ©rie abrite notamment dans la rĂ©gion de Tindouf prĂšs de 165 000 rĂ©fugiĂ©s sahraouis178 ayant fui le Sahara Occidental suite Ă  l'invasion marocaine de 1975.

Les Algériens sont principalement de souches berbÚre (amazigh), et les différentes vagues de peuplement composées de Phéniciens, de Romains, de Vandales, de Byzantins et enfin d'Arabes qui se sont succédé jusqu'au premier millénaire de notre Úre ont peu modifié la composition ethnique de la population.
Les musulmans orientaux ont converti l’ensemble du Maghreb Ă  l’islam au VIIe siĂšcle et y ont Ă©tabli leur religion et la langue arabe, langue liturgique. L’apport dĂ©mographique arabe n’a Ă©tĂ© significatif en AlgĂ©rie qu’à partir du XIe siĂšcle, notamment par l’arrivĂ©e de tribus d’Hilaliens, estimĂ©es cependant Ă  quelques dizaines de milliers179 et environ 250 000 sur l’ensemble de l’Ifriqiya180. Aussi d'aprĂšs ces estimations, la principale souche trĂšs majoritaire des AlgĂ©riens est berbĂšre181,182. Les « invasions hilaliennes Â» furent donc un facteur principalement important dans l’arabisation linguistique de la BerbĂ©rie183. Selon l'historien Charles-Robert Ageron184, en 1886, l'AlgĂ©rie comptait environ 1,2 million de berbĂ©rophones (Chaouis, Kabyles, Touaregs...) contre environ 1,1 million d'« Arabes Â». L'arabisation plus massive de l'AlgĂ©rie est donc relativement rĂ©cente et s'est surtout accĂ©lĂ©rĂ©e, paradoxalement, durant la colonisation française entre 1850 et 1950. Parmi les rĂ©gions restĂ©es berbĂ©rophones, notamment en raison de leur enclavement gĂ©ographique (montagnes, oasis) ou religieux185, les Kabyles et les Chaouis sont les plus nombreux.

Structure de la population de l'Algérie
Évolution dĂ©mographique
Population 33 800 000 habitants
DensitĂ© de la population 13,8 hab./kmÂČ
Taux de croissance de la population 1,69 %
Âge mĂ©dian (population totale)
 - Hommes
 - Femmes
24,9 ans
24,7 ans
25,1 ans
Structure par Ăąge
 - 0-14 ans
 - 15-64 ans
 - 65 ans et plus

28,1 %
67,1 %
4,8 %
Rapport de masculinité (population totale)
 - À la naissance
- Moins de 15 ans
- 15-64 ans
- 65 ans et plus
1,02 homme/femme
1,05 homme/femme
1,04 homme/femme
1,02 homme/femme
0,88 homme/femme
Part de la population urbaine 59 %
Sources: The World Factbook, CIA186; ONU187; FAO; Office National des Statistiques algeriennes
Natalité en Algérie
Taux brut de natalitĂ© 21,36 â€°
Indice synthĂ©tique de fĂ©conditĂ© 1,90 enfant(s)/femme
Source: Statistiques Algérie188; The World Factbook, CIA186; INED


Mortalité en Algérie
Taux brut de mortalitĂ© 4,61 â€°
Taux de mortalité infantile (population totale)
- Hommes
- Femmes
29,87ʉۡ
33,62ʉۡ
25,94ʉۡ
Espérance de vie à la naissance (population totale)
 - Hommes
 - Femmes
73.26 ans
71.68 ans
74.92 ans
Source: The World Factbook, CIA186


Autres indicateurs sociaux
 en AlgĂ©rie
Taux d'alphabétisation (population totale)
- Hommes
- Femmes
70,0 %
78,8 %
61,0 %
Nombre moyen d'annĂ©es passĂ©es Ă  l'Ă©cole 11 ans
Taux de séropositivité au VIH/SIDA
(chez les adultes)
0,1 %
Taux d'accĂšs Ă  l'eau potable 89 %
Taux de chĂŽmage 17,1 %
Sources: The World Factbook, CIA186; ONU189,190

FĂȘtes

FĂȘtes lĂ©gales
Date Nom Indication
1er janvier Jour de l'an Premier jour de l'annĂ©e du calendrier grĂ©gorien
1er mai FĂȘte du Travail Jour fĂ©riĂ© Ă  l’occasion duquel plusieurs manifestations syndicales sont organisĂ©es, notamment par l’UGTA.
5 juillet FĂȘte de l’IndĂ©pendance et de la Jeunesse ProclamĂ©e le jeudi 5 juillet 1962
1er novembre Anniversaire de la RĂ©volution algĂ©rienne DĂ©clenchement de la RĂ©volution le lundi 1er novembre 1954
FĂȘtes religieuses pour l'annĂ©e 2007191
Date Nom Indication
20 janvier Awal muharram Premier jour de l’annĂ©e musulmane (HĂ©gire)
29 janvier Achoura FĂȘte
31 mars al-Mawlid an-nabaoui Jour de la naissance du prophĂšte Mahomet (cette fĂȘte est considĂ©rĂ©e comme d'essence non-religieuse par la majoritĂ© des thĂ©ologiens)
13 octobre Aïd el-Fitr (ou Aïd es-Seghir) Fin du ramadan, mois de jeûne et de priÚres pour les musulmans (2 jours)
20 dĂ©cembre AĂŻd El Adha (ou AĂŻd el-Kebir) « la fĂȘte du sacrifice Â», commĂ©moration de la soumission d’Abraham Ă  Dieu, marque la fin du pĂšlerinage Ă  La Mecque (2 jours)

L'AlgĂ©rie a adoptĂ© le week-end semi-universel (vendredi/samedi) en aoĂ»t 2009 pour s'adapter Ă  l'Ă©conomie des pays occidentaux. Le repos hebdomadaire Ă©tait fixĂ© depuis 1976 au jeudi et vendredi, Ă  la diffĂ©rence de la plupart des pays de tradition islamique qui avaient dĂ©jĂ  choisi le week-end universel (samedi/dimanche) ou semi-universel. Les jours fĂ©riĂ©s algĂ©riens sont inscrits dans la loi no 63/278 du 26 juillet 1963, modifiĂ©e et complĂ©tĂ©e des ordonnances no 66/153 et no 68/149192. Cependant, d'autres fĂȘtes non-officielles, islamiques, berbĂšres ou nationalistes, sont Ă©galement cĂ©lĂ©brĂ©es. Les quatre principales fĂȘtes berbĂšres sont : Yennayer (Nouvel an du calendrier berbĂšre, 12-13 janvier), Tafsut Imazighen (« Printemps berbĂšre Â», 20 avril), Amenzu n tfsut (27 juillet), et Amenzu n tyerza (29 octobre). Parmi les fĂȘtes nationalistes sont commĂ©morĂ©es les massacres de SĂ©tif du 8 mai 1945 ou encore la date anniversaire du CongrĂšs de la Soummam, tenu en 1956 et qui organisa la lutte des AlgĂ©riens pour leur indĂ©pendance.

