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{revue}
Les Accords de Genève marquent la fin de la Première Guerre d'Indochine entre la France et la République démocratique du Viêt Nam déclarée le 2 septembre 1945 par le président Ho Chi Minh à Hanoï. Le traité est rédigé suite à la capitulation française de la bataille de Diên Biên Phu. Il est ratifié le 21 juillet 1954 à Genève entre la République française et la République démocratique du Viêt Nam. Les États-Unis et l'État vietnamien de Saïgon - créé par les Français en 1949 en replaçant l'empereur Bao Dai sur le trône - n'ont pas signé la déclaration finale. Le non-respect de ces Accords d'armistice a conduit à la Guerre du Viêt Nam que certains qualifient de Deuxième Guerre d'Indochine. En effet, les Accords d’armistice de Genève ont transformé les deux zones de regroupement militaire temporaire en deux Viêt Nam.
Les chemins à Genève et les enjeux des Accords de GenèveLa Révolution d'août de 1945 a conduit à la déclaration d'indépendance du Viêt Nam du 2 septembre 1945 et l'établissement de la République Démocratique du Viêt Nam. De conférences en accords non respectés du fait de l'hostilité française pour l'indépendance du Viêt Nam, les chemins de la guerre se sont ouverts.
À l'instigation de l'amiral Thierry d'Argenlieu, les troupes du général Dèbes tentent de reprendre la ville d'Hải Phòng au Vietminh (Front de l'indépendance du Viêt Nam). Les quartiers annamites et chinois sont rasés. L'attaque entraînera la mort de 6 000 personnes. L'état de guerre en Indochine est instauré. Le conflit s'enlise jusqu'au retrait des troupes françaises et la proclamation de l'indépendance du Laos et du Cambodge le 21 juillet 1954. Le Viêt Nam, divisé en deux zones, fera une nouvelle guerre, cette fois avec les États-Unis.
Le Viet Minh emmené par Ho Chi Minh, le président de la république démocratique du Viêt Nam depuis le 2 septembre 1945, se lance dans la reconquête de la ville de Hanoi. À 20 heures, la centrale électrique de la ville explose annonçant le début de l'insurrection, en réponse au bombardement de Hai Phong, pendant que le CEFEO, (Corps expéditionnaire français en Extrême-Orient), mène déjà la reconquête coloniale à partir du Sud en août 1945. Des ressortissants français sont massacrés et des maisons pillées. Ho Chi Minh appelle tout le peuple vietnamien à se rebeller contre la présence française : « [...] Que celui qui a un fusil se serve de son fusil, que celui qui a une épée se serve de son épée. Que chacun combatte le colonialisme. »
Le camp retranché français de Diên Biên Phu tombe aux mains des troupes de l’Armée populaire vietnamienne après 57 jours de résistance. Les accords de Genève (21 juillet 1954) prévoient le retrait des troupes françaises, le partage du Viêt Nam et un référendum en vue d'une réunification. Mais le référendum n’a pas lieu et cela entraîne la Guerre du Viêt Nam. La Commission internationale de contrôle (CIC) a été créée pour surveiller le respect des clauses de ces accords qui consistaient en regroupement militaire au Nord du Viêt Nam à partir de la Zone de Démarcation Militaire (Demarcation Military Zone ou DMZ) du 17e parallèle pour l'Armée populaire vietnamienne et au Sud du Viêt Nam pour le Corps expéditionnaire français en Extrême-Orient (CEFEO) éparpillé partout au Viêt Nam, au Cambodge et au Laos, avant leur rapatriement complet en France. La CIC tripartite était constituée par la Pologne pour le camp socialiste, l'Inde pour le camp neutre et le Canada pour le camp occidental. À cette occasion, le Canada entrait pour la première fois sur la scène mondiale comme une force de paix en 1954.
