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Cours de Philosophie, Rouen, 1900-1901
Cours de Philosophie, Rouen, 1900-1901 book cover
Auteur: Alain
Editeur: Institut Alain
Prix Editeur: EUR 18,00
Notre prix: EUR 17,10
Alain au lycée d'alençon. 1881-1886.
Auteur: Emile Chartier
Editeur: Bourges, Tardy, 1931.
La grande fresque romane de vic-sur-saint-chartier indre .
Auteur: Alain Chartier Emile .
Editeur: Gallimard (Impr. Darantiere A Dijon)
Avec balzac.
Auteur: Jacob Abbé Emile
Editeur: Camille Bloch, 1919

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Alain (philosophe)

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Pour les articles homonymes, voir Alain, Chartier et Émile Chartier (homonymie).

Alain, de son vrai nom Émile-Auguste Chartier (Mortagne-au-Perche, Orne, 3 mars 1868 - Le Vésinet, Seine-et-Oise, 2 juin 1951), est un philosophe, journaliste et professeur français.

Sommaire

[] Biographie

En 1881, il entre au lycée d'Alençon où il passe cinq ans. Le 13 juin 1956, le lycée d'Alençon a pris le nom de son plus célèbre élève : lycée Alain.

Après l'École normale supérieure, il est reçu à l'agrégation de philosophie puis est nommé professeur successivement au Lycée Joseph Loth à Pontivy, Dupuy de Lôme à Lorient, Rouen (lycée Corneille) et à Paris (lycée Condorcet puis au lycée Michelet). À partir de 1903, il publie dans différents journaux (La Dépêche de Lorient puis La Dépêche de Rouen et de Normandie) près de 3000 courtes chroniques, sous la signature d'Alain, les "Propos du dimanche", puis les "Propos du lundi" sous forme de chroniques hebdomadaires. Devenu professeur de khâgne au lycée Henri-IV en 1909, il exerce une influence profonde sur ses élèves (Raymond Aron, Simone Weil, Georges Canguilhem?).

À l'approche de la guerre, Alain milite pour le pacifisme. Lorsque celle-ci est déclarée, sans renier ses idées, et bien que non mobilisable, il s'engage pour satisfaire ses devoirs de citoyen. Brigadier au 3e régiment d'artillerie[1], il refuse toutes les propositions de promotion à un grade supérieur. Le 23 mai 1916, il se broie le pied dans un rayon de charrue lors d'un transport de munitions vers Verdun[2], . Après quelques semaines d'hospitalisation, il est affecté pour quelques mois au service de météorologie, puis il est démobilisé en 1917. Ayant vu de près les atrocités de la Grande Guerre, il publie en 1921 son célèbre pamphlet Mars ou la guerre jugée. Sur le plan politique, il s?engage aux côtés du mouvement radical en faveur d'une république libérale strictement contrôlée par le peuple. En 1927, il signe la pétition (parue le 15 avril dans la revue Europe) contre la loi sur l?organisation générale de la nation pour le temps de guerre, qui abroge toute indépendance intellectuelle et toute liberté d?opinion. Son nom côtoie ceux de Lucien Descaves, Louis Guilloux, Henry Poulaille, Jules Romains, Séverine... et ceux des jeunes normaliens Raymond Aron et Jean-Paul Sartre. Jusqu'à la fin des années 30, son ?uvre sera guidée par la lutte pour le pacifisme et contre la montée des fascismes.

Dans les faits, sa vision du fascisme est différente. En effet, on trouve dans les écrits du philosophe qui passe pour être une des grandes consciences de la IIIe République, la phrase suivante: J'espère que l'Allemand vaincra ; car il ne faut pas que le général de Gaulle l'emporte chez nous. Il est remarquable que la guerre revient à une guerre juive, c'est-à-dire à une guerre qui aura des milliards et aussi des Judas Macchabées.

Il sera cofondateur en 1934 du Comité de vigilance des intellectuels antifascistes (CVIA). En 1936, alors qu'il est depuis longtemps atteint de crises régulières de rhumatismes qui l'immobilisent, une attaque cérébrale le condamne finalement au fauteuil roulant. Il est est enterré au cimetière du Père-Lachaise (division 94).

Après sa mort, un Institut[3], une Association[4] ainsi qu'un Musée (le Musée Alain à Mortagne-au-Perche) voient le jour. Ils contribuent depuis à faire connaitre et à diffuser son ?uvre en se chargeant de la réédition et de la publication de textes inédits.