Religions

La mosquée et université islamique de la ville de Constantine
L'abside. Saint Augustin et les Cardinaux d'Alger

L’islam sunnite est la religion d'État193 et celle de 99 % des AlgĂ©riens194. Ceux-ci sont majoritairement de rite malĂ©kite, mais on trouve Ă©galement des communautĂ©s ibadites comme dans le Mzab.

Il existe aussi plusieurs confréries soufies ou autres, les zaouïas. Ces derniers ont un grand rÎle dans la société algérienne.

Le ministĂšre des Affaires religieuse et des Wakfs gĂ©re tout ce qui est reliĂ© Ă  la religion (calendrier musulman, les horaires de priĂšres, les jours de fĂȘtes religieuses, l'annonce du ramadan, le pĂšlerinage Ă  la Mecque, l'entretien des mosquĂ©es, etc)195. Le Haut conseil islamique s'occupe des affaires religieuse dans le pays et il est formĂ© d'un prĂ©sident et de membres196. Son rĂŽle est dictĂ© par la constitution algĂ©rienne.

Plusieurs cĂ©rĂ©monies religieuses cĂ©lĂšbrent la naissance du prophĂšte de l'islam Mahomet depuis des siĂšcles. À ces occasions, l'usage de pĂ©tards provoque des hospitalisations chaque annĂ©e.

Les rĂ©citants du Coran et les enfants circoncis reçoivent des cadeaux de la part des diffĂ©rents ministĂšres et associations comme Ihssan lors des fĂȘtes religieuses.

La constitution garantit Ă  tous les citoyens une libertĂ© du culte, et l'État en assure la protection. Les imams, les prĂȘtres et les rabbins dĂ©pendent du ministĂšre des Cultes et sont rĂ©munĂ©rĂ©s par l’État. Le gouvernement contribue au financement des mosquĂ©es, des imams et de l'Ă©tude de l'islam dans les Ă©tablissements scolaires. L’enseignement de la charia (les lois de la religion islamique) est devenu depuis septembre 2005 obligatoire dans toutes les filiĂšres du secondaire. En outre, le gouvernement a intensifiĂ© le contrĂŽle de l'enseignement religieux scolaire, des prĂȘches dans les Ă©tablissements religieux et l'interdiction de la distribution d'ouvrages religieux faisant la promotion de la violence.

Les Églises protestantes d'AlgĂ©rie avançant le chiffre de 50 000 fidĂšles en 2008197, le ministĂšre des Affaires religieuses reconnait 11 000 chrĂ©tiens dans le pays, essentiellement catholiques198.

La libertĂ© de culte, pleinement applicable Ă  l'islam, s'accompagne de restrictions pour les autres religions, comme la prohibition du prosĂ©lytisme ou encore l'obligation pour toute prĂȘche d'ĂȘtre effectuĂ©e par une personne agrĂ©e par les autoritĂ©s 199. L'ordonnance no 06.03 du 28 fĂ©vrier 2006 fixant les conditions et rĂšgles d'exercice des cultes autres que musulman, approuvĂ©e par la loi no 06.09 du 17 avril 2006200, prĂ©voit la condamnation Ă  une peine de 2 Ă  5 ans de prison et d’une amende de 500.000 Ă  1.000.000 DA quiconque utilise des « moyens de sĂ©duction tendant Ă  convertir un musulman Ă  une autre religion Â» ou « qui visent Ă  Ă©branler la foi d’un musulman Â»199. Ces changements juridiques ont conduit Ă  de nombreux procĂšs et condamnations201..

Média

Logo de l'ENTV

Dans l'audio visuel, l'État garde le monopole depuis 1962. La tĂ©lĂ©vision algĂ©rienne s'est dĂ©mocratisĂ© pendant la nouvelle constitution de 89. Entreprise nationale de tĂ©lĂ©vision (ENTV) est l'entreprise nationale algĂ©rienne qui assure le service public de tĂ©lĂ©vision. Elle gĂšre la chaĂźne de tĂ©lĂ©vision du mĂȘme nom, le Canal AlgĂ©rie, l'AlgĂ©rie 3, l' Amazigh tv 4 en tamazight et le Coran tv 5 qui diffuse le Coran202. Elle achĂšte plusieurs Ă©missions du privĂ©e pour les diffuser. Le Canal AlgĂ©rie est diffusĂ© sur le Web en direct sans interruption 203.

LA Radio Algérienne est l'organisme public algérien de radiodiffusion. Il dispose de trois stations nationales, de deux stations thématiques et de 32 stations régionales. Cet organisme, qui revendique 20 millions d'auditeurs en Algérie, diffuse en arabe, berbÚre et français.

La presse écrite algérienne comprend deux langues: l'arabe et le français. La majorité de la presse écrite est privée. Cette presse est publié sur le Net quotidiennement sauf pour le vendredi (jour férié).

AlgĂ©rie Presse Service est l'agence de presse nationale algĂ©rienne. Elle est nĂ©e le 1er dĂ©cembre 1961, dans le sillage de la Guerre de libĂ©ration nationale, pour en ĂȘtre le porte-drapeau sur la scĂšne mĂ©diatique mondiale. Ses Ă©volutions successives dĂšs ses origines en font une agence de presse moderne proposant des services en ligne et par satellite.

La population en majoritĂ© prĂ©fĂšre regarder les chaines satellitaires ( françaises ou arabes). Le nombre de paraboles serait de 20 millions204. Un projet de loi est en train d'ĂȘtre Ă  l'Ă©tude pour interdir les paraboles sur les façades de maison qui donnent sur les rues et les boulvards204. Plusieurs opĂ©rateurs sont surplace, Camagraph, Stream System, Magenta, Condor, etc. Canal+ vient de signer un accord spĂ©cial avec l'AlgĂ©rie205..

