Institution du Club de Paris pour traiter les dettes dues à des créanciers gouvernementaux. En accord avec le FMI, il rééchelonne le remboursement des pays endettés sur une longue période, après l?adoption de mesures de stabilisation économiques.
23 juin : Vote de la Loi-cadre Defferre par le Parlement français sur l'autonomie en Afrique noire française (ANF). Elle dote les colonies de l?AOF et de l?AEF d?une large autonomie, avec une assemblée élue au suffrage universel, présidée par le gouverneur, mais dont le vice-président pourra être un autochtone.
30 juin : Des intellectuels congolais publient le « Manifeste de conscience africaine ». Ils exigent l'émancipation totale des Noirs. Une véritable bombe politique. Parution en réaction du Manifeste de l?ABAKO, qui affirme son opposition à la colonisation et sa volonté de préserver l?autonomie des Kongo comme des différents groupes ethniques.
La République d'Afrique du Sud se retire de l'UNESCO en se plaignant que certaines publications de l'Organisation interfèrent dans les problèmes raciaux du pays.
Révolte contre les autorités françaises au Cameroun (1956-1960).
Apparition de partis politiques noirs au Congo belge. Ils sont issus pour la plupart d?associations ethniques formées quant les partis politiques étaient interdits.
Appel de la CGT, de la CGTA et des Cheminots de l?AOF à la création d?un syndicat autonome unifié. Division de la CFTC et création de la CATC, qui envisage de créer un syndicat unique pour toute l?AOF.
Guy Mollet cède devant la manifestation des Algérois. Il n?y aura pas de gouverneur général, mais un ministre résident en Algérie. Catroux, réputé favorable aux musulmans, est abandonné pour Robert Lacoste.
12 mars, Algérie : Guy Mollet pose pour préalable à la négociation la pacification et l?organisation d?élections. L?Assemblée nationale vote des pouvoirs spéciaux à son gouvernement.
10 août : En réaction aux attentats commis par le FLN, des « contre-terroristes » placent une bombe dans la casbah d?Alger, qui fait plusieurs dizaines de mort.
20 août : Un congrès secret du FLN à la Soummam, en Kabylie, est organisé, principalement par Abane Ramdane, qui structure l'Armée de libération nationale (ALN) et forme un Conseil National de la Révolution (CNRA) de 34 membres y est élu pour diriger la politique du FLN qui doit être appliqué par un Comité de coordination et d?exécution (CCE) de cinq membres ; l?Armée de libération nationale (ALN) est unifié sous la direction de Krim Belkacem.
19 juin : Exécution à Alger des premiers membres du FLN condamnés à mort.
20 octobre : Le sultan du Maroc Mohammed ben Youssef reçoit Ahmed Ben Bella et quatre autres dirigeants du FLN. Aussitôt, les négociations franco-marocaines sont suspendues par le gouvernement français.
22 octobre : L?avion qui transportait de Rabat à TunisAhmed Ben Bella et les autres dirigeants du FLN est contraint de se poser à Alger où les cinq hommes sont arrêtés. Le président du Conseil Guy Mollet couvre cette initiative due aux autorités militaires d?Alger. La Tunisie et le Maroc rappellent leurs ambassadeurs à Paris.
24 octobre : Massacre de colons français dans la région de Meknès au Maroc, en représailles à l?arrestation des dirigeants du FLN.
5 décembre : Les Conseils généraux d?Algérie et les municipalités régies comme les communes métropolitaines sont dissouts.
Décembre : Le FLN élimine son rival, le Mouvement national algérien (MNA).
30 décembre : Des « ratonnades » se produisent à l?issue de l?enterrement d?Amédée Froger, président de la Fédération des maires de l?Algérie, assassiné par le FLN.
L'Algérie comprend une forte minorité d'origine européenne : 1 000 000 habitants face aux 9 000 000 de musulmans. 400 000 soldats français engagés dans le conflit algérien.
9 juin, Argentine : Echec d'un soulèvement insurrectionnel dirigé par le général Juan José Valle avec pour objectif de rétablir le gouvernement légal de Juan Perón. Les militaires créent une commission pour la défense de la démocratie, chargée d?épurer le paysage partisan de ses scories péronistes.
