Étampes
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| Étampes | |
| L'hôtel de ville. | |
| Pays | |
|---|---|
| Région | Île de France |
| Département | Essonne (sous-préfecture) |
| Arrondissement | Étampes (chef-lieu) |
| Canton | Étampes (chef-lieu) |
| Code Insee | 91223 |
| Code postal | 91150 |
| Maire Mandat en cours |
Franck Marlin (UMP) 2008-2014 |
| Intercommunalité | Communauté de communes de l'Étampois |
| Latitude Longitude |
|
| Altitude | 66 m (mini) ? 156 m (maxi) |
| Superficie | 40.92 km² |
| Population sans doubles comptes |
23 300 hab. (2006 (est. Insee)) |
| Densité | 570 hab./km² |
Étampes (prononcer [e.t??p]) est une commune française située à quarante-neuf kilomètres au sud-ouest de Paris, sous-préfecture du département de l'Essonne, dans la région Île-de-France. Elle est le chef-lieu de l'arrondissement et du canton et le siège de la communauté de communes de l'Étampois.
Ville royale fortifiée depuis le Moyen Âge, comté et pairie devenus duché donné en apanage à trois favorites successives, adhérente au label Villes et pays d'art et d'histoire, Étampes règne depuis toujours sur l'Étampois, aux confins de l'agglomération parisienne et des larges plaines de Beauce. Principale cité du sud essonnien, carrefour de voies de communication, elle rayonne économiquement et culturellement sur l'ensemble des villages voisins et marque sur la route nationale 20 l'entrée sud de la région Île-de-France, comme auparavant du domaine royal. Sillonnée par de nombreux cours d'eau, elle est parfois surnommée la « Petite Venise »[1]. Dans une lettre à sa fille Léopoldine datée du 22 août 1834, Victor Hugo la décrivait ainsi : « Étampes, c'est une grosse tour entrevue à droite dans le crépuscule au-dessus des toits d'une longue rue[2]. » Commune au charme préservé, elle a servi de décor à diverses ?uvres cinématographiques.
Ses habitants sont appelés les Étampois[3].
Sommaire
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[] Géographie
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Position d'Étampes en Essonne.
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| Type d'occupation | Pourcentage | Superficie (en hectares) |
|---|---|---|
| Espace urbain construit | 12,89 % | 593,51 |
| Espace urbain non construit | 6,06 % | 279,05 |
| Espace rural | 81,05 % | 3 731,02 |
| Source : Iaurif[4] | ||
Étampes est située à l'extrémité sud de l'agglomération parisienne, aux portes nord de la région naturelle de la Beauce, dans la vallée et sur les coteaux de la Juine, sur un terrain étagé de soixante-six à cent cinquante-six mètres. Elle repose sur des couches d'argile dans le creux de la vallée, de sable couvrant du grès sur les plateaux. Les formations sableuses des environs abritent plusieurs sites fossilifères qui ont servi de référence à Alcide d'Orbigny pour la définition d'un étage géologique stampien (de Stampae, nom latin d'Étampes)[5].
La commune occupe une superficie de 4 092 hectares représentant schématiquement un « T » dont le pied serait orienté vers le sud-ouest, avec une hauteur de jambe de 9,3 kilomètres et 14 kilomètres de large, terrain principalement occupé par les exploitations agricoles ou les bois sur 3 731,02 hectares soit 81 % du territoire communal.
La ville est située au carrefour de deux axes importants de communication, la route nationale 20 qui la traverse du nord au sud sur la totalité de son territoire et la route nationale 191 qui coupe la commune d'ouest en est. S'ajoute, en parallèle ouest de la route nationale 20, la voie ferrée empruntée par la Ligne C du RER qui y dessert deux gares : celle d'Étampes et le terminus de Saint-Martin-d'Étampes.
Située dans la partie sud du département, Étampes se trouve à quarante-neuf kilomètres au sud-ouest de Paris-Notre-Dame, point zéro des routes de France, vingt-neuf kilomètres au sud-ouest d'Évry, quinze kilomètres au sud-ouest de La Ferté-Alais, seize kilomètres au sud-est de Dourdan, dix-huit kilomètres au sud-ouest d'Arpajon, vingt-deux kilomètres au nord-ouest de Milly-la-Forêt, vingt-cinq kilomètres au sud-ouest de Montlhéry, trente-deux kilomètres au sud de Palaiseau, cinquante kilomètres à l'est de Chartres et soixante-trois kilomètres au nord-est d'Orléans.