Les journalistes algériens sont représentés par le Syndicat national des journalistes algériens (SNJ) et travaillent dans plusieurs quotidiens Algériens. Aussi, plusieurs journalistes travaillent dans les chaßnes arabes et ailleurs. Lors de la décennie noire, plus de 70 journalistes ont été assassinés et plusieurs arrestations dans le milieu journalistique206.

Ali Dilem est un dessinateur de presse algérien. Il publie ses caricatures dans le quotidien privée algérien Liberté (Algérie) et dans l'émission de télévision Kiosque de TV5Monde sur la chaßne francophone TV5.

Langue

Article dĂ©taillĂ© : Langues d'AlgĂ©rie.
Pancarte de bienvenue multilingue de la commune d'Isser (BoumerdÚs) transcrit en arabe, en berbÚre (tifinagh), et en français.

L’arabe classique est la langue officielle du pays, et depuis avril 2002 le berbĂšre est reconnu langue nationale207. Dans la vie courante, les AlgĂ©riens arabophones parlent en gĂ©nĂ©ral un arabe dialectal, le darija, proche de l’arabe classique de par son vocabulaire, il en est aussi assez proche syntaxiquement et grammaticalement. Le darija a conservĂ© certains mots et structures syntaxiques berbĂšres208 et a empruntĂ© certains termes au français.

Le berbĂšre ou tamazight se dĂ©cline en plusieurs variantes rĂ©gionales : chaoui dans les AurĂšs, chenoui dans la rĂ©gion du Chenoua, kabyle en Kabylie, mozabit dans le Mzab, ainsi que le touareg au Sahara et le chleuh Ă  la frontiĂšre marocaine. L'AlgĂ©rie grĂące aux populations touarĂšgues a conservĂ© aussi le systĂšme d'Ă©criture du berbĂšre:le tifinagh qui fut ensuite rĂ©introduit chez les autres communautĂ©s berberophones.

Les recensements sur base linguistique, ethnique ou religieuse Ă©tant interdits en AlgĂ©rie, il est difficile de connaĂźtre le nombre exact d’arabophones et de berbĂ©rophones. Cependant, d’aprĂšs certaines estimations, le chiffre varie de 70 Ă  85 % pour les AlgĂ©riens arabophones, et de 35 Ă  50 % pour les berbĂ©rophones209,208. Le français est Ă©galement extrĂȘmement rĂ©pandu : avec prĂšs de 22 millions de locuteurs francophones, l'AlgĂ©rie est le troisiĂšme pays francophone au monde, en nombre de locuteurs mais le deuxiĂšme en nombre de niveau210 aprĂšs la France. Le français est considĂ©rĂ© comme langue Ă©trangĂšre. L'Ă©tat algĂ©rien n'adhĂšre pas Ă  la Francophonie, mais il assiste aux rĂ©unions organisĂ©s par les pays membres.

La colonisation française a eu une certaine influence linguistique. En effet, certains mots employĂ©s par les AlgĂ©riens sont d’origine française, alors que ces mĂȘmes mots ont leur Ă©quivalent berbĂšre ou arabe, en usage avant la colonisation de l’AlgĂ©rie par la France. Aussi depuis l’indĂ©pendance de l’AlgĂ©rie, le gouvernement algĂ©rien a entamĂ© une politique d’arabisation systĂ©matique du pays, consistant Ă  imposer Ă  la population, et dans tous les domaines, l'arabe classique au mĂ©pris du darija et du berbĂšre.211

SystÚme éducatif

La future faculté de médecine d'Alger à Chùteauneuf

Depuis les annĂ©es 1970, s'inscrivant dans un systĂšme centralisĂ© qui avait pour objectif de rĂ©duire sensiblement le taux d'analphabĂ©tisme, le gouvernement algĂ©rien a instaurĂ© un dĂ©cret par lequel l'enseignement Ă  l’école est devenu obligatoire pour tous les enfants ĂągĂ©s entre 6 et 15 ans, qui ont la possibilitĂ© de suivre leur apprentissage scolaire Ă  travers les 20 262 Ă©tablissements construits depuis l'indĂ©pendance, Ă  prĂ©sent le taux d'alphabĂ©tisation avoisine les 78,7 % 212. L’arabe est utilisĂ© comme langue d’enseignement durant les neuf premiĂšres annĂ©es d’école, et ce depuis 1972. À partir de la 3e annĂ©e, le français est enseignĂ© et c’est aussi la langue d’enseignement pour les cours de sciences. Les Ă©lĂšves peuvent par ailleurs apprendre Ă  partir du moyen, l’anglais, l’italien, l’espagnol et l'allemand. En 2008, des nouveaux programmes ainsi qu'une nouvelle classe de primaire fait apparition, par consĂ©quent la scolaritĂ© obligatoire dĂ©marre non plus Ă  6 ans mais Ă  5 ans.

En dehors des Ă©tablissements privĂ©s, l’apprentissage Ă  l’école et Ă  l’universitĂ© de l’État se fait gratuitement. AprĂšs les neuf annĂ©es de l'Ă©cole primaire, les Ă©lĂšves peuvent aller au lycĂ©e (secondaire) ou dans une institution d’enseignement professionnel. Le lycĂ©e propose deux programmes : gĂ©nĂ©ral ou technique. À la fin de la troisiĂšme annĂ©e du secondaire, les Ă©lĂšves passent l’examen du baccalaurĂ©at, qui permet une fois qu’il est rĂ©ussi de poursuivre les Ă©tudes supĂ©rieures au sein des universitĂ©s et instituts.

L’AlgĂ©rie dispose par ailleurs de 26 universitĂ©s et de 67 Ă©tablissements d'enseignement supĂ©rieur, qui doivent accueillir en 2008 un million d'Ă©tudiants algĂ©riens et 80 000 Ă©tudiants Ă©trangers. L’universitĂ© d’Alger, fondĂ©e en 1879 est la plus ancienne, elle offre un enseignement dans plusieurs disciplines (droit, mĂ©decine, sciences et lettres). 25 de ces universitĂ©s et la quasi-totalitĂ© des Ă©tablissements spĂ©cialisĂ©s de l’enseignement supĂ©rieur ont Ă©tĂ© fondĂ©s aprĂšs l’indĂ©pendance du pays.

MĂȘme si un certain nombre d'entre elles proposent un enseignement en langue arabe Ă  l'instar des filiĂšres du droit et de l'Ă©conomie, La plupart des autres filiĂšres comme les sciences et la mĂ©decine continuent Ă  ĂȘtre dispensĂ©es en langue française. Parmi les universitĂ©s les plus importantes il y a l’UniversitĂ© d’Alger, l’UniversitĂ© de Constantine, l’UniversitĂ© d’Oran et l’UniversitĂ© des sciences et technologies d’Oran.