[] ?uvres

[] Les Propos

Alain met au point à partir de 1906 le genre littéraire qui le caractérise, les "Propos". Ce sont de courts articles, inspirés par l'actualité et les événements de la vie de tous les jours, au style concis et aux formules séduisantes, qui couvrent presque tous les domaines. Cette forme appréciée du grand public a cependant pu détourner certains critiques d'une étude approfondie de son ?uvre philosophique.

Ses maîtres à penser furent Platon, Descartes, Kant et Auguste Comte ? mais il se réclama avant tout de Jules Lagneau, qui fut son premier professeur de philosophie, au lycée de Vanves (actuel lycée Michelet). Il n'oublia jamais, toute sa vie durant, celui qu'il appela « le seul Grand Homme que j'aie jamais connu », et dont il est permis de penser que la rencontre fut aussi décisive que celle de Platon avec Socrate : « Parmi les attributs de Dieu, il avait la majesté. [?] Ses yeux perçants traversaient nos c?urs et nous nous sentions indignes. L'admiration allait d'abord à ce caractère, évidemment inflexible, inattentif aux flatteries, aux précautions, aux intrigues, comme si la justice lui était due. »

Le but de sa philosophie est d'apprendre à réfléchir et à penser rationnellement en évitant les préjugés. Humaniste cartésien, il est un « éveilleur d'esprit », passionné de liberté, qui ne propose pas un système ou une école philosophique mais apprend à se méfier des idées toutes faites. Pour lui, la capacité de jugement que donne la perception doit être en prise directe avec la réalité du monde et non bâtie à partir d'un système théorique.

Alain perd la foi au collège sans en ressentir de crise spirituelle. Bien qu'il ne croie pas en Dieu et soit anticlérical, il respecte l'esprit de la religion. Il est même attiré par les phénomènes religieux qu'il analyse avec beaucoup de pertinence. Dans Propos sur la religion et Propos sur le bonheur on sent transparaître, un peu comme chez Auguste Comte, une certaine fascination pour l'Évangile dans lequel il voit un beau poème et pour le catholicisme qu'il perçoit, en en reprenant l'étymologie, comme un « accord universel ».

[] Mars ou la guerre jugée (1921)

Alain y explique que ce qu'il a ressenti le plus vivement dans la guerre, c'est l'esclavage. Il s'insurge contre le mépris des officiers pour les hommes de troupe lorsqu'ils « parlent aux hommes, comme on parle aux bêtes ». Il ne supporte pas l'idée de cette tuerie organisée, de ce traitement que l'Homme inflige à l'Homme.

Il se révolte quand il assiste à la mise au point d'une énorme machine destinée à tenir les hommes dans l'obéissance et explique pourquoi, soldat, il n'a jamais voulu d'autres galons que ceux de brigadier.

[] Voir aussi

[] Bibliographie

  • Olivier Reboul, L'homme et ses passions d'après Alain, vol. I : La passion, PUF, coll. « Publications de l'Université de Tunis. Faculté des Lettres et Sciences humaines / 6e série (Philosophie), III », Paris, 1968, in-octavo, broché, 385 p..
  • Olivier Reboul, L'homme et ses passions d'après Alain, vol. II : La sagesse, PUF, coll. « Publications de l'Université de Tunis. Faculté des Lettres et Sciences humaines / 6e série (Philosophie), III », Paris, 1968, in-octavo, broché, 310 p..
  • Olivier Reboul, L'élan humain ou l'éducation selon Alain, Paris : éd. J. Vrin ; Montréal : Presses de l'Université de Montréal, 1974, coll. L'Enfant no XVI.
  • Emmanuel Blondel, Philippe Monart et Cécile-Anne Sibout, Alain et Rouen 1900-1914, PTC, 2007 (ISBN 2350380254)
  • Thierry Leterre, Alain, le premier intellectuel, Stock, coll. « biographies », Paris, février 2006, 15x24 cm, 594 p. (ISBN 2-234-05820-1) [présentation en ligne].

[] Liens externes

Voir aussi sur Wikiquote les citations « Alain ».

[] Notes et références

  1. ? Cf. T. Leterre, p. 331.
  2. ? Cf. T. Leterre, p. 349.
  3. ? l'Institut Alain à Paris
  4. ? Les Amis d'Alain
 

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