Le général Odría consent à organiser des élections libres au Pérou. Le vainqueur, Manuel Prado, libéralise le régime, ouvrant une période de convivencia qui se manifeste par la légalisation du parti communiste et de l?Alliance populaire révolutionaire américaine. Son programme économique, dans la continuité de son prédescesseur, lui vaut quelques succès.
6 août : Hernán Siles Zuazo, présidentMNR de Bolivie (fin en 1960). Il est contraint de mettre en ?uvre un programme de lutte contre les déficits provoqués par les politiques redistributives antérieures. L?agitation sociale qui en résulte met le pays au bord de la guerre civile. Siles doit mobiliser l?armée pour pacifier le pays.
Décidé à promouvoir « 50 ans de progrès en cinq ans », Kubitschek parvient à mobiliser les Brésiliens autour de la modernisation du pays, symbolisé par la construction en quatre ans d?une nouvelle et futuriste capitale, Brasilia sur les plans de l?architecte Oscar Niemeyer. Le développementisme fait progresser l?industrie de 10% par an, au prix d?un endettement public considérable..
Augmentation de l?inflation et dévaluation (excès de la demande, insuffisance de l?offre).
Le ministre Celso Furtado crée et dirige la Sudene (surintendance du Nordeste) chargée de l?implantation d?industries autour de Recife, Bahia et Fortaleza.
3 février : L'Université d'Alabama est contrainte d'accepter sa première étudiante noire, Autherine Lucy, mais celle-ci ne pourra pas suivre les cours.
Printemps : Déroute des partisans de la déségrégation aux primaires. Inquiets, des modérés se muent en ségrégationnistes militants opposés à l?arrêt Brown v. Board of Education de 1954.
13 juin, Chine : Début de la campagne des Cent Fleurs. Dans l?esprit de la destanilisation soviétique, le gouvernement chinois demande aux intellectuels de critiquer les dirigeants du parti et de l?État, la devise étant : « Que fleurissent harmonieusement cent fleurs et rivalisent bruyamment cent écoles ».
80% du potentiel économique de la Corée du Nord est détruit. La discipline « spartiate » du PPTC et l?encadrement rigoureux de la société nord-coréenne permettent un redressement et un développement considérables juste avant 1960. La politique des plans de développement permet la reconstruction d?un secteur industriel important. Cette politique économique s?appuie, à partir de 1956, sur un mouvement de mobilisation des travailleurs le Ch?ollima undong, le mouvement du Cheval volant. Les ouvriers sont invités à produire à un rythme accru.
20 mars : Gouvernement d?Ali Sastroamidjojo, qui réunit des représentants du PNI, du Masjumi et du Nahdatul Ulama (fin en avril 1957). Le PKI accorde au gouvernement un préjugé favorable.
20 décembre : En réaction aux progrès du PKI, le Masjumi adopte une attitude violemment anticommuniste et les « colonels » (Ahmad Hussein, Mauluddin Simbolon, Barlian) provoquent des mouvements de dissidences à Sumatra en décembre 1956 et janvier 1957. La rébellion poursuit des buts politiques : démission du gouvernement, rupture avec les communistes, politique extérieure pro-occidentale. Le conseil Bateng, qui prend en mains une partie du centre de Sumatra, entre en conflit avec les communistes, et procède à l?arrestation des dirigeant du syndicat des travailleurs du pétrole du bassin de Parkanbaru, concédé à la compagnie américaine Caltex. Le gouvernement accuse les puissances étrangères d?intervenir dans la vie politique intérieure et suspend les officiers rebelles. Il décide cependant de tenir compte de certaines revendications justifiées.
La part des petits producteurs dans les exportations s?accroît (ils produisent en 1956 413 646 tonnes de caoutchouc contre 262 506 aux grandes plantations).
Plan quinquennal (1956-1960). Il est difficile de le mettre en application, une grande partie de l?économie dépendant de capitaux étrangers. Les profits transférés à l?étranger représentent à peu près le tiers de l?ensemble des investissements prévus pour ce plan. La République ne peut investir dans son économie les revenus des exportations et la production des cultures vivrières augmente moins vite que celle des produits destinés à l?exportation.