Culture

Article dĂ©taillĂ© : Culture algĂ©rienne.
Toile de l'artiste peintre M'hamed Issiakhem

Riche des diffĂ©rents apports qui la composent, la culture algĂ©rienne aura Ă©tĂ© façonnĂ©e par les diverses influences inhĂ©rentes Ă  l'espace gĂ©ographique auquel l’AlgĂ©rie appartient, et qui fait d'elle un vĂ©ritable carrefour de rencontres entre les cultures berbĂšre, arabo-islamique, mĂ©diterranĂ©enne, africaine et occidentale. Cependant, bien qu'elle revendique l'ensemble de ces influences, la culture algĂ©rienne se dĂ©marque par une forte spĂ©cificitĂ©, qui trouve son ancrage dans le cheminement particulier qui caractĂ©rise l'histoire de l'AlgĂ©rie par rapport Ă  sa sous-rĂ©gion. Dans le rayonnement qu'elle a pu avoir sur le monde, sans doute il est possible de citer de grands noms tels que saint Augustin, Juba II, l'Émir Abdelkader, Ibn Badis, Malek Bennabi ou encore Kateb Yacine et Mohammed Dib.

Littérature

Article dĂ©taillĂ© : LittĂ©rature algĂ©rienne.


L’AlgĂ©rie recĂšle, au sein de son paysage littĂ©raire, de grands noms ayant non seulement marquĂ© la littĂ©rature algĂ©rienne mais Ă©galement le patrimoine littĂ©raire universel dans trois langues : l’arabe, le berbĂšre et le français.

Dans un premier temps, la littĂ©rature algĂ©rienne est marquĂ©e par des ouvrages dont la prĂ©occupation Ă©tait l'affirmation de l'entitĂ© nationale algĂ©rienne par la description d'une rĂ©alitĂ© socioculturelle qui allait Ă  l'encontre des clichĂ©s habituels de l'exotisme, c'est Ă  ce titre qu'on assiste Ă  la publication de romans tels que la trilogie de Mohammed Dib, avec ses trois volets que sont la Grande Maison, l'Incendie et le mĂ©tier Ă  tisser, ou encore le roman Nedjma de Kateb Yacine213 qui est souvent considĂ©rĂ© comme une Ɠuvre monumentale et majeure. D'autres Ă©crivains connus contribueront Ă  l'Ă©mergence de la littĂ©rature algĂ©rienne parmi lesquels il y a Mouloud Feraoun214 ,215, Moufdi Zakaria, Mouloud Mammeri, Frantz Fanon, Jean Amrouche et Assia Djebar. Au lendemain de l'indĂ©pendance plusieurs nouveaux auteurs Ă©mergent sur la scĂšne littĂ©raire algĂ©rienne, ils s'imposeront notamment sur plusieurs registres comme la poĂ©sie, les essais ainsi que les nouvelles, ils tenteront par le biais de leurs Ɠuvres de dĂ©noncer un certain nombre de tabous sociaux et religieux, parmi eux il y a Rachid Boudjedra216, Rachid Mimouni, Tahar Djaout, Leila Sebbar, Abdelhamid Benhadouga, Yamina Mecharka et Tahar Ouettar.


Actuellement, une partie des auteurs algĂ©riens a tendance Ă  se dĂ©finir dans une littĂ©rature d’expression bouleversante, en raison notamment du terrorisme qui a sĂ©vi durant les annĂ©es 1990, l'autre partie se dĂ©finit dans un autre style de littĂ©rature qui met en scĂšne une conception individualiste de l'aventure humaine. Parmi les Ɠuvres rĂ©centes les plus remarquĂ©es il y a l’Écrivain, les hirondelles de Kaboul et l’attentat de Yasmina Khadra, Le serment des Barbares de Boualem Sansal, mĂ©moire de la chair de l'Ă©crivain d'expression arabe Ahlam Mosteghanemi et enfin le dernier roman d'Assia Djebar Nulle part dans la maison de mon pĂšre.


Théùtre

Article dĂ©taillĂ© : Théùtre en AlgĂ©rie.
Théùtre de la ville de Batna

Les origines du théùtre algĂ©rien remontent au dĂ©but du XXe siĂšcle. Selon Mahboub Stambouli, la premiĂšre piĂšce fut jouĂ©e en 1910217. Les premiĂšres piĂšces algĂ©riennes, Ă  cette Ă©poque Ă©taient sans rayonnement important en raison de la censure qu’exerçait la tutelle coloniale, qui craignait notamment que les piĂšces ne dĂ©rivent vers des sujets d’ordre subversif, par consĂ©quent les Ă©ternelles questions domestiques constituaient les thĂšmes principaux, mais qui Ă©taient cependant loin de reflĂ©ter la rĂ©alitĂ© socioculturelle des AlgĂ©riens. À partir des annĂ©es quarante, de grands noms du théùtre Ă©mergent tels que Mahiedine Bachtarzi, Rachid Ksentini218, Bach Djarah, Mme Keltoum, ces figures allaient constituer le premier noyau de dramaturges algĂ©riens qui allaient accompagner de façon soutenue, le mouvement d’affranchissement qui s’est saisi du peuple algĂ©rien, puisque durant la RĂ©volution algĂ©rienne, des troupes théùtrales faisaient des tournĂ©es Ă  travers plusieurs pays du monde, dans le but de faire connaĂźtre le combat que menaient les AlgĂ©riens contre la domination coloniale. AprĂšs l’indĂ©pendance, le théùtre va suivre la mĂȘme trajectoire que le cinĂ©ma. Cependant, l’avantage du théùtre a Ă©tĂ© d’ĂȘtre plus critique Ă  l’égard de certaines transformations sociales, politiques et culturelles que connaissait la sociĂ©tĂ© algĂ©rienne ; animĂ©es par des dramaturges de talent Ă  l’image de Kateb Yacine, ces piĂšces avaient pour thĂšmes dominants les principales prĂ©occupations des AlgĂ©riens face au changement de statuts et de mƓurs. Par la suite, une nouvelle vague de jeunes comĂ©diens et de dramaturges font leur apparition sur la scĂšne théùtrale, cette Ă©popĂ©e fut menĂ©e par des figures telles que Abdelkader Alloula219, Azeddine Madjoubi, Benguettaf et Slimane BenaĂŻssa. Leurs crĂ©ations ont Ă©tĂ© nombreuses et souvent de bonne qualitĂ©, parmi les piĂšces connues il y a Bab El-Foutouh brillamment interprĂ©tĂ©e par Madjoubi et Lejouad, Ă©crite et interprĂ©tĂ©e par Alloula, . De nos jours, l’activitĂ© théùtrale est marquĂ©e par des programmes de crĂ©ation locale et d’adaptation de piĂšces de grande renommĂ©e, l’AlgĂ©rie dispose Ă  ce titre d’un théùtre national, de sept théùtres rĂ©gionaux et de nombreuses troupes dites de « théùtre amateur Â».