Ouverte à la fin du mois d'avril, la Conférence de Genève réunissant les délégués de 19 nations (États-Unis, Grande-Bretagne, France, Union soviétique, Chine, Corée, République démocratique du Viêt Nam, État vietnamien de Saigon, Cambodge, Laos, etc.) s'achève avec la signature d'un accord sur l'Indochine. En partie parce qu'ils ne voulaient pas reconnaître la république populaire de Chine, les États-Unis ne participèrent à la conférence qu'à titre d'observateurs et n'en ratifièrent pas les accords1. La réunion devait initialement régler le conflit en Corée, mais rapidement les débats se sont consacrés à la question indochinoise. L'armistice et le cessez-le-feu sont obtenus entre l'armée française et l'Armée populaire de la république démocratique du Viêt Nam. Il est établi que le Viêt Nam sera partagé en deux zones de regroupement militaire le long du 17e parallèle. La ligne de démarcation qui devait diviser le nord du sud fut établie au 17e parallèle suite aux pressions des Chinois sur les Viet-minh qui la désiraient au 14e alors que les Français ainsi que les Américains la désiraient au 18e2. La réunification entre les deux zones est envisagée pour 1956 après référendum. Mais les élections prévues n'eurent jamais lieu car Diem, le nouveau chef du gouvernement de l'état vietnamien, n'en avait jamais eu l'intention et la guerre du Viêt Nam ou Deuxième Guerre d’Indochine éclate donc entre les deux parties du pays et y entraînera par la suite les États-Unis3. La victoire de Mao Zedong en Chine a déplacé la menace communiste ressentie de Berlin à Pékin, ce qui mettait l’Indochine française sur le ligne de front pendant la Guerre de Corée4. Le jeu diplomatiqueLe 27 juillet 1953, la Corée du Nord et la Chine, alliées dans la guerre de Corée, signent l'armistice à Panmunjeom avec le commandement des Nations unies, allié à la Corée du Sud. L'accord met fin aux combats dans la péninsule coréenne, mais un traité de paix définitif entre les deux Corées n'est pas été signé. La Conférence de Genève de juin 1954 doit régler l’état de guerre en Corée et arriver à un traité de paix dans une négociation entre l’Union soviétique, la Chine, les États-Unis et la Grande-Bretagne, mais le débat se porte sur la guerre en Indochine. Alors, la France via Pierre Mendès France et la République démocratique du Viêt Nam via Pham Van Dong se joignent aux débats en tant que principaux belligérants. Pierre Mendès France vient à Genève, remplaçant Georges Bidault, pour terminer la guerre d’Indochine. Dans son discours d'investiture, il se donne trente jours pour faire aboutir les négociations de paix sur l'Indochine. L’État vietnamien de Saigon et les États-Unis n’ont pas signé la déclaration finale de ces Accords de Genève et, alors, n’étaient pas parties prenantes. Sa Majesté Bao Dai chef de l’État vietnamien a rappelé Ngo Dinh Diem réfugié aux États-Unis, dont il bénéficie de support politique important, pour en faire le premier ministre de son gouvernement5. Par une élection référendaire, une nouvelle République du Viêt Nam de Saigon a été instituée avec l’abdication de l’empereur Bao Dai. L’élection référendaire sur tout le Viêt Nam pour la réunification prévue par les Accords de Genève en 1956 et ayant été prévue dans les vingt-quatre mois après leur signature ne s’est jamais tenue. En effet, Diem ainsi que les Américains craignaient quant à la possibilité d'authentiques d'élections libres dans le territoire géré par Ho Chi Minh6. Parallèlement à la Conférence de Genève, les États-Unis ont créé l’OTASE (Organisation du Traité de l’Asie du Sud Est), un pacte défensif anticommuniste, englobant le Sud du Viêt Nam. La dictature de Ngo Dinh Diem ont conduit à la création du Front national pour la libération du Viêt Nam et à la Guerre du Viêt Nam. Note et référencesVoir aussiArticles connexes
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