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Logiciels libres & gratuits Dijjer

Imaginons qu’après des mois de labeur acharné, vous venez de terminer votre premier album de musique libre (sous Licence Art Libre, ou Creative Commons de préférence by-sa).

  • Lundi, Jour 0 : Tout fier de vous, vous proposez son écoute au format .ogg sur votre site, ainsi que le téléchargement d’une archive au format 7zip pesant une centaine de mégaoctets (Mo).
  • Mardi, Jour 1 : vous envoyez un mail à votre famille, vos amis, votre ancien prof de musique pour qui vous avait dit et répété "vous n’arriverez jamais à rien", en les prévenant que votre nouvelle oeuvre est en ligne.
  • Mercredi, Jour 2 : votre vieux copain Alfred étrenne votre compteur de téléchargement : "Album téléchargé 00001 fois" !
    (vous en profitez pour le convaincre d’abandonner Windows Media Player au profit de Zinf qui, lui, lit parfaitement le format OGG. Victoire, le libre à progressé :))
  • Jeudi, Jour 3 : Alfred a fait écouter votre album à Paul, qui l’a fait écouter à Seb qui a publié un petit mot sur son Blog, encensant votre travail et votre génie. Le billet de Seb se retrouve cité sur plusieurs sites. "Album téléchargé 00007 fois"... Peut mieux faire.
  • Vendredi, Jour 4 : Plusieurs sites étrangers commencent à parler de votre album, vous êtes le nouveau "frenchy" à la mode. Cependant, vous remarquez que votre site devient d’une lenteur exaspérante.
    "Album téléchargé 00028 fois". La gloire est à porté de clic !
  • Samedi, Jour 5 : plus de site ! Fermé, HS, disparu ! Dans votre boite aux lettres, un email laconique de votre hébergeur web : "Vous avez dépassé les limites de bande passante et de transfert fixées à l’alinéa 32-c de votre contrat d’hébergement. Votre site est donc fermé."
    Votre compteur, avant de vous lacher, indiquait "Album téléchargé 00184 fois".

« Que s’est-il passé ? »

Votre archive, même compressée, pèse 100Mo, elle a été téléchargée 184 fois, cela représente (environ) 18Go de données transférées depuis votre site. Or, les hébergeurs imposent souvent une limite de "transfert" de données entre votre site et les internautes (on parle aussi de "traffic"). Cette limite dépend bien évidemment du prix que vous êtes prêt à mettre dans l’hébergement de votre site (de quelques dizaines à plusieurs milliers d’euros).

D’un autre côté, samedi, vous avez eu plusieurs dizaines, voire plusieurs centaines de visiteurs simultanés sur votre site. Ca c’est la bonne nouvelle. La mauvaise, c’est qu’ils essayaient tous de télécharger votre album en même temps. En admettant qu’il n’y ait eu que 20 visiteurs simultanés possédant de l’ADSL 512Kb voulant télécharger votre album, cela représente malgré tout à un instant "t" plus de 5Mb par seconde de bande passante requise pour satisfaire la demande. Or les hebergeurs ont souvent tendance à surveiller, voire limiter la taille de ce "tuyau" afin d’éviter qu’un site n’accapare toute les ressources. Cela explique probablement les lenteurs de votre site le vendredi : le surf était plus lent, car les "tuyaux" reliant votre site aux internautes n’étaient plus réservés au web, mais aux téléchargements.

Vous avez donc été victime de ce que l’on appelle communément "l’effet Slashdot" : une soudaine notoriété a mis votre site à genou, voire a entraîné sa fermeture.

« Mais j’allais enfin être une Star ! »

Peut être, mais ça ne sera pas pour cette fois, à moins que vous n’ayez les moyens de vous payer un hébergement professionel. Il existe cependant d’autres solutions, et notamment celle d’utiliser des réseaux parallèles comme Coral ou des réseaux P2P pour diffuser votre oeuvre.