Cinéma

Article dĂ©taillĂ© : CinĂ©ma algĂ©rien.

La naissance du cinĂ©ma algĂ©rien remonte essentiellement Ă  l’indĂ©pendance de l’AlgĂ©rie en 1962, se voulant en rupture avec le cinĂ©ma colonial qui prĂ©sentait souvent « l’indigĂšne Â» comme un ĂȘtre muet et Ă©voluant dans des dĂ©cors exotiques, c’est tout naturellement que le cinĂ©ma algĂ©rien de l’aprĂšs indĂ©pendance devait s’inscrire dans un registre oĂč l’affirmation de l’existence de l’État nation, constituait le sujet principal des diffĂ©rentes productions cinĂ©matographiques de l’époque, de lĂ  on assiste Ă  la rĂ©alisation de films tels que Le vent des AurĂšs220(1965) de Lakhdar Hamina, Patrouilles Ă  l’Est (1972) d’Amar Laskri, Zone interdite d'Ahmed Lallem, (1972), L'Opium et le bĂąton, d'Ahmed Rachedi, ou encore La bataille d'Alger (1966) qui est une production algĂ©ro-italienne qui fut Ă  trois reprises nominĂ©e aux oscars Ă  Hollywood, mais le film qui allait crĂ©er la plus grande consĂ©cration du cinĂ©ma algĂ©rien est sans doute celui du rĂ©alisateur Lakhdar Hamina dans Chronique des annĂ©es de braise, qui obtient la palme d’or au festival de Cannes au courant de l’annĂ©e 1975, l'AlgĂ©rie demeure d'ailleurs Ă  ce jour, la seule nation d'Afrique et du monde arabe Ă  avoir obtenu une telle distinction. Par la suite d’autres thĂšmes seront explorĂ©s Ă  l’occasion de films tels que Omar Guetlato du rĂ©alisateur Merzak Allouache, cette production qui a rencontrĂ© un succĂšs apprĂ©ciable, se veut comme une chronique des difficultĂ©s que peut rencontrer la jeunesse citadine. Sur le registre de la comĂ©die, plusieurs acteurs Ă©mergent Ă  l’image du trĂšs populaire Rouiched qui s’illustre dans plusieurs films comme Hassan terro ou Hassan Taxi, ou encore l’acteur Hadj Abderrahmane plus connu sous le pseudonyme de l'inspecteur Tahar qui s'impose grandement en 1973 dans une comĂ©die dĂ©lirante Les Vacances de l'inspecteur Tahar du rĂ©alisateur Moussa Haddad. À partir du milieu des annĂ©es 1980, le cinĂ©ma algĂ©rien s’apprĂȘte Ă  traverser une longue pĂ©riode de lĂ©thargie oĂč les grandes productions se font rares, cette situation s’explique grandement par le dĂ©sengagement progressif de l’État, qui trouve beaucoup de mal Ă  subventionner les rĂ©alisations cinĂ©matographiques. Quelques productions enregistrent cependant un grand succĂšs comme Carnaval fi Dachra produit par Mohamed Oukassi et Athmane Ariouat221 l'acteur principal en 1994 ou comme Salut cousin (1996) du producteur Marzak Allouache ou plus rĂ©cemment avec Rachida de la rĂ©alisatrice Yamina Bachir-Chouikh. Actuellement le cinĂ©ma algĂ©rien se trouve dans une phase de restructuration, Ă  ce titre plusieurs films ont Ă©tĂ© tournĂ©s durant les annĂ©es 2000, parmi lesquels il y a Viva LaldjĂ©rie du rĂ©alisateur Nadir MoknĂšche, En hammam de rĂȘve du rĂ©alisateur Mohamed Chichi, Ayrouwen du rĂ©alisateur Brahim Tsaki ou encore IndigĂšnes du rĂ©alisateur Rachid Bouchareb, le dernier succĂšs du cinĂ©ma algĂ©rien revient au film Mascarades du rĂ©alisateur Lyes Salem.

Biyouna, elle joue dans le dernier film de Nadir MoknĂšche, DĂ©lice Paloma, oĂč elle tient le rĂŽle principal (une mafieuse qui rĂ©pond au nom de Madame Aldjeria) en 2006 et elle s'apprĂȘte Ă  rĂ©pĂ©ter le rĂŽle du CoryphĂ©e dans Électre de Sophocle aux cĂŽtĂ©s de Jane Birkin dans une mise en scĂšne de Philippe Calvario. Son tout rĂ©cent film est la CĂ©lestine en 2009222.

Peinture

Article dĂ©taillĂ© : Peinture algĂ©rienne contemporaine.


L’AlgĂ©rie aura toujours Ă©tĂ© une source d’inspiration intarissable pour les diffĂ©rents peintres qui ont tentĂ© d’immortaliser la prodigieuse diversitĂ© des sites qu’elle offre et la profusion des facettes que transmet sa population, ce qui offre par exemple aux Orientalistes entre le XIXe et le XXe siĂšcles, une saisissante inspiration pour une trĂšs riche crĂ©ation artistique Ă  l’image d’EugĂšne Delacroix avec son fameux tableau Femmes d'Alger dans leur appartement ou Étienne Dinet223 ou encore d’autres peintres de renommĂ©e mondiale Ă  l’image de Pablo Picasso avec son tableau femmes d’Alger, ou des peintres dits de l'École d'Alger tels ceux de la Villa Abd-el-Tif. De leur cĂŽtĂ© les peintres algĂ©riens Ă  l’image de Mohamed Racim ou encore Baya ont tentĂ© de faire revivre le prestigieux passĂ© antĂ©rieur Ă  la colonisation française, en mĂȘme temps qu’ils ont contribuĂ© Ă  la sauvegarde des valeurs authentiques de l’AlgĂ©rie. Dans cette lignĂ©e, Mohamed Temam et Mohamed Ranem ont Ă©galement restituĂ© Ă  travers cet art, des scĂšnes de l’histoire du pays, les us et coutumes d’autrefois et la vie du terroir. De nouveaux courants artistiques emmenĂ©s notamment par M'hamed Issiakhem, Mohammed Khadda et Bachir YellĂšs224 sont apparus Ă©galement sur le paysage de la peinture algĂ©rienne, dĂ©laissant la peinture figurative classique pour aller Ă  la recherche de nouvelles voies picturales, avec le souci d’adapter la peinture algĂ©rienne aux nouvelles rĂ©alitĂ©s du pays Ă  travers son combat et ses aspirations.