States Reorganisation Act, qui découpe l?Inde en 14 États linguistiques et 6 territoires. Hyderabad disparaît au profit de 4 nouveaux États.
Loi sur le droit des veuves en matière d?héritage (Hindu Succession Act).
Résolution définissant les catégories d?activités selon le rôle que l?État doit y jouer : les secteurs de la défense et l?industrie lourde relèvent de la compétence de l?État ; dans d?autres secteurs (communication, chimie, etc.), les sociétés publiques et privées peuvent se développer concurremment et un troisième groupe est entièrement laissé au privé. Une Commission de planification est chargée d?élaborer les objectifs concrets pour le développement de chaque secteur concerné.
Les Tibétains se soulèvent et mènent des actions de guérilla contre le régime chinois. Mao Zedong déclare quelques mois plus tard que « le Tibet n?était pas encore prêt pour l?établissement d?un régime communiste ». La CIA met sur pied une opération secrète de formation aux États-Unis et de livraison d?armes et de matériel radio à la guérilla de l?Est. Beijing envoie 150 000 hommes dans le Kham, appuyés par des bombardements aériens. La résistance tibétaine est décimée et l?armée chinoise reprend dans le sang le contrôle du Kham.
Un comité est instauré pour établir les bases d?une constitution tibétaine. Le dalaï-lama est nommé président et le panchen-lama premier vice-président du pays.
Le dalaï-lama est autorisé à se rendre en Inde pour célébrer le 2500° anniversaire de la naissance du Bouddha. Il rencontre Nehru qui ne lui donne aucun soutient.
17 avril : Dissolution du Kominform, bureau de liaison et d?information entre les partis communistes d?Europe de l?Est fondé en 1947 en pleine guerre froide.
20 juin : Visite de Tito à Moscou. Un communiqué célèbre l?amitié soviéto-yougoslave et affirme l?existence de voies diverses vers le socialisme. C?est la fin de la crise officielle entre les deux pays.
Visite de Khrouchtchev à Belgrade, suivie par un accord d?échanges culturels, un prêt soviétique de 84 millions de dollars et l?annulation de la dette de la Yougoslavie, qui s?élève à 90 millions de dollars.
Décembre : Augmentation des salaires ouvriers en Roumanie après la révolte hongroise. Les investissements du Plan sont réduits au profit des biens de consommation. À la campagne, les livraisons obligatoires sont abolies et la collectivisation freinée.
L?URSS annule le reliquat des dettes de guerres dues par la Roumanie (700 millions de dollars).
Déportations supplémentaires en Lituanie et immigration grandissante de Russes et de Polonais à Vilnius.
14-25 février : XXe congrès du Parti communiste de l'Union soviétique : début de la « déstalinisation ». « Coexistence pacifique ». Plusieurs dirigeants communistes, dont Khrouchtchev dénoncent violemment Staline accusé d?avoir remplacé la direction collégiale par le culte de la personnalité, d?arrestations et de déportations massives de milliers de personnes, de l?exécution sans procès et sans enquête d?honnêtes et d?innocents communistes, de n?avoir pas préparé de défense appropriée contre l?invasion allemande de juin 1941, causant la mort inutile de centaines de milliers de soldats. Les portraits de Staline sont retirés des lieux publics, les institutions et les localités portant son nom rebaptisées et les livres d?histoire réécrits.
13 mai : Le ministre de l?Intérieur annonce la fin des déportations en Sibérie, sauf pour des délits politiques graves. Les camps de concentration seraient remplacés dans les 18 mois par des prisons et des camps de travail.
14 mai : L'URSS annonce une réduction de ses effectifs militaires de 1,2 million d'hommes.
15 août : Rétablissement du prix Lénine, récompense aux savants, artistes et écrivains.
28 juin : Émeutes sanglantes à Pozna? où les ouvriers manifestent pour réclamer de meilleurs salaires, des élections libres et le départ des troupes soviétiques (50 000 manifestants, 53 morts et plusieurs centaines de blessés).