« Euh, ce n’est pas trop compliqué ? »

Mais non. Vous pouvez bien entendu utiliser des solutions déjà établies comme le réseau eDonkey (eMule) ou BitTorrent, mais la première solution demande du temps avant que votre fichier soit bien diffusé du fait du système de "file d’attente" de ce réseau, la seconde nécessite une configuration parfois complexe pour monter le couple "tracker & super-seed" (c’est à dire le serveur diffusant le fichier .torrent mettant les internautes en relation, ainsi que la machine diffusant le fichier de référence 24H/24). Cependant, nous vous proposons aujourd’hui 2 technologies permettant de simplifier le partage de fichiers lourds sans être victime de "l’effet Slashdot" : Dijjer et Coral.

Dijjer

Dijjer ("nom qui sonne bien, mais n’a aucune signification", nous signale son auteur) est un outil créé par Ian Clarke, le développeur principal du réseau et du logiciel FreeNet et du logiciel gratuit (et non pas (encore) libre) Indy. Rien que cela devrait vous mettre l’eau à l’oreille et la puce à la bouche.

Dijjer est un petit logiciel (quelques centaines de Ko pour Linux et Mac, 2,5Mo pour Windows) derrière lequel se cache une idée toute simple : il faut simplifier le partage des gros fichiers.
Comme avec Coral, l’objectif est donc d’éviter "l’effet Slashdot" lors de la mise en ligne de votre dernière œuvre numérique.

Le principe est le suivant : admettons que votre fichier de 100Mo soit à l’adresse :
http://www.moi.com/album.7z
Vous allez alors communiquer à vos visiteurs l’adresse :
http://dijjer.org/get/http://www.moi.com/album.7z
Lors de leur première connexion, il sera proposé à vos visiteurs de télécharger et d’installer Dijjer puis de lancer le téléchargement du fichier. Une fois installé, le logiciel se fait oublier et vos visiteurs n’auront plus à le télécharger et ne se rendront même pas compte qu’ils passent par le réseau de Dijjer et non par votre serveur.

Le téléchargement du fichier est donc assuré par le réseau Dijjer : s’il n’y a qu’un seul téléchargement, celui-ci a lieu depuis votre serveur. Mais s’il y a plusieurs téléchargements simultanés, Dijjer prend alors tout son intérêt, puisque chaque "téléchargeur" (on parlera de "pair") prêtera alors un peu de sa bande passante en échangeant les parties du fichier déjà téléchargées avec les autres pairs connectés au même moment, soulageant alors d’autant votre serveur.

Techniquement, Dijjer est donc une solution très intéressante pour partager de gros fichiers :

  • utilisation d’un réseau P2P
  • décentralisation de ce réseau : vous pouvez remplacer http://dijjer.org/get/ par http://127.0.0.1:9115/, en effet, les clients communiquent de postes à postes sans passer par un serveur
  • contrairement à beaucoup de softs de P2P, Dijjer ne nécéssite pas de (re)configuration de votre pare-feu en utilisant pour cela des techniques "intelligentes" (NAT2NAT). (NB : pourtant, lors de nos tests, il a quand même fallu ouvrir les ports 9114 et 9115, même si l’essentiel des données passaient par le port 80)

Pratiquement, le client Dijjer est extrêment simple à installer et ne nécessite aucune configuration. Une fois celui-ci installé, il se fait complètement oublier. En terme de performance, plus le nombre de téléchargeurs est important, plus l’efficacité de Dijjer se fera sentir.

Pour faire une comparaison avec Coral, par exemple, nous pourrions dire que Dijjer nécéssite certes l’installation d’un (tout petit) logiciel, mais que le réseau Dijjer présente l’avantage de la pérénnité et de l’indépendance d’un réseau P2P décentralisé.

Vous trouverez dans la FAQ Dijjer un lien vers l’extension Firefox Dijjeridoo, qui vous permettra d’un simple clic droit de transformer n’importe quel lien en "lien Dijjer" et donc de partager le fichier en question pendant son téléchargement.

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