Artisanat

Article dĂ©taillĂ© : Artisanat algĂ©rien.
Bijou de Kabylie
Bijoux Chaouis, Musée de l'Homme, lors d'une exposition dédiée à Germaine Tillion

Le ministÚre du Tourisme et de l'Artisanat s'occupe de gérer le budget lié à la promotion du secteur artisanal225.

L’artisanat algĂ©rien, Ă  l’instar des artisanats des autres pays, est d’une incontestable richesse et d’une Ă©tonnante variĂ©tĂ©225, tant dans les formes, que dans les techniques et les dĂ©cors. Cette richesse est rehaussĂ©e par la modestie des matĂ©riaux dont sont constituĂ©es les Ɠuvres artisanales. NĂ©cessaires Ă  la vie quotidienne, elles sont conçues dans un but utilitaire et souvent comportent des motifs dont la signification, suivant les croyances locales, leur confĂšre des vertus protectrices. La diversitĂ© des conditions climatiques, des ressources naturelles et les diffĂ©rentes civilisations de l’AlgĂ©rie expliquent la prĂ©sence d’une vaste gamme de spĂ©cialitĂ©s artisanales.

Les tapis: points noués de Tébessa, Guelma, Annaba, Skikda, des Nemencha et du Hodna, du Guergour, de Laghouat, de Biskra, de El-Oued, du Mzab, de Cherchell, de Sour El-Ghozlane, de Mascara, de Tlemcen, du Djebel Amour des AurÚs226, tissés en poil de chÚvre et laine, décorés de simples bandes transversales ou somptueusement parés de motifs losangiques en points multicolores, Dragga ou tapis tissés faits autour des Babors, servant de séparation à l'intérieur des Khaimas, étonnantes compositions issues de la conjonction des décors traditionnels berbÚres et des apports d'Orient.

Tapis Amazigh de Kabylie

Vanneries: du Touat Ouest Saharien, du Hoggar, de Kabylie, délicates dans leurs gammes de verts et jaunes. blanche de Dellys, colorée d'Oued Rhiou. La Vannerie fine de raphia dont la décoration est souvent empruntée aux motifs relevés sur les poteries.

La poterie: modelĂ©es, dont la dĂ©coration surgie du fond des Ăąges, la technique, la forme, le dĂ©cor sont identiques Ă  ceux extraits des dolmens, reliques vivantes des premiĂšres civilisations, poteries dont les plus modestes sont susceptibles d'ĂȘtre exposĂ©es dans les vitrines de collectionneurs.

Les bijoux: Kabylie, AurÚs, Sud algérois, Ghardaïa, Tamanrasset, des techniques multiples sont à la disposition des artisans. En grande Kabylie, notamment, par dizaines et jusque dans les moindres villages, les bijoutiers produisent les bijoux faits de plans d'argent, cloisonnés de fils ou filigranes, sertis de corail ou émaillés dans les nuances bleu foncé, vert et jaune, dont les principaux sont les bracelets de bras ou de chevilles, les boßtes d'allumettes, bagues, colliers, broches, fibules, croix du Sud, etc.

La Broderie: Ă  fil comptĂ© sur tissu, oĂč les Arabesques se dĂ©roulent dans un mouvement sans fin, des volutes entrelacĂ©es de fleurs en constituent la dĂ©coration. Les Dentelles: dĂ©licates, finement travaillĂ©es, Ă  l'aiguille, qu'on rencontre principalement Ă  Alger, Miliana, Cherchell, Skikda et ailleurs.

La dinanderie: d'Alger, de Constantine, de Tlemcen, de GhardaĂŻa, avec, en particulier, ces plateaux artistement ouvragĂ©s, aux ciselures dĂ©licates, ou rehaussĂ©s de filigrane d'argent incrustĂ©. La ferronnerie, la CĂ©ramique et l'ÉbĂ©nisterie occupant une place non nĂ©gligeable dans cette diversitĂ© d'objets tous exĂ©cutĂ©s Ă  la main.

Musique

Article dĂ©taillĂ© : Musique algĂ©rienne.

La musique algérienne est un parfait reflet de la grande diversité culturelle qui caractérise ce vaste pays, les répertoires musicaux se distinguent par une profusion de plusieurs styles.

La musique chaùbi est un genre musical typiquement algérois qu'on a dérivé de la musique andalouse durant les années 1920. Le style se caractérise par des rythmes spécifiques et des Kacidate en arabe dialectal qui sont de longs poÚmes tirés du terroir algérien. Le maßtre incontesté de cette musique demeure El Hadj M'Hamed El Anka.

La musique classique algĂ©rienne dite andalouse est un style musical qui a Ă©tĂ© rapportĂ© en AlgĂ©rie par les rĂ©fugiĂ©s andalous ayant fui l'inquisition des rois chrĂ©tiens Ă  partir du XIe siĂšcle, elle se dĂ©veloppera considĂ©rablement dans les villes du nord de l'AlgĂ©rie. Cette musique se caractĂ©rise par une grande recherche technique et s'articule principalement sur 12 longues Noubate "suite", ses principaux instruments sont la mandoline, le violon, le Luth, la guitare, la Cithare, la flĂ»te de roseau et le piano. Parmi les interprĂštes les plus remarquĂ©s il y a Bahdja Rahal, Cheikh El Hadj Mohamed El Ghafour, Nasserdine Chaouli, Cheikh Larbi Bensari, Nouri El Koufi ainsi que des troupes musicales comme El Mouahidia, El Mossilia, El Fakhardjia, Es Sendoussia et El-Andalous.