19 octobre : Suite à une mobilisation populaire (Octobre polonais, 13-20 octobre) contre la direction du POUP, Wladislaw Gomulka est élu premier secrétaire du parti ouvrier unifié polonais et s'engage à réformer la Pologne (politique de decollectivisation, fin de la censure de la presse, libération du cardinal Stefan Wyszy?ski, annulation d?une partie de la dette polonaise, octroi de nouveaux crédits), malgré le maintien «temporaire» de troupes soviétiques sur le sol polonais. Visite surprise de Nikita Khrouchtchev.
29 mars : Réhabilitation de László Rajk, ancien ministre des Affaires étrangères exécuté en 1949 sous l?accusation de titisme et de trahison.
4 juillet : L?ancien Premier ministre Imre Nagy est exclu du parti communiste.
18 juillet : Crise au sein du PC : sévèrement critiqué, le premier secrétaire Mátyás Rákosi démissionne et est remplacé par Ernö Gerö. János Kádár devient secrétaire adjoint.
6 octobre : Funérailles nationales de László Rajk. 200 000 personnes réclament le retour d'Imre Nagy au gouvernement.
19 octobre : Début de l?insurrection de Budapest. Les opposants au gouvernement profitent des tensions entre la Pologne et l?URSS pour se rebeller. Les étudiants manifestent contre les cours obligatoires de russe et de marxisme-léninisme et, associés au syndicat des écrivains, ils affirment leur soutien au mouvement antisoviétique polonais. Les travailleurs se joignent à eux pour exiger le retour de Nagy au poste de Premier ministre.
23-30 octobre : Insurrection de Budapest. Le Premier ministre Hegedüs, incapable de gérer ces manifestations (plus de 100 000 personnes), sollicite le renfort des troupes soviétiques. La police ouvre le feu sur la foule. Les insurgés parviennent à paralyser les chars soviétiques en lançant des cocktails molotov. Le Parti des travailleurs s?interpose et obtient le remplacement de Hegedüs par Nagy (24 octobre) et de Gerö par János Kádár (25 octobre), précédemment emprisonné pour nationalisme.
27 octobre : Imre Nagy forme un gouvernement de front national.
28 octobre : Après cinq jours d?hésitation, Nagy se range aux côtés des manifestants annonçant la fin du système de parti unique et la tenue d?élections. Il promet des réformes économiques, libère le cardinal László Mindszenti, exige le retrait des forces soviétiques et ordonne le cessez-le-feu.
31 octobre : Les Soviétiques, en accord avec les autres pays communistes, décident d'écraser la révolution des conseils hongroise.
3 novembre : Nagy forme un gouvernement dans lequel les communistes sont minoritaires. L?URSS promet des concessions, mais les manifestations reprennent.
4-12 novembre : Écrasement de l'insurrection hongroise par les Soviétiques : 200 000 hommes et 2 000 chars sont engagés.
4 novembre : Coup de Budapest. Huit divisions soviétiques, appuyés par l?aviation, prennent d?assaut Budapest et écrasent les insurgés malgré leurs appels au secours adressés aux Occidentaux.
7 novembre : János Kádár, amené dans les fourgons de l'Armée rouge, annonce la formation d'un gouvernement révolutionnaire. Une nouvelle dictature communiste s?instaure avec János Kádár comme chef du parti rebaptisé Parti des travailleurs socialistes hongrois.
13 novembre : Fin de l'écrasement de l'insurrection hongroise. Des centaines de Hongrois sont exécutés, des milliers emprisonnés tandis que près de 200 000 s?enfuient en Autriche. Imre Nagy se réfugie à l?ambassade de Yougoslavie.
Imre Nagy, le premier ministre, et quarante-huit de ses partisans sont enlevés par le KGB et emmenés en Roumanie. Nagy sera condamné et pendu avec l'accord du nouveau dirigeant communiste Kádár.
Au total, 18 camions remplis de cadavres auront été enlevés de la place du parlement.
Le cardinal Mindszenty, ancien primat de Hongrie emprisonné de 1948 à 1955, se réfugie à l'ambassade des États-Unis où il restera enfermé jusqu'en 1971, année où il pourra quitter le pays.