[] Hydrographie
La commune est traversée par la Juine et par tout un réseau de cours d'eau forcés, constitué à partir de l'an mil environ pour faire tourner les roues des moulins qui ont fait sa richesse jusqu'au XIXe siècle : les eaux de la Louette et de la Chalouette, affluents de la Juine, ont été réunies au niveau des Portereaux pour former ce qu'on a appelé la « Rivière d'Étampes », qui traverse le centre-ville. Elles y sont rejointes par celles du Juineteau, artificiellement divisées en sept bras dont quatre portent les noms de rivière de l'Arche, ruisseau de Guillerval, ruisseau de la Filature et ruisseau de la Filière[6] et qui drainent une zone autrefois marécageuse. Le Juineteau traverse également le quartier Saint-Pierre où il irrigue des jardins.
[] Relief
Le relief d'Étampes se développe entre les soixante-six mètres relevés dans le centre-ville à proximité du cours de la rivière d'Étampes et les cent cinquante-six mètres relevés sur le plateau à proximité du hameau de La Montagne. La commune est pour sa majeure partie construite dans la vallée encaissée de la Juine. Deux plateaux, occupés par des terrains agricoles sont situés au nord-ouest et au sud-est du centre-ville. Au sud de la base nature, le relief se poursuit par un rehaussement à proximité du hameau des Hauts Carnaux, en partie situé sur la commune voisine d'Ormoy-la-Rivière.
[] Communes limitrophes
Commune au territoire étendu, Étampes dispose de nombreuses frontières terrestres avec les cités voisines. Au nord, la commune est limitrophe de Brières-les-Scellés, Morigny-Champigny l'entoure du nord-est à l'est, jusqu'à la petite frontière avec La Forêt-Sainte-Croix elle aussi à l'est. Au sud-est se trouvent les deux communes d'Ormoy-la-Rivière et Boissy-la-Rivière. Au sud, Saclas et Étampes possèdent une frontière commune, sur une partie matérialisée par la route nationale 20, puis Guillerval au sud-ouest. À l'ouest se trouvent les villages de Chalo-Saint-Mars et Saint-Hilaire tandis que le nord-ouest est occupé par Boutervilliers sur une petite frontière et surtout Boissy-le-Sec.
[] Climat
Étampes, située en Île-de-France, bénéficie d'un climat océanique dégradé aux hivers frais et aux étés doux, et est régulièrement arrosée sur l'année. En moyenne annuelle, la température s'établit à 10,5°C, avec une maximale de 14,9°C et une minimale à 6,2°C. Les températures réelles relevées sont de 24,3°C en juillet au maximum et 0,4°C en janvier au minimum, mais les records enregistrés sont de 38,2°C le 1er juillet 1952 et -19,6°C le 17 janvier 1985. Du fait de la moindre densité urbaine de la banlieue par rapport à Paris, une différence négative de un à deux degrés celsius se fait sentir. L'ensoleillement est comparable à la moyenne des régions du nord de la Loire avec 1 749 heures par an, toutefois un peu inférieur au nord du département par la présence plus fréquente de brume à proximité des cours d'eau et des champs. Les précipitations sont réparties également sur l'année, avec un total de 610 millimètres de pluie et une moyenne approximative de cinquante millimètres par mois.