La musique folklorique se distingue principalement par trois styles :

  • La musique bĂ©douine qui est caractĂ©risĂ©e par les chants poĂ©tiques qu'interprĂštent les pasteurs nomades dans la rĂ©gion des hauts-plateaux, elle repose sur de longues kacida (PoĂšmes) Ă  rime unique et au son monocorde de la flĂ»te. En gĂ©nĂ©ral cette musique s'articule sur des thĂšmes amoureux, religieux et Ă©piques. Parmi les grands interprĂštes, il y a Khelifi Ahmed, Abdelhamid Ababsa et Rahab Tahar.

La musique moderne se dĂ©cline sous plusieurs facettes : La musique raĂŻ est un style typiquement de l'ouest algĂ©rien avec ses deux fiefs que sont Oran et Sidi Bel Abbes, Son Ă©volution moderne fut amorçée durant les annĂ©es 1970 lorsqu'il s'enrichit d'une instrumentation moderne Ă  l'image de la guitare Ă©lectrique, du synthĂ©tiseur et de la batterie, ce style fut aussi infleuncĂ© par des musiques occidentales telles que le rock, le reggae et la funk. Mais ce qui allait lui donner un essor particulier, c'Ă©tait l'arrivĂ©e sur la scĂšne musicale d'interprĂštes de talent tels que Hadj Brahim dit Cheb Khaled, RaĂŻna RaĂŻ, Cheb Mami ou encore Cheba Zahouania. La musique rap, Style relativement rĂ©cent en AlgĂ©rie, il connaĂźt un essor apprĂ©ciable avec l'Ă©mergence de groupes tels que MBS, Double canon, Intik ou encore Hamma Boys, les thĂšmes de cette musique s'articulent gĂ©nĂ©ralement autour des flĂ©aux sociaux et de l'amour. La musique kabyle qui prĂ©sente aussi un rĂ©pertoire chansons rĂ©centes.

Aussi, plusieurs chanteurs préfÚrent le style classique arabe comme la vedette Warda Al Jazairia.

Gastronomie

Article dĂ©taillĂ© : Cuisine algĂ©rienne.
Assiette de couscous.

La gastronomie algĂ©rienne est riche et diversifiĂ©e. Elle est intimement liĂ©e aux productions de la terre et de la mer. Le pays dĂ©jĂ  considĂ©rĂ© depuis, la plus haute antiquitĂ© « grenier de Rome Â», offre une composante de plats et de mets variĂ©s selon les rĂ©gions et selon les saisons. Cette gastronomie qui fait appel Ă  de nombreux produits, reste tout de mĂȘme celle des cĂ©rĂ©ales depuis toujours produits avec abondance dans le pays. Il n’existe pas un plat oĂč ces derniers ne soient pas prĂ©sents. La cuisine algĂ©rienne varie d’une rĂ©gion Ă  une autre et selon les lĂ©gumes de saison. Elle peut ĂȘtre prĂ©parĂ©e en utilisant la viande, le poisson, ou encore moins riche elle peut ĂȘtre vĂ©gĂ©tarienne, parmi les plats les plus connus il y a le couscous, la chorba, la chekhechoukha229, le berkoukes, le mthewem, la chtitha, le mderbel, la dolma, le brik ou bourek, etc., pour ce qui est de la pĂątisserie, il y a: baghrir, khfaf, tcharek, dziriette, knidelette, kalb ellouz ou harissa, zlabia, aarayech, makroude, ghroubiya, mghergchette, etc.

La merguez est originaire de l'Algerie.

Sport

Article dĂ©taillĂ© : Sport en AlgĂ©rie.

Le jeu existait déjà pendant l'antiquité. Dans les AurÚs, les gens jouent à plusieurs jeux dont (khardeba). Les jeux de cartes, ainsi que le jeu de dames et les jeux d'échecs font partie de la culture algérienne230231. Les courses de chevaux (fantasia) et le tire de fusil font partie des loisirs culturels d'une partie des Algériens.

Le sport en AlgĂ©rie le plus pratiquĂ© et le plus populaire reste le football. Plusieurs club de football ont vu le jour durant les premiĂšres dĂ©cennies du XXe siĂšcle. l' Association des oulĂ©mas musulmans algĂ©riens encourageait fortement l'initiative de crĂ©er les Scouts musulmans algĂ©riens. Plusieurs activitĂ©s sportives se sont dĂ©roulĂ©es au cours de la vie de cette association puis le parti populaire algĂ©rien s'engage Ă  gĂ©rer les scouts et les clubs sportifs. Plusieurs AlgĂ©riens ont participĂ© dans diverses manifestations sportives au XXe siĂšcle (Jeux olympiques, Jeux panafricains, jeux panarabes, Jeux mĂ©diterranĂ©ens, etc.). Pendant la Guerre d'AlgĂ©rie. l'Équipe de football du FLN participe lors de la tenue de tournois. Plusieurs complexes sportifs algĂ©riens sont construits. Le stade de football en AlgĂ©rie est tenu par les clubs de football algĂ©rien. Le MinistĂšre de la Jeunesse et des Sports en AlgĂ©rie gĂšre toutes les activitĂ©s liĂ© au sport. Plusieurs activitĂ©s sportives nationales ou internationales sont organisĂ©es autour des divers disciplines sportives en AlgĂ©rie. Il existe plusieurs fĂ©dĂ©rations de sport qui contribuent au dĂ©veloppement des disciplines sportives. La plus importante est la FĂ©dĂ©ration algĂ©rienne de football (FAF). Cette derniĂšre est une association regroupant les clubs de football d'AlgĂ©rie et organisant les compĂ©titions nationales et les matchs internationaux de la sĂ©lection d'AlgĂ©rie (Équipe d'AlgĂ©rie de football).

Le premier Algérien et Africain médaillé d'or, c'est El Ouafi Boughera en 1928 lors des Jeux olympiques d'Amsterdam au Marathon. Plusieurs hommes et femmes ont été des champions en Athlétisme dans les années 1990 tels que Hassiba Boulmerka, Noureddine Morceli, etc. Au football, plusieurs nons sont gravés dans l'histoire du sport en Algérie comme Rabah Madjer, Lakhdar Belloumi, etc. En boxe, il y a plusieurs noms comme Mohamed Bengasmia champion du Monde, catégorie mi-lourds, Loucif Hamani fut champion d'Afrique, etc.

Codes

« Corniche jijellienne Â» entre BĂ©jaĂŻa et Jijel en AlgĂ©rie.