Malgré la condamnation de l?URSS par les puissances occidentales et les Nations unies, la Hongrie reste pendant plusieurs années sous surveillance.
9 décembre : Dissolution des conseils ouvriers et des comité nationaux et arrestation de leurs chefs.
29 février : L?OECE crée une commission chargée de mettre au point un projet de coopération entre les pays membres dans le domaine nucléaire.
9 mars, Chypre : L'archevêque Makarios, leader indépendantiste chypriote favorable à l?énosis, est assigné à résidence aux Seychelles par les autorités britanniques. Sa déportation déclenche dès le lendemain une grève générale dans l?île.
29-30 mai : La Conférence de Venise permet d'ouvrir des négociations en vue de la création de la CEE et d'Euratom. Second rapport Spaak, préconisant la création de la CEE et d'Euratom.
25 juillet : Le paquebot italien « Andrea Doria », après une collision avec le navire suédois « Stockholm », sombre dans l'Atlantique, au large des côtes de la Nouvelle-Angleterre. Les deux navires transportaient plus de 1 600 passagers, mais le drame n'a fait que 51 morts.
8 août, Belgique : Un incendie probablement dû au grisou dans la mine du bois du Cazier à Marcinelle, près de Charleroi, fait 262 victimes. L'origine de cet accident était une succession de dysfonctionnements à la suite d'une erreur humaine : un chariot mal engagé a été remonté, il a arraché une conduite d'huile, une conduite électrique. Un arc électrique s'est réalisé boutant le feu, le tout attisé par une conduite d'air comprimé arrachée.
Espagne : Heurts entre le SEU phalangiste et l?union démocratique des étudiants, qui conduisent au désaveu des phalangistes les plus intransigeants mais aussi au renvoi des « catholiques de gouvernement ». Déficit de la balance commerciale (1 milliard de pesetas-or), inflation (15,5%), diminution des réserves en or de l?état. Inégalités sociales.
Portugal : Des étudiants envahissent l?Assemblée nationale qui se préparait à voter une loi supprimant l?élection, acquise depuis 1945, aux fonctions de responsabilité à l?intérieur des associations. Le projet est retiré.
Le chancelier de l'Échiquier, Harold MacMillan, veut inciter les britanniques à modérer leurs dépenses de consommation. Pour cela, il prévoit dans son budget des mesures classiques comme une augmentation des impôts et une meilleure rémunération de l'épargne, mais, aussi il propose un emprunt-loterie, sous forme d'obligations du Trésor sans intérêt, mais tous les trois mois un gros lot de 1 000 livres est attibué par tirage au sort. Seulement 40 millions de Livres sont ainsi souscrites, alors que 50 millions étaient initialement prévues.
31 décembre : John Dulles présente au secrétaire général de l?ONU, Dag Hammarskjöld, la doctrine Eisenhower pour le Proche-Orient. Les États-Unis s?opposeront à toute agression soviétique dans la région et fourniront une aide économique aux pays qui en feront la demande. Les pays arabes, à l?exception de l?Égypte et de la Syrie, se rallient à la doctrine Eisenhower (1957).
Les populations arabes de la zone démilitarisée du lac de Tibériade sont chassées par Israël vers la Syrie, qui répond en installant des batteries d?artillerie sur les hauteurs du Golan.
A partir de 1956, Israël entreprend des opérations de détournement des eaux à partir du lac de Tibériade.
La crise de Suez crée un fort mouvement antibritannique en Irak. Des manifestations violentes éclatent et sont durement réprimées.
Nasser, devenu président de la République - il était le seul candidat - (début 1956), se tourne vers les puissances occidentales pour financer son projet de construction du barrage d'Assouan. La France et la Grande-Bretagne refusent, et les États-Unis conditionnent leur aide à un accord avec Israël. Nasser s?y montre favorable, mais tergiverse. Washington décide alors de s?opposer au financement du projet mais accepte d?octroyer un prêt moyennant le contrôle des finances égyptiennes. Contre toute attente, Nasser accepte. Il ne reste plus aux Américains qu?à se désavouer.