| Mois | Janv. | Fév. | Mars | Avr. | Mai | Juin | Juil. | Août | Sept. | Oct. | Nov. | Déc. | Année |
|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|
| Températures maximales moyennes (°C) | 5,7 | 7,4 | 10,6 | 14,2 | 18 | 21,5 | 24,3 | 23,9 | 20,9 | 15,9 | 9,8 | 6,5 | 14,9 |
| Températures minimales moyennes (°C) | 0,4 | 0,9 | 2,5 | 4,7 | 7,9 | 10,8 | 12,7 | 12,4 | 10,2 | 7 | 3,3 | 1,3 | 6,2 |
| Températures moyennes (°C) | 3,1 | 4,2 | 6,6 | 9,5 | 12,9 | 16,2 | 18,5 | 18,2 | 15,6 | 11,5 | 6,5 | 3,9 | 10,5 |
| Ensoleillement (h) | 56,3 | 81,7 | 134,4 | 172,2 | 200,7 | 219,8 | 241,3 | 216,5 | 175,9 | 125,8 | 74,5 | 49,6 | 1748,8 |
| Moyennes mensuelles de précipitations (mm) | 50,4 | 43,7 | 51,5 | 47,6 | 58,9 | 49,7 | 53,3 | 46,1 | 51 | 51 | 56 | 51 | 610,2 |
| Source : Climatologie mensuelle à Brétigny-sur-Orge[7]. | |||||||||||||
[] Transports
La commune est desservie par la route nationale 20 qui permet de rallier rapidement Paris à la Porte d'Orléans ou, plus proche, la Francilienne à vingt-trois kilomètres au nord. La route nationale 191, qui passe par le centre-ville, fait office de grande rocade pour la région et permet de rejoindre l'autoroute A10 à dix-neuf kilomètres à l'ouest, l'A11 et la route nationale 10 à vingt-six kilomètres à l'ouest et l'autoroute A6 à vingt-sept kilomètres au nord-est. Les routes départementales (anciennes nationales) 836 et 837, qui ceinturent le sud de l'Essonne, mènent l'une à Dourdan et Rambouillet à l'ouest, l'autre à Milly-la-Forêt et Fontainebleau à l'est.
L'intercommunalité a mis en place le réseau de bus Cerise dont les huit lignes desservent Étampes. Le Noctilien N131 assure les liaisons de nuit entre la capitale et les communes du département, avec deux arrêts dans la commune. La ligne 91.07 du réseau de bus Albatrans mène à Dourdan, le réseau TransEssonne permet de joindre Milly-la-Forêt et le réseau Passerelle dessert Pithiviers. Trois lignes spécifiques permettent au personnel du CEA de rallier ses sites à partir d'Étampes. Enfin la commune a mis en place des monospaces à destination des personnes âgées, qui circulent sur commande.
La branche C6 de la ligne C du RER dessert dans la commune les deux gares d'Étampes et de Saint-Martin d'Étampes, son terminus. Elle relie la ville à la gare de la Bibliothèque François Mitterrand en trois quarts d'heure avec quatre trains par heure en horaire de pointe, dix minutes de plus et deux fois moins de trains en période creuse. La gare d'Étampes est de plus desservie par la ligne Paris - Orléans du TER Centre, qui assure aux heures de pointe des liaisons directes en trente minutes avec Paris-Austerlitz. La gare de Massy-TGV est située à trente-trois kilomètres, elle est accessible avec un changement par le RER C ou directement par la route nationale 20.
L'aéroport d'Orly est situé à trente-six kilomètres au nord-est et accessible avec deux changements par le RER C, puis le RER B et l'Orlyval. L'aéroport Roissy-Charles-de-Gaulle est quant à lui accessible avec un changement par les RER C puis B. Enfin sur la commune voisine de Guillerval se trouve l'aéroport d'Étampes Mondésir, ouvert avec restrictions à la navigation de tourisme.
[] Lieux-dits, écarts et quartiers
La ville était sous l'Ancien Régime divisée en cinq paroisses nommées Saint-Martin, Saint-Gilles, Saint-Basile, Notre-Dame et Saint-Pierre. Dépendant de celle de Saint-Martin, le Petit-Saint-Mars était encore un hameau. Chaque quartier avait alors une physionomie et une vie propre. À la Révolution, Notre-Dame, Saint-Basile et Saint-Pierre furent regroupés en une seule paroisse.