L'AlgĂ©rie a pour codes :

Annexes

Liens externes

Notes et références

  1. ↑ PrĂ©sentation de l’AlgĂ©rie - ministĂšre des Affaires Ă©trangĂšres
  2. ↑ http://www.magharebia.com/cocoon/awi/xhtml1/fr/features/awi/features/2007/06/21/feature-01
  3. ↑ http://www.senat.fr/colloques/actes_mondialisation_francophonie/actes_mondialisation_francophonie10.html
  4. ↑ http://www.quid.fr/2003/39_29.htm
  5. ↑ L’AlgĂ©rie classĂ©e 79e selon le CNES
  6. ↑ (fr) - « La Constitution du 28 novembre 1996 ». Les prĂ©cĂ©dentes constitutions : 1963, 1976 et 1989
  7. ↑ « Le pays occupĂ© par les Français dans le nord de l'Afrique sera, Ă  l'avenir, dĂ©signĂ© sous le nom d'AlgĂ©rie Â» dĂ©crĂšte-t-il le 14 octobre 1839.
  8. ↑ Dans son ouvrage La BerbĂ©rie, l'islam et la France, t.2 p. 53, Ă©ditions de l'Union française, Paris, 1952.
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  181. ↑ (en) - Algeria : People, CIA World Factbook (19 juin 2007).
  182. ↑ Selon Gilbert Meynier (L’AlgĂ©rie des origines. De la prĂ©histoire Ă  l’avĂšnement de l’islam, p11, 2007), « la conquĂȘte islamo-arabe n’a pas dĂ©placĂ© vers le Maghreb des foules dĂ©mesurĂ©es, pas plus que, par exemple en Europe, les invasions germaniques en France et en Espagne. Aujourd’hui, on peut raisonnablement affirmer que, peu ou prou, les AlgĂ©riens sont trĂšs majoritairement des BerbĂšres arabisĂ©s Â»
  183. ↑ D'aprĂšs Gabriel Camps (Les BerbĂšres, mĂ©moire et identitĂ©, p102, Ed.France, 1995), « En renforçant par leur prĂ©sence la part de population nomade, les Arabes arrivĂ©s au XIe siĂšcle ont Ă©tĂ© d'un poids insignifiant sur le plan dĂ©mographique, mais dĂ©terminant sur le plan culturel et socio-Ă©conomique Â»
  184. ↑ Ch. Robert Ageron, L'AlgĂ©rie algĂ©rienne de NapolĂ©on III Ă  De Gaule, p. 37, Ed. Sindbad, 1980.
  185. ↑ (fr) « Les montagnes du Maghreb. Un cas de dĂ©terminisme gĂ©ographique ? Â», Marc CĂŽte, CafĂ©s gĂ©ographiques, 15 novembre 2001
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  191. ↑ Les fĂȘtes musulmanes Ă©tant cĂ©lĂ©brĂ©es selon les phĂ©nomĂšnes locaux des diffĂ©rentes phases de la lune, les dates sont variables d'annĂ©e en annĂ©e.
  192. ↑ (en) - « AlgĂ©rie 2006 - Jours fĂ©riĂ©s et fĂȘtes lĂ©gale Â», Q++ Studio Diary and Calendar Publishing System.
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  211. ↑ (fr) - « DonnĂ©es historiques et consĂ©quences linguistiques Â» : « La politique algĂ©rienne s'est nĂ©cessairement faite contre le peuple algĂ©rien qui s'est vu imposer une langue morte, ce qui a favorisĂ© l'intĂ©grisme musulman. L'arabisation algĂ©rienne ne fut motivĂ©e que par des prĂ©occupations purement politiques : la conservation du pouvoir par la langue».
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  218. ↑ voir : ElĂ©ments d'histoire culturelle algĂ©rienne. Par Abdelkader Djeghloul. PubliĂ© par ENAL, 1984
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  224. ↑ Des palais en Espagne: l'École des hautes Ă©tudes hispaniques et la Casa de VelĂĄzquez au cƓur des relations franco-espagnoles du XXe siĂšcle (1898-1979. Par Jean-Marc Delaunay. PubliĂ© par Casa de VelĂĄzquez, 1994( ISBN 84-86839-51-3), p. 534
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  226. ↑ El Waten, par Ahcùne Tahraoui
  227. ↑ http://www.lexpressiondz.com/article/3/2002-12-01/9157.html
  228. ↑ AlgĂ©rie.Par Dominique Auzias, Marie-HĂ©lĂšne Martin, Jean-Paul Labourdette Collaborateur Collectif. PubliĂ© par Nouvelles Éditions de l'UniversitĂ©, 2006. (ISBN 2-7469-1772-6)livre en ligne
  229. ↑ Cuisine algĂ©rienne, Fatima Zohra Bouayed, Ă©dition Enag, 1994
  230. ↑ ActualitĂ© Annaba, selon APS
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Bibliographie

  • Sites et monuments antiques de l’AlgĂ©rie, Jean-Marie Blas de RoblĂšs, Edisud, 2003 (ISBN 2744903833).
  • La Kabylie et les coutumes kabyles, A. Hanoteau et A. Letourneux, BouchĂšne, rĂ©edition de 1983, (ISBN 2912946433).
  • Protection, conservation and valorization of Algeria’s Cultural Patrimony, Fabio Maniscalco (ed.), collection monographique « Mediterraneum Â», no 3, Massa Publisher 2003.
  • AlgĂ©rie: l’arabisation lieu de conflits multiples, Khamla Taleb Ibrahimi, Revue Maghreb-Machrek no 150, octobre-dĂ©cembre 1995.
  • Historical Dictionary Of Algeria, Phillip Chiviges Naylor, Scarecrow Press, Inc., 2006 (ISBN 081085340X).
  • Sociologie de l’AlgĂ©rie, Pierre Bourdieu, PUF 1958, réédition de 2001 (ISBN 2-13-052175-4).
  • Les Kabyles : Ă©lĂ©ments pour la comprĂ©hension de l’identitĂ© berbĂšre en AlgĂ©rie, Tassadit Yacine-Ttitouh, Groupement pour les droits des minoritĂ©s (GDM), 1992 (ISBN 2-906589-13-6).
  • BerbĂšres aujourd’hui, Salem Chaker, L’Harmattan, 1999 (ISBN 2738473512).
  • Demain l’AlgĂ©rie, Gerard Ignasse, Syros 1995 (ISBN 2841462013).
  • SociĂ©tĂ© et pouvoir en AlgĂ©rie, Ă©crit par le chercheur amĂ©ricain William Quandt, spĂ©cialiste de l’AlgĂ©rie et du tiers monde, 1999, Ă©ditĂ© par Casbah.

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