22 mai : Le secrétaire d?État américain John Dulles menace d?interrompre l?aide à la construction du barrage d?Assouan si le gouvernement égyptien accepte l?aide soviétique.
19 juillet : Refus des États-Unis de financer la construction du barrage d'Assouan en Égypte. Afin de faire pression sur le gouvernement égyptien, le gouvernement américain, suivit par la Grande-Bretagne et la BIRD, annonce que les États-Unis ne participeront pas au financement du barrage d?Assouan
26 juillet : En riposte au refus américano-britannique, Nasser annonce à Alexandrie la nationalisation de la Compagnie du canal de Suez. Les revenus tirés de l?exploitation du canal serviront à financer la construction du barrage. Nasser dénonce la présence britannique au Moyen Orient et soutient les mouvements nationalistes d'Algérie.
31 juillet : Lors d?une rencontre avec Anthony Eden et le ministre français des Affaires étrangères Christian Pineau, John Dulles exprime les réserves américaines quant à une intervention militaire en Égypte. Les États-Unis décident toutefois de geler les avoirs financiers égyptiens et suspendent leur aide alimentaire.
8 août : L?URSS reconnaît la nationalisation du canal comme légitime.
16 août : Une conférence réunissant 22 pays se réunit à Londres. L?Égypte s?y fait représenter par l?URSS et l?Inde. John Dulles propose la création d?une organisation internationale chargée du contrôle et de la gestion du canal de Suez.
6 septembre : Des aviateurs et des parachutistes français arrivent à Chypre pour assurer la protection des ressortissants français en Égypte.
21 septembre : Guy Mollet informe le gouvernement israélien que la France est prête à entreprendre une action commune contre l?Égypte, pendant que se clôt à Londres la deuxième conférence internationale consacrée à l?affaire de Suez : la création d?une association d?usagers, présentée par Eden et Mollet, est approuvé, mais les divergences s?accroissent entre partisans de l?intervention militaire (France et Grande-Bretagne) et ceux de la conciliation (USA).
22 octobre : Un accord est conclu à Sèvres entre la France, la Grande-Bretagne et Israël qui prépare l?opération « mousquetaire », destinée à envahir l?Égypte.
30 octobre : La France et la Grande-Bretagne adressent un ultimatum à l?Égypte et à Israël, sommés de retirer leurs troupes à 16 Km de part et d?autre du canal. Les États-Unis demandent au Conseil de sécurité de condamner l?attaque israélienne et d?exiger un cessez-le-feu immédiat. La France et la Grande-Bretagne opposent leur veto.
31 octobre : L?Égypte rejette l?ultimatum : début des bombardements franco-britanniques.
2 novembre : Prise de Gaza par les forces israéliennes. La Syrie et la Jordanie rompent les relations diplomatiques avec la France. Les États-Unis votent avec l?URSS une résolution de l?ONU contre la France et la Grande Bretagne qui viennent de s?engager en Égypte, exigeant l?arrêt immédiat des combats
Boulganine exige le retrait des troupes françaises, britanniques et israéliennes de Suez.
7 novembre : Durant la crise de Suez, l'assemblée générale de l'ONU adopte une résolution appelant le Royaume-Uni, la France et Israël à retirer sans délai leur troupes d'Égypte. Les États-Unis multiplient les pressions sur la livre sterling pour contraindre Anthony Eden à un cessez-le-feu. L?intervention des États Unis, de l?URSS et de l?ONU provoquent la fin des opérations militaire (fin de la présence britannique en Égypte).
Nasser expulse tous les Juifs « français » ou « anglais », ainsi que les derniers suspects de collusion sionistes, soit 8 000 personnes, tandis que 3 000 autres sont internées et chassées l?année suivante.
Publication par Salvador Dali de son opuscule « Les cocus du vieil art moderne » dans lequel il entreprend de dire ses quatre vérités à l'art moderne.
L'artiste Richard Hamilton réalise le collage "Just what is it that makes Today's Homes so different, so appealing?" ("Qu'est ce qui peut bien rendre nos foyers d'aujourd'hui si différents, si séduisants?")