Aux XIXe siècle et XXe siècle siècles, la topographie de la ville fut profondément modifiée à plusieurs reprises. En premier lieu, le tracé de la voie de chemin de fer Paris-Orléans a coupé pendant longtemps le centre-ville du plateau de Guinette, et empêché son extension de ce côté-là. Après guerre, une nouvelle voie transversale fut ouverte, suggérée par les cicatrices du bombardement du 10 juin 1944, l'avenue de la Libération, qui a redessiné les frontières du centre-ville en l'agrandissant au dépens du quartier Saint-Gilles. Enfin, en 1962, la création d'une déviation de la route nationale 20 séparait du centre-ville l'une de ses parties qui désormais appartient au quartier Saint-Pierre et marquait en même temps la limite entre Saint-Martin et le Petit-Saint-Mars devenus contigus.
Désormais, le quartier du centre-ville comprend donc les anciennes paroisses de Notre-Dame et de Saint-Basile, augmenté d'un côté d'une fraction du quartier Saint-Gilles, et amputé par ailleurs de tous les côtés, par la route nationale 20 du côté de Saint-Pierre, et au nord par l'urbanisation et l'extension d'un nouveau quartier autonome nommé Saint-Michel. Le plateau de Guinette, de l'autre côté de la voie de chemin de fer, a commencé son urbanisation à partir des années 1960 avec la construction de nombreux grands ensembles, et constitue aujourd'hui un quartier entièrement nouveau, qui connaît une belle vitalité malgré son classement en Zone urbaine sensible[8]. Deux autres quartiers sont dits « prioritaires » : la Croix de Vernailles[9] et Saint-Michel[10].
Plusieurs hameaux sont répartis sur le territoire à la périphérie de la ville. On peut citer Valnay et Pierrefitte à l'ouest, Le Chesnay au nord-ouest, l'Humery et les Hauts Carnaux au sud.
[] Toponymie
Le nom d'Étampes est attesté à partir du VIIe siècle à la fois par des inscriptions sur des monnaies mérovingiennes et par deux citations dans les livres de l'Histoire des Francs de Grégoire de Tours. La forme latine canonique est Stampae qui est un féminin pluriel, mais le nom est souvent traité à date ancienne comme un indéclinable, sous la forme Stampis. En français, l'orthographe Estampes a survécu jusqu'au XVIIIe siècle. Dans les écrits du XVIe siècle on trouve souvent la graphie Estempes, sous l'influence d'une étymologie fantaisiste vulgarisée par le poète Clément Marot. L'étymologie de ce toponyme reste énigmatique et aucune des diverses hypothèses qui ont été suggérées jusqu'à présent ne fait l'unanimité[11].
La toponymie des différents quartiers de la ville est transparente pour ceux qui reprennent la titulature de leurs églises : Saint-Basile, Saint-Martin, Notre-Dame, Saint-Gilles, Saint-Pierre et Saint-Michel, ces deux derniers lieux de culte ayant aujourd'hui disparu. De même, le nom du Petit-Saint-Mars vient de la chapelle qui y était dédiée à saint Médard (Mars est un diminutif de Médard) tout en le distinguant du village voisin de Chalo-Saint-Mars, également appelé Grand-Saint-Mars[12].
Mais le quartier Saint-Martin s'est aussi appelé au Moyen Âge Étampes les Vieilles, d'où la tradition qui en a fait le berceau de la ville : Bernard Gineste y a relevé une confusion, la dénomination originelle étant Étampes les Veys, soit en ancien français les gués d'Étampes, là où l'on franchissait la Louette et la Chalouette sur la route de Paris à Orléans[13].
Le quartier de Guinette doit quant à lui son nom à une très ancienne ferme, mentionnée sous ce nom dès le XVIe siècle et qui a longtemps été le seul lieu d'habitation du secteur. Le nom pourrait dériver de celui de l'un de ses propriétaires, dénommé Guinet.
Les noms de certaines rues d'Étampes sont attestés dès le Moyen Âge central : la rue Evezard c'est-à-dire d'Évrard, la rue au Comte peut-être en rapport avec le comte de Montlhéry, la rue Darnatal, section de l'actuelle rue de la République dont le nom signifierait nouvel étal, par allusion à une boucherie fondée par Philippe Auguste. La section suivante de la rue de la République, jusqu'à Saint-Pierre, s'appelait le Perray, parce que c'était une chaussée empierrée pour assurer le passage dans une zone marécageuse.
