L'actualité cinématographique de cette année va être particulièrement marquée en France par ce qu'on a appelé « l'affaire Langlois », qui va se trouver liée aux évènements de mai 1968.
L'affaire débute le 9 février lorsque le conseil d'administration de la Cinémathèque française, élit Pierre Barbin en remplacement d'Henri Langlois, à la direction artistique et technique. Pierre Barbin, ancien responsable des festivals de Tours et d'Annecy, est soupçonné d'être piloté par l'État pour évincer Henri Langlois, figure emblématique de la mémoire cinématographique. Or, la Cinémathèque est certes financée en grande partie par l'état mais demeure une association indépendante.
Cette nouvelle enflamme aussitôt le milieu cinématographique. Un Comité de Défense de la Cinémathèque, composés entre autres de François Truffaut et Jean Renoir, alliés à plusieurs associations et personnalités dénoncent une man?uvre. Dès le 14 février, une manifestation est organisée près du Palais de Chaillot, brutalement réprimée par une intervention policière. Une autre, le 18 mars, rue de Courcelles, à l'occasion de laquelle Jean-Pierre Léaud lit une déclaration du Comité de Défense de la cinémathèque, se conclut de la même façon. Les manifestations se poursuivent, notamment à Grenoble, le 21 mars où, lors d'un meeting, Pierre Mendès-France apporte son soutien au comité.
22 avril : Face à la pression, Henri Langlois est finalement réintégré mais l'évènement a suffisamment chauffé les esprits pour qu'on en trouve l'écho pendant le mois de mai.
19 février : La Fédération Internationale des Associations de Producteurs de Films (FIAPF) constate, notamment en France et en Italie, une taxation abusive de l'exploitation cinématographique et s'engage à faire en sorte que les ?uvres cinématographiques soient considérées, à l'instar des livres, comme des produits culurels, exemptés des droits de douane. Elle s'insurge également contre un projet de dépôt légal.
27 février : Suppression de l'intégration de la taxe spéciale additionnelle au prix des places. Les tarifs d'entrées faisant l'objet d'un blocage, les salles pourront augmenter d'autant leurs marges.
Aux États-Unis, la Motion Picture Association of America (MPAA) adopte le 1er novembre une classification des ?uvres, destinée à protéger le public mineur : Film tout public ("G"), avec accompagnement parental ("PG"), film interdit au moins de 13 ans ("PG-13"), film interdit au moins de 17 ans sauf accompagnement parental ("R"), film interdit au moins de 17 ans ("NC-17"). Ce sont les producteurs eux-mêmes qui procèderont à la classification car il n'existe pas aux États-Unis de Commission fédérale de censure.
L'UNESCO adopte à l'unanimité le 20 novembre une résolution préconisant la libre circulation des ?uvres cinématographiques à l'image du livre.
20 novembre : Le Kenya nationalise l'ensemble de sa production et distribution cinématographique.
6 décembre: Plusieurs salles parisiennes du circuit Gaumont retirent subitement de l'affiche le film La Grande Lessive de Jean-Pierre Mocky pour le remplacer par le western Shalako d'Edward Dmytryk. L'affaire est aussitôt déférée devant le tribunal qui ordonne le 11 décembre puis le 16 décembre au réseau Gaumont de remettre le film en exploitation conformément au contrat signé qui prévoyait un seuil minimal d'entrées à atteindre. Le distributeur refuse cependant d'entendre raison et fait appel.