[] Histoire
[] Antiquité
A l'époque gallo-romaine, Étampes était un bourg qu'on situe aujourd'hui dans l'actuelle zone industrielle. Son cimetière, apparemment le plus vaste d'Île-de-France connu à ce jour, a été localisé en 2006. Dès le XVIIe siècle des trouvailles ont été faites dans ce secteur prometteur pour l'archéologie. Des fouilles encore en cours en 2008 ont par ailleurs mis à jour à Saint-Martin les restes d'une villa rustica gallo-romaine.
[] Moyen Âge
Au VIe siècle, Grégoire de Tours fait état d'une guerre qui aurait à son époque ravagé le pays d'Étampes, sans plus de précision. C'est au siècle suivant qu'eut lieu du côté de Saint-Martin un combat resté connu sous le nom de bataille d'Étampes, le 25 décembre d'une année qui n'est pas déterminée avec certitude, traditionnellement 604. L?armée du roi de Neustrie Clotaire II, commandée par le maire du palais Landry, y fut défaite par les troupes coalisées de Thierry II et Théodebert II, rois de Bourgogne et d'Austrasie.
En 911, les troupes normandes de Rollon saccagèrent la ville. On connaît encore mal l'histoire du transfert progressif du noyau urbain principal dans l'actuel centre-ville. Récemment Bernard Gineste a développé l'idée que Saint-Basile était d'une fondation carolingienne, et que le périmètre de la place forte originelle, le castrum, attestée dès les environs de 936, était en contrebas, et encore très restreint au milieu du XIe siècle. Il n'aurait compris que quelques pâtés de maisons entre les actuelles rues du Petit-Panier, Sainte-Croix, de la Tannerie, Evezard et le début de la rue du Renard. Les fouilles archéologiques menées juste après par l'INRAP, d'abord sur le site de l'ancien Hôtel-Dieu puis rue de la République, sous la direction de Xavier Peixoto, ont confirmé ces hypothèses fondées sur l'étude d'une charte de 1046, importante pour l'histoire de la ville[15].
Helgaud de Fleury, ami et biographe du roi Robert le Pieux[16], attribuait à ce monarque la construction d'un palais dans ce castrum, ainsi que celle d'une collégiale desservie par douze chanoines, nommée Notre-Dame. Il semble cependant que cette dernière fondation fût surtout le fait de la noblesse locale[17]. Deux villes coexistaient alors : Estampes-le-Châtel et Estampes-les-Vieilles.
Comme son grand-père Robert, Philippe Ier séjourna à plusieurs reprises à Étampes. Alors qu'il y hivernait en 1079, il tenta d'y imposer son autorité à Hugues du Puiset, qui malmenait les clercs du pays chartrain voisin. Mais ce vassal se rebella et défit l'armée royale près du Puiset, humiliation dont la royauté ne se releva que sous le règne suivant, celui de Louis VI[18].
En 1123, Louis VI le Gros accorda une franchise aux marchands qui s'installaient dans le secteur inhabité qui séparait alors le quartier Notre-Dame du quartier Saint-Martin. Ce fut l'origine du peuplement du quartier Saint-Gilles[19].
En 1130, le roi convoqua dans la ville les archevêques de Sens, Reims et Bourges ainsi que des évêques et abbés parmi lesquels Bernard de Clairvaux, afin de juger qui des deux prétendants d'alors était le pape légitime sur le plan canonique. Leur assemblée, restée le plus notable des conciles d'Étampes, se prononça en faveur d'Innocent II et refusa de considérer le dossier de son adversaire Anaclet II.
C'est à nouveau à Étampes et toujours avec le concours de saint Bernard que le successeur de Louis VI, Louis VII le Jeune, réunit en 1147 le concile qui acheva les préparatifs de la deuxième croisade.
À cette époque se trouvait au lieu-dit actuel du Temple la Commanderie d'Étampes de l'Ordre du Temple composé d'une maison et d'une chapelle entre autres. C'était aussi un baillie avant la dissolution de l'ordre en 1312.
La place forte servit plus tard de prison à Ingeburge de Danemark, femme répudiée de Philippe Auguste. Ce roi avait fait d'Étampes une des douze bonnes villes de France, disant que c'était « une des meilleures cités du royaume après Orléans et Paris ».
Par la suite, Étampes changea plusieurs fois de seigneurs, ainsi quand Philippe le Bel l'érigea en comté en 1298 pour son demi-frère Louis d'Évreux, puis lorsque Charles IV en fit une pairie en 1327 pour son neveu Charles d'Étampes.
Le 15 décembre 1411, la ville assiégée par Jean sans Peur fût prise et revint au Duché de Bourgogne. Mais en 1478, un arrêté du Parlement annula toutes prétentions féodales, la ville étant désormais sous la protection des rois de France. En 1484, c'est à Étampes que le roi Charles VIII signa les Statuts et ordonnances des cordonniers de Chartres.
[] Du XVIe siècle à la Révolution française
En 1514, la ville reçut du roi l'autorisation d'élire un conseil municipal et de faire bâtir une maison commune.
[] Étampes et les favorites royales
François Ier donna le comté et la ville à sa favorite Anne de Pisseleu dont le mari, complaisant, fut même créé duc d'Étampes en 1536, le territoire du nouveau duché fût augmenté des terres de Dourdan et La Ferté-Alais. Cependant le bel hôtel qu'on appelle maison d'Anne de Pisseleu n'hébergea jamais cette duchesse. Henri II en montant sur le trône enleva ce titre à la maîtresse de son père et l'attribua à sa propre favorite, Diane de Poitiers. Mais l'hôtel étampois dit de Diane de Poitiers ne fut pas davantage la résidence de cette deuxième duchesse d'Étampes. Ce fut ensuite la famille de Vendôme qui reçut Étampes en héritage de Gabrielle d'Estrées, favorite d'Henri IV, qui en fut la souche. Charles Quint aurait dit d'Étampes « C'est une belle rue ».
[] Guerres de religion
Pour la défense de Paris, le lieutenant général de l?armée royale, Antoine de Bourbon installa à Étampes une garnison et organisa des réquisitions de grain dans les alentours, entre avril et mai 1562[20]. À ces réquisitions s?ajoutèrent une mauvaise récolte et une peste qui survint en octobre 1562[21]. La garnison abandonna la ville qui fut prise par le prince de Condé le 13 novembre 1562[22]. Les troupes protestantes l'occupèrent et y commirent de nombreuses dégradations, notamment dans les églises. Mais la victoire de l'armée royale à la bataille de Dreux permit au duc de Guise de mettre le siège devant Orléans et de forcer la garnison protestante d?Étampes à abandonner la ville le 2 janvier 1563[23], avant son arrivée.
En 1567, malgré l?organisation d?une milice bourgeoise, le comte de Montgomery prit la cité après un assaut le 17 octobre au cours duquel le couvent des Cordeliers fut incendié[24]. Mais le 16 novembre le parti protestant dut une fois encore abandonner la ville[25], après la bataille de Saint-Denis. En 1569, la région fut à nouveau ravagée par les mercenaires licenciés qui retournaient en Allemagne après la bataille de Moncontour[26].
En 1587, la ville constitua une ligue catholique qui se rallia à la Sainte-Ligue le 19 août 1588[27]. Elle reçut alors une garnison ligueuse, mais fut prise très rapidement par les deux Henri (Henri III et Henri de Navarre), le 23 juin 1589, puis pillée pendant trois jours. Les chefs de l?armée interdirent les violences aux habitants, ce qui n'empêcha pas des viols[28].
Le 20 octobre de la même année, les ligueurs mirent le siège devant Étampes et y pénètrèrent le 23. Plusieurs magistrats catholiques furent ensuite massacrés. Dès le 5 novembre Henri IV reprit la cité sans combat, le gouverneur ligueur, le comte de Clermont-Lodève, étant abandonné par les bourgeois de la ville[29].
En 1589, à la demande des habitants, le château et les fortifications furent démantelés.
[] De la Fronde à la Révolution
Durant la Fronde, Turenne battit une armée frondeuse, privée de son chef Condé, le 4 mai 1652. L?armée royale fit ensuite le siège de la cité[30]. Cette même année, la ville frappée par la peste fut secourue par saint Vincent de Paul.
En 1712, le duché revint à la couronne.
Le 3 mars 1792, le maire Jacques Guillaume Simoneau, refusant de faire diminuer le prix du blé et du pain, fut massacré. Le fait eut un grand retentissement dans le pays et l?Assemblée législative fit célébrer une Fête de la Loi, le 3 juin 1792, en mémoire de ce martyr de la Loi et de la liberté du commerce.
[] XIXe siècle
Le 26 mars 1846 eut lieu l'inauguration de la ligne de chemin de fer de Paris à Tours, qui reliait alors la capitale à Orléans via Étampes en trois heures et demie[31]. Le 2 mai 1852, ce fut celle du théatre, financé sur l'apport volontaire de contributeurs privés[32]. En 1859, la ville acquit la ruine du donjon. Et en 1894 fut achevée la construction de l'hospice pour vieillards et de chirurgie.
[] XXe et XXIe siècles
En 1905 ouvrit la maternité du centre hospitalier. Et en 1923 Henry Dresch installa une usine dans la commune et y fabriqua des motocyclettes jusqu'en 1939.
[] Étampes et l'aviation
Louis Blériot prépara sa traversée de la Manche, en 1909, par un vol d'Étampes à Chevilly. Peu après, il installa, sur le territoire de la commune voisine de Guillerval, une école d'aviation à côté de laquelle Maurice Farman en installa une autre. Il y en eut bientôt une troisième, à Étampes même, sur la route de Chartres, qui fut rachetée par Armand Deperdussin. Étampes joua par là un grand rôle dans l'histoire de l'aviation naissante[33], celui de pépinière, car de nombreux pilotes de diverses nationalités vinrent y apprendre à voler avant d'aller répandre dans leurs pays d'origine ce qu'ils avaient acquis dans ces trois écoles. Plus tard Marcel Bouilloux-Lafont, maire d'Étampes, fut directeur de l'Aéropostale et c'est aussi à Étampes que naquit la Patrouille de France, d'abord nommée Patrouille d'Étampes. C'est encore à Étampes que furent conçus les premiers drones, dès 1923[34].
[] 1939-1945
Le 14 juin 1940, pendant la débâcle, une colonne de réfugiés venus du nord de la France et de Paris qui était prise au piège dans les embouteillages du centre-ville, fut cruellement mitraillée par des appareils que de nombreux témoins encore vivants et crédibles identifient avec certitude, fort curieusement, comme italiens : épisode qui reste inexpliqué. Peu après et jusqu'en 1944, Étampes fut l'un des quartiers généraux de la Luftwaffe, ce qui valut à la ville, qui était aussi un carrefour ferroviaire important, un bombardement sévère le 10 juin 1944. Libérée le 22 août 1944, Étampes se trouve sur la célèbre Voie de la Liberté. La commune d'Étampes a été décorée de la Croix de guerre 1939-1945.
[] De 1945 à nos jours
Le 28 avril 1962, un attentat attribué à l'OAS fut perpétré contre les locaux du journal La Marseillaise journal fondé par Henri Rochefort[35].
Le 1er janvier 1968, après le démembrement de la Seine-et-Oise, Étampes fut intégrée au nouveau département français de l'Essonne et abandonna son ancien code postal, le 78223.
Le 16 décembre 2005, une professeur d'art plastique fut agressée par un de ses élèves au lycée Louis Blériot[36].
Le 27 juillet 2008, Étampes fut pour la première fois ville-étape du Tour de France[37].
[] Démographie
[] Évolution démographique
Ville frontière entre la Beauce et le Hurepoix, siège d'un ancien duché, d'une élection, d'un grenier à sel, d'un bailliage et d'un archidiaconé et doyenné, chef-lieu de district puis d'arrondissement dès 1793, Étampes a longtemps été une des villes les plus peuplées de la région et demeure la petite métropole du sud de l'Essonne. De 7 027 habitants en 1793 (deux fois plus que Rambouillet et autant que Fontainebleau), la population se stabilisa durant tout le XIXe siècle autour de 8 000 habitants, ne dépassant le seuil de neuf mille habitants que lors du recensement de 1901. Seule la guerre de 1870 fit chuter la population de cinq cent personnes. L'arrivée